Produits dérivés : le risque systémique plus grand que jamais

0
2311

Quand assisterons-nous à la prochaine crise bancaire (américaine) ? Lorsqu’une crise sur les produits dérivés éclatera, d’après Michael Snyder (traduction condensée des points clés de l’article) :

De 4, les banques « too big to fail » sont désormais passées à 5 aux Etats-Unis, le nombre d’établissements financiers possédant pour plus de 40 trillions de dollars de produits dérivés pouvant désormais former un quintet. Pour vous donner un point de comparaison, l’énorme dette des États-Unis et de 17,7 trillions de dollars.

Les marchés des produits dérivés sont complexes, opaques ; ils ressemblent plus à des paris qu’à des investissements. D’après le New York Times, les banques américaines possèdent presque 280 trillions de dollars de produits dérivés, même si la crise de 2008 a démontré à quel point ils étaient dangereux. Des modèles informatiques de gestion du risque sont censés protéger les banques, mais il y a un hic : ceux-ci se basent sur des supputations, bien humaines, elles. Lorsqu’un événement exceptionnel se déclare, comme une guerre ou une épidémie, ces modèles se retrouvent dans l’inconnu.

Mais ce problème n’est pas cantonné aux États-Unis : d’après la Banque des Règlements Internationaux, les banques à travers le monde possèdent des produits dérivés pour 710 trillions de dollars !

JP Morgan

Actifs : environ 2,5 trillions
Exposition aux produits dérivés : plus de 67 trillions

Citibank

Actifs : presque 1,9 trillion
Expositions produits dérivées : presque 60 trillions de dollars

Goldman Sachs

Actifs : moins d’un trillion
Exposition aux produits dérivés : 54,5 trillions de dollars

Mais il y a bien pire : la Deutsche Bank, avec ses actifs de 522 milliards d’euros, est exposée aux produits dérivés à concurrence de 75 trillions de dollars, soit 5 fois le PIB de l’Europe, ou l’intégralité du PIB mondial !

D’après Snyder, le secteur bancaire a gonflé de 37 % par rapport à la crise de 2008. Le risque systémique est donc plus grand que jamais.

Laisser un commentaire

Please enter your comment!
Please enter your name here