Quoi de neuf, Janet ? Bilan de la hausse des taux après...

Quoi de neuf, Janet ? Bilan de la hausse des taux après quatre semaines

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Le Titanic coule

Quatre semaines seulement se sont écoulées depuis la première hausse des taux de la Fed. Sans vouloir verser dans le catastrophisme la situation économique mondiale s’est fortement dégradée depuis comme le montre l’article d’Andrew Hoffmann, publié le 18 janvier 2016 sur SilverSeek.com :

« Nous sommes dimanche matin, j’ai compilé neuf pages de « titres horribles » rien que durant les dernières 48 heures. Pour résumer cette semaine d’effondrement du commerce mondial, des statistiques économiques et des marchés financiers sans parler des attaques de jeudi sur les métaux précieux. J’ai envie de demander : quoi de neuf, Janet ? Quoi de neuf à propos de son QE, qui est soi-disant arrivé à son terme il y a 15 mois.

Si je dis soi-disant, c’est parce que le bilan de la Fed n’a pas baissé d’un iota depuis la « fin du QE » alors qu’on ignore les positions hors bilan de la Fed notamment concernant la monétisation des milliards d’obligations américaines vendues par la Chine. (…) La Fed avait prédit que les soucis du pétrole seraient temporaires et alors qu’elle a eu tout faux, elle a réitéré sa prédiction dans la même déclaration de politique ayant amené la hausse des taux. (…)

Levée des sanctions contre l’Iran : le coup de grâce pour le pétrole ?

Concernant l’effondrement massif des matières premières de ces quarante huit dernières heures qui ont débouché sur des implosions similaires sur les marchés actions, les marchés des obligations à haut rendement ainsi que les marchés des changes de l’Occident à l’Orient, l’événement catalyseur fut la levée attendue des sanctions contre l’Iran. Elles sont entrées en vigueur aujourd’hui malgré toute une série d’événements géopolitiques qui avaient amené les investisseurs, les entreprises et de nombreux pays à espérer (que dis-je, prier) leur report. Autrement dit, depuis ce week-end un véritable tsunami de pétrole a inondé les marchés alors que le pétrole était déjà à son plus bas nominal de douze ans. En termes réels, au niveau de ce début de siècle. (…)

En ce qui concerne les marchés non seulement toutes les bourses majeures ont plongé depuis leur plus bas du vendredi noir d’août 2015 mais les obligations à haut rendement (les obligations pourries) sont retombés à leur niveau de 2009. En ce qui concerne les matières premières, il faut remonter plus loin au moins aux années 70. Cette baisse est menée par les métaux de base comme le cuivre, l’aluminium, le plomb et le zinc. Leur descente aux enfers se poursuit alors que les métaux monétaires que sont l’or et l’argent furent les seuls actifs à grimper. À l’exception notoire des Treasuries. (…)

Carnage sur les marchés des changes

En ce qui concerne les devises, ouille ! Nous assistons à l’annihilation totale de pays entiers aux quatre coins du globe. Inutile de vous rappeler ce qui se passe avec le rand, le real, le rouble, le peso et bien d’autres devises qui ont quasi toutes atteint leur plus bas historique et parfois d’une marge importante. Cependant, vous serez probablement surpris d’apprendre que la livre britannique plonge elle aussi, à mon avis en perspective du référendum sur la sortie de la zone euro à venir dans les douze à dix-huit mois.  Il devrait déboucher sur l’isolation totale du Royaume-Uni de l’Union européenne. (…) Je n’aborderai même pas le sujet du dollar de Hong Kong, soi-disant indestructible, qui a connu son plongeon le plus important de l’histoire alors que des rumeurs font état de la fin de son adossement au dollar. Ce qui est exactement ce qui se passe en Arabie Saoudite où l’adossement du riyal au pétrodollar est sur le point de disparaître.

Ironiquement, les seules devises qui ne s’effondrent pas en ce moment par rapport au dollar sont l’euro et le yen avec ces deux exemples, on comprend pourquoi la débauche monétaire ne mène à rien. En effet, aucune autre banque centrale du monde n’a déployé autant d’efforts pour tenter de détruire sa monnaie alors que l’Union européenne est au bord de l’effondrement politique, économique et social et que le Japon coule économiquement, démographiquement et écologiquement, ces entités ne parviennent pas à dévaluer leur monnaie ! Même le responsable de la Banque du Japon a déclaré hier, dans une citation amenée à devenir célèbre : « plus de QE pourrait menacer la stabilité financière de la banque ».

La BoJ à court de minutions alors que le Japon coule

Avez-vous entendu cela, les amis ? Non seulement la BoJ a quasi fait l’acquisition de toutes les actions japonaises, des obligations d’État et Dieu sait quoi d’autre mais elle est à court de munitions. Sans parler que le pays détient le record du ratio dette/PIB. Malgré cela l’économie japonaise s’effondre, le Nikkei implose… Or, il n’y a plus rien à acheter. D’où la déclaration de Kuroda qui n’est rien d’autre qu’un message subliminal à l’adresse de la Fed l’exhortant de reprendre les rênes du QE mondial.

Simultanément, le porte-parole de la Maison-Blanche Josh Earnest a tenu une conférence de presse exceptionnelle pour lire un communiqué du Président faisant état de ses inquiétudes à propos de la baisse des actions et expliquant que le Trésor suit leur impact sur l’économie américaine. Quasi en même temps, le président de la Fed de New York Bill Dudley déclarait que « si l’économie devait continue à s’affaiblir, nous considérerons les taux négatifs ». Sérieusement, les amis, je n’invente rien !

Un chapelet de mauvaises nouvelles économiques

En ce qui concerne les données économiques, oh mon Dieu. Il n’est pas anodin que la Fed Atlanta ait attendu la clôture des marchés vendredi pour publier son estimation de la croissance du T4 2015, abaissée à 0,6 %, alors que les statistiques économiques affreuses s’accumulaient durant les dernières quarante-huit heures. À chaque fois, ce fut « contre toute attente » bien pire que prévu.

  1. Augmentation des inscriptions au chômage
  2. Baisse abrupte de 1,1 % des prix à l’exportation de décembre
  3. De -4,6 en décembre à -19,4 en janvier pour l’Empire State Manufacturing Index
  4. Baisse des ventes de détail de 0,1 % en décembre après révision à la baisse des chiffres de novembre
  5. Déclin des prix à la production deux fois plus important que prévu
  6. Plongeon le plus important de la production industrielle depuis 2008 en décembre. Chiffres de novembre également revus à la baisse.
  7. Les stocks ont baissé contre toute attente mais le ratio stocks/ventes reste à son plus haut depuis 2008
  8. Baisse des volumes du fret aux États-Unis, le premier déclin annuel depuis trois ans
  9. Le risque de crédit des fabricants automobiles a grimpé à son plus haut de deux ans.
  10. Wal-Mart, le plus gros employeur du pays, a annoncé le licenciement de 16.000 personnes.

De bonnes nouvelles pour les métaux précieux

Dans ce contexte négatif, les nouvelles concernant les métaux précieux furent excellentes. Tout d’abord, l’or et l’argent furent les seuls actifs à grimper outre les Treasuries en vue de l’attente du prochain QE. La publication d’un rapport concernant la chute probable de la production d’argent en 2016 par Silver Standard, Yamana et Coeur D’Alene. Sans parler des records de ventes de la US Mint durant les deux premières semaines de janvier.

Ajoutez à cela les retraits d’or à la bourse de Shanghai en 2015 qui se sont élevés à 2596 tonnes soit quasi l’intégralité de la production annuelle d’or et vous comprenez pourquoi les fondamentaux des métaux précieux sont totalement à l’opposé des perspectives des autres matières premières. À ce propos, BHP Billiton, l’une des plus grosses sociétés minières mondiales vient d’annoncer un passage en pertes de sept milliards de dollars sur ses actifs américains liés au pétrole de schiste. Un montant que les analystes considèrent bien trop modeste. Si vous pensez que les pertes liées au secteur de l’énergie sont importantes, attendez de voir celles du secteur minier. Notamment celles des mines de cuivre, de plomb et de zinc qui fournissent 55 % de la production mondiale d’argent.

Je crois que ce sera tout pour aujourd’hui. Quatre semaines seulement après la première hausse des taux de la Fed, la situation a déjà radicalement changé ! (…) »