Stanley Druckenmiller investit lourdement dans l’or, fustige la Fed

Stanley Druckenmiller investit lourdement dans l’or, fustige la Fed

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Stanley Druckenmiller

Article de Bloomberg, publié le 4 mai 2016 :

«  Stan Druckenmiller, l’investisseur milliardaire qui possède l’un des meilleurs bilans à long terme de gestion, affirme que le marché haussier des actions est en bout de course et que l’or représente son allocation la plus importante en devises.

Druckenmiller, qui s’est exprimé à la Sohn Investment Conference de New York mercredi, a déclaré que malgré ses critiques concernant les politiques de la Fed de ces 3 dernières années, il s’attendait à une hausse des actifs en raison de ces dernières.

« J’ai le sentiment que désormais, la balance penche de l’autre côté ; des valorisations plus élevées, 3 nouvelles années de comportements improductifs de la part des sociétés, les marges de manœuvre réduites pour de nouvelles politiques accommodantes et des emprunts excessifs suggèrent que le marché haussier est en bout de course, » a déclaré Druckenmiller, dont le retour annuel sur investissement de sa société Duquesne Capital Management s’est élevé en moyenne à 30 % entre 1986 jusque dans les années 2000.

Alors que les banquiers centraux expérimentent « avec la notion absurde des taux négatifs », Druckenmiller a déclaré qu’il parie sur l’or. « Certains le considèrent comme un métal, nous le voyons en tant que devise et l’or reste notre plus grosse allocation en devises, » a-t-il déclaré, sans citer nommément l’or. (…)

À propos de la Fed, Druckenmiller a déclaré que la banque centrale a emprunté « plus que jamais sur la consommation du futur ».

« Le plus objectivement du monde, nous sommes très loin dans la plus longue période de l’histoire de politiques monétaires excessivement accommodantes, » a-t-il déclaré. « Malgré avoir finalement mis un terme à son QE, la posture accommodante radicale de la Fed se poursuit aujourd’hui. Autrement dit, et de façon assez ironique, nous avons aujourd’hui la Fed la moins dépendante « des chiffres économiques ». »

Et enfin : « La volatilité des marchés actions mondiaux des 12 derniers mois, qui annonce souvent un changement de tendance majeur, suggère que le ratio risque/potentiel est négatif en l’absence de prix substantiellement plus bas et/ou de réformes structurelles. Mais ne vous attendez pas à ces réformes. »

Steen Jakobsen à propos de Druckenmiller

Les résultats de Stanley Druckenmiller en disent long sur le sérieux du bonhomme. Si cela ne suffit pas, voici ce qu’en pense Steen Jakobsen, le CIO de Saxo Bank (de SafeHaven.com) :

« Cela fait 30 ans que je fais ce métier. Durant cette période j’ai travaillé avec certains des meilleurs du monde du trading, j’ai rencontré des tas de pointures, mais il y a seulement 2 ou 3 personnes :

  • Que j’écoute TOUJOURS
  • Que je respecte TOUJOURS
  • Que je consulte TOUJOURS pour confronter mes points de vue

Certaines ne sont pas connues, mais la plus publique, la seule personne dont je sois vraiment fan, c’est Stanley Druckenmiller.

Il est non seulement l’un des meilleurs gestionnaires de l’histoire moderne, mais ses analyses sont acérées, claires et ouvertes. (…) Son dernier discours à la Sohn Conference confirme mes opinions qui ne datent pas d’hier :

  1. L’or est l’actif supérieur du cycle actuel
  2. La Fed est perdue – complètement perdue, rien de ce qu’elle fait correspond à ses dires
  3. Les taux négatifs sur la plus grosse erreur de politique de l’histoire
  4. La dette est et reste l’éléphant dans le magasin porcelaine

Parmi d’autres extraits de son discours :

« La dette américaine est hors de contrôle, la situation de la Chine est encore pire et le plus grand responsable est la Fed. Les entreprises américaines sont engluées dans la boue, réticentes à investir et accros aux rachats d’actions pour doper leurs cours. »

Il y a 11 ans, Druckenmiller avait averti durant cette même conférence de la bourde de Greenspan, qui n’avait pas fait éclater la bulle hypothécaire qui finirait par exploser. Selon Druckenmiller, la bulle gonflée par Bernanke et ensuite Yellen est bien pire que la précédente…