Syriza remporte les élections en Grèce

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Comme les sondages l’annonçaient, c’est le parti de la gauche radicale SYRIZA qui a remporté les élections grecques d’hier, loin devant Nouvelle Démocratie. Alexis Tsipras, qui avait juré de mettre fin à l’austérité, a donc toutes les cartes en main pour mettre en place sa politique.

Avec 149 sièges, SYRIZA est même passé à 2 sièges de la majorité absolue (151 sur 300). Tsipras a immédiatement démarré les consultations avec les autres partis et dispose déjà d’un accord avec le parti souverainiste des « Grecs indépendants » qui dispose de 13 sièges au parlement. Tsipras pourrait également discuter avec To Potami et le KKE (communistes), même si les dirigeants de ces 2 partis avaient déclaré ne pas vouloir s’allier à SYZIZA à qui on reproche d’être trop ou pas assez extrême…

Quoi qu’il en soit, les Grecs ont largement voté pour la fin de l’austérité. Désormais, SYRIZA compte renégocier avec la troïka pour revoir les termes de la dette. D’après AP, voici un extrait du discours prononcé par Alexis Tsipras pour célébrer son triomphe :

« Le peuple souverain de Grèce nous a donné un mandat clair, fort et indiscutable. La Grèce vient de tourner la page. La Grèce a décidé de faire de l’austérité, de la peur et de l’autoritarisme destructeurs une chose du passé. Nous disons au revoir à 5 années d’humiliations et de douleur. Le verdict du peuple grec met fin, sans l’ombre d’un doute, au cercle vicieux de l’austérité dans notre pays. Le verdict du peuple grec, votre verdict, annule aujourd’hui de façon indiscutable les accords de renflouement de l’austérité et du désastre. Le verdict du peuple grec fait de la troïka une chose du passé dans notre cadre commun européen. »

Tsipras n’a pas l’intention de sortir de l’euro mais en fonction de son attitude par rapport aux créanciers la Grèce pourrait être contrainte et forcée d’abandonner la monnaie unique. Tsipras souhaite qu’une solution similaire à celle offerte à l’Allemagne en 1953 soit appliquée à la Grèce, à savoir :

  1. La réduction significative de la valeur nominative de la dette publique cumulée ;
  2. Un moratoire sur le remboursement de la dette afin que les sommes économisées soient utilisées pour le redressement de l’économie ;
  3. La mise en place d’une « clause de développement » afin que le remboursement de la dette ne tue pas dans l’œuf le redressement économique ;
  4. La recapitalisation du secteur bancaire grec sans creusement de la dette nationale.

Il y a donc 3 grands scénarios : soit la troïka lâche du lest pour sauver l’euro momentanément, soit la Grèce sera exclue de l’euro pour avoir renié les accords passés, soit Syriza va se coucher pour devenir un parti classique de gouvernement et décevoir ses électeurs. Pour rappel, depuis la cure d’austérité imposée par l’Europe et le FMI la dette de la Grèce s’est creusée par rapport à son PIB passant de 110 à 175 %.

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