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2016

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Le graphique ci-dessus est éloquent, plusieurs constats peuvent être faits. Cela dit, tous mènent à la même conclusion, à savoir le fait que 2016 est une année où les Etats-Unis sont bel et bien en récession économique, et ce malgré les déclarations du gouvernement américain, qui affirme le contraire. Voyons cela en détail (article de David Haggith, publié le 4 août 2016 sur SafeHaven.com).

Les évolutions du PIB américain indiquent, sur base des tendances historiques, que nous sommes déjà en récession

La ligne rouge sur le graphique représente le PIB actuel des Etats-Unis (1,2 %), tel qu’il est estimé par le Bureau of Economic Analysis (BEA). A ce propos, il est intéressant de noter qu’à peu près à chaque fois que le PIB des Etats-Unis a atteint ce niveau durant les soixante-dix dernières années, l’Etat est entré en récession (voir les zones bleues). En effet, lorsque l’Etat nord-américain n’était pas sur le point d’entrer en récession à ce moment précis – c’est-à-dire lorsque le PIB atteignait 1,2 % –, il l’était déjà, et ce à chaque fois à part dans trois cas exceptionnels. Deux de ces cas s’avèrent être des « exceptions qui confirment la règle générale » :

A seulement deux reprises depuis la Grande récession, les Etats-Unis ne sont pas entrés en récession lorsque leur PIB a été aussi bas. La raison à cela est que, dans les deux cas, la Réserve fédérale a immédiatement – et massivement – injecté des « doses » d’assouplissement quantitatif. Cela étant dit, la Réserve fédérale ne fera pas autant cette fois-ci, si l’on en croit à son discours qui tourne autour d’une augmentation des taux d’intérêt. Un assouplissement quantitatif prouverait en effet que le gouvernement fédéral est inapte à augmenter ces mêmes taux d’intérêt.

Qui plus est, le graphique nous rappelle quelque chose dont nous sommes tous conscients : si l’on se fie à la fréquence moyenne entre les récessions, les Etats-Unis sont voués à entrer en récession en 2016.

Une observation encore plus intéressante à noter concerne le déclin général sur le long terme de la croissance économique des Etats-Unis. Soixante-dix années plus tôt, ils sont sortis de la récession avec un taux de 12 % de croissance en termes de PIB. Durant les trente années suivantes, ils sont sortis des récessions avec une croissance qui tourne autour de 8 %. Lors des vingt années après cela, le mieux que les Etats-Unis pouvaient espérer était une croissance autour de 4 %. Enfin, concernant la dernière décennie, les plus hauts pics que l’Etat nord-américain a pu atteindre en termes de croissance économique, furent autour de 3 %.

Le déclin de la croissance du PIB pourrait être expliqué, du moins partie, par le fait qu’il est difficile d’arriver à un pourcentage dont la croissance augmente aussi vite que le PIB en soi. En guise d’exemple, il est plus facile de doubler votre vitesse sur un laps de dix kilomètres par heure que sur un laps de cinquante kilomètres par heure.

Toutefois, en voyant comment la dette nationale américaine s’est accumulée, tout cela reflète aussi comment la capacité des Etats-Unis à générer de la croissance a diminué significativement, en raison notamment de toute la charge économique que l’Etat doit transporter.

L’on pourrait également blâmer les régulations ascendantes, mais il y a une chose particulière que vous ne pourriez pas blâmer… et il s’agit des impôts. Le fait est que nous avons atteint des taux de croissance bien plus élevés par le passé, et ce lorsque les impôts entrants (en particulier les impôts sur les gains en capital) étaient, eux aussi, bien plus élevés (qu’il s’agisse des impôts corporatifs ou individuels). En ce sens, le déclin de la croissance ne peut certainement pas être imputé aux impôts élevés, juste parce qu’ils sont élevés.

Constater que la diminution des taxes et impôts n’a pas fait grand-chose pour booster la croissance des Etats-Unis, c’est certainement quelque chose qui va irriter bon nombre d’entre nous. Cela dit, l’on peut clairement affirmer que diminuer ou tout simplement supprimer les impôts, ne va pas sauver l’économie américaine. Il y a d’autres problèmes sérieux qui ne peuvent pas être résolus avec une simple diminution – ou suppression – des impôts.

L’on ne pourrait pas non plus blâmer le libre-échange pour les problèmes de croissance, car les pires déclins en termes de croissance sont arrivés bien avant l’avènement du libre-échange. Toutefois, en retournant la question, certains pourraient très bien dire que le libre-échange n’a pas réellement boosté le taux de croissance américain, tout comme les impôts bas ne l’ont pas fait non plus.

Tout cela étant dit, la chose la plus cohérente que l’on peut blâmer pour le déclin de la croissance, c’est bel et bien le gouffre de la dette nationale qui a miné l’économie américaine. En effet, l’Etat et les entreprises ont tenté de faire croître la croissance économique sans avoir à payer pour cela. En d’autres termes, ils ont élargi la dette aux mauvais moments pour créer un stimulus de croissance, mais ils n’ont jamais remboursé cette dette aux bons moments.

Indépendamment de la cause de ce déclin, nous sommes arrivés à un moment où la croissance des Etats-Unis est tellement basse, que nous avons besoin d’un stimulus extraordinaire pour garder la tête au-dessus de l’eau. Et même si les Etats-Unis ne sont pas entrés en récession à chaque fois qu’ils ont atteint un niveau du PIB aussi bas (nous avons mentionné les trois exceptions, dans deux d’entre elles la récession ayant été évitée avec des mesures draconiennes), chaque récession des Etats-Unis lors des soixante-dix dernières années a eu lieu au moment – ou juste avant – que son PIB arrive au niveau actuel. Et il est bien question de toutes les récessions !

La récession de 2016 se déploie

Les récessions ne deviennent officielles que lorsqu’elles sont annoncées comme telles, et non pas quand elles commencent. Par définition, une récession ne devient officielle qu’à l’issue de deux trimestres consécutifs de déclin du PIB. Qui plus est, les récessions ne sont habituellement pas déclarées avant que les chiffres ne soient révisés, et, en règle générale, tous les gouvernements semblent optimistes avant cette révision.

Par conséquent, les récessions sont reconnues à peu sept mois après leurs débuts. Souvent même, elles ne sont reconnues qu’un an après ceux-ci. Dans l’imaginaire commun, nous ne sommes pas en récession tant que celle-ci n’a pas été officiellement annoncée.

Néanmoins, l’on peut dire que nous sommes actuellement en récession, et il s’agit d’une grande récession. Et même si le graphique montre clairement que la première période d’assouplissement quantitatif a sorti les Etats-Unis du ventre de la Grande récession, et donc de la ligne rouge de la récession, il montre également que l’Etat nord-américain est retourné en dessous de la ligne rouge dès que le tour d’assouplissement quantitatif (AQ) a pris fin. L’économie américaine a par conséquent besoin d’une autre injection d’assouplissement. En d’autres termes, cette dernière a atteint le niveau critique à chaque fois que le stimulus économique a pris fin. L’on peut dire que sans stimulus, l’économie américaine végète dans un état de perpétuelle récession : elle est, en réalité, un mort-vivant.

Notez comment la ligne de croissance titube vers le haut au cours de la dernière période d’AQ. C’est parce que cette période a été une injection d’argent frais (une nouvelle injection tous les mois pour une période de deux ans).

Remarquez aussi comment les Etats-Unis ont maintenu un mouvement descendant et stable vers la ligne rouge après que le dernier cycle d’assouplissement quantitatif continu (AQ3) ait pris fin à l’automne 2014.

L’économie américaine a été maintenue marginalement en vie seulement grâce à une série de stimulus, dont elle est devenue tout simplement dépendante. Ce graphique le démontre d’ailleurs très bien.

Cette même économie a fait l’objet de doses de stimulus répétées au travers de la plus grande impression d’argent dans l’histoire du monde, et ce aux taux d’intérêt les plus bas jamais connus, applicables et appliqués par les banques centrales à travers le monde entier, juste pour maintenir artificiellement le patient en vie depuis la Grande récession.

Une fois ce traitement fini, nous découvrirons en réalité à quel point le patient est mort, tout en s’enfonçant en direction du ventre de la Grande récession. Ce graphique montre clairement qu’à chaque fois que l’AQ prend fin, nous sombrons aussi vite vers les niveaux de croissance que l’on associe aux récessions. Mais cette fois-ci, il n’y aura pas d’assouplissement quantitatif pour nous sauver.

Cela ne veut pas dire pour autant que, une fois de retour en dessous de la ligne rouge, comme c’est le cas actuellement, la Réserve fédérale ne lancera pas un programme massif de relance, juste pour garder le patient un tant soit peu en vie ; mais il faut dire que la prochaine période d’AQ viendra trop tard et qu’aucun montant ne sera suffisant pour faire le travail.

Les économistes contemporains : les dinosaures les plus bêtes à avoir parcouru la Terre

Les économistes contemporains ne sont pas capables de voir une récession qui arrive, et ce même quand elle leur saute aux yeux.

En effet, ils [on inclut ici les économistes de la Réserve fédérale et du gouvernement, bien évidemment]ont arrêté de croire dans les lois économiques, et ce depuis de longues années. Ils vivent dans des mondes imaginaires et, en ce faisant, ils créent des économies de merveilles qui fonctionnent à l’envers.

Dans l’histoire du monde, il n’y a jamais eu un nombre aussi conséquent de personnes intelligentes, qui restent pourtant constamment muettes dans le domaine de leur propre expertise, et qui sont en plus constamment récompensées pour ce faire.

Ce graphique est une illustration claire de la faillite totale ayant résulté de la croyance économique moderne en une économie basée sur la dette. L’on peut même dire que c’est un témoignage de l’échec ayant résulté de la foi religieuse des économistes de relance en la banque centrale, ainsi que de leur refus de croire en l’ancienne loi éprouvée des rendements décroissants.

La vitesse à laquelle les bénéfices des relances ont diminué au cours des dernières décennies, alors même que l’ampleur du stimulus a augmenté de façon exponentielle, montre clairement que la prochaine injection (d’argent à des taux d’intérêt négatifs) sera en réalité l’injection la plus massive que le monde ait connue. Pourtant, elle ne sera suffisante que pour envoyer le patient dans un état comateux au bord de la ligne rouge. La prochaine dose de stimulus pourrait peut-être remuer brièvement le rythme cardiaque du patient, mais, en réalité, elle le tuera définitivement.

2016, l’année de l’« Apocalypse économique »

Voilà pourquoi nous pouvons appeler 2016 l’année de l’« Apocalypse économique » : cette année où nous sombrerons de nouveau dans le ventre de la Grande dépression. Ce sera l’année où les plus grandes injections de relance ne nous permettront que de garder la tête au-dessus de l’eau, et ce juste le temps de voir les prochaines élections arriver.

Tout le monde au sein du gouvernement (démocrates et républicains … ainsi que le jeton socialiste) fera tout pour « réparer » brièvement l’économie, afin de s’assurer que Donald Trump ne sera pas élu.

Si Trump se fait élire, les sorciers des fausses finances abandonneront la bataille le lendemain de l’élection, et alors tout l’enfer atterrira sur l’économie américaine. Cela dit, ce sera peut-être une bonne chose pour certains de ces économistes, car ils vont essayer d’utiliser Trump comme boucé missaire, afin d’imputer leur échec à la panique que son élection aura causée. Dans le pire des cas, le gouvernement perdra tout contrôle sur l’économie avant même l’élection, car même les pires sorcelleries pourraient ne pas maintenir la marche de l’économie de zombies actuelle.

Au risque de nous répéter, ce graphique est une preuve très cohérente de la baisse des rendements, pourtant dans un contexte d’efforts exceptionnels. Qui plus est, il démontre malheureusement que l’économie américaine se dirige sans relâche vers le ventre du deuxième tour de la Grande récession.

« Le rétablissement » du gouvernement et de la Réserve fédérale est entièrement artificiel et insoutenable. Tout économiste qui manifeste un tel mépris flamboyant pour les vrais économiques (c’est-à-dire tout économiste qui croit en une économie basée sur la dette) a une courge en guise de tête. En effet, ce graphique témoigne clairement de la faillite d’une économie dont les fondations reposent sur la dette. Malheureusement, nombreux sont ceux et celles qui détournent les yeux face à cette réalité.

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lingot et pièces d'or

Article de Nikkei.com, publié le 12 juillet 2016 :

« Les banques centrales poursuivent leurs acquisitions d’or, la Chine et la Russie en tête afin de réduire leur dépendance au dollar et à l’euro ainsi que pour maintenir la confiance dans leur devise domestique.

Les banques centrales du monde ont augmenté leurs réserves d’or de 2,7 % par rapport à l’année précédente pour posséder un total d’environ 32.800 tonnes, d’après le rapport du World Gold Council publié la semaine dernière. En 2015, elles ont acheté en net 483 tonnes, plaçant cette année sur la seconde marche du podium des achats annuels les plus conséquents depuis la fin de la convertibilité du dollar en or en 1971. D’après Thomson Reuters GFMS, cela fait 6 années d’affilée que les banques centrales sont, globalement, à l’achat.

Augmentation des réserves d’or (officielles) de la Chine de 70 %

Durant les 12 derniers mois, la Chine a augmenté ses réserves d’or de 70 %, un chiffre impressionnant, pour porter ses réserves à environ 1800 tonnes, ce qui place la Chine en 5e position des pays qui possèdent le plus d’or. (…) La rivalité politique entre Pékin et Washington a également contribué à pousser la Chine vers l’or. (…)

Augmentation des réserves d’or de la Russie de 18 %

La Russie a également dopé ses réserves d’or, de 18 % durant les 12 derniers mois, pour un total d’environ 1480 tonnes. La baisse du cours du pétrole a porté un coup dur à l’économie russe, ce qui a fait baisser le rouble. La Russie a décidé d’acheter davantage d’or en lieu et place du dollar ou de l’euro sur fond de sanctions occidentales en raison de la crise ukrainienne. (…)

Certaines banques centrales ont vendu une partie de leur or. Notamment le Venezuela, qui s’est débarrassé de 43 % de ses réserves, étranglé par la chute des cours du brut et obligé ainsi de se séparer de ses réserves pour rembourser sa dette. Mais le Venezuela fait partie des exceptions. Les pays développés, dont le Japon, n’ont pas touché à leurs réserves d’or.

Les pays émergents ont commencé à acquérir de l’or à la fin des années 2000, lorsque la crise financière de 2008 et la crise de la dette européenne ont entamé la crédibilité du dollar et de l’euro. (…) »

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argent

« Will Grigg’s on fire », qu’ils chantent… Et que dire de l’argent ? Le métal gris n’en finit plus de grimper, si bien qu’il a dépassé pour la première fois depuis 2014 la barre des 21 $ l’once peu après l’ouverture des marchés asiatiques. De Bloomberg (4 juillet 2016):

« L’argent métal a atteint les 21 $ l’once pour la première fois en 2 ans tandis que l’or a progressé durant les 4 dernières sessions alors que les investisseurs se sont tournés vers les valeurs refuge que sont les métaux précieux suite au vote de la Grande-Bretagne pour sortir de l’Union européenne.

L’argent métal pour livraison immédiate a grimpé jusqu’à 7 %, à 21,1377 $ l’once avant de reculer jusqu’à 20,3311 dollars l’once à 11:50 du matin, heure de Singapour, d’après les données de Bloomberg. L’or a progressé jusqu’à 1357,63 dollars l’once (+ 1,2 %) pour s’approcher de son plus haut de 2 ans, et ensuite se fixer à 1346,31 dollars.

Le métal profite des turbulences des marchés financiers engendrées par le Brexit, ainsi que des spéculations concernant la nécessité de lancer de nouvelles stimulations de la part des banques centrales, les taux américains semblant devoir rester bas. Les stocks d’argent des ETF ont progressé de façon record le mois dernier, tandis que les quantités d’or dans les coffres des ETF spécialisés dans ce métal sont au plus haut depuis août 2013.

« Il y a une grande vague d’achat d’argent en cours de hausse, » a déclaré Bob Takai, CEO et président de Sumitomo Corp. Global Research Co., à l’occasion d’une interview téléphonique. « Ceux qui sont réticents à investir dans l’or se précipitent maintenant sur le marché de l’argent, qui est très bon marché. »

Lundi, une once d’or ne permettait plus que d’acheter 64,2 onces d’argent, le ratio étant à son plus bas depuis août 2014, alors qu’en février une once permettait encore d’acquérir 83,8 onces de métal gris, le ratio le plus élevé depuis la crise financière de 2008. L’argent va continuer de surperformer l’or jusqu’à ce que les remous sur les marchés provoqués par le Brexit se décantent, a déclaré Takai, qui suit le marché de l’argent depuis 1980.

L’argent a bondi de 47 % cette année, faisant bien mieux que les 27 % de hausse de l’or. Les fonds ont augmenté leurs positions longs nettes sur les marchés à terme et leurs options sur les deux métaux précieux à des niveaux jamais vus depuis la compilation des chiffres, qui a démarré en 2006.

Les stocks d’or des ETF ont augmenté de plus 500 tonnes depuis le plus bas de janvier à 1959,1 tonnes, tandis que les stocks d’argent ont atteint un chiffre de record de 20.232,1 tonnes en juin, d’après les données de Bloomberg. Si la hausse de l’argent n’est pas excessive jusqu’à présent, cela pourrait changer d’après Takai. Si l’or devait baisser, le déclin de l’argent serait plus lourd, d’après lui. »

Interview d’Eric Sprott par KWN du 3 décembre 2015 :

Eric King : « Eric, alors que les chiffres de l’emploi américain viennent de tomber l’or a augmenté de plus de 25 $. Tout cela se passe au lendemain du massacre du dollar et des marchés obligataires américains. »

Eric Sprott: « Il est évident que d’apparence, les chiffres de l’emploi semblent bons même si certains éléments montrent qu’il ne s’agit que d’apparence surtout à propos de ces 311.000 personnes qui cherchaient un emploi à temps plein mais qui n’ont trouvé qu’un poste à temps partiel.

Cela signifie qu’en net, nous avons simplement gagné 100.000 emplois à temps partiel mais je suis prêt à mettre ma main à couper que les revenus de ces travailleurs n’ont pas augmenté. Cependant, en rapportant la création de 211.000 emplois, ces chiffres semblent indiquer que la Fed va relever ses taux en décembre.

Relèvement des taux : un événement positif pour l’or

Ce sera positif pour le marché de l’or qui a souffert pendant 4 ans en raison de craintes concernant le relèvement des taux. Jusqu’à ce jour, cet événement n’a jamais eu lieu mais dans l’intervalle, le cours de l’or a chuté de plus de 800 $ l’once.

Lorsque la présidente Yellen a fourni des détails concernant ce relèvement des taux, elle a déclaré qu’une augmentation de taux ne signifiait pas que d’autres allaient nécessairement suivre. Yellen a également expliqué que « les taux d’intérêt normalisé » sont aujourd’hui bien moins élevés que ceux du modèle utilisé auparavant. Les augmentations futures seront donc limitées.

Changement total de tendance au Comex

Comme vos lecteurs le savent, on a assisté à un renversement total des positions sur le Comex. Les banques commerciales sont largement passées à l’achat durant les quatre dernières semaines. Je pense que le rapport de cette semaine montrera que les banques commerciales ont continué d’être du côté des acheteurs.

Je pense donc que le marché papier de l’or est désormais positionné pour une hausse relativement agressive en raison de la vigueur du marché physique et de la baisse des craintes concernant ce relèvement des taux. »

Eric King : « Eric, les chiffres économiques mondiaux qui tombent sont catastrophiques. Le fret maritime s’est effondré, l’économie mondiale a clairement basculé. Michael Belkin qui conseille les plus grands fonds souverains et hedge funds, a dit que la Fed ne pourrait rien faire de plus stupide que de relever les taux au début d’une récession, que cela pourrait déclencher un crash boursier et une dépression. Ces dangers sont-ils d’actualité ? »

Eric Sprott : « Je pense que la Fed pourrait relever ses taux pour donner l’image de la prudence même si ses politiques des quinze dernières années montrent que la Fed agit de façon irréfléchie. L’économie actuelle est incroyablement faible. On peut le voir notamment dans les ventes de camions de classe A, qui ont chuté de 80 % sur les 12 derniers mois.

Un baromètre de l’économie tel que Caterpillar rapporte des chiffres de ventes en baisse depuis 35 mois d’affilée car les investissements baissent. La production industrielle recule. L’emploi dans le secteur industriel baisse également.

Il n’y a donc pas de reprise économique et on ne risque pas d’en voir une. La Fed pourrait commettre l’acte dangereux de relever ses taux pour des raisons purement égoïstes mais si les marchés tanguent en réponse, elle les baissera immédiatement. Si l’économie continue de vivoter ou même de s’empirer tout ce buzz autour du relèvement des taux deviendra vite de l’histoire ancienne. La situation de l’économie réelle est grave à ce point. »

Eric King : « qu’anticipez-vous pour 2016 ? »

Eric Sprott : « La poursuite de la faiblesse économique. Personne n’arrive à lui donner un coup de fouet, n’est-ce pas ? Les Chinois n’y parviennent pas. Mon Dieu, les Chinois ont injecté tellement de liquidités dans leur économie que c’en est risible.

Idem pour les États-Unis. Le déficit américain est énorme. J’ai été choqué d’apprendre que la dette a augmenté de 300 milliards supplémentaires en octobre, lorsqu’ils se sont débarrassés du plafond de la dette. En novembre, elle a de nouveau augmenté de 300 milliards. Je ne sais pas à quoi sert tout cet argent mais les déficits explosent. »

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Article de Jim Rickards, publié le 2 novembre 2015 sur DailyReckoning.com :

« Pour décrire les dynamiques d’une guerre des devises, j’utilise toujours des métaphores comme le tir à la corde ou la balançoire à bascule. Tout cela pour bien montrer que les mouvements ne sont pas à sens unique. Les taux de change montent et descendent constamment.

Comment se déroule une guerre des devises

La guerre des devises qui a eu lieu entre 1921 et 1936 est un bon exemple. En 1921, les Allemands détruisaient leur devise durant l’épisode d’hyperinflation de la célèbre république de Weimar. En 1925, la France et la Belgique dévaluaient leur devise, ce qui augmenta la valeur de la livre sterling et du dollar.

En 1931, le Royaume-Uni répliqua en dévaluant la livre. Ce qui mit la pression sur la France et les États-Unis. Ensuite, en 1933, les États-Unis dévaluèrent le dollar, remettant la pression sur le Royaume-Uni et encore plus sur la France. Finalement, en 1936, la France et le Royaume-Uni dévaluèrent une nouvelle fois leur monnaie par rapport au dollar. Ce fut l’épisode célèbre des dévaluations « beggar thy neighbor » (chacun pour soi).

Nous pouvons faire un parallèle avec la guerre des monnaies d’aujourd’hui. Le yuan fut faible et le dollar fut fort entre 2008 et 2010. Puis, en 2011, les États-Unis ont manœuvré pour affaiblir le dollar. Le billet vert a atteint un plus bas historique en août 2011. Simultanément, l’or atteignit son record historique, ce qui n’est pas une coïncidence.

Ensuite, la valeur du yen fut abaissée avec le début des Abenomics en décembre 2012. À la mi-2014 vint le moment d’affaiblir l’euro, qui est passé de 1,3 à 1,05 $ en 6 mois. Résultat des courses, le dollar atteignait son plus haut de la dernière décennie à la mi-2015. La Fed a alors réagi en repoussant la remontée des taux, ce qui a donné un peu d’air au dollar.

Vous avez compris le principe : on ne peut pas tout miser sur le même cheval. Le dollar s’est raffermi entre 1921 et 1933, il s’est ensuite affaibli entre 1933 et 1936 pour ensuite repartir à la hausse après 1936. Le dollar fut fort en 2010, faible en 2011 et puis à nouveau fort en 2015. La même analyse s’applique aux autres devises principales. C’est ainsi que se déroule une guerre des devises. (…)

Les banques centrales se disputent la croissance

La plupart des mouvements de ces 8 dernières années sont facilement explicables par les manipulations des banques centrales. Par exemple, le QE2 de la Fed explique la faiblesse du dollar de 2011.

La banque du Japon a eu à la fois recours aux assouplissements quantitatifs et « qualitatifs » (utilisation de création monétaire pour acheter des actifs ou autres que des obligations d’État, par exemple des actions ou des obligations d’entreprises).

La BCE a eu recours à la fois aux taux négatifs et au QE pour affaiblir l’euro en 2014. La banque de Chine a utilisé un mix de baisse des taux, de réduction des taux de réserves bancaires et d’interventions directes pour affaiblir le yuan en 2015.

Il est toujours important de garder un œil sur les banques centrales. Pourtant, nous observons en ce moment les signaux émis par une source encore plus puissante que les banques centrales, à savoir le spectre d’une récession mondiale.

Le spectre de la récession pointe son nez

Se lancer dans une guerre des devises dans un monde en croissance pour augmenter ses parts de marché, c’est une chose. Lorsque le gâteau ne grossit pas assez rapidement, c’est un bon moyen de s’en octroyer une plus grosse part. Mais que se passe-t-il lorsque la taille du gâteau rétrécit ? Dans un tel environnement de récession, les guerres des devises deviennent encore plus sales.

Les périodes de croissance économique durent en moyenne 77 mois depuis 1980 aux États-Unis. En ce moment, l’économie américaine croît depuis 76 mois (depuis la fin de la dernière récession en juin 2009). Il est clair que la croissance est faible, mais il y a néanmoins de la croissance. Cela signifie-t-il que l’économie américaine entrera en récession le mois prochain ? Pas nécessairement, mais nous ne devrions pas être surpris si cela devait être le cas. Les créations d’emplois ont stagné en novembre pour baisser depuis.

La désinflation et la déflation ont pris le dessus sur l’inflation. De nombreux indicateurs concernant la production industrielle et les achats sont dans le rouge. La posture vigoureuse de la Fed sur la hausse des taux n’a pas aidé.

La situation en Chine est encore plus morose. La Chine n’est pas techniquement en récession car elle part d’un taux de croissance très élevé. Cependant, le ralentissement chinois a le même impact qu’une récession ailleurs dans le monde en raison de la chute de la production qu’elle engendre.

La Chine représente plus de 10 % de la croissance mondiale. Si la croissance chinoise baisse d’un tiers, cela signifie une croissance mondiale inférieure de 3,3 %. Or, d’après le FMI, la croissance mondiale ne sera que de 3,1 % l’année prochaine. Si le ralentissement chinois est conforme à nos prévisions, cela signifie qu’il n’y aura pas de croissance en 2016. (…)

Comment les banques centrales vont-elle enrayer cette récession alors qu’elles ont déjà utilisé toutes leurs cartouches dans la guerre des devises ? Les taux américains sont déjà à zéro, ainsi que les Japonais. Les taux européens sont négatifs. Toutes ces banques centrales ont déjà créé des trillions de dollars. (…)

Cela signifie que la prochaine récession ne pourra être empêchée. Elle devra avoir lieu, l’année prochaine ou quelque chose comme ça. Tous les secteurs de l’économie seront touchés, certains plus que d’autres. Les services devraient mieux résister tandis que les biens devraient souffrir le plus. (…) »

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Article de Casey Research, publié le 13 août 2015 :

« Jeremy Grantham pense que le marché boursier américain pourrait être victime d’un crash l’année prochaine. Grantham est le fondateur de GMO, une société qui gère un patrimoine de 118 milliards de dollars. Il jouit d’une bonne réputation pour ses avertissements avant le crash boursier de 2000 et la crise financière de 2008.

Même si la plus par des gestionnaires de patrimoine vous conseilleront toujours d’être actif sur les marchés (ce qui signifie que vous leur versez des commissions), Grantham préfère dire ce qu’il pense, même si cela doit conduire les investisseurs à déserter les marchés actions.

Grantham vient de faire une nouvelle prédiction osée. Il pense que le marché américain est « mûr pour un déclin majeur » en 2016. Il pense que ce crash pourrait engendrer la pire crise depuis la Grande Dépression. Comme l’a écrit le Financial Times :

« Le célèbre investisseur bearish et souvent prescient gestionnaire de patrimoine a déclaré que cela pourrait produire un type de crise très différent car de nombreux gouvernements sont encore plus endettés aujourd’hui et que la majorité de la dette se trouve désormais sur le bilan des banques centrales.

Vu que celles-ci sont en mesure de créer de la monnaie pour se recapitaliser, « il se peut que cette crise soit gérable », a déclaré M. Grantham. « Le cas échéant, nous revivrons une situation similaire à celle des années 30, lorsque nous avons eu des défauts de gouvernements en cascade. »

Le tableau présenté est plutôt sombre. Grantham ignore quel sera l’élément déclencheur de la prochaine crise. Mais les valorisations élevées contribueront à la pression baissière.

« M. Grantham ignore quelle sera l’élément déclencheur de la prochaine crise, notant que les bulles n’explosent pas simplement parce que les actifs sont surévalués. Mais il affirme que d’ici la fin 2016, les marchés seront probablement extrêmement vulnérables à un crash vu leurs valorisations élevées.

‘ Nous pourrions être chanceux en encaissant une nouvelle crise en nous contentant d’une chute des marchés, mais cette crise pourrait également mettre le système au tapis,’ a-t-il déclaré. « Ce serait nouveau et inédit et engendrerait des défauts souverains. »

Les marchés internationaux sont fragiles en ce moment. Depuis la dernière crise financière, les gouvernements ont tenté de régler les problèmes via la création monétaire. Ils ont empilé la dette. Et la plupart des nations dévaluent leur monnaie.

L’augmentation du prix de l’immobilier est l’un des nombreux effets secondaires de la création monétaire. Les prix de l’immobilier commercial aux États-Unis ont atteint des records. Le Financial Times rapporte que l’immobilier commercial a augmenté sur base annuelle de 12 % pour dépasser les valorisations atteintes durant le dernier pic. Ce secteur est désormais 18 % plus cher que durant la dernière bulle de l’immobilier. (…)

Le graphique ci-dessous montre que le prix de l’immobilier commercial a atteint son plus bas peu de temps après que la Fed ait baissé ses taux jusqu’à zéro. Depuis ce plus bas de 2009, les prix ont augmenté de 93 %. (…)

immobilier-commercial-bulle

Pour en revenir aux prédictions de Jeremy Grantham, il craint qu’un crash boursier balaie les finances de gouvernements majeurs (note : certaines banques centrales, comme celles de Suisse et du Japon, admettent publiquement qu’elles investissent sur les marchés actions). Il pense que les gouvernements pourraient se déclarer en faillite au lieu d’essayer de sauver à nouveau le système financier.

Il s’agit d’une crainte fondée. Les gouvernements sont beaucoup plus endettés aujourd’hui qu’avant la dernière crise financière. Leur marge de manœuvre est réduite, ce qui signifie qu’ils ont moins de munitions pour combattre une crise.

Sur le graphique d’introduction, on peut voir que la dette des États-Unis est de 102 % du PIB. Ce qui signifie que si le gouvernement américain confisquait chaque centime généré par l’économie américaine durant une année, il ne disposerait même pas de la somme nécessaire pour rembourser sa dette.

Le ratio dette/PIB des États-Unis est à son plus haut niveau depuis la Seconde Guerre mondiale. Comme Grantham l’a déclaré, il est tout à fait plausible que le gouvernement ne soit pas en mesure de sauver le système financier durant la prochaine crise. (…) »