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5 juin

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Ce qui devait arriver arriva : ce vendredi 5 juin, la Grèce n’a été en mesure de rembourser les 305 millions d’euros qu’elle devait payer au FMI, faute d’accord avec la troïka pour débloquer l’aide en suspens après avoir raclé les fonds de tiroir et utilisé ses DTS de réserve au FMI pour faire face à ses obligations financières. Mais rassurez-vous, le défaut a de nouveau été reporté grâce à un autre artifice : la possibilité de grouper et de reporter l’ensemble de ses remboursements mensuels en fin de mois.

Pendant toute la semaine, la rumeur au recours de cette ficelle avait été évoquée mais démentie par les officiels grecs et le FMI… probablement en conformité avec la « méthode Juncker » qui dit que lorsque les choses deviennent graves, il faut mentir. La suite, vous la connaissez déjà.

La Grèce totalement acculée

Cet article du Telegraph affirme qu’il s’agit d’un acte de défiance de la Grèce envers ses créditeurs. Cette opinion nous semble bien flatteuse pour le gouvernement de Tsipras : vu la situation financière du pays, il n’y avait pas d’autres option si ce n’est dire amen à tous les diktats de la Troïka, convoquer des élections anticipées et finir sur les bancs de l’opposition.

Le Telegraph nous apprend également que cette possibilité de grouper ces paiements mensuels a été instaurée par le FMI dans les années 70 afin de permettre de réduire les difficultés administratives et d’effectuer des paiements multiples durant un même mois. La dernière requête de ce genre avait été faite par la… Zambie dans les années 80.

Toujours selon cet article, le ministre des Finances grec Yanis Varoufakis a déclaré : « Après 4 mois de négociations, les institutions créditrices nous ont soumis des propositions qui ne sont pas en mesure de résoudre la problématique de la crise économique qui été créée par les politiques mises en place durant les 5 dernières années. »

Toujours les même constats, donc. La prochaine date fatidique pour la Grèce est donc désormais le 30 juin, date à laquelle elle devra rembourser au FMI 1,6 milliard d’euro.

Malgré tout, la population grecque veut conserver l’euro

Après 4 mois de négociations, la problématique reste la même : la Troïka souhaite intensifier les politiques qui ont envoyé au tapis l’économie grecque ce que la Grèce tente de refuser tout en souhaitant rester dans la zone euro. Ces objectifs sont inconciliables. Si on peut reprocher à Syriza de s’accrocher à cet euro source d’une partie de leurs problèmes, il s’agit cependant de la volonté du peuple. Comme l’a rapporté l’AP via Yahoo, l’euro dispose d’un gros support auprès de la population grecque : malgré la crise qui frappe le pays, environ 75 % de la population reste en faveur de l’euro. Seulement 18 % des Grecs souhaitent un retour à la drachme tandis que 50 % d’entre eux sont prêts à faire des concessions majeures pour le conserver.

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La montre tourne et les négociations entre la troïka et la Grèce n’ont toujours rien donné. Athènes a réussi jusqu’à présent à maintenir l’illusion de sa solvabilité grâce à de nombreux tours de passe-passe mais il ne lui reste plus aucune carte dans sa manche. Ce fait vient d’être prouvé par une fuite du FMI, qui affirme que la Grèce fera défaut le 5 juin prochain si aucun accord n’est trouvé entre-temps.

L’information est rapportée par Zerohedge dans cet article qui cite lui-même la chaîne britannique Channel 4. Jusqu’à présent la Grèce s’en est sortie en pillant les caisses de retraite et les avoirs d’autres institutions publiques, en confisquant l’argent des collectivités locales et en tapant dans ses réserves de droits de tirage spéciaux du FMI (prouvant que le monde financier d’aujourd’hui, c’est l’Absurdie, la Grèce empruntant de l’argent au FMI pour rembourser le FMI…).

Athènes a désormais épuisé toutes les ficelles pour éviter le défaut, nous allons bientôt connaître l’épilogue de cette énième saga grecque. Syriza était persuadé qu’en étant intransigeant et en brandissant le spectre du défaut, les « institutions » allaient plier mais il est clair qu’aujourd’hui tout le monde est prêt à voir la Grèce faire faillite. Le fricotage avec les Russes n’a également rien donné.  Soit le gouvernement d’Alexis Tsipras renie totalement  ses promesses de campagne en obtempérant à toutes les demandes sans aucune concession en retour, soit la Grèce fera défaut et risque de sortir dans la foulée de la zone euro.