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Abenomics

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lingotins or pamp heraeus valcambi

Après la petite visite de courtoisie de Ben Bernanke au Japon, où il a rencontré des officiels du gouvernement ainsi que le gouverneur de la banque centrale, un nouveau plan de relance de 10 trillions de yen a été annoncé, incluant des travaux d’infrastructure (dans l’un des pays les plus modernes de la planète). Dans notre monde keynésien dans lequel lorsqu’un remède ne marche pas, on présume que c’est un problème de posologie trop timide, même les Japonais les plus conformistes commencent à avoir des doutes, comme le montre cet article de Bloomberg :

« Tetsushi Kudo, employés de bureau de 50 ans, a acheté ce mois une pièce d’or d’une once pour la première fois de sa vie. Alors que les marchés actions baissent et que son épargne n’offre aucun rendement, il affirme qu’il en achètera d’autres.

« Je veux acheter de l’or chaque année en guise de cadeau d’anniversaire pour ma fille, » a déclaré Kudo dans le quartier chic de Ginza, où il a effectué cet achat de 162.000 yen. « Lorsqu’elle sera grande, elle me remerciera pour ce cadeau car cet or aura de la valeur, où qu’elle aille. »

Les investisseurs particuliers comme Kudo sont derrière l’explosion des ventes de métaux précieux de 60 % enregistrée entre mai et juin chez Tanaka Holdings Co., le marchand de métaux précieux de détail le plus important du pays, alors que le rebond du yen face au dollar les ont rendus meilleur marché. Tandis que le parti au pouvoir du Premier Ministre Shinzo Abe a enregistré une victoire convaincante aux élections du 10 juillet de la chambre haute, la confiance en ses politiques économiques est en berne. Un sondage réalisé les 2 et 3 juillet par le quotidien Asahi a montré que 55 % des répondants souhaitent un changement de cap alors que 28 % désirent poursuivre dans la même voie.

Un yen plus fort

La hausse de 17 % du yen enregistré cette année est le reflet de la fuite des investisseurs japonais des marchés étrangers en raison du pessimisme à propos de la croissance mondiale plutôt que d’une confiance en leur économie domestique. Les ventes d’or ont plus que triplé dans les magasins Tanaka le 24 juin, lorsque la devise japonaise a bondi pour quasi atteindre son plus haut de 3 ans face au dollar suite au vote en faveur du Brexit. L’indice japonais Topix a connu sa plus grosse chute des 5 dernières années le lendemain du référendum tandis que les obligations japonaises à 10 ans se sont enfoncées en territoire toujours plus négatif.

« Pour les investisseurs, acheter de l’or correspond à une motion de défiance, » a déclaré Itsuo Toshima, conseiller en investissements et ancien manager régional du World Gold Council à Tokyo. « L’or est une monnaie qui ne peut être créée, contrairement au yen. L’appréciation de celui-ci, malgré l’adoption des taux négatifs, a engendré du scepticisme concernant les avantages d’une telle politique. Elle a également poussé les investisseurs à chercher à protéger leurs actifs en cas d’échec des Abenomics. »

L’absence de rendement de l’or n’est pas un handicap pour les investisseurs alors que 90 % du complexe obligataire japonais affichent des taux inférieurs à zéro, d’après Eiichiro Kato. L’obligation japonais à 10 ans, celle de référence, affichait mardi un taux de -0,265 %. (…)

Les achats records d’obligations par la BoJ pousse les taux à la baisse même si la dette nationale a gonflé jusqu’à environ 250 % de son PIB, d’après les projections du FMI. Le 1er juin, Abe a postposé pour la seconde fois une hausse de la TVA en raison de la faiblesse de la consommation.

« Nous ignorons qui endossera la responsabilité de réduire la dette japonaise, » a déclaré Akihiro Morishige, économiste senior du Mitsubishi Research Institute. « Si la confiance en les politiques fiscales japonaises diminue, les intérêts japonais à long terme pourraient grimper jusqu’à 5 % d’ici 2030. »

Les achats japonais d’or stocké en Suisse ont bondi de 62 % durant les 6 premiers mois de 2016. (…) »

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Article de John Rubino, publié le 27 juin 2016 sur safeHaven.com :

« L’une des premières conséquences de la décision du Royaume-Uni de quitter l’Union européenne fut une livre en chute libre. Ce qui signifie que le Royaume-Uni est désormais en train de gagner la guerre des devises. De ce fait, ses exportations seront moins chères à travers le monde, permettant à ses entreprises de vendre davantage, d’augmenter leur chiffre d’affaires et d’embaucher. L’inflation augmentera, ce qui diminuera le fardeau de la dette du gouvernement et des particuliers, et tout évoluant de concert, la croissance sera supérieure.

Mais vu que dans un monde basé sur l’argent papier les fluctuations des devises sont un jeu à somme nulle, cela signifie que si la Grande-Bretagne gagne la guerre de devis, quelqu’un doit forcément y perdre. Et cette fois, le grand perdant est sans conteste le Japon. Voici la valeur du yen face à la livre durant les 12 derniers mois :

le yen  grimpe après le brexit

C’est de mauvais augure pour plusieurs raisons. Tout d’abord, le Japon tente depuis un bon moment de dévaluer sa monnaie, en fait depuis l’élection du premier ministre Shinzo Abe, en 2012, sur un programme de déficits importants et d’assouplissements monétaires imposés à sa banque centrale. Il a mis en place les politiques souhaitées, mais elles n’ont pas fonctionné. La croissance reste molle, le yen s’est apprécié (ce qui rend les exportations japonaises trop chères) tandis que la dette continue de s’accumuler à une vitesse ingérable et potentiellement catastrophique. Désormais, tout par à vau-l’eau, comme l’explique cet article de Reuters :

« Le plan boiteux baptisé Abenomics du  premier ministre japonais Shinzo Abe, destiné à engendrer la renaissance de l’économie japonaise, a encaissé un nouveau coup ce vendredi lorsque la Grande-Bretagne a voté pour sortir de l’Union européenne, provoquant la hausse du yen et menaçant de rendre les entreprises et les consommateurs japonais encore plus prudents. (…)

Abe a pris ses fonctions en décembre 2012, s’engageant à mettre un terme à des décennies de déflation au Japon ainsi qu’à générer de la croissance, dans une économie meurtrie par la baisse de la démographie et une population vieillissante, en proposant un mélange de politiques monétaires ultras accommodantes, de dépenses publiques et de réformes.

Mais cette formule a largement échoué. La création monétaire agressive de la banque centrale n’est pas parvenue à accélérer l’inflation tandis que la croissance anémique a découragé les entreprises à relever les salaires ainsi que les ménages à consommer.

« En ce qui concerne les Abenomics, l’échec était déjà entériné. Cela va certainement les enterrer un peu plus, » a déclaré Jeffrey Kingston, directeur des études asiatiques à l’université Temple du Japon.

Le yen, perçu en tant que valeur refuge, est passé momentanément au-dessus de 100 par rapport au dollar, poussant le ministre des Finances Taro Aso à signifier la possibilité d’une intervention afin d’enrayer cette vigueur excessive.

Les dirigeants japonais craignent que la montée non souhaitée de la devise japonaise impacte négativement les exportations et replonge le pays dans la récession.

Le gouverneur de la banque du Japon Haruhiko Kuroda a déclaré qu’il était prêt à fournir des liquidités importantes aux marchés financiers. Mais les acteurs des marchés craignent que la BOJ n’ait plus beaucoup d’options à sa disponibilité pour enrayer la hausse du yen ou pour relancer son économie. Le yen a déjà grimpé de 15 % par rapport au dollar cette année, menaçant les profits des entreprises japonaises. (…) »

Quelles seront les conséquences du Brexit sur le Japon ?

  • Des taux encore plus négatifs, avec tous les soucis que l’on peut imaginer sur les marchés obligataires et les actions bancaires
  • Des profits en baisse pour les entreprises
  • Chute de la popularité du gouvernement actuel et changement probable de régime dans les 12 à 24 mois à venir
  • Une crise financière à venir lorsque les investisseurs se rendront compte qu’il n’y a plus d’outils dans la boîte afin de contrer l’effondrement économique entraîné par la démographie et la dette du pays, le Japon étant probablement le pays les plus endetté, en rapport avec la taille de son économie, de l’histoire.

Dans un monde menacé par l’émergence de divers moments à la Lehman, le Japon vient de prendre la première position.

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drapeau modifié du Japon

Article de Michael Pento, publié le 9 mai 2016 sur SafeHaven.com :

« Le soleil rouge sur le drapeau japonais symbolise sa position en tant que pays du soleil levant. Cependant, durant la Seconde Guerre mondiale sa forme sphérique fut associée de façon péjorative au zéro. Aujourd’hui, vu que l’économie japonaise émet autant de zéros que possible, on peut à nouveau, et malheureusement, le qualifier de pays de zéros.

La stratégie économique du premier ministre Shinzo Abe, connue sous le nom « Abenomics », es composée de 3 axes. Le premier axe consiste en une création monétaire agressive connue sous le nom de QQE dont l’objectif est de dévaluer le yen. Des dépenses publiques massives via un déficit budgétaire sont le second axe. Les réformes structurelles sont le 3e axe ; elles sont composées d’âneries politiques inefficaces pour créer de la croissance, comme des politiques visant à augmenter la diversité de la main-d’œuvre.

La stratégie principale des Abenomics est donc d’obtenir de la croissance via des dépenses publiques et d’inonder le monde avec des yens. Si l’objectif des Abenomics visait strictement la dévaluation du yen, ils seraient un franc succès. Entre 2012 et 2015, le yen a perdu 35 % de sa valeur. Similairement, si l’objectif était de creuser de gros déficits, les Abenomics seraient une réussite. Depuis décembre 2012, les déficits budgétaires se sont élevés à 6-8 % du PIB.

Qu’ont reçu en contrepartie les Japonais qui ont perdu 35 % de leur pouvoir d’achat ? Une obligation japonaise à 10 ans dont le rendement tourne autour de 0 % pendant la majorité de cette année. Une inflation calée sur le même chiffre et une croissance quasi nulle depuis des années. Mais plus important encore, en guise de preuve de l’addiction des marchés aux stimulations perpétuelles et grandissantes du Japon, le fait que le président de la BoJ Kuroda n’ait pas augmenté sa frénésie d’achats d’obligations pour 80 trillions de yens par an a fait tomber le Nikkei de plus de 1100 points dans les 2 séances qui ont suivi.

Le Japon n’est pas le seul pays à l’ « économie zéro »

La Fed a créé 3,7 trillions de dollars depuis 2008, ce qui a poussé les taux à court terme à près de 0 % pendant presque 90 mois. Pourtant, le maigre résultat de cette intervention massive sur les marchés est une croissance annualisée de 0,5 % pour le T1. Et le T2 ne s’annonce pas mieux. Les prévisions habituelles de Wall Street pour un rebond au T2 ne sont pas très prometteuses avec le Philly Fed à -1,6, l’ISM à 50,8, les chiffres de la productivité en baisse durant 4 des 6 derniers trimestres et les créations d’emplois à 156.000, des statistiques toutes décevantes montrant que l’économie ne fait qu’un rebond timide d’une croissance anémique de 0 %. La faiblesse de l’économie américaine a fait tomber le Dollar Index en dessous de 94 ; un niveau auquel il a trouvé un point de support à 6 reprises durant les 12 derniers mois.

La faiblesse des chiffres au Japon, en Chine, en Europe, aux États-Unis et dans le reste du monde devrait apporter la preuve  claire et nette que les manipulations des taux d’intérêt et la création monétaire ne peuvent générer de la croissance durable. Donc, la grosse surprise qui attend les optimistes du dollar est encore à venir. Alors que les taux courts sont proches de 0 % à travers le globe, les États-Unis sont le seul pays du monde développé à être capables de produire une inflation de 2,2 %. Ce qui signifie que les taux d’intérêt réels aux États-Unis sont les plus négatifs parmi ses partenaires commerciaux alors que le niveau des taux d’intérêt réels est le paramètre majeur de la valeur d’une devise.

Ce niveau de support clé de 94 du Dollar Index a été récemment franchi. Après ce niveau, il n’y a plus de véritable support jusqu’à ce qu’il atteigne 80, soit d’où il avait rebondi en juillet 2014.  (…)

Les États-Unis sont en stagflation. Ceci se passe dans un contexte d’une dette non financière record de 45,2 trillions de dollars, qui atteint désormais 3,44 fois le PIB. Ceci explique pourquoi la Fed ne peut normaliser ses taux. Si elle devait le faire pour les ramener au niveau d’avant 2008, soit 5 %, les bulles exploseraient ainsi que l’assiette fiscale de l’économie chuterait. Ce qui ferait exploser davantage le ratio dette/PIB qui se trouve déjà à des niveaux non viables. (…) »

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métro de tokyo

Il n’y a pas plus têtu qu’un Keynésien qui campera toujours sur ses positions en allant jusqu’à ignorer les conclusions empiriques : le Japon en est le parfait exemple. La BoJ a beau être engagée dans un programme massif de création monétaire, l’économie japonaise a été en récession durant cinq des sept dernières années. Article du Guardian, publié le 16 novembre 2015 : 

« L’économie japonaise est entrée en récession durant deux trimestres consécutifs pour la 5e fois en sept ans, selon les statistiques, augmentant la pression sur Shinzo Abe.

Le Japon replonge en récession pour la 5e fois en sept ans alors que de grandes incertitudes planent sur l’économie mondiale, ce qui augmente la pression sur les décideurs afin qu’ils déploient de nouvelles mesures de stimulation pour soutenir une reprise fragile.

Durant les mois de juillet à septembre 2015, la 3e économie du monde s’est contractée de 0,8 % soit bien plus que les 0,2 % anticipés par les marchés, d’après les statistiques gouvernementales publiées ce lundi.

Cette contraction suit celle révisée de 0,7 % enregistrée pour le trimestre précédent (T2), ce qui signifie techniquement que le Japon est en récession (on considère qu’un pays est en récession quand il a connu deux trimestres consécutifs de contraction de son PIB). C’est la 5e fois depuis 2008 que le Japon est en récession.

Le Nikkei a plongé fortement lundi à l’ouverture, la déception concernant la croissance s’ajoutant aux attaques terroristes de Paris. A la mi-journée, il limitait les pertes à 1 %, dans l’espoir que la nouvelle force la classe politique à lancer une nouvelle batterie de mesures. (…) »

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Article de John Rubino, publié le 8 septembre 2015 sur SafeHaven.com sur le futur du Japon et le bilan de 3 ans d’Abenomics :

« Il y a quasi 3 ans jour pour jour que le nouveau Premier Ministre japonais de l’époque, Shinzo Abe, promettait de sortir le Japon de sa décennie perdue en créant des quantités astronomiques de yens. Ses vœux ont été exaucés par la banque du Japon, qui a acheté via cette création monétaire quasi toute la dette émise par le gouvernement. Après avoir été relativement stable durant les 5 dernières années, le bilan de la BoJ triplait, témoignant ainsi des quantités d’argent créé.

banque-japon-bilan

Cela représente beaucoup de yens. Un tel tsunami de cash devait fatalement avoir des conséquences. Le Nikkei a été gonflé : il a plus que doublé entre 2012 juillet 2015. Mais voilà, à part la bourse, Abe n’a rien de positif à montrer suite à son plan ambitieux. La croissance cumulée de ces 5 derniers trimestres est désormais négative.

Tandis que la liste des mauvaises nouvelles est longue

• La dette japonaise a atteint un nouveau record en juillet, s’élevant à 1,057 quadrillion de yens.

• Le Nikkei a baissé de 10 % depuis août.

• L’inflation s’est dangereusement rapprochée de zéro.

• La Chine, le moteur est de la croissance asiatique (et du monde) vient de publier des chiffres apocalyptiques : des importations en baisse de 14,3 % par

• Par rapport à il y a 12 mois, des exportations en baisse de 6,1 % et des échanges globalement en baisse de 9,7 %.

japon-inflation

Le problème est en partie dû au fait qu’un certain seuil franchi, la dette est débilitante et, comme le monde commence à le réaliser, la création monétaire à cette échelle ne peut renverser la situation. L’autre souci, peut-être encore plus sérieux, est la démographie. La population japonaise est la plus âgée du monde tandis que la culture du pays n’est pas ouverte aux dizaines de millions de jeunes immigrants qui pourraient renverser la courbe démographique.

Comme le Daily Times le disait non sans humour en août :

La BoJ n’imprime pas de bébés alors que les Abenomics patinent

Comment appelle-t-on le fait de dépenser 3 % de son PIB pour générer seulement 2 % de croissance durant presque 3 ans ? Les Abenomics. Une banque centrale peut créer de l’argent, comme le Japon a pu le vérifier, mais il ne peut pas créer des naissances ou baisser les barrières de l’immigration. (…) 

Si ne rien faire tandis que les grandes tendances macro-économiques se détériorent n’est pas une option, comme le note l’article ci-dessus il est difficile de prévenir l’avenir. Des baisses d’impôt ne feraient qu’empirer des déficits déjà historiques. Plus de QE imposerait l’achat d’autres actif, encore moins sûrs (obligations et actions), faisant du gouvernement du Japon le plus gros hedge fund du monde (même si c’est probablement déjà le cas actuellement). Le déversement d’argent par hélicoptère reviendrait à prendre le même médicament par injection plutôt que par ingestion, ce qui signifie que les résultats seraient probablement identiques.

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Il pourrait aussi simplement abandonner : laisser le marché liquider les actifs pourris durant une dépression qui durerait 5 ans pour ensuite recommencer. Ou… continuer de promettre à un électorat de plus en plus sénile que vous finirez par tout régler tout en quittant votre poste avant que les choses ne dégénèrent vraiment, laissant ainsi le soin à la relève politique de s’occuper des conséquences. Je vous laisse deviner l’option qu’ils choisiront. »

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Les Abenomics, soit la politique économique du premier japonais Abe, qui consistent à créer des sommes astronomiques de yens à tel point de faire passer la Fed pour de petits joueurs, finiront par se payer. Il semblerait que ce moment se rapproche, alors que les Japonais se mettent à acheter beaucoup d’or pour se protéger des conséquences terribles des Abenomics.

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ZeroHedge, qui surveille de près ce qui se passe au Japon et qui a déjà noté que les prix alimentaires ont fortement augmenté sans que cela ne se traduise par une hausse des salaires, tandis que les dépenses des ménages sont en baisse, relaie un article du Financial Time qui indique que les Japonais se ruent en ce moment sur l’or.

Tanaka Kikinzoku Jewelry, spécialisé dans le commerce des métaux précieux, a enregistré une hausse de ses ventes de 500 % ce mois. Dans son magasin principal de Ginza, ce jeudi dernier, des clients ont fait la queue jusqu’à 3 heures afin de pouvoir acheter des lingots de 500 gr, d’une valeur de 22.500 $. La société a ainsi enregistré, en mars 2014, son plus gros chiffre d’affaires mensuel en 120 ans d’histoire.

ZeroHedge de noter que le Japon pourrait emboîter le pas à l’Inde en compliquant les achats de métal jaune pour rediriger les économies des Japonais vers des dépenses plus « approuvées par Keynes », mais pour l’instant le gouvernement, après s’être contenté d’augmenter la taxe sur l’or de 0,5 %, a d’autres chats à fouetter, notamment face aux prix de l’énergie qui ne cessent de grimper.

Itsuo Toshima, qui conseille un fonds de pension, ne tourne pas autour du pot quand il s’agit de décrire la situation qui règne au Japon :

« Lentement mais sûrement, les gens se préparent au pire, à savoir à l’échec des Abenomics. »

« Afin de protéger leur patrimoine, les Japonais achèteront de l’or. Et si l’économie devait replonger dans la déflation, la recherche de la sécurité profiterait également au métal jaune. »

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Alors que la Fed pourrait continuer de baisser son QE de 10 milliards par réunion de son comité, Michael Pento, dans sa dernière interview sur KWN, estime que l’économie américaine vacille déjà.

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Eric King : « après quelques années d’assouplissement quantitatif, nous avons certes les marchés actions et obligataires qui ont été gonflés, mais l’économie réelle ne va nulle part. Le chômage réel est proche de 23 %. Vers où allons-nous ? »

Michael Pento :  « tout d’abord, il est très curieux qu’en 2013, de choses ont augmenté de 30 % : le S&P 500 et le bilan de la Fed. Tout le reste, comme la croissance de l’emploi, le taux de population active, s’effondre par rapport au plus haut de 2007. Nous ne voyons pas également les chiffres d’affaires des entreprises augmenter, ou leurs bénéfices.

Tout ce qui augmente, c’est la capacité de la Fed a créer de l’argent. Et quand ce n’est pas la fête, c’est le Japon. Le désastre des Abenomics ne semble pas suffisant, il prête maintenant de l’argent aux banques japonaises à taux presque zéro.

Nous allons donc vivre des périodes de déflation et d’inflation violente à travers le monde, et je pense que tout cela se terminera par l’effondrement du marché obligataire japonais et américain. C’est ce que je vois pour l’avenir.

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Pento Fed QEDans cet article, Michael Pento nous explique pourquoi le QE de la Fed est le nerf de la guerre de la finance. C’est cet assouplissement monétaire, et les taux, qui font la pluie et le beau temps sur les marchés, le reste devenant secondaire (comme les fondamentaux…). Cependant, il va de soi que la Fed ne pourra pas continuer éternellement d’injecter des liquidités sur les marchés.

« La Fed a, récemment, laissé entendre qu’elle pourrait diminuer l’ampleur de son programme d’assouplissement monétaire dans les mois prochains. Il s’agirait d’une première étape avant le relèvement éventuel des taux d’intérêt. Mr Bernanke et les autres membres de la Fed estiment que la normalisation des taux d’intérêt aurait lieu dans un contexte de robustesse des marchés et d’un PIB en croissance.

Cependant, il semble que la Fed et seulement réussie à duper certains bulls (et peut-être à se convaincre elle-même) et mettre fin à son assouplissement monétaire et à procéder au relèvement subséquent des taux n’affecterait pas de façon négative l’économie… Mais les marchés ne sont pas aussi dupes.

Leur menace de réduire les achats d’obligations et de prêts hypothécaires a provoqué une hausse sur les obligations à 10 ans de 1,6 à 2,23 % en l’espace d’un gros mois. Cette forte augmentation des coûts d’emprunt de l’État américain a fait trembler les marchés aux 4 coins de la planète.