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Achat d’or

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bijoux en or, populaires durant Diwali

Pendant Diwali, fête indienne représentant l’une des périodes de l’année où le commerce est le plus florissant, d’importantes festivités ont lieu notamment les achats d’or. Alors que le métal jaune a brutalement chuté la semaine dernière, les Indiens se frottent les mains et se préparent à acheter le métal jaune en masse, comme nous l’apprend cet article de MoneyControl.com du 12 octobre 2016 qui nous permet dans la foulée de mieux connaître le marché indien de l’or physique :

Les achats d’or pour Diwali devraient être les plus importants depuis 4 ans

La baisse du cours à moins de 30.000 roupies les 10 g d’or a ramené les acheteurs sur le marché ; ceux qui portent attention à l’analyse technique noteront que le cours est passé en dessous du support important de la moyenne mobile à 200 jours. Les autres se préparent simplement à se départir d’argent liquide ou à faire chauffer la carte de crédit.

Il y a un côté positif à la baisse du cours de l’or : le déclin, qui a duré 5 semaines, arrive à pic pour la saison festive qui va commencer pour des Indiens qui n’attendent qu’à dépenser. C’est pourquoi les bijoutiers devraient connaître leur meilleur Diwali depuis 4 ans. La chute des prix à moins de 30.000 roupies les 10 g a ramené les acheteurs sur le marché. (…)

Un signe clair montrant le grand retour des acheteurs est la baisse des promotions, qui ont atteint un plus bas de 9 mois alors que récemment, elles atteignaient des records.

Le retour de la demande n’est pas une surprise vu qu’en Inde le dernier trimestre de l’année est émaillé par de nombreux festivals et la période des mariages ; il s’agit d’une période considérée comme étant propice à l’achat d’or. C’est d’autant plus significatif que le commerce de détail de l’or fut très calme durant les 6 premiers mois de l’année, les acheteurs ayant été rebutés par l’augmentation des prix de 25 % ; durant cette période, les importations indiennes d’or ont chuté de moitié.

Plusieurs facteurs expliquent cette reprise de la demande

  • La période est jugée favorable : les Indiens estiment que tout ce qui est acheté durant cette période mène à la prospérité.
  • De bonnes pluies : la meilleure mousson de ces 3 dernières années signifie des revenus en hausse pour les agriculteurs. 2/3 de la demande d’or en Inde provient encore des zones rurales du pays, c’est pourquoi ce sera un facteur positif significatif.
  • Offres et promotions : elles sont peut-être en baisse, mais elles restent tout de même généreuses, s’étalant de la remise sur certains coûts à des extras gratuits et des bons-cadeaux. Facilités d’échange et offres pour les membres sont aussi légions. Les offres de cashback et les promotions vont de 5 à 45 %.
  • Lancement de nouvelles collections : c’est durant cette saison que les joailliers et les designers lancent leurs nouveaux produits.
  • L’approche locale des bijoutiers : les joailliers s’adaptent de plus en plus aux spécificités des régions de l’Inde afin d’offrir les produits les plus adaptés à chaque public.
  • Offre en ligne : de nombreux magasins d’or en ligne offrent de grosses réductions sur les produits en stock, qui peuvent être commandés 24 heures sur 24.

L’All India Gems and Jewellery Trade Federation estime que les ventes de bijoux en or connaîtront une croissance de 40 % en valeur ainsi que de 20 % en volume cette saison. Les autres associations pensent également que l’on connaîtra le meilleur Diwali en termes de vente de bijoux en or de ces 4 dernières années. (…)

Pour les acheteurs désireux de faire un bon investissement, il s’agit d’un bon moment pour passer à l’achat pour plus d’une raison :

  1. La Fed américaine ne relèvera pas agressivement ses taux, ce qui encouragera les achats d’or.
  2. Les incertitudes qui planent autour du Brexit feront en sorte de maintenir l’attrait de l’or en tant que valeur refuge.
  3. Vu que nous entrons dans la course finale de la présidentielle américaine, les incertitudes qui planent sur l’issue du vote mèneront probablement à des investissements dans l’or.
  4. La banque centrale européenne pourrait réduire l’ampleur de son QE, mais cela ne devrait pas arriver dans un avenir proche.
  5. Alors que la plupart des banques centrales possèdent déjà de l’or, certaines continuent d’augmenter leurs réserves.

(…) »

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or et livre sterling

Les sites économiques alternatifs tels que le nôtre sont souvent accusés de pessimisme et de catastrophisme alors que nos analyses s’appuient sur des faits et des raisonnements logiques qui ne demandent qu’à être démontés par les mêmes moyens. Peut-on vraiment en dire autant de ceux qui prédisent le sort de l’Atlantide au Royaume-Uni en cas de Brexit ? Cette campagne visant à dissuader les Britanniques de voter en faveur du maintien de l’Union par la peur et la terreur a tout de même un avantage : elle dope les ventes d’or, comme le fait remarquer cet article de Zero Hedge, publié le 21 juin 2016, qui s’appuie sur un papier du Telegraph :

« Même si nous devrons attendre encore 2 jours pour savoir si le catastrophisme véhiculé par la campagne du Remain a réussi à terroriser suffisamment d’électeurs pour les contraindre à voter en faveur du maintien dans l’Union, une catégorie  de Britanniques se frotte les mains : ce référendum, qui aura été dominé par la peur, la terreur et encore un rab de peur, leur a bien profité. Il s’agit des marchands d’or et de coffres-forts pour particuliers.

D’après le Telegraph, des épargnants Britanniques inquiets (oui, cela existe encore dans cette ère des QE et taux négatifs) se précipitent sur les lingots d’or « et les fourrent dans des coffres à la maison, d’après diverses informations concordantes, alors que la crainte d’un effondrement financier engendré par le Brexit se trouve peut-être au coin de la rue. »

L’article s’appuie notamment sur les statistiques de recherche du moteur Google. Le terme « coffre-fort domestique » est recherché 61 % de plus qu’à son pic de novembre 2008, au plus fort de la crise financière. Jamais cette expression n’a été autant cherchée sur le moteur de recherche numéro 1 du web. Autrement dit, cela signifie que les Britanniques sont encore plus inquiets d’un éventuel effondrement du système financier qu’au lendemain de la faillite de Lehman.

La Royal Mint, la monnaie officielle qui produit pièces et lingots d’or et d’argent, a aussi déclaré que ses ventes ont grimpé de 32 % dans les mois précédents, les clients se précipitant en particulier sur les pièces Souverain et Brittania, ainsi que sur les lingots d’or maison. (…) »

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lingot et pièces d'or

Article de Kenneth Rogoff, professeur d’économie à Harvard, publié le 3 mai 2016 sur Project-Syndicate.org :

« Les banques centrales des pays émergents possèdent-elles trop de dollars et trop peu d’or ? En période de ralentissement économique, durant laquelle ces pays seront probablement très heureux de posséder de telles réserves, une telle question peut sembler inopportune. Mais il y a pourtant de bonnes raisons de croire que l’accumulation d’or par les émergents pourrait aider le système financier international à mieux fonctionner et ainsi bénéficier à tout le monde.

Pour être clair, je ne fais pas partie de ceux, bien souvent des cinglés américains d’extrême droite (sic), qui sont en faveur du retour du standard or. Après tout, le règne du standard or a pris fin de façon désastreuse dans les années 30 (note : la convertibilité du dollar en or à un taux fixe a été abolie en 1971, mais soit… preuve que notre professeur de Harvard est tout sauf un partisan de l’or !), il n’y pas de raison de croire que les choses se passeraient autrement avec son retour.

Non, je propose simplement que les marchés émergents convertissent une part significative de leurs réserves en dollars (rien que la Chine possède des réserves de 3,3 trillions de dollars) en or. Même convertir ne fut-ce que 10 % de leurs réserves en or ne leur permettrait pas d’atteindre les 60-70 % des réserves officielles en or des pays occidentaux.

Depuis un certain temps, les pays riches affirment qu’il en va de l’intérêt collectif de diaboliser l’or. Bien sûr, nous possédons beaucoup d’or affirment ces pays, mais il s’agit d’un vestige du standard or d’avant la Seconde Guerre mondiale, lorsque les banques centrales se devaient de posséder de grandes quantités de métal.

De fait, en 1999, les banques centrales européennes, ne voyant pas de raisons de conserver autant d’or, ont conclu un pacte pour réduire leurs stocks de façon coordonnée. À l’époque, ces ventes semblaient logiques pour la plupart des pays participants. La garantie de leur dette consistait en la capacité de leur gouvernement à taxer la population, les niveaux élevés de développement des institutions et leur stabilité politique relative. Ce pacte de 1999 a été revu à plusieurs reprises, même si depuis la dernière édition de 2014, la plupart des pays riches ont décidé de faire une longue pause, ce qui signifie qu’ils disposent encore de réserves d’or très importantes.

Les marchés émergents ont poursuivi leurs achats de l’or, mais à un rythme d’escargot par rapport à leur appétit vorace pour les Treasuries et autres obligations de pays riches. En mars 2016, la Chine possédait un peu plus de 2 % de ses réserves en or. Pour l’Inde, ce chiffre s’élève à 5 %. La Russie est le seul pays émergent majeur à acheter de l’or de façon significative, notamment en raison des sanctions occidentales, l’or représentant désormais presque 15 % de ses réserves.

Les marchés émergents constituent des réserves car ils n’ont pas le luxe de pouvoir utiliser la création monétaire pour se sortir de difficultés financières ou d’une crise de la dette. Pour faire simple, ils vivent dans un monde dans lequel une bonne part de la dette internationale, et une part encore plus importante du commerce mondial, est toujours libellé en devises fortes. Ces pays conservent donc des réserves de ces devises en cas de catastrophe fiscale ou financière. En principe, il serait préférable que ces pays mettent en commun leurs ressources, peut-être à travers le FMI. Mais la confiance requise pour un tel arrangement n’existe tout simplement pas.

Pourquoi le système marcherait-il mieux avec davantage de réserves en or ? Le problème de ce statu quo est que les marchés émergents en tant que groupe sont en concurrence pour l’achat des obligations occidentales, concurrence qui fait baisser le rendement de ces obligations qu’ils possèdent. Avec des taux à presque zéro, le prix des obligations des pays riches ne pourra pas baisser beaucoup plus alors que l’offre en obligations de ces pays est limitée en raison de leur capacité taxatoire et de la tolérance au risque qui règne.

L’or, malgré le fait qu’il est disponible en quantité quasi fixe, n’a pas ce problème car il n’y a pas de limites à son prix. De plus, on peut affirmer que l’or est un actif qui présente un profil de risque très bas et dont le rendement réel moyen est comparable à celui de la dette à court terme. Et vu que l’or est aussi un actif très liquide, un critère clé à respecter par tout actif de réserve, les banques centrales peuvent se permettre d’ignorer sa volatilité à court terme pour se concentrer sur son rendement à long terme.

Il est vrai que l’or ne rapporte pas d’intérêt et que le conserver coûte de l’argent. Mais ces coûts peuvent être contrôlés, par exemple en conservant cet or à l’étranger (de nombreux pays stockent leur métal jaune à la Fed de New York). À terme, son prix peut augmenter. Ce qui explique aussi pourquoi le système ne pourra jamais manquer d’or monétaire.

Je ne veux pas créer l’impression qu’en se tournant vers l’or, les marchés émergents seraient gagnants et les pays développés perdants. Après tout, le statu quo est que les banques centrales et les Trésors des pays développés possèdent bien plus d’or que les pays émergents ; un changement systématique de stratégie en faveur de l’or fera grimper son cours. Mais il ne s’agit pas d’un problème systémique. Et, de fait, la hausse du cours de l’or permettrait de réduire l’écart entre la demande, et l’offre d’actifs sûrs, qui a émergé en raison des taux plancher.

À aucun moment  un motif valable n’a été présenté pour convaincre les pays émergents d’accepter la démonétisation totale de l’or. Aussi bien hier qu’aujourd’hui. »