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Achats

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Haruhiko Kuroda

La banque du Japon semblait avoir atteint son maximum après être devenue la championne mondiale incontestée du QE et de l’interventionnisme sur les marchés mais les planificateurs centraux du pays du Soleil-Levant, où on n’hésite pas à évoquer Peter Pan pour maintenir la confiance dans l’économie, ne manquent manifestement pas d’imagination alors qu’ils viennent d’annoncer leur intention d’acheter des ETF… qui n’existent pas.

Si vous voyagez fréquemment vers Tokyo ne soyez pas étonné si dans les mois à venir, vous êtes abordé par un Kuroda vous proposant de racheter votre chemise ou votre paire de chaussures : cela voudra dire que la BoJ a avalé tout le Nikkei et ne sait plus quoi acheter avec sa planche à billets.

Article de Bloomberg :

« Haruhiko Kuroda a concocté un nouveau plan. Il va acheter pour 2,5 milliards de dollars de quelque chose qui n’existe pas.

Les marchés ont été secoués vendredi après que la banque du Japon ait dévoilé un paquet de mesures incluant l’achat d’ETF axés sur les sociétés qui « investissent de façon proactive dans le capital physique et humain ». La banque centrale japonaise dépensera 300 milliards de yens (2,5 milliards de dollars) par an à partir d’avril dans l’achat de tels actifs afin de juguler les impacts sur les marchés lorsqu’elle recommencera à vendre des actions achetées précédemment à des institutions financières.

Le seul souci est que ce genre d’ETF n’existe pas au Japon, du moins pas encore. (…) Les ETF qui sélectionnent les sociétés sur base de la façon dont elles déploient leurs moyens financiers sont rares sur les marchés mondiaux.

« Ce genre d’ETF n’existe pas pour le moment. Prendre en compte les investissements en tant que facteur est assez inhabituel dans ce secteur » a déclaré Koei Imai, qui gère un portefeuille d’ETF de 25 milliards pour Nikko Asset Management Co. à Tokyo. « Je pense que le message de la BoJ nous encourage à les créer. »

La banque centrale est au courant que ce genre de produit n’existe pas pour le moment. Dans l’attente de leur création, elle achètera des ETF suivant les performances du JPX-Nikkei Index 400 (…). La BoJ a déjà acheté des ETF en relation avec les index Nikkei 225 Stock Average et Topix. Elle possède aujourd’hui environ la moitié du marché des ETF au Japon. (… en rouge les ETF japonais, en bleu le portefeuille ETF de la BoJ…)

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À côté de ces nouveaux achats d’ETF, Kuroda a prolongé la maturité moyenne restante des obligations gouvernementales achetées et augmenté le montant maximum que sa banque peut posséder dans chaque trust d’investissement dans l’immobilier japonais. (…) »

Ingérence dans les marchés

Selon Okasan Online Securities Co., ce programme présente un risque d’ingérence sur les marchés actions. Lorsque ce genre d’ETF sera éventuellement créé, il risque d’avantager certaines actions.

« C’est un peu comme si la banque du Japon achetait des actions spécifiques plutôt que de pousser l’ensemble du marché » a déclaré Yoshihiro Ito, le chef stratégiste de la société. « Ce facteur a également déplu au marché. »

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HSBC

Pendant que la presse fait ses choux gras du scandale Made in USA de la FIFA (drôle d’intérêt pour un pays qui qualifie le foot de sport de filles), les banques enchaînent les aveux de culpabilité dans de nombreux dossiers criminels sans qu’aucun des responsables ne soit condamné à la prison.

Mais il n’y a pas qu’aux États-Unis que les banques se contentent de payer des amendes pour effacer leurs crimes. C’est ainsi que l’on apprend via des agences de presse européenne, comme Belga et Le Soir, que HSBC a déjà trouvé un accord avec la « justice » suisse et qu’elle va bientôt rencontrer son homologue belge pour déterminer le coût de son impunité :

« La filiale suisse de HSBC Private Bank, soupçonnée d’avoir encouragé l’évasion fiscale à grande échelle va négocier avec la justice belge pour tenter de trouver un accord. Le parquet de Bruxelles a prévu une réunion avec les avocats belges de l’institution au cours du mois, rapportent De Tijd et L’Echo.

Il s’agit de définir le montant que cet accord éventuel pourrait rapporter au Trésor belge. Le quotidien flamand parle d’une somme importante.

Le consortium de journalistes ICIJ avait révélé en février dernier l’existence d’un mécanisme de fraude fiscale et de blanchiment à grande échelle mis en place par la filiale suisse de la banque HSBC au profit de dizaines de milliers de clients fortunés dans le monde, dont 3.003 clients en Belgique. Ces derniers possédaient 4.616 comptes bancaires au sein de l’institution, pour un total de 6,26 milliards de dollars (5,54 milliards d’euros).

L’enquête judiciaire ouverte à l’encontre de HSBC constitue un dossier indépendant des poursuites entamées par le fisc contre les Belges ayant éludé l’impôt en Suisse. Depuis les révélations de l’ICIJ, le fisc a déjà réclamé quelque 540 millions d’euros. »

En quelque sorte, nous voilà de retour au Moyen-Âge et au commerce des indulgences. Sauf qu’aujourd’hui, ce n’est plus l’église qui vous absout de tous vos péchés moyennant le paiement d’une somme rondelette mais la justice qui blanchit les criminels en col blanc contre une partie des bénéfices récoltés dans la manœuvre.

Dans un communiqué, HSBC Private Bank indique avoir « pleinement coopéré  » avec le parquet. La banque concède que sa « culture de conformité et ses standards d‘audit n’ont pas toujours été aussi rigoureux qu’aujourd’hui » mais affirme avoir entamé «  une transformation radicale ». Ouf, nous voilà rassurés !

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L’année dernière les banques centrales du monde entier ont ajouté 409 tonnes d’or dans leurs coffres, du jamais vu depuis 50 ans d’après le rapport de RBC. La tendance devrait se poursuivre en 2015 toujours d’après ce rapport.

Pourtant, ces chiffres ne prennent pas en compte les achats de la Chine qui continue de rapporter 1054 tonnes au FMI depuis 2009 alors que tout le monde sait que la banque centrale chinoise accumule du métal chaque mois.

D’après le rapport, les banques centrales du monde entier devraient acheter 275 tonnes cette année. C’est beaucoup moins que 2014 mais cela n’en reste pas moins historiquement très élevé.

Le rapport de RBC Capital Markets indique :

« Dans l’ensemble, les banques centrales ont été des acheteurs nets d’or durant les 14 derniers trimestres. Leur demande a permis de mitiger la baisse du cours de l’or l’année dernière. Nous nous attendons pour cette année à des achats à hauteur de 275 tonnes. »

En ce qui concerne la Chine, qui n’est pas prise en compte dans ces évaluations, RBC estime que son stock est bien plus élevé que 1054 tonnes. Elle l’évalue en fait à environ 3500 tonnes.

Le rapport de RBC a également mis en évidence la grande activité de la banque centrale de Russie sur le marché de l’or. Entre 2008 et 2015, son stock est passé de 520 à 1208 tonnes.

Source : inspiré de l’article de MineWeb

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Article de Bloomberg, publié le 20 avril 2015 :

« Après une pause de 2 mois, l’appétit de la Russie pour l’or est de retour. Les réserves en or du pays sont passées à 39,8 millions d’onces, soit environ 1.238 tonnes en date du 1er avril, contre 38,8 millions d’onces un mois plus tôt d’après le communiqué publié sur le site de la banque centrale de Russie lundi. L’acquisition de ces 30 tonnes en mars est le plus gros achat mensuel de la Russie depuis septembre.

La Russie, 5e au classement mondial des nations qui possèdent le plus d’or, est repassée à l’achat après une pause en janvier et février. Le pays, qui avait acheté du métal durant chacun des 9 derniers mois de 2014, avait effectué ces achats afin de diversifier ses réserves en devises et résoudre des soucis de liquidités du rouble, avait déclaré en février le gouverneur de la banque, Elvira Nabiullina. (…)

Depuis 2005, la Russie a plus que triplé ses réserves en or et possède aujourd’hui plus de métal que depuis au moins 1993, d’après les statistiques du FMI.(…) »

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Les marchés sont en lévitation uniquement grâce à l’action des banques centrales. Cette affirmation, dans le cas du Japon, est on ne peut plus facile à démontrer : la BoJ, en plus de faciliter l’accès aux liquidités pour les investisseurs intervient directement sur la bourse de Tokyo en procédant à des achats d’ETF.

ZeroHedge rapporte l’article paru dans le Wall Street Journal à propos de l’interventionnisme exacerbé de la BoJ sur la bourse de Tokyo. Limité il y a encore quelques années, la Bank of Japan s’est enhardie pour devenir depuis une acheteuse frénétique. Elle possède aujourd’hui 1,5 % de l’intégralité de la capitalisation boursière de Tokyo pour devenir l’entité qui possède le plus d’actions japonaises devant Nippon Life.

De l’article du Wall Street Journal :

« Les achats agressifs d’ETF actions de la Banque du Japon ont contribué à la hausse de la bourse de Tokyo qui a désormais atteint son plus haut depuis plusieurs années. Mais certains membres de la banque centrale japonaise sont de plus en plus mal à l’aise à propos de la vigueur de la hausse et du rôle joué par la banque dans celle-ci.

Depuis la prise de fonction du gouverneur Kuroda en mars 2013 et l’introduction de mesures d’assouplissement quantitatif qu’il a qualifié de « nouvelle dimension », la banque centrale a augmenté de façon significative ses achats de panier d’actions connues sous le nom d’ETF. En soutenant directement le marché, les responsables de la banque ont tenté d’encourager les investisseurs privés à suivre et à investir en bourse dans l’espoir de stimuler l’économie et d’augmenter l’inflation.

Durant les 2 dernières années, la banque centrale est intervenue sur les marchés actions environ tous les 3 jours en achetant pour 23 milliards de dollars d’ETF concernant les principaux indices actions japonais d’après les statistiques de la BoJ. Elle se distingue de la Fed et de la BCE, ces 2 banques centrales qui achètent des obligations pour doper l’économie mais qui n’ont pas directement acheté des actions (note : « pas directement » en raison de la Plunge Protection Team ?).

Les analystes affirment que les interventions de la banque ont eu un impact significatif sur la hausse des marchés actions durant les derniers mois en combinaison avec les achats massifs de 1,1 trillion du fonds de pension du gouvernement. Leurs achats ont souvent contré les ventes des particuliers et ont compensé la baisse d’activité des investisseurs étrangers. »

ZeroHedge ajoute que la BoJ est surtout intervenue lorsque l’humeur n’était pas au beau fixe. Depuis le 4 avril 2013 elle est intervenue durant 143 jours. Pourquoi ? Voici la raison très poétique avancée par Miyako Suda, un ancien membre du comité de la banque, dans son livre paru en 2014 :

« Nous avons mené les vaches au point d’eau mais elles n’ont pas voulu boire, même si nous leur disions que l’eau était délicieuse. Nous avons donc estimé que nous devrions la boire nous-mêmes pour le leur prouver. »

M. Suda ne précise pas dans son livre quand le troupeau sera mené à l’abattoir. Peut-être dans la suite de son opus qui ne devrait pas tarder à paraître !

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ZeroHedge en a beaucoup parlé ces dernières semaines : depuis le tapering de la Fed, certaines entités achètent des obligations américaines à tour de bras via la Belgique, si bien que le minuscule royaume est devenu le 3e plus gros porteur de Treasuries au monde avec un portefeuille de 341 milliards de dollars. Cette question a été abordée par Paul Craig Roberts sur KWN. Voici ce qu’il a répondu lorsqu’on lui a demandé à quoi tout cela rimait :

Belgique-Treasuries-Achats

« Il faut garder 2 choses à l’esprit : il devient difficile d’obtenir du rendement aujourd’hui. Dernièrement, j’ai vu que les obligations grecques pourries ne rapportent que 4,7 %. On peut donc toujours dire que les obligations américaines, c’est beaucoup moins risqué que des obligations grecques, et expliquer ainsi pourquoi la Belgique achète des Treasuries, afin d’opter pour la sécurité.

Mais le second point est bien plus intéressant : alors que la Fed se retire du marché obligataire, comment fait-elle pour empêcher les taux d’intérêt de monter ? Vu qu’elle en achète moins, la demande baisse, ce qui fait donc monter mécaniquement les taux d’intérêt.

Pour empêcher que cela arrive, vous pouvez demander à vos marionnettes en Europe de reprendre le flambeau de la Fed. C’est peut-être la stratégie adoptée par les États-Unis, à savoir forcer ses caniches européens à acheter la dette. C’est peut-être ce qu’il se passe en ce moment.

Le problème, c’est que la Fed ne peut pas compter que sur la Belgique. Il sera intéressant de voir comment vont évoluer les achats de Treasuries de l’Allemagne, la France, la Grande-Bretagne, de l’Italie, mais aussi du Japon, de l’Australie, etc. Ce sont probablement ces pays qui vont compenser le retrait de la Fed.

De plus, certains pays avec une banque centrale indépendante comme l’Australie peuvent faire leur propre QE pour acheter des obligations américaines. Cela supporterait évidemment le dollar, vu que pour acheter les obligations le dollar australien doit d’abord être converti en dollars américains. Bien sûr, cela leur permettra de gagner un peu de temps, mais cette stratégie n’est pas durable et finira par se payer. »