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Alan Greenspan

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océan d'argent

Article de Michael Pento, publié le 8 août 2016 sur SafeHaven.com :

Dans une interview récente, l’ancien président de la Réserve fédérale américaine, Alan Greenspan (appelé aussi le « Maestro »), a averti que l’économie connaissait « les premiers signes de stagflation ». Ceci est une des rares occasions où M. Greenspan et moi-même sommes effectivement d’accord. A ce propos, j’avais également prévenu que la stagflation arrivait, dans mon texte intitulé « Il est temps d’investir pour la stagflation », qui a été publié il y a plusieurs mois de cela.

En effet, l’économie des États-Unis – et, en réalité, la totalité du monde économiquement développé – traverse les premières étapes de l’arrivée d’une stagflation sans précédent. La raison principale pour cela peut se résumer en un seul et unique mot : la dette. La dette dirige non seulement les économies vers des taux de croissance faibles ; elle inflige également l’inflation aux nations qui en sont concernées.

La dette publique et privée, en tant que pourcentage de l’économie, avait été de 150 % pendant des décennies, avant que l’étalon-or ne disparaisse en 1971 – une norme d’argent que Greenspan a lui-même préconisé avant de devenir président de la Fed. Le ratio de la dette totale au produit intérieur brut a grimpé de 350 % avant la grande récession de 2007-2009, et force est de constater qu’il demeure très près de ce niveau aujourd’hui. Notons aussi que le niveau annuel de l’« encre rouge » a commencé à augmenter fortement. Le déficit budgétaire de 2016 devrait atteindre 600 milliards de dollars, ce qui représenterait une hausse de plus de 35 %, comparé à l’exercice fiscal de 2015.

En fait, la dette mondiale, dans son ensemble, a fait l’objet d’une hausse s’élevant à 230 trillions de dollars – environ 60 trillions depuis 2007. Cela représente près de trois fois la taille de l’ensemble de l’économie mondiale. Cette dette engendre par ailleurs la stagflation, car il est naturellement difficile d’investir dans de la croissance lorsque l’économie atteint des charges d’endettement aussi drastiques. La partie néfaste de cette accumulation de la dette dans le monde entier, c’est que celle-ci n’a pas conduit à l’accumulation de biens de capital, capables d’accroître effectivement la productivité.

Bien qu’il soit vrai que les paiements de la dette sont actuellement à des niveaux historiquement bas, il est également vrai que les niveaux d’endettement atteignent des niveaux records tant en termes nominaux, qu’en pourcentage de l’économie. Par conséquent, les paiements à faibles intérêts sont le résultat direct d’une bulle sans précédent dans le marché obligataire. Les individus sont intuitivement conscients de cet environnement de taux instables, et doivent donc préparer leurs bilans pour une hausse des coûts de portage.

Ce qui est encore plus important, c’est qu’une économie de la dette saturée ne peut pas fonctionner correctement car elle est entachée par des déséquilibres de capitaux et des bulles d’actifs, qui doivent être dénoués afin que les crédits et les épargnes fonctionnent de manière efficace. A ce propos, notons que nos dirigeants économiques semblent vouloir endurcir ce cercle vicieux.

Le Japon représente un parfait exemple dudit dysfonctionnement. En effet, la nation est maintenant sur le point d’entreprendre son 26e voyage à travers la notoire voie des dépenses déficitaires qui ne mène nulle part, et ce notamment depuis que la bulle de sa propriété a explosé en 1990. Et malgré les multiples récessions durant les décennies passées, le gouvernement s’obstine à prôner l’idée féérique qu’une dette supérieure à 240 % – par rapport au PIB – est nécessaire pour relancer l’économie du pays.

Cependant, les effets de l’endettement improductif sont loin d’être visibles seulement au Japon. À titre d’exemple, le PIB des États-Unis – en moyenne – est seulement de 2,1 % depuis 2010. Et ce taux de croissance anémique a creusé encore plus bas durant cette période : jusqu’à seulement 1,2 % au cours de l’année passée, tandis que lors du premier semestre de 2016, il n’a été que de 1 %.

Notons à ce propos que le Fonds monétaire international (FMI) a récemment abaissé ses prévisions concernant l’ensemble de l’économie mondiale en 2016, estimant son PIB moyen à seulement 3,1 %.

Il est donc légitime de se demander comment exactement la stagflation engendre l’inflation.

S’il y a une chose dont toutes les banques centrales sont bêtement d’accord, c’est que l’objectif d’inflation de 2 % est maintenant obligatoire pour la croissance. Selon Haver Analytics, les bilans de la Fed, de la Banque centrale européenne, de la Banque d’Angleterre, de la Banque du Japon et de la Banque populaire de Chine, ont grimpé à 17,2 trillions de dollars – à partir des 6,5 trillions de dollars –, et ce au cours des huit dernières années.

En poursuivant cette tâche insolente, les bilans de la BCE et de la BOJ montent au rythme effréné d’un crédit combiné de 180 milliards de dollars par mois. Qui plus est, la Banque d’Angleterre vient d’intensifier son programme d’achat d’actifs à un total de 570 milliards de dollars. Mais contrairement à ce que la plupart des keynésiens vous diront, l’inflation ne vient pas d’un faible taux de chômage, mais plutôt d’un rapport entre, d’un côté, trop d’argent et, de l’autre, trop peu de biens.

Par conséquent, il serait stupide de supposer que les banques centrales peuvent atteindre avec précision leurs objectifs d’inflation de 2 %. Les dépenses déficitaires téméraires, la flambée de la dette par rapport au PIB, et l’augmentation ingérable dans les bilans des banques centrales, finiront par éroder la confiance des banquiers centraux dans le maintien d’un pouvoir d’achat de la monnaie fiduciaire. Dès lors, l’inflation ne disparaîtra pas simplement et par magie à 2 % ; elle dépassera ce niveau et continuera à s’amplifier.

Ce retour de l’inflation va provoquer, à son tour, un exode massif du marché obligataire. On peut d’ailleurs observer comment les vendeurs à découvert commencent déjà à s’y empiler sur la surface. Le marché obligataire va répondre à des rendements violents, atteignant assez rapidement jusqu’à 100 de points de base – comme les offres d’obligations de rendement. Qui plus est, les banques centrales seront supplantées par un marché qui légitimera des exigences de taux encore plus élevés. Et bien sûr, la flambée inévitable des payements de la dette rappellera aux gouvernements surendettés que leurs dettes sont complètement insolvables.

Une accumulation sans précédent de la dette publique improductive, qui est d’autant plus alimentée par une augmentation massive de la masse monétaire mondiale : ceci est la recette parfaite pour une stagflation au niveau mondial. Mais la vérité est que la stagflation n’est pas quelque chose que l’on aperçoit à l’horizon, elle est déjà bel et bien arrivée sur place.

La caractéristique principale d’une économie saine, c’est d’avoir un taux de croissance réel qui représente le double du rythme de l’inflation. Aujourd’hui, ce signe de prospérité a été mis complètement à l’envers. Année après année, l’indice des prix de consommation de base témoigne d’une hausse de 2,3 %, alors que le PIB réel n’a augmenté que de 1,2 %. L’inflation s’étend à une vitesse qui est deux fois supérieure aux taux de croissance économique réels !

La stagflation n’est pas seulement un risque économique que nous devons craindre à l’avenir ; il s’agit d’un phénomène dont les consommateurs sont obligés de faire face à l’heure actuelle. L’ancien « Maestro » s’améliore peut-être avec l’âge. Les investisseurs devraient préparer leurs portefeuilles pour une longue période de hausse des prix ainsi que pour une longue période de ralentissement de la croissance.

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160708_LCA_timeAvec un étalon-or, le volume de crédit qu’une économie peut soutenir est déterminé par les actifs tangibles de cette économie, puisque chaque instrument de crédit constitue, en fin de compte, un droit sur un actif tangible. […] L’abandon de l’étalon-or a donné la possibilité aux étatistes de se servir du système bancaire pour se livrer à une expansion du crédit illimitée. 

— Alan Greenspan, 1966

Ce vieux chenapan ! Avant d’intégrer la fonction publique, l’ex-président de la Fed, Alan “des bulles” Greenspan, était un fervent défenseur de l’or et de l’étalon-or. Dans ses écrits, il clamait haut et fort qu’il était nécessaire de freiner le Deep State et de protéger les libertés individuelles. Et puis il est parti à Washington et sa langue a fourché : d’un côté, l’honnêteté et l’intégrité ; de l’autre, le pouvoir et la gloire.

La simulation

Selon le système monétaire de Bretton Woods, les Etats-Unis avaient promis aux banques centrales étrangères qu’elles pourraient convertir leurs dollars en or selon un cours fixe de 35 dollars l’once.

Cela limitait la quantité de dollars que les Etats-Unis pouvaient imprimer à la quantité d’or qu’ils possédaient dans leurs réserves.

Greenspan, qui est intelligent, s’est vite rendu compte qu’il ne pourrait pas défendre ce bon vieil étalon-or qui avait fait ses preuves et diriger le nouveau système monétaire du Deep State, fondé sur le crédit.

En 1987, il a fait son choix. Il a pris la présidence de la Fed et simulé pendant les 19 années suivantes.

Depuis 1978, nous avons eu quatre présidents de la Fed. Certains furent intelligents. Certains furent honnêtes. Seul Paul Volcker fut à la fois intelligent et honnête.

Bernanke a été honnête… selon nous. Autant que nous puissions le dire, Janet Yellen aussi. Tous d’eux veulent peut-être bien faire, mais ils prennent bien soin de ne pas raisonner hors des clous du Deep State.

Alan Greenspan était intelligent. Mais c’est un chenapan. Il a toujours su que le système était corrompu et intéressé. Il l’avait expliqué dans certains articles publiés avant qu’il n’intègre la Fed.

Mais il savait également qu’il ne ferait jamais la couverture du Times s’il disait la vérité.

En 1999, Greenspan a fini par la décrocher, cette Une. Le magazine a publié sa photo, de même que celles de Robert Rubin, alors secrétaire au Trésor, et de Larry Summers, son adjoint, sous le gros titre suivant : “Le Comité qui va sauver le monde”, en référence à leur gestion de la crise financière asiatique.

Greenspan, ce qu’il voulait, c’était le pouvoir. Or il savait qu’il devrait jouer le jeu du Deep State pour l’obtenir.

Un âge d’or

Désormais, M. Greenspan a 90 ans.

Après la décision du Royaume-Uni de mettre un terme à son adhésion à l’Union européenne, voici ce qu’il a dit lors d’une interview :

Si l’on regarde l’histoire de l’humanité, il y a eu des moments où nous pensions qu’il n’y avait pas d’inflation et que tout allait bien. […] Les cours du pétrole ont eu un formidable impact sur l’inflation mondiale et je ne serais pas étonné que le prochain mouvement inattendu se produise du côté de l’inflation. Elle arrive sans crier gare.

L’ancien président de la Fed pense qu’une nouvelle crise de la dette est inévitable. Il croit qu’elle aboutira à une inflation élevée. Quelle solution propose-t-il ? L’or :

Si nous revenions à un étalon-or et que nous adoptions exactement la structure de l’étalon-or tel qu’il existait, disons, avant 1913, ce serait bien. Souvenez-vous que cette période de 1870 à 1913 a été l’une des périodes les plus dynamiques, du point de vue économique, qu’aient connu les Etats-Unis, et ce fut un âge d’or de l’étalon-or.

Le compte-rendu de la dernière réunion de la Fed ne révèle aucune intention de revenir à un étalon-or. Les spécialistes de la planification centrale, à la Fed, aimeraient plutôt avoir leur photo dans le Times, eux aussi.

Ils ne peuvent ni renoncer au contrôle qu’ils exercent sur l’argent du pays, ni risquer une correction. Il serait “prudent d’attendre de nouvelles données” avant de relever les taux, disent-ils. Greenspan aurait pu dire la même chose, lui aussi… tout en réprimant peut-être un sourire sournois.

Une bulle aux origines douteuses

Nous relions les données entre elles, nous traçons des traits entre les points ; nous souhaitons que les nouveaux lecteurs voient ce que nous voyons, alors observons d’autres données, ou points, ensemble.

Comme tout le reste, au sein de l’économie et des marchés, le crédit est cyclique.

Au début d’une phase d’expansion, les gens empruntent de plus en plus. Ensuite, lorsqu’ils ont trop emprunté, ils font marche arrière, font défaut sur les remboursements, réduisent leurs dépenses… et réduisent leur endettement.

Cette phase d’expansion, tout comme le marché haussier qui l’accompagne souvent, à Wall Street, représente les jours heureux. Les gens se sentent plus riches et plus intelligents ; ils se sentent pousser des ailes et ont des bouffées de testostérone.

Puis vient une période moins heureuse, faite de blâmes et de regrets…

“Tu n’aurais jamais dû acheter ce bateau”, dit l’épouse, nerveusement.

“Je t’avais dit que nous n’avions pas besoin de cet autre entrepôt”, dit l’associé de l’entreprise, inquiet.

“Je pensais que ce diplôme me permettrait d’augmenter mes revenus”, dit le diplômé de l’université, en prenant votre commande, au restaurant.

L’argent facile est censé engendrer un boom des actifs… lequel est censé engendrer un boom économique… lequel est censé engendrer de la richesse, censée rembourser toutes ces dettes exagérées que l’expansion du crédit a engendrées.

“La hausse du cours des actions stimulera la richesse des consommateurs et contribuera à renforcer la confiance, ce qui stimulera également les dépenses”, disait en 2010 un Ben Bernanke fervent, mais peut-être un peu obtus. “L’augmentation des dépenses mènera à l’augmentation des revenus et des profits… lesquels soutiendront d’autant plus l’expansion économique.”

Six ans plus tard, tout ce que nous voyons, c’est une bulle du crédit aux origines douteuses et 60 000 milliards de dette supplémentaire dans le monde.

Pour plus d’informations et de conseils de ce genre, c’est ici et c’est gratuit.

Article des Publications Agora, reproduit avec leur aimable autorisation.

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lingot et pièces d'or

Ce « bon vieux Greenspan » est comme le bon vin : il se bonifie avec le temps. Après avoir oublié les vertus du métal jaune durant son règne à la tête de la Fed, la mémoire lui revient avec l’âge. À de nombreuses reprises, il a souligné l’importance du rôle de l’or dans un système monétaire et financier sain. Désormais, il a enclenché la vitesse supérieure en appelant au retour du standard or d’avant 1913 ! Article de Zero Hedge, publié le 27 juin 2016 :

« Vendredi après-midi, après le résultat stupéfiant du référendum britannique, Alan Greenspan a médusé les journalistes qui l’interrogeaient lorsqu’il a déclaré que la situation n’avait jamais été aussi mauvaise de son vivant.

« Il s’agit de la pire période dont je me souviens depuis que je suis dans la fonction publique. Nous n’avons rien connu de tel, même la crise de 1987, lorsque le Dow a connu cette chute record de 23 %. Je pensais que c’était le pire des problèmes potentiels. Il y a désormais un effet corrosif qui ne disparaîtra pas. J’aimerais pouvoir dire quelque chose de positif. »

Bizarrement, il ne faisait pas référence au départ du Royaume-Uni de l’Union européenne, mais aux problèmes économiques américains. Et aujourd’hui, Greenspan était l’invité de Bloomberg Surveillance. Durant une longue interview de 30 minutes, on lui a demandé son avis sur les conséquences du référendum britannique. D’après Greenspan, David Cameron a mal calculé son coup pour ainsi commettre une « énorme erreur » en tenant ce référendum. Il a ensuite pointé les risques de sécession de l’Écosse et de l’Irlande du Nord.  (…)

Greenspan a ensuite critiqué la fausse reprise que l’on essaie de nous vendre, avertissant que le problème fondamental réside dans le fait que la croissance de la productivité ne progresse plus. (…)

Évidemment, Greenspan ne parle pas de son propre rôle dans les créations de ces cycles artificiels d’expansion et de récession qui ont généré des bulles toujours plus dangereuses qui font peser le risque de l’hyperinflation, qui pourrait être déclenché par les hélicoptères monétaires et autres interventions. À ce titre, l’économiste de 90 ans, lorsqu’il cherche des solutions, regarde plutôt en arrière et non en avant. Sa recommandation est simple, le standard or :

« Si nous réadoptions le standard or en adhérant à sa structure telle qu’elle existait avant 1913, ce serait viable. Rappelez-vous que la période 1870 à 1913 fut l’une des périodes les plus agressives, économiquement parlant, que nous avons connu aux États-Unis. Et ce fut l’âge d’or du standard or. On m’étiquette comme un « gold bug » et on se moque de moi, mais pourquoi les banques centrales possèdent aujourd’hui de l’or ? »

Oui, pourquoi ? Nous avons souvent posé cette question rhétorique.

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Alan Greenspan

Article de Fox Business, publié le 26 mai 2016 :

« L’ancien président de la Fed Alan Greenspan lance un avertissement grave à propos de l’économie. À l’occasion d’une interview exclusive accordée à FOX Business, il a déclaré à Neil Cavuto que les États-Unis ont « un problème global de manque de croissance de la productivité » et se dirigent vers un désastre.

« Ce que la Fed fait durant cette étape particulière est moins important que ce que font les marchés. Or, ceci nous montre pour la première fois depuis longtemps une accélération de l’offre monétaire. Nous avons un problème global de croissance de la productivité. Cela ne concerne pas que les États-Unis, il s’agit d’un problème mondial qui est provoqué par le fait que les populations du monde occidental, par exemple, vieillissent et n’allouent pas suffisamment de ressources pour financer la croissance, » a-t-il ajouté.

Greenspan a déclaré que le plus grand défi du pays et de l’économie mondiale est la croissance économique à long terme.

« Notre problème n’est pas la récession, qui est un souci économique à court terme. Je pense que nous avons un problème de croissance économique à long terme très profond alors que les populations occidentales sont engagées dans une large transition du statut de travailleur à celui de bénéficiaire d’allocations sociales, comme on les appelle. Tout ceci est prévu dans la législation de ces pays. L’ampleur de ces aides n’est pas du tout proportionnée à la croissance de l’activité économique. Si nous restons aux environs des 2 % de croissance aux États-Unis et ailleurs, nous ne serons pas en mesure de financer quelque chose que nous sommes déjà obligés de payer légalement, » a-t-il déclaré.

David Stockman, ancien directeur du budget de Reagan, a déclaré mercredi à Neil Cavuto que les États-Unis pourraient être à l’aube d’un effondrement des marchés, mais Greenspan pense qu’un tel événement pourrait ne « même pas être nécessaire ».

« Depuis 1975, la somme de l’épargne domestique brute et des allocations sociales en tant que pourcentage du PIB est remarquablement stable, ce qui signifie que depuis environ 1965 nous avons connu un transfert quasi parfait entre la baisse de l’épargne et la croissance des avantages sociaux. Et cela malgré le fait que nous empruntons l’épargne étrangère, le taux d’investissement en tant que pourcentage du PIB poursuit sa baisse, » a-t-il déclaré. (…) »

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Alan Greenspan

Prenez n’importe quelle figure d’envergure du monde économique, délestez-la de ses responsabilités et posez-lui des questions candides : vous serez surpris par les divergences d’opinion entre l’avant et l’après (comme dans les pubs TV pour les lessives). Est-ce bien étonnant alors que Jean-Claude Juncker a expliqué, dans un élan de sincérité touchant, que « quand les choses deviennent sérieuses, il faut mentir ». On vient d’en avoir un exemple récent avec Mervyn King, nous remettons le couvert avec Alan Greenspan.

Dans le cas de l’ancien président de la Fed, ce retournement de veste n’est pas neuf. Depuis qu’il a quitté la plus haute fonction de la banque centrale américaine, des transformations étonnantes ont eu lieu. Il s’est subitement souvenu du rôle réel de l’or dans le système monétaire, est devenu bien plus lucide quant à la situation réelle de l’économie même s’il ne reconnaîtra jamais avoir commis des erreurs par le passé. Zero Hedge rapporte les moments forts du dernier entretien que le maestro a accordé à Bloomberg :

« Vous demandez-vous ce que pense Alan Greenspan des perspectives des politiques monétaires à travers le monde ? Nous non plus, mais bien Bloomberg. Tom Keene et Mike McKee ont eu le privilège de s’entretenir avec le maestro lundi après-midi pour discuter toute une série de sujets comme les taux d’intérêt négatifs, dont Greenspan estime qu’ils « altèrent les décisions des investisseurs ».

Même s’il n’a pas souhaité aller jusqu’à les condamner en qualifiant les taux d’intérêt négatifs de dangereux, il a par contre admis que la course mondiale keynésienne vers le fond est « contre-productive ».

En ce qui concerne l’économie américaine, Greenspan n’est pas optimiste. « Nous sommes dans de sales draps simplement parce que la productivité est au point mort… Les investissements en capital réel sont bien en dessous de la moyenne. Pourquoi ? Parce que les entreprises sont très incertaines à propos du futur. »

Oui, c’est sans aucun doute le cas. Bien sûr, si nous n’avions pas connu le « Greenspan put » et des décennies de largesses financières, nous n’aurions peut-être pas connu la dernière crise financière (David Stockman se fera un plaisir de vous expliquer le rôle joué par Greenspan dans la situation actuelle).

Sur la question de savoir si la loi Dodd-Frank a réglé les choses, Greenspan répond par la négative : « cette régulation est supposée s’attaquer aux problèmes que nous avons connu en 2008 et qui ont menés à cette situation. Elle ne le fait pas. Les banques « too big to fail » représentaient le gros du problème à l’époque, et le sont encore aujourd’hui. Rien dans Dodd-Frank ne résout cette problématique ».

Et enfin, voici le plat de consistance. Interrogé sur son d’optimisme sur l’avenir, Greenspan a déclaré ceci : « Non. Je ne l’ai pas été (optimiste) depuis un moment, et je ne le serai pas avant que nous ayons réglé le cas des programmes sociaux. Personne ne veut y toucher. Ils sont en train d’entraver graduellement les investissements, la productivité et le niveau de vie. »

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Alan Greenspan

Avant de rejoindre  la Fed, Alan Greenspan était un partisan du standard or. Une fois en poste au Marriner S. Eccles Building, le métal jaune ne lui inspirait plus rien. Désormais en dehors du circuit, il vient de publier un article consacrant un retour à ses premières amours pour le métal. Un papier surprenant commenté par William Kaye dans sa dernière interview sur KWN : 

Eric King : « je sais que vous avez eu l’opportunité de lire l’article d’Alan Greenspan qui explique pourquoi la Chine achète de l’or (http://www.foreignaffairs.com/articles/142114/alan-greenspan/golden-rule), car Greenspan a effectué un virage à 180 ° pour revenir à ses opinions de 1966 lorsqu’il écrivit l’essai « l’or et la liberté économique ». Que s’est-il passé dans sa tête ? Qu’en pensez-vous ? »

Kaye : « c’est incroyable. Greenspan a totalement fait machine arrière. Pour ceux qui ne connaissent pas sa carrière en détail, il était déjà consultant financier quand j’ai démarré à Wall Street. Il travaillait dans un cabinet de consultance de New York qui ne marchait pas trop bien. Il fut donc chanceux de se retrouver à la Fed, et de connaître la carrière que vous savez.

Mais à l’époque, il se réclamait publiquement d’Ayn Rand, c’était un apôtre de l’or. Après s’être retrouvé à la Fed, il en est devenu le président et fut même fait chevalier par la reine d’Angleterre.

Mais lorsqu’il est passé à la Fed, Alan Greenspan a changé son opinion à propos de l’or. Comme Ben Bernanke, son successeur, Greenspan se comportait publiquement comme s’il ne comprenait rien au rôle de l’or dans l’architecture financière mondiale. Lorsqu’on lui posait une question sur le métal jaune, il disait quelque chose du genre : « oh, l’or est un héritage d’une période ancienne ». Bien sûr, il voulait parler de l’époque à laquelle l’or et l’argent étaient utilisés comme monnaie, ou au moins en tant que référence pour les transactions monétaires.

En public, Greenspan faisait donc semblant de ne rien comprendre à l’or. Désormais, il semblerait avoir retrouvé la mémoire pour en revenir à sa philosophie originelle, qui est que l’or est la base d’un système financier global, et qu’il y a donc de très bonnes raisons pour que des pays et des banques centrales continuent d’en d’accumuler. Dans le cas de pays qui montent en puissance comme la Chine, l’Inde et la Russie, on voit qu’ils augmentent les quantités d’or qu’ils possèdent aussi bien au niveau des banques centrales que des particuliers.

Ce retournement de veste de Greenspan est fascinant. Il s’agit de quelqu’un qui a joué un rôle majeur dans l’économie mondiale en ayant été responsable de la plus grosse institution financière du monde, la Fed. Il faut donc bien comprendre à quel point cette prise de position de Greenspan est importante à propos du véritable rôle de l’or dans l’ordre monétaire international, ainsi que des conséquences sur le cours de l’or, avec la confirmation de son statut prééminent dans le système financier. »

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Greenspan-Livre-PrevisionsDans tout secteur normal, une personne qui a gaffé a la décence de prendre du recul et de se faire oublier. Le monde bancaire étant déconnecté de la réalité, quoi de plus étonnant de voir Alan Greenspan sortir un livre sur les prévisions économiques. Comme le note ZeroHedge, c’est comme si Lance Armstrong publiait un bouquin donnant des conseils sur la façon de remporter le tour de France sans se doper.

Même un site comme Bloomberg, en parlant de la parution de « The map and the territory », n’épargne pas l’ancien président de la Fed, qui n’avait rien vu venir. Écrire un livre donnant des conseils sur les prévisions économiques après la débâcle de 2008 quand on a été président de la Fed de 1987 à 2006 relève presque de la provocation, d’autant que l’auteur se garde bien de parler de son historique en la matière…

Durant les interviews de promotion de son livre, il a quand même fini par admettre que lui, ainsi que ses collègues du FOMC, savaient qu’il y avait une bulle immobilière en 2007, mais qu’ils ont mal calculé le timing. Ah zut alors…

Pourtant, tout le monde savait ce qu’il se passait. Le secteur de la construction prenait des proportions absurdes, on parlait à l’époque des « NINJA loans » (prêts ninja, ninja étant l’acronyme de no income no job no assets, soit sans revenus, sans travail et sans actifs).

Pourtant, comme le note Dean Baker, qui est quelque peu furax sur le bon vieux Greenspan, celui-ci avait loué la création de produits hypothécaires exotiques et hasardeux (http://www.federalreserve.gov/boarddocs/speeches/2004/20040223/), oubliant totalement son rôle à remplir dans la régulation des développement des produits financiers.

Mais ce n’est pas tout. Alan Greenspan n’a non seulement rien fait pour limiter le développement des produits dérivés, mais a même participé au torpillage d’une tentative de mise en place de régulation de la part de l’administration Clinton. Le plus gros de son héritage, en termes de conséquences, est encore à venir. Mais rassurez-vous : ce ne sera de toute façon pas de sa faute.