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Alasdair MacLeod

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Le FMQ, ou Fiat Money Quantity est un indicateur créé par Alasdair MacLeod qui calcule l’ensemble des dollars qui existent. Il s’agit d’un excellent outil pour mesurer la valeur intrinsèque de l’or. MacLeod vient de mettre à jour son FMQ et de publier un article sur le sujet :

« Il n’y a qu’une seule façon d’évaluer l’or : en quantifiant l’expansion de la masse monétaire papier qui sert d’étalon pour calculer sa valeur.

C’est la seule raison d’être du FMQ (fiat money quantity, quantité de monnaie papier) qui depuis mon dernier article d’il y a 5 mois, a augmenté de 375 milliards de dollars pour atteindre 13,7 trillions. Et cela malgré la fin du QE de la Fed qui fut dans un premier temps réduit progressivement pour être finalement stoppé. Le graphique à long terme du FMQ figure en en-tête de cet article.

LE FMQ représente l’argent disponible immédiatement, les dépôts dans les banques commerciales plus leurs réserves à la Fed et les moyens temporaires qui servent à modifier ses réserves. Son objectif est de quantifier la différence entre la monnaie tangible et l’argent papier en incluant les étapes durant lesquelles l’or a été progressivement absorbé par le système bancaire à partir des détenteurs privés pour atterrir dans les coffres du gouvernement via les banques commerciales et la Fed. Une description intégrale de ce processus est disponible ici.

La vitesse de création de FMQ depuis 2008 se poursuit bien au-dessus de la tendance d’avant la crise Lehmann. Le FMQ s’élève désormais à 8,259 trillions supplémentaires par rapport à cette époque soit une augmentation de 152 % en 78 mois. Qui aurait pu prédire qu’une telle provision temporaire d’argent papier et de crédit pour stabiliser le système financier après l’effondrement de Lehmann allait devenir permanente ?

Pour mesurer l’inflation monétaire, le FMQ se différencie des autres méthodes plus conventionnelles comme la prise en compte des actifs bancaires liquides qui se trouvent sur le bilan de la Fed. En incluant l’argent parqué discrètement, une vue d’ensemble plus conforme à la réalité est obtenue. Les critiques de la méthode affirment qu’elle débouche sur un double comptage, vu que les réserves des banques à la Fed figurent aussi sur les bilans des banques en tant que dépôts. Cet indiscutablement vrai mais étant donné que le système bancaire de réserve fractionnaire implique le comptage multiple du même argent, le FMQ ne peut être disqualifié sur cette base.

Le graphique suivant montre comment le FMQ a fait baisser le cours de l’or mesuré en dollars constants de 1934. L’année où le président Roosevelt a dévalué le dollar de 20,67$ à 35 $ par once d’or.

or-valeur-1934

Le cours de l’or est indiqué en dollars américains nominaux ainsi qu’en dollars constants de 1934, ajusté par rapport à l’augmentation du FMQ. L’écart entre ces 2 cours s’est agrandi au cours des ans, respectivement à 1211 et 3,91 dollars. Les 2 dernières fois que le cours de l’or ajusté a atteint ces bas niveaux fut en avril 1971 à 3,31 dollars, 4 mois avant la suspension des accords de Bretton-Woods par le président Nixon et en octobre 2001 au début du grand marché haussier de l’or, lorsqu’il était à 3,45 dollars. Cette fois, l’accélération de l’augmentation du FMQ suggère que l’or est aujourd’hui encore plus sous-évalué que durant ces 2 périodes.

Le dernier graphique montre le cours de l’or depuis la crise de 2008, en dollars constants de 2008, lorsque la progression de la courbe du FMQ s’est accentuée par rapport à la tendance à long terme visible sur le premier graphique.

Tandis que le cours nominal de février 2015 était de 1211 $, le cours ajusté était de 480 $, soit une chute de 45 % par rapport au cours de 918 $ de juillet 2008.

or-valeur-2008-constant

En bref, le FMQ montre que l’or est substantiellement sous-évalué en dollars sur base de sa valeur à long terme. Par le passé, ce niveau de sous-évaluation a été suivi par des hausses majeures.

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Traduction de l’article d’Alasdair McLeod, paru sur GoldMoney.com : 

Le lundi 14 juillet, le Daily Telegraph a publié une interview de Jaime Caruana, le patron de la banque des règlements internationaux, la banque centrale des banques centrales. Dans les affaires monétaires internationales, peut-être à l’exception de Janet Yellen de la Fed, tous les banquiers centraux dépendent de lui. Et lorsqu’une banque centrale souhaite le soutien d’une autre, Caruana assure le lien.

Son avis compte, et il est très différent que celui de la Fed, de la BCE, de la BoJ (Japon) et de la BoE (Royaume-Uni). Mais il ne se trouve pas en première ligne, devant satisfaire une population voulant vivre au-dessus de ses moyens et un gouvernement accro à l’inflation monétaire. Néanmoins, il fait remarquer que la dette continue de grimper dans les pays développés depuis la crise de 2008, ainsi que dans la plupart des pays émergents. La fragilité de cette dette face à des taux d’intérêt en hausse est ignorée par les marchés ; alors que la prime de risque devrait augmenter, elle diminue.

Pour quelqu’un qui assure ses responsabilités, il s’agit d’un sévère avertissement. En effet, il affirme privilégier le retour d’une monnaie tangible lorsqu’il a répondu, à la suggestion du FMI d’utiliser l’inflation pour réduire le fardeau de la dette, « qu’il fallait s’y opposer ».

Aucun plan B n’est offert, simplement le constat que le plan A a échoué et qu’il faut l’abandonner. Certains estiment que c’est en train d’être fait avec le tapering de la Fed. Mais celui-ci a très peu d’impact sur la création monétaire, vu que la Fed remplace le QE3 avec ses repos inversés. Il s’agit d’une opération à travers laquelle la Fed donne aux banques des obligations américaines à court terme, qui sont payées avec l’argent qui dort sur les comptes de réserves excédentaires. Ce papier est alors utilisé en tant que collatéral pour émettre du crédit, alors que les réserves excédentaires ne circulent jamais dans l’économie réelle. Ce qui signifie que de l’argent est créé à partir de rien par les banques au lieu de l’être par la Fed (via le QE).

De façon intéressante, Caruana balaie les craintes de déflation en affirmant que des prix qui baissent sensiblement n’ont pas de grandes conséquences, ce qui le place également dans le camp de ceux qui souhaitent une monnaie tangible. S’il n’affirme pas haut et fort suivre les préceptes de l’école autrichienne, il admet être influencé par l’économiste suédois Knut Wicksell, dont les travaux sur les taux d’intérêt ont été guidés par l’école autrichienne. C’est pourquoi l’approche de Caruana est considérée dans de nombreux cercles comme étant de type Mises-Hayek.

Sachant que la BRI n’est pas friande des théories de Keynes, on peut espérer que la banque de Caruana poussera afin que l’or ait un plus grand rôle dans le futur système monétaire. (…)

FMQ-MacLeod-OrDepuis peu, Alasdair MacLeod, de GoldMoney, propose un nouveau concept pour mesurer avec précision la quantité de monnaie disponible : le FMQ, acronyme de Fiat Quantity of Money (Quantité de Monnaie Fiduciaire). Ce nouvel indicateur, appliqué au dollar, montre que les choses pourraient être pires que ce que les pessimistes sur le billet vert, pourraient croire.

« Je voulais créer un indicateur monétaire à même de me permettre de comparer la véritable monnaie avec la monnaie fiduciaire. Pour y parvenir, j’ai observé comment la monnaie fiduciaire a été créée.

Au départ, il s’agissait d’un substitut à l’argent véritable. Autrement dit, vous et moi, ou plutôt nos arrière-grands-pères ou arrières arrière-grand-père, déposaient  de l’or à la banque pour leur sécurité. La banque émettait alors des billets échangeables, ou affichait un solde positif sur un compte en banque, faisant état du dépôt d’or à la banque. Ce fut le point de départ. C’est ainsi que l’argent papier est apparu, en tant que substitut.

Ensuite, les banques centrales furent inventées. Elles ont reçu le monopole d’émettre la monnaie fiduciaire par le gouvernement. Les banques ont dû remettre tout leur or à la banque centrale, lors des déposants, pour recevoir en retour des comptes de dépôt ainsi que de nouveaux billets flambants neufs.

Ce que j’ai voulu faire avec le FMQ, c’est quantifier ce processus. Il consiste à prendre de tous les comptes à vue, ou des comptes d’épargne dont l’argent est accessible, plus les dépôts des banques à la banque centrale, car il s’agit d’argent, comme celui que vous avez vous-même à la banque. En prenant ces chiffres, on obtient de belles statistiques.

De 1960 à un mois avant la crise de 2008, la croissance exponentielle fut d’environ 5,9 % par an. Ensuite, nous avons eu le TARP (programme d’achat d’actifs pourris) et compagnie. Ensuite nous avons eu le QE. Et, devinez quoi ? Le niveau de monnaie fiduciaire est désormais 60 % au-dessus de cette tendance à long terme. Cela dit, si on regarde le graphique avec du recul, on pourrait dire qu’il s’agit d’hyperinflation monétaire.

Aujourd’hui, la banque centrale doit créer de la monnaie pour financer les déficits du gouvernement. Il doit produire de l’argent pour garder des taux d’intérêt plancher afin que les banques n’ait pas de problème de bilan. S’ils ralentissent cette création monétaire, ou même si celle-ci n’est pas augmentée, les choses risquent de stopper net.

Cela prouve que nous sommes non seulement dans un piège de la dette, mais dans un piège éventuellement hyperinflationiste. Il faut que quelqu’un, qui comprend ce qui se joue, s’élève et dise : c’est fini !

(….)

Le cours de l’or sur base du FMQ

Si on calcule le cours de l’or, sur base de sa valeur d’avant Lehman et du FMQ de l’époque, on devrait aujourd’hui avoir l’or à 1860 $ environ. Or, le cours est bien inférieur, alors qu’à l’époque, les 918 dollars l’once du cours ne prenait pas en compte le risque systémique tel qu’on le connaît aujourd’hui.

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Or 1300 tonnes Banque d'Angleterre Alasdair MacleodDepuis quelques jours, nous savons grâce à Alasdair MacLeod que ce serait, entre autre, la banque d’Angleterre qui aurait fourni au marché l’or physique tant convoité alors que les manipulations du marché offraient aux acquéreurs intéressés un magnifique rabais.

Chris Powell a voulu voir auprès de la Banque d’Angleterre ce qu’elle avait à dire à propos de ces 1300 tonnes d’or qui auraient quitté ses coffres en l’espace de 4 mois.  Le service d’information au public de la banque a au moins eu la gentillesse de lui répondre rapidement. Dans un langage typiquement financier, mais qui ne laisse planer aucun doute :

Le chiffre rapporté au grand public maintenant a été délibérément exprimé de façon vague. Aucune autre information ne sera communiquée à ce propos.

C’est d’autant plus dingue que la Banque d’Angleterre ne possède que 300 tonnes. Cela signifie donc qu’elle a vendu ou prêté de l’or qui ne lui appartient pas !

La Banque d’Angleterre et les autres sont-elles fiables quand à leur stock d’or rapporté ?

Cette affaire rappelle furieusement celle de la demande allemande de rapatriation de son or stocké aux Etats-Unis. Les Américains ont accepté de leur rendre 300 tonnes, mais dans seulement 7 ans. Ceux qui pensent que les Américains ont toujours cet or en leur possession ont désormais la preuve qu’il est possible pour une banque centrale de disposer d’or qui ne lui appartient pas. Cela remet évidemment en question les chiffres publiés par la Fed et cie. Ces soupçons ont également été corroborés par William Kaye, dont un raffineur de Hong Kong lui a certifié avoir fondu des lingots estampillés Bundesbank.

Combien de temps vont-elles, ainsi que les banques de lingots, pouvoir jouer ce petit jeu ? Difficile à dire. Par contre, ces tensions sur le marché physique semble indiquer que les manipulations du prix de l’or pour faire chuter son cours brutalement sont terminées : une nouvelle chute de 100 dollars enflammerait à nouveau le marché physique, alors que les stocks sont déjà sous tension. Ce qui indique aussi qu’on n’est plus prêt de retourner autour des 1200 dollars l’once d’or avant un bon moment.

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Or Banque d'Angleterre Alasdair MacleodHier, Wiliam Kaye a mentionné les révélations faites par Alasdair Macleod à propos de l’or de la banque d’Angleterre, qui aurait été vendu en catimini. Pour en savoir plus, voici la traduction des passages importants de l’article original de Macleod, paru sur GoldMoney, qui nous permet de mieux comprendre les raisons du massacre du cours de l’or en avril, mais aussi pourquoi le prix n’a pas tellement augmenté depuis : en bref, c’est la banque d’Angleterre qui a fourni du métal au marché assoiffé de physique.

Il faut savoir que Londres est le marché le plus important de l’or lorsqu’on parle du physique, surtout en ce qui concerne les banques centrales. C’est pour cette raison que celles-ci achètent, vendent, louent et échangent leur or à Londres. À l’exception de la Russie, de la Chine et des pays d’Asie centrale, qui préfèrent stocker chez eux.

En juin de cette année, la banque d’Angleterre a déclaré posséder au moins 400.000 lingots de 400 onces. Alors que le 28 février, elle déclarait en posséder 505.117. Il semblerait donc que 100.000 lingots se soient évaporés en l’espace de 4 mois.

Alasdair MacLeod : 1310 tonnes d’or évaporés en 3 mois de la banque d’Angleterre

Serait-ce une erreur ? Il semble que non. La banque pensait peut-être pouvoir passer à travers les mailles du filet en donnant un chiffre vague, plus de 400.000. Mais c’est beaucoup moins que le chiffre précédemment rapporté. Il faut donc en tirer les conclusions qui s’imposent : environ 1300 tonnes d’or ont quitté les coffres de la banque Angleterre depuis le 1er mars.

Depuis la débâcle chypriote, la demande pour l’or a augmenté, notamment en Chine et en Inde. La production minière stagne, tandis que l’or de récupération en Europe se fait de plus en plus rare. Cela a débouché sur une crise sur le marché, les banques de lingots se retrouvant à cours de physique. C’est alors que l’on a eu droit au massacre de l’or en avril.

Cependant, cet événement a accéléré la demande pour l’or physique. Le fait que le cours n’est pas parti à la hausse signifie que quelqu’un a dû fournir des lingots pour satisfaire la demande à partir de la mi-avril. Les choses semblent désormais claires. La banque d’Angleterre a vendu 1300 t d’or physique à Londres, afin de maintenir le cours à son niveau.

Cela dit, 2 questions restent en suspens. Tout porte à croire, vu la demande, que la plupart des lingots ont atterri dans le secteur non bancaire. Ce qui signifie que la banque d’Angleterre ne possède plus l’or qu’elle doit à ses clients. La seconde question : des 1580 tonnes restantes, combien en a-t-elle vendu depuis juin ?

Quoi qu’il en soit, il semble clair que l’or physique ne sera plus disponible au tarif actuel pendant longtemps. Le GOFO négatif en est l’un des signes. Il semblerait que l’habitude de louer de l’or au marché, l’or des banques centrales, a enclenché un retour de manivelle.

Les acteurs de cette manipulation ont mal calculé leur coup : il n’avait pas anticipé la demande massive qui allait suivre le massacre du cours de l’or. Cette erreur fatale va leur coûter très cher, et nous sommes loin d’avoir encore vu l’étendue des dégâts.