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Allemagne

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Article de Reuters, publié le 11 avril 2016 :

« Un mois après le débat polémique portant sur les limites des injections monétaires de la BCE dans une zone euro moribonde, la Banque Centrale Européenne tente d’apaiser ses relations avec l’Allemagne après avoir encaissé des critiques particulièrement dures en provenance de Berlin.

En fin de semaine dernière, le ministre des Finances allemand Wolfgang Schaeuble a notamment remis sur le dos des politiques d’argent bon marché de la BCE la montée en puissance du parti entier migration de droite Afd (alternative pour l’Allemagne).

Les discussions devraient se poursuivre lorsque le président de la BCE Mario Draghi rencontrera Wolfgang Schaeuble cette semaine à Washington durant la réunion printanière du FMI, qui rassemble banquiers centraux et ministres du monde entier.

Une vague de protestations s’est élevée dans une Allemagne économe après que Draghi ait qualifié de « très intéressante » l’idée des hélicoptères monétaires, soit le versement direct d’argent la population.

Mais en fin de semaine dernière, des figures importantes de la BCE, dont son chef économiste et son vice-président, ont fait marche arrière en affirmant que l’idée n’était pas à l’ordre du jour. Cependant, les dégâts ont déjà été occasionnés.

« Les politiques de la BCE sont déjà très impopulaires en Allemagne. Les hélicoptères monétaires ont donc été la goutte d’eau qui a fait déborder le vase, » a déclaré Joerg Kramer, économiste de la Commerzbank à Francfort. « Les gens estiment que cette idée est dangereuse. »

Les analystes allemands estiment que l’idée même de renforcer des politiques monétaires déjà accommodantes font déjà grimper les prix immobiliers dans le pays. Ils craignent également l’affaiblissement d’un euro qui serait distribué « gratuitement » via la planche à billets.

« Nous avons ressenti la majorité de l’impact du QE l’année dernière, les effets à venir seront très limités, » a déclaré Lars Feld, l’un des sages qui conseillent le gouvernement allemand sur les matières économiques.

« Des taux d’intérêt plus élevés seraient désormais positifs pour les bénéfices des banques et des assureurs. Ils pourraient mettre un terme aux bulles dans l’immobilier, comme celle qui existe en Allemagne. »

Dimanche, toute une série de politiciens allemands ont critiqué la posture de la BCE, un ministre accusant les taux d’intérêt de créer des trous dans les caisses de retraite alors que des rumeurs d’action pénale contre les hélicoptères monétaires circulaient.

Cet épisode marque un nouveau creux dans les relations difficiles entre le chef italien de la BCE et la nation la plus importante de la zone euro, que Draghi accuse de dire « non à tout ». Cependant, les hélicoptères monétaires ont également irrité certains gouverneurs de banques centrales de la zone euro, d’après une personne bien informée. (…)

« La critique allemande est justifiée mais quelque peu malhonnête, » a déclaré Kraemer. « Schaeuble ne pourrait pas équilibrer son budget sans ces politiques de la BCE, » a-t-il déclaré.

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En 1948, l’économie de l’Allemagne en ruine est au point mort. Pour relancer la machine, les autorités prennent des mesures draconiennes le 20 juin. L’épargne des Allemands est quasi annulée (les Reichsmarks seront convertis plus tard en Deutsche Marks au taux de 68 DM pour 1000), ainsi que les dettes. Cette réinitialisation financière, connue sous le terme Stunde Null ou Heure Zéro, pourrions-nous la connaître ? Pour évoquer cet épisode dramatique de l’histoire allemande, Michel Drac nous a aimablement autorisé à reproduire un passage de son ouvrage « Crise économique ou crise du sens ? », texte repris dans le recueil « Essais » que vous pouvez vous procurer sur le site du Retour aux Sources.

A priori, la situation économique de l’Allemagne paraît désespérée en 1948. Comment nourrir un peuple qui n’est pas autosuffisant sur son sol, et n’a plus d’industrie pour produire des biens à exporter ?

Quand il faut constituer un pré-gouvernement allemand dans le cadre de la « tri-zone » anglo-franco-américaine, on cherche donc avant tout des compétences du côté des économistes. Les dirigeants allemands savent bien que d’immenses problèmes sociaux, culturels, politiques au sens le plus élevé, vont se poser à ce pays pratiquement arasé. Mais ils n’ont tout simplement pas le temps de considérer ces problèmes, pas le temps de s’interroger sur l’identité de la nouvelle Allemagne, pas le temps de se demander comment les personnes déplacées vont être intégrées dans les Länder occidentaux. Ils n’ont que le temps de faire de l’économie. Parce que c’est la priorité absolue.

Aussi laissent-ils à peu près complètement la haute politique à la charge des puissances occupantes. La future République Fédérale, alors en voie d’incubation, est préparée par les Américains. Sa constitution est pensée par les Allemands, mais avec les briques de base fournies par les occidentaux. Elle ne prend même pas le temps de se définir elle-même. L’Allemagne de l’Ouest est un corps sans âme, uniquement consacré à se maintenir en vie.

Les Américains imposent un homme qui leur paraît, par ses capacités manœuvrières et ses opinions démocrates sincères, à même de refaire une Allemagne conforme aux vues occidentales : il s’appelle Konrad Adenauer. Avec lui, il n’y aura pas de grande théorie, pas de discussion interminable sur l’identité allemande d’après le désastre : il prend le pays tel qu’il est, et, profitant de son état d’anomie totale, il le coule, comme une substance malléable, dans le moule imposé par les occidentaux.

Pour réorganiser l’économie, Adenauer va chercher en Bavière un économiste qui a réussi à redresser relativement vite la situation, dans ce Land un peu moins appauvri que les autres. Il s’appelle Ludwig Erhard. C’est un ancien combattant de la Première Guerre Mondiale, mal vu sous le nazisme pour avoir étudié un projet économique de paix. Il a un plan pour redresser le pays économiquement, un plan révolutionnaire. Il veut l’heure-zéro, la « Stunde Null » de la monnaie allemande.

Cet économiste « libéral » va donner au monde une incroyable leçon de travaillisme appliqué.

L’idée est simple : l’Allemagne survit dans une économie de pénurie et de rationnement. Elle est gangrenée par le marché noir. Il n’y aucune solidarité entre les Allemands, aucune dynamique collective. La société allemande est dans un état d’anomie peut-être sans équivalent historique connu.

Erhard répond : c’est une opportunité.

Il connaît parfaitement ses compatriotes. Il sait leurs gigantesques défauts : un modèle familial autoritaire qui fabrique des individus disciplinés jusqu’à l’excès, des structures traditionnelles qui secrètent un déficit chronique de solidarité. Mais il sait aussi que ces défauts gigantesques engendrent mécaniquement des qualités gigantesques : la discipline aveugle peut se muer en force d’organisation supérieure, le déficit de solidarité s’accompagne d’une formidable ardeur au travail. Parce qu’il a été élevé par un père qui l’appelait « monsieur » et dans une culture où il est entendu que, n’est-ce pas, « à chacun son dû », l’Allemand constitue une main d’œuvre hors de pair. Très bien. Il suffit de mobiliser cette main d’œuvre. Erhard en est persuadé : les Américains veulent fournir du capital, avec le plan Marshall. L’Allemagne n’a plus qu’à fournir du travail. Pas de problème, elle sait faire.

Le slogan d’Adenauer est : « Pas d’expérimentation, de la sécurité ». La plupart des Allemands en ont déduit que le pouvoir voulait la stabilité, la continuation des choses s’engendrant elles-mêmes, à partir d’une situation générale bizarre et malsaine, une sorte d’économie planifiée autoritaire, tempérée d’anarchie par une multitude de système de trocs. Erhard va prendre tout le monde par surprise.

Le dimanche 20 juin 1948, sans crier gare, il annonce l’heure zéro de l’économie allemande. En une seule journée, le Reichsmark disparaît, remplacé par le Deutsche Mark. Chaque Allemand reçoit 60 marks, chaque entreprise reçoit 60 marks par employé. Le capital est réparti à égalité entre les entreprises et les particuliers. En une journée, les neuf dixièmes de la masse monétaire ont disparu !

Le lundi 21 juin 1948, plus personne n’a les moyens de se livrer au marché noir. La seule méthode pour se procurer de quoi manger est de gagner de l’argent, coûte que coûte. Dans n’importe quel autre pays, ce serait l’émeute. Mais on est en Allemagne, et tous les défauts du peuple allemand deviennent, d’un seul coup, des qualités. Un peuple entier se voit placé devant une alternative dramatique : travailler, ou mourir de faim. Résultat : tout le monde travaille.

Et ça marche, immédiatement. La demande excède l’offre dans des proportions phénoménales. Il n’y a plus de rente, et donc le capital circule à une vitesse maximale. En un an à peine, la production double, dans une véritable frénésie d’activité. C’est le redémarrage économique le plus rapide de l’histoire. L’Allemagne vient de prouver que le travail est le seul véritable capital, et qu’une main d’œuvre de qualité peut pulvériser n’importe quel obstacle logistique, pourvu qu’on laisse les forces productives jouer librement.

Quatre ans seulement après la « Stunde Null » économique de Ludwig Erhard, l’Allemagne de l’Ouest génère son premier excédent commercial

1948, Allemagne année zéro, le contexte

Le pays est pratiquement anéanti. Un quart des habitations ont été détruites. Le produit intérieur brut a été divisé par quatre entre 1938 et 1946. Une bonne partie de l’outil de production a été détruite par les bombardements, et les soviétiques démontent froidement les usines pour les réinstaller chez eux. Les cœurs historiques des grandes villes allemandes, peut-être les plus beaux d’Europe, ont été presque totalement détruits. L’Allemagne, dont l’identité s’était historiquement construite autour de ses villes, est désormais un pays sans support culturel.

La partie masculine du pays a été littéralement arasée. En tout, sur les 75 millions d’habitants que comptait l’Allemagne avant la guerre, entre 7 et 9 millions sont morts. Environ un Allemand sur huit. Onze millions de soldats allemands ont été fait prisonniers. Depuis trois ans, ils rentrent au pays, progressivement. Ceux capturés par les anglo-américains ont subi une captivité rude, mais humaine. Ceux tombés entre les mains des soviétiques vivent bien pire. Ils ne sont pas encore tous de retour au pays, loin s’en faut. Beaucoup ne reviendront jamais.

La population féminine est en à peine moins mauvais état. Pendant deux ans, en échange de cartes d’alimentation, des millions de femmes allemandes ont été employées à déblayer les gravas accumulés dans les villes bombardées. On les appelle les « Trümmerfrauen », les femmes-débris. Mais la catastrophe matérielle se double d’un désastre psychologique collectif. On estime que deux millions d’Allemandes au bas mot ont été violées par les troupes soviétiques. Dans la zone occidentale, c’est l’époque des Venonika Dankeschön, jeu de mot intraduisible sur l’anglais « maladie vénérienne », « venerial disease » – pas le viol, plutôt la prostitution occasionnelle à grande échelle. Faisant suite à douze années de propagande machiste ininterrompue, constamment accentuée par les services du docteur Goebbels, cette humiliation collective engendrera des pathologies durables dans les relations entre les sexes – l’homme allemand, protecteur failli.

12 millions de personnes sont enregistrées comme réfugiées. Une grande partie vient des anciens territoires allemands situés à l’est de l’Oder, incorporés de force à la Pologne. C’est la plus grande épuration ethnique de toute l’histoire de l’Europe.

Les conditions de vie sont à la limite du supportable. Pendant les derniers mois de 1945, la ration calorique quotidienne a avoisiné 1 000 calories par jours – trop peu pour la survie, c’est le marché noir qui a sauvé le pays. L’hiver 1946-1947 a été particulièrement rude. 700 000 personnes environ sont mortes de faim ou de froid.

De ce mal ne naît aucun bien. Les témoignages de l’époque montrent qu’il n’y a pas de solidarité forte au sein des populations déstructurées par les transplantations, traumatisées par la défaite, écrasées moralement par la prise de conscience des crimes du régime nazi. Le peuple allemand tout entier a été mis en accusation par les vainqueurs. La « dénazification » a impliqué le classement de tous les Allemands en plusieurs catégories, selon leur niveau de culpabilité. L’Allemagne n’est pas seulement anéantie matériellement, elle est aussi détruite spirituellement, privée de sa fierté. Il n’y a, dans toute l’Histoire de l’Europe, pas d’exemple d’un désastre équivalent.

Le pire est que les Allemands ne peuvent pas incriminer la brutalité des vainqueurs : même dans ses formes les plus extrêmes, elle n’est somme toute que la répétition de la violence déployée par les Allemands eux-mêmes contre le reste de l’Europe, entre 1939 et 1945. Les vaincus, en leur for intérieur, sont persuadés que la justice des alliés n’est que basse vengeance. Mais ils se taisent. L’Allemagne est un pays martyrisé, et qui ne peut même pas se plaindre.

En fait, la grande question, en cette année 1948, c’est : comment l’Allemagne pourrait-elle ne pas sombrer dans le désespoir, dans une anomie tellement radicale qu’elle serait irréversible ?

Michel Drac

Michel Drac en vidéo chez Meta TV

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Extraits de l’article de Mike Sheldock, publié le 7 décembre 2015 sur SafeHaven.com :

« La situation démographique de la zone euro est difficile avec une natalité en baisse et une population vieillissante, Mario Draghi aura des difficultés à créer de l’inflation dans un contexte démographique en baisse.

L’Espagne vient de rejoindre l’Allemagne dans le rang des pays dont la population baisse structurellement tandis que l’Italie stagne. (…)

Durant les six premiers mois de l’année, l’Espagne a enregistré 225.924 décès et 206.656 naissances d’après son institut national des statistiques. Ce n’était plus arrivé depuis la guerre civile de 1936-1939. (…)

Dans près de la moitié des provinces espagnoles, 1/3 de la population est âgée de plus de 65 ans (…) alors que la moyenne nationale est de 16,7 %. (…)

L’Italie est quant à elle en sursis. La natalité italienne en 2014 fut la plus basse depuis la formation de son état moderne en 1861, d’après les dernières statistiques. (…)

Les conséquences économiques des tendances démographiques européennes

Les plus grand pays de la zone euro l’Allemagne et le 4e l’Espagne, voient leur population décliner alors que le 3e est en ballottage.

Les économistes exhortent les politiques à agir. Pour ce faire, il faudrait pouvoir identifier les causes. Malheureusement, ce n’est pas ainsi que les économistes et les politiciens travaillent.

Les problèmes sont évidents mais les économistes ne les voient pas. Oubliez leurs études pour contempler les facteurs clés :

  1. Chômage des jeunes
  2. Promesses concernant les retraites qui ne seront pas tenues
  3. Législation du travail
  4. Changements sociétaux
  5. Actions des banques centrales

Chômage des jeunes

Comment voulez-vous vous marier ou vous mettre en ménage, acheter une maison et construire une famille lorsque le taux de chômage des jeunes est de plus de 40 %, un record historique dans plusieurs pays ?

Promesses concernant les retraites ne seront pas tenues

La sécurité sociale, telle que conçue, n’est pas viable. Les jeunes sont censés payer les retraites des pensionnés. Comment cela pourrait-il fonctionner si les jeunes n’ont pas de travail ? La plupart des moins de 30 ans comprennent que les filets de la sécurité sociale qu’ils financent pour leurs aînés ne seront pas disponibles pour eux ou pour leurs enfants.

Législation du travail

Les travailleurs comme les pensionnés ne souhaitent pas faciliter les licenciements. Cependant, s’il est difficile de licencier quelqu’un, les entreprises hésiteront à engager du personnel.

Changements sociétaux

Il est indubitable que les jeunes ne cessent de repousser la date du mariage ou la création d’une famille même dans des pays comme l’Allemagne où le marché du travail est relativement bon. Pourquoi ? De nombreuses raisons peuvent expliquer comme : le besoin de prendre soin de leurs aînés empêche ou décourage la création d’un nouveau ménage, l’État-providence qui taxe de plus en plus, le déclin des revenus réels et la cherté de l’immobilier.

Actions des banques centrales

Dans leur tentative imprudente de dompter la déflation, les prix des actifs et surtout de l’immobilier sont passés au-dessus de ce qui est abordable pour les jeunes ménages. Autrement dit, la tentative des banques centrales pour créer de l’inflation dans un monde démographiquement et technologiquement déflationniste est grandement contre-productive. »

En conclusion : les politiques et les banques centrales tentent de résoudre la crise que nous vivons en appliquant au contexte d’aujourd’hui, radicalement différent de celui que nous avons connu entre la Seconde Guerre mondiale et les années 80, des recettes périmées. Toutes les grandes tendances sociétales du 21e siècle à savoir la baisse de la natalité, la mondialisation, les révolutions technologiques (commerce en ligne, automatisation du travail, e-services, etc.) sont déflationnistes. Il est donc vain de vouloir créer de l’inflation dans un tel environnement.

La déflation en soi n’est pas mauvaise ; dans le contexte global de surendettement, elle devient par contre mortifère. Deux solutions sont possibles pour repartir sur des bases pérennes : remettre le système à plat via un choc provoqué ou attendre que la prochaine crise force les choses.

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Au grand dam de l’Allemagne, la commission européenne vient de dévoiler un plan visant à mutualiser les fonds de garantie bancaire en un seul pot commun destiné à intervenir en cas de faillite bancaire dans n’importe quel pays de l’union.

Comme le rapporte le Financial Times, ce fonds de garantie pourrait ensuite servir n’importe où afin de garantir les dépôts des épargnants jusqu’à 100.000 €.

« La commission européenne a insisté sur le fait que les pays ne pourraient bénéficier de ce fonds avant d’avoir renforcé leurs propres plans de garantie. Cette déclaration était destinée à rassurer l’Allemagne, Berlin craignant que le contribuable allemand soit exposé aux faillites de banques dans des pays européens dotés de standards moins stricts. (…)

Malgré les garanties proposées par la Commission, Berlin a rejeté le plan avant même son annonce officielle. D’après l’Allemagne, la proposition de l’Europe ne fait que redistribuer le risque parmi les membres de la zone euro au lieu de le faire baisser. »

La proposition de l’Europe prévoit la mutualisation graduelle des fonds de garantie nationaux à partir de 2020, mutualisation qui aurait lieu à concurrence de 20 % par an pour être donc finalisée en 2024. La nouvelle a été accueillie avec scepticisme par les institutions financières et notamment par la Fédération Européenne des Banques qui s’est déclarée « surprise ». Le plan jouit par contre d’un soutien fort à Bruxelles et à la BCE qui le considèrent comme le « pilier final de la zone euro ».

D’un côté, on peut comprendre les réticences allemandes. De l’autre, quand on voit le leverage de Deutsche Bank, on ne peut qu’espérer que les Allemands finissent par imposer leur volonté.

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Peter Boehringer

Article publié le 8 octobre 2015 sur BullionStar.com… Peter Boehringer contre-attaque :

« Les personnes qui suivent régulièrement la campagne publique allemande « Rapatriez Notre Or » connaissent nos grandes difficultés rencontrées depuis 2011, et bien avant, avec la Bundesbank afin d’en avoir après que l’or allemand ait été stocké pendant plus de 50 ans à l’étranger, une transparence crédible sur ce dossier. Des progrès ont été obtenus récemment : en 2012, des informations à propos des quantités et de la localisation de l’or ont été publiées ; en 2013 : annonce d’un plan de rapatriement partiel jusqu’à aujourd’hui et la déclaration que 200 tonnes d’or (environ 10 %) des réserves de l’Allemagne stockées à l’étranger ont été rapatriées. On attend toujours des preuves tangibles ainsi qu’une transparence totale de la part de la Bundesbank !

L’une de nos demandes les plus anciennes était (et est toujours) la publication des numéros de série des lingots que possède la BuBa chez ses 4 dépositaires. Des listes qui devraient être statiques (non modifiées) depuis 1968 lorsque l’Allemagne a cessé d’accumuler de l’or. Soit 3 années complètes avant la fin du système sous-jacent de Bretton-Woods.

Hier le 7 octobre 2015, plus de 47 ans plus tard et 5 ans après le début de notre campagne intensive de lobbyisme auprès de la BuBa contre ses « craintes pour la sécurité »,ridicules, concernant la publication des listes : la Bundesbank a finalement et officiellement publié une soi-disant « liste de lingots ». La « liste allant faire taire les théoriciens du complot » a été célébrée aussi bien dans le communiqué de presse de la Buba que dans les médias dominants (naïfs). Voir l’article de Bloomberg intitulé : « la Bundesbank aux sceptiques : voici l’or. Chaque lingot. Sans Exception. » (…)

Pour la énième fois en 47 ans, la BuBa a prétendu hier faire toute la clarté sur l’or de l’Allemagne. Encore une fois, elle a misérablement échoué. C’est pourquoi je lance le défi suivant aussi bien à Messieurs Weidmann et Thiele de la BuBa et à M. Lorcan Roche Kelly de Bloomberg : soit effacer leur message de propagande lourd et partisan qui ne repose sur aucune preuve tangible (« Voici notre or, est-ce que vous nous croyez enfin vous les aficionados givrés de l’or »), soit de prouver leurs assertions jusqu’à présent non prouvées.

1. Aucune liste de numéros de série n’a été publiée par la Bundesbank

Premièrement, je demande aux journalistes et aux lecteurs qui sont intéressés d’ouvrir le rapport long de 2300 pages. Tout le monde peut voir au premier coup d’œil que la toute première colonne des listes de lingots de la page 7 est intitulée « numéro d’inventaire » plutôt que « numéro de série du producteur ». Ce sont pourtant deux choses totalement différentes. Le numéro d’inventaire est un numéro créé artificiellement sur papier ou sur un autocollant par les banques centrales respectives qui n’a rien à voir avec le numéro de série unique qui est estampillé par le raffineur lorsqu’il coule un lingot. La différence est absolument cruciale car seul le numéro de série pourra permettre aux experts de l’or, aux auditeurs indépendants ainsi qu’aux citoyens lambda à qui l’or appartient de vérifier que non seulement tous les lingots existent physiquement mais qu’ils ne sont également pas comptabilisés plusieurs fois sur le bilan d’autres banques centrales ou d’ETF. (…)

Cette liste n’a aucune valeur (…). Nous affirmons que cette approche n’est qu’un écran de fumée délibéré dans le but de semer le doute dans l’esprit du grand public mondial.(…)

2. Pourquoi des numéros de série de lingots après 1968 et combien ?

Deuxièmement, nous mettons au défi la Bundesbank de nous expliquer pourquoi, fait quasi sûr à 100 %, la liste réelle de lingots détaillée dans le point 1. ne comprend pas exclusivement des lingots produits dans les années 50 et 60 (pour se terminer en 1967 ou 1968 au plus tard). Depuis 1968, les réserves d’or de l’Allemagne sont censées n’avoir plus évolué sauf à une ou deux exceptions en raison de prêts de petites quantités d’or qui ont été rapportés par le passé par la Buba. Nous les propriétaires de l’or, exigeons de savoir : pourquoi et combien de lingots allemands (s’ils existent) datent d’avant 1968 dans les coffres de la Buba ou de ses dépositaires ? Comment est-il possible (d’après la liste publiée hier) que quasi tous les lingots soient d’une pureté de 995 ou plus alors qu’avant 1967 cette pureté était plutôt rare surtout aux États-Unis ? Et pourquoi, vu que les standards du LBMA sont satisfaits par quasi tous les lingots de la nouvelle liste, la Bundesbank a encore choisi de fondre les lingots rapatriés des États-Unis entre 2013 et 2014 (en effaçant ainsi à jamais les numéros de série originaux) sans disposer d’une seule photo ou vidéo pour prouver la procédure.

3. Audit de la Fed, de la BuBa, de la Banque de France et de la Bank of England

Lorsque nous aurons obtenu des réponses appuyées par des preuves tangibles et non verbales à nos questions légitimes et justifiées, le véritable travail ne fera alors que commencer : la Fed n’a plus publié d’information concernant un audit véritable de ses coffres (or américain ou étranger) depuis 1953, certains diront même depuis les années 30. C’est la même histoire du côté de la Banque d’Angleterre et de la Banque de France et même à Francfort !

“Holt unser Gold heim” / “Rapatriez Notre Or” continue d’exiger des audits externes physiques des banques centrales par des auditeurs indépendants jurés et la publication totale des résultats. De plus, nous demandons l’accélération de « l’opération de rapatriement » de la Bundesbank annoncée en 2013 et qui est bien trop opaque, lente et dénuée d’ambition (seulement 50 % de l’or allemand à Francfort d’ici la fin 2020). (…) »

Peter Boehringer est le fondateur et le président de la « Société Allemande des Métaux Précieux », une association créée en 2006. Il est également l’un des écrivains les plus lus dans les pays germanophones sur le sujet de l’or, un orateur bien connu des conférences sur les métaux précieux et l’initiateur de la campagne allemande et internationale « Rapatriez Notre Or » qui a inspiré des campagnes publiques similaires dans plus d’une douzaine de pays. Il est l’auteur du livre « Holt unser Gold heim » (rapatriez notre or), publié en allemand en 2015 par l’éditeur renommé Finanzbuchverlag. https://www.facebook.com/Holt.unser.Gold.heim.PeterBoehringer

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Nous avons largement couvert l’opération de rapatriement de l’or de l’Allemagne ainsi que les nombreuses questions posées par les activistes allemands menés par Peter Boehringer quant à l’existence physique du métal que la Bundesbank prétend posséder dans ses coffres ainsi qu’à la Banque de France, à la Bank of England et à la Fed de New York. 

C’est en parcourant le site de Kitco que nous avons pris connaissance de l’existence d’un nouveau rapport de la Bundesbank sur ses réserves d’or, publié le 7 octobre 2015 sur son site officiel, censé faire toute la lumière sur ses réserves. L’article n’y va pas avec le dos de la cuillère dans son introduction : ce rapport va clouer le bec une bonne fois pour toutes à ceux qui affirment qu’une partie de l’or pourrait manquer. Nous citons :

« Les questions concernant les réserves d’or de l’Allemagne et notamment concernant leur existence peuvent être désormais fermées après la publication massive de données par la banque centrale du pays. »

Voilà qui est impressionnant, allons donc de ce pas consulter ce fameux rapport qui met à nu les réserves d’or allemandes. Certes, il est massif : 2307 pages, ce n’est pas rien. Mais quand on l’ouvre, que découvre-t-on ? Une liste interminable de chiffres concernant la pureté, le poids et les « numéros d’inventaire » des lingots qui appartiendraient à l’Allemagne.

En quoi cette succession de chiffres prouve-t-elle que les lingots se trouvent bel et bien chez les dépositaires ? Cela, Kitco ne le précise pas. Nous sommes donc censés croire la Bundesbank, ou plutôt croire la Fed de New York et cie quand elles affirment que ces lingots s’y trouvent toujours. Kitco se contente de citer les chiffres du rapport, l’article est sans intérêt jusqu’à la fin, lorsqu’il affirme « qu’aucun rapport n’est disponible concernant les progrès 2015 du rapatriement de l’or allemand ». Nous présumons que la banque était trop occupée à pondre les 2300 pages de ce rapport aussi long qu’inutile.

Peter Boehringer, interviewé par un Financial Times qui a été beaucoup plus prudent dans son papier, n’est évidemment pas impressionné :

« Mais Peter Boehringer, un activiste qui milite pour le rapatriement intégral de l’or allemand, a déclaré que les données publiées n’incluent pas les noms des producteurs des lingots d’or ainsi que les numéros qui figuraient sur les lingots après leur production.

« Ces données sont importantes alors que nous avons certains doutes quant à l’existence physique de tout le matériel. Certains lingots peuvent exister sur le bilan de plusieurs banques centrales, » a déclaré Boehringer. »

Des doutes d’autant plus légitimes que l’Allemagne a reçu de l’or dont le numéro de série du lingot original a été substitué par un autre. Officiellement pour être aux normes « London good delivery » (source http://www.bloomberg.com/news/features/2015-02-05/germany-s-gold-repatriation-activist-peter-boehringer-gets-results). Ou simplement parce que le lingot original a été prêté ou vendu à une autre banque centrale ou au marché et qu’il a fallu en livrer un autre.

Bref, cette nouvelle tentative de transparence de la part de la Bundesbank quant à ses réserves d’or ne convaincra que ceux qui veulent y croire. Seuls des audits menés par des entités réellement indépendantes permettront d’obtenir une réponse définitive. Des audits refusés bien entendu pour des « raisons de sécurité ».

pays émergents

Interview de Stephen Leeb du 30 avril 2015 de KWN :

« En ce moment, je suis un obeservateur attentif de la bataille entre l’Orient et l’Occident. L’un des fronts principaux concerne la Grèce qui est une porte d’entrée en Europe.

J’ignore si la Grèce restera dans la zone euro par contre on sait depuis cette semaine que le plus gros investisseur en Allemagne, c’est la Chine. Je vous avais déjà parlé de la ligne de chemin de fer entre l’Allemagne et la Chine via la Russie et ses trains qui sont détenus conjointement par la Russie et l’Allemagne.

Malgré la propagande, la Russie est loin de s’effondrer

Qui aurait cru il y a quelques mois que la Russie allait devoir vendre du rouble afin d’éviter qu’il s’apprécie de trop ? C’est pourtant ce qu’il s’est exactement passé durant les 2 dernières semaines. Le rouble a tellement grimpé que la Russie est intervenue pour le faire baisser. Il y a 6 mois, lorsque nous évoquions cette crise, le rouble était en chute libre et tout le monde pensait que la Russie était en train de s’effondrer financièrement. La propagande occidentale concernant le soi-disant effondrement économique de la Russie battait son plein. De mon côté, je vous disais que la Russie allait sortir sans dommage de cette crise et c’est ce qu’il s’est passé.

L’alliance russo-sino-allemande

Mais pour revenir au sujet des investissements chinois en Allemagne, il s’agit du signe d’une alliance russo-sino-allemande en cours de constitution. J’avais déjà mentionné l’intention de la Chine de construire une ligne ferroviaire entre le port principal de la Grèce et Budapest (Hongrie). Or, il n’y a « qu’une nation entre l’Allemagne et la Hongrie, la Tchécoslovaquie » (sic).

Il est intéressant de noter que la République tchèque se rapproche de plus en plus de la Russie et de la Chine. Il s’agit de l’une des économies les plus développés d’Europe, il est donc quasi acquis que cette ligne ferroviaire passera par la République tchèque, qui fera au passage affaire avec l’Allemagne.

Le plan ambitieux de la Chine de la Russie

On peut voir que les ambitions chinoises vont bien au-delà de la Russie. Le fait que la Chine soit le plus gros investisseur en Allemagne le prouve. Cette relation ne cesse de se renforcer alors que les moyens de transport entre les 2 pays se développent. L’une de ces lignes passera par la Grèce. Il y a fort à parier pour que l’Allemagne termine dans le camp de l’Orient tout simplement car c’est là que son avenir réside.

Je ne cesse également de répéter que nous sommes à un tournant majeur. La Chine et la Russie ont désormais leur grande banque d’investissement l’AIIB ainsi que l’initiative de la Route de la Soie. Nous serons dans ce tournant lorsque la Chine affirmera qu’elle souhaite un rôle majeur pour sa monnaie ainsi que de l’or dans le système monétaire. Lorsque cela aura eu lieu, le cours de l’or explosera à cause de son changement de statut de monnaie de facto à monnaie officielle. (…)

Celui qui possède l’or possède le pouvoir or l’Occident a connu une véritable hémorragie de ses réserves d’or. Cela va se terminer très mal pour les Occidentaux, les seuls qui tireront leur épingle du jeu seront ceux qui auront accumulé de grosses quantités de métal.

Les populations occidentales devront posséder de l’or ou de l’argent physique pour survivre à ce tournant historique. Je me moque de savoir s’il est à 1100, 1200 ou 1300 $, car il faut tout simplement en posséder. À 2000 $, l’or sera toujours pour rien. (…) »

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Vendredi dernier, l’euro reprenait du poil de la bête face au dollar et les marchés actions s’envolaient sur fond d’optimisme concernant la réunion entre Angela Merkel et Alexis Tsipras alors que le futur de la Grèce dans la zone euro était toujours aussi incertain.

Ce regain d’optimisme a cependant été balayé par la suite : non seulement aucune base d’accord n’a été trouvée mais les discussions se sont terminées dans la confusion. Le vendredi matin, on nous annonçait qu’un accord avait été trouvé pour débloquer les fonds dont Athènes a un besoin urgent pour apprendre quelques heures plus tard que les différentes parties ne s’entendaient pas sur la signification de cet accord…

« 2 jours de négociations intenses et parfois tendues à l’occasion d’un sommet de l’Union européenne à Bruxelles furent simplement la répétition des pourparlers d’il y a un mois entre les ministres des Finances de l’euro zone et les officiels grecs » a écrit le Financial Times qui a ensuite résumé la situation, ou plutôt l’imbroglio, en 2 phrases :

« Les personnes impliquées dans les négociations étaient incapables de s’accorder sur la nature de l’accord qu’elles venaient de conclure dans les 12 heures, après une réunion tenue tard dans la nuit afin de résoudre les désaccords. »

Non seulement la Grèce n’a plus d’argent mais elle doit déjà un peu moins de 4 milliards d’euros. (…) En ce moment, Athènes doit racler les fonds de tiroir pour éviter la faillite.

Durant leur dernière visite les inspecteurs du FMI, de la Commission Européenne et de la BCE ont été mal reçu par leurs hôtes grecs, d’après Draghi. Le ministre des Finances grec a promis un changement d’attitude. Pour les Allemands, il s’agit de la dernière chance de la Grèce pour rester dans la zone euro. Athènes doit présenter un enième nouveau plan de réformes susceptible d’être accepté par les créditeurs.

Et l’article de ZeroHedge de conclure : soit Tsipras renie définitivement ses promesses de campagne et capitule en public, soit la Grèce sortira de la zone euro dans quelques jours, voire quelques heures.

Et de l’AFP :

« Le Premier ministre grec Alexis Tsipras a prévenu mi-mars dans un courrier adressé à la chancelière allemande qu’Athènes ne pourrait pas honorer certaines échéances de remboursement sans le versement prochain de fonds de la part de ses créanciers, rapporte lundi le Financial Times.

Dans une lettre datée du 15 mars et consultée par le FT, M. Tsipras « a averti Angela Merkel qu’il serait impossible pour Athènes d’assurer le service de la dette d’ici les prochaines semaines si l’UE n’apportait pas à court terme une assistance financière au pays« , écrit le quotidien britannique des affaires.

« Étant donné que la Grèce n’a pas accès aux marchés financiers et en vue des +pics+ attendus dans nos échéances de dette au printemps et à l’été… il est clair que les restrictions particulières de la BCE combinées à des retards de versement rendraient impossible pour tout gouvernement d’assurer le service de sa dette », explique M. Tsipras dans ce courrier qui serait parvenu à la chancelière juste avant que celle-ci n’invite le Premier ministre grec à venir lui rendre visite à Berlin.

Le porte-parole du gouvernement grec, Gabriel Sakellaridis, a confirmé le contenu de la lettre. « Il ne s’agit pas d’une menace mais de la réalité« , a-t-il déclaré à la chaîne privée Mega TV, en indiquant que Alexis Tsipras avait envoyé une lettre similaire au président français François Hollande et au président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker. »

Inspiré de l’article de ZeroHedge.

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Le 5 mars dernier, la Bundesbank publiait en allemand et en anglais une vidéo consacrée à ses réserves d’or. Or-argent.eu a sous-titré cette vidéo ainsi que récolté en exclusivité la réaction de Peter Boehringer, le leader de la campagne « Holt unser Gold heim! », dont l’objectif est d’obtenir le rapatriement intégral de l’or allemand et qui va d’ailleurs bientôt sortir un livre sur le sujet (en allemand).

En découvrant cette vidéo, on pouvait nourrir l’espoir de découvrir des informations intéressantes à propos de l’or allemand et du processus de rapatriement en cours. Si le documentaire est instructif sur quelques détails cosmétiques, il se garde bien d’aborder les questions les plus épineuses du dossier. Par exemple pour justifier la lenteur de l’opération, on nous sert des excuses enfantines : un grand pays comme l’Allemagne serait incapable d’organiser en toute sécurité le rapatriement de plusieurs centaines tonnes d’or en quelques mois alors qu’un pays comme le Venezuela a bouclé une telle opération, pour 160 tonnes d’or , en 2 mois en 2012 (source).

La Bundesbank n’explique toujours pas pourquoi la plupart des lingots en provenance de New York ont été fondu ni pourquoi elle refuse de fournir les anciens numéros de série des lingots fondus ainsi que les nouveaux. À ce jour, elle n’a toujours pas présenté de preuves tangibles que le tonnage rapatrié est bel et bien dans ses coffres. De quoi alimenter les « théories conspirationnistes » les plus folles alors qu’un minimum de transparence pourrait les faire taire une bonne fois pour toutes.

L’avis de Peter Boehringer

Lorsque nous avons découvert cette vidéo, nous avons contacté Peter Boehringer, l’expert en matière des réserves d’or de l’Allemagne (en dehors de la Buba…), qui se bat depuis de nombreuses années pour plus de transparence. Voici en exclusivité, son sentiment après avoir visionné ce qu’il considère être « la dernière vidéo de propagande de la Buba » :

« En bref, voici mon opinion à propos de cette dernière vidéo de propagande de la Buba :

– La Buba est clairement sous pression, ENFIN (après 50 ans), pour nous fournir des informations tangibles à propos de son or (ce qui ne fut JAMAIS le cas avant le démarrage de notre campagne « Rapatrions notre or » en 2011).

– Depuis, la Buba a fourni quelques informations à propos de son or  (mouvements, quantités, quelques photos) et a (selon ses dires) rapatrié environ 150 tonnes…

-… mais AUCUNE preuve tangible n’a été avancée pour démontrer que tout est en ordre, comme elle l’affirme.

– Cette vidéo, comme toutes les autres, ne prouve une fois de plus absolument rien : nous n’avons pas de liste des numéros des lingots, nous en voyons quelques-uns (environ 2 % de ce que l’Allemagne devrait posséder) – ce « show-room de l’or » avait déjà été filmé en 2014, il contient 77 tonnes d’or alors que l’Allemagne en possède presque 3400 dont 35 % sont censés être déjà en Allemagne.

– CERTAINS nouveaux éléments sont avancés dans cette vidéo à propos de l’or mais on ne peut cependant identifier aucun lingot et sûrement rien des 2.200 tonnes « manquant à l’appel ». Cette vidéo est de la propagande pure, des affirmations lancées en l’air.

– C’est la raison pour laquelle je n’ai rien écrit sur le net, ni en anglais ni en allemand, sur cette vidéo insignifiante. Nous avons même vu des vidéos de propagande encore plus ridicules en 2014, que j’ai décrites dans mon livre.

– J’ai écrit un livre de 430 pages (qui sortira en avril en allemand) qui réfute de nombreuses affirmations de la Buba ou qui prouve qu’elles ne sont pas étayées, par exemple que nous ne disposons d’aucune preuve permettant d’affirmer qu’aucun des lingots « allemands » stockés à la Fed ou à la BoE n’a pas plusieurs propriétaires. J’essaierai de faire traduire le livre en anglais d’ici la fin 2015.

– Il y a 5 ans la Buba avait diffusé une autre vidéo ridicule, tournée dans le show room or de Francfort (uniquement en allemand), qui ne prouvait à nouveau rien. Cette fois le président de la BuBa, Weidmann, donnait en personne une interview soi-disant spontanée à un enfant journaliste de 10 ans  (!) dans le coffre…

En résumé : nous allons devoir continuer de mettre la pression sur la Buba, il s’agit de la seule façon d’obtenir enfin des preuves et pour que l’or allemand se trouve là où il devrait être, à Francfort.

Peter Boehringer »

Pour nos lecteurs qui maîtrisent l’allemand, le lien vers le livre de Peter Boehringer, « Holt unser Gold heim – Der Kampf um das deutsche Staatsgold ». (Amazon)

Réponse originale en anglais de Peter Boehringer à or-argent.eu :

In brief here´s my opinion on this latest BuBa-propaganda video:

– BuBa clearly is under pressure to FINALLY (after 50 years) give out some tangible info re its gold (which it had NEVER done before we started the « Repatriate our Gold » campaign in 2011).

– Since then, BuBa has given OUT SOME details re its gold (whereabouts, amounts, some pictures) and has (allegedly) repatriated some 150 tonnes http://www.goldseitenblog.com/peter_boehringer/index.php/2015/01/19/comments-re-bundesbankas-announcement-of

– … but NO real evidence to prove/substantiate its claims that everything is in order.

– this video (as all others before) does not prove anything again: we have NO bar lists, we see a few bars (about 2% of what Germany should have – this « gold show room » in Frankfurt had already been videoed in 2014 – it contains 77 tonnes of material – Germany has almost 3400 tonnes – 35% of which should be in Germany)

– we see SOME new hints re more gold material in this video – no bars can be identified, however, and definitely not 2200 « missing » tonnes! The video is pure propaganda and statements without any evidence.

– this is why I actually have NOT written anything online (neither in German nor English) re this meaningless video – we have seen even MORE ridiculous propaganda videos already in 2014 – which I am describing in my book.

– I have written a 430 page book (appearing in German in April) disproving many statements by BuBa and/or demonstrating that they are unproven – especially we have NO evidence that no « German » bars abroad at the Fed or BoE have multiple owners! Will try to get the book translated by end 2015 into English. https://www.facebook.com/Holt.unser.Gold.heim.PeterBoehringer

– Just five days ago, BuBa has released yet ANOTHER ridiculous video from the gold show room in Frankfurt (not available in English) – AGAIN proving NOTHING! This time, BuBa president Weidmann himself gives an allegedly « spontaneous » video-interview to a 10-year old CHILD-reporter (!) in the gold vault…

To summarize: we will have to continue to uphold the public pressure on BuBa – it is the only way to finally get evidence – and to get the gold to where it belongs (i.e. Frankfurt).

Gerald Celente

Article publié sur KWN le 2 mars 2015 :

« Nous vivons des moments historiques. Un phénomène unique a lieu, ignoré des médias. La semaine dernière pour la première fois de son histoire, l’Allemagne a vendu des obligations à 5 ans générant un rendement négatif. L’Allemagne n’est pas un cas particulier. Les nations de l’eurozone comme la France, la Belgique, la Finlande, Danemark, la Suisse, les Pays-Bas, la Suède et l’Autriche ont émis des obligations à taux négatif.

Cela signifie que les investisseurs, en contrepartie de l’indisponibilité de leur argent pendant plusieurs années, recevront une somme inférieure à celle payée.

Les obligations, l’illusion de la sécurité

La croyance que les obligations d’État offrent la sécurité alors que le futur économique est incertain est l’un des motifs qui poussent les investisseurs à accepter cette perte. Et tandis que les taux d’intérêt négatifs se multiplient dans le secteur bancaire (l’épargnant doit donc payer pour avoir des sous sur son compte) et que le concept de bail-in (renflouement interne) permet la saisie des dépôts qui sont supérieurs aux montants assurés, les taux obligataires négatifs seraient préférables au dépôt en banque.

De plus dans ce contexte déflationniste et de dévaluation des monnaies, les investisseurs estiment que l’achat d’obligations pourrait s’avérer rentable si la déflation est supérieure au taux d’intérêt négatif.

Lorsque j’ai prédit le début du marché haussier de l’or en 2001, je m’étais reposé en partie sur les faibles taux d’intérêt de l’époque, au plus bas depuis 46 ans, qui rendaient l’argent aisément accessible à tout un chacun et ouvraient la porte aux abus. Mon raisonnement était le suivant : plus l’argent facile allait inonder le marché, plus sa valeur allait baisser. Et plus on injectait d’argent dans les marchés actions et immobilier, plus les bulles allaient gonfler. En novembre 2007 j’avais réservé le nom de domaine ThePanicof08.com, anticipant l’éclatement des bulles. (…)

Aujourd’hui, quasi toute personne ouverte d’esprit et sans agenda caché connait l’état réel de l’économie et ce que cela signifie. Les dizaines de trillions de dollars, de yens, de yuans et d’euros fraîchement créés sans parler de toutes ces années de taux zéro ou négatifs, un événement sans précédent ont de nouveau créé des bulles spéculatives spectaculaires sur les marchés actions. Si on ajoute l’instabilité géopolitique et les incertitudes économiques, l’or est la plus sure des protections.

Le fameux argument des adversaires de l’or, « l’or ne génère pas de rendement », n’a aujourd’hui plus aucun sens alors que les taux négatifs se multiplient. Et tandis qu’il est sûr et certain que la valeur des obligations allemandes et des autres aura baissé dans 5 ans, les chances d’une hausse de l’or d’ici 5 ans sont beaucoup plus élevées qu’une baisse. »