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Arabie Saoudite

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Même si le pétrole est en net regain de forme, les conséquences des chutes du cours se sont fait sentir, peut-être moins qu’attendu, sur le secteur du pétrole de schiste aux États-Unis, mais surtout auprès des « producteurs traditionnels ». Vous connaissez la situation catastrophique du Venezuela, au bord de l’effondrement, mais le pays d’Amérique du Sud est loin d’être le seul à souffrir. Aujourd’hui, nous apprenons via des médias comme Bloomberg que l’Arabie Saoudite, face à ses impayés, envisage de régler ses fournisseurs avec des « IOU », soit des promesses de paiement.

Avec cette nouvelle, c’est un peu toute la théorie de l’orchestration de la baisse du cours de l’or noir par l’Arabie Saoudite pour mettre le secteur du pétrole de schiste américain à genoux qui prend du plomb dans l’aile. Si les faillites et les demandes de protection judiciaire se sont multipliées en 2016 avec récemment le recours au Chapitre 11 de Penn Virginia et Linn Energy (source Zero Hedge), 2 noms importants du pétrole de schiste au pays de l’oncle Sam, on est loin de la Bérézina attendue alors des nations semblent être en posture encore plus précaire.

Si l’Arabie Saoudite dispose encore de liquidités contrairement au Venezuela, le royaume wahhabite ne roule pas des mécaniques en ce moment. Afin de garder de précieuses liquidités face à un futur que les cheikhs n’envisagent manifestement pas de façon radieuse, l’Arabie Saoudite envisage de régler ses factures impayées, dont le montant s’élèverait à environ 40 milliards de dollars d’après les estimations de Jaap Meijer, de la société dubaiote Arqaam, avec du papier.

Si certaines factures sont honorées, de nombreux paiements ont été différés. Et désormais, l’Arabie Saoudite cherche la meilleure solution sous la forme d’IOU, une promesse de paiement dans le futur qui pourrait consister en des obligations, à apporter aux factures en souffrance.

Selon Bloomberg, il ne s’agit pas d’une première : dans les années 90, l’Arabie Saoudite avait déjà eu recours à une telle stratégie. Le report des paiements a démarré l’année dernière afin d’empêcher le déficit budgétaire de dépasser les 100 milliards de dollars.

Face à ces retards de paiements et ce climat morose pour les affaires, les entreprises saoudiennes ont été contraintes de licencier en masse. C’est ainsi que le fameux Binladin Group s’est séparé de plusieurs milliers de collaborateurs en raison du ralentissement de l’activité dans le secteur immobilier saoudien.

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memorial 11 septembre

Alors que les États-Unis pointent officiellement du doigt l’Iran pour son rôle présumé dans les attentats du 11 septembre, l’Arabie Saoudite reste un fidèle allié de l’oncle Sam alors que ce pays a trempé jusqu’aux épaules dans cet événement tragique. Cette vérité transpire aujourd’hui dans les colonnes mêmes de certains médias dominants, comme celles du New York Post :

Comment les États-Unis ont occulté le rôle des Saoudiens dans le 11 septembre

Dans son sujet sur les 28 pages toujours censurées sur l’implication du gouvernement saoudien dans le 11 septembre, « 60 Minutes » a affirmé le week-end dernier que le rôle saoudien dans les attaques a été minimisé afin de protéger l’alliance américaine avec le royaume riche en pétrole. Ce qui est un euphémisme.

En fait, l’implication du royaume a été délibérément occultée des plus hautes sphères du pouvoir. Ces dissimulations vont bien plus loin que de cacher ce rapport de 28 pages dans un coffre des sous-sols du Capitole. Les enquêtes ont été étouffées. Les conspirateurs ont été couverts.

Les agents de la Joint Terrorism Task Forces, qui ont travaillé sur cette enquête et que j’ai interviewés à Washington et à San Diego, les bases avancées de certains des pirates saoudiens, ainsi que les détectives de la police du comté de Fairfax qui ont aussi enquêté sur quelques pistes du 11 septembre, disent que quasi tous les chemins mènent à l’ambassade saoudienne de Washington et au consulat saoudien de Los Angeles.

Pourtant, on n’a pas cessé de leur demander d’arrêter leurs enquêtes souvent au nom de l’immunité diplomatique.

Ces sources affirment que les pages manquantes du rapport d’enquête du Congrès sur le 11 septembre, pages qui incluent l’intégralité du chapitre final consacré au « support étranger aux pirates du 11 septembre », apportent la preuve irréfutable, par des éléments du FBI et de la CIA, que des officiels saoudiens ont porté assistance à au moins 2 des pirates qui s’étaient installés à San Diego.

Les preuves de l’implication de l’Arabie Saoudite

Certains éléments ont transpiré des pages classées, dont un déluge d’appels téléphoniques avant le 11 septembre entre l’un des officiers traitants des pirates saoudiens de San Diego et l’ambassade saoudienne, ou encore le versement de 130.000 $ du compte en banque de la famille du prince Bandar, alors ambassadeur, à l’un des autres officiers traitants des pirates de San Diego.

Un enquêteur du JTTF de Washington s’est plaint qu’au lieu d’enquêter sur Bandar, le gouvernement américain l’a littéralement protégé. Le département d’État lui a assigné un garde du corps non seulement à l’ambassade, mais aussi à sa résidence de McLean.

Cette source a ajouté que les services voulaient incarcérer toute une série d’employés de l’ambassade, mais que « l’ambassade s’est plainte auprès du ministre de la Justice », qui a simplement révoqué leur visa diplomatique.

L’ancien agent du FBI John Guandolo, qui a travaillé sur des enquêtes liées au 11 septembre et à Al Qaïda de l’antenne de Washington, affirme que Bandar aurait dû être l’un des suspects numéros 1 dans l’affaire du 11 septembre.

« L’ambassadeur saoudien a financé 2 des pirates du 11 septembre via un tiers, » a déclaré Guandolo. «  Il devrait être suspecté de terrorisme, tout comme d’autres membres des élites saoudiennes dont le gouvernement américain sait qu’elles financent le djihad international. » (…)

Le membre de la commission sur le 11 septembre John Lehman s’est intéressé aux connexions entre les pirates et Bandar, sa femme, ainsi que le bureau des affaires islamiques de l’ambassade. Mais à chaque fois qu’il a tenté d’obtenir des informations à ce sujet, la Maison-Blanche a fait obstruction.

« Ils refusent de déclassifier tous qui concerne l’Arabie Saoudite, » a écrit Lehman dans son livre intitulé « The Commission ».

Les États-Unis ont-ils bâclé l’enquête sur les soutiens étrangers du 11 septembre afin de protéger Bandar et d’autres membres de l’élite saoudienne ?

« Les choses qui auraient dû être faites à l’époque ne l’ont pas été, » a déclaré le républicain Walter Jones, membre du Congrès qui a proposé la loi demandant la publication de ces 28 pages. « J’essaie de vous répondre sans être trop explicite ».

Un réformateur saoudien au courant des agissements de l’ambassade est plus loquace : « nous avons fait d’un régime  qui a sponsorisé les attaques un allié, » a déclaré Ali al-Ahmed, de l’institut des affaires du Golfe de Washington. « Il est temps de voir la réalité en face. »

Egon von Greyerz

Interview d’Egon von Greyerz publiée par KWN :

«  Nous sommes désormais en septembre 2015. Il se peut que nous soyons sur le point d’entrer dans une période qui va secouer la planète entière. Je m’attends à des baisses dévastatrices des bourses du monde entier déclenchées par des événements inattendus, qu’ils soient d’ordre financier ou géopolitique.

Des années sombres sont devant nous alors que les mauvaises nouvelles s’accumulent. Il suffit d’ouvrir les yeux. Le Brésil est en récession alors que sa devise s’effondre, elle a chuté de 50 % depuis 2011. La note du pays va probablement être abaissée à « junk » (obligations pourries).

Si on se tourne vers la Corée du Sud, la production industrielle y a chuté de 15 % en août. Les Coréens pourraient bien voir la valeur de leur devise encore baisser. Aux États-Unis, une famille des classes moyennes n’a même plus les moyens de vivre dans les zones métropolitaines les moins chères du pays. Le marché américain de l’immobilier se contracte. Le PMI de la Chine est en baisse tandis que la situation économique en Europe continue de se détériorer. Ce constat risque de s’aggraver en s’accélérant dans tous ces pays dans les mois à venir.

Le PIB du Canada a baissé de 0,5 % au T2. En Europe, Draghi vient de remettre une couche de QE afin de sauver l’Europe. Désormais, la BCE va acheter jusqu’à 33 % des obligations de n’importe quel pays membre. Donc jusqu’à 1/3 de cette dette non viable sera achetée par la BCE. Ce pourcentage, qui était de 25 %, a été porté à 33 % car il s’agit d’une dette invendable.

L’effondrement de l’économie mondiale

Draghi a également déclaré que la débâcle des marchés émergents menace la croissance mondiale. Il a tort. Ils ne menacent pas la croissance mondiale mais de provoquer l’effondrement de l’économie mondiale. Du côté du Japon, la banque centrale monétise des sommes supérieures aux déficits budgétaires du pays.

Aux États-Unis, Robert Schiller vient juste d’affirmer que le Dow Jones ne devrait pas être à 16.000 points mais plutôt autour des 11.000. Cela correspond à une baisse des actions de 30 %. Des plans de réduction des effectifs sont annoncés un peu partout. En 2015, il y aura 650.000 suppressions de postes, un record depuis 2009.

Les banques centrales paniquent parce que la liquidité s’assèche alors que les réserves en devises fondent comme neige au soleil. L’année dernière, elles avaient déjà baissé de 600 milliards. Cet événement a été provoqué par la sortie des capitaux, ce qui est synonyme de contraction mondiale. La Chine a utilisé l’afflux massif de devises étrangères pour doper son économie durant les 15 dernières années. Ces flux entrants sont désormais de l’histoire ancienne.

Cela va clairement exacerber et accélérer le déclin mondial. Et tandis que celui-ci poursuit sa descente, les banques centrales sont coincées. Nous avons déjà assisté à un regain dramatique de la volatilité des bourses mondiales mais ce n’est que le début. Chaque jour, le Dow Jones monte ou descend de quelques centaines de points.

Il est désormais clair que les bourses mondiales sont engagées dans un marché baissier qui va durer des années. Nous allons assister à des chutes massives, surtout dans les mois à venir. Lorsque ce marché baissier sera terminé, de nombreux marchés auront perdu jusqu’à 90 % en termes réels. En août, de nombreuses bourses ont perdu 20 % en un seul mois.

La situation est chaotique en Arabie Saoudite à cause de la chute des cours du brut. Son déficit extérieur courant chute de façon dramatique et son déficit budgétaire est désormais de 20 % du PIB. Un prix du pétrole bien plus élevé est la seule chose qui peut sauver l’Arabie Saoudite de l’effondrement et de des troubles sociaux.

À chaque fois que je me rends à Dubaï je suis frappé par les excès de ce pays. Ce pays n’a pas pétrole, il a simplement des services financiers ainsi que l’une des bulles immobilières les plus importantes du monde. Je m’attends à un effondrement total de Dubaï dans les années à venir.

À Hong Kong, quasi tous les bâtiments principaux disposent de leur centre commercial dont la plupart des magasins sont vides. J’avais déjà signalé cette tendance il y a 2 ans sur KWN et aujourd’hui la situation dégénère alors que les grandes marques ne peuvent plus se permettre de payer les loyers exorbitants de Hong Kong.

Des bulles partout

Il y a donc des bulles partout mais comment pourrait-il en être autrement dans un monde qui a dépensé 200 trillions à crédit durant les 100 dernières années ? Avant la fin de cet épisode nous assisterons à l’implosion de la majorité de ces 200 trillions de dollars et de tous les actifs qui y sont liés comme les actions, l’immobilier et les obligations. Et alors que les actifs mondiaux s’effondrent, les gouvernements créeront de la nouvelle monnaie par multiples de ces 200 trillions tandis que l’hyperinflation dérape et que le marché des produits dérivés pesant 1,5 quadrillion de dollars implose. (…)

Lorsque cela arrivera, nous aurions bien d’autres soucis que celui de préserver notre patrimoine. Mais pour ceux qui ont quelque chose à protéger aujourd’hui, l’or physique l’une des rares solutions pour éviter la destruction totale de son patrimoine et préserver son pouvoir d’achat.

Vu les troubles sociaux qui se manifesteront à travers le monde, il est absolument critique de conserver son or dans les coffres les plus sûrs du monde. (…) »

Voici comment la Russie est de plus en plus isolée… Elle vient de signer avec l’Arabie Saoudite 6 accords de coopération principalement énergétiques et notamment concernant le nucléaire civil. C’est ce que nous apprend cet article de rt.com suite au Forum économique international de Saint-Pétersbourg qui s’est tenu vendredi dernier dans la capitale culturelle de la Russie.

Actuellement, l’Arabie Saoudite n’exploite pas l’énergie atomique mais le pays du Golfe a de grandes ambitions en la matière. Il vient de trouver un partenaire de choix avec Rosatom. Dans le cadre de cet accord, la Russie pourrait fournir des réacteurs et du combustible.

Les deux géants du secteur pétrolier se sont également accordés pour la création d’un groupe de travail afin de développer des projets énergétiques communs a déclaré le ministre russe de l’énergie Alexander Novak. La Russie a insisté sur le fait qu’elle ne cherche pas à remplacer ses partenaires énergétiques actuels mais à en trouver de nouveaux. Les deux pays sont également prêts à coopérer dans de nombreuses autres sphères, a indiqué le ministre, comme le développement des infrastructures et le secteur pharmaceutique.

Pour la Russie, il s’agit d’un grand succès alors que sa politique extérieure est aux antipodes de celle de l’Arabie Saoudite. Les deux nations se sont notamment opposées sur la Syrie, Moscou est l’un des grands soutiens de l’Iran que Riyad considère comme un rival. La Russie a également critiqué les bombardements saoudiens au Yémen.

Depuis l’arrivée du nouveau roi en Arabie Saoudite, les choses semblent changer. Celui-ci avait notamment remis de l’ordre dans l’équipe dirigeante du pays. Ce rapprochement avec la Russie semble augurer un changement de cap dans la politique étrangère de l’Arabie Saoudite qui était jusqu’à présent l’un des plus fidèles alliés des États-Unis.

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Face à des phénomènes inexpliqués, il est humain de chercher des explications. C’est ainsi que de nombreuses théories ont fleuri pour expliquer la chute aussi brutale qu’inattendue du pétrole. Voici les « vérités » du Prince Alwaleed bin Tala, qui donne la perspective de l’Arabie saoudite (source via ZH, passages sélectionnés) :

Pourquoi l’Arabie saoudite n’a pas baissé la production ?

L’Arabie Saoudite et tous les autres pays ont été pris par surprise. Personne n’a anticipé ce qu’il s’est produit. Ceux qui affirment l’avoir prévu ne disent pas la vérité. Par exemple, le ministre du Pétrole d’Arabie saoudite avait dit publiquement en juillet que 100 $ le baril est un bon prix pour les producteurs et les consommateurs. 6 mois plus tard, le cours s’effondrait de 50 %.

Cela dit, la décision de ne pas réduire la production fut prudente, intelligente et réfléchie. Car si l’Arabie saoudite avait diminué sa production d’un ou de 2 millions de barils, ils auraient été fournis au marché par les autres. Ce qui signifie que les conséquences auraient été doublement négatives pour l’Arabie : moins de pétrole produit et à un cours inférieur. Ici, l’impact n’a lieu que sur le cours, pas sur les volumes.

Est-ce que le cours du pétrole va continuer à baisser ?

Si l’offre reste au niveau actuel, et que la demande reste faible, tout porte à croire qu’il continuera à baisser. Par contre, si une partie de l’offre est retirée du marché et que la demande augmente un peu, les cours pourraient repartir à la hausse. Mais je suis certain que nous n’atteindrons plus les 100 $ le baril. Je l’avais dit il y a un an, plus de 100 $ le baril, c’est un prix artificiel.

À propos de la théorie du complot contre la Russie

Deux mots : foutaises et bêtises. Les Saoudiens ne feraient pas ça. Parce que l’Arabie saoudite est impactée aussi fortement que la Russie, point final. Cela ne se voit pas trop parce que nous avons de grosses réserves. Mais ici, la Russie et l’Arabie Saoudite sont dans le même bateau, nous souffrons de concert. Il n’y a aucune conspiration politique contre la Russie, car agir ainsi, ce serait nous tirer une balle dans le pied.

Alors que le cours du brut ne cesse de plonger, la Chine est, selon Stephen Leeb, la grande gagnante de la guéguerre entre les États-Unis et l’Europe d’un côté et la Russie de l’autre (source) :

« L’Arabie Saoudite inonde la planète de pétrole, alors que l’économie mondiale n’est pas au mieux. Cela se passe alors que la demande en pétrole est relativement faible, car nous sommes entre la période des déplacements en voiture et des besoins en chauffage. D’habitude, l’OPEP diminue la production durant cette période.

Pourquoi l’Arabie Saoudite agit-elle ainsi ? L’un de ses plus gros partenaires commerciaux et la Chine. Non seulement la Chine achète le pétrole saoudien, mais l’Arabie achète énormément de matériel à la Chine.

Parmi les équipements importants dont a besoin l’Arabie Saoudite, il y a tout ce qui concerne les énergies alternatives. L’Arabie souhaite se tourner vers les énergies renouvelables pour en dépendre d’ici 15 à 20 ans. Nous parlons de panneaux solaires, d’éolien et d’équipements pour la désalinisation de l’eau de mer. Devinez qui l’expert dans tous ces domaines ? La Chine.

La Chine et l’Arabie Saoudite ont donc des intérêts communs forts. L’Arabie se rapproche de la Chine, et s’éloigne donc des États-Unis. Quoi qu’il en soit, le cours du brut descend momentanément. Je pense que l’on n’ira pas plus bas que 75 $ le baril. Mais cela sera suffisant pour étrangler de nombreuses sociétés de fracturation hydraulique. (…)

À qui profite ce pétrole aussi bon marché ? À la Chine. Cela permet à ce pays de construire son infrastructure énergétique à bon compte, de développer les énergies renouvelables à base de panneaux solaires, de centrales hydroélectriques et d’éoliennes. Par contre, le cours du brut fait mal à la Russie. Ce qui la pousse à se rapprocher de la Chine, tout en étant forcé d’accepter les conditions de cette dernière.

Les Saoudiens utilisent comme excuse pour pousser le coût du pétrole à la baisse qu’ils ne veulent pas perdre des parts de marché en Orient. C’est grotesque. (…) La Chine utilise le marché des ressources pour mettre la pression sur l’Occident et conclure des marchés historiques avec la Russie.

Si les sociétés de fracturation hydraulique sont forcées pour la plupart d’entre elles d’arrêter la production, elles seront en difficulté lorsque le cours du brut remontera, car les sites les plus faciles auront déjà été exploités. Cela pourrait déboucher sur le retour de la dépendance énergétique des États-Unis vis-à-vis de l’étranger. Cela ne pourra que renforcer les pressions sur le dollar. (…)

La catastrophe pointe à l’horizon pour les États-Unis, car c’est la Chine qui mène la danse. Et lorsque les Chinois auront accumulé assez d’or physique, ils laisseront le cours du métal partir à la hausse, car ils profiteront à fond de la réévaluation de l’or. Les investisseurs doivent donc posséder de l’or et de l’argent physique, car ce plan est très certainement dans les cartons de la Chine. »

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Si les conséquences environnementales néfastes de la fracturation hydraulique sont rarement contestées, certains estiment qu’il s’agit d’un moindre mal afin de sécuriser l’approvisionnement énergétique de nations en déficit sur ce terrain, et que la meilleure santé de l’économie américaine repose en partie sur son adoption sans réserve du « fracking ». Pourtant, sa viabilité économique est également remise en cause. Voici les arguments présentés par Stephen Leeb concernant le mirage de la fracturation hydraulique (source) :

« Je voudrais parler du marché du pétrole. Il est en baisse, et celle-ci est assez prononcée, non seulement aux États-Unis, mais aussi en Europe. Il y a des bisbrouilles au sein de l’OPEP, certains pays se demandant si les Saoudiens ne font pas baisser intentionnellement le cours du pétrole pour aider les États-Unis dans leur guerre contre l’Orient. Il se pourrait que l’Arabie Saoudite tente de mettre un peu la Russie sous pression.

Mais de façon intéressante, on entend aux États-Unis que nous sommes en train de devenir le plus gros producteur de pétrole au monde. On nous dit que la fracturation hydraulique est une merveille technologique qui va nous permettre de continuer d’augmenter notre production de pétrole. Si la production est bel et bien là, j’ai de gros doutes sur le fait qu’il s’agisse d’une merveille technologique.

Le Wall Street Journal a récemment publié un article sur la nature de la fracturation hydraulique. Leurs conclusions : la productivité a fortement augmenté durant les 10 dernières années. L’un des 2 puits dont ils ont parlé ne produisait que 800 barils par jour en 2003. Un autre puits similaire qu’ils ont mentionné produisait 2400 barils par jour en 2013, ce qui correspond au triplement de la production entre 2 puits similaires.

Cela semble être une révolution, un chef-d’oeuvre technologique. Cependant, lorsque vous analysez les chiffres, les problèmes arrivent. Cette augmentation dramatique de la production a été obtenue grâce à l’utilisation de 30 fois plus d’eau par rapport il y a 10 ans. Ils utilisent également 2 fois plus de sable.

Pour tripler la production, ils ont dû multiplier par 30 la quantité d’eau nécessaire. Il faut beaucoup d’énergie pour déplacer 9 millions de gallons d’eau. Et le souci, c’est que l’eau devient une denrée très rare. Science Magazine, l’une des meilleures publications sur la science, a récemment publié un grand article intitulé « sécheresse majeure ». Il parle de la sécheresse historique qui sévit sur l’ouest des États-Unis. Elle affecte notamment sérieusement la Californie.

Cette sécheresse va affecter l’intégralité du pays, car il va faire augmenter les prix alimentaires. Nous sommes donc à l’aube d’une catastrophe. Cette sécheresse va également déboucher sur une crise dans le secteur de la fracturation hydraulique. L’agriculture américaine a besoin d’eau pour nourrir le pays. C’est cela ou ce sera la famine.

L’Arabie Saoudite le comprend et elle voit ce qui se passe avec la fracturation hydraulique : les coûts augmentent. Les actions de ce secteur ont déjà baissé de 20 à 25 %. Si le cours du pétrole devait baisser de 10 à 15 % supplémentaires, cela va fortement handicaper, et peut-être mettre à terre des entreprises actives dans la fracturation hydraulique. L’Arabie Saoudite montre au monde qu’elle contrôle toujours le cours du brut. La consommation de pétrole a baissé en Occident, mais elle a fortement augmenté en Orient. La Chine consomme plus de pétrole et cela profite à l’Arabie Saoudite. De plus, bientôt, ils vont vendre du pétrole en yuans, et non en dollars.

Les règles du jeu sont en train de changer, et ces changements vont s’accélérer. La question est de savoir si nous allons assister à un effondrement de la production américaine par fracking. Quoi qu’il en soit, lorsque le pétrole pourra être acheté en d’autres devises que le dollar et lorsque les gens comprendront que la fracturation hydraulique n’a pas d’avenir, le monde changera radicalement. Cela pourrait arriver plus vite que certains le pensent.

Leeb à propos de l’or

Il y a une forte demande sur le marché de l’or, mais je ne suis pas sûr que nous ayons atteint le plus bas. Si le cours devait repartir à la baisse, les lecteurs ne doivent pas s’inquiéter. Il faut rester concentré sur la situation d’ensemble, car le jour qui nous rapproche d’une hausse spectaculaire des métaux précieux est de plus en plus proche. »

Lorsque les États-Unis sont intervenus pour la seconde fois en Irak, de nombreux analystes, comme Gerald Celente, avaient prévenu qu’il s’agissait d’une erreur qui serait lourde de conséquences. D’un régime laïc et autoritaire stable, l’Irak est devenu un pays où règne le chaos et où des assassins terrorisent la population au nom d’une religion.

ISIS-Petrole-Crise-ArabieSi l’ISIS parvient à prendre le contrôle de l’Irak, c’est une véritable bombe à retardement pour l’économie mondiale, comme l’a expliqué Victor Sperandeo dans sa dernière intervention sur KWN :

« Si vous voulez complètement déstabiliser le Moyen-Orient, il faut s’attaquer à l’Arabie Saoudite. C’est le pays le plus riche en pétrole de la région. Si l’ISIS parvient à prendre le contrôle de l’Irak, cela signifie que l’Arabie Saoudite aura des terroristes à ses portes.

Savez-vous à quel point il est facile de faire exploser un pipeline en Arabie Saoudite ou un puits de pétrole ? Si l’ISIS en a l’envie, elle peut mettre totalement à l’arrêt la production d’un ou 2 sites.

Le problème pour l’économie, alors que nous vivons dans un monde complètement manipulé, c’est que les effets d’annonce ne pourront pas stopper les conséquences désastreuses d’un tel événement. Cela enverrait les marchés au tapis, et que pourraient faire les banques centrales pour les rassurer ? Je ne sais pas quel sera le catalyseur, mais nous allons assister à un crash énorme, parce que les gouvernements en ont fait trop pour maquiller la réalité.

Eric King : « les banques centrales ont injecté plus de 29 trillions dans les marchés, mais si on assiste à des explosions de pipeline en Arabie Saoudite et que le cours du pétrole explosa 250 $ le baril, cela signifie que les gouvernements seront dépassés et que ce sera l’effondrement ? »

Sperandeo : « Absolument. Ce sera la déstabilisation et les investisseurs vendront. Cela pourrait également déclencher l’hyperinflation. La vélocité de la monnaie en Allemagne était de 1,5 fin 1920. À titre de comparaison, cette vélocité est de 1,62 en ce moment aux États-Unis. En 1923, la masse monétaire en Allemagne fut multipliée par 12. L’hyperinflation peut se manifester très rapidement. Le cours de l’or en Allemagne avait explosé de 464.000 % – ce fut un véritable effondrement.

Nous n’assisterons peut-être pas à ce scénario, mais ce que j’affirme, c’est qu’un petit groupe organisé de terroristes pourrait semer la pagaille sur le marché du pétrole. Si cela se passe, les Américains retourneront-ils en Irak ? Non.  Si l’ISIS prend Bagdad, ce sera un événement important, mais le véritable prix à payer se situerait en Arabie Saoudite (note : il s’agit de considérations géopolitiques, les premiers à souffrir seront bien évidemment les Irakiens). »