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Art Cashin

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2015 se poursuit comme l’année 2014 s’était terminée pour le pétrole : la dégringolade. L’or noir a même franchi la barre des 50 $ le baril, déclenchant de plus en plus d’inquiétudes chez les investisseurs, et notamment chez Art Cashin, le célèbre trader :

« Aujourd’hui (lire le 5 janvier), l’or fut quasiment en chute libre avec le West Texas Intermediate qui a franchi la barre des 50 $. Cette baisse a engendré une pression baissière supplémentaire sur les actions. On constate également que cette pression affecte le marché du crédit risqué, qui est exposé à l’industrie du pétrole à concurrence d’environ 15 %.

L’autre sujet d’inquiétude, c’est l’Europe, et la rumeur qui circule à propos de la Grèce, qui pourrait sortir de la zone euro avec l’accord de l’Allemagne. Il se peut qu’il s’agisse d’une séance de bluff, mais cela fut suffisant pour effrayer les marchés. Car si la Grèce sort de l’euro, il y a de grosses chances pour que l’Italie, l’Espagne le Portugal disent : « nous aussi, nous ne voulons plus de cette austérité, nous sommes prêts à abandonner l’euro. »

Il y aurait donc un phénomène de contagion à travers la zone euro, ce qui mettrait la monnaie unique en danger réel, ce qui explique pourquoi l’euro est passé allègrement en dessous de 1,2 (par rapport au dollar). »

source : KWN

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Alors que la Fed est sur le point de mettre un terme au QE3, c’est la panique sur les marchés, sur lesquels la baisse s’accélère. Est-ce simplement momentané, ou les prémices d’un crash ? Et que se passera-t-il pour l’or ? Baisse comme en 2008, ou hausse ?

Dès la semaine dernière, Art Cashin avait anticipé les premiers signes d’une nervosité à laquelle on n’était plus habitué sur les marchés actions. Après que le S&P ait vu son support des 1925 points craquer, la baisse s’est accélérée, et cela pourrait continuer, toujours d’après Cashin :

« Si le support des 1790-1800 points devait aussi céder, nous pourrions assister à une nouvelle vague baissière. Ce support est similaire à celui de 1920 points, les conséquences seraient donc similaires.

Le marché est très, très nerveux. Ce matin (mercredi), il y a eu les nouvelles concernant l’État Islamique et Ebola, ainsi que le grand retour sur le devant de la scène de la Grèce, de nouveau pointée du doigt en tant que maillon faible de l’Europe. La bourse d’Athènes a perdu l’équivalent de 1000 points sur le Dow Jones. Ensuite, nous avons eu la publication aux États-Unis de chiffres décevants, ce qui a déclenché une vague de ventes.

Chose intéressante, à tous ces événements négatifs s’ajoutait le cours du pétrole, qui était presque en chute libre, mais à 9 h 45 il amorçait une remontée. (…) Il y a eu ensuite un rebond parce que le pétrole s’est stabilisé.

Eric King : comment expliquez-vous la panique qui s’est emparée des marchés ?

Art Cashin : une rumeur a circulé, selon laquelle certains hedge funds se retrouvaient obligés de liquider des positions, notamment concernant le pétrole. Cela a provoqué des problèmes. (…) »

Bill Fleckestein, toujours sur KWN, avait également affirmé la semaine dernière que l’on ne pouvait pas s’attendre à la fin du QE de la Fed sans conséquence sur les marchés, alors que la fin des QE1 et QE2 avait débouché sur des mouvements baissiers :

« Eric King : depuis votre prédiction de mercredi dernier, les marchés ont déjà baissé de 7 %. Quel est votre sentiment ?

Fleckenstein : à chaque fois que la Fed a annoncé la fin d’un QE, donc la fin de la création monétaire, jamais les marchés ne sont restés stables. Je savais que le marché n’avait pas pris en compte le fait que la seule raison pour laquelle nous assistions à une hausse, c’était la création monétaire de la Fed. La semaine dernière, la fin du QE était toute proche, pourtant les marchés se comportaient comme si la hausse était due au beau retour d’une croissance pérenne.

Le marché va devoir s’effondrer pour que la Fed remette une couche de QE, ou que le tapering soit reporté, ou qu’elle utilise les mots en promettant d’intervenir en cas de souci. Je ne sais pas quel niveau devra atteindre le Standard & Poor’s pour déclencher l’une de ces actions. Nous étions à environ 2000 points, nous sommes désormais à environ 1830. La Fed interviendra-t-elle à 1750, 1700 ou 1650. Je n’en sais rien. (…)

Eric King : lorsque la Fed sera obligée d’admettre qu’elle doit à nouveau intervenir, sa crédibilité ne sera-t-elle pas enfin remise en question ?

Bill Fleckenstein : de mon côté, ils n’ont déjà plus aucune crédibilité, donc je suis mal placé pour répondre à cette question. (…)

Eric King : la semaine dernière, vous avez déclaré que les métaux précieux pourraient avoir atteint leur plus bas. Depuis l’effondrement des marchés actions, le marché de l’or s’est redressé. Comment voyez-vous la suite des opérations ?

Fleckenstein : tout ce qui a poussé les gens à shorter l’or, à savoir la Fed toute-puissante, le dollar fort, les marchés solides, l’économie en bonne santé, était basé sur de fausses promesses. Ils pensaient vraiment que la Fed était toute-puissante. Ils ont estimé que la Fed allait créer tellement d’argent qu’il n’y avait aucune nécessité de posséder de l’or.

Aujourd’hui, il est plus que jamais clair que cette expérience a échoué. Les gens qui ont shorté l’or vont devoir couvrir leurs positions, tandis que de nouveaux acheteurs vont se manifester sur le marché. D’un point de vue de la perception, je pense que le pire est passé pour l’or.

Nous n’avons pas encore pu pousser un véritable ouf de soulagement. Ce sera le cas lorsque l’or s’éloignera confortablement des 1200 $ l’once, mais c’est pour bientôt. Je pense aussi que beaucoup de gens ont cru que si nous assistions à un effondrement similaire à celui de 2008, l’or se ferait massacrer comme ce fut le cas à l’époque.

Je n’y ai jamais cru, car le cours de l’or a quadruplé entre 2001 et 2008, durant une période trouble pour les marchés. Il y avait beaucoup d’investissements opportunistes dans l’or. Désormais, ces investissements surfant sur les tendances sont du côté short, étant du côté long sur les marchés actions, car ils croient aux inepties de la Fed.

Donc, cette fois, une chute des marchés actions sera bénéfique pour l’or. Nous ne sommes pas loin de franchir la barre des 1250 $ l’once, et d’un mouvement haussier majeur. Le prochain rally arrivera lorsque les gens vont réaliser qu’ils doivent à nouveau posséder de l’or. »

Source : ici et ici.

Art-Cashin-Or-BizzarreriesCela fait plus de 50 ans qu’Art Cashin gère des investissements à Wall Street, en étant présent sur place durant les séances. Il a commenté les bizarreries auxquels on a pu assister sur le marché de l’or ces derniers mois sur KWN :

Eric King : « Art, vous êtes dans le business depuis 50 ans, vous aviez occupé de nombreux postes à Wall Street. Mais vous avez également échangé de l’or, ce qui nous intéresse. Que se passe-t-il ? »

Art Cashin : « eh bien, l’or est sous pression. Je ne suis pas un adepte de la théorie du complot, mais je peux comprendre pourquoi les investisseurs qui jouent sur l’or sont inquiets, car on a assisté à quelques incidents d’ampleur ces derniers temps.

Ils ont lieu presque toujours au même moment, tôt à l’heure de New York, avant que les marchés n’ouvrent. Pourquoi certaines entités s’amusent à balancer d’énormes quantités d’or d’un coup ? Pourquoi ne pas les vendre petit à petit tout au long de la journée (pour en tirer un maximum, sans provoquer d’effondrement du cours) ?

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Art-Cashin-Marche-Obligataire-OrÀ côté de tous ces analystes en costume-cravate qui défilent devant les caméras des médias dominants pour nous annoncer la tournure des événements économiques, il y a des analystes différents, qui mettent « les mains dans le cambouis ». C’est le cas d’Art Cashin, qui est au cœur de l’action depuis 50 ans à Wall Street.

Dans sa dernière intervention sur KWN, Cashin soumet une idée intéressante : malgré les injections de liquidités de la Fed, on n’a pas vu énormément d’inflation aux États-Unis (proportionnellement à la masse monétaire créée). Cependant, avec la chute des devises des pays émergents que l’on a pu constater ces dernières semaines (Inde, Indonésie, Thaïlande, etc.). Voici ce qu’Art Cashin dit mot pour mot :

« Les investisseurs savent qu’il y a de trillions de dollars de réserves excédentaires. Ce qui signifie que cela devrait avoir une tendance inflationniste, donc être bon pour l’or. Cependant, on n’a pas vu aux États-Unis une inflation folle. Tout simplement parce que comme je l’ai dit déjà, l’argent n’est pas prêté, donc dépensé. Cependant, je sais que cela tracasse la Fed.

Mais pour comprendre où est allée cette inflation, il faut peut-être regarder à l’étranger. La dévaluation de devises comme la roupie, cela correspond à une forte inflation dans ces pays. Les gens qui vivent en Inde ou en Indonésie ont vu leur pouvoir d’achat fondre comme neige au soleil.

L’Inde ne sait plus que faire pour empêcher les importations d’or. Ils ont peur que la demande soit telle que cela devienne ingérable. La situation est explosive de ce côté de ce monde, pourront-ils stopper l’hémorragie ? Cela va-t-il profiter alors ou à d’autres devises ?

De plus, jusqu’à présent, Bernanke est resté silencieux sur le sujet, tandis que les gouverneurs des autres banques centrales ont presque dit « ce n’est pas notre problème, nous nous soucions uniquement des États-Unis ». Nous savons tous que les marchés sont interconnectés, et que la maladie de l’un peut se transmettre aux autres. C’est l’une des choses qui me tracassent en ce moment. »

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Art-Cashin-Marche-Obligataire-OrCela fait plus de 50 ans qu’Art Cashin opère en tant que trader sur les marchés. Voici son sentiment sur la situation actuelle, notamment sur le marché de l’or.

King : « Art Cashin, quel est votre sentiment sur le marché de l’or actuel ? Il y a énormément de positions short du côté des hedge fund et des investisseurs particuliers. Que cela augure-t-il ? »

Art Cashin : « cela pourrait être terrible. Il se passe de nombreuses choses en même temps. D’abord, la backwardation sur le marché des futures de l’or. Si je ne m’abuse, cela n’est arrivé que 4 fois ces 10 dernières années, la plupart du temps lorsque l’or avait atteint son plus bas.

Ensuite, Bernanke, avec son dernier discours, a pris le contre-pied de ces positions short. Cela pourrait avoir des effets dramatiques, car beaucoup sont positionnés de cette façon. Personnellement, je voudrais voir le plus bas être testé à nouveau. Si nous devions retourner légèrement en dessous de 1200 $ et assister à une résistance, on pourrait voir une réaction intéressante. Ces gens qui ont des positions short, et qui sont déjà nerveux, pourraient réagir.

N’oubliez pas que lorsqu’on couvre une position short, ce n’est jamais une décision réfléchie. C’est un signe de nervosité. La décision est souvent prise au seuil de la panique, il s’agit d’une réaction émotionnelle. C’est pourquoi les mouvements initiés par une couverture sont toujours violents. »

Eric King : « Art Cashin, vous êtes l’un des traders les plus jeunes à avoir démarré à Wall Street. Cela fait plus d’un demi-siècle que vous faites ce métier. Quels sont vos inquiétudes en ce moment ? »

Art Cashin : le contrôle de la Fed du marché obligataire semble très fragile

Art Cashin : « les problèmes géopolitiques (note : petit clin d’œil à Nouriel Roubini…). Je suis littéralement sidéré de voir à quel point le marché a quasi totalement ignoré les risques géopolitiques. En attendant, le baril de brut est en train de s’envoler. Mais le manque de contrôle sur le marché obligataire de la Fed m’inquiète aussi. Il semble très fragile.

Si le marché obligataire commence à bouger malgré les efforts de la Fed, si les chiens de garde (bond vigilantes) pour le retour, cela pourrait saigner. Comme je l’ai déjà dit, en cas de souci économique, si on retourne dans une nouvelle récession, la Fed n’aura plus aucun lapin à sortir de son chapeau.

Ils ont utilisé tous les outils à leur disposition. Pourraient-ils recommencer à utiliser les recettes essayées ? Oui, mais on a vu que les effets furent très légers. Je me demande donc, que vont-ils faire lorsque le prochain incendie va se déclarer ? »

Source : interview d’Art Cashin sur KWN