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La Grèce, toujours engluée dans une dépression économique majeure, vient à nouveau de plier face à la pression européenne en votant ce dimanche soir un nouveau plan de mesures incluant augmentation de la pression fiscale et privatisations.

La Grèce a beau être prise dans une spirale déflationniste, tout ce qu’elle a trouvé comme solution est de voter un nouveau paquet fiscal de 1,8 milliard d’euros. Cependant, Athènes devra encore attendre la réunion des ministres des Finances de la zone euro de ce mardi pour savoir si elle en a fait assez afin d’obtenir le déblocage de la prochaine tranche « d’aides » de 5,7 milliards d’euros. Aides qui finiront dans leur majorité dans les poches des banques et des créditeurs.

De son côté, le FMI, un brin plus pragmatique, souhaite l’effacement d’une partie de la dette grecque afin de permettre au pays d’envisager un futur. Exiger de la Grèce qu’elle paye sa dette est remboursable avec des mesures déflationnistes est tout simplement de la folie furieuse… ou reporter le problème jusqu’à ce que tout part à vau-l’eau.

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manifestation en Grèce contre l'austérité

Article de Mike Shedlock, publié le 27 avril 2016 sur SafeHaven.com :

« Ceux qui pensaient que la situation de la Grèce a été réglée lorsque le premier ministre Alexis Tsipras s’est couché soudainement en accédant aux  demandes de ses créditeurs vont devoir revoir leur opinion.

Les rentrées fiscales grecques sont bien en dessous des prévisions. Un nouveau risque de défaut plane sur le mois de juillet à moins d’un nouveau plan d’aide accordé par les créditeurs pour que la Grèce puisse rembourser ses créditeurs. Cela semble tordu ? Cette absurdité est pourtant le reflet de la plus plate des réalités.

Les créditeurs de la Grèce ont exigé de nouvelles mesures d’austérité, mais Tsipras a refusé. Au lieu de cela, il a demandé l’organisation d’une réunion d’urgence, mais le président de la Commission européenne Donald Tusk a décliné. Cette nouvelle impasse représente apparemment « de nouvelles incertitudes » d’après ce dernier.

La BBC en a notamment parlé dans cet article :

« Le responsable de l’Union européenne a rejeté la demande de la Grèce concernant la tenue d’une réunion d’urgence dont l’objectif est de mettre un terme à l’impasse concernant le plan de sauvetage du pays.

L’année dernière, la Grèce a validé un 3e plan d’aide de 86 milliards d’euros. Le pays fait à nouveau face à un risque de défaut suite au blocage de la libération de la prochaine tranche d’aide, engendré par des désaccords avec les créditeurs sur les réformes à venir.

Le FMI et les partenaires européens de la Grèce exigent de nouvelles mesures d’austérité. Athènes doit générer 4 milliards supplémentaires d’économies et de réserves au cas où la Grèce ne serait pas en mesure d’atteindre ses objectifs à venir.

Mais le gouvernement de gauche menée par Alexis Tsipras a déclaré qu’il refuserait toute mesure supplémentaire par rapport à celles qui furent acceptées l’été dernier. »

Le Financial Times a pour sa part évoqué le refus de Donald Tusk d’organiser un sommet pour régler le problème : « Sans un accord sur de nouvelles mesures d’austérité, la Grèce pourrait faire défaut sur le remboursement de 3,5 milliards d’euros qui arrivera à échéance en juillet ». La faiblesse des rentrées fiscales signifie que l’argent manque déjà pour payer les retraites et les salaires des fonctionnaires de mai. Tsipras aura recours à l’argent des sociétés publiques pour combler le trou. (…)

« Je suis convaincu qu’il reste du pain sur la planche des ministres des Finances qui doivent éviter le retour de l’incertitude en ce qui concerne la Grèce, » a déclaré M. Tusk après s’être entretenu avec Alexis Tsipras.

Parler de « retour de l’incertitude » est ridicule. Ce qui est certain, c’est que ce qui ne peut être remboursé ne le sera pas. La seule incertitude qui plane est toujours la même depuis le début de cette crise : il s’agit de savoir quand le défaut aura lieu. (…) »

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portugal et europe

Suite aux élections portugaises d’octobre, un véritable coup d’état a eu lieu lorsque le président a refusé à la gauche majoritaire (anti austérité et anti OTAN , avec certaines composantes prêtes à abandonner l’euro) le droit de former un gouvernement. Le parti minoritaire de droite de Pedro Passos Coelho n’aura tenu que 11 jours.

Hier, il a été démis par la majorité parlementaire qui a voté contre son programme. Reste à savoir si le président portugais s’entêtera à snober la démocratie en nommant à nouveau Coelho à la tête d’un gouvernement provisoire dans l’attente de nouvelles élections ou si le choix des électeurs sera enfin respecté.

Comme le note John Rubino dans cet article publié sur SafeHaven.com, « le Portugal ressemble de plus en plus à la Grèce d’il y a un an, à la différence que l’économie portugaise est plus importante que celle de sa consœur. Comme la Grèce, la dette du Portugal a augmenté en termes de pourcentage de son PIB :

dette portugal pib

Depuis, l’énorme contraction de son économie enregistrée durant la grande récession, sa croissance est négligeable : sur le graphique ci-dessous, il ne s’agit pas d’une croissance de 4 % mais de 0,4 %. C’est largement insuffisant pour réduire le chômage. Dans l’absence d’une dévaluation massive de l’euro ou d’une augmentation conséquente des dépenses gouvernementales, rien n’est susceptible de changer la situation.

croissance-portugal-2008-2014

L’électorat portugais a voté dans son ensemble pour l’abandon des anciennes politiques, pour un changement susceptible de ramener au moins l’espoir. Néanmoins, pour de nombreux membres de cette coalition de gauche, cet objectif ne sera atteint qu’en quittant la zone euro (et peut-être l’OTAN), en nationalisant certaines grosses sociétés et en « investissant » (augmenter les déficits). Pour y parvenir, le Portugal devrait récupérer son ancienne monnaie, l’escudo, le dévaluer par rapport à l’euro et ce faisant faire un défaut partiel sur sa dette. Autrement dit, le scénario du Grexit mais à plus grande échelle avec toutes les conséquences que l’on peut imaginer sur le vieux continent. (…) »

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On ne cesse de nous vanter sur les médias dominants les mérites de l’Espagne où la reprise serait sur les bons rails mais au-delà des statistiques, qu’en pensent les Espagnols du quotidien ? Cet article du New York Times nous fournit des éléments de réponse alors que la ratio dette/PIB ne cesse de grimper (graphique ci-dessus, source ZH)…

« Saragosse, Espagne. Il était auparavant architecte d’intérieur, il s’occupait de l’agencement des magasins de l’une des plus grosses chaînes d’habillement d’Espagne.

Mais c’est désormais de l’histoire ancienne. Récemment, Angel Puyalón, 50 ans espérait recevoir un appel lui annonçant l’octroi d’un emploi de trieur de déchets dans le recyclage. Aujourd’hui, M. Puyalón affirme qu’il serait heureux d’accepter n’importe quel travail. Ses indemnités de chômage ont expiré. Avec sa femme, ils sont dans l’incapacité de rembourser leur crédit hypothécaire. C’est grâce à l’aide d’une banque alimentaire qu’ils mangent.

« On nous dit que la reprise économique est là » lance M. Puyalón à son domicile dont la table basse accueille une pile de CV. « Mais je ne sais pas où. »

L’Espagne, mise en avant en tant que success-story des politiques d’austérité, est bien partie pour réaliser une croissance de plus de 3 % cette année. Depuis 2014, plus d’un million d’emplois ont été créés mais pour M. Puyalón, ces statistiques sont sans importance et même suspectes.

Les experts affirment que ce n’est pas surprenant car la grande majorité des nouveaux emplois créés sont des temps partiels dont certains ne durent que quelques jours et qui offrent des rémunérations faibles. Ils ne sont donc pas d’une grande utilité pour améliorer la vie des millions d’Espagnols qui ont perdu leur emploi durant la crise économique mondiale.

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Comme les sondages l’annonçaient, c’est le parti de la gauche radicale SYRIZA qui a remporté les élections grecques d’hier, loin devant Nouvelle Démocratie. Alexis Tsipras, qui avait juré de mettre fin à l’austérité, a donc toutes les cartes en main pour mettre en place sa politique.

Avec 149 sièges, SYRIZA est même passé à 2 sièges de la majorité absolue (151 sur 300). Tsipras a immédiatement démarré les consultations avec les autres partis et dispose déjà d’un accord avec le parti souverainiste des « Grecs indépendants » qui dispose de 13 sièges au parlement. Tsipras pourrait également discuter avec To Potami et le KKE (communistes), même si les dirigeants de ces 2 partis avaient déclaré ne pas vouloir s’allier à SYZIZA à qui on reproche d’être trop ou pas assez extrême…

Quoi qu’il en soit, les Grecs ont largement voté pour la fin de l’austérité. Désormais, SYRIZA compte renégocier avec la troïka pour revoir les termes de la dette. D’après AP, voici un extrait du discours prononcé par Alexis Tsipras pour célébrer son triomphe :

« Le peuple souverain de Grèce nous a donné un mandat clair, fort et indiscutable. La Grèce vient de tourner la page. La Grèce a décidé de faire de l’austérité, de la peur et de l’autoritarisme destructeurs une chose du passé. Nous disons au revoir à 5 années d’humiliations et de douleur. Le verdict du peuple grec met fin, sans l’ombre d’un doute, au cercle vicieux de l’austérité dans notre pays. Le verdict du peuple grec, votre verdict, annule aujourd’hui de façon indiscutable les accords de renflouement de l’austérité et du désastre. Le verdict du peuple grec fait de la troïka une chose du passé dans notre cadre commun européen. »

Tsipras n’a pas l’intention de sortir de l’euro mais en fonction de son attitude par rapport aux créanciers la Grèce pourrait être contrainte et forcée d’abandonner la monnaie unique. Tsipras souhaite qu’une solution similaire à celle offerte à l’Allemagne en 1953 soit appliquée à la Grèce, à savoir :

  1. La réduction significative de la valeur nominative de la dette publique cumulée ;
  2. Un moratoire sur le remboursement de la dette afin que les sommes économisées soient utilisées pour le redressement de l’économie ;
  3. La mise en place d’une « clause de développement » afin que le remboursement de la dette ne tue pas dans l’œuf le redressement économique ;
  4. La recapitalisation du secteur bancaire grec sans creusement de la dette nationale.

Il y a donc 3 grands scénarios : soit la troïka lâche du lest pour sauver l’euro momentanément, soit la Grèce sera exclue de l’euro pour avoir renié les accords passés, soit Syriza va se coucher pour devenir un parti classique de gouvernement et décevoir ses électeurs. Pour rappel, depuis la cure d’austérité imposée par l’Europe et le FMI la dette de la Grèce s’est creusée par rapport à son PIB passant de 110 à 175 %.

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Aujourd’hui, lorsqu’il s’agit de trouver une solution au problème de la dette, 2 camps s’affrontent : les partisans de l’austérité et des dépenses. Pourtant, de simples bases en mathématiques permettent de comprendre que ces 2 approches sont vouées à l’échec. Et si les maths vous rebutent, les exemples pratiques permettent de dresser les mêmes constats.

Austérité ou keynésianisme… Il s’agit en fait de choisir entre la peste et le choléra. La situation est pourtant limpide comme de l’eau de roche : avec une démographie stagnante et une dette trop importante, il est impossible de faire de la croissance. Il s’agit bien sûr d’une simplification, mais c’est plus ou moins où nous en sommes. Tant qu’un certain développement était possible (au lendemain de la Seconde Guerre mondiale) et que la population croissait, l’économie pouvait progresser. Aujourd’hui, avec une démographie en berne, les délocalisations, le vieillissement de la population, la robotisation, comment est-il possible de générer de la croissance ?

Ce sont sur ces questions que devraient se pencher les politiques. Mais au lieu de cela, le débat porte sur l’austérité ou les dépenses, 2 chemins différents, mais qui mènent tous les 2 à l’abattoir économique.

Austérité : la spirale infernale de la Grèce

Premier exemple pour illustrer que l’austérité ne permettra pas de régler les problèmes d’un pays à l’économie non performante et surendetté : la Grèce. Voici la situation économique catastrophique dans laquelle est plongé le pays après la cure qui lui a été imposée (source) :

  • PIB : il a diminué de 25 % par rapport à 2008.
  • Chômage : il est désormais de 25,8 %. En 2008, il était de 7,65 %.
  • Pauvreté : la Grèce est désormais 3e au classement des pays de l’Union où le risque de pauvreté et d’exclusion sociale est le plus élevé. 23,1 % de la population grecque se trouve dans un statut précaire, à 2 doigts de basculer dans la pauvreté.
  • Faillites : 25 % des sociétés grecques ont fait faillite depuis 2008, soit 230.000 entreprises qui ont mis la clé sous le paillasson.
  • Fiscalité : 9 fois plus d’indépendants qui doivent désormais payer des taxes, 7 fois plus de retraités et de fonctionnaires. La TVA en Grèce est désormais de 23 %.
  • Impayés : le nombre de crédits qui n’ont plus été remboursés depuis au moins 90 jours s’élèvent désormais à 33,5 % des prêts, qui totalisent un montant de 77 milliards d’euros.
  • Bourse d’Athènes : elle a chuté de 83,9 % depuis 2008.

On pourrait se dire que ces sacrifices ont au moins permis de réduire la dette. Eh bien non, que du contraire : de 112,9 % du PIB en 2008, elle s’élève désormais à 175,1 % ! De quoi conforter les partisans des dépenses étatiques pour « relancer l’économie » ?

Dépenses : conséquences moins douloureuses, mais la dette se creuse quand même

Aux États-Unis, la dette s’élevait à 64,8 % du PIB en 2008. Fin 2014, elle était de 101,53 %. Si le creusement s’est surtout produit entre 2008 et 2012, malgré Obama qui a vanté la reprise économique aux États-Unis dans son dernier discours sur l’état de l’Union, la dette a continué à se creuser sensiblement. La croissance ne sera jamais suffisante pour rattraper la dette… car la croissance dépend justement des nouvelles dettes contractées…

Ces 2 voies n’apportent donc aucune solution concrète à la problématique du monde développé. La crise de 2008 aurait dû sonner comme un grand avertissement. Désormais, il est déjà trop tard.