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Backwardation

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Extrait de la dernière interview de James Turk sur KWN publiée le 21 novembre 2016 :

Il est bon de voir l’or et l’argent démarrer la semaine de façon positive, avec la stabilisation des cours. Lorsqu’on observe la récente chute des prix, il est évident que nous avons connu quelques semaines difficiles. Mais lorsqu’on voit aussi les distorsions, comme le déport de l’or et de l’argent sur les marchés, tout indique qu’il s’agit d’un bon moment pour acheter.

Déport important de l’or et l’argent depuis l’élection de Trump

L’or et l’argent sont entrés en déport important depuis la victoire de Trump, le cours spot étant supérieur à celui pour livraison en décembre. En fait, même si les livraisons de décembre débutent dans seulement un peu plus d’une semaine, les cours spot de l’or et de l’argent sont toujours en déport. La demande pour le métal physique continue donc d’être forte.

Je m’attendais à une certaine vigueur des métaux précieux, alors que nous approchons de la fin de l’année. Il est toujours quasiment impossible de prédire le retournement d’une tendance à court terme, mais la situation est mûre pour que nous la connaissions, surtout au vu du contexte de cette semaine.

Avec les États-Unis qui fêtent Thanksgiving jeudi, il n’y aura que 3 sessions cette semaine. Il faut donc s’attendre à une hausse des cours, en raison de la couverture des positions short et des achats faits par des investisseurs à la recherche de bonnes affaires. En fait, suite aux mouvements du 21 novembre, je m’attends à ce que l’or et l’argent reprennent leur marche en avant vers des cours plus élevés et qu’ils poursuivent ainsi la tendance initiée en début d’année.

Après les semaines que nous avons connues, il est facile de perdre de vue que l’or et l’argent sont toujours en hausse depuis le début de l’année, de respectivement 14 et 20%. Posséder de l’or et de l’argent physiques permet de garder la tête au-dessus de l’eau à long terme, ce qui n’est pas facile, alors même que le dollar et les autres devises continuent à perdre leur pouvoir d’achat.

 

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Interview de James Turk du 21 décembre 2015 par KWN :

« Tandis que nous nous rapprochons de la fin de l’année, je voudrais insister sur deux points importants. Le premier est en relation avec mon interview d’il y a deux semaines après que l’or ait atteint un plus bas significatif à 1046 $.

Or à nouveau en backwardation

Nous avions évoqué le fait que l’or s’est développé en deux marchés distincts en raison de la demande physique écrasant la demande pour les futures et autres promesses papier. La réalité de ce marché à deux vitesses est évidente au vu des primes énormes sur les pièces et les lingotins d’or et de la backwardation qui continue de se creuser sur le marché des lingots de 400 onces du LBMA (voir ci-dessus).

Par exemple : comme on peut le voir sur le tableau ci-dessus montrant les prix des futures or du Comex, le contrat de décembre a clôturé 1,2 dollar au-dessus du prix pour une livraison en janvier soit seulement 17 jours plus tard. Cela correspond à un rendement annuel pour un arbitrage très simple d’environ 2,5 %, une bonne performance dans notre environnement de taux actuel.

Pour revenir à notre conversation d’il y a deux semaines, vous vous rappelez que j’avais dit que même si une cloche ne résonne pas lorsqu’on a atteint un plus bas ou un plus haut, la possibilité que le pire soit derrière nous est bel et bien réelle. J’avais raison à moitié vu que l’argent a atteint un nouveau plus bas la semaine dernière tandis que l’or se maintenait au-dessus de son plus bas de décembre. Cette divergence est positive pour les métaux précieux. Aujourd’hui nous avons assisté à une belle poursuite de la hausse aussi bien pour l’or que pour l’argent, un indicateur technique important.

Un autre indicateur technique clé est passé au vert : l’or et l’argent sont passés au-dessus de leurs moyennes mobiles à court terme. Les renversements de tendance démarrent toujours de la sorte. (…)

Le pétrole a-t-il mangé son pain noir ?

J’en arrive désormais à mon second point : le cours du pétrole. Le graphique suivant illustre le prix du pétrole exprimé en or et non en dollars.

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Actuellement presque 1 g d’or suffit pour acheter un baril de West Texas Intermediate ce qui est moins que les 1,2 g qui étaient nécessaires en novembre. Le brut, tarifé en or, a donc égalé le plus bas historique atteint durant le début des années 70. Nous savons tous par la suite que le pétrole et l’or ont explosé durant le reste de la décennie.

Je pense que les chances de voir l’histoire se répéter sont grandes, pour une bonne et simple raison : l’interventionnisme étatique sur les marchés finit toujours mal.

L’autosatisfaction doit forcément régner à la Fed après que la première hausse des taux en 7 ans n’ait pas provoqué de crash boursier mais les planificateurs centraux devraient éviter de trop se congratuler. Beaucoup d’événements sont en train de déraper car les dégâts occasionnés aux marchés par les banques centrales en raison de leur interventionnisme et de leurs politiques monétaires destructrices vont finir par se manifester.

Le pétrole meilleur marché n’a pas donné de coup de fouet à l’économie. Quel sera l’impact sur une économie surendettée lorsque les prix repartiront à la hausse ? Les marchés ne sont pas des rues à sens unique.

Je pense que l’impact réel se manifestera sur les monnaies nationales que nous utilisons aujourd’hui. Elles n’ont cessé de perdre leur pouvoir d’achat depuis l’abandon du standard or en faveur de la planification centrale et du contrôle strict de l’économie par les gouvernements. La baisse continue du pouvoir d’achat du dollar, de l’euro, du yen et des autres monnaies papier qui est le résultat de leur contrôle par les banques centrales devrait à mon avis s’accélérer en 2016.

Si rien n’est gravé dans le marbre, comme je l’ai déjà dit, il ne faut pas exclure la possibilité que le pétrole ait atteint son plus bas. S’il devait repartir à la hausse en 2016, ce sera très positif pour l’or. »

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Article de Dave Kranzler, publié le 6 août 2015 sur Investment Research Dynamics : 

« L’expert renommé de l’or James Turk a déclaré que la backwardation (lorsque le prix actuel est plus élevé que sur le marché des futures) de l’or qui perdure en ce moment n’a jamais eu lieu auparavant (dans de telles proportions). « Non, jamais, et je suis pourtant aussi spécialisé dans l’histoire monétaire. Une telle situation ne s’est jamais présentée auparavant, » a-t-il déclaré à Greg Hunter de USAWatchDog.

Les signes sont visibles partout. Il y a une backwardation extrême de l’or au LBMA. Cette backwardation, ou déport, a lieu lorsque le prix de l’or pour achat immédiat est plus élevé que pour une livraison dans le futur. Ce qui signifie que ceux qui possèdent du métal peuvent le vendre et le racheter immédiatement, moins cher, sur le marché des futures (livraison à 30 jours, à 60 jours, etc.). Le déport signifie que les acheteurs d’or physique doutent de la capacité du marché à pouvoir fournir du métal à l’avenir.

C’est également le signe irréfutable d’une certaine pénurie d’or physique. Il n’est d’ailleurs pas surprenant que le LBMA ait décidé récemment de ne plus publier les données du GOFO (gold forward). Nous pouvons néanmoins obtenir des informations grâce à des participants au marché de Londres, comme James Turk.

Pour appuyer cette thèse, Bill Murphy a rapporté sa dernière conversation avec un trader du LBMA de Londres :

« En gros, j’ai appris que des acteurs puissants achètent à ces niveaux de prix. J’ai également reçu la confirmation qu’il est extrêmement difficile d’acheter de grosses quantités d’argent. Il faut attendre de 2 à 4 semaines pour être livré. L’achat d’or en grande quantité est également plus compliqué, ce qui est par contre une nouveauté. Notre source m’a affirmé qu’il faut désormais attendre 2 semaines pour être livré. »

Mais le signe le plus visible de cette pénurie, c’est probablement les sorties d’or des ETF. Pour que de l’or physique quitte les coffres d’un ETF, une banque participante habilitée doit restituer 100.000 parts d’un coup.

Mais ne vous y trompez pas, les banques de lingots ont souvent l’opportunité d’emprunter des parts du GLD pour atteindre le quota de 100.000 et recevoir des lingots en échange. Elles peuvent également massacrer le cours via les futures et forcer les mains faibles à céder leurs parts. (…)

Le raid en cours sur l’or du GLD est peut-être la preuve la plus claire que les banques centrales et leurs agents, les banques de lingots, ont du mal à trouver le métal qui est demandé en Asie. Il est d’ailleurs intéressant d’observer ce qui se passe au SGE. Durant les 3 derniers jours, 298 tonnes ont été livrées à Shanghai. Tandis que de nombreux experts examinent les retraits d’or du SGE, il est également important de surveiller ce qui y entre. Ces 298 tonnes sont à ma souvenance la plus grosse quantité de métal livrée au SGE (sur un tel laps de temps). (…)

Enfin, pour prouver une fois pour toutes qu’il y a bien pénurie sur le marché physique des métaux précieux, nous pouvons examiner le coût de location de l’or, un indicateur publié chaque jour par Kitco. (…)

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Ce coût augmente lorsque les banques centrales sont désireuses d’emprunter de l’or physique afin de pouvoir en vendre sur le marché ou pour livrer de l’or qu’elles ne possèdent pas et ne peuvent pas acheter sur le marché au comptant (spot) (…)

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Andrew Maguire est l’un des experts les plus intéressants pour comprendre les mouvements des métaux précieux. Dans sa dernière interview sur KWN, il a analysé les mouvements récents de l’or et de l’argent et il a émis des prédictions à moyen terme.

Tout d’abord, il estime que les métaux précieux sont désormais positionnés pour un mouvement haussier marqué après la baisse prononcée de la semaine dernière aussi bien en termes structurels, techniques que fondamentaux.

Son raisonnement se base aussi bien sur la backwardation importante que l’on retrouve sur les marchés de l’or et de l’argent que sur des éléments plus précis. Selon Maguire, se focaliser sur les marchés des futures est trompeur car ceux-ci sont facilement manipulables vus que leur mouvements sont dictés par ce qu’il appelle des « positions synthétiques » (papier avec très peu de prises de livraison).

Actuellement, le déport ou backwardation règne toujours en maître sur le marché de l’or. Le prix de l’or pour livraison en juin est moins cher que pour livraison immédiate (d’environ un dollar l’once), ce qui est totalement anormal. Concrètement, cela signifie qu’un investisseur qui possède 100.000 onces de métal peut les vendre et les acheter moins cher sur le marché des futures pour prendre ensuite livraison à la date expiration en empochant plus de 100.000 $ dans l’opération, en moins de 30 jours et dans une sécurité théorique totale.

Dans un marché sain c’est ce qui se produit, les investisseurs profitant de cette opportunité d’arbitrage pour empocher un bénéfice jusqu’à ce que le déport disparaisse pour faire place au contango. Pourtant personne ne se propose de faire cet arbitrage, pourquoi ? Car les initiés qui connaissent bien le marché physique savent que la baisse du prix est une manipulation et que le marché physique est tendu. On voit mal Mr Gilson de la salle des marchés de la BRI recevoir l’autorisation de prêter quelques tonnes de l’or des banques  centrales et qui risqueraient de ne pas être restituées à un prix plus bas, ajoute Maguire.

Sur la baisse de la semaine dernière

Selon Maguire, les mouvements de la fin de la semaine dernière avaient pour objectif de maintenir les options OTC en dessous de leur niveau critique, soit 1200 $ pour l’or et 16,25 dollars pour l’argent. Dans un premier temps en ayant pour objectif la moyenne mobile à 50 jours de l’or, les banques commerciales ont poussé les spéculateurs à couvrir leurs positions short le vendredi et à se positionner long le lundi. Après avoir obtenu ce positionnement, les banques commerciales ont alors fait l’inverse pour repasser en dessous de la moyenne mobile à 50 jours, juste avant la clôture des marchés et les congés de la Chine, Hong Kong, de Singapour et d’Afrique du Sud.

Andrew Maguire s’attend qu’après les habituelles réactions aux chiffres de l’emploi américain de cette semaine, on assiste à une hausse du cours de l’or entraînée principalement par l’argent.

james turk

Article de KWN, publié le 27 avril 2015 :

« La hausse importante du cours de l’or et de l’argent d’aujourd’hui véhicule un message important. Elle a été provoquée par une demande insatiable du métal physique. Aussi bien l’or que l’argent sont en déport (backwardation) marqué ici à Londres.

Je viens juste de vérifier les prix et de recevoir une offre. Même si l’argent a augmenté de presque 5 % aujourd’hui, contrairement à ce que l’on pourrait croire le déport ne s’est pas atténué par rapport à ce matin, avant la hausse.

Backwardation historique de l’argent

Le cours de l’argent pour livraison immédiate est supérieur de 5 centimes par rapport à la livraison dans une semaine. Annualisée, il s’agit d’une prime de 16 % que les possesseurs de métal préfèrent ne pas empocher par arbitrage. Je n’ai pas souvenir d’une telle backwardation.

Cela signifie qu’il y a une véritable ruée sur le métal en ce moment et la hausse massive de l’argent en est la preuve visible. Il y a une bonne raison derrière cette recherche de la sécurité pour les investisseurs d’acheter des actifs tangibles sans risque de contrepartie.

Le défaut grec secouera à la planète

On ne parle plus du grexit mais du Grefault, soit du défaut de la Grèce. L’impact d’un tel événement sera énorme. La Grèce doit environ 300 milliards d’euros. J’estime qu’environ 150 milliards ont été transférés du privé, principalement les banques, aux gouvernements (…). Au lieu que les pertes soient essuyées par les banques, ce sont les contribuables qui devront supporter ces énormes pertes. Ce fardeau sur les épaules du contribuable européen diffusera des ondes de choc à travers toute l’union.

En plus de ce qui est dû aux gouvernements, l’exposition de la BCE à la Grèce est désormais 213 milliards d’euros en raison des montants supplémentaires prêtés aux banques à travers le fonds de liquidités d’urgence. (…) On estime que l’ensemble des dépôts publics (entités fédérales et locales, entreprises d’État, etc.) s’élevait à un peu plus de 130 milliards d’euros à la fin mars. (…)

Vu le nombre d’acheteurs sur le marché de l’or et de l’argent, il semblerait que les investisseurs se positionnent pour un défaut de la Grèce. Il est intéressant de noter que le cours a fortement augmenté juste avant l’expiration des options, à un moment où on assiste historiquement à des pressions baissières. Sans parler du début de la réunion du comité de la Fed à partir de demain, un autre moment propice à la baisse et au contrôle du cours de l’or. Mais cette fois, cela ne s’est pas produit. (…)

Les 2 prochaines journées vont être très importantes en raison de l’expiration des options OTC. Pour limiter leurs pertes et maintenir leur couverture delta, ceux qui ont émis ces options devront acheter de l’or et de l’argent au fur et à mesure de la hausse de leur cours. Pour empêcher que cela arrive, de gros efforts sont consentis par les planificateurs centraux afin d’empêcher l’or de dépasser les 1200 $ et l’argent les 16,2 $ l‘once. Mais si une nouvelle vague haussière est déclenchée demain, on pourrait assister à une frénésie d’achat en conséquence de l’étranglement de ces positions short. »

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Malgré la hausse de l’or jusqu’à 1380 $ à la mi-mars, 2014 ne fut pas une excellente année pour investir dans le métal jaune. Le cours de 1200 $ l’once, en vigueur au début de l’année 2014, correspond au niveau d’aujourd’hui.

Il y a pourtant des raisons d’être optimiste concernant les perspectives de l’or en 2015, d’après les analystes de RBC Capital Markets (source).

Les stocks des ETF

La liquidation des ETF fut l’une des grands motifs de la faiblesse de l’or, alors qu’environ 33 millions d’onces ont été vendues durant les 2 dernières années. La dernière fois que les stocks de métal des ETF furent proches de tels niveaux, c’était en 2009, lorsque l’or était à 1000 $ l’once. Cependant, le rythme des ventes de métal des ETF a ralenti récemment.

Les achats des banques centrales

Durant le 3e trimestre 2014, les banques centrales ont acheté 93 tonnes d’or, pour un total depuis le début de l’année de 335 tonnes, contre 324 l’année dernière. Simultanément, l’offre provenant de l’or de récupération a chuté à 807,2 tonnes, soit le niveau le plus bas depuis 2007 et un chiffre inférieur de 35 % par rapport à la moyenne annuelle de 2009 à 2012. « La vente d’or de récupération (bijoux, etc.) a faibli alors que le marché physique s’est tendu, » note RBC.

La demande saisonnière

La demande en métal de la saison des mariages en Inde et de Diwali a débouché sur une consommation de 100 tonnes par mois durant 2 mois consécutifs. Cette forte demande devrait se poursuivre alors que le nouvel an chinois approche. RBC note que les primes par rapport au cours ont augmenté de 18 $ l’once en Inde et 2 dollars l’once en Chine, après avoir été stables ou négatives durant les derniers mois.

Les actions de la BCE

La BCE envisage d’augmenter la taille de son bilan d’un trillion d’euros. Yves Mersch a suggéré que la banque pourrait acheter de l’or avec cet argent.

La backwardation

Les prix à 1 mois et à 6 mois sont en backwardation depuis la mi-septembre. Autrement dit, les contrats futures sont moins chers que le cours actuel. Les bas taux d’intérêt sont un facteur explicatif, mais RBC estime que les taux GOFO négatifs sont la raison principale de cette backwardation : « il s’agit d’une indication de tensions sur le marché physique de l’or (…) ».

La Russie

Jusqu’à présent, la Russie a accumulé environ 150 tonnes d’or en 2014, soit bien plus que ces achats de 2013, qui avaient totalisé 78 tonnes, et de 75 tonnes en 2012. (…) »

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james turk

Interview de James Turk du 17 novembre 2014, accordée à KWN :

« L’or se comporte comme nous l’avions anticipé la semaine dernière, en formant un plus-bas en V, ce qui est la meilleure chose qui puisse lui arriver à court terme. Si cette tendance se poursuit, ce sera le signal d’un renversement clé de tendance. Autrement dit, ce sera la fin de la correction qui avait démarré il y a 3 ans.

La backwardation qui affecte l’or donne enfin les résultats que l’on pouvait escompter : le cours de l’or grimpe. C’était inévitable, car la backwardation est un signe que la demande pour le métal physique est supérieure à l’offre. (…) Les mastodontes du marché de l’or préfèrent ne pas profiter de l’opportunité d’arbitrage et d’engranger des profits « gratuits ». Ils préfèrent conserver leur métal plutôt que d’empocher un profit contre la promesse de revoir leur or physique à l’avenir. C’est très important, car cela prouve que la confiance dans les devises papier s’érode, ainsi que le pouvoir d’achat de l’argent papier.

Vu que c’est justement cette confiance qui est à la base de la valeur de l’argent papier, lorsque la confiance s’évapore, la devise perd toute valeur. Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, des dizaines et des dizaines de monnaies se sont effondrées, ce qui prouve que le gouvernement est impuissant lorsque cela arrive.

L’or est désormais 50 $ au-dessus du cours qu’il avait atteint il y a moins de 2 semaines, 1130 $ l’once. Il s’agit d’une augmentation de 4,4 % en seulement 7 journées de trading, ce qui est remarquable. Il est également remarquable que l’or soit parvenu à augmenter 2 vendredis d’affilée. Ce n’était plus arrivé depuis longtemps. Cette tendance du vendredi prouve que les positions short ont les nerfs à fleur de peau. Ils sont à 2 doigts de chercher une échappatoire.

Il faut en avoir pour shorter l’or durant le week-end, car il y a toujours la possibilité, en se réveillant le lundi matin, d’être pris de court par une nouvelle très positive pour l’or, du genre de celle d’aujourd’hui :

Bloomberg a cité un membre du directoire de la BCE, Yves Mersch, qui a déclaré que la proposition de QE d’un milliard d’euros de la BCE pourrait inclure l’achat d’or. Il s’agit d’une possibilité, mais que se passera-t-il si un beau lundi, la BCE annonce qu’elle va vraiment acheter de l’or afin d’augmenter le pouvoir d’achat de l’euro, et de faciliter ainsi le service de la dette des gouvernements surendettés ? Ou si on apprend le 1er décembre que les Suisses ont voté oui au référendum ? (…)

Malgré la belle progression du cours de l’or durant ces derniers jours, la backwardation est encore plus sévère, ce qui est une excellente nouvelle pour le métal jaune. De plus, ce déport affecte même les livraisons à 6 mois, ce qui est extrêmement rare. (…) »

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À l’occasion de sa dernière interview sur KWN, James Turk a dévoilé un graphique très intéressant, qui met en perspective les périodes de backwardation et de contango avec le cours de l’or. Il suggère que le prix du métal jaune devrait grimper dans les semaines à venir :

James Turk : « Ce graphique est incroyablement intéressant. On constate qu’à chaque fois que l’or tombe en backwardation, on assiste à une hausse importante du cours du métal. C’est d’autant plus intéressant que jamais l’or n’est tombé si bas en backwardation.

Cela ne fait qu’illustrer à quel point le marché physique de Londres est tendu, le graphique montrant à quel point l’or est tombé en backwardation. Il faut donc s’attendre à une hausse importante, car la seule façon de normaliser le GOFO, c’est d’avoir un cours de l’or beaucoup plus élevé.

L’or n’est pas une monnaie papier. Au contraire de celles-ci, il n’est pas possible d’en créer à partir de rien, comme le fait la Fed avec le dollar ou la BCE avec l’euro. Lorsqu’on parle de métal physique, la seule façon d’en fournir au marché, c’est de proposer un meilleur prix, et c’est ce qu’il va se passer dans les mois qui viennent. »

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james turk

Interview de James Turk du 3 novembre 2014 sur KWN :

« J’ai souvent expliqué que les planificateurs centraux ont déclaré une guerre totale aux métaux précieux. Aller jusqu’à fermer le compte PayPal de « Sauvez l’or de la Suisse », afin d’empêcher les dons, montre jusqu’où ils sont capables d’aller.

PayPal qui se plie au bon vouloir des planificateurs centraux montrent à qui doivent s’opposer les partisans de l’or et de l’argent physique. Néanmoins, cet exemple d’interventionnisme politique nous rappelle à quel point nous ne devons pas oublier ce qu’a dit le membre du Congrès Howard Buffett, le père de Warren, à l’occasion d’un discours brillant de 1948 : « dans un pays libre, le système monétaire repose sur les fondations stables de l’or, ou de l’or et de l’argent, qui sont indépendants du pouvoir politique. »

Que nous appelions ceux qui s’opposent aux métaux précieux le pouvoir politique ou les planificateurs centraux, c’est chou vert et vert chou. Lorsque le gouvernement contrôle de la monnaie et les institutions qui la font circuler, comme PayPal, le gouvernement contrôle l’économie et chacun de nous, ce qui est un point critique à comprendre. Si les planificateurs centraux vont jusqu’à fermer ce compte PayPal, il est clair qu’ils sont en train de jeter toutes leurs forces dans la bataille. Ils feront tout ce qui est en leur pouvoir pour sauver la monnaie papier (note : il nous semble cependant que ce sont plutôt les banques qui contrôlent le gouvernement, et pas l’inverse).

Mais au final, le gouvernement ne peut pas changer la réalité. Cette évidence revient dans la figure d’un conseiller anonyme de Bush fils, qui avait déclaré en 2004 à Ron Suskind du New York Times : « nous sommes désormais un empire, et lorsque nous agissons, nous créons notre propre réalité ». Cette déclaration excessivement arrogante qui sent bon la chutzpah, faite par un planificateur central qui se la raconte face à un journaliste, n’a pas empêché l’effondrement du système financier en 2007 et 2008. Non seulement ils n’ont pas pu imposer leur réalité, mais encore moins stopper celle qui se développait sous leurs yeux.

Tout cela nous ramène à la question de l’or en tant que valeur refuge. La question fondamentale que nous devons nous poser, c’est de savoir si les 5000 ans d’histoire monétaire de l’or s’arrêtent ici. En y pensant logiquement, ce serait de la folie de conclure que l’histoire monétaire de l’or prend fin aujourd’hui, que nous pouvons désormais nous en remettre pour l’éternité à l’argent papier du gouvernement. L’histoire de l’or ne s’est pas arrêtée en 2008, ni aujourd’hui. L’histoire en dents de scie de la monnaie papier, et les crises qu’il a engendrées, sont éloquentes.

Beaucoup comprennent à travers le monde que les attributs qui ont fait de l’or la monnaie historique n’ont pas disparu. Ils ont été simplement ignorés ou oubliés. (…) Une once d’or peut acheter la même quantité de pétrole aujourd’hui qu’il y a un mois, ou qu’en 1950. C’est le dollar qui change aujourd’hui, dans un environnement de devises volatiles qui fluctuent les unes face aux autres (…) Le dollar est fort en ce moment, mais pas à cause des fondamentaux. Ce sont plutôt l’euro et le yen qui sont faibles. (…)

Pour en venir à l’essentiel, les raisons de posséder de l’or et de l’argent physique en tant que valeur refuge sont plus que jamais d’actualité. Et vu leur sous-évaluation actuelle, ma stratégie de continuer d’accumuler des métaux est toujours la bonne.

Récemment, les planificateurs centraux ont atteint le nirvana grâce à leurs positions papier en envoyant l’or en dessous de son triple creux, à moins de 1180 $. Ils voulaient ébranler encore plus d’investisseurs fragiles, espérant dans la foulée récupérer le métal physique. Ils ont obtenu l’effet contraire, ces marchés se sont tendus. Ils sont tous les 2 en backwardation, même le site du LBMA l’indique.

Mais cette backwardation n’est pas rapportée sur le marché des futures du COMEX, ce qui signifie que le marché papier de New York et le marché physique dans le reste du monde sont plus que jamais déconnectés.

De telles anomalies ne durent jamais longtemps, si vous possédez du papier en pensant que vous serez livré dans le futur, n’attendez pas. Demandez livraison maintenant pour éviter tout défaut de livraison. »

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William Kaye, gestionnaire de hedge fund à Hong-Kong, a évoqué durant sa dernière interview sur KWN la demande importante qui règne sur les marchés de l’or et de l’argent physique (rien que le 1er octobre, la US Mint 1,15 million de Silver Eagles… en une seule journée), même si la backwardation n’a pas encore fait son retour pour l’or, ce qui signifie selon lui que l’or pourrait encore être poussé à la baisse :

« Cela fait un moment que nous disons que l’or et l’argent sont à des cours qui ne sont pas tenables. Pour le moment, la demande pour l’or est extrêmement élevée. C’est notamment le cas en Chine, même si cette vérité n’est pas rapportée dans les médias dominants.

Il y a sans conteste un regain d’enthousiasme sur le marché de l’or en Asie. La demande est également forte en raison du début de la saison des festivals en Inde.

C’est cette demande qui soutient les métaux précieux en ce moment. Je n’insisterai jamais assez sur le fait qu’il y a une énorme demande pour l’or physique autour des 1200 $ l’once. Le marché physique empêche les algorithmes de démolir davantage le cours de l’or.

L’or et l’argent qui sont désormais disponibles à prix cassés doivent être fournis aux acheteurs de physique. Plus les Européens sont agressifs avec leurs positions short papier, plus les Asiatiques sont agressifs dans leurs achats de métal physique.

Nous atteignons désormais des niveaux auxquels il sera de plus en plus difficile pour les banques centrales occidentales de poursuivre leur manipulation. Ce sera très compliqué pour les banques de lingots, et leur prédiction de 1050 dollars l’once pour l’or, de faire baisser significativement les cours pour atteindre leurs objectifs alors qu’en contrepartie, il faut trouver du métal à livrer aux acheteurs.

Mais contrairement à la dernière fois que nous avons approché ces niveaux sur le marché de l’or, les pénuries sévères de décembre 2013 ne sont plus aussi apparentes. Je veux dire que l’or n’est pas en backwardation par rapport au cours des contrats à terme (futures). C’était le cas l’année dernière.

À l’époque, j’avais dit que cette pénurie était l’argument principal pour prédire une hausse sérieuse sur le marché de l’or. Cette prédiction fut correcte, alors que l’or avait ensuite augmenté de 250 $.

Cependant, l’or ne devrait jamais être en backwardation et les taux GOFO ne devraient jamais être négatifs, comme c’était le cas fin 2013. Bien sûr, ces tensions extrêmes sur le marché furent apaisées par la hausse du cours de 250 $ à partir du début de l’année 2014. Aujourd’hui, les choses sont donc différentes (note : même si, selon James Turk, l’argent est bien en backwardation de 2 à 3 centimes à Londres), ce qui signifie que nous devrons voir d’abord réapparaître ces tensions extrêmes sur le marché physique pour mettre un terme à cette phase baissière.

Donc, même si je pense que nous atteignons des niveaux auxquels la demande pour l’or et l’argent physique devrait empêcher le marché papier à effet de levier du COMEX de pousser significativement les cours à la baisse, on ne peut pas affirmer avec certitude que le plus bas de 1180 ne sera pas retesté. »