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Banque centrale

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Les Français qui suivent les médias alternatifs connaissent bien la loi de janvier 1973 sur la Banque de France, plus connue sous le nom de loi Pompidou-Giscard (par l’ « extrême-droite » selon le site plus neutre que la Suisse Wikipedia). Cette loi interdit notamment à l’État de se financer directement auprès de la Banque de France à des taux inférieurs à ceux du privé, ou tout simplement nuls, comme c’était le cas auparavant.

Si cette loi est vertement critiquée par un pan minoritaire de la population, aucun mouvement n’a tenté de la remettre en question, si ce n’est deux partis politiques, le FN et l’UPR, qui ont promis sa suppression en cas d’arrivée au pouvoir. De l’autre côté de l’Atlantique, au Canada, des citoyens se sont organisés afin de reprendre le contrôle de leur banque centrale via une organisation baptisée COMER, et ce depuis 1986 déjà. Cet acronyme de « Committee on Monetary and Economic Reform » (Comité sur les réformes économiques et monétaires) poursuit de nombreux objectifs, mais son but principal est et reste de forcer le gouvernement à rendre à la banque du Canada ses prérogatives d’antan.

La banque centrale du Canada fut créée en 1935 et nationalisée en 1938, contrairement à la Fed qui a toujours été depuis sa création en 1913 une société privée. L’un de ses mandats était de prêter de l’argent aux gouvernements provinciaux et fédéral à taux zéro ou minime ; les bénéfices étant reversés au peuple canadien via le Trésor. Une autre mission importante de la banque du Canada était de gérer la devise du pays.

Durant les 4 décennies qui ont suivi, considérées comme l’âge d’or du Canada, la banque remplit parfaitement sa mission. Mais, en 1974, le Canada rejoint à la demande de la Banque des Règlements Internationaux le « Groupe des 10 » chargé de garantir la stabilité financière mondiale. Depuis, le gouvernement canadien emprunte donc au privé, ce qui a engendré des déficits et a creusé la dette du pays. 12 ans plus tard, des Canadiens se levaient déjà contre cette injustice.

Avec comme figure de proue le célèbre avocat constitutionnaliste Rocco Galati (photo), le COMER multiplie les actions en justice afin de faire plier l’État. Pour ce faire, le comité s’appuie sur la constitution du Canada et les statuts de la banque, soit des arguments techniques dont nous vous passerons les détails.

Le dossier du COMER est tellement solide que les avocats représentant l’État canadien ont dû recourir à de nombreuses ficelles peu reluisantes afin d’empêcher la tenue d’un véritable procès, comme la contestation de la justiciabilité des revendications, de la compétence de la cour, etc. Mais finalement, en décembre 2013, la justice finissait par accepter la plainte du COMER, donc de statuer sur l’affaire, à savoir les manquements du gouvernement à assumer ses responsabilités constitutionnelles, ainsi que les manquements de la banque envers ses statuts. Le gouvernement fit appel, COMER gagna de nouveau en janvier 2015. Le Comité demanda à ce que l’affaire soit enfin jugée sur le fond en mars 2015. Aux dernières nouvelles, en mai 2015, Rocco Galati nous apprenait que l’État canadien allait de nouveau contester la justiciabilité…

Dans une interview accordée à CBC, Galati déclarait le 8 mai 2015 :

« Mon espoir est que la cour déclare que le gouvernement est tenu de respecter la loi et ne peut pas simplement décider de transférer les prises de décision à des banquiers privés étrangers. Chaque gouvernement est responsable de ses actes, mais il ne peut pas dire de façon arbitraire ‘non, plus jamais’ alors que la loi existe et que la raison historique de la création de la banque du Canada existe également. »

Lorsque le journaliste lui a demandé si cette affaire risquait de durer, il a répondu :

« La plupart des combats pour faire prévaloir la loi sont longs. Dans certaines de mes affaires, la procédure a duré plus de 12 ans, mais avec en bout de course une issue positive tout simplement parce que le gouvernement a décidé d’ignorer sciemment la loi. Nous vivons dans un tel système, seuls les tribunaux peuvent les forcer à respecter la législation. »

La date de la prochaine audience est fixée au 14 octobre 2015. Ces Canadiens feront-ils plier leur gouvernement grâce à la justice de leur pays ? Son indépendance nous le dira !

Sources : site du COMER et le bulletin d’infos de juillet-août du COMER

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statue de Mao en or

Six ans : Pendant toute cette période, la Chine a continué de rapporter des réserves d’or inchangées alors que de nombreux spécialistes affirmaient que Pékin est engagé dans une stratégie d’accumulation de métal jaune en catimini.

La banque centrale chinoise est sortie de son silence en juin en annonçant une augmentation importante de ses réserves d’or de 57 %. Réserves qui s’élevaient alors à 1677 tonnes. Pour ZeroHedge qui rapporte l’information, cette annonce avait pour objectif de ramener la confiance sur les marchés chinois, en pleine tempête. Juste après l’annonce de la nouvelle, le média iconoclaste américain avait d’ailleurs prédit que l’on pouvait s’attendre à des annonces mensuelles revues à la hausse de la part de la Chine, chaque mois qui passe nous rapprochant désormais toujours un peu plus de la vérité.

Une fois de plus, ZeroHedge avait tapé dans le mille alors que vendredi dernier la banque centrale chinoise a de nouveau rapporté une augmentation de ses réserves d’or. Les 19 tonnes de lingots que la banque centrale affirme avoir ajoutés dans ses coffres en juillet semble évidemment bien peu de choses par rapport aux plus de 500 tonnes de juin mais désormais, on peut s’attendre à des annonces de ce genre chaque mois. Si les marchés ont été déçus du chiffre avancé par la Chine en juin, l’annonce de cette nouvelle augmentation de ses réserves en juillet devrait prouver à tous ceux qui en doutent encore que l’Empire du Milieu possède, en effet, bien plus d’or que ce qu’il affirme.

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Les marchés sont en lévitation uniquement grâce à l’action des banques centrales. Cette affirmation, dans le cas du Japon, est on ne peut plus facile à démontrer : la BoJ, en plus de faciliter l’accès aux liquidités pour les investisseurs intervient directement sur la bourse de Tokyo en procédant à des achats d’ETF.

ZeroHedge rapporte l’article paru dans le Wall Street Journal à propos de l’interventionnisme exacerbé de la BoJ sur la bourse de Tokyo. Limité il y a encore quelques années, la Bank of Japan s’est enhardie pour devenir depuis une acheteuse frénétique. Elle possède aujourd’hui 1,5 % de l’intégralité de la capitalisation boursière de Tokyo pour devenir l’entité qui possède le plus d’actions japonaises devant Nippon Life.

De l’article du Wall Street Journal :

« Les achats agressifs d’ETF actions de la Banque du Japon ont contribué à la hausse de la bourse de Tokyo qui a désormais atteint son plus haut depuis plusieurs années. Mais certains membres de la banque centrale japonaise sont de plus en plus mal à l’aise à propos de la vigueur de la hausse et du rôle joué par la banque dans celle-ci.

Depuis la prise de fonction du gouverneur Kuroda en mars 2013 et l’introduction de mesures d’assouplissement quantitatif qu’il a qualifié de « nouvelle dimension », la banque centrale a augmenté de façon significative ses achats de panier d’actions connues sous le nom d’ETF. En soutenant directement le marché, les responsables de la banque ont tenté d’encourager les investisseurs privés à suivre et à investir en bourse dans l’espoir de stimuler l’économie et d’augmenter l’inflation.

Durant les 2 dernières années, la banque centrale est intervenue sur les marchés actions environ tous les 3 jours en achetant pour 23 milliards de dollars d’ETF concernant les principaux indices actions japonais d’après les statistiques de la BoJ. Elle se distingue de la Fed et de la BCE, ces 2 banques centrales qui achètent des obligations pour doper l’économie mais qui n’ont pas directement acheté des actions (note : « pas directement » en raison de la Plunge Protection Team ?).

Les analystes affirment que les interventions de la banque ont eu un impact significatif sur la hausse des marchés actions durant les derniers mois en combinaison avec les achats massifs de 1,1 trillion du fonds de pension du gouvernement. Leurs achats ont souvent contré les ventes des particuliers et ont compensé la baisse d’activité des investisseurs étrangers. »

ZeroHedge ajoute que la BoJ est surtout intervenue lorsque l’humeur n’était pas au beau fixe. Depuis le 4 avril 2013 elle est intervenue durant 143 jours. Pourquoi ? Voici la raison très poétique avancée par Miyako Suda, un ancien membre du comité de la banque, dans son livre paru en 2014 :

« Nous avons mené les vaches au point d’eau mais elles n’ont pas voulu boire, même si nous leur disions que l’eau était délicieuse. Nous avons donc estimé que nous devrions la boire nous-mêmes pour le leur prouver. »

M. Suda ne précise pas dans son livre quand le troupeau sera mené à l’abattoir. Peut-être dans la suite de son opus qui ne devrait pas tarder à paraître !

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Toute l’attention est à nouveau tournée vers la Grèce, qui a remis avec un peu de retard sa liste de réformes qui doit désormais être validée par la Troïka (désolé, les « Institutions », nos lacunes en novlangues sont toujours aussi criantes). D’autres événements importants méritent d’être abordés notamment au niveau du Baltic Dry et des banques centrales.

Mais pour en revenir à la Grèce, un premier couac a déjà eu lieu concernant la fameuse liste des réformes qu’Athènes doit remettre pour que ce nouveau plan de renflouement de 4 mois prenne effet. Les Grecs étaient largement dans les temps hier mais il semblerait que la liste n’ait pas plu aux Allemands. Quelques heures plus tard, on apprenait que la liste serait pour finir « remise le lendemain ». Et ce matin, on apprenait qu’elle avait été remise à 23 h 32… L’Allemagne a refusé de la commenter, selon Ekhatimerini, en attendant la conférence téléphonique prévue cet après-midi.

Nous supposons que les Allemands ont corrigé le devoir de Syriza et qu’une liste conforme aux exigences teutonnes a été remise. Du côté du parti de gauche grec, les fissures continuent de se former. Hier, ce fut au tour de Costas Lapavitsas de questionner la politique de son parti, lorsqu’il a demandé « ce qui allait exactement changer durant ces 4 mois d’extension pour permettre à la Grèce d’améliorer sa position de négociation et ce qui allait empêcher la détérioration de la situation économique, politique et sociale du pays. »

Avec ce qui ressemble furieusement à une nouvelle trahison politique de la volonté du peuple, il ne faudra pas s’étonner que celui-ci se tourne de plus en plus vers des partis comme Aube Dorée qui n’hésiterait pas une seule seconde à inviter « les Institutions » à venir se faire voir chez eux…

Reprise ? 20 banques centrales ont baissé leur taux directeur en 2015

Pour passer au sujet des banques centrales et de la baisse des taux, c’est au tour de la banque centrale d’Israël de baisser à la « surprise générale » son taux directeur de 0,15 %. Il s’élève désormais à 0,1 %, un record pour le pays. En 2015, il s’agit déjà de la 20e banque centrale à baisser son taux directeur soit des baisses de taux qui concernent 38 pays. L’Ouzbékistan, la Roumanie, la Suisse, l’Inde, l’Égypte, le Pérou, la Turquie, le Canada, la BCE (qui agit au nom de 19 pays), le Pakistan, Singapour, l’Albanie, la Russie, l’Australie, la Chine, le Danemark (à 3 reprises !), La Suède, l’Indonésie, le Botswana et enfin Israël sont concernés. L’article de Zero Hedge conclut ainsi :

« Pourquoi le monde entier s’est-il lancé dans une course à la baisse de leur devise ? La réponse est simple : comme nous l’avons répété durant des mois et comme Goldman Sachs vient de l’admettre la semaine dernière, la planète entière ne peut plus nier que nous traversons une période de récession mondiale. »

Un Baltic Dry qui sèche

Depuis la mi 2014 le Baltic Dry, l’indice des prix du cargo maritime a suivi la même voie que celle du cours du pétrole. Les médias dominants nous ont expliqué qu’il s’agissait de simples conséquences de surinvestissements (conséquences des QE ?) dans le transport maritime. Affirmer qu’il s’agit de la conséquence de la baisse du commerce mondial est une autre manière de voir les choses. Il s’agit peut-être un peu des 2. Quoi qu’il en soit durant les 3 dernières semaines, 3 sociétés de transport maritime ont déposé le bilan d’après Reuters via ZeroHedge. D’après le secteur, ce sont les pires conditions de marché depuis les années 80. Aujourd’hui, le Baltic Dry Index s’élève à 512 : jamais il n’a été aussi bas.

Une dette qui ne cesse d’exploser

Pour conclure, un petit rappel sur LE problème qui mine les économies de la plupart des pays développés : la dette. En prenant en compte à la fois la dette publique et privée, 9 pays disposent d’un taux d’endettement supérieur à 300 % de leur PIB.

Dans cette liste publiée par ZH, les méchants profiteurs grecs suceurs d’euros n’occupent pas la plus haute marche du podium mais sont précédés par 6 nations. Outre le Japon (le champion incontesté en la matière), l’Irlande, Singapour et le Portugal, on retrouve la Belgique mais surtout les Pays-Bas, la nation du Président de l’Eurogroupe, Mr Dijsselbloem, qui ferait donc mieux de balayer devant sa porte avant de se permettre de donner des leçons aux autres… La Russie, qui ne cesse de voir sa note être baissée par Standard & Poor’s est bien loin derrière avec 65 % de dette par rapport à son PIB.

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Alors que la guerre des monnaies bat son plein et que les banques centrales ont acheté les secondes plus grandes quantités d’or en 2014 depuis un demi-siècle, c’est autour de la Suède de faire passer son taux directeur en territoire négatif dans l’espoir de faire baisser la couronne. Article du FT :

« La Suède vient de passer son taux directeur en territoire négatif et de lancer un assouplissement quantitatif dans le but de combattre la déflation devenant ainsi le dernier pays scandinave à alimenter l’escalade de la guerre des devises qui a lieu en Europe.

La Riksbank a pris les marchés par surprise en passant son taux directeur à -0,10 % et en dévoilant son premier programme d’achat d’actifs, tout en s’engageant à d’autres actions futures pour éviter que le pays ne s’enlise dans le piège déflationniste. La banque a présenté sa stratégie en tant que précautions contre les risques étrangers et la crise en Grèce.

Janet Henry de HSBC estime qu’il s’agit clairement d’une mesure destinée à dévaluer la couronne, une telle décision dans un contexte global de guerre des devises n’ayant aucun effet sur le problème de fond à savoir la demande mondiale en berne.

La Suède a pris cette décision alors que son voisin danois a pris des mesures encore plus draconiennes pour stopper le flot d’argent qui met son peg avec l’euro à mal et qui ressert le piège  de la déflation.

De leur côté, les Danois ont baissé leur taux directeur à -0,75 % en un mois afin de contrecarrer les effets à venir du QE de la BCE. Ils ont même pris la décision sans précédent de suspendre toute émission obligataire.

D’après Jens Nordvig (Nomura), la banque centrale danoise aurait dépensé cette année 32 milliards d’euros afin de défendre le peg face à l’euro soit 10 % du PIB danois. (…) Steen Jakobsen (Saxo Bank) a déclaré que l’échec du peg serait dangereux vu que les fonds de pension privés du pays dépendent largement d’actifs libellés en euro, tandis que leur dette est en couronnes danoises.

« Ces divergences monétaires pourraient rendre certains fonds de pension techniquement insolvables. Si cela devait arriver, le Danemark préférerait probablement rejoindre l’euro qui permet une réévaluation de 10 %. Cela pourrait arriver très rapidement si la situation dégénérait en Grèce. (…) »

Les responsables de la banque centrale du Danemark sont apparemment convaincus d’être plus intelligents que leurs homologues suisses, pensant réussir là où la BNS a échoué. De belles turbulences sur les marchés des changes et de conférences organisées à la va-vite en perspective !

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On entend souvent dire que ce sont les gouvernements qui contrôlent les banques centrales, malgré le fait qu’elles sont censées être indépendantes (il s’agit en fait de banques privée). Cependant, une conversation enregistrée entre le premier et le gouverneur d’une banque européenne suggère le contraire. Même s’il ne s’agit « que » de la Pologne, une telle révélation est on ne peut plus troublante.

Marek Belka (gauche)
Marek Belka (gauche)

Samedi dernier, une conversation secrète enregistrée dans un restaurant a été rendue publique. Son contenu est assez sérieux que pour avoir obligé le premier ministre Tusk à tenir une conférence de presse pour s’en expliquer.

Dans la conversation rendue publique par l’hebdomadaire polonais Wprost, on peut entendre Marek Belka, Président de la banque centrale polonaise (et passé au FMI), déclarer que son institution pouvait aider le gouvernement à maintenir la dette publique en dessous du seuil légal si le ministre des finances Jacek Rotowski était remplacé.

L’enregistrement daterait de l’été dernier. Quelques mois plus tard, en novembre 2013, Donald Tusk débarquait son ministre des finances. Wprost disposerait d’autres enregistrements compromettants pour le gouvernement de Tusk.

Si celui-ci a parlé de « propos déplaisants », le Président de la Banque Centrale de Pologne a remis en cause l’authenticité de la fuite… tout en ajoutant qu’il avait été manipulé. Aujourd’hui, certains demandent la démission de Tusk.

Mais quid de la réponse à notre question… Qui tire vraiment les ficelles, les gouvernements, ou la finance, alors que la plupart des présidents de banques centrales ont fourbi leurs armes dans les grandes banques privées ?

Source : novinite.com

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or-banques-centrales-achatsVoici la traduction d’un autre article de William Kaye, le gestionnaire de hedge fund de Hong Kong à la langue bien pendue, paru sur KWN :

William Kaye : « il me semble flagrant que la cabale contre l’or n’est pas finie. Le marché papier de l’or n’est que la queue qui frétille du marché physique, qui se porte très bien. Dans ma zone géographique, la demande chinoise, indienne, etc., est très soutenue.

Les lecteurs doivent bien comprendre que nous ne sommes pas dans un marché baissier. Nous sommes au contraire dans un marché haussier, mais qui concerne l’or physique. Pour chaque once d’or physique, il y a 93 certificats papier. Je n’ai pas sorti ce chiffre de mon chapeau, il s’agit des estimations de la banque centrale indienne. Et on peut dire qu’ils s’y connaissent. Avec un ratio de 93 pour 1, il est évidemment facile de dicter les prix via le marché papier.

À ce tarif, de nombreuses personnes et entités veulent acheter de l’or. La Chine, la banque centrale indienne, la banque centrale russe, etc. nous continuons également d’acheter de l’or. Il s’agit d’un prix très attractif, alors nous continuons nos emplettes. »

Eric King : « a-t-on vu des achats massifs à certains niveaux ? »

William Kaye : « oui. Lorsque le cours passe entre 1305 et 1310 $, il y a une grosse banque centrale qui achète. Je pense que c’est la Chine. L’or physique se fait de plus en plus rare… C’est ce qu’implique la backwardation permanente de l’or, ainsi que le taux négatif GOFO (note : depuis le 13 septembre 2013, tous les taux du GOFO sont en positif, et ne cessent de grimper. Par exemple, aujourd’hui, le 1 mois est à 0,11333).

Lorsqu’ils n’auront plus le physique pour faire face aux vagues d’achat, ils vont devoir jeter du lest. Je pense que le cours de l’or passera alors au-dessus des 2000 $ l’once, peut-être 3000. »

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inflation michael pentoDans cette interview, Michael Pento, un économiste de pointe, avertit que le pire est à venir en ce qui concerne l’inflation.

Michael Pento : « Les pontes de Wall Street estiment que Ben Bernanke, le président de la Fed, ne fait rien de mal en maintenant les taux d’intérêt à presque zéro et en alourdissant le bilan de son institution. Plus spécifiquement, la plupart des commentateurs déclarent avec certitude que la manipulation des marchés de la banque centrale, qui a atteint des niveaux records, s’est effectuée sans inflation.

Cette déclaration est absolument fausse. Pire encore, la quête de la Fed pour gonfler la valeur des actifs a été accomplie par du crédit par décret. Autrement dit, M. Bernanke a acheté pour plus de 2,5 trillions de titres adossés à des créances hypothécaires (MBS) et d’obligations américaines avec de l’argent créé il y a moins de 5 ans.

Cela signifie donc il y a pour déjà plus de 2,5 trillions de dollars d’inflation au niveau des MBS et des obligations. Le chiffre continue de grimper à concurrence de 85 milliards chaque mois. Cela signifie que la Fed crée énormément d’inflation sur le marché obligataire. Les banques ont également profité des liquidités offertes pour acheter des actifs, comme des actions, des MBS et des obligations, ce qui a aidé à faire descendre leur taux d’intérêt.

La monétarisation de la dette de Bernanke a fait exploser le cours de la bourse de 140 %, tandis que le prix de l’immobilier a augmenté sur base annuelle de 10,2 % à l’échelle nationale, d’après le Case Schiller index. L’inflation au niveau des marchés est évidente, elle a même provoqué un boom des prix de l’immobilier. Cette expansion du bilan de la Fed a causé l’augmentation de  l’agrégat monétaire large M2 de 7 % sur base annuelle. Avec une croissance réelle du PIB situé entre 1,5 et 2 %, ce surplus d’argent crée de l’inflation.

Pas d’inflation ? Le cas du brut

Mais le plus important, c’est que la Fed est parvenue à convaincre la majorité que créer des bulles, ce n’est pas créé de l’inflation. Le plus bel exemple, c’est le prix du brut. Durant les années 80 et 90, le prix du baril oscillait autour de 30 $. Au début des années 80, il était à 32 $, tandis qu’à l’aube du 2e millénaire, le baril WTI était à 27 $.

À partir d’environ 2005, les taux d’intérêt à la baisse, un dollar dont la valeur chute et les bulles de la Fed ont propulsé le cours du pétrole à 147 $ en 2008. Ensuite, la grande récession a permis de faire baisser le cours du baril à 33 $ au début de 2009. Cependant, la recherche sans fin d’inflation de la Fed a de nouveau propulsé le cours du baril à 94 $.

C’est ainsi que la banque centrale américaine perçoit l’inflation : avoir le prix du brut à plus de 200 % au-dessus de sa moyenne durant les 2 dernières décennies, ce n’est pas de l’inflation. Il s’agit simplement d’empêcher une bulle d’exploser. On peut dire la même chose à propos du marché actions. Wall Street est à son plus haut nominal, ce que la Fed considère comme une victoire. Mr Bernanke se moque de savoir qu’il y a déjà eu une bulle et qu’elle a explosé en 2008.

Le pire, c’est que l’inflation est loin d’être finie. La politique de la Fed a permis au gouvernement de s’endetter bien plus que de raison. Les contribuables ne seront pas en mesure de supporter le poids de cette dette. Ce qui signifie que les interventions des banques centrales vont devoir se renforcer. Elles deviendront de plus en plus agressives et permanentes. Autrement dit, si vous pensez que la vie chère est déjà en train de tuer les classes moyennes et de réduire notre qualité de vie… Attendez, vous n’avez encore rien vu, le pire est à venir. »

Source : KWN