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Banques Centrales

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lingot et pièces d'or

L’or, malgré ses évolutions en dents de scie depuis sa hausse de + ou – 20% en 2016, est sur une voie royale. John Ing nous explique pourquoi, en faisant le point sur les éléments favorables à l’or à court et long terme (source) :

La route vers la prospérité

Pendant près de deux décennies, des entités ont manipulé les taux pour leurs propres bénéfices. Est-ce le dernier hedge fond qui est au cœur de ce scandale ? Non, ce sont les principales banques centrales du monde, y compris la Banque du Japon (BOJ), qui manipulent les taux d’intérêt, et ce après une multitude de phases d’assouplissement quantitatif (QE) à grande échelle. En conséquence, ces banques ont acheté près de la moitié des ETF japonais. Malgré la manipulation de la courbe de rendement et la création d’argent destiné à l’achat d’actifs, comme la dette et les ETF gouvernementaux, on peut légitimement craindre que la limite ait été atteinte par les banques centrales. En amassant des titres, grâce à des programmes d’assouplissement quantitatif, les banques centrales du Japon, des États-Unis et du Royaume-Uni en sont arrivées à représenter bel et bien 40% du PIB mondial. Tout comme Knut le Grand n’a pas su contrôler les mers, la fixation des taux d’intérêt met en relief la limitation des banques centrales. Maintenant, leurs politiques ultra-accomodantes, et leur existence-même, sont attaquées. Le QE à l’infini semble donc avoir pris fin.

Malgré cela, le Japon a souffert de ce processus, pendant non pas une mais deux décennies, et les politiques non conventionnelles sont censées maintenant relancer son économie. Les investisseurs sont de plus en plus sceptiques sur les multiples formes japonaises d’assouplissements, et plutôt que de faire montre d’une baisse, le yen a gagné 20%. Ayant épuisé les autres options politiques, la Banque du Japon a promis de garder les rendements des obligations d’État à zéro, pendant dix ans. Les Japonais ont été parmi les premiers à introduire l’assouplissement quantitatif, avec d’énormes augmentations des achats d’obligations, au travers notamment du bureau de poste. Pendant un certain temps, cela a fonctionné d’une manière ou d’une autre, même si la cible d’inflation de 2% ait été manquée. Par la suite donc, et à chaque fois, une nouvelle cible d’inflation était fixée, et des taux négatifs étaient mis en place pour parvenir à atteindre cette cible. En ce sens, à chaque fois, le gouvernement japonais achetait davantage de papiers, de manière à ce que la courbe de rendement devienne plus plate, indépendamment de l’échéance ou de la solvabilité. L’argent est devenu non seulement trop abondant, mais également sans valeur. Les dépenses de consommation ont chuté et malgré l’abondance, l’économie demeure dans une position très floue. Les investisseurs se sont, quant à eux, habitués à cette politique d’impression et ont commencé à profiter à leur guise des flux d’argent, généré par la politique des banques centrales. En conséquence, la dette du gouvernement japonais a énormément augmenté, s’élevant jusqu’à 248% du produit intérieur brut. Vous ne serez donc certainement pas étonnés d’entendre que la Banque du Japon figure aujourd’hui parmi les plus grands débiteurs du monde.

Banques centrales, faites-moi confiance

Les banques centrales d’Europe et des États-Unis ont également suivi le modèle japonais. La Banque d’Angleterre a réduit son taux à 0,25%, le plus bas en 300 ans d’histoire. Après le Brexit, la livre sterling a perdu 17% de sa valeur. En ciblant les taux à la place de la base monétaire, les banques centrales ont imprimé des milliards de liquidités qui sont censés stimuler la croissance ou même les prix, tout en mettant franchement leur crédibilité en question. Les déficits publics sont devenus chroniques et nulle part les dispositions de renflouement ne prévalent dans le secteur privé. Le Venezuela pourrait être l’une des premières victimes.

Aujourd’hui, près d’un tiers de la dette publique mondiale s’inscrit dans le cadre de taux négatifs. En effet, les marchés ont été faussés au travers d’une forte intervention de nos banques centrales. Notons aussi que les épargnants ont accumulé des actifs depuis des siècles, mais sont maintenant pénalisés, notamment à cause de la dépendance excessive de leurs gouvernements vis-à-vis des taux zéro, voire des taux négatifs. On peut voir la preuve de cela au travers du fait que les engagements de retraite, à la fois du privé et des gouvernements, ont explosé parce que le financement des promesses futures coûte plus cher. En pressant le système de crédit, les modèles d’affaires des sociétés bancaires, de retraite et d’assurance sont mis en danger, de même que le sont leurs prêts. En principe, ces institutions ont l’obligation de rembourser l’argent ultérieurement. Cette promesse de payer est souvent soutenue par des titres de créance, mais lorsque la promesse de récupération est inférieure à ce qui a été emprunté, le modèle devient insoutenable. Les bilans des banques centrales retiennent jusqu’à un tiers de leurs propres obligations d’État. La cinquième banque du Canada, à savoir la Banque Nationale, a récemment emprunté environ 750 millions d’euros (ce qui revient à 1,1 milliard de dollars) avec un coupon de 0,00% à 99,72, ce qui équivaut, en matière d’échéance, à 0,04% sur 7 ans. Le fait que les investisseurs soient prêts à accepter ce retour est tout simplement ahurissant, et cela reflète l’environnement artificiel créé par les banques centrales. Récemment, le gouvernement italien a vendu des obligations au rendement dérisoire de 2,8%, ce qui implique un rendement négatif pour les acheteurs, durant le prochain demi-siècle.

Qui achèterait ces titres ? Les banques centrales, bien évidemment.

Duel de régulateurs

Il y a une réaction politique croissante contre les huit années de politiques monétaires non orthodoxes, dont on estime, dans l’écrasante majorité des cas, qu’elles ont été menées au profit des débiteurs et au détriment des épargnants. Par ricochet, on peut dire que ce processus inflige une croissance lente au secteur bancaire, avec des taux ultra-bas et un malaise plus profond. Avec les bénéfices plafonnés de leurs secteurs bancaires, les régulateurs allemands et italiens ont rechigné lors du récent Comité de Bâle, portant sur le projet de révision des règles de fonds propres des banques, et donc sur le contrôle bancaire, en général. Les problèmes de la Grèce semblent s’être désormais éclipsés, au travers notamment des banques lourdement endettées de l’Italie. Ces dernières soulèvent des préoccupations relatives au système bancaire « malade » de l’UE. Ce qui préoccupe le plus, c’est la possibilité que cette même union et, bien sûr, son système bancaire, commencent à se désagréger. Ironiquement, ce sont les Allemands qui ont poussé l’UE à interdire aux États de « renflouer » les banques, en forçant ainsi la réalisation de prévisions « sous caution », concernant  les dispositions relatives aux engagements des déposants. Alors que les problèmes de la Grèce ont été relégués au bas du tableau, les problèmes financiers de la Deutsche Bank, phare de l’Allemagne, ont éclaté et, force est de le constater, ils ont généré des préoccupations de capital, suite notamment à une menace de 14 milliards de dollars d’amende. Il y a huit ans maintenant, les Lehman Brothers ont fait faillite car bon nombre des investisseurs ont paniqué et ont, par conséquent, retiré leur argent. Aujourd’hui, les fonds de couverture sont pris de panique, après que le département américain de la Justice, dont le capital est inférieur à 70 milliards de dollars contre près de 2 billions de dollars d’actifs, ait demandé une amende de 14 milliards de dollars. Cette amende pourrait facilement déclencher un effondrement financier systémique. Toutefois, étant donné que le gouvernement allemand d’Angela Merkel fait face à une élection l’année prochaine, celle-ci a jusqu’à présent refusé d’utiliser des fonds publics pour renflouer l’unique banque mondiale de l’Allemagne. Bien sûr, les déboires de la Deutsche Bank ne sont pas identiques au problème antérieur des Lehman ; ils ne représentent pas non plus l’échec de Herstatt. Mais force est de constater que l’histoire peut se répéter ; et que les déboires de la Deutsche Bank donnent une impression de « déjà vu ».

Les banques centrales sont devenues les principaux acteurs car leurs gouvernements ont, au fur et à mesure, abandonné les responsabilités fiscales étatiques, laissant ainsi leurs banques centrales mettre en place des politiques sans précédent pour maintenir les économies contemporaines à flot. En créant artificiellement des marchés, les banques en question ont généré d’importantes distorsions ou des bulles. Notons aussi que les critiques à l’égard de ce mouvement ne se sont pas fait attendre. Le premier ministre britannique, Theresa May, a même critiqué les décisions de sa propre banque étatique : la Banque Nationale de l’Angleterre. Elle a affirmé que «… nous devons reconnaître qu’il y a eu certains effets secondaires néfastes. Les gens avec des actifs se sont enrichis, les gens sans en ont souffert. Les personnes liées à des prêts hypothécaires se sont retrouvées face à une dette moins chère. Les personnes liées à l’épargne se sont retrouvées plus pauvres ». « Un changement doit être enclenché », a-t-elle renchéri.

Dysfonctionnement « électile »

Après avoir creusé la dette nationale de 1,4 trillion de dollars, notons que le président Obama va laisser à son successeur une dette nationale brute de 20 trillions de dollars, soit une augmentation de 100% depuis son entrée en fonction. Les déficits et la dette sont en train de monter en flèche, et ce même actuellement, alors que M. Obama est train de quitter ses fonctions. Un élément-clé de l’Affordable Care Act (ACH) de M. Obama, a été l’introduction des échanges d’assurance dans l’exécutif du gouvernement. Mais étant donné que de nombreuses entreprises ont perdu de l’argent à travers ces échanges, beaucoup ont retiré leurs parts, puisque leur seule option était d’augmenter les primes ou de partir. Trois ans plus tard, le nombre de personnes sans assurance-maladie a diminué de 16% à 9% et, sans surprise, l’inflation concernant les dépenses de santé a augmenté. En outre, avec près de 80% des Américains concernés par les échanges actuellement subventionnés, les dépenses de santé sont en réalité plus élevées de 25% par rapport à la période antérieure à la récession, qui a commencé en 2007. Selon l’Institut Aurum, une institution spécialisée dans la recherche en santé, les frais médicaux américains ont fait un bond de 1% en août, ce qui représente la plus forte hausse mensuelle en 32 ans. La marée montante des coûts a entraîné des dépenses de santé atteignant une hausse de 18,2% du PIB : un chiffre tout à fait considérable, d’autant plus si on le compare aux 13,3% antérieurs. De manière significative, les familles de la classe moyenne dépensent environ 25% de plus pour leur santé, en comparaison avec d’autres dépenses comme le transport, le logement, etc. La démographie fait partie de la problématique, et si l’introduction du programme ObamaCare était destinée à l’éventuel élargissement de l’assistance publique, force est de constater que cela s’est fait au détriment d’un nombre très conséquent d’Américains. En ce sens, notons qu’une des préoccupations récurrentes, concerne la volonté générale des Américains de défrayer les coûts de santé : pour ce faire, ils optent pour des franchises plus élevées. Cependant, la flambée des prix des médicaments ne profite clairement pas à ces franchises : les coûts globaux sont bien évidemment en hausse (10 000 dollars pour une crème contre l’acné ?). La hausse des coûts fait donc partie intégrante de la frustration générale, et ni Hillary Clinton, ni Donald Trump n’ont proposé pour le moment un remède crédible.

Sexe, mensonges et politiques

Le troisième des trois débats programmés a déjà eu lieu dans le cadre de la course présidentielle pour la Maison-Blanche. Dommage qu’il doit y avoir un gagnant. Surtout lorsque l’on sait que Mme Clinton est le deuxième candidat américain le plus détesté de l’histoire, après le premier, à savoir Donald Trump. Actuellement, Hillary Clinton a une avance dans les sondages, et le « consensus de la rue » estime qu’elle va gagner. Cela dit, nous pensons – tout comme l’exemple récent de la Grande-Bretagne nous l’a démontré – que l’argent intelligent a été assez stupide pour ne pas anticiper le Brexit, à l’instar d’ailleurs du « consensus de la rue » qui s’attend à ce que Clinton remporte l’élection. À ce propos, notons qu’en Grande-Bretagne, un trop grand nombre de personnes ont sous-estimé la profondeur du mécontentement populiste et la frustration qui a alimenté le Brexit. L’équivalent du Brexit aux États-Unis est, vous vous en doutez, l’éventuelle élection de M. Trump. Cette aliénation profonde a permis à Donald Trump de remporter l’investiture de son parti, et il pourrait à présent en surprendre plus d’un. Après tout, n’oublions pas que Mme Clinton peut perdre cette élection, ne serait-ce qu’en raison du « bagage » qu’elle porte.

Cela étant dit, et pour être honnête, une victoire de Donald Trump choquerait non seulement les médias traditionnels, mais aussi Hillary Clinton ou encore l’establishment de Wall Street ; une telle victoire choquerait même les membres du Parti Républicain de M. Trump. Toutefois, force est également de constater que M. Trump serait un générateur de changement(s). Le commerce, le changement climatique, l’ordre mondial, le Moyen-Orient et la Chine : tous ces segments politiques subiraient des transformations plus ou moins profondes, parfois très profondes. Quant aux dépenses militaires des États-Unis d’Amérique, elles augmenteraient, tout comme ses déficits. Mais ni le monde, ni ses marchés financiers ne sont prêts pour un tel virement de cap.

L’or : une protection contre les caprices

Pendant ce temps, la Fed est dans une impasse, et en omettant de donner suite par des hausses des taux, elle a perdu sa crédibilité, et notamment au fur et à mesure que les fausses menaces se sont présentées. Cela dit, malgré les menaces formulées, la Fed devrait retirer le bol de punch ; mais au lieu de cela, elle continue à le remplir avec de plus en plus de liquidités. Il semble que tout ajout dans le bol de punch, ne fait que stimuler les prix des actifs et encourager la consommation, les rachats d’actions ou les placements de la dette, sans augmentation de l’investissement. L’argent pas cher a stimulé les valorisations, en renforçant ainsi l’illusion artificielle que les marchés sont liquides.

La Fed et ses collègues sont devenus des créateurs d’argent qui dévalorisent celui-ci ; ils ne sont plus les gardiens de notre argent. Nos marchés liquides sont en fait illiquides. Il n’est donc pas étonnant de constater toute la préoccupation dont il a été question ci-dessus. Les banquiers centraux sont tout simplement devenus les servants des hommes et des femmes politiques et, de fait, les banquiers centraux sont devenus des agents renforçant la méfiance vis-à-vis de l’actuel système financier. À ce propos, notons que ce qui affaiblit la confiance en nos propres banques centrales, affaiblit également le fonctionnement économique et politique, à travers le monde entier. Les investisseurs en sont à se demander en qui ils pourraient avoir confiance. Aujourd’hui, les retraités, les épargnants, les fonds de pension et les banques sont défavorisés par les politiques des banques centrales. Ces derniers temps, l’or a connu une hausse. Nous nous attendons à un réalignement majeur entre l’or et le dollar. L’or demeure un investissement de couverture alternatif qui, à notre avis, continuera à surperformer les marchés boursiers, tout comme il l’a fait lors des dix derniers mois.

Le plongeon de la livre sterling, en raison notamment de l’affaire Brexit, est un sujet bien évidemment préoccupant. Supposons qu’un investisseur ait décidé d’abandonner son affaire au Royaume-Uni avant le Brexit et d’investir dans de l’or. Cette personne aurait eu maintenant une médaille d’or, avec une hausse s’élevant à 43%. Il existe deux façons de décrire le mouvement du prix de l’or. On peut dire que la valeur de l’or a augmenté, en termes de livre sterling, ou au contraire, on peut dire que la livre sterling a chuté de 43%, en termes d’or. Quoi qu’il en soit, l’or est une couverture vis-à-vis des monnaies, celles en « papier ».

Dans les 42 années écoulées depuis l’effondrement du système de Bretton Woods, le système monétaire d’après-guerre a été étroitement associé – « ancré » pourrait-on dire – au dollar américain. En 1971, le président Nixon a retiré le dollar de l’étalon-or, notamment afin de mettre fin à une guerre des devises, qui aurait tout simplement détruit le dollar américain. Aujourd’hui, en conséquence de la création de milliers de milliards de liquidités, une nouvelle guerre des devises a émergé. Encore une fois, les monnaies « papier » croulent dans une guerre furtive des devises, qui teste la coriacité du dollar : un artefact du monde de la monnaie fiduciaire, qui remonte à quatre décennies. Le système monétaire flottant d’aujourd’hui est écrasé par le poids de la liquidité de nos banques centrales. Auparavant créancière, l’Arabie Saoudite a besoin maintenant de fonds, étant donné qu’elle affiche un déficit budgétaire de 13,5% de son PIB, cette année. Cependant, le Congrès prévoit de déployer un veto 9/11 sur les risques d’immunité souveraine. La menace saoudienne, relative au déchargement de milliards de dollars en actifs américains, pourrait s’avérer vide de sens, mais cette violation de l’application extraterritoriale des lois américaines met en péril l’hégémonie, une fois de plus, américaine. L’offre de dollars est soutenue par la « bonne foi » aux États-Unis, et nous sommes inondés de dollars. Si cette « bonne foi » venait à être mise à l’épreuve, comme cela a été le cas à deux reprises auparavant, il n’y aurait alors qu’une seule direction de la valeur, et celle-ci serait descendante.

Cela étant dit, n’oublions pas non plus les créanciers qui ont subventionné ou financé l’hégémonie américaine. La dette a été monétisée. À ce propos, notons qu’un accident de train se rapproche lentement. La complaisance est devenue beaucoup trop habituelle. On peut détecter la baisse de la confiance, et ce dans toutes les parties du monde. La dette ascendante des États-Unis, la gouvernance dysfonctionnelle, l’imminente élection et l’impasse politique ont suscité des inquiétudes quant à une baisse imminente du dollar. Dans le sillage de la crise financière mondiale, qui a vu le jour huit ans auparavant, les investisseurs étrangers ont financé une partie importante de la dette des États-Unis, à l’issue notamment de la crise en question. Cependant, il est intéressant de constater que cette année, la Chine, le Japon et la Russie ont réduit leurs participations en termes de bons du Trésor, pendant trois trimestres consécutifs. Toute réduction supplémentaire pourrait faire monter les taux, indépendamment du fait que Yellen se déplace en décembre ou non.

Des perspectives en or

Pendant ce temps, la Chine et la Russie ont bâti des réserves d’or considérables, notamment en raison de leur réticence à garder leurs réserves constituées en grande partie en dollars américains. Pour eux, le métal précieux est une couverture contre la Fed. Selon les « Sept âges de l’or », publiés par l’OMFIF, entre 1870 et 1970, les banques centrales accumulaient le métal jaune, avant de faire une pause de quatre décennies, destinées à expérimenter les monnaies « papier ». Cependant, depuis 2008, les banques centrales ont ajouté plus de 2800 tonnes d’or, en notant que par le passé, chaque période d’accumulation a duré trente ans. Le marché haussier de l’or est donc encore sur ses pieds. Contrairement à l’histoire de la monnaie « papier », l’or peut témoigner d’une stabilité à long terme.

L’une des raisons principales expliquant cette réalité économique est que la Chine a acheté de l’or, en augmentant ainsi ses réserves d’or, de 300 tonnes en 2003, à 1833 tonnes aujourd’hui. De fait, la Chine est devenue le cinquième plus grand détenteur d’or dans le monde entier. Bien que la réserve en question ne représente que 2,3% du total des réserves internationales chinoises, la Chine a persévéré dans ses achats d’or mensuels et aujourd’hui, une quinzaine de banques chinoises détiennent sur leurs livres près de 3200 tonnes d’or. Cela représente la production minière mondiale d’une année, mise à disposition de leurs clients, y compris en ce qui concerne la banque centrale. Au lieu de tenir des bons du Trésor américain, les achats d’or de la Chine s’éloignent du système dollar-centrique, nécessitant ainsi moins de dollars.

Qui plus est, la Chine a réussi sa poussée concernant la volonté de faire du renminbi une monnaie de réserve. En effet, le renminbi a été ajouté aux quatre paniers des devises de sauvegarde des droits de tirage spéciaux du FMI (les DTS). La Chine a également assoupli les restrictions d’investissement, de manière à ce que Shanghai et « Shenzhen Connect » soient en interaction avec des investisseurs extérieurs. Dans le cadre de l’internationalisation du renminbi, il y a maintenant plusieurs hubs de devises, l’or est libellé en renminbi, et le « Shanghai Gold Exchange » (SGE) est devenu, notons-le, le plus grand marché physique dans le monde.

Trump accuse la Fed de la création d’un « faux marché boursier », estimant que les politiques de taux d’intérêt bas, qui ont été générées par la Fed, n’ont pas relancé la croissance réelle mais, au lieu de cela, ont créé une « fausse économie », qui pourrait conduire à la prochaine crise mondiale. Et force est de constater qu’il a raison, cette fois-ci. La position des États-Unis, à savoir le plus grand débiteur du monde, est en réalité aussi son talon d’Achille. En effet, malgré les tentatives des États-Unis de consolider ses pouvoirs financiers hégémoniques, ils doivent compter sur les autres pour financer ses déficits. La dette nationale écrasante des États-Unis a déjà atteint un niveau record, en temps de paix, de manière à ce que la situation devienne réellement inquiétante. Deux fois l’Amérique a perdu sa souveraineté face aux créanciers et aujourd’hui, l’État est encore une fois dépendant des investisseurs étrangers, à commencer par la Chine, en passant par la Russie, pour finir avec l’Arabie Saoudite. Que M. Trump le veuille ou non, la grandeur des États-Unis d’Amérique est déjà entre les mains des prêteurs sur gages.

Ironiquement, notre point de vue est que la présidence de Trump serait probablement en mesure de déclencher un exode massif du billet vert, et ce dans le contexte d’un renversement mondial d’opérations de carry trade de la plus grande envergure, causé par les gestionnaires de fonds qui ont emprunté sans relâche, afin de financer leurs retours sur investissement ; le tout dans le cadre d’un monde dominé par les faibles rendements. Nous croyons qu’une victoire de Donald Trump se traduira probablement par une hausse de 100 dollars l’once, et ce dès la première nuit après l’élection. Il serait donc très utile de posséder de l’or à ce moment-là.

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Jim Rickards

Article de Jim Rickards via les Publications Agora :

Jamais une banque centrale ne souhaiterait revenir à un étalon-or de son propre gré.

L’adhésion à un étalon-or limite la capacité des banques centrales à imprimer librement de l’argent. Comme cette capacité d’émettre de l’argent est synonyme de pouvoir et comme les Etats ne renoncent pas volontiers à ce dernier, aucune banque centrale ne soutient l’étalon-or.

Mais une politique monétaire discrétionnaire et un étalon-or ne s’excluent pas forcément mutuellement. Ils peuvent coexister dans certaines limites. Par exemple, de 1913 à 1968, les Etats-Unis ont fonctionné avec un étalon-or et une banque centrale exerçant une politique monétaire discrétionnaire.

En 1913, la Réserve fédérale fut créée et commença à émettre des “billets de la Réserve fédérale” ayant cours légal. En 1968, le Congrès abrogea l’exigence selon laquelle il fallait adosser les émissions de billets de la Réserve fédérale à une quantité donnée d’or physique en réserve. Mais pendant ces 55 ans une monnaie fiduciaire a été adossée à des réserves d’or : il y a bien eu cohabitation.

Cette réserve d’or exigée limitait théoriquement le volume de monnaie-papier pouvant être émis. Mais en pratique, cela a rarement été le cas.

Même pendant la Grande Dépression, le volume des billets de la Réserve fédérale a rarement dépassé 100% des réserves d’or (bien qu’en théorie, il aurait pu aller jusqu’à 250% des réserves). Pendant cette période, le gouvernement aurait dû augmenter la masse de monnaie-papier afin de combattre la déflation. Cela démontre que les pires effets de la Grande Dépression ont été provoqués par la politique monétaire discrétionnaire, inadaptée, que menait la Fed, et non par l’or : Milton Friedman et Anna Schwartz l’ont souligné il y a 10 ans, et Ben Bernanke l’a réaffirmé récemment.

Pour les banques centrales, la question n’est pas de savoir si elles souhaitent ou non un étalon-or (elles n’en veulent pas) mais si elles seront peut-être forcées d’en adopter un pour provoquer de l’inflation. Le principe, ce serait de revenir à un étalon-or mais moyennant un cours bien plus élevé : 5 000 dollars l’once, peut-être, voire plus. Le cours non déflationniste et tacite de l’or, selon un nouvel étalon-or assorti d’une masse monétaire M1 (comprenant les espèces, les réserves et dépôts bancaires) adossée à 40% d’or (c’était ce pourcentage, lors de la création de la Fed en 1913), serait de 10 000 dollars l’once.

Bien sûr, ce prix pourrait être bien plus élevé avec un masse monétaire adossée à 100% d’or, ou si l’on utilisait comme référence une masse monétaire M2 (la masse M1 + les fonds monétaires et quelques autres instruments). Le chiffre exact importe moins que le fait que le cours de l’or envisagé devrait être bien plus élevé que le cours actuel afin d’obtenir l’inflation désirée.

Bien sûr, le but d’un cours officiel bien plus élevé n’est pas de récompenser les détenteurs d’or, mais plutôt de faire grimper les prix de tout le reste.

C’est exactement ce qu’a fait Franklin D Roosevelt en 1933 lorsqu’il a augmenté le cours de l’or de près de 75%, le faisant passer de 20,67 dollars l’once à 35 dollars. Le but était alors de provoquer l’inflation des prix du coton, du cuivre, de l’acier et des actions. Cela a fonctionné à merveille. L’inflation des matières première et les cours des actions ont décollé en 1933-1936 et le chômage a baissé (quoiqu’en partant de niveaux très élevés). Roosevelt s’est assuré que les détenteurs d’or — qu’il appelait les “entasseurs” (hoarders) — n’en tirent aucun profit : Roosevelt a confisqué l’or du secteur privé avant d’en augmenter le cours.

Cette confiscation pourrait se reproduire, mais elle n’est pas nécessaire. Le gouvernement peut augmenter le cours de l’or par décret, sans se préoccuper que les détenteurs du secteur privé en profitent ou non.

Ce genre de “choc de l’or”, destiné à provoquer de l’inflation, pourrait également être mis en oeuvre au niveau international, en le combinant aux DTS, pour en faire de nouveaux DTS adossés à l’or. Ce serait ironique car les premiers DTS de 1969 ont été brièvement adossés à l’or selon un montant défini.

Pour plus d’informations et de conseils de ce genre, c’est ici et c’est gratuit.

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Banque du Japon à Tokyo

Acheter des obligations, voire même les marchés actions via les ETF c’est bien, mais combien de temps cela pourra-t-il durer jusqu’à ce que les limites des banques centrales soient atteintes ? Ray Dalio, de Bridgewater, a fait le calcul pour nous, comme le rapporte cet article de Zero Hedge.

limites-banques-centrales

Après avoir passé en revue toute une série de graphes de Deutsche Bank qui montrent que les banques centrales sont « au bout du chemin », le papier du média financier iconoclaste américain plonge au cœur du sujet :

« Ok très bien, les banques centrales arrivent « au bout du chemin », mais elles sont également terrifiées à l’idée de retirer le sparadrap. Celui-ci a permis d’installer un équilibre instable dans le système ; d’un côté les banques centrales reconnaissent qu’elles doivent transmettre le témoin de l’impulsion de la croissance aux gouvernements, mais d’un autre côté elles sont terrifiées à l’idée d’apporter toute modification au statu quo vu qu’elles savent pertinemment qu’elles pourraient effacer du jour au lendemain ces 7 années « d’effet de richesse ».

Combien de temps va durer cette comédie ?

Si nombreux sont ceux qui seraient tentés de dire « indéfiniment », ce n’est pas vrai. Car pour toute obligation, part d’ETF ou action acheté par un banquier central, le jour arrivera où soit ils auront acheté l’intégralité du marché, soit ils l’auront tellement acheté qu’ils auront complètement déstabilisé le bon fonctionnement des marchés des capitaux (voir à ce titre les douzaines de hedge funds qui ont mis la clé sous le paillasson ces dernières années).

Heureusement, dans une analyse récente, Ray Dalio de Bridgewater s’est posé cette question précise, et mieux encore, il nous fournit la réponse quant à savoir combien de temps il reste à la BCE et à la BoJ avant d’atteindre les limites de leurs programmes existants.

Comme le montre le graphique ci-dessus, en admettant que les programmes actuels suivent leur cours sans modification, la BCE et la BoJ, à savoir les 2 banques centrales qui monétisent le plus la dette aujourd’hui, pourront poursuivre respectivement pendant 8 et 26 mois leur stratégie avant d’atteindre ses limites.

Cependant, si ces programmes devaient être étendus, par exemple en élargissant l’éventail d’obligations pouvant être achetées ou en achetant les marchés actions encore plus agressivement, ce délai serait allongé. La réponse finale est de 66 mois, soit un peu plus de 5 ans et demi pour la BCE si elle parvenait à balayer l’opposition politique l’empêchant de faire l’acquisition de l’intégralité du marché obligataire européen et de 20 % des marchés actions. Pour la banque du Japon, ce délai passe à 48 mois, soit 4 ans.

Ce qui signifie que les investisseurs, qui se sont déjà arraché tous les cheveux de la tête pour avoir participé à des marchés planifiés centralement qui n’ont plus aucun sens, pourraient devoir prendre leur mal en patience car cette folie pourrait encore durer 4 à 5 années supplémentaires…

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QE cumulés des banques centrales du G4 2009-2016

Article de ZeroHedge.com, publié le 26 juillet 2016 :

« Le tabassage monétaire se poursuivra jusqu’à ce que le moral s’améliore. Huit longues années après que les expérimentations en termes de politique monétaire soient devenues extrêmes, Reuters rapporte que les montants injectés dans le système financier mondial via les QE n’ont jamais été aussi élevés… et sont sur le point d’augmenter davantage.

Comme le rapporte Jamie McGeever, la BCE et la banque du Japon achètent en ce moment pour environ 180 milliards de dollars d’actifs par mois, d’après la Deutsche Bank, soit un total mondial supérieur à tout ce que l’on a pu voir depuis 2009, même lorsque le QE de la Fed marchait plein pot.

Et si le consensus devait avoir raison, ce total devrait augmenter de plusieurs milliards supplémentaires alors que l’on s’attend à ce que la BCE, la BoJ et même la banque d’Angleterre en remettent bientôt une couche dans une tentative de soutenir une croissance fragile et de faire grimper une inflation obstinément basse.

Ces injections totales de 180 milliards sont partagées à presque 50/50 par la BCE et la BoJ, d’après Deutsche Bank ; le calcul est effectué sur les 12 derniers mois. Mais par rapport au PIB, le Japon est le grand perdant…

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Voilà qui explique pourquoi les marchés actions des 4 coins du monde ont grimpé depuis février dans un contexte d’effondrement de tous les fondamentaux…

bilans-marchés-fondamentaux

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lingot et pièces d'or

Article de Nikkei.com, publié le 12 juillet 2016 :

« Les banques centrales poursuivent leurs acquisitions d’or, la Chine et la Russie en tête afin de réduire leur dépendance au dollar et à l’euro ainsi que pour maintenir la confiance dans leur devise domestique.

Les banques centrales du monde ont augmenté leurs réserves d’or de 2,7 % par rapport à l’année précédente pour posséder un total d’environ 32.800 tonnes, d’après le rapport du World Gold Council publié la semaine dernière. En 2015, elles ont acheté en net 483 tonnes, plaçant cette année sur la seconde marche du podium des achats annuels les plus conséquents depuis la fin de la convertibilité du dollar en or en 1971. D’après Thomson Reuters GFMS, cela fait 6 années d’affilée que les banques centrales sont, globalement, à l’achat.

Augmentation des réserves d’or (officielles) de la Chine de 70 %

Durant les 12 derniers mois, la Chine a augmenté ses réserves d’or de 70 %, un chiffre impressionnant, pour porter ses réserves à environ 1800 tonnes, ce qui place la Chine en 5e position des pays qui possèdent le plus d’or. (…) La rivalité politique entre Pékin et Washington a également contribué à pousser la Chine vers l’or. (…)

Augmentation des réserves d’or de la Russie de 18 %

La Russie a également dopé ses réserves d’or, de 18 % durant les 12 derniers mois, pour un total d’environ 1480 tonnes. La baisse du cours du pétrole a porté un coup dur à l’économie russe, ce qui a fait baisser le rouble. La Russie a décidé d’acheter davantage d’or en lieu et place du dollar ou de l’euro sur fond de sanctions occidentales en raison de la crise ukrainienne. (…)

Certaines banques centrales ont vendu une partie de leur or. Notamment le Venezuela, qui s’est débarrassé de 43 % de ses réserves, étranglé par la chute des cours du brut et obligé ainsi de se séparer de ses réserves pour rembourser sa dette. Mais le Venezuela fait partie des exceptions. Les pays développés, dont le Japon, n’ont pas touché à leurs réserves d’or.

Les pays émergents ont commencé à acquérir de l’or à la fin des années 2000, lorsque la crise financière de 2008 et la crise de la dette européenne ont entamé la crédibilité du dollar et de l’euro. (…) »

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Dans un court article publié hier, ZeroHedge insistait sur un court passage d’un papier publié par la BCE qui, selon le média financier américain, explique brièvement le business model de toute banque centrale : « les banques centrales sont protégées de l’insolvabilité de par leur capacité de créer de l’argent et donc d’opérer avec un passif ».

Si cette citation est tout à fait véridique, l’assertion selon laquelle « le fait premier marquant de ce rapport est la grosse asymétrie du cœur de l’analyse : comment peut-on parler de profits sans évoquer la possibilité des pertes ? » occulte la réalité.

Ce même papier de la BCE évoque bel et bien ce qui est prévu si une banque centrale, donc potentiellement la BCE, devait perdre de l’argent jusqu’à devenir insolvable. Et sans surprise, ce sont les contribuables européens, via leur gouvernement respectif, qui devraient passer à la caisse.

Page 13, la BCE mentionne clairement, via le point 2.1.2 Règles de couverture des pertes :

« Pendant la crise financière, tout un nombre de banques centrales ont augmenté la taille de leur bilan de façon considérable via l’introduction de politiques monétaires non standards. Ces nouveaux programmes, combinés à l’introduction de nouvelles règles moins contraignantes (…), augmentent le risque de pertes.

Des pertes, en particulier si elles devaient se prolonger durant plusieurs années, pourrait affecter la réputation d’une banque centrale et sa crédibilité tout en affaiblissant l’efficacité de ses politiques monétaires. Pour couvrir ses pertes, la banque peut les reporter dans l’attente de profits futurs suffisants pour les annuler. En cas d’échec, la banque centrale peut être recapitalisée par l’État, en théorie via des transferts de titres d’État négociables ; une situation peu acceptable politiquement parlant pour de nombreux états, un tel événement étant susceptibles d’arriver lorsque les gouvernements ont leurs propres difficultés économiques.

Résolution des pertes

Sur base des réponses au questionnaire, voici les modes de résolution possibles :

  1. Utilisation de filets de sécurité spéciaux, par exemple de provisions spécifiques pour couvrir les pertes.
  2. Utilisation des réserves lorsqu’elles sont disponibles.
  3. Report des pertes, pour que le trou enregistré durant une année puisse être gommé par des profits futurs.
  4. Droit sur profits futurs, une mesure similaire à la précédente à la différence que les pertes ne sont comptabilisées sur le bilan de la banque centrale.
  5. Recapitalisation directe par le gouvernement ou les actionnaires, événement qui a lieu le plus souvent lorsque toutes les autres alternatives ont été épuisées. »

Alors oui, la BCE n’écrit pas noir sur blanc qu’elle devrait être recapitalisée par les gouvernements si elle devait être en état d’insolvabilité durant plusieurs exercices. Mais, en définitive, il n’y aurait pas d’autre solution. Et vu que ce papier a été rédigé sur base de formulaires envoyés par les banques centrales, rien ne dit que la BCE n’a pas elle-même remplit l’un d’eux…

assignat et dollar

Article inspiré de celui d’Hugo Salinas Price publié sur Plata.com.mx le 22 mars 2016 sur les parallélismes entre la crise et les politiques monétaires de 1790 et d’aujourd’hui :

Une économie en berne

« Nous sommes en France en 1790, l’Assemblée nationale révolutionnaire est inquiète : la situation économique se détériore en raison de la pénurie de monnaie. Pas de quoi s’étonner, l’activité économique ralentit durant les périodes de troubles politiques.

Cette assemblée, composée de gens intelligents, éduqués et raisonnables, décide que cette pénurie de monnaie est intolérable et qu’il faut y remédier. Elle a une idée de génie : créer la monnaie nécessaire pour relancer la machine.

Créons de la monnaie pour relancer la machine économique

Les Assignats sont nés, garantis par les propriétés foncières récemment confisquées à l’Eglise. Ils sont rapidement imprimés et mis en circulation, leur valeur monétaire est exprimée en francs-or.

Dans un premier temps, les assignats circulent en compagnie des pièces d’or, s’échangeant à leur valeur nominale. Mais rapidement, un taux de change entre les 2 s’instaure, et la valeur des assignats chute par rapport à l’or. C’est le début d’un cauchemar qui va durer 7 ans.

Après la première émission des assignats, le problème du ralentissement économique n’étant pas réglé, une seconde émission est décrétée. Puis une 3e, une 4e et une autre, et encore une autre, si bien que la valeur des assignats ne cesse de dégringoler par rapport à l’or.

L’or est préféré aux Assignats

Pour leurs concepteurs, la dévaluation vertigineuse des assignats ne peut être que le fait de gens mauvais, ennemis de la patrie, qui doivent être sévèrement châtiés. L’assemblée décide, par exemple, qu’un marchand qui demande à un client potentiel s’il souhaite payer en assignats ou en or avant de donner son prix sera envoyé aux galères ou sur l’échafaud. Un réseau national d’espions et mis en place afin de pourchasser ceux qui conservent de l’or.

Les citoyens les plus futés décident d’emprunter des sommes énormes en assignats, sachant que leur valeur finira par chuter, pour acheter toutes sortes de biens tangibles : immobilier, œuvres d’art, bijoux, etc. De cette façon, des fortunes énormes se forment sur le dos des ignorants.

En 1797, Napoléon prend le pouvoir en France. Il met fin aux politiques très raisonnables des gens hautement compétents de l’Assemblée nationale en déclarant que l’or est l’unique monnaie. Les Assignats sont alors brûlés place Vendôme.

Les éminences grises de l’Assemblée nationale ont réussi… à mettre la France à genoux. Mais aucun d’entre eux ne fera son mea culpa.

Nous sommes aujourd’hui en 2016. Pourquoi sommes-nous à nouveau en 1790 ? Tout simplement parce qu’aujourd’hui, un petit groupe de gens orgueilleux pense pouvoir piloter l’économie mondiale sur base d’une construction intellectuelle erronée, à savoir le dollar non adossé à l’or et ses devises dérivées.

L’or, l’ennemi d’hier et d’aujourd’hui

En 1790, l’or était l’ennemi de ces gens vaniteux parce que la dépréciation des  assignats par rapport à l’or révélait la supercherie. L’Assemblée nationale fit alors tout ce qui était en son pouvoir pour éradiquer l’utilisation de l’or en recourant à la violence. Aujourd’hui, l’or est à nouveau l’ennemi de nos maîtres orgueilleux. Car le métal jaune menace de mettre à nu la supercherie du dollar.

En 1933, un dollar valait 1,5 g d’or. Aujourd’hui, un dollar vous permet d’acheter 2,5 millièmes de gramme d’or. Comme les assignats, dont la valeur finit par tomber à zéro en 1797, le dollar fait face au même destin inévitable. Et vu que toutes les autres devises du monde ne sont que des dérivés du dollar, elles deviendront elles aussi sans valeur.

L’idée de la possibilité d’inventer une monnaie supérieure à l’or pour atteindre la prospérité était la faille intellectuelle fondamentale dans le raisonnement des membres vaniteux de l’Assemblée nationale de France en 1790.

Les banquiers centraux aujourd’hui commettent exactement la même erreur. Ils pensent que le dollar est une monnaie supérieure à l’or.

L’arrogance de la majorité de l’Assemblée nationale de France en 1790 a mené à la dévastation totale de l’économie française en l’espace de 7 ans. Les banquiers centraux d’aujourd’hui réaliseront sans aucun doute le même exploit. Et comme il y a plus de 2 siècles, n’espérez pas entendre de leur bouche l’aveu de leur culpabilité. »

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lingots d'argent

Article d’Hubert Moolman, publié le 24 février 2016 sur SafeHaven.com :

« La monnaie est une réserve de valeur (ou de richesse), un moyen d’échange ainsi qu’une unité de compte. Pour être efficace une monnaie doit être divisible, portable, homogène, durable et avoir une valeur intrinsèque (…). L’or dispose de toutes ces qualités. C’est la raison pour laquelle il est utilisé en tant que monnaie depuis des siècles et des siècles. C’est aussi pour cette raison que les banques centrales en détiennent. Enfin, c’est grâce à l’or que les banques centrales furent en mesure de pousser la population à utiliser et à faire confiance à l’argent papier.

L’argent métal possède également ces propriétés monétaires. C’est la raison pour laquelle il fut utilisé en tant que monnaie depuis des siècles. De plus, de par le passé les banques centrales ont également stocké de l’argent métal en tant que réserve de change. Il était également utilisé pour la fabrication de pièces.

L’argent était intégré dans les réserves des banques centrales il y a encore 100 ans

Aujourd’hui, l’argent a été grosso modo complètement démonétisé. Plus aucune banque centrale ou presque n’en détient. Cette démonétisation a démarré dans les années 1870 pour s’achever dans la fin des années 60. Le fait que l’argent a été complètement démonétisé tandis que les banques centrales ont continué d’intégrer l’or dans leurs réserves de change est la raison majeure qui explique pourquoi certains perçoivent l’or en tant que monnaie et l’argent en tant que matière première.

L’accord de Bretton-Woods fut virtuellement le dernier clou planté dans le cercueil du statut de monnaie de l’argent métal. À cette occasion, les nations du monde se mirent d’accord pour structurer le système monétaire autour de l’or et du dollar américain (en excluant ainsi l’argent). Aujourd’hui, nous sommes en quelque sorte dans une ère post Bretton-Woods, notre paysage monétaire ayant été écorné par les effets de ce plan (l’expansion massive du crédit).

Beaucoup affirment que les banques centrales détestent l’or sur la base de leurs actions des 100 dernières années. Cependant, les banques centrales ne haïssent pas viscéralement l’or… Elles le font uniquement lorsque c’est dans leur intérêt. Car quand l’or leur est utile, elles sont les premières à l’aimer.

Par exemple, les banques centrales aimaient beaucoup l’or lorsqu’il leur permit de donner de la crédibilité à leur argent papier, durant les périodes lorsque celui-ci fut remis en question (comme ce fut le cas durant les années 70). Jusqu’à environ 1976, les banques centrales étaient des acheteuses nettes d’or.

Durant les années 80, l’argent papier fut encore sous pression ce qui força les banques centrales à s’accrocher à leur or. Durant cette décennie, leurs réserves furent quasi inchangées.

Arrivé dans les années 90, le paysage financier avait évolué vers une situation dans laquelle il était dans l’intérêt de la plupart des pays de dévaluer leur devise (afin d’alimenter la grande bulle du crédit). Durant cette période les banques centrales furent vendeuses nettes d’or et la tendance s’est poursuivie jusqu’en 2008/2009.

2008 : les réserves de change ont a nouveau besoin des métaux précieux

La crise financière de 2008 a bouleversé le paysage financier, forçant les banques centrales à redevenir acheteuses nettes d’or (c’est encore le cas aujourd’hui). De nouveau, comme ce fut le cas dans les années 70, ces achats vont dans leur intérêt afin de soutenir leurs devises douteuses.

Depuis la crise de 2008, de grandes évolutions (comme la banque des BRICS) sont apparues avec pour objectif de remplacer le dollar en tant que monnaie de réserve. Ces changements ne pourront que s’intensifier alors que de plus en plus de devises sont mises sous pression par la crise financière qui n’en finit pas.

Afin d’atteindre cet objectif, un outil comme l’or devra être utilisé pour instaurer la crédibilité nécessaire. Cela provoquera parmi les nations une ruée, qui a déjà démarré, pour mettre la main sur un maximum d’or (à l’exception des États-Unis, vu qu’il n’est pas dans leur intérêt de perdre le statut du dollar).

Lorsque cela aura lieu, il ne faudra pas attendre longtemps avant de voir les banques centrales acheter de l’argent métal vu que celui-ci dispose de toutes les propriétés monétaires de l’or. Cette affirmation pourrait faire froncer les sourcils de nombreux lecteurs, vu l’attitude historique récente des banques centrales envers l’argent métal. Mais si elles n’en possédaient pas, c’est qu’elles n’en avaient pas l’intérêt. Aujourd’hui, alors que la donne a changé, l’intérêt de posséder de l’argent métal pour survivre en tant qu’autorité monétaire ou même en tant que nation est bien réel. Et après tout, ce n’est pas comme s’il s’agissait d’une nouveauté. (…) »

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Interview de Marc Faber sur KWN, publiée le 19 février 2016 :

« Je pense que les marchés actions à travers le monde clôtureront l’année en baisse, mais tout dépendra de la quantité de monnaie créée par les banquiers centraux. Il est impossible de prédire jusqu’où iront ces savants fous. Ils pourraient lancer un QE4 à 500 milliards par mois et donc en théorie racheter tout le marché.

Certaines banques centrales ont déjà acheté des actions, par exemple en Chine et au Japon. C’est plutôt la règle que l’exception. Et quand je regarde ce qui s’est passé le mois dernier, à certains moments on avait la furieuse impression que le marché allait baisser quand subitement quelqu’un s’est mis à acheter le S&P.

Aujourd’hui, les banques centrales des 4 coins du monde possèdent pour quasi 23 trillions d’actifs. 23 trillions de dollars ! Pour la banque de Chine, la Fed ou la BCE, que représentent 50 milliards de dollars balancés en 5 minutes sur les marchés afin de les stabiliser ou de les propulser ? Ils sont capables de le faire.

Les politiques monétaires ne sont pas parvenues à doper significativement la croissance. La reprise fut très timide, les investissements furent insuffisants. Le plus gros de cette reprise a été obtenu par la superposition d’une bulle de la dette sur une autre.

C’est déjà une bulle du crédit qui avait engendré l’effondrement immobilier en 2007. Une autre bulle du crédit, très prononcée, s’est à nouveau développée, notamment au niveau du crédit souverain. »

Eric King : « outre la création monétaire, qui permet entre autres de diminuer le fardeau de la dette par l’inflation, les confiscations gouvernementales devraient-elles être une cause de souci pour les investisseurs ? »

Marc Faber : « Oui. Il y a aujourd’hui pour plus de 8 trillions de dollars d’obligations gouvernementales affichant un taux d’intérêt négatif. Il s’agit pourtant d’une question légale très intéressante car dans la plupart des constitutions il est indiqué que l’expropriation n’est pas une option. Or, les taux d’intérêt négatifs sont essentiellement l’expropriation de l’argent des épargnants. »

Eric King : « Marc, nous avons connu ce marché haussier important de l’or qui semble avoir des bases solides, un mot sur l’or ? »

Marc Faber : « comme vous le savez, j’ai toujours conseillé aux gens de posséder de l’or physique. Je pense que les métaux précieux ont probablement atteint leur plus bas, même si je ne peux le garantir. »

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Fed taux

Ce titre a le mérite d’aller droit au but. Il est intéressant du fait qu’il ne provient pas d’un blog obscur ou de Zero Hedge, mais du Telegraph, journal financier on ne peut plus mainstream :

« C’est Friedrich von Hayek, le célèbre économiste de l’école autrichienne, qui a expliqué à quel point le système des prix est la clé de voûte du capitalisme et de la prospérité de notre civilisation. Le fait que les biens, les services, les actifs, l’argent, le temps, les idées et le risque ont tous un coût oblige l’allocation optimale des ressources.

L’augmentation du prix du pétrole signifie que la demande a grimpé, ce qui encourage les producteurs à trouver de nouvelles méthodes pour en extraire davantage. Une baisse du prix du maïs signifie qu’il y a surabondance. La baisse de rentabilité du maïs encourage alors les producteurs à quitter ce marché. Adam Smith a créé le terme de « main invisible » pour décrire ce processus qui aligne les intérêts des individus et coordonne leurs actions pour le bien commun.

Les marchés libres peuvent bien entendu commettre des erreurs, mais bien moins souvent que tout autre système d’allocation des ressources. La seule autre alternative consiste à diriger l’activité de façon centrale, soit une version extrême de la planification centrale (communisme) ou encore un aller simple vers le désastre. Malheureusement, alors que nos dirigeants sont censés être au courant, ils ont passé ces dernières années à miner le système des prix et à le rendre moins utile et moins efficace, plantant ainsi les graines de crises destinées à se succéder. Les remous que connaissent actuellement les marchés, qui ont poussé le FTSE 100 22 % en dessous de son pic récent et ont fait partir en vrille les taux et ont dopé l’or, sont l’une des conséquences de ces actions. Loin d’être la manifestation de ce que la gauche décrit comme le néolibéralisme, il s’agit en fait de l’échec de l’étatisme.

Les éléments déclencheurs des remous récents sont le ralentissement chinois et des marchés émergents, qui ont fait baisser la demande pour le pétrole, l’énergie et les matières premières. Ces économies furent dopées, directement et indirectement, grâce aux assouplissements quantitatifs domestiques et mondiaux qui ont suivi la Grande Récession de 2007-2009 et autres interventions. En conséquence, de nombreux problèmes qui gangrénaient ces pays ne furent pas pris à bras le corps et se sont empirés. Il était inévitable que la réalité finisse par les rattraper, que la mauvaise dette finisse par être passée en pertes et les ressources allouées à des utilisations plus productives. Un autre terme pour ce processus est une récession ou, au moins dans le cas de la Chine, un ralentissement.

Tout ce qui va de travers n’est pas de la faute des politiciens ou des banquiers centraux, bien évidemment. Le secteur privé peut également commettre des erreurs spontanées. Mais les économies américaine, britannique, européenne et japonaise ne seraient pas dans leur état actuel si le système des prix avait pu fonctionner sans interférences et si les décideurs avaient permis davantage de liquidation des mauvais investissements. Reporter les problèmes au lendemain peut faciliter la mise en place d’ajustements, mais aussi permettre au déni de s’installer. Malheureusement, la plupart des économies et des marchés du monde ont choisi la 2e option.

Depuis le crash de Wall Street de 1987, les banques centrales n’ont cessé de perturber le système des prix afin de lisser l’activité économique et d’apaiser le système financier. Ce fut possible grâce à la croyance dans le pouvoir de l’activisme monétaire, la croyance que des actifs aux prix toujours plus élevés sont bons pour la croissance.

Le drame est que malgré le fait que ces 2 théories sont tragiquement erronées, l’establishment économique mondial s’y accroche malgré les dévastations qu’elles continuent de provoquer. Une politique monétaire ultra activiste crée un danger moral immense : il fait croire aux marchés qu’on volera toujours à leur rescousse. Soit en baissant les taux, soit via des assouplissements quantitatifs lorsque les prix des actifs se mettent à baisser. Cela instaure un seuil artificiel de prix. Les traders appellent cela le Greenspan, Bernanke et maintenant Yellen « Put » (sur base de « put option », une option qui permet à son détenteur de vendre un actif à un certain prix minimum). Résultat des courses, les politiques monétaires et autres interventions régulatrices ont gravement perturbé le système des prix.  (…)

Au lieu d’évoluer librement, comme ils le devraient, les marchés sont désormais faussés et corrompus. Ils envoient les mauvais signaux de valorisation, ce qui garantit une myriade de mauvaises décisions de la part des investisseurs. Une intervention manquée en engendre une autre pour créer un cercle vicieux. Ce cycle a démarré il y a déjà plus de 25 ans, générant à chaque fois des actions plus extrêmes. Mais, en fait, il n’y a rien de neuf sous le soleil : Ludwig von Mises, un autre économiste de l’école autrichienne, décrivait déjà avant l’heure ce genre de phénomène au début du 20e siècle. Quelle est la prochaine étape ? Les taux négatifs, suivis par des les hélicoptères déversant de l’argent. Les banques centrales doivent s’assurer que l’économie dispose d’assez d’argent. Mais elle devrait suivre des règles simples pour y parvenir au lieu de vouloir tout contrôler à la seconde.

Les prix des actions devraient être déterminés par les interactions libres des investisseurs. Mais aujourd’hui, ce sont les mots de la Fed qui font la pluie et le beau temps. Ce n’est pas normal, c’est très mauvais pour notre prospérité économique à long terme et politiquement très dangereux. D’autres marchés affichent également des valorisations déconnectées. Le rendement des obligations allemandes à 10 ans, de 0,168 %, signifie une croissance zéro et une inflation zéro pour la décennie à venir, ce qui est absurde. Les investisseurs qui se sentent abandonnés par les banques centrales fuient les actions pour se tourner vers les valeurs refuges à des niveaux difficilement explicables par l’analyse fondamentale. La tempête pourrait se calmer, mais l’économie ne sera véritablement guérie que lorsqu’on s’attaquera enfin aux causes profondes de ses maux. »