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Bénéfices

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Ronald McDonald's rame

L’incapacité de la Fed à augmenter ses taux devrait être un indicateur suffisant de l’état réel de l’économie américaine pour toute personne ayant une once de bon sens mais si ce n’était pas le cas : voici quelques exemples concrets concernant la situation sur le terrain via deux géants de son économie : McDonald’s et Wal-Mart.

McDonald’s dans la tempête… Le début de la fin, d’après un franchisé

Nous commençons avec le mastodonte du fast-food, McDonald’s. Ronnie le Clown rit jaune et la tendance ne date pas d’hier. En juin, Zero Hedge rapportait déjà que le management américain de la chaîne de restaurants avait décidé de ne plus communiquer ses ventes mensuelles mondiales pour la bonne et simple raison qu’à l’époque, elles étaient en baisse depuis 12 mois consécutifs. Quelques mois plus tôt, la société avait déjà annoncé la fermeture de 700 « restaurants » en sous-performance (à relativiser par rapport aux 14.300 points de vente qui existaient à l’époque).

Chez les franchisés McDonald’s, l’humeur n’est pas au beau fixe. Suite à une enquête du groupe Nomura, un franchisé a déclaré :

« Nous agonisons dans une dépression sévère et rien ne change. 30 % des franchises sont probablement insolvables. »

Si la situation économique ne joue pas en faveur de McDonald’s, il y a cependant bien d’autres facteurs qui expliquent ses soucis : la recherche d’options plus saines par les consommateurs mais surtout le marketing de la société, accusé par ses franchisés de tourner comme une girouette en passant successivement d’une initiative manquée à une autre. Pourrait-on assister à la chute de McDonald’s ? Selon Zero Hedge, ce scénario n’est pas à exclure.

Comment Wal-Mart contribue à sa manière à la déflation

Les profits de Wal-Mart, déjà à la peine, sont plus que jamais en danger alors que le géant américain de la distribution (10 % de parts de marché de ce secteur, CA de340 milliards de dollars) a dû faire face à l’augmentation du salaire minimum dans de nombreuses régions où il opère. Seul souci, avec un business model comme Wal-Mart, l’augmentation des coûts ne peut être répercutée sur le client. Que faire ? Wal-Mart avait 3 solutions :

  1. Mettre la pression sur ses fournisseurs (une spécialité maison)
  2. Diminuer les heures prestées par ses salariés
  3. Licencier

La société ne s’est pas privée pour faire les trois mais suite aux prévisions de bénéfices revus à la baisse par Wal-Mart, ses fournisseurs craignent le pire alors qu’ils sont déjà pressés comme des citrons. De Zero Hedge, qui cite Reuters :

« Les fournisseurs de tous les secteurs, des légumes aux équipements sportifs, sont déjà pressés de réduire leurs prix et de partager les coûts engendrés par les magasins Wal-Mart. Ils s’attendent désormais à ce que la pression augmente encore plus suite à l’avertissement sur les résultats publié la semaine dernière par la chaîne.

Wal-Mart a toujours eu la réputation d’une société qui demande toujours des prix plus bas à ses fournisseurs mais Reuters a appris, suite à des entretiens avec des fournisseurs et des consultants ainsi qu’après avoir examiné certains contrats, que Wal-Mart a remis un coup de pression depuis cette année. (…)

Mercredi, Wal-Mart a désagréablement surpris Wall Street en anticipant un déclin de son bénéfice jusqu’à 12 % entre le prochain exercice fiscal et janvier 2017 alors que la société a du mal à compenser les coûts engendrés par les augmentations de salaire, les rénovations de ses magasins ainsi que ses investissements pour augmenter ses ventes en ligne. Tout ceci dans un contexte de guerre des prix avec Amazon, les dollar stores (magasins low-cost) et les chaînes régionales de supermarchés. (…) »

Les experts se plaisent à évoquer les bénéfices d’entreprises afin de s’émerveiller sur leur rentabilité. Ils exploitent ce fait pour dire que l’économie américaine se rétablit. Par contre, ils oublient de dire que ces bénéfices n’ont pas été obtenus par l’augmentation de leur chiffre d’affaires (donc par la compression des coûts, et notamment salariaux) dans un environnement économique très anémique. Et pire encore, cela a été en grande partie permis par la Fed.

benefices-entreprises-deflationCertains experts n’aiment pas l’entendre, mais il s’agit de faits : le PIB américain, pour 70 %, c’est la consommation des ménages. Mais quel pourcentage de cette consommation a-t-il été possible grâce à la Fed ? Je dirais 100 %. En plaquant les intérêts à 0 %, la Fed a offert un ballon d’oxygène aux ménages, ce qui a permis de donner un coup de fouet à la consommation.

Et que dire des 3,4 trillions de monétisation de la dette ? Ils ont permis de faire baisser les taux d’intérêt des emprunts d’État. De nombreux paiements ont été transférés dans le futur. Cela ne peut que mener à une nouvelle énorme bulle de la consommation.

On ne peut pas simplement contempler les bénéfices des entreprises sans prendre en compte ce que fait la Fed. Les 2 sont liés. Mais maintenant que la Fed est en train de ralentir la cadence de son QE, les béquilles qui ont soutenu les cours, la réalité du marché va éclater au grand jour.

Que cela signifie-t-il ? Avec les bons du trésor à 10 ans à 6 %, ou même à 5 %, quelles seront les conséquences sur le marché obligataire des collectivités locales ? Leurs dépenses vont exploser. Que va-t-il se passer avec la dette des ménages ? Quelles seront les conséquences sur les 100 trillions de dollars de produits dérivés sur les taux d’intérêt ? Quelles seront les conséquences sur le marché des changes, sur le dollar et les autres devises ? Nous allons assister à d’énormes bouleversements.

C’est pour cela que je vous dis qu’en cas de montée des taux, les États-Unis vont imploser. Et si cela ne se produit pas, c’est-à-dire si la Fed parvient à se retirer en mettant un terme à son QE et que les marchés libres reprennent le relais pour acheter les futures émissions en gardant les taux au niveau actuel, cela signifiera que nous sommes dans une dépression déflationniste.

Eric King : « L’or, de son plus bas à 1180 $, a titillé les 1400 $ l’once. Nous assistons à un repli classique en ce moment. Quelle est votre opinion sur le métal jaune ? »

Michael Pento : « Parlons de ce qu’il se passe au Japon. Les Japonais sont dans la déflation depuis des décennies. Mais soudainement, l’inflation est à un taux record depuis 5 ans, tandis que leur monnaie vacille.

Les Japonais en ont tiré les conclusions qui s’imposent : ils ne peuvent avoir confiance ni en leur banque centrale, ni en leur gouvernement. Ils cherchent donc une solution pour leurs maigres économies et pour conserver leur pouvoir d’achat. Et vous savez bien qu’il n’y a rien de mieux que l’or pour y parvenir. C’est pourquoi ils font la file pendant des heures pour acheter de l’or.