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Bilan des banques centrales

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Au lendemain de la crise de 2008 la panique régnait sur les marchés, si bien que l’or et l’argent connurent une envolée spectaculaire. Une fois le calme revenu après les interventions massives des banques centrales, les métaux précieux ont donc connu une correction, qui fut sévère.

Était-elle justifiée, ou exagérée ? Selon Incrementum AG, cette correction fut trop prononcée si on prend en compte l’expansion des bilans des grandes banques centrales du monde.

Pour appuyer ses dires, Ronald-Peter Stoeferle a fourni à KWN le graphe ci-dessus, qui met en exergue l’expansion (ou la contraction) des bilans cumulés des grandes banques centrales du monde, à savoir la Fed, la BCE, la Banque du Japon, la BNS et la Banque de Chine par rapport au cours de l’or.

À partir de 2003, on peut voir qu’il existe une corrélation étroite entre la taille des bilans de ces banques centrales et le cours de l’or. À quelques divergences près, les 2 courbes évoluent de concert.

A la mi-2011, l’or fut quelque peu surévalué ; les choses rentrèrent néanmoins dans l’ordre assez rapidement. Par contre, vers la fin 2012 la corrélation s’est complètement cassée. Pour maintenir la corrélation bilans des banques centrales/or que nous connaissons depuis au moins 2003, l’or aurait dû se stabiliser autour des 1800 $ l’once pour s’échanger aujourd’hui autour des 2000 $ l’once.

Si on part du principe que les banques centrales ne sont pas prêtes de réduire leur voilure, les marchés étant maintenu en lévitation grâce à ce support artificiel, et que cette corrélation devra tôt ou tard faire son grand retour, l’or dispose d’une marge de progression très importante malgré sa performance remarquable depuis le début de l’année. Du côté d’Incrementum AG, l’objectif reste fixé à 2300 $ l’once d’or pour juin 2018, inchangé par rapport à l’objectif défini en 2008 pour cette même échéance.

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Alors que nous sommes en pleine expiration des options, période qui signifie habituellement, sauf événement d’ampleur, une baisse (pour le moins étrange) des métaux précieux, 2 analystes de la recherche Deutsche Bank affirment que l’or monétaire devrait valoir 1700 $ l’once en raison de l’expansion des bilans des grandes banques centrales (source) :

« Si on considère que l’or et une monnaie, le métal jaune devrait valoir 1700 $ l’once d’après les analystes du département de la recherche Matières Premières de Deutsche Bank, Michael Hsueh et Grant Sporre.

L’argument de la banque expliquant pourquoi l’or devrait atteindre ce niveau repose sur l’expansion des bilans des banques centrales enregistrée durant ces 8 dernières années. En moyenne, le bilan des 4 banques centrales principales du monde, la BCE, la Fed, la Banque du Japon et la Banque de Chine, a augmenté de 300 % depuis le début 2005. Durant cette même période, les stocks d’or disponibles en surface ont augmenté de 19 % en termes de volume, et de 200 % en termes de valeur. En partant du principe que la valeur de l’or devrait s’apprécier en fonction de la taille des bilans des banques centrales tout en prenant en compte l’augmentation de la valeur des réserves disponibles en surface, l’or devrait s’échanger à des niveaux proches de 1700 $ l’once.

L’or vaut 1700 $ l’once

Les analystes de la Deutsche Bank avancent des éléments afin de soutenir cette thèse extrêmement optimiste. De par le passé, il existait une corrélation très forte entre le bilan cumulé des banques centrales et le cours de l’or. Cependant, nous avons assisté à la fin de cette corrélation dans le courant de l’année 2013. Depuis l’apparition de cette déviation, cette corrélation n’est jamais réapparue. Un seul précédent de la disparition de cette corrélation a été enregistré dans l’histoire récente : c’était à l’occasion de la crise financière. Cependant, ces 2 périodes, qui furent troubles, expliquent aisément la disparition de la corrélation.

Durant la crise financière de 2008, l’or fut vendu afin d’obtenir des liquidités d’urgence, ce qui mit la pression sur le cours malgré l’énorme augmentation du bilan de la Fed. Des raisons similaires expliquent la déconnexion d’avril 2013, lorsque l’or souffrit de l’une de ses baisses les plus marquées en l’espace de 2 jours. Les ventes furent déclenchées par des informations indiquant que la Fed allait arrêter son QE, des rumeurs concernant la liquidation de l’or de la Bank of Cyprus afin qu’elle puisse faire face à ses engagements financiers ainsi que la vente massive de 400 tonnes d’or via le COMEX par une entité mystère, qui enclencha une vague paniquée de ventes.

Autrement dit, ces 2 périodes de déconnexion de cette décennie de la corrélation entre le cours de l’or et la taille cumulée des bilans des banques centrales principales du monde peuvent être remises sur le compte de ventes paniquées d’or sur les marchés.

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Les analystes pensent que la relation entre le cours de l’or et la taille des bilans des banques centrales commence à se remettre en place. À moins d’une nouvelle vague de ventes paniquées, cette corrélation pourrait pousser le cours de l’or à la hausse.

« Manifestement, il a fallu 2 ans au marché de l’or pour se remettre de cet événement. Cependant, notre conclusion est la suivante : tant que les bilans des banques centrales continuent de gonfler, le cours de l’or devrait conserver un certain élan. Le rythme de l’appréciation de l’or devrait cependant ralentir vu que la hausse enregistrée durant cette année fut supérieure à la croissance des bilans des banques centrales. »