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Bill Holter

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pièces d'argent

Bill Holter tente de répondre à la question que se posent tous ceux qui suivent de près le marché de l’argent : qui fournit le métal permettant de compenser l’écart entre la production annuelle et la demande ? Article publié le 13 janvier 2016 sur SilverSeek.com :

Comment la pénurie d’argent est-elle compensée ?

« (…) Je voudrais tout d’abord vous prévenir que ce qui suit n’est que la théorie de quelqu’un qui connaît bien le marché. Personne ne connaît la réponse définitive.  J’ai dit à John (Embry) que durant les années 80 et le début des années 90, l’argent de récupération représente une explication logique (pour expliquer la provenance de l’argent déficitaire). Ensuite, durant les années 90 et le début des années 2000, la compensation du déficit d’argent peut s’expliquer par les énormes quantités d’argent récupérées du Projet Manhattan que l’on estime à environ 1 milliard d’onces. Je pense également qu’en 2003, les Chinois ont prêté environ 300 millions d’onces d’argent aux Etats-Unis sur une période de 10 ans prêt qui a expiré durant l’année magique 2013. Si cela est vrai, cela expliquerait le massacre du cours de mai 2013. Je pense que l’argent devait absolument être envoyé au tapis alors que le cours s’envolait et menaçait d’atteindre les 50 $. Cet effondrement du cours a pu permettre aux États-Unis de dire : « Ne vous inquiétez pas, nous vous restituerons votre argent vu que nous contrôlons le cours ».

Voilà pourquoi je pense que l’argent déficitaire vient de Chine. Pourquoi ? Tout d’abord, la Chine a été un pays de l’argent. Elle a utilisé ce métal en tant que monnaie pendant une période plus longue et dans des quantités supérieures à quiconque. Autrement dit, l’argent provient de la seule source capable de la fournir soit la Chine. Si ce fait est accepté, pourquoi jeter « son argent par les fenêtres » alors que les États-Unis auraient déjà fait défaut dessus ? Je pense que la Chine lorgne sur les joyaux de la couronne de l’Occident, son or ! Elle possédait l’argent tandis que l’Occident accumulait de l’or durant les années 1900 et surtout après la Seconde Guerre mondiale. Oui, les stocks américains ont baissé dans les années 50 et 60 mais à l’époque, le pays possédait toujours plus de 8000 tonnes et est (était ?) le dépositaire des stocks d’or des autres nations occidentales. Mon assertion est qu’un accord a été conclu. Il prévoyait la mise à disposition de l’argent par la Chine afin de prévenir le défaut du talon d’Achille (l’argent) et l’explosion du système financier. Autrement dit, jouer les prolongations permet à la Chine d’accumuler de l’or et de siphonner ce qui reste. Si tout avait explosé en 2013, la Chine aurait manqué l’opportunité d’accumuler tous les lingots qu’elle a acquis depuis. Elle a donc jeté du lest pour s’élever plus haut.

L’argent, le marché clé du système financier

L’argent est plus important que tout au monde. Pourquoi ? Certains pourraient dire que ce très petit marché ne compte pas, à l’exception de ses applications technologiques, médicales, etc. Cependant, il est impossible que l’argent grimpe sans entraîner dans son sillage l’or. Si le cours de l’or devait grimper, la demande exploserait (surtout en Chine, où la population est très spéculatrice et à la recherche de profits rapides). Si cela devait arriver, l’offre existante serait engloutie et les demandes déplaisantes demandant la livraison de l’or deviendraient la norme. Cela précipiterait la fin de l’arnaque du système de réserve fractionnaire de l’or (et de l’argent, et de tout le reste) en raison de sa révélation publique.

Comprenez bien que la confiance est la pierre de voûte. Notre système financier est basé sur la confiance. La confiance envers le gouvernement, envers la monnaie, envers ses partenaires commerciaux, envers sa banque ou son courtier… Tout est une question de confiance. Que se passerait-il si celle-ci devait s’évaporer, si l’existence d’un Ponzi devait être révélée ? Je ne parle pas d’une arnaque à la Madoff mais lorsqu’une bourse d’échange elle-même se retrouve dans l’incapacité de livrer. La confiance générale disparaîtrait !

Comme d’habitude je vais me faire troller sur ce sujet, on va me traiter d’idiot mais laissez-moi vous poser cette question : si la production mondiale d’or est incapable de répondre à la demande depuis 20 ans, d’où vient le métal déficitaire ? Cette question est encore plus pertinente pour l’argent car son déséquilibre est encore plus marqué, en termes de quantité et de durée. La réponse la plus logique est que le métal provient de réserves existantes en surface. Pour l’or, cela signifie les réserves officielles. Pour l’argent, je pense que la seule réserve au sol disponible se trouve en Chine.

Ne me dites pas, en pointant du doigt le prix actuel de l’argent, qu’il n’y a pas de pénurie alors que nous avons assisté au rationnement des pièces d’argent ainsi qu’à la backwardation aussi bien pour l’argent que l’or durant les deux dernières années. (….)

Pour conclure, si j’ai raison lorsque j’affirme que l’argent est fourni par la source la plus plausible : la Chine, je pense que les historiens, lorsqu’ils évoqueront cet épisode, parleront du « renard argenté chinois dans le poulailler en or de l’Occident ». Ai-je raison ? Je ne sais pas mais nous aurons rapidement la réponse alors que l’édifice du système financier papier vacille sur ses bases. John Embry m’a dit : « de toutes les théories que j’ai entendues sur le sujet, la tienne semble la plus plausible et logique ». J’ai parlé de ce sujet à Jim (Sinclair) hier. Il m’a avoué qu’après avoir été sceptique la première fois que je lui ai mentionné cette théorie il y a six mois, il y a réfléchi depuis et a tiré la conclusion que l’argent ne peut forcément que provenir de la seule source existante… L’argent chinois !

Les manœuvres habiles de la Chine

Je pense que la Chine a manœuvré très intelligemment, surtout depuis la crise de 2008. Ils ont compris que notre système de réserve fractionnaire est en phase terminale mais ils continuent de jouer le jeu. Ils ont même tapé davantage que nous dans le crédit depuis. Cependant avec cet argent emprunté ils construisent leurs infrastructures (routes, ponts, villes, etc.) pour une utilisation future. De notre côté, nous avons utilisé ces fonds pour maintenir notre niveau de vie élevé en négligeant les infrastructures : en état de délabrement. Oui, le système financier chinois explosera avec le reste, la Chine pourrait même provoquer l’effondrement mais ils pourront repartir de l’avant grâce à de nouvelles infrastructures et à la monnaie, l’or de l’Occident, qu’ils ont accumulé. Le Président Xi l’a même dit à sa population ainsi qu’au reste du monde. Il a dit que « la situation serait difficile à court terme mais bénéfique à long terme ». Je pense qu’il a raison. »

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Article de Bill Holter publié sur JSMineSet.com (Jim Sinclair) le 4 septembre 2015 : 

Durant ces dernières semaines, les primes sur l’argent ont explosé. En général, des primes de 10 à 25 % semblent la norme tandis que les délais de livraison s’étalent de 2 à 6 semaines. Nous avons parlé de la dichotomie des « ventes » dans la panique et la pénurie qui se manifestent simultanément. Dans un marché libre, c’est impossible.

Aujourd’hui, je voudrais vous faire réfléchir à la situation pour voir au-delà. S’il y a aujourd’hui des primes importantes dans un marché en déclin, que se passera-t-il dans un marché qui a le vent en poupe ?

Si nous examinons le mouvement de 1980 lorsque l’argent a grimpé jusqu’à 50 $ l’once, quel était le contexte ? Il y avait des stocks d’argent bien supérieurs (le projet Manhattan continuait de fournir du métal) tandis que les utilisations du métal étaient bien moindres qu’aujourd’hui. La dette de l’époque, la masse monétaire, le public ayant les moyens d’acheter de l’argent étaient inférieurs à aujourd’hui. Maintenant la dette et la masse monétaire ont peut-être augmenté de 10 fois tandis que le nombre de personnes ayant les moyens d’acheter de l’argent à travers le monde a au moins doublé, peut-être triplé.

Des primes si élevées pour le métal physique sont-elles la conséquence d’un cours bas ? La réponse est oui et non. La prime est la conséquence d’une demande réelle supérieure à l’offre réelle. Les primes auraient augmenté en raison de l’écart entre l’offre et la demande qui grandit, poussant les vendeurs à être de moins en moins enclins à se séparer de leur métal alors que le prix se rapproche de zéro.

Cela dit, que se passerait-il avec ces primes si les mêmes dynamiques de demande avaient lieu tandis que le cours augmente au lieu de baisser ? Dans un marché haussier, les acheteurs paieront une prime à cause de la peur. Cette peur ne sera pas uniquement le fruit de l’effondrement de la valeur des autres actifs. Elle découlera aussi du fait que ceux qui possèdent de l’argent papier ne veulent pas se retrouver coincés avec des billets ayant perdu toute valeur. Le revers de la médaille, l’offre, sera également une source de peur. La peur qu’aucune offre en métal ne soit disponible (ce qui arrivera) ce qui signifie aucune échappatoire.

Nous assisterons très bientôt à l’émergence de nouveaux régimes de devises et même de nouvelles devises pour remplacer les anciennes, fatiguées. Toute nouvelle devise doit avoir la confiance du public pour être acceptée. Pour moi, le meilleur test de cette confiance consiste à voir si les détenteurs d’or et d’argent seront prêts à céder leur métal en échange de cette devise papier.

Il se peut que vous soyez choqué par ces primes de 25 % sur l’argent, mais vous ne devriez pas l’être. Vous devriez plutôt vous demander : « combien vaut l’argent » ? Est-ce le cours affiché par le COMEX et le LBMA ou le prix final que vous devez payer pour acquérir le métal ? Vous pourriez dire par erreur qu’il s’agit du « cours papier ». Mais dans un future proche vous n’aurez plus aucun doute quant à ce sujet. Dans cet exercice, les requins (Goldman) se dévorent entre eux. Sur le marché de l’argent, les petits poissons ont disparu tandis que même certains requins ont été éliminés.

Le jour où ceux qui possèdent de l’argent physique choisiront de ne plus vendre est proche. Ce sont alors ceux qui possèdent le métal qui détermineront son prix. Et à ce moment-là, on ne parlera plus de « prime sur le métal physique » mais de « réduction sur le papier ». »