Tags Posts tagged with "BOJ"

BOJ

0
Banque du Japon à Tokyo

Acheter des obligations, voire même les marchés actions via les ETF c’est bien, mais combien de temps cela pourra-t-il durer jusqu’à ce que les limites des banques centrales soient atteintes ? Ray Dalio, de Bridgewater, a fait le calcul pour nous, comme le rapporte cet article de Zero Hedge.

limites-banques-centrales

Après avoir passé en revue toute une série de graphes de Deutsche Bank qui montrent que les banques centrales sont « au bout du chemin », le papier du média financier iconoclaste américain plonge au cœur du sujet :

« Ok très bien, les banques centrales arrivent « au bout du chemin », mais elles sont également terrifiées à l’idée de retirer le sparadrap. Celui-ci a permis d’installer un équilibre instable dans le système ; d’un côté les banques centrales reconnaissent qu’elles doivent transmettre le témoin de l’impulsion de la croissance aux gouvernements, mais d’un autre côté elles sont terrifiées à l’idée d’apporter toute modification au statu quo vu qu’elles savent pertinemment qu’elles pourraient effacer du jour au lendemain ces 7 années « d’effet de richesse ».

Combien de temps va durer cette comédie ?

Si nombreux sont ceux qui seraient tentés de dire « indéfiniment », ce n’est pas vrai. Car pour toute obligation, part d’ETF ou action acheté par un banquier central, le jour arrivera où soit ils auront acheté l’intégralité du marché, soit ils l’auront tellement acheté qu’ils auront complètement déstabilisé le bon fonctionnement des marchés des capitaux (voir à ce titre les douzaines de hedge funds qui ont mis la clé sous le paillasson ces dernières années).

Heureusement, dans une analyse récente, Ray Dalio de Bridgewater s’est posé cette question précise, et mieux encore, il nous fournit la réponse quant à savoir combien de temps il reste à la BCE et à la BoJ avant d’atteindre les limites de leurs programmes existants.

Comme le montre le graphique ci-dessus, en admettant que les programmes actuels suivent leur cours sans modification, la BCE et la BoJ, à savoir les 2 banques centrales qui monétisent le plus la dette aujourd’hui, pourront poursuivre respectivement pendant 8 et 26 mois leur stratégie avant d’atteindre ses limites.

Cependant, si ces programmes devaient être étendus, par exemple en élargissant l’éventail d’obligations pouvant être achetées ou en achetant les marchés actions encore plus agressivement, ce délai serait allongé. La réponse finale est de 66 mois, soit un peu plus de 5 ans et demi pour la BCE si elle parvenait à balayer l’opposition politique l’empêchant de faire l’acquisition de l’intégralité du marché obligataire européen et de 20 % des marchés actions. Pour la banque du Japon, ce délai passe à 48 mois, soit 4 ans.

Ce qui signifie que les investisseurs, qui se sont déjà arraché tous les cheveux de la tête pour avoir participé à des marchés planifiés centralement qui n’ont plus aucun sens, pourraient devoir prendre leur mal en patience car cette folie pourrait encore durer 4 à 5 années supplémentaires…

0
Fed taux

Interview de Michael Belkin, publiée le 22 septembre sur KWN :

« Eric, les réunions de deux banques centrales importantes se sont clôturées aujourd’hui. Cela fait un bon moment que les taux sont négatifs au Japon. La BoJ (Banque du Japon) a décidé de ne rien changer. Là-bas, elle achète des actions.  Elle achète une partie importante du marché, des ETF actions, pourtant le Nikkei est en baisse depuis le début de l’année et il continue de glisser.

Le marché des obligations japonaises vient également de partir à la baisse, ce qui a envoyé une onde de choc sur les marchés obligataires mondiaux. Le marché obligataire mondial, les obligations japonaises, les Bunds, les Treasuries, tous ces actifs sont vendus, ils sont entrés dans une phase de liquidation. Cette dynamique a ensuite provoqué un tremblement de terre sur le marché des obligations à haut risque. Ce type d’actif, qui s’était plutôt bien comporté, est subitement entré en phase de liquidation.

Cela dit, ce qui s’est passé à l’occasion de la réunion de la Fed est très intéressant. Cela fait des lunes qu’ils nous promettent qu’ils vont « bientôt relever leurs taux, bientôt relever leurs taux », mais lorsque la date de la réunion suivante arrive, rien ne se passe. C’est du Yellen tout craché. Le titre de mon rapport cette semaine, à l’attention de mes clients institutionnels, était : « Ils mentent » (rires). Car c’est ce que font les banques centrales,  elles mentent.

Elles n’arrêtent pas de dire que l’économie se porte mieux et qu’elles vont relever les taux. Alors que simultanément, les ventes de voitures neuves sont en baisse de 4 % sur les 12 derniers mois, que la production industrielle est en baisse de 1 % sur les 12 derniers mois, l’indice manufacturier ISM vient de baisser de 3 points pour s’élever à 49,4, soit en dessous de 50, ce qui signale une récession. L’indice des services ISM affiche quant à lui 51,4, soit une baisse de 4 points par rapport au mois dernier. C’est énorme.

La désinformation de la Fed et la copine d’Obama

Nous sommes sur le point de basculer en récession. Lorsque la Fed se décidera enfin à bouger, je m’attends à ce qu’elle opte en fait pour une politique accommodante. Ils attendent simplement la prochaine élection pour bouger tout en faisant de la désinformation pour que les gens aient confiance en l’économie avant l’élection afin que la copine d’Obama soit élue.

Mais une fois l’élection passée, nous allons nous rendre compte que nous sommes déjà en récession, ou sur le point d’en connaître une. C’est très positif pour l’or et mauvais pour le dollar. (…) »

 

 

 

Article de Zero Hedge, publié le 14 août 2016 et intitulé « La Banque du Japon sera l’actionnaire principal de 55 sociétés d’ici la fin 2017 » :

« Au lendemain de l’annonce de la BOJ concernant la multiplication de ses achats d’ETF de presque 2 fois, passant de 3,3 à 6 trillions de yens (58 milliards de dollars), nous pouvons mettre ces chiffres en perspective. (…) D’ici juin 2018, la BoJ devrait posséder pour 20,5 trillions de yens d’ETF (soit environ 200 milliards de dollars). Mais aussi :

La capitalisation boursière américaine est 5 fois plus importante que la japonaise. Ce nouveau plan de stimulation japonais équivaut à des achats d’ETF de 580 milliards de dollars par la Fed dans les 2 années à venir, ou encore à terme à la possession d’un portefeuille d’un total de 1 trillion de dollars. Bien sûr, il ne s’agit que de projections hypothétiques vu qu’il est interdit à la Fed d’acheter des actions. Mais cet exercice montre à quel point la BoJ s’inquiète à propos du pessimisme qui règne sur les marchés japonais, et qu’un tel remède de cheval est nécessaire pour inverser ce pessimisme.

En octobre 2014, la caisse de retraite du gouvernement a annoncé un changement de politique d’allocations de ses actifs, d’un valeur totale de 127 trillions de yens. Parmi les changements, l’allocation de ses fonds aux marchés domestiques est passée de 17 à 25 %, soit une augmentation d’environ 10 trillions de yens. Les actions de la banque centrale japonaise et de la caisse des retraites sont donc alignées.

Depuis le début de l’année, les investisseurs étrangers ont vendu pour presque 5 trillions de yens d’actions japonaises, ce qui est inférieur aux achats annuels de la BoJ en la matière (6 trillions).

Si ces actions sont spectaculaires, d’autres faits additionnels rapportés par Bloomberg montrent à quel point ce nouveau plan est sans précédent : alors que la BoJ fait déjà partie des 5 plus gros actionnaires de 81 sociétés du Nikkei 225 Stock Average, la banque centrale japonaise est bien partie pour devenir l’actionnaire numéro 1 de 55 de ces entreprises d’ici la fin de l’année prochaine, d’après les estimations de Bloomberg sur base du portefeuille d’ETF de la BoJ.

Dans le même degré de folie, la banque centrale possédait environ 60 % des ETF japonais fin juin. Il y a quelques mois, la BoJ en possédait un peu plus de 50 %, ce qui suggère qu’elle achète à tour de bras ces actifs.

Dans un tel contexte, le sempiternel débat fait rage : l’interventionnisme de la banque centrale est-il positif (question à laquelle les bulls répondent par l’affirmative, bien entendu) ou négatif (ce que s’accordent à dire tous les autres). (…)

« Il n’y a qu’au Japon que la banque centrale est aussi active sur les marchés actions, » a déclaré Masahiro Ichikawa, stratégiste senior de Sumitomo Mitsui Asset Management Co. « Les investisseurs se demandent si cela est vraiment bien sage. »

Les investisseurs peuvent se poser la question, mais la banque du Japon n’en a cure alors qu’elle est devenue l’unique force dominante sur les marchés actions japonais. Elle préfère être remerciée par les traders que d’entendre parler d’inquiétudes par rapport au « long terme ». Et concernant l’activité de la BoJ sur les marchés actions, aussi bien la BNS que la BCE sont tout aussi activement impliquées dans les marchés actions, comme nous l’avons déjà rapporté.

Comme Bloomberg l’ajoute, si la BoJ n’achète pas directement des titres, elle reste la détentrice ultime des actions via les ETF. (…)

D’ici 2017, la banque centrale devrait être l’actionnaire principal d’environ 1/4 des sociétés du Nikkei 225, dont Olympus (endoscopes), Fanuc (robotique) et Advantest Corp. (appareils de tests semi-conducteurs).

Pour la banque centrale du Japon, il n’y a rien d’anormal : elle n’hésite pas à recourir aux clichés pour expliquer son statut de détenteur numéro 1 de dizaines d’actions :

« Un porte-parole de la banque centrale, qui a demandé à ce que son nom ne soit pas cité, a déclaré que les achats d’ETF permettront aux décideurs d’atteindre aussi vite que possible l’objectif d’inflation de 2 %. Les prix à la consommation ont baissé de 0,4 % en juin par rapport au même mois de l’année dernière, enregistrant ainsi un 4e déclin mensuel. »

Mais la situation pourrait devenir encore plus folle : Kuroda estime que les achats d’ETF permettront de doper l’activité économique et l’inflation en augmentant l’appétit du risque au Japon. Après la dernière réunion du comité de la banque du 29 juillet, il a déclaré que son organisation dispose de marges de manœuvre pour augmenter ses achats, si besoin. (…) »

bâtiment de la BCE

Article du Telegraph, publié le 17 mars 2016 via Insolentiae.com :

Les institutions qui ont tiré le monde de sa pire dépression depuis le début du XXe siècle perdent enfin de leur superbe si l’on en croit la sagesse populaire.

8 ans après la Grande Récession, des voix qui font autorité, comme celles du FMI et de la BRI (la « banque centrale des banques centrales »), en appellent à la fin de cette ère de politiques monétaires extraordinaires.

Ayant englouti pour 12,3 trillions de dollars d’actifs financiers et procédé à 637 baisses de taux depuis 2008, les banques centrales sont repassées à l’action durant les 6 dernières semaines.

La banque du Japon a effectué un nouveau round d’assouplissement avec sa décision de franchir le Rubicon en instaurant des taux d’intérêt en territoire négatif le 29 janvier.

Les décideurs de la zone euro lui ont embrayé le pas plus tôt ce mois avec un triplé gagnant composé d’une baisse de taux, d’un renforcement de 20 milliards d’euros de leur QE mensuel et une décision sans précédent qui permet désormais aux banques commerciales d’emprunter de l’argent à taux négatif.

La Fed a également desserré l’étrenne en révisant à la baisse le nombre prévu de relèvements de ses taux, passé de 4 par an à seulement 2.

Mais cette nouvelle vague de politiques accommodantes a déclenché un nouveau vent de panique à propos de leurs effets qui s’amenuisent.

Au lieu de cela, le débat s’est déplacé sur les gouvernements, à qui on demande de mettre leur poids dans la balance afin de soutenir cette reprise économique fragile.

Les politiques fiscales ont été principalement mises au placard depuis la crise alors que les pays se sont focalisés sur la diminution de leur dette et de leurs déficits, s’imposant de ce fait des règles strictes en termes de dépenses.

Mais sans baisses d’impôt ou augmentation des dépenses de l’État, la planète risque un nouveau « déraillement économique », d’après le FMI.

Dans son dernier communiqué, le G20 a tenté de faire croire que les gouvernements du monde vont adopter des politiques destinées à « doper la croissance, la création d’emplois et la confiance ».

En réalité, très peu de signes indiquent que les politiciens sont prêts à abandonner leur fixation sur la dette et l’équilibre budgétaire afin de soutenir la croissance mondiale.

En Europe, il s’agit d’un problème qui tend les relations entre les banquiers centraux et leurs gouvernements respectifs.

Face aux accusations d’impuissance, Vitor Constancio, vice-président de la BCE, s’est lancé dans un plaidoyer opiniâtre des actions de la banque centrale en affirmant qu’elle est responsable de 2/3 de la croissance de la zone euro depuis 2014.

De plus, la conception même de l’euro empêche activement les gouvernements d’intervenir afin de stimuler les économies faibles, affirme Constancio.

« Des politiques fiscales stabilisantes sont légalement restreintes dans l’Union européenne. Les pays qui pourraient utiliser le levier fiscal ne le feront pas tandis que ceux qui voudraient le faire ne devraient pas. »

Avec de telles contraintes, Constancio avertit « qu’il serait non seulement une erreur de décrier les politiques monétaires, mais aussi dangereux ».

Penser l’impensable

Face à cette intransigeance politique, les banquiers centraux parlent ouvertement de ce qui était autrefois impensable : des hélicoptères monétaires.

Ce terme passe-partout décrit le processus via lequel les banques centrales créent de l’argent qui est directement transféré au secteur public ou privé afin de stimuler l’activité économique et la consommation.

Longtemps considéré comme l’un des derniers tabous en termes de politique, le débat sur les mérites des hélicoptères monétaires s’est intensifié durant ces dernières semaines.

Le patron de la BCE, Mario Draghi, a refusé d’écarter cette éventualité, affirmant simplement que sa banque n’a pas encore discuté un tel sujet en raison de sa complexité légale et comptable. Cette semaine, son économiste en chef Peter Praet est allé plus loin en suggérant que les hélicoptères monétaires font partie intégrante de l’arsenal de la BCE.

« Toutes les banques centrales ont cette possibilité à leur disposition, » a déclaré Praet. « Vous pouvez créer de la monnaie et la distribuer à la population. La question est de savoir si c’est opportun, ainsi que de déterminer le timing du recours à un tel instrument. »

Avec 16 pays sur 28 qui connaissent toujours la déflation et une croissance annuelle de seulement 1,4 % dans une zone euro au beau milieu d’un cycle de redressement, le moment opportun pourrait être proche.

« Nous avons eu les indications prospectives (forward guidance), les QE et les taux négatifs, » a déclaré Gabriel Stein d’Oxford Economics. « Mais aucune de ces solutions fut la panacée et leur date d’expiration raccourcit. »

Hélicoptères monétaires furtifs

Pour certains observateurs, la prochaine phase d’intervention extraordinaire des banques centrales est déjà pour demain, le Japon étant à l’avant-garde.

La décision de la BoJ d’imposer aux banques un taux de dépôt à 3 niveaux est une tentative discrète d’injecter directement des fonds dans le secteur privé, d’après Eric Lonergan, économiste et gestionnaire de hedge fund.

Il relève que la décision de la Boj d’exempter certaines réserves des taux négatifs représente un transfert d’argent vers les banques commerciales bénéficiant d’un taux de 0,1 %.

Le système « sépare les taux d’intérêt des réserves, ce qui affecte les marchés des taux, » a déclaré Lonergan.

« Il s’agit d’un premier pas vers les hélicoptères monétaires, ce qui ouvre de nouveaux horizons en termes de stimulations ».

Dans la même veine, la BCE a également signalé son intention de se diriger vers des tentatives ciblées visant à doper la demande de crédit du secteur privé.

À partir de juin, les banques de la zone euro seront rémunérées jusqu’à 0,4 % afin d’emprunter de l’argent sur 4 ans à la BCE, un dispositif baptisé « opérations de refinancement à long terme ciblées » (TLTRO). Les organismes de crédit qui offriront un maximum de crédits bon marché à leurs clients bénéficieront des taux les plus favorables.

Erwan Mahe, stratégiste macro en chef de HPC, qualifie les décisions de la BCE de « véritable révolution » des politiques monétaires, qui vient mettre un terme à un tabou.

« Pour la première fois dans l’histoire des banques centrales, des agents du secteur privé seront en mesure d’emprunter de l’argent à la BCE et de rembourser des sommes inférieures au capital emprunté, » a déclaré Mahe.

« Tant que les autorités fiscales n’agissent pas pour compenser le retard contre-cyclique de la demande globale, cela jouera probablement un rôle de plus en plus important » dans les politiques de la zone euro, note-t-il.

« J’aurais préféré qu’ils le fassent bien avant, » a déclaré Lonergan, qui affirme qu’en raison de toutes ses contraintes institutionnelles, la BCE dispose encore de toute une série d’outils pour doper le crédit bancaire.

Alors que le coût d’emprunt des gouvernements atteint des plus bas aux 4 coins de la zone euro, même une nouvelle couche de QE serait inutile à ce stade, selon lui.

Les TLTRO, par contre, « ouvrent la possibilité de mettre en place des taux circonstanciés, le taux de base restant inchangé mais celui des banques qui prêtent à l’économie réelle à des taux de moins en moins élevés étant abaissé. »

« Il s’agit d’une approche bien plus intelligente, car elle n’impacte pas les épargnants. »

Lever le tabou

Mais l’ingéniosité des banques centrales, même si elle est la bienvenue, soulève d’autres craintes en termes de responsabilité d’institutions à l’indépendance sacro-sainte, mais dont les processus décisionnels sont souvent opaques pour le grand public.

Lord Adair Turner, ancien président du Financial Services Authority et l’un des premiers à plaider pour les hélicoptères monétaires, en appelle à plus de transparence afin de lever enfin le tabou des injections monétaires directes dans les poches des consommateurs ou des gouvernements.

« Je pense qu’il est plus dangereux pour les banques centrales de nier à jamais ce qu’elles font, » a déclaré Lord Turner.

Il qualifie la décision du Japon d’émettre de la dette au rythme de 40 trillions de yens, alors que la banque centrale augmente la taille de son bilan de 80 trillions de yens par an, « d’opération de monétisation de la dette de facto ».

« Dans les faits, vous remplacez de la dette gouvernementale par de l’argent de la banque centrale, » a déclaré Lord Turner. « Il serait préférable pour les autorités de publier un communiqué qui définit les règles et assurer la planète que ce n’est pas de trop. »

Mais alors que la plupart des économies mondiales affichent une croissance aussi régulière que quelconque, un tel aveu avant le prochain crash en bonne et due forme est très improbable.

Jusque-là, le débat concernant la méthode optimale pour organiser le parachutage des hélicoptères monétaires, et sur les dividendes qu’ils pourraient apporter à une économie mondiale en difficulté, fera rage.

Pour leurs adversaires, l’effondrement récent du cours du pétrole est le mauvais signe qui prouve que les consommateurs ne sont toujours pas prêts à dépenser, même de l’argent littéralement tombé du ciel. Les effets positifs sur la consommation mondiale de la baisse du brut, censé améliorer le pouvoir d’achat, n’a pas eu les effets escomptés par les économistes alors que les particuliers continuent de rembourser leurs dettes ou d’épargner pour les mauvais jours.

Dans la zone euro, toujours engluée avec sa faible croissance et son chômage élevé, les barrières politiques à des mesures aussi extraordinaires ne devraient pas être sous-estimées.

Alors que toute l’exaspération se porte sur la classe politique, la BCE fait toujours face à des barrières insurmontables pour agir à sa guise au sein d’une union monétaire imparfaite.

« À quel gouvernement Draghi doit-il s’adresser s’ils souhaitent faire décoller ses hélicoptères ? » demande Ashoka Mody, ancien directeur assistant du FMI.

La recherche de solutions technocratiques à des problèmes économiques complexes risque également de porter davantage atteinte à la monnaie unique, déjà en proie à des défis énormes en raison des flux migratoires et de la montée des extrémismes politiques.

« En se substituant de façon si directe à la politique fiscale, les hélicoptères monétaires peuvent devenir un acte profondément politique, » affirme Mody, qui a chapeauté le plan de sauvetage du FMI de l’Irlande en 2011.

« L’Europe a tenté de se gouverner à travers des règles technocratiques, notamment en ce qui concerne le budget, mais cela n’a jamais marché. »

Les défis de la zone euro, dans laquelle 19 gouvernements se trouvent sous l’égide d’une seule banque centrale, sont à 1000 lieues de ceux du Japon, où les politiques monétaires et fiscales travaillaient main dans la main pour relancer l’économie.

« Je pense que l’Europe sera chanceuse si elle parvient à s’en sortir aussi bien que le Japon durant sa décennie perdue, » a déclaré Mody.

Mais le débat entourant les hélicoptères monétaires a permis de montrer que les banques centrales disposent encore d’outils pour créer de l’inflation.

Citant la maxime de Milton Friedman affirmant que « l’inflation est toujours et partout un phénomène monétaire, » l’économiste Tim Congdon est convaincu que les politiques monétaires sont la seule possibilité qui existe.

« Les politiques monétaires ne peuvent jamais, je le répète, jamais, être à court de munitions. »

Fed taux

Hier encore, à la fin de la réunion de 2 jours de son comité : la Fed a décidé de ne pas modifier ses taux. Mais a-t-elle le choix alors que les sociétés américaines souffrent déjà du dollar fort et surtout que la majorité des banques centrales de par le monde baissent leurs taux… Article de John Rubino, publié le 28 octobre 2015 sur SafeHaven.com :

« D’une certaine manière, il est compréhensible que la Fed souhaite augmenter ses taux à court terme afin de pouvoir les baisser à la prochaine baisse de régime économique. Mais quid de l’hypothèse que nous la vivons déjà ? C’est en tout cas le signal qui est envoyé par les autres banques centrales du monde :

La banque centrale suédoise étend son programme de stimulation

La banque centrale suédoise a déclaré qu’elle allait augmenter ses achats d’obligations de 65 milliards de couronnes (7,6 milliards de dollars) afin de stimuler l’économie et de se rapprocher de son objectif d’inflation de 2 %.

Cette annonce, faite mercredi, signifie que le programme d’achat d’obligations de la Riksbank s’élèvera à 200 milliards de couronnes d’ici la moitié de l’année prochaine. Il arrive dans un contexte de banques centrales qui considèrent des politiques encore plus accommodantes de par le monde afin de combattre le ralentissement économique. (… New York Times)

Le compromis de Draghi avec les « doves » annonce de nouvelles politiques accommodantes en décembre

Alors que certains souhaitaient une politique plus accommodante dès la semaine dernière, le président de la BCE Mario Draghi a obtenu un compromis afin de rassurer les « doves » (note : partisans des politiques monétaires accommodantes) en prévoyant une action en décembre d’après des sources de la banque centrale.

Plusieurs membres du Conseil estiment que le bilan de la BCE est encore relativement léger surtout en comparaison avec celui de la Fed alors que les taux négatifs du Danemark montrent qu’il y a de la place pour réduire davantage les taux. (…)

Alors que l’inflation est négative : la BCE est très loin de son objectif de 2 % malgré son programme d’achat de 60 milliards d’euros d’actifs par mois qui s’est révélé insuffisant alors que les coûts de l’énergie à la baisse et la croissance en berne des économies émergentes ont effacé ses effets. (Reuters)

La chute des ventes de détail au Japon met la pression sur la BoJ

Les ventes de détail ont chuté contre toute attente en septembre d’après les statistiques officielles publiées mercredi. (…) Cette nouvelle pourrait remettre un coup de pression sur la banque du Japon afin qu’elle renforce son programme de stimulation monétaire, peut-être dès ce vendredi, à l’occasion d’une réunion durant laquelle les analystes s’attendent à ce qu’elle révise ses prévisions économiques optimistes. (Reuters)

La Chine baisse ses taux, la divergence de politique avec les États-Unis se creuse

La Chine a augmenté d’un cran sa politique monétaire accommodante en abaissant pour la 6e fois de l’année ses taux afin de combattre les pressions déflationnistes et le ralentissement économique, en agissant avant les programmes additionnels de stimulation attendus de la part des banques centrales d’Europe et du Japon et d’un possible le tour de vis monétaire américain. (…)

Les autorités souhaitent atténuer les prévisions économiques annonçant la croissance annuelle la plus faible de ces 25 dernières années. (…) »

Le reste du monde sait-il quelque chose que les États-Unis ignorent ? Il semblerait que oui : à savoir que l’économie mondiale est en train de rebasculer en récession dans un contexte de fragilité financière sans précédent. Les gouvernements, les consommateurs et les entreprises n’ont jamais été autant sur la corde raide, les spéculateurs leveragés n’ont jamais autant utilisé les effets de levier tandis que le chômage a atteint des niveaux au-delà des seuils communément acceptés. Ajoutez à ce mix une récession et on obtient des risques de crise dont la gravité ira crescendo. (…) »

0

Les marchés sont en lévitation uniquement grâce à l’action des banques centrales. Cette affirmation, dans le cas du Japon, est on ne peut plus facile à démontrer : la BoJ, en plus de faciliter l’accès aux liquidités pour les investisseurs intervient directement sur la bourse de Tokyo en procédant à des achats d’ETF.

ZeroHedge rapporte l’article paru dans le Wall Street Journal à propos de l’interventionnisme exacerbé de la BoJ sur la bourse de Tokyo. Limité il y a encore quelques années, la Bank of Japan s’est enhardie pour devenir depuis une acheteuse frénétique. Elle possède aujourd’hui 1,5 % de l’intégralité de la capitalisation boursière de Tokyo pour devenir l’entité qui possède le plus d’actions japonaises devant Nippon Life.

De l’article du Wall Street Journal :

« Les achats agressifs d’ETF actions de la Banque du Japon ont contribué à la hausse de la bourse de Tokyo qui a désormais atteint son plus haut depuis plusieurs années. Mais certains membres de la banque centrale japonaise sont de plus en plus mal à l’aise à propos de la vigueur de la hausse et du rôle joué par la banque dans celle-ci.

Depuis la prise de fonction du gouverneur Kuroda en mars 2013 et l’introduction de mesures d’assouplissement quantitatif qu’il a qualifié de « nouvelle dimension », la banque centrale a augmenté de façon significative ses achats de panier d’actions connues sous le nom d’ETF. En soutenant directement le marché, les responsables de la banque ont tenté d’encourager les investisseurs privés à suivre et à investir en bourse dans l’espoir de stimuler l’économie et d’augmenter l’inflation.

Durant les 2 dernières années, la banque centrale est intervenue sur les marchés actions environ tous les 3 jours en achetant pour 23 milliards de dollars d’ETF concernant les principaux indices actions japonais d’après les statistiques de la BoJ. Elle se distingue de la Fed et de la BCE, ces 2 banques centrales qui achètent des obligations pour doper l’économie mais qui n’ont pas directement acheté des actions (note : « pas directement » en raison de la Plunge Protection Team ?).

Les analystes affirment que les interventions de la banque ont eu un impact significatif sur la hausse des marchés actions durant les derniers mois en combinaison avec les achats massifs de 1,1 trillion du fonds de pension du gouvernement. Leurs achats ont souvent contré les ventes des particuliers et ont compensé la baisse d’activité des investisseurs étrangers. »

ZeroHedge ajoute que la BoJ est surtout intervenue lorsque l’humeur n’était pas au beau fixe. Depuis le 4 avril 2013 elle est intervenue durant 143 jours. Pourquoi ? Voici la raison très poétique avancée par Miyako Suda, un ancien membre du comité de la banque, dans son livre paru en 2014 :

« Nous avons mené les vaches au point d’eau mais elles n’ont pas voulu boire, même si nous leur disions que l’eau était délicieuse. Nous avons donc estimé que nous devrions la boire nous-mêmes pour le leur prouver. »

M. Suda ne précise pas dans son livre quand le troupeau sera mené à l’abattoir. Peut-être dans la suite de son opus qui ne devrait pas tarder à paraître !

0

Comme se plaît à le répéter Olivier Delamarche sur BFM, le Japon est foutu. Et ce n’est pas la démonstration magistrale de Michael Pento publiée sur KWN, chiffres à l’appui, qui va le contredire :

Michael-Pento-Fed-Tapering

« En janvier, j’avais déjà averti des risques que court le Japon. Dans cet article, j’expliquais ce qui allait provoquer la chute du marché obligataire japonais ainsi que de son économie en raison de l’immense dette du pays, facteur aggravé par la folie de la BOJ, qui tente à tout prix de créer de l’inflation.

À l’époque, j’avais prédit qu’une hausse des taux d’intérêt était quasi garantie dans un futur proche. J’avais également prédit que le service de la dette allait bientôt accaparer 50 % des recettes du Japon, ce qui deviendrait un tournant, à savoir le rejet des obligations japonaises par les investisseurs. Malheureusement, ces prévisions se sont avérées exactes quelques mois plus tard seulement.

Le Ministre des finances japonais a déclaré récemment que le remboursement de la dette était estimé à 257 milliards de dollars (25,3 trillions de yens) cette année, soit une augmentation de 13,7 % par rapport à 2013. D’un autre côté, les recettes sont estimées à 45,4 trillions de yens. Ce qui signifie que le service de la dette japonaise engloutira 56 % des recettes. Il devrait être évident pour tout possesseur d’obligations japonaises que l’État sera dans l’incapacité de rembourser le principal. Nous assisterons donc très bientôt à un défaut massif, implicite ou explicite, de la dette japonaise, qui s’élève à 10 trillions de dollars, soit 242 % du PIB du Japon.

L’obsession de la banque centrale japonaise pour créer de l’inflation accélère le défaut japonais. Le gouverneur de la banque centrale, Kuroda, a déclaré que l’objectif de créer 2 % d’inflation était en bonne voie d’être atteint. L’inflation de base est déjà de 1,3 %, tandis que l’inflation des prix a augmenté de 1,6 %, les aliments frais ayant vu leur prix exploser de 13,6 % en un an. En fait, le Japon connaît son plus haut taux d’inflation depuis 5 ans.