Tags Posts tagged with "Brésil"

Brésil

1

Article de John Rubino, publié le 19 novembre 2015 sur SafeHaven.com :

« En temps normal, les économies majeures de la planète affichent des comportements variés. Certaines ont le vent en poupe, d’autres patinent, certaines régressent tandis que d’autres traversent une crise. Il n’y a que durant les périodes extrêmes d’expansion/récession que tout le monde se retrouve quasi dans le même bateau. Il semblerait que nous soyons en plein dedans et que le bateau est même en train de couler. Le Japon, par exemple, est de nouveau en récession :

recession au japon

…tandis que sa dette continue de progresser.

dette-japon-pib

Depuis avril l’économie brésilienne est en recul tandis que son déclin s’accélère.

L’Europe plonge dans une combinaison de chaos financier et géopolitique qui pourrait non seulement dissoudre la zone euro mais aussi certains pans de l’Union européenne, tout particulièrement la libre circulation des personnes.

La Chine affirme qu’elle connaît toujours la croissance mais plus personne n’y croit alors que son secteur de l’acier plonge dans les abysses.

La guerre civile (sic) au Moyen-Orient a désormais entraîné la France et la Chine aux côtés des États-Unis et de la Russie (note : après Paris et l’assassinat d’un otage chinois par l’EI).

Même aux États-Unis, considérés comme une île de stabilité, l’économie faiblit tandis que la dette augmente. Les mauvaises nouvelles s’accumulent, notamment au niveau de la construction et des ventes de détail.

Seuls les marchés sont la seule éclaircie dans la grisaille, même si la situation s’est détériorée. La plupart des valeurs stagnent ou  baissent (parfois violemment), les index ne doivent leur salut qu’à quelques titres phares.

Pourquoi l’ensemble du monde se trouve-t-il simultanément dans une crise financière et/ou géopolitique ? Car tous les pays de la planète ont commis les mêmes erreurs. Armées de leur planche à billets, la plupart des grandes nations ont opéré avec un sentiment d’omnipotence découlant naturellement du pouvoir de créer l’argent à l’infini.

Les États-Unis ont bâti à crédit un empire militaire pour tyranniser l’ensemble du monde de façon presque aléatoire, déstabilisant le Moyen-Orient et alimentant l’animosité envers eux presque partout. L’Europe a adopté une monnaie commune inadaptée en estimant pouvoir gérer les crises à venir par la création monétaire. La Chine a pensé pouvoir construire à crédit des routes, des aéroports et des villes entières en espérant que ces infrastructures rapportent ensuite par magie d’énormes quantités d’argent. Le Japon a quant à lui oublié d’effectuer les changements structurels nécessaires pour faire face au vieillissement de sa population. Au lieu de cela, ce pays a emprunté et créé les yens nécessaires pour boucler budget après budget.

Autrement dit, tout le monde a oublié le sage conseil suivant : ‘lorsque vous êtes au fond du trou, la première chose à faire est d’arrêter de creuser’. Ce qu’ils n’ont pas fait, croyant que le ‘monétarisme moderne’ serait toujours là pour les sauver.

Mais aujourd’hui, un débat intéressant émerge : les politiques actuelles ont-elles échoué en raison de modèles scabreux et de suppositions erronées ou parce qu’elles n’ont pas été appliquées assez vigoureusement ? Vu que personne n’aime reconnaître ses erreurs ou abandonner le pouvoir, les huiles en charge vont probablement opter pour la 2e explication en en remettant une couche en 2016 : intérêts négatifs, QE dirigé vers l’économie réelle, guerre contre l’argent liquide. Plus fort, plus beau, plus grand. Ajoutez ces ingrédients au mélange actuel et on risque d’obtenir une année 2016 prête à entrer dans les annales de l’histoire. »

L’or, bien au-delà de son caractère spéculatif, est avant toute une assurance qui permet de se protéger de nombreux risques financiers, et notamment de la chute subite de la valeur de sa monnaie. Si l’euro a permis quelque peu de le vérifier durant ces derniers mois, d’autres devises illustrent bien mieux l’intérêt de posséder de l’or.

Les Russes en ont fait l’expérience l’année dernière. C’est désormais au tour des Brésiliens de constater les dégâts engendrés par une devise en chute libre en raison de la crise économique grave que traverse le pays. Malgré un cours de l’or en dollars qui reste anémique, le prix de l’or exprimé en monnaie locale, le real, a littéralement explosé depuis le début de l’année. Les citoyens de ce pays qui ont eu la bonne idée d’acheter un peu de métal à cette période ont pu préserver leur richesse.

Egon von Greyerz

Interview d’Egon von Greyerz publiée par KWN :

«  Nous sommes désormais en septembre 2015. Il se peut que nous soyons sur le point d’entrer dans une période qui va secouer la planète entière. Je m’attends à des baisses dévastatrices des bourses du monde entier déclenchées par des événements inattendus, qu’ils soient d’ordre financier ou géopolitique.

Des années sombres sont devant nous alors que les mauvaises nouvelles s’accumulent. Il suffit d’ouvrir les yeux. Le Brésil est en récession alors que sa devise s’effondre, elle a chuté de 50 % depuis 2011. La note du pays va probablement être abaissée à « junk » (obligations pourries).

Si on se tourne vers la Corée du Sud, la production industrielle y a chuté de 15 % en août. Les Coréens pourraient bien voir la valeur de leur devise encore baisser. Aux États-Unis, une famille des classes moyennes n’a même plus les moyens de vivre dans les zones métropolitaines les moins chères du pays. Le marché américain de l’immobilier se contracte. Le PMI de la Chine est en baisse tandis que la situation économique en Europe continue de se détériorer. Ce constat risque de s’aggraver en s’accélérant dans tous ces pays dans les mois à venir.

Le PIB du Canada a baissé de 0,5 % au T2. En Europe, Draghi vient de remettre une couche de QE afin de sauver l’Europe. Désormais, la BCE va acheter jusqu’à 33 % des obligations de n’importe quel pays membre. Donc jusqu’à 1/3 de cette dette non viable sera achetée par la BCE. Ce pourcentage, qui était de 25 %, a été porté à 33 % car il s’agit d’une dette invendable.

L’effondrement de l’économie mondiale

Draghi a également déclaré que la débâcle des marchés émergents menace la croissance mondiale. Il a tort. Ils ne menacent pas la croissance mondiale mais de provoquer l’effondrement de l’économie mondiale. Du côté du Japon, la banque centrale monétise des sommes supérieures aux déficits budgétaires du pays.

Aux États-Unis, Robert Schiller vient juste d’affirmer que le Dow Jones ne devrait pas être à 16.000 points mais plutôt autour des 11.000. Cela correspond à une baisse des actions de 30 %. Des plans de réduction des effectifs sont annoncés un peu partout. En 2015, il y aura 650.000 suppressions de postes, un record depuis 2009.

Les banques centrales paniquent parce que la liquidité s’assèche alors que les réserves en devises fondent comme neige au soleil. L’année dernière, elles avaient déjà baissé de 600 milliards. Cet événement a été provoqué par la sortie des capitaux, ce qui est synonyme de contraction mondiale. La Chine a utilisé l’afflux massif de devises étrangères pour doper son économie durant les 15 dernières années. Ces flux entrants sont désormais de l’histoire ancienne.

Cela va clairement exacerber et accélérer le déclin mondial. Et tandis que celui-ci poursuit sa descente, les banques centrales sont coincées. Nous avons déjà assisté à un regain dramatique de la volatilité des bourses mondiales mais ce n’est que le début. Chaque jour, le Dow Jones monte ou descend de quelques centaines de points.

Il est désormais clair que les bourses mondiales sont engagées dans un marché baissier qui va durer des années. Nous allons assister à des chutes massives, surtout dans les mois à venir. Lorsque ce marché baissier sera terminé, de nombreux marchés auront perdu jusqu’à 90 % en termes réels. En août, de nombreuses bourses ont perdu 20 % en un seul mois.

La situation est chaotique en Arabie Saoudite à cause de la chute des cours du brut. Son déficit extérieur courant chute de façon dramatique et son déficit budgétaire est désormais de 20 % du PIB. Un prix du pétrole bien plus élevé est la seule chose qui peut sauver l’Arabie Saoudite de l’effondrement et de des troubles sociaux.

À chaque fois que je me rends à Dubaï je suis frappé par les excès de ce pays. Ce pays n’a pas pétrole, il a simplement des services financiers ainsi que l’une des bulles immobilières les plus importantes du monde. Je m’attends à un effondrement total de Dubaï dans les années à venir.

À Hong Kong, quasi tous les bâtiments principaux disposent de leur centre commercial dont la plupart des magasins sont vides. J’avais déjà signalé cette tendance il y a 2 ans sur KWN et aujourd’hui la situation dégénère alors que les grandes marques ne peuvent plus se permettre de payer les loyers exorbitants de Hong Kong.

Des bulles partout

Il y a donc des bulles partout mais comment pourrait-il en être autrement dans un monde qui a dépensé 200 trillions à crédit durant les 100 dernières années ? Avant la fin de cet épisode nous assisterons à l’implosion de la majorité de ces 200 trillions de dollars et de tous les actifs qui y sont liés comme les actions, l’immobilier et les obligations. Et alors que les actifs mondiaux s’effondrent, les gouvernements créeront de la nouvelle monnaie par multiples de ces 200 trillions tandis que l’hyperinflation dérape et que le marché des produits dérivés pesant 1,5 quadrillion de dollars implose. (…)

Lorsque cela arrivera, nous aurions bien d’autres soucis que celui de préserver notre patrimoine. Mais pour ceux qui ont quelque chose à protéger aujourd’hui, l’or physique l’une des rares solutions pour éviter la destruction totale de son patrimoine et préserver son pouvoir d’achat.

Vu les troubles sociaux qui se manifesteront à travers le monde, il est absolument critique de conserver son or dans les coffres les plus sûrs du monde. (…) »

0

Article de Michael Pento, publié le 7 août 2015 :

« Le Thompson Reuters/Jefferies CRB Index (CRB) est aujourd’hui au plus bas de la panique de 2008. Ceux qui pensent que cet indicateur chic chic la croissance à venir investiront à leurs risques et périls.

Ce qu’augure le blues des matières premières

Réfléchissez à 2 fois si vous pensez que la chute des matières premières années est simplement due à une suroffre temporaire de pétrole. 19 matières premières composent l’Index CRB : l’aluminium, le cacao, le café, le cuivre, le maïs, le coton, le pétrole, l’or, le mazout de chauffage, le porc, le bœuf, le gaz naturel, le nickel, le jus d’orange, l’argent, le soja, le sucre, l’essence sans plomb et le blé. Le plongeon de la valeur de cet index est donc un signal d’alarme : la croissance mondiale baisse fortement.

Principalement à cause de l’économie synthétique de la Chine, qui pendant tout un temps fut un énorme consommateur de ressources naturelles. Àe qui fit gonfler la plus grosse bulle d’actifs de l’histoire et qui est aujourd’hui en chute libre. La Chine pousse donc le prix des matières premières à la baisse alors que la croissance mondiale est désormais à l’arrêt.

Ceux qui pensent que les États-Unis et le reste du monde sont immunisés contre un ralentissement chinois doivent comprendre que le chiffre d’affaires des sociétés du S&P 500 se fait pour 1/3 à l’étranger. Pendant des années, la Chine fut un énorme marché de croissance pour les multinationales. La détérioration de l’économie chinoise affecte les sociétés du monde entier, le pays ayant été une mine d’or durant sa phase de construction de villes fantômes.

Les sociétés et les entreprises qui ont profité de l’expansion chinoise sont désormais choquées par son effondrement. Par exemple, des multinationales américaines comme Caterpillar, Ford, GM, Tesla et Freeport McMoRan ont été touchées par le ralentissement chinois, pour en citer quelques-unes. Il y a aussi Apple, dont le titre est en baisse de 14 % sur ces dernières semaines parce que les investisseurs réalisent que les consommateurs chinois ne vont pas acheter autant d’iWatches que prévu.

La forte demande chinoise fut un facteur de croissance pour la zone euro. Le secteur automobile allemand, les produits de luxe italien et français, les produits chimiques finlandais et hollandais, tous ces secteurs ont profité de l’énorme croissance chinoise. En fait, environ 8 % des exportations allemandes vont directement vers la Chine.

Aujourd’hui, le groupe français Valeo (fournisseur du secteur automobile) est en train de réexaminer sa stratégie de croissance en Chine à cause de la demande en baisse du secteur automobile chinois. Le suédois Volvo a également réduit ses prévisions de croissance dans la région tout en avertissant ses investisseurs qu’il allait devoir provisionner 75 millions de dollars pour couvrir des pertes. Les ventes de Volkswagen en Chine ont baissé de 0,5 % durant le premier semestre, tandis que les ventes d’automobiles en Chine ont baissé en juin. (…)

Mais c’est dans la région Asie-Pacifique que les conséquences sont les plus visibles. Les 3 partenaires commerciaux majeurs de la Chine, Taiwan, la Corée et la Malaisie, ont assisté à un ralentissement significatif de leur économie. Par exemple, Taiwan a vu son PIB progresser de seulement 0,64 % au 2e trimestre, un plus bas de 3 ans.

L’Australie, considérée comme « le fournisseur de matières premières de la Chine », a connu une belle décennie à lui vendre d’énormes quantités de minerai de fer. BHP Billiton et Rio Tinto ont dépensé des milliards de dollars durant les 5 dernières années afin de doubler leurs capacités de production et satisfaire la demande apparemment insatiable de la Chine. Mais il semblerait désormais que cet âge d’or soit révolu. En juillet, le PMI de l’Australie baissait jusque 50, le plus bas depuis 5 mois, tandis que le PMI Markit de 47,8 est le pire depuis 2 ans.

Même l’Amérique du Sud est impactée par le ralentissement chinois

Pour prouver que le ralentissement de la Chine touche la planète entière, nous pouvons examiner les preuves visibles en Amérique du Sud. Le Brésil est l’un des 10 plus grands marchés du monde : il produit de l’acier, du ciment, du pétrole, des lubrifiants, du propane et bien d’autres produits pétrochimiques. Le Brésil a lui aussi largement profité de la bulle immobilière chinoise.

Récemment, le gouvernement brésilien a modifié ses prévisions de croissance, qui sont passées d’une petite progression à une contraction de 1,5 %. Standard & Poor’s a d’ailleurs abaissé la perspective de la note du Brésil de stable à négative, signe annonciateur d’un abaissement de note à venir alors que le pays est un cran au-dessus de « junk » (pourri). La devise du Brésil, le real, est au plus bas depuis 12 ans face au dollar tandis que sa bourse n’a plus été aussi faible depuis 6 ans.

Ce ralentissement est en fait ressenti partout. La multinationale de l’agroalimentaire Bunge a vu ses ventes d’huiles alimentaires baisser en raison des volumes et des marges en baisse au Brésil. Owens Illinois, l’un des plus gros fabricants de bouteilles en verre du monde, a rapporté une baisse de son activité en raison de la chute des ventes de bière au Brésil. Goodyear a enregistré une baisse de 20 % de ses ventes en Amérique latine par rapport à l’année dernière. (…) Whirlpool, dont le chiffre d’affaires est assuré à 16 % par le Brésil, a annoncé une chute de ses ventes de 22 %. Enfin, Caterpillar, étranglée par la chute des matières premières, a rapporté des ventes en chute de 26 % en Amérique latine.

Les balivernes de la Fed

Vu ce contexte, on penserait que la Fed surveille de très près cette récession qui se profile à l’horizon. Pourtant, le président de la Fed d’Atlanta, Dennis Lockhart, a déclaré que l’économie est prête pour une remontée des taux. Mais est-ce une surprise, alors que la Fed se plante dans toutes ses prévisions économiques ? (…)

Vu la faible croissance enregistrée durant le premier semestre 2015 (1,5 %, notez que GPDnow affiche 1 % de croissance pour le début du mois d’août), il ne faudrait pas beaucoup pour obtenir une récession. Cependant, les intentions de la Fed sont bien de relever lentement les taux. Les banquiers centraux ne comprennent pourtant pas les dystopies qu’ils ont créés. (…) Lorsque le support artificiel des QE et taux planchers sera supprimé, les bulles vont exploser. La Fed devra donc rapidement faire machine arrière. Lorsque cela arrivera, l’économie sera au milieu d’un effondrement à la 2008. (…) »