Tags Posts tagged with "BRI"

BRI

1
manip or

Affirmer que le cours de l’or est manipulé vous fait courir le risque, souvent de façon péremptoire, d’être accusé de propager une « théorie du complot ». Ce PDF de MoneyInsights.org, traduit de façon synthétique ci-dessous, fournit toute une série de preuves documentées et irréfutables concernant l’implication et la collusion des plus grandes institutions financières internationales telles que la BRI, la FED, le FMI, etc. Bien plus qu’un complot, c’est une véritable guerre qui est menée depuis des décennies contre le métal jaune, du London Gold Pool jusqu’à nos jours. Voyez plutôt :

« Cet article concerne les abus commis sur le marché de l’or. Sur base de notre analyse, nous avons créé notre diagramme du circuit des interventions sur le marché de l’or. L’objectif de ces interventions secrètes est la stabilisation de la valeur du dollar. De nombreux acteurs sont impliqués, allant des politiciens à des banquiers centraux en passant par des institutions telles que la BRI, le FMI et le LBMA ou encore les acteurs du marché OTC (les banques commerciales). Nous estimons qu’une intervention est secrète lorsqu’elle n’est pas rapportée aux participants au marché le jour même, ou lorsqu’elle n’est pas du tout rapportée.

diagramme-manipulation-or

Quelques explications par rapport au diagramme

À propos du Gold Reserve Act de 1934

… Autorisation d’intervenir sur le marché de l’or et des devises avec l’approbation du président des États-Unis…

Le Gold Reserve Act de 1934 a établi un fonds (le fonds de stabilisation des échanges ou « Exchange Stabilization Fund ») géré par le secrétaire au Trésor après approbation du président. La section 10 de la loi explique que « dans le but de stabiliser la valeur du dollar, le secrétaire au Trésor, avec l’approbation du président, directement ou via des agences qu’il peut désigner, dispose de l’autorisation, au nom du fonds établi dans cette section, d’intervenir sur les marchés de l’or et des devises ainsi que d’autres instruments de crédit et de titres lorsque jugé nécessaire afin d’atteindre les objectifs décrits dans cette section ».

Au 30 septembre 2015, le montant total des actifs du fonds s’élevait à 93 milliards de dollars.

À propos du système de Bretton Woods

Les accords de Bretton Woods sont le système clé de la gestion monétaire et des changes établis en 1944. Cet accord fixa le taux de change des devises de certaines nations par rapport au dollar, dont la valeur fut également fixée en or. En 1971, le président Nixon jugea nécessaire de suspendre la convertibilité du dollar en or. Plusieurs devises majeures furent autorisées à fluctuer par rapport au dollar (ère des taux flottants).

Dans les années 60, la BRI (banque des règlements internationaux) fut au centre des efforts des banques centrales pour maintenir le cours de l’or sur les marchés à des niveaux proches du prix officiel du système de Bretton Woods via le London Gold Pool.

À propos des lignes de SWAP

Le 1er novembre 1978, la FED et le Trésor américain annoncent la création d’un nouveau programme étendu pour défendre la valeur du dollar par rapport aux autres devises. Un aspect majeur de cette capacité étendue d’intervention fut l’augmentation de la taille des lignes de SWAP de la FED avec les autres banques centrales majeures clés (le fameux « réseau swap »), accordant ainsi davantage d’emprunts de devises étrangères afin d’alimenter les interventions.

Le réseau swap est un ensemble d’accords réciproques à court terme que la FED entretient avec 14 banques centrales étrangères et la BRI. Chaque accord permet à la FED et à la banque partenaire d’avoir un accès à court terme à leur devise mutuelle et selon un plafond défini. Un contrat de swap est rédigé à la fin de chaque journée et recense l’intervention de la FED.

Les banques centrales tentent de randomiser au maximum leurs interventions afin d’éviter que les traders les anticipent pour en profiter.

N’oubliez pas que l’or est une devise : la BRI a indiqué dans son rapport annuel de 2013 que « l’or doit être plutôt traité en tant que devise étrangère, et non en tant que matière première, car sa volatilité est plus proche de celle des devises et les banques l’appréhendent telle qu’une devise étrangère ».

Alan Greenspan, l’ancien patron de la FED, a rappelé au Council of Foreign Relations le 29 octobre 2014 ce qu’est véritablement l’or : « L’or est une devise. Elle est encore à ce jour, à l’évidence, une devise de premier choix. »

À propos du réseau swap dans la pratique

« …interventions secrètes des banques centrales sur le marché des changes… »

D’après une publication de février 1978, la FED de Saint-Louis affirmait que l’or n’était pas utilisé pour des interventions en raison des pratiques courantes justifiées par les swaps.

Pourtant, la Riksbank ne fait pas de mystère sur ces interventions. En octobre 2016, elle a mentionné sur son site : « La Riksbank est la banque centrale suédoise, elle est responsable des politiques monétaires dont l’objectif est de maintenir la stabilité des prix. La Riksbank est l’un des actionnaires de la BRI. D’après la Riksbank, ses réserves en or sont justifiées principalement par le fait que la valeur de l’or ne suit pas les mêmes modèles que les réserves en devises. L’or peut être utilisé pour financer une opération d’urgence de mise à disposition de liquidités ou des interventions sur le marché des changes, entre autres. De plus, la Riksbank a conclu un accord avec toute une série d’autres banques centrales, le Bank Gold Agreement, qui limite la quantité d’or que la banque peut vendre chaque année. L’objectif de l’accord est de limiter les ventes d’or de la banque centrale pour éviter les effets non désirés sur le cours. »

Un rapport confidentiel du FMI de mars 1999 à propos du modèle de reporting des banques centrales recommande de dissimuler leurs prêts d’or et leurs swaps car cette information « est extrêmement sensible pour les marchés » tandis que la transparence « entrave les interventions secrètes sur le marché des changes » par les banques centrales, vu le nombre restreint de participants à de telles transactions.

La FED, les banques centrales et la BRI ont formé le Gold and Foreign Exchange Committee, un comité secret. Dans des notes rapportant les discussions sur le marché de l’or de la réunion du comité qui a eu lieu durant le G-10 des gouverneurs de la BRI le 7 avril 1997, Terry Smeeton, responsable or et devises étrangères à la banque d’Angleterre, a déclaré qu’en mai 1996 les accords de swaps représentaient 75 % des volumes des échanges du marché de Londres.

gold-foreign-exchanges-comitee

William R. Wright, responsable du département monétaire et économique de la BRI, a tenu un discours franc à la 4e conférence annuelle de la BRI, qui s’est tenue du 27 au 29 juin 2005. M. Wright avait mentionné les 5 objectifs intermédiaires de la coopération des banques centrales, le 5e étant l’effort conjoint des banques centrales pour influencer le cours de l’or et des devises.

Le 10 février 2010, Michel Beine, de l’université de Luxembourg, a rapporté que la plupart des interventions des banques centrales ont lieu entre 7:00 et 15:00 EST, ce qui suggère que la FED intervient via son réseau de banques commerciales américaines. Choisir le timing peut être une problématique stratégique : la banque du Japon intervient en dehors de son fuseau horaire pour dissimuler ses interventions.

Dans son rapport annuel de 2010, la BRI a déclaré que « l’or qu’elle détient en connexion avec ses opérations de swaps, dans le cadre desquelles la banque échange des devises contre de l’or physique, équivaut à 8160,1 millions de DTS, soit l’équivalent de 346 tonnes cette année ».

Voici les résultats choquants de l’enquête de juin 2001 de Christopher J. Neely (économiste senior de la FED de Saint-Louis) à propos de 22 autorités monétaires – l’enquête pose des questions sur les buts des interventions, le délai requis pour qu’elles fassent effet, etc. (…)

Fait intéressant, les interventions ont lieu sur le marché OTC

Les échanges d’or sur les marchés OTC sont tout sauf transparents. D’après une étude de 2011 du LBMA, les volumes d’or échangés sur le marché OTC de Londres sont 10 fois plus importants que suggéré par les statistiques de compensation (clearing).

En janvier 2009, le G20 a demandé des réformes substantielles des marchés OTC afin « d’augmenter la transparence, de limiter le risque systémique et de prévenir les abus sur les marchés ». L’agenda des réformes du G20 exige des dérivés OTC standardisés compensés par des contreparties centralisées, d’une bourse ou de plates-formes électroniques d’échange. (…)

Derrière le cours spot de l’or

Le cours spot de l’or est le prix de l’or instantané. Il s’agit en fait d’une soumission du prix de l’or par les teneurs de marché (Citi, Goldman Sachs, HSBC, JPM, UBS, Bank of Nova Scotia, ICBC, Merrill Lynch, Morgan Stanley, Société Générale and Standard Chartered Bank) sur base de leur activité sur les marchés OTC très peu régulés. D’après le LBMA, les marchés OTC offrent la confidentialité, vu que les transactions ne sont connues que des 2 parties prenantes, ce qui est particulièrement important pour l’activité des banques centrales sur les marchés. Le cours spot de l’or est sous le contrôle des banques centrales (voir notre article du 23 septembre 2016 « Derrière le cours spot de l’or »).

Coordination des banques centrales

En 2016, la FED a étudié les interactions entre les banques centrales en temps normal ainsi qu’en temps de crise (par exemple durant la crise financière de 2007-2008). L’une des conclusions de l’étude est que la réponse des banques centrales durant la crise a exigé une coordination extraordinaire entre elles qui aura des implications sur la façon dont elles travaillent et collaborent pour des générations à venir.

Les raisons qui poussent à l’intervention

Nous avons rassemblé les raisons qui poussent les banques centrales à intervenir sur le marché de l’or :

interventoion-policy-or

Conclusion

Il est évident que les banques centrales, au sein du réseau de la BRI, poursuivent une politique d’intervention sur le marché de l’or. De plus, elles ont créé une structure capable d’exécuter cette politique. Les interventions sont secrètes car elles ne sont pas rapportées au moins le jour même de l’intervention. Les interventions ont pour objectif de contrôler le cours spot de l’or. Les régulateurs semblent fermer les yeux. (…)

Le réseau de la BRI est le successeur du Gold Pool de Londres. Les banques centrales qui possédaient un surplus d’or fournissaient du métal afin d’intervenir sur le marché de Londres et ainsi contrôler les fluctuations de prix. Le réseau de la BRI détermine les zones d’intervention du cours de l’or en dollars via ses agents.

Enregistrer

0
Bâtiment de la BRI

Interview de Stephen Leeb, publiée le 9 juillet 2016 sur KWN :

« En 2013, la banque des Règlements Internationaux (BRI), l’une des institutions les plus puissantes du monde, a commis une erreur fatale. Elle a snobé l’or ; je vais expliquer comment plus tard. Ce faisant, elle a contribué à la chute de l’or de 1800 $ l’once en octobre 2012 à moins de 1200 $ à la fin juin 2013, correspondant à une baisse massive de 35 % en seulement 8 mois. La tendance baissière s’est poursuivie jusqu’à la fin de l’année dernière lorsque l’or s’est retrouvé brièvement en dessous de 1050 $ l’once.

Oubliez l’impact sur les investisseurs positionnés sur l’or. La véritable tragédie est que le dédain de l’or de la BRI a préparé le terrain de l’insoutenable chaos économique d’aujourd’hui. Ironiquement, le monde a désormais désespérément besoin que l’or endosse un rôle monétaire plus important. Si les banques centrales n’agissent pas en ce sens, la planète risque de tomber dans un chaos dans lequel l’or saisira un tel rôle, qu’on le veuille ou non. Peu importe le scénario, l’or sera gagnant.

La tour de Bâle (BRI) – la banque centrale qui dirige vraiment le monde

Focalisons-nous à nouveau sur la BRI, connue pour être la banque centrale des banques centrales. En 2013 la BRI, au lendemain de la crise financière, eut pour mission de redéfinir les règles visant à s’assurer que les banques disposent des réserves tampons nécessaires pour qu’il n’y aurait pas de répétition de l’effondrement financier de 2008. Au pire de la crise, les banques étaient tellement à sec que General Electrics a presque failli ne pas pouvoir payer ses salariés par manque de liquidités. L’objectif était de créer des réserves suffisantes pour couvrir les sorties de liquidités durant une période de 30 jours sous tension extrême.

On pensait que la BRI allait inclure l’or dans les actifs financiers que les banques pouvaient utiliser pour constituer leurs liquidités. Mais, incroyablement, lorsque la BRI a publié ses recommandations connues sous le nom de Bâle III, l’or fut absent. Au lieu de cela, la BRI a inclus la dette souveraine, les actions courantes ainsi que les obligations au moins BBB+ en tant qu’actif acceptable, certains à une valeur moindre que leur valeur véritable.

Omettre l’or était extraordinaire en raison de la performance exceptionnelle du métal jaune. Entre le 30 septembre 2007 (lorsque la grande récession a démarré) jusqu’au 6 mars 2009, lorsque le marché a connu un plus bas, la progression de 26 % de l’or a scotché les autres classes d’actifs loin derrière. Seules les obligations américaines à long terme le talonnaient. Les obligations allemandes à 30 ans avaient perdu environ 20 %, tandis que les obligations britanniques à 20 ans avaient baissé d’environ 40 %. Le S&P500 avait plongé de 55 %. De plus, seules les obligations américaines étaient moins volatiles que l’or.

Autrement dit, d’un point de vue purement objectif l’or aurait dû constituer, et de loin, les réserves les plus adéquates. Pourtant, la BRI a préféré ignorer l’or en faveur des actions classiques et des obligations médiocres. Disons en passant que la livre sterling, qui fait partie des classes d’actifs acceptées en tanr que liquidités de sécurité à 100 % de leur valeur, est la devise d’un pays sur le point de couper ses liens avec l’Europe tout en devant à des étrangers environ 6 fois son PIB. Il est également frappant que les classes d’actifs qui ont été privilégiées par la BRI sont principalement celles qui peuvent être créées à volonté, à savoir via la création monétaire.

Les véritables motivations de la BRI alors que l’Occident se dirige vers une nouvelle catastrophe

Force est de constater que soit la BRI voulait provoquer une nouvelle crise, soit qu’elle avait d’autres objectifs. Le problème est que ces autres objectifs, même en étant atteints, garantissent virtuellement une nouvelle crise en bout de course – ce qui est exactement ce qui est en train de se dérouler.

La BRI, selon moi, avait pour objectif d’empêcher l’or d’être considéré comme une devise à pied d’égalité avec le dollar. Elle craignait que le métal jaune, le seul actif financier qui ne peut être créé à volonté, atteigne rapidement le statut d’actif financier privilégié s’il avait été considéré en tant que devise, devenant ainsi de facto la monnaie de réserve favorite. Le dollar aurait alors été confiné à un second rôle, avec des conséquences très incertaines pour les États-Unis.

3 ans plus tard, la BRI et les banquiers centraux occidentaux peuvent se satisfaire d’avoir atteint un objectif : le dollar reste la monnaie de réserve numéro 1. Mais à présent, vu que leur autre objectif était de protéger l’Occident d’un nouvel effondrement, ils doivent être bien moins satisfaits.

La BRI averti que l’économie mondiale est fortement exposée

Dans son rapport le plus récent, publié le 30 juin 2016, la BRI a concédé que les perspectives s’assombrissent, en écrivant :

« On pourrait parler de « trinité risquée » : croissance de la productivité anormalement basse… Niveaux mondiaux de dette à des niveaux historiquement élevés, ce qui soulève des risques pour la stabilité financière… et une marge de manœuvre remarquablement étroite qui fait que l’économie mondiale est fortement exposée. »

Mais au vu de ce que la BRI souhaitait en 2013, elle devrait bondir de joie. Après tout, la dette de haute qualité est une forme de liquidités qui est aujourd’hui plus qu’abondante, et qui pourra encore être créée à perte de vue. La création de dette est un cercle vicieux : plus il y a de dette, plus il y a de transactions liées à celle-ci et plus de dette est nécessaire pour constituer les réserves tampons. (…)

Si la BRI avait conféré à l’or le rôle qui lui revient, non seulement son prix aurait grimpé mais cette hausse du cours aurait réduit la nécessité de créer de la monnaie. Les perspectives de connaître le cercle vicieux dans lequel nous sommes auraient été amoindries. (…)

L’or a le dernier mot

Mais l’or est en train d’avoir le dernier mot, ainsi que la Chine. Ce sera la seule devise à rester debout lorsque le château de cartes s’écroulera. La BRI peut au moins rectifier son erreur, soit en incluant l’or en tant que réserves tampons à 100 % ou, peut-être, en accord avec le FMI, en incluant l’or dans le panier des droits de tirages spéciaux. Mais il pourrait déjà être trop tard pour sauver le rôle du dollar. Pourquoi ? À cause de l’or que la Chine a amassé.

En prenant en compte son fonds souverain, la Chine possède environ 4 trillions de dollars de réserves, dont un trillion seulement est composé d’obligations américaines. Comment sont investis les 3 trillions restants est un secret d’État. (…) Les 30.000 t d’or détenues par les banques centrales ont une valeur d’environ 1,2 trillion de dollars. La valeur de l’or détenu à des fins d’investissement est d’environ 1,4 trillion. Ce que nous voulons dire, c’est que la Chine a les moyens d’acheter quasi tout l’or disponible à la vente. Ne nous comprenez pas mal : je ne dis pas que la Chine va le faire, ou qu’elle possède 60.000 t d’or. Mais il est quasi certain qu’elle possède bien plus que les misérables 1800 tonnes qu’elle déclare avoir, ainsi que bien plus que les 8000 t que les États-Unis sont supposés détenir.

Nous pensons que la Chine possède assez d’or pour lui permettre d’imposer le nouvel ordre monétaire. La réalité est que la puissance économique s’est déplacée vers l’Orient et qu’il est probablement trop tard pour empêcher cette nouvelle donne. Il n’est cependant pas trop tard pour les investisseurs pour profiter des métaux précieux. (…) »

Alors que tout semblait calme il y a encore 2 ou 3 semaines, de nombreux nuages noirs s’amoncellent. Les marchés chinois se sont effondrés de 25 % en 3 jours ce qui s’apparente à un véritable crash financier. La Grèce a fait défaut aujourd’hui sur sa dette du FMI, Porto Rico a proclamé un moratoire sur la sienne.

Les Européens se sont donc rués sur l’or et l’argent physique durant ces derniers jours (voir notre article consacré au sujet). Les déclarations de la BRI n’ont rien de rassurant : elle ne fait que répéter le constat dressé depuis des années par des sites alternatifs comme Zero Hedge. Dans un article publié sur le Telegraph on nous explique que la BRI, la banque centrale des banques centrales, affirme que le monde sera incapable de combattre le prochain crash financier global après avoir « usé et abusé » de son arsenal monétaire :

« La banque des règlements internationaux a lancé via son rapport annuel une critique en règle des politiques monétaires globales. La BRI affirme que les banques centrales se sont piégées elle-même après avoir baissé de façon répétée leurs taux d’intérêt afin de donner un coup de fouet à leur économie respective.

Ces taux d’intérêt plancher ont alimenté des reprises économiques et des prises de risques excessifs. Les relances se sont ensuite transformées en dépressions auxquels les banques centrales ont répondu avec de nouvelles baisses des taux.

Claudio Borio, responsable du département monétaire et économique de la banque, a déclaré : « ces taux plancher durant des périodes anormalement longues sont la réponse des banques centrales et des participants aux marchés à la reprise anormalement faible depuis la crise alors qu’ils tâtonnent dans le noir à la recherche de nouvelles certitudes ».

Les taux d’intérêt du G3 n’ont jamais été aussi bas pendant si longtemps

« Au lieu d’être emblématiques de la fragilité économique, ces taux ont contribué à l’alimentation de cycles d’expansion et de récession tout en retardant les ajustements naturels. Résultat des courses il y a trop de dette, trop peu de croissance et des taux d’intérêt trop bas. En bref, les taux bas ont engendré des taux encore plus bas. »

La BIS a averti que les taux d’intérêt ayant été aussi bas pendant aussi longtemps : les banques centrales seront désormais à court de munitions pour combattre les futures crises.

« Dans certaines juridictions, les politiques monétaires ont déjà testé leurs limites en les ayant repoussées jusqu’au domaine de l’impensable » a déclaré la BRI. Les banques centrales de la zone euro, du Danemark, de la Suède et de la Suisse ont poussé les taux en dessus de zéro afin de stimuler leur économie engendrant ainsi une baisse des taux obligataires. » (…)

La mauvaise gestion de l’économie freine la croissance de la productivité

Nos problèmes actuels sont aggravés par le vieillissement de la population qui rend le fardeau de la dette encore plus lourd. Les politiciens ont trop eu recours à des solutions à court terme, via de la dette, pour obtenir un peu de croissance au lieu de faire des choix douloureux, a déclaré la BRI. (…)

La banque des règlements internationaux a dit que les problèmes actuels de la Grèce incarnent les conséquences du mélange toxique de la dette privée et publique utilisée en tant que solutions aux problèmes économiques. (…) »

Le constat est correct mais la BRI qui appelle de ses vœux au relèvement des taux ne nous explique pas comment les Etats et les individus feront pour rembourser alors qui ne s’en sortent déjà pas avec des taux plancher…

0
or

Tandis que nous sommes témoins d’une backwardation importante sur le marché de l’or, ainsi que d’une grande volatilité depuis ces dernières semaines, Ben Davies propose quelques explications intéressantes, en rapport au référendum sur l’initiative « Sauvez l’or de la Suisse » qui approche à grands pas (source).

« À part l’or et l’argent, je ne connais aucun autre marché dont les chances qu’il baisse de plus de 10 % sont très minces. C’est sans conteste le moment d’acheter des métaux précieux.

Certains parlent de baisse jusqu’à 800 ou 900 $ pour l’or. Je pense que le moral des investisseurs est tellement bas que nous sommes déjà au plus bas. Notre société s’est déjà positionnée pour le moyen et le long terme.

Je pense qu’une grande partie de la volatilité est à remettre sur le compte du référendum suisse. Si j’étais la Banque Nationale suisse, ou les planificateurs centraux occidentaux, et que j’avais pour objectif de semer le doute dans l’esprit des Suisses, créer de la volatilité sur le marché de l’or permettrait sans doute d’atteindre cet objectif.

Je pense que le système politique et financier n’est pas demandeur d’un franc suisse plus fort, ce qui sera le résultat en cas d’approbation du référendum. S’il devait passer, l’adossement artificiel à l’euro du franc serait sous une telle pression qu’il exploserait. Ce serait les conséquences d’un adossement du franc suisse à 20 % d’or.

Pour déstabiliser les gens, quoi de mieux que de pousser à la baisse le cours des futures du COMEX ? En gros, cela fait passer le message suivant aux Suisses : « voulez-vous vraiment que votre banque centrale détienne un actif qui peut baisser de 5 à 10 % en un mois. Nous ne le pensons pas. »

J’ai une théorie à ce sujet : je pense qu’actuellement, la BRI (banque des règlements internationaux) a préparé un swap qui serait conclu immédiatement si le référendum devait passer, si bien que la BNS disposerait immédiatement d’une grande partie de l’or dont elle a besoin. Cela expliquerait pourquoi les taux GOFO sont négatifs.

Il n’est donc pas étonnant que l’or ait baissé ces dernières semaines. Cependant, cette baisse fut immédiatement accompagnée d’une demande sérieuse en provenance des mêmes en Asie, à savoir principalement l’Inde et la Chine. Le marché a pu ainsi rapidement rebondir aux environs des 1200 $ l’once. Ils ont eu du mal à contrôler le marché par la suite, d’autant qu’avec les taux GOFO négatifs, cela a augmenté la demande.

Si les Suisses devaient voter non au référendum, il est fort possible que nous recevions une nouvelle chance d’acheter de l’or et de l’argent à des cours plus bas. Cependant, le sentiment est si bas qu’il pourrait être risqué de faire la fine bouche. (…) »

0

Traduction de l’article d’Alasdair McLeod, paru sur GoldMoney.com : 

Le lundi 14 juillet, le Daily Telegraph a publié une interview de Jaime Caruana, le patron de la banque des règlements internationaux, la banque centrale des banques centrales. Dans les affaires monétaires internationales, peut-être à l’exception de Janet Yellen de la Fed, tous les banquiers centraux dépendent de lui. Et lorsqu’une banque centrale souhaite le soutien d’une autre, Caruana assure le lien.

Son avis compte, et il est très différent que celui de la Fed, de la BCE, de la BoJ (Japon) et de la BoE (Royaume-Uni). Mais il ne se trouve pas en première ligne, devant satisfaire une population voulant vivre au-dessus de ses moyens et un gouvernement accro à l’inflation monétaire. Néanmoins, il fait remarquer que la dette continue de grimper dans les pays développés depuis la crise de 2008, ainsi que dans la plupart des pays émergents. La fragilité de cette dette face à des taux d’intérêt en hausse est ignorée par les marchés ; alors que la prime de risque devrait augmenter, elle diminue.

Pour quelqu’un qui assure ses responsabilités, il s’agit d’un sévère avertissement. En effet, il affirme privilégier le retour d’une monnaie tangible lorsqu’il a répondu, à la suggestion du FMI d’utiliser l’inflation pour réduire le fardeau de la dette, « qu’il fallait s’y opposer ».

Aucun plan B n’est offert, simplement le constat que le plan A a échoué et qu’il faut l’abandonner. Certains estiment que c’est en train d’être fait avec le tapering de la Fed. Mais celui-ci a très peu d’impact sur la création monétaire, vu que la Fed remplace le QE3 avec ses repos inversés. Il s’agit d’une opération à travers laquelle la Fed donne aux banques des obligations américaines à court terme, qui sont payées avec l’argent qui dort sur les comptes de réserves excédentaires. Ce papier est alors utilisé en tant que collatéral pour émettre du crédit, alors que les réserves excédentaires ne circulent jamais dans l’économie réelle. Ce qui signifie que de l’argent est créé à partir de rien par les banques au lieu de l’être par la Fed (via le QE).

De façon intéressante, Caruana balaie les craintes de déflation en affirmant que des prix qui baissent sensiblement n’ont pas de grandes conséquences, ce qui le place également dans le camp de ceux qui souhaitent une monnaie tangible. S’il n’affirme pas haut et fort suivre les préceptes de l’école autrichienne, il admet être influencé par l’économiste suédois Knut Wicksell, dont les travaux sur les taux d’intérêt ont été guidés par l’école autrichienne. C’est pourquoi l’approche de Caruana est considérée dans de nombreux cercles comme étant de type Mises-Hayek.

Sachant que la BRI n’est pas friande des théories de Keynes, on peut espérer que la banque de Caruana poussera afin que l’or ait un plus grand rôle dans le futur système monétaire. (…)