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Brian Barnier

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C’est Brian Barnier de ValueBridge Advisors qui  l’affirme : 93 % de la hausse des marchés actions depuis 2008 est le résultat des actions de la Fed. Ses analyses montrent également comment l’influence du PIB sur les mouvements boursiers a été remplacée à partir des années 70 par différents instruments de crédit, qui furent à leur tour effacés par les QE de la Fed. C’est ce que nous apprend cet article de Yahoo Finance publié le 11 mars 2016 :

« Le marché haussier vient de célébrer son 7e anniversaire. Mais les hausses de ces dernières années, ainsi que le recul récent, pourraient s’expliquer par un seul facteur : les politiques monétaires. Le graphique ci-dessus permet d’expliquer visuellement les bulles précédentes et actuelles.

Le S&P 500 a doublé entre novembre 2008 et octobre 2014, soit durant une période coïncidant avec les assouplissements quantitatifs de la Fed (achat d’actifs). Après 3 rounds de QE, durant lesquelles la Fed a déversé des milliards de dollars chaque mois sur le marché obligataire, son bilan est passé de 2,1 à 4,5 trillions de dollars.

Il ne s’agit pas d’une corrélation fallacieuse d’après l’économiste Brian Barnier, directeur de ValueBridge Advisors et fondateur de FedDashboard.com. De plus, il affirme que chaque marché haussier qui s’est prolongé durant plusieurs années peut à chaque fois être expliqués par un seul facteur.

Barnier a compilé dans un premier temps la valeur totale des titres cotés en bourse depuis 1950. Il a ensuite divisé cette valeur par d’autres facteurs économiques et mis les résultats en graphique. Si des lignes horizontales apparaissent, cela signifie que le numérateur (la valeur des actions) et le dénominateur (l’autre facteur) évoluent de concert.

« C’est tout l’intérêt de l’analyse visuelle, » a-t-il déclaré. « Nous savons que nous devons trouver des lignes droites, bien stables, pour savoir que nous avons un résultat positif. »

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En ayant joué avec des centaines et des centaines de facteurs, Barnier a fini par éliminer la plupart d’entre eux pour n’en conserver que 4 : les données du PIB pour les 5 années à venir, les dettes des ménages et des associations, les actifs d’open market et les actifs de la Fed. Durant 4 périodes distinctes, chacun de ces paramètres a dicté les mouvements du marché, ce qui est confirmé par des analyses de régression.

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Il a ensuite isolé chacun de ces facteurs, sur un graphique séparé, en les qualifiant d’ « ères » boursières :

  1. Entre la Seconde Guerre mondiale et la moitié des années 70, les perspectives de croissance du PIB expliquaient 90 % des mouvements des marchés actions, d’après l’analyse statistique de Barnier.
  2. L’influence du PIB a commencé à s’éroder au début des années 70 avec la montée en puissance des cartes de crédit et du crédit à la consommation. La dette des ménages s’est d’abord creusée via les cartes, par le crédit hypothécaire ensuite, jusqu’au crash immobilier du début des années 90. L’analyse de Barnier montre que la dette est derrière 95 % de la hausse totale du marché durant cette période.
  3. La période entre la moitié et la fin des années 90 jusque 2000 fut, bien entendu, marquée par la bulle Internet. Si la bourse fit la plupart des grands titres, ce fut également une période d’activité à la hausse pour le marché des billets de trésorerie. Les start-ups et les jeunes sociétés cherchaient à se financer bien au-delà de la valeur stratosphérique de leurs titres pour financer leurs opérations. L’analyse de régression de Barnier montre que la multiplication des billets de trésorerie peut expliquer jusqu’à 97 % de la bulle Internet.
  4. Peu de temps après l’explosion de la bulle Internet, une bulle s’est développée sur le marché immobilier, cette fois-ci dopée par le crédit immobilier et d’autres types de crédit. Ce facteur a engendré 94 % de la hausse des marchés durant les premières années de ce millénaire.
  5. Alors que la crise financière atteignait son paroxysme en 2008, la Fed décida d’inonder de dollars les marchés financiers via l’achat d’obligations. Simultanément, les taux d’intérêt chutèrent, les rendements obligataires évoluant dans le sens opposé du prix des obligations. Barnier estime que la Fed est responsable de 93 % de la hausse des marchés entre le début de son premier QE et aujourd’hui. Jusqu’au premier semestre 2013, la Fed était responsable de l’intégralité de la hausse, d’après lui.

Depuis que la Fed a mis fin à ses achats d’obligations fin 2014, le S&P 500 a reculé d’environ 16 % pour être plus ou moins au même niveau qu’à la fin du QE. D’après Barnier, les investisseurs doivent anticiper le prochain facteur qui déterminera les mouvements des marchés.

« L’assouplissement quantitatif de la Fed a pris fin, mais nous sommes désormais dans l’ère des taux d’intérêt, » a-t-il déclaré. « Cela signifie, pour tout investisseur qui se demande quoi faire aujourd’hui, que la première étape consiste à se doter d’une stratégie macroéconomique. »