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Bulle immobilière

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vue aérienne de Londres

La chute de la livre sterling fut la première conséquence du référendum britannique sur la sortie de l’Union européenne. Désormais, c’est au tour de l’immobilier de tanguer, comme l’explique cet article de Zero Hedge, évènement qui n’est pas sans rappeler les débuts de la crise de 2008 :

« Comme rapporté d’abord hier soir, ainsi que ce matin, dans un épisode rappelant le mauvais souvenir du gel du hedge fund Bear Sterns qui avait précédé l’effondrement bancaire de 2008 et la grande crise financière, dans un premier temps le fonds immobilier britannique Standard Life a cessé tout échange de parts, suivi ensuite par Aviva et M&G qui ont également annoncé la suspension des échanges de parts de leur portefeuille. Et ainsi, comme Bloomberg le résume, 3 des plus gros fonds immobiliers britanniques ont gelé pour près de 9,1 milliards de livres sterling d’actifs après que le vote-choc en faveur de sortie de la zone euro ait déclenché une vague de cessions de parts.

UCITS-ETF

Voici les premiers dominos à tomber suite à la confusion engendrée par le vote sur le Brexit. M&G Investments, Aviva Investors et Standard Life Investments bloquent les retraits car ces sociétés ne disposent pas des fonds nécessaires pour payer les investisseurs. Environ 24,5 milliards de livres sterling sont investies dans les fonds immobiliers britanniques, d’après l’Investment Association. (…)

La réaction du marché fut rapide et brutale, faisant chuter les titres des sociétés liées à l’immobilier. (…)

« Les dominos commencent à tomber sur le marché de l’immobilier commercial britannique, » a déclaré Laith Khalaf, analyste senior de Hargreaves Lansdown. « Le problème que rencontrent ces fonds est qu’il faut du temps pour vendre une propriété afin de pouvoir rembourser les investisseurs, tandis que les réserves de fond qui avaient été constituées par les gestionnaires ont été entamées par les investisseurs cherchant la porte de sortie. »

Un analyste de Jefferies ne dit pas autre chose : « la chute des flux entrants et les cessions de parts ont forcé ces fonds à taper dans leurs réserves de liquidités ». (…)

Tandis que les traders du monde entier se sont principalement focalisés sur les conséquences de la crise sur les banques italiennes durant ces dernières semaines, la nouvelle du gel des fonds immobiliers britanniques a effrayé les marchés mondiaux. Résultat des courses, la livre sterling a atteint son plus bas de 30 ans face au dollar ce mardi, chutant encore plus bas que dans les moments qui ont suivi le Brexit. Le gouverneur de la banque d’Angleterre Mark Carney s’est engagé à assurer la stabilité financière le jour de la publication d’un sondage montrant que la confiance des entreprises avait chuté, mais jusqu’à présent il s’est montré incapable de tenir ses promesses.

Les investisseurs sont sortis de ces fonds suite aux prévisions des spécialistes de l’immobilier britanniques qui ont annoncé que les prix de l’immobilier professionnel pourraient chuter jusqu’à 20 % dans les 3 années à venir. Durant la crise financière de 2007 et 2008, les fonds immobiliers furent contraints de geler leurs opérations après avoir enregistré une hausse des cessions de parts, contribuant à la chute de la valeur de l’immobilier qui s’éleva jusqu’à 40 % du pic enregistré en Grande-Bretagne. (…) »

Crédit photo : https://www.flickr.com/photos/48698930@N04/7506741954/

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Article de Zero Hedge, publié le 11 octobre 2015 :

« Dans un rapport détaillé du Groupe des Trente, les banquiers centraux avertissent que les taux zéro et la création monétaire n’ont pas été suffisants pour faire repartir la croissance et risquent de devenir des demi-mesures permanentes. Comme le rapporte Reuters, la manne d’argent facile a gonflé les prix des actifs comme les actions et l’immobilier dans de nombreux pays sans être parvenue à stimuler la croissance économique.

Tandis que les prévisions de croissance baissent et que l’argent facile augmente le leverage des sociétés, le spectre du piège de la dette hante désormais les économies développées. « Les actions des banques centrales avaient pour objectif de gagner du temps pour les gouvernements, afin qu’ils travaillent à résoudre la crise… Mais le temps presse. » Autrement dit, le message suivant est envoyé aux gouvernements du monde entier : « maintenant, vous devez vous débrouiller ».

Tiens donc, les banques centrales admettent désormais qu’elles ne sont pas toutes-puissantes ? En tout cas, elles estiment que les gouvernements n’ont pas fait leur part en prenant des mesures « assurant une croissance économique pérenne ». Ce qu’ils pourraient faire exactement dans un contexte hautement déflationniste et de surendettement, on l’ignore. Ça sent le roussi, tout le monde doit se protéger. Ils commencent donc à pointer du doigt l’autre. On peut s’attendre à ce que des hommes politiques commencent eux aussi à remettre en question les politiques monétaires. Au moins, ces premières fissures dans l’entente de façade entre les gouvernements et les banques centrales permettent d’entendre quelques vérités. Comme celle-ci, écrite noir sur blanc dans le rapport :

« Les politiques des banques centrales depuis le début de la crise ont fourni une contribution cruciale à la restauration de l’apparence de la stabilité financière. Néanmoins, pour que cette apparence devienne réalité, les problèmes sous-jacents dus principalement à des niveaux de dette très élevés doivent être résolus si nous voulons restaurer de façon plus durable la croissance mondiale. »

Ou, en lisant entre les lignes, le résumé en une (longue) phrase de ce rapport de 80 pages par Zero Hedge :

« Les banquiers centraux savent que leurs politiques n’ont pas contribué (et ne le feront jamais) à des améliorations économiques réelles, ils mettent la pression sur les gouvernements pour qu’ils agissent même s’ils ne se font pas d’illusions (car les banques centrales répondent toujours présent pour sauver la mise), ils s’attendent à ce que les politiques extrêmes deviennent la norme (malgré l’aveu de leur échec) de peur de voir le prix des actifs baisser et suggèrent que les mesures pourraient devoir être étendues (de telles actions ayant mené à l’hyperinflation dans le passé). »

La bulle immobilière par un exemple extrême mais édifiant

Mais à part ça, Madame la marquise… Tout va très bien ! Et pour rebondir sur le sujet de la bulle immobilière : voici en bonus cette magnifique propriété de San Francisco qui sera à vous moyennant la modique somme de 350.000 $ soit la propriété la moins chère de cette ville où les prix de l’immobilier ont atteint des niveaux insensés. D’après Fortune, les prix de l’immobilier du quartier où se trouve ce taudis ont augmenté de 103 % depuis… 2012.

taudis-san-francisco-bulle

Dans sa dernière interview sur KWN, Gerald Celente a abordé les sujets de la bulle immobilière en Chine ainsi que des déclarations de Charles Biderman qui, en tant que gérant de société, comprend bien que les marchés sont au plus haut uniquement grâce aux politiques monétaires de la Fed :

« Les événements majeurs du moment sont la crise en Ukraine, au Moyen-Orient et les marchés. Ceux-ci ont atteint un niveau de bulle et risquent l’éclatement. Charles Biderman, de TrimTabs, a fait des déclarations intéressantes. Il affirme que les marchés sont au plus haut parce qu’ils sont manipulés.

Il a notamment indiqué que les salaires s’élevaient à 7 trillions à la fin de 2012. Aujourd’hui, ils sont à seulement 7,5 trillions, alors qu’en 2012 la capitalisation des marchés s’élevait à 17 trillions, et est désormais à 26,5 trillions.

Il est donc clair que les politiques de la Fed profitent aux marchés. C’est pourquoi Biderman dit qu’ils sont manipulés. Et cela ne concerne pas que les États-Unis. Il y a un ralentissement économique en Europe. On ne parle pas de dépression en Grèce, Espagne, Irlande et Portugal, malgré les taux de chômage historiques dans ces pays, et en particulier chez les jeunes.

La bulle immobilière en Chine

En Chine, le Financial Times a rapporté que les promoteurs offrent des réductions incroyables à cause de la situation difficile du marché de l’immobilier. Celui-ci est tendu et cela affecte entre 15 et 25 % du PIB du pays. Les chiffres officiels concernant ce secteur indiquent que la bulle immobilière a éclaté.

55 des 70 plus grandes villes du pays ont vu leur prix de l’immobilier baisser en juin. 30 villes ont supprimé les restrictions mises en place afin de stopper l’avancée de la bulle immobilière pour que le marché reprenne. Il y a également de grandes manifestations, par exemple à Shanghai.

En ce moment, 90 % des Chinois possèdent leur propre habitation. À titre de comparaison, ce pourcentage est de 65 % aux États-Unis. Malgré tout, les gens manifestent à cause de la baisse des prix immobiliers, parce qu’ils ont payé beaucoup plus cher par rapport aux prix aujourd’hui. Il est donc clair que la bulle immobilière chinoise a éclaté. »