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Chicago

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Avec la situation catastrophique de Chicago qui serait pire que celle de Detroit en figure de proue, l’Illinois fait partie des Etats américains à la dérive. Ce fait est illustré par l’augmentation des bénéficiaires des Food Stamps dans l’Illinois, l’aide alimentaire accordée par l’État américain aux plus pauvres, dont la croissance est supérieure à celle des créations d’emplois. Article de SafeHaven.com publié le 30 septembre 2015 :

« Une fois de plus, félicitations à l’Illinois, le seul état du Midwest américain où la croissance des Food Stamps a dépassé celle des créations d’emplois durant la reprise. Leur terme officiel est SNAP, l’acronyme de Supplemental Nutrition Assistance Program (programme d’aide de complément alimentaire), mais ils sont plus communément appelés Food Stamps (Tickets Alimentaires), un terme moins dénigrant. (…)

Le mauvais climat des affaires qui règne dans l’Illinois continue d’impacter négativement l’emploi, surtout industriel, alors que 25 personnes se retrouvent à bénéficier des Food Stamps pour chaque poste créé dans l’industrie. L’Illinois est le seul État du Midwest à avoir ajouté plus de personnes sur la liste des bénéficiaires des Food Stamps que de travailleurs sur les registres du personnel des sociétés depuis la grande récession. Les pertes d’emploi de la grande récession ont eu lieu entre janvier 2008 et janvier 2010. Depuis, les états ont disposé de 5 ans et demi pour se redresser.

Durant la reprise ayant suivi la grande récession, la région de Lincoln a enregistré un nombre supérieur de demandes de Food Stamps que d’embauches. En Illinois, pour 4 personnes qui ont trouvé un emploi, 5 bénéficiaient des Food Stamps.

Dans tous les autres états du Midwest, les embauches furent bien supérieures aux demandes de Food Stamps durant la reprise. En fait, dans tous les autres états de la région, les créations d’emplois dépassent largement les demandes d’assistance alimentaire. Mais durant la reprise l’Illinois a enregistré un nombre de demandes de Food Stamps supérieures à toutes les demandes des autres états du Midwest réunis ! (…) »

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Article de Bloomberg publié le 26 mai 2015 sous le titre « 5 raisons qui expliquent pourquoi la situation de Chicago est pire que celle de Detroit » et sous-titré la « nouvelle ville financièrement pourrie » :

« Oubliez tous les surnoms que l’on a attribué à Chicago pendant des décennies : la ville du vent, la ville aux grandes épaules, la ville qui travaille, etc. Cette métropole étincelante peuplée de 2,7 millions d’âmes est aujourd’hui, comme Detroit, une ville financièrement pourrie.

Lorsque Moody’s a abaissé la note de la dette de Chicago au niveau d’actifs pourris (junk), la société de notation a accentué la crise financière de la ville et fait naître les comparaisons avec la ruine industrielle qui se trouve à 280 miles à l’est.

Les défenseurs de Chicago avec à sa tête le maire Rahm Emanuel affirment avec véhémence que leur ville n’est pas Detroit. En guise d’argumentation, ils avancent la croissance démographique que connaît la ville, une économie diverse soutenue par de nombreuses sociétés faisant partie du Fortune 500, des quartiers prospères et un secteur touristique en plein boum.

Pourtant, il y a 5 raisons qui, plus que jamais, suggèrent que Chicago ressemble furieusement à Detroit ou est même dans certains cas dans une situation plus grave. Ou, comme le gouverneur républicain de l’Illinois Bruce Rauner l’a dit le mois dernier, que : « Chicago est vraiment dans le yogourt ».

Des chiffres effrayants

Le passif non capitalisé des caisses de retraite de Chicago s’élève à 20 milliards de dollars et continue de se creuser, ce qui correspond à une obligation non budgétisée de 7400 $ par habitant. Detroit, dont la population d’environ 689.000 habitants représente grosso modo le quart de celle de Chicago, disposait d’un trou de financement de 3,5 milliards de dollars soit une obligation de 5100 $ par tête. Un rapport de janvier 2014 de la recherche de Morningstar a montré que parmi les 25 plus grandes villes américaines et Puerto Rico, Chicago dispose du plus gros passif non capitalisé par habitant en ce qui concerne les retraites.

Un tribunal hostile

Lorsque Detroit a demandé la protection du chapitre 9 en juillet 2013, un juge fédéral a utilisé la pleine étendue de ses pouvoirs pour décréter que toutes les parties concernées (les contribuables, les fonctionnaires, les porteurs d’obligations et les créditeurs) allaient devoir mettre de l’eau dans leur vin pour résoudre la crise. Mais lorsque la cour suprême de l’Illinois a tranché le 8 mai dernier, elle a décidé que l’État ne pourrait baisser le montant des retraites dans le cadre d’une solution globale qui réformerait le système des retraites de l’État. (…)

Paralysie politique

Tout comme Detroit s’est dirigée lentement mais sûrement vers la faillite après des décennies d’avertissements, les politiciens de Chicago ont été les spectateurs de cette descente aux enfers progressive. Durant cette période, ils ont fait l’impasse sur le paiement des pensions en ignorant les dommages financiers occasionnés. Entre 2002 et 2012, la ville a augmenté sa dette obligataire de 84 %, d’après la Civic Federation qui suit les finances de la ville. Soit un supplément de dette de 1300 $ par habitant. (…)

Pas question d’un renflouement.

La déclaration de faillite de Detroit lui a permis de restructurer sa dette, notamment en se délestant de 7 milliards par des coupes dans les retraites et dans les remboursements aux créditeurs. En Illinois, l’État qui dispose de la plus mauvaise note des États-Unis avec son passif non capitalisé pour les retraites de 111 milliards de dollars, le gouverneur Rauner a envoyé un message direct à l’adresse du conseil municipal de Chicago lorsqu’il s’est exprimé devant lui : la ville ne sera pas renflouée par l’État.

Déni

Après des années de déni, les responsables de Détroit ont fini par accepter même si ce fut à contrecœur, des mesures drastiques. Mais jusqu’à présent, le maire de Chicago s’accroche à son opinion que le rejet de la cour suprême de l’Illinois d’une réforme des pensions dans l’État ne s’applique pas à sa ville. (…) Pourtant, Moody’s ne semble pas être d’accord avec lui… »

Commentaire or-argent.eu : Detroit, Chicago, les États-Unis, le Japon, la Grèce… c’est en fait tout le « monde développé » qui est surendetté. Il est possible, grâce à la magie du keynésianisme qui n’est qu’une illusion, de faire durer le mirage de la prospérité pendant quelques décennies, mais tôt ou tard, il faut soit régler l’ardoise, soit l’effacer… Ce qui correspond à choisir entre la peste et le choléra. La Grèce, Detroit et Chicago sont en quelque sorte à l’avant-garde mais ne vous méprenez pas : il ne s’agit que d’un avant-goût de ce qui nous attend tous, presque sans exception.

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Dédollarisation, risque de défaut municipal aux États-Unis et les véritables raisons du renflouement de la Grèce sont au menu des nouvelles du 5 mars 2015 :

Le renflouement de la Grèce avait pour seul objectif de sauver les banques allemandes et françaises

Cette phrase, qui vous aurait valu d’être affublé du qualificatif de théoricien du complot il y a encore quelques mois vient d’être prononcée de la façon la plus candide qui soit par Paolo Batista. Un chauffeur de taxi de Sao Paulo ? Non, l’un des directeurs du FMI ! Il a déclaré en public à la télévision privée grecque Alpha TV (source) :

« Ils ont donné l’argent pour sauver les banques allemandes et françaises, pas pour la Grèce. » Critiquant la BCE et l’UE, Batista a même égratigné la gestion de son propre organisme en affirmant « la problématique grecque n’a pas été gérée de la meilleure façon qui soit par le FMI… Nous avons mis un fardeau trop lourd sur les épaules de la Grèce et pas assez lourd sur ceux des créditeurs. »

Dédollarisation : un phénomène qui s’accélère

Poursuivons avec une photo étonnante qui a été prise sur la route qui mène à l’aéroport de Bangkok montrant un énorme panneau publicitaire faisant la promotion du renmibi (yuan) en tant que… monnaie globale. « RMB : le nouveau choix » et « la devise du monde » figurent en grandes lettres ainsi qu’une pièce en or… Il est désormais clair que la Chine travaille déjà au niveau de la communication afin de faire du yuan la monnaie de réserve mondiale… adossée à l’or ?

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Toujours dans le cadre de cette dédollarisation qui s’accélère, les autorités du Kazakhstan ont annoncé leur intention de réduire l’utilisation du dollar d’ici la fin 2016 (source ZH). La Chine, si elle n’a pas annoncé tout haut sa volonté poursuit ce même processus. Cela fait 4 mois d’affilée qu’elle réduit son portefeuille de Bons du Trésor américain poursuivant la tendance initiée en 2014, d’après Simon Black.

Chicago, le prochain Détroit ?

L’État de l’Illinois dispose de l’un des plus gros déficits des états américains. Sa caisse des retraites est l’une des plus sous-financées du pays même si ce problème est généralisé. Il n’est donc pas étonnant que Chicago puisse rapidement rejoindre Détroit dans la liste des villes américaines en faillite. Moody’s vient d’ailleurs d’abaisser de 2 crans la note de Chicago désormais étiquetée « junk » (obligations pourries). D’après Dave Kranzler les problèmes pourraient s’accélérer si Rahm, le maire actuel très copain avec la Fed n’était pas réélu aux élections d’avril prochain.