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Chine

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bunker datant de la guerre froide

Après le candidat à la présidentielle qui avait promis de « drainer le marécage », puis qui nomme des créatures de ces mêmes marécages, et que l’on annonçait comme un isolationniste qui allait permettre de détendre les tensions géopolitiques grandissantes à travers la planète, les relations bilatérales américaines avec la Russie mais surtout la Chine se détériorent alors que Donald Trump n’a même pas encore pris ses quartiers à la Maison Blanche.

Si nous préférons encore attendre les actes, ceux-ci étant plus importants que les paroles, la présidence de Trump s’annonce être une arnaque de la même ampleur que celle d’Obama. D’un point de vue français ou européen pour la paix et le multilatéralisme, le milliardaire américain semblait être un meilleur choix que la va-t-en-guerre Clinton. Mais au vu des déclarations du futur secrétaire d’État Rex Tillerson, qui a déclaré ceci durant son audition, il est légitime d’en douter :

« Nous allons devoir envoyer un signal fort à la Chine. Tout d’abord, la construction des îles artificielles doit s’arrêter, ensuite l’accès aux îles existantes ne sera pas permis. »

Malcolm Davis, analyste senior à l’Australian Strategic Policy Institute de Canberra, a déclaré à Bloomberg : « Il s’agit d’une remarque débridée tel un tweet, qui met de l’huile sur le feu et pourrait faire dégénérer les choses. À part déclarer la guerre à la Chine, les Américains ne peuvent rien y faire. » Pour rappel, les Chinois avaient déjà bondi lorsque Trump a déclaré qu’il fallait remettre en question le principe même d’une seule Chine.

La Russie en prend également pour son grade via le Général Mattis

Hier, c’était au tour du Général Mattis, choisi par la colombe Trump pour prendre la tête de la Défense, de s’attaquer cette fois à la Russie en déclarant « qu’elle est la menace principale pour la sécurité américaine ». Un néoconservateur n’aurait pas fait mieux. La Russie est plus dangereuse que les groupes terroristes qui sèment la mort à travers le monde, selon « Mad Dog », qui n’aura jamais aussi bien porté son nom. Il a également épinglé la Chine pour son action en Mer de Chine du Sud. Trump devrait rencontrer Poutine en Islande prochainement… pour clarifier notamment ces déclarations ?

L’administration Trump est-elle en train de créer un nouvel « axe du mal » ? Cela y ressemble. Car nous voyons mal comment ces deux figures majeures de la future équipe de Trump pourraient se fendre de telles déclarations pour plaire à leur auditoire (il s’agit d’auditions préliminaires à leur nomination officielle) et ensuite faire marche arrière. Ces tensions géopolitiques devraient se multiplier tout au long de 2017 et profiter aux métaux précieux au gré des tweets de Trump et des déclarations fracassantes de son équipe.

Sources : ZeroHedge ici et ici

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explosion du crédit en Chine

La stabilisation de la croissance chinoise a dissipé une partie de l’anxiété qui habitait les investisseurs au début de 2016. Mais il s’agit en partie de la conséquence du recours à une vieille (mauvaise) habitude. Isabelle Mateos y Lago (BlackRock) vous l’explique.

Cette vieille habitude qui a permis la stabilisation de la croissance chinoise, c’est l’octroi généreux de crédits à des entreprises d’État nationales et locales. Le ratio de dette privée par rapport au PIB de la Chine a grimpé pour dépasser les 200%. Jamais une économie d’envergure n’a accumulé autant de dette aussi rapidement, comme le graphique en en-tête le montre.

De par le passé, les orgies de crédits ont souvent mené à des catastrophes économiques. Pourtant, la Chine est différente à certains égards. Grâce à son taux d’épargne domestique important, elle a très peu de dette extérieure, soit le péché originel qui fut l’élément déclencheur de nombreuses crises de pays émergents. Pékin travaille sur des solutions pour régler son problème de dette, par exemple la conversion de dette bancaire à court terme en obligations à long terme ou encore en dirigeant le besoin de crédit vers le secteur privé et les ménages. Mais quoi qu’il en soit, la Chine doit trouver des moteurs de croissance plus durables. Elle ne peut se contenter de créer de la croissance en accumulant de la dette via des entreprises étatiques non productives, ou accepter des taux de croissance inférieurs.

Trouver le bon équilibre est difficile : plus la Chine traîne à attaquer frontalement le problème, plus le risque d’accident augmente.

Des taux qui remontent à travers le monde et un dollar plus fort sont autant de défis additionnels pour la Chine. Ces deux facteurs engendrent des flux sortants de capitaux et épuisent ses réserves alors que la Banque centrale chinoise tente de contenir les pressions baissières sur le yuan. Cela contribue à des taux interbancaires chinois plus élevés, ce qui pourrait entraver la croissance à terme.

Des spéculations affirmant que les autorités pourraient autoriser une dévaluation importante et brutale, et ce, afin d’arrêter les flux des capitaux d’un coup net, pourraient se propager. Ce qui aurait probablement des effets dévastateurs sur les autres devises des marchés émergents et sur les prix des actifs. Nous nous attendons à un déclin graduel supplémentaire du yuan par rapport au dollar en 2017, cette dévaluation brutale n’étant pas notre scénario de base.

Nous sommes à l’affût de tout signe de stress, comme l’accélération de la fuite des capitaux ou des dysfonctionnements sur les marchés à revenu fixe de Chine. Des tensions commerciales en hausse pourraient également intensifier le risque que nous percevons pour la Chine et les actifs des émergents en général.

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risk

D’après l’Eurasia Group, qui fait écho aux craintes de BlackRock, l’année 2017 devrait être la plus volatile en termes de risque politique depuis la Seconde Guerre mondiale, ce qui devrait profiter à l’or et à l’argent. Bloomberg en a parlé dans un article le 3 janvier 2017 :

« L’unilatéralisme américain sous Donald Trump, l’affirmation de la Chine et une chancelière allemande affaiblie feront de 2017 l’année «la plus volatile» en termes de risque politique depuis la Seconde Guerre mondiale, d’après l’Eurasia Group. »

« En 2017, nous entrons dans une période de récession géopolitique », a déclaré la société basée à New York dans son rapport annuel sur les perspectives de l’année à venir. Une guerre internationale, ou « la décomposition d’institutions d’un gouvernement majeur », n’est pas inévitable, même si « un tel événement est désormais concevable ».

Avec l’ascension de Trump à la présidence sur la base d’un programme « les États-Unis d’abord », l’économie mondiale ne peut plus compter sur les USA pour offrir une rampe de stabilité, d’après Eurasia, qui conseille les investisseurs sur le risque politique. Les signaux envoyés par Trump à propos d’un accord avec la Russie, le scepticisme envers l’OTAN ainsi que son « alignement » avec les partis anti-establishment européens comme le Front National en France pourraient affaiblir l’alliance principale post-guerre qui maintenait l’ordre mondial, d’après ce rapport publié mardi.

Cet avertissement est un rappel des nombreuses menaces qui pèsent sur la stabilité en 2017, des élections en Allemagne, en France et aux Pays-Bas à la sortie planifiée de la Grande-Bretagne de l’UE en passant par les crises de nations émergentes comme le Brésil ou encore la crise des réfugiés.

Malgré ce contexte, les États-Unis pourraient se revigorer, d’après le président d’Eurasia Ian Bremmer. « Nous pourrions voir en 2017 un environnement géopolitique négatif comme on ne l’a plus vu depuis des décennies. Pourtant, les investissements sur les marchés américains et la vigueur du dollar pourraient se poursuivre », a-t-il déclaré à l’occasion d’une interview sur Bloomberg TV.

En Chine, le passage de témoin programmé dans le leadership signifie que le président Xi Jinping sera « plus que jamais susceptible de répondre avec force aux défis de politique étrangère », ce qui pourrait faire grimper les tensions entre les États-Unis et la Chine, d’après Eurasia. Pour maintenir la stabilité intérieure, Xi pourrait « réagir de façon excessive » au moindre toussotement économique, ce qui pourrait gonfler de nouvelles bulles ou déboucher sur de nouvelles mesures de contrôle des capitaux.

Merkel, qui tentera de se faire réélire durant l’automne, sera probablement en difficulté sur des dossiers comme le Brexit, la crise de la dette qui n’en finit plus en Grèce et un président turc Erdogan « de plus en plus autoritaire » qui menace l’accord sur les réfugiés entre l’UE et la Turquie. (…)

Les autres risques cités par Eurasia :

  • Le manque de réformes économiques, seule la Chine étant sur une trajectoire positive parmi 14 nations majeures alors que l’Italie, la Russie, l’Arabie saoudite, l’Afrique du Sud, la Turquie et le Royaume-Uni devraient décliner.
  • Des politiciens qui remettent sur le dos des banques centrales, y compris la FED, les difficultés économiques. Ces attaques posent « un risque sur les marchés en 2017 car elles menacent le rôle d’institution technocratique des banques centrales, qui fournissent la stabilité économique et financière ».
  • La chasse aux sorcières dans les rangs de l’opposition turque, un contrôle des médias encore plus strict par Erdogan ainsi que des pressions sur la banque centrale turque sur les taux et les stimulations visant à compenser la faible croissance.
  • Le programme nucléaire nord-coréen, qui pourrait porter son arsenal à 20 têtes nucléaires, en combinaison avec des avancées technologiques lui permettant de frapper la côte ouest américaine dans le futur.

Une victoire de Marine Le Pen à l’élection présidentielle représente le plus gros risque politique en Europe, où les liens au sein de l’union et dans la zone euro sont engagés « dans un processus lent et graduel de désintégration », a déclaré le professeur d’économie de l’université de New York Nouriel Roubini.

« Si Le Pen prend le pouvoir en France, si un parti anti-euro prend le pouvoir en Italie, ce pourrait être le début de la fin de l’Europe et de la zone euro », a-t-il déclaré.

pays émergents

Les marchés des capitaux et des devises de la Chine se télescoperont inévitablement avec ceux des États-Unis et par extension avec ceux du monde entier. Les économistes se plaisent à marteler que quelque chose qui ne peut durer s’arrêtera. Ce truisme s’applique à la Chine.

L’idée même de tensions économiques en Chine peut paraître étrange. La Chine a émergé du chaos de la Révolution Culturelle pour devenir la première économie du monde en termes de parité de pouvoir d’achat, tout cela en seulement 35 ans. Même sur base du PIB nominal, mon indicateur favori, il s’agit de la seconde économie de la planète.

La croissance annuelle chinoise fut de 12% entre 2006 et 2008. Cette performance fut encore atteinte en 2010. Même au pire de la crise financière, en 2009, la croissance chinoise était encore supérieure à 6%. Elle a oscillé entre 6,7 et 8% entre 2011 et 2016. Ces taux de croissance sont extraordinaires par rapport aux 0-2% de croissance des économies développées, enregistrés depuis 2007.

Mais au-delà des apparences aguichantes, tout est loin d’être rose. La majorité de la croissance chinoise fut complètement artificielle. On n’en parlerait pas si la Chine utilisait des normes comptables plus rigoureuses.

Investissements en Chine : pour quel retour ?

Les investissements ont représenté environ 45% de la croissance chinoise. Dans les économies développées, ce chiffre est de 30%. Ce n’est pas un problème si les investissements ont des retours positifs et ne sont pas financés avec des excès de dette. Or la Chine ne remplit aucune de ces 2 conditions.

Une partie importante des investissements chinois ont été gaspillés dans la construction de villes fantômes. Ou encore engloutis dans des projets pharaoniques de prestige comme la gare sud de Nankin, qui a coûté des milliards de dollars et dont les 128 escalators ne sont presque jamais utilisés. En supposant que la moitié des investissements chinois sont du gaspillage, cela signifie que le PIB devrait être réduit de 22,5%. Une croissance de 6,7% correspondrait ainsi à une croissance de 5,2%, au mieux.

C’est encore pire si on prend en compte la quantité de dettes utilisée pour financer ce gaspillage. Les actifs des banques chinoises sont passés de 2,5 trillions à 40 trillions de dollars durant les 10 dernières années, soit une augmentation de 1500%. Et ce n’est que la partie visible de l’iceberg.

La plupart de la dette chinoise est hors bilan, comptabilisée dans des produits financiers similaires aux CDO qui ont fait couler Lehman Brothers en 2008, et dans des produits dérivés. Il existe un énorme secteur bancaire de l’ombre en Chine (garanties provinciales, crédits inter-sociétés et plans de transfert offshore, etc). Lorsque toute cette dette est comptabilisée, la Chine ressemble au plus grand Ponzi de l’histoire.

Dévaluation continue du yuan

Si la situation est si instable et gérée avec des effets de levier à outrance, pourquoi l’effondrement n’a-t-il pas déjà eu lieu ? La réponse est la suivante : la Chine est le plus grand manipulateur de devise de l’histoire. La Chine a exploité une méga dévaluation du yuan en 1994 pour rendre sa monnaie compétitive et doper ses exportations. Sa banque centrale est ensuite intervenue entre 1994 et 2006 pour faire perdurer la faiblesse de sa monnaie.

Ces manipulations de devises, longues de 12 ans, ont permis à la Chine de construire ses usines, de créer de l’emploi, d’accumuler des réserves de dollars et de développer son système bancaire. Bien sûr, la majorité de cette croissance s’est faite aux dépens de l’emploi manufacturier aux États-Unis, des millions de postes ayant été perdus durant cette période. Ce n’est qu’après 2007, et des pressions politiques américaines intenses, que la Chine a permis l’appréciation du yuan à des niveaux plus raisonnables, conformes à sa production et aux accords commerciaux en vigueur.

Mais aujourd’hui, la Chine a recours à ses vieilles tactiques. Depuis 2014, elle a favorisé la dévaluation du yuan, de 6 yuan pour un dollar à 6,9. Aujourd’hui, le yuan se prépare à franchir la barre clés de 7 yuans pour un dollar.

La différence entre 1994 et aujourd’hui, c’est qu’aujourd’hui les États-Unis suivent la situation. En particulier, le président élu Trump a menacé la Chine de la qualifier de « manipulatrice de devises » le premier jour de son investiture, le 20 janvier 2017.

Cette escalade de la tension de la guerre des devises arrive dans un contexte de risque accru d’un conflit armé avec la Chine. Peu de temps après son élection, Trump a reçu un appel téléphonique de félicitations de la part du président de Taïwan. Cela peut sembler comme une formalité de courtoisie, mais pas pour le parti communiste chinois.

Pékin considère Taïwan comme une « province dissidente », et non une nation souveraine. Les politiciens américains ont pris l’habitude d’esquiver ce dossier, mais pas Trump. Non seulement il a discuté avec le président de Taïwan, mais il a même remis en question la politique d’une seule Chine dans un tweet.

Les actions de Trump ont fait retentir la sonnette d’alarme à Pékin. Les dirigeants ont donc décidé d’envoyer un message à Trump en volant l’un des drones sous-marins de la Navy qui opèrent dans les eaux des Philippines, bien loin des eaux de la mer de Chine du Sud revendiquées par Pékin.

Le drone a été restitué, mais l’avertissement a été lancé. Les tensions géopolitiques entre la Chine et les États-Unis sont très clairement en recrudescence (note : on vient d’apprendre qu’une « flottille » chinoise, avec porte-avions, vient de se balader dans des eaux contestées, au large de Taïwan).

Une nouvelle méga dévaluation à venir ?

Alors que la Chine se dirige vers une crise du crédit, et que les relations politiques sino-américaines se détériorent, quid du futur du yuan et de la guerre des devises ?

La première chose à noter, c’est qu’une nouvelle méga dévaluation chinoise a déjà commencé. Bien sûr, ils ne vont pas agir d’un coup, comme ils l’ont fait en 1994. Ils le font au fur et à mesure. Néanmoins, la simple dévaluation de 3% du 10 août 2015 fut suffisante pour faire baisser les marchés américains de 11% dans les trois semaines suivantes.

Une méga dévaluation de 10% aujourd’hui, moins d’un tiers de ce qu’avait fait la Chine en 1994, ferait chuter en quelques jours la bourse américaine de 30%, en raison des perspectives de guerre commerciale ouverte avec la Chine.

Quelles sont les chances d’assister à une telle dévaluation ? Cela pourrait être une question de semaines. La baisse récente du yuan n’est pas due à des manipulations du gouvernement, mais à la fuite des capitaux chinois. Les Chinois fortunés tentent de sortir leur argent du pays aussi vite que possible car ils craignent l’émergence de cette méga dévaluation (note : voir le cours de Bitcoin).

Des réserves chinoises qui fondent comme neige au soleil

La Chine a consommé un trillion de dollars de réserves durant les deux dernières années afin de satisfaire la demande en dollars émanant de cette fuite des capitaux. Les obligations américaines dans le portefeuille de la Chine ont baissé de 1 265 trillions de dollars en novembre 2015 à 1 115 trillions de dollars en octobre 2016, d’après les statistiques du Trésor.

Globalement, les réserves de la Chine sont passées d’environ 4 trillions de dollars en 2014 à 3 trillions aujourd’hui. De ces 3 trillions, environ 1 trillion n’est pas liquide, tandis qu »un trillion de dollars sera nécessaire pour renflouer les banques chinoises durant la crise du crédit à venir. Cela ne laisse qu’un trillion de dollars à disposition pour défendre le yuan. La fuite des capitaux se poursuit en Chine au rythme de 100 milliards de dollars par mois. Cela signifie que la Chine sera à sec d’ici un an.

Si la Chine veut éviter la banqueroute, elle n’a que 3 options, selon la « trinité impossible » de Mundell. Elle peut relever ses taux pour défendre sa monnaie, mettre en place des contrôles des capitaux ou encore dévaluer le yuan.

Relever les taux tuera l’économie et accélérera la crise du crédit. Les contrôles des capitaux étrangleront les investissements directs étrangers et forceront la fuite des capitaux à travers des canaux illégaux, sans pour autant l’arrêter. La méga dévaluation est la solution la plus simple.

Pourquoi la Chine n’a-t-elle pas encore agi ? Notamment pour éviter d’être qualifiée de manipulatrice des devises par les États-Unis. Cela pourrait entraîner des représailles, par exemple sur les droits de douane. C’est pourquoi la Chine agit progressivement, sans faire de vagues.

Mais voilà que Donald Trump affirme qu’il qualifiera la Chine de manipulatrice quoi qu’il arrive. Peut-être par l’un des décrets présidentiels qu’il signera le jour de son investiture. Si Trump devait le faire, et il en est capable, la Chine n’aurait plus de raison de reporter sa méga dévaluation.

Les conséquences d’un tel scénario feraient de la correction de 2015 de 11% une balade en forêt. Les marchés mondiaux seront affectés. Les États-Unis souffriront, mais la Chine encore plus.

Article de Jim Rickards, publié le 22 décembre 2016 sur DailyReckoning.com

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or

À cette époque de l’année, plus ou moins, j’ai signé en 2015 un article intitulé « Les 3 actions au plus gros potentiel de 2016 ». Il expliquait pourquoi 3 sociétés malmenées par les marchés allaient surperformer l’indice S&P 500 dans les 12 mois à venir. Ces actions étaient Coach, Urban Outfitters et Stillwater Mining. Ces titres ont respectivement grimpé de 21, 42 et 99 % jusqu’à présent.

Chaque jour, j’essaie de trouver ces sociétés malaimées susceptibles de surperformer dans les 12 mois à venir. (…) Alors que les actions américaines sont désormais à leur plus haut depuis la bulle Internet, je pense que le S&P 500 va stagner l’année prochaine, voire même baisser. Je ne suis donc pas très chaud sur les actions américaines.

Au lieu de choisir un titre, mon candidat pour l’investissement au plus gros potentiel en 2017 est l’or. Sur base de l’ETF GLD, on peut voir que l’or est en hausse de 7 % cette année. Pourtant, le métal jaune a baissé à un rythme annualisé de 3 % et 7 % respectivement durant les 3 et 5 dernières années. Après avoir connu un marché baissier suite à son plus haut de 1900 $ environ en septembre 2011, je pense que l’or a atteint son plus bas en décembre 2015 à 1050 dollars. Il est aujourd’hui dans une tendance haussière ; voilà pourquoi j’aime l’or à son prix actuel de 1150 dollars :

1. Les politiques inflationnistes américaines et chinoises généreront des flux spéculatifs vers l’or

On estime que les baisses d’impôt du président élu Donald Trump creuseront la dette fédérale de 7,2 trillions de dollars durant la décennie à venir, et jusqu’à 20,9 trillions de dollars d’ici 2036. Tout cela en plus des 19 trillions déjà existants. Même en l’absence de telles dépenses additionnelles (depuis l’ère moderne, le Congrès n’est jamais parvenu à mettre en place des baisses d’impôt sans diminution des rentrées fiscales), on s’attend à ce que la dette fédérale américaine augmente de 77 % du PIB fin 2016 à 86 % d’ici la fin de la décennie, pour un montant d’environ 23 trillions, rien que sur base des dépenses sociales comme la sécurité sociale et Medicare/Medicaid. Des dépenses fiscales plus élevées dans le cadre d’un marché du travail tendu et des salaires en hausse mènent toujours à une inflation plus élevée.

De même, les politiques fiscales accommodantes et la hausse du marché immobilier ont débouché sur une augmentation du crédit en Chine. La hausse récente de l’immobilier a démarré en avril 2015 alors que les actions chinoises commençaient à descendre de leur plus haut. Aujourd’hui, on assiste au même phénomène sur le marché de l’immobilier alors que les régulateurs mettent en place des politiques macroprudentielles afin de dégonfler la bulle. Les spéculateurs chinois se tournent désormais vers le marché des matières premières afin de s’assurer contre la dépréciation de leurs actifs libellés en yuan. Durant les 3 derniers mois, le zinc et le cuivre, par exemple, ont grimpé respectivement de 20 et 25 %, dopés par les achats chinois. Enfin, les volumes des contrats à terme or en Chine ont augmenté d’environ 25 % par rapport au CME, ce qui suggère que la capacité d’influer sur le prix de l’or est de plus en plus dans les mains des traders et hedge funds chinois.

2. La demande de bijoux en or en Chine et en Inde se redressera en 2017

D’après le World Gold Council, la demande mondiale de bijoux en or, qui équivaut à la moitié de la demande mondiale d’or annuelle, a baissé de 21 % durant le 3e trimestre par rapport à l’année dernière. Cette baisse a été alimentée par un déclin sans précédent de la demande de bijoux sur ses 2 plus grands marchés mondiaux, la Chine et l’Inde (qui totalisent 60 % de la demande mondiale à elles deux). Dans ces 2 pays, la baisse est respectivement de 27 et de 41 %. La demande de bijoux devrait atteindre cette année un plus bas de 7 ans en Chine, de 13 ans en Inde.

Cette faiblesse des marchés de la joaillerie en Chine et en Inde est due à une confluence de facteurs qui ne se répéteront pas en 2017. Ces facteurs incluent :

  1. Perte de confiance du consommateur chinois ;
  2. Restrictions des importations d’or en Chine pour limiter les fuites de capitaux ;
  3. Augmentation des droits de douane sur l’or plus tôt cette année en Inde ;
  4. Crise monétaire en Inde où le gouvernement a démonétisé de grosses coupures.

Avec la récente correction du prix de l’or, je m’attends à ce que les consommateurs chinois et indiens augmentent leurs achats de bijoux en 2017. Un marchand important de Hong Kong, Wo Shing Goldsmith, a déjà rapporté une augmentation de 20 à 25 % de ses ventes de bijoux en or durant le mois dernier.

3. Les flux spéculatifs entrants du GLD ont capitulé, ce qui suggère qu’il s’agit d’un bon point d’entrée

Dans le mois du Brexit, et dans celui qui a suivi, les stocks d’or du GLD ont augmenté de 3,7 millions d’onces, soit de 13 %, pour atteindre un total de 31,6 millions d’onces alors que les petits investisseurs se ruaient sur le métal jaune sur fond de craintes de dislocation potentielle de l’Union européenne. Depuis, les stocks d’or de l’ETF ont baissé de 4,1 millions d’onces pour un total de 27,5 millions d’onces (plus bas de 7 mois). Cela signifie que la plupart des investissements liés au Brexit ont capitulé et sont sortis de l’or. D’un point de vue contrarien et de trader, le cours actuel de 1150 dollars est donc un bon point d’entrée.

Article de Henry To, CIO et partenaire de CB Capital Partners, publié le 16 décembre 2017 sur MarketWatch.com.

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Demande d'or des banques centrales

Ce jeudi, l’or a tenté de repasser au-dessus des 1300$ l’once, sur fond de nervosité concernant le résultat de l’élection présidentielle américaine et dans l’attente de la publication des chiffres de l’emploi américain de vendredi, qui pourraient déterminer le calendrier du relèvement des taux de la première économie mondiale.

Depuis le début de l’année, l’or a grimpé de plus de 20%, principalement grâce aux investisseurs dans les ETF or, en recherche de sécurité, et aux achats continus de métal jaune effectués par les banques centrales.

Depuis le début de l’année et jusqu’à septembre, ce secteur a ajouté 52 tonnes d’or à ses coffres, contre 150 tonnes durant la même période l’année dernière, d’après les dernières statistiques du World Gold Council (qui ne prennent pas en compte les achats de 604 tonnes d’or de la Chine, qui ont probablement été ventilés sur plusieurs années antérieures). La Russie reste un acheteur solide, mais les ventes du Venezuela ont impacté de façon négative les achats nets.

Une nouvelle note de recherche de l’analyste Simona Gambarini, de Capital Economics, affirme que si les achats d’or des banques centrales ont ralenti de façon significative en 2016, « les arguments en faveur de l’or en tant qu’actif de réserve restent forts », particulièrement en raison du fait qu’un tiers de la dette mondiale des gouvernements offre des rendements négatifs :

« Nous nous attendons particulièrement à ce que les banques centrales des économies en voie de développement soient la source de la demande future du secteur officiel, étant donné que ces entités possèdent moins d’or, en pourcentage de leur réserve totale, que les banques centrales des pays développés. »

La plupart des pays en voie de développement possèdent moins de 10% de leurs réserves en or, contre 60% ou plus dans les pays développés, ceci étant du en partie à l’héritage du standard or. Mais même la BCE, qui fut créée bien après la fin du standard or, possède environ 25% de ses réserves en métal jaune.

Les réserves d’or officielles de la Chine s’élèvent à 1838 tonnes, ce qui correspond à seulement 2,4% de leurs réserves en devises. À titre de comparaison, les États-Unis possèdent 75% de leurs réserves en or (plus de 8000 tonnes).

Traduction de l’article de Mining.com du 3 novembre 2016.

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statue de Mao en or

L’ordre monétaire mondial est en train de changer. Lentement mais sûrement, les marchés mondiaux, de commerce et de change, tournent de moins en moins autour du dollar. Des monnaies qui étaient autrefois marginales, à l’instar notamment du yuan chinois, deviennent au fur et à mesure des concurrents sérieux vis-à-vis du dollar américain et de sa domination économique et financière.

L’or pourrait-il aussi à son tour commencer à émerger en tant que monnaie de premier plan dans le commerce mondial ? Au fil du temps, il le pourrait certainement. Mais les implications immédiates pour le rôle monétaire de l’or, concernent davantage son accumulation croissante par les banques centrales, à commencer par celle de Chine.

Rappelons qu’à partir du premier octobre 2016, le yuan chinois est entré dans le système des droits de tirage spéciaux (DTS) du panier des monnaies de premier plan du Fonds monétaire international (FMI). De fait, le yuan partage maintenant le statut de DTS avec le dollar américain, l’euro, la livre sterling et le yen japonais.

Avant que le yuan ne devienne officiellement une monnaie DTS, la Banque mondiale a eu l’intention de vendre 2,8 milliards de dollars en obligations de DTS sur les marchés chinois. Le déploiement des obligations de DTS en Chine a commencé le 31 août 2016. Selon Reuters, ce déploiement « fait partie d’une « poussée » plus large en Chine, visant à stimuler la demande vis-à-vis du yuan chinois et, par la même occasion, de diminuer la dépendance relative au dollar américain dans les réserves mondiales ».

Le roi dollar ne sera pas détrôné aussi facilement. Mais la place importante qu’il occupait, notamment en tant que monnaie de réserve mondiale, va effectivement diminuer au fil du temps.

L’inclusion de yuan dans le panier des monnaies DTS est un pas supplémentaire, dans le cadre de la stratégie chinoise de « dé-dollarisation »

La Chine et la Russie ont des intérêts géostratégiques communs, notamment en ce qui concerne la « dé-dollarisation ». En ce sens, il est un fait que les deux puissances passent de nombreux accords commerciaux bilatéraux, dans le but particulier de détourner le dollar américain. Le commerce bilatéral annuel entre la Chine et la Russie a fait un bond spectaculaire, en passant de 16 milliards de dollars en 2003 à près de 100 milliards de dollars aujourd’hui. Lorsque la Chine a accueilli le sommet du G20, en septembre, le président russe Vladimir Poutine était l’invité d’honneur de premier plan.

Les responsables américains n’en sont d’ailleurs pas ravis. Ils craignent que Poutine vise à étendre sa portée mondiale, en tissant des liens plus étroits avec la Chine.

Selon le « South China Post », « certains analystes occidentaux ont vu en l’approfondissement récent et rapide de cette collaboration, le début d’un partenariat qui vise à déstabiliser l’ordre mondial, dirigé par les États-Unis, et une tentative de nuire à la capacité de Washington d’influer sur les enjeux stratégiques mondiaux ».

Certaines personnes faisant partie de la campagne d’Hillary Clinton craignent même la probabilité que la Russie intervienne dans l’élection à venir, afin notamment de tenter de bloquer le chemin d’Hillary vers la Maison-Blanche. Des hackers russes ont été associés à un certain nombre des dernières « fuites » qui ont endommagé la réputation des banques américaines et celle de l’administration d’Obama. Le fondateur de Wikileaks, Julian Assange, a insinué que d’autres informations seront divulguées à l’avenir. Les alliés d’Hillary spéculent ouvertement au sujet des hacks de Wikileaks, en affirmant carrément que la Russie est derrière tout cela.

Mais les Russes et les Chinois ne semblent pas miser sur une « cyberguerre » afin de détrôner le dollar américain. En effet, en plus des accords commerciaux bilatéraux et des mouvements stratégiques entrepris, dans le but d’instaurer une domination économique régionale, les deux puissances accumulent de l’or. Au cours des dernières années, la Russie et la Chine ont, chacune de son côté, massivement décuplé leurs avoirs en or.

Les banques centrales du monde en voie de devenir des acheteurs nets d’or

Depuis 2009, les avoirs en or de la Chine, officiellement déclarés, ont bondi de 60%. Les stocks d’or, amplifiés et détenus par la Banque populaire de Chine, ont joué un rôle important dans l’ascension de la Chine vers l’élite du panier des devises DTS du FMI.

Notons que cela s’inscrit dans la tendance générale des banques centrales mondiales à devenir des acheteurs nets d’or. Alors qu’elles jouaient plutôt le rôle de vendeurs nets, dans une grande partie des années 1990 et au début des années 2000. Cela a contribué à maintenir les prix de l’or à des niveaux stables et bas. Mais depuis 2010, les banques centrales ont commencé à acheter de l’or, et ce considérablement : à hauteur de 500 tonnes par an.

La Russie, à elle seule, a ajouté cumulativement 172 tonnes d’or en 2014 et 208 tonnes en 2015. En échangeant certains de ses titres du Trésor américain contre des lingots, la Banque centrale russe est devenue le septième plus grand détenteur d’or du monde. Pourtant, l’or ne représente que 16,2% des réserves monétaires de la Russie, une proportion bien plus sérieuse que celle de ses voisins de la zone euro.

La Russie n’a probablement pas fini d’accumuler. En effet, étant le troisième plus grand producteur d’or au monde, elle peut facilement se fournir davantage, quand il s’agit justement d’or.

Un scénario similaire semble se dérouler en Chine. Il y est d’ailleurs peut-être même encore plus spectaculaire. Les stocks d’or « officiels » de la Chine s’élevaient à 1 823 tonnes d’or en août 2016, ce qui en faisait la sixième plus grande réserve d’or au monde. Pourtant, par rapport à la taille de l’économie chinoise et de l’offre de monnaie, sa réserve d’or ne semble pas peser tellement – elle s’élève à seulement 2,3% du total des réserves monétaires.

Officieusement, la Chine a probablement des réserves d’or supplémentaires, qui ne sont pas présentées au grand public. Mais même si les véritables réserves d’or de la Chine venaient à s’élever du double ou du triple de ce qui est actuellement rapporté, comme certains analystes le suggèrent, cela ne changerait pas considérablement la situation : ce pays de 1,3 milliard de personnes disposerait quand même de beaucoup moins d’or que la Russie, les États-Unis, l’Europe, ou certains de ses rivaux asiatiques. Il en résulte que la Chine devra accumuler beaucoup plus d’or dans les années à venir.

Les dirigeants chinois escomptent instaurer une domination régionale. Afin de garantir cette position, ils visent à posséder et à contrôler une plus grande part du marché de l’or. Le Shanghai Gold Exchange, récemment ouvert, met à disposition de la Chine un mécanisme direct pour contrôler le marché de l’or physique en Asie.

C’est une façon pour la Chine de prendre au moins en sa possession une certaine partie du contrôle du commerce de l’or, traditionnellement détenu par les gouvernements et les banques d’Occident.

Source : Mises.org

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lingot d'or

Article de Warren Dick, publié le 12 octobre 2016 sur MineWeb.com :

À l’occasion d’un webcast organisé par Mining Indaba ce mercredi, les analystes et des gestionnaires participants ont partagé leurs perspectives positives concernant l’or.

John Mulligan du World Gold Council a déclaré que les investisseurs ont confiance en l’or à moyen terme, malgré les analystes qui prennent en compte la montée des taux. « Vous devez prendre en compte la vigueur des marchés fondamentaux en Inde et en Chine. Il y a également le marché des lingots et des pièces en Occident, soit en Europe et aux États-Unis, qui a connu une croissance impressionnante durant ces dernières années.

Mulligan met aussi en exergue que malgré la croissance impressionnante des ventes d’or en Chine, cela reste malgré tout un marché très jeune ainsi que fort intégré. Les perspectives de croissance y sont donc importantes.

historique de la demande d'or en Chine

Mulligan a déclaré que l’Inde est un marché très fragmenté, mais où il existe une affinité culturelle profonde pour l’or. « Le gouvernement Modi en a pris bonne note. Il existe donc en Inde des opportunités vu que le marché est en train d’essayer de se moderniser. »

Les facteurs intangibles qui soutiennent le cours de l’or se trouvent du côté du sentiment. Mulligan pense que la planète est entrée dans une nouvelle période de risque globalisé.

En termes d’actions minières, Richard Hatch, analyste métaux chez RBC Capital Markets, estime que dans le cycle actuel les investisseurs sont à la recherche de sociétés spécialisées dans l’or à la situation financière solide. Leur recherche a été facilitée par un rapport net dette/EBITDA en baisse du côté de nombreuses sociétés minières.

Hanre Rossouw d’Investec Asset Management partage cette perspective positive pour l’or : « Nous pensons que le facteur de l’offre sera plus important dans les cycles futurs qui ne l’a été jusqu’à présent tout simplement parce que la demande chinoise a englouti l’offre durant le dernier cycle. »

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lingot et pièces d'or

Article de Nikkei.com, publié le 12 juillet 2016 :

« Les banques centrales poursuivent leurs acquisitions d’or, la Chine et la Russie en tête afin de réduire leur dépendance au dollar et à l’euro ainsi que pour maintenir la confiance dans leur devise domestique.

Les banques centrales du monde ont augmenté leurs réserves d’or de 2,7 % par rapport à l’année précédente pour posséder un total d’environ 32.800 tonnes, d’après le rapport du World Gold Council publié la semaine dernière. En 2015, elles ont acheté en net 483 tonnes, plaçant cette année sur la seconde marche du podium des achats annuels les plus conséquents depuis la fin de la convertibilité du dollar en or en 1971. D’après Thomson Reuters GFMS, cela fait 6 années d’affilée que les banques centrales sont, globalement, à l’achat.

Augmentation des réserves d’or (officielles) de la Chine de 70 %

Durant les 12 derniers mois, la Chine a augmenté ses réserves d’or de 70 %, un chiffre impressionnant, pour porter ses réserves à environ 1800 tonnes, ce qui place la Chine en 5e position des pays qui possèdent le plus d’or. (…) La rivalité politique entre Pékin et Washington a également contribué à pousser la Chine vers l’or. (…)

Augmentation des réserves d’or de la Russie de 18 %

La Russie a également dopé ses réserves d’or, de 18 % durant les 12 derniers mois, pour un total d’environ 1480 tonnes. La baisse du cours du pétrole a porté un coup dur à l’économie russe, ce qui a fait baisser le rouble. La Russie a décidé d’acheter davantage d’or en lieu et place du dollar ou de l’euro sur fond de sanctions occidentales en raison de la crise ukrainienne. (…)

Certaines banques centrales ont vendu une partie de leur or. Notamment le Venezuela, qui s’est débarrassé de 43 % de ses réserves, étranglé par la chute des cours du brut et obligé ainsi de se séparer de ses réserves pour rembourser sa dette. Mais le Venezuela fait partie des exceptions. Les pays développés, dont le Japon, n’ont pas touché à leurs réserves d’or.

Les pays émergents ont commencé à acquérir de l’or à la fin des années 2000, lorsque la crise financière de 2008 et la crise de la dette européenne ont entamé la crédibilité du dollar et de l’euro. (…) »

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acier

Pourquoi, malgré les politiques monétaires accommodantes des grandes banques centrales mondiales, les prix des matières premières et des produits de base baissent ? L’explication peut être résumée en 6 mots : argent facile = surcapacité = guerre commerciale = déflation. Article de John Rubino, publié le 27 mai 2016 sur SafeHaven.com :

« On ne sait pas trop ce qui est passé par la tête de la Chine lorsqu’elle a emprunté ces trillions afin de quadrupler sa capacité de production d’acier, de ciment et d’autres matières industrielles de base. Elle n’a apparemment pas demandé l’avis des autres pays qui possèdent de telles industries, n’a pas cherché à savoir si une soudaine augmentation des importations bon marché leur conviendrait.

Apparemment, ces pays ne sont pas vraiment satisfaits de la situation. C’est notamment le cas aux États-Unis, où le secteur de l’acier pourrait ne pas y survivre. De CNBC :

« L’US Department of Commerce vient d’augmenter les droits de douane sur les importations d’acier inoxydable en provenance de Chine afin de protéger son industrie locale alors que ce secteur à travers le monde est saturé. (…)

Désormais, l’acier inoxydable chinois sera sujet à des droits de douane anti-dumping de 210 % et des droits de douane anti-subsides s’élevant de 39 à 241 %. Les producteurs chinois de métal à bas coûts ont été largement cités en tant que principaux responsables de la saturation du marché mondial de l’acier, qui a fait chuter les prix. La semaine dernière, les États-Unis ont augmenté de 500 % les droits de douane sur l’acier laminé à froid chinois, principalement utilisé dans la fabrication de voitures et d’appareils.

La Chine a été accusée par les États-Unis, ainsi que par des figures proéminentes du secteur de l’acier, d’inonder le marché avec de l’acier bon marché pour contrecarrer les conséquences du ralentissement de la demande locale et de gagner des parts de marché mondial à tout prix. Les experts affirment qu’il ne s’agit plus de commerce, mais de guerre. (…)

« La Chine va prendre toutes les mesures nécessaires afin d’obtenir un traitement juste et protéger les droits de ces sociétés, » a déclaré le ministre du Commerce chinois, très mécontent par une décision qu’il qualifie d’« irrationnelle ».

Même son de cloche du côté de l’Europe :

« L’UE a averti la Chine qu’elle pourrait faire l’objet de mesures anti-dumping sur l’acier. »

Guerres commerciales = déflation bien sûr

Que va-t-il se passer avec tout cet acier chinois qui était en route pour les États-Unis et l’Europe avant d’être l’objet de ces droits de douane prohibitifs ? Soit il sera vendu ailleurs, à des prix encore inférieurs, ce qui signifie que l’acier américain ou européen ne sera pas compétitif sur ces marchés. Soit il sera stocké en Chine pour utilisation ultérieure, donc réduira la demande future d’acier en garantissant des prix bas à l’avenir. Soit de nombreuses usines d’acier chinoises récemment construites fermeront, et la Chine devra supporter les conséquences financières de ces mauvais investissements.

Quel que soit le scénario, des pertes financières et des prix inférieurs s’annoncent. Autrement dit, en ce qui concerne l’acier la valeur des monnaies fiduciaires augmente, ce qui est la définition usuelle de la déflation. Et vu que l’acier n’est que l’un des nombreux produits industriels de base sujet à une énorme surcapacité, on peut dire sans trop s’avancer que le processus qui a démarré avec le pétrole et qui s’est ensuite propagé à l’acier va continuer de métastaser à travers le monde développé et en voie de développement. Quel est le prochain sur la liste ? L’immobilier. Voir la situation à Miami, où la frénésie des condos s’arrête avec de gros stocks d’appartements vides dans de nouvelles tours.

Les politiques monétaires « modernes », qui avaient pour objectif l’inverse des effets que nous connaissons, à savoir l’augmentation des prix, seront en réponse poussée à des niveaux encore plus extrêmes. Ce qui équivaut à vouloir éteindre un incendie en l’aspergeant d’essence. Dans un monde où les surinvestissements du passé engendrent une faible croissance et des prix en baisse tandis que des politiques monétaires toujours plus agressives faussent les marchés comme jamais et encouragent la poursuite de cette politique du surinvestissement, les autres secteurs ne peuvent que suivre la trajectoire du pétrole et de l’acier vers un abysse déflationniste. Le système s’effondrera sous le poids de sa propre absurdité.

PS : l’or et l’argent ne peuvent subir le sort de l’acier et du pétrole parce que les êtres humains ont toujours cherché ces métaux depuis l’aube de l’humanité et qu’ils n’ont jamais été en mesure d’extraire plus que quelques pourcents de métal additionnel chaque année. En fait, il est toujours plus difficile de trouver des filons, donc aucune création monétaire ne sera en mesure d’engendrer une suroffre. Ce déséquilibre entre le rythme de la création monétaire et la découverte des métaux précieux explique pourquoi ceux-ci augmenteront tant que ces politiques monétaires seront en place. »