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Chômage

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François Hollande

Mes chères impertinentes, mes chers impertinents,

Je crois que notre culbuto élyséen va effectivement finir par rentrer dans l’Histoire, ou plus modestement dans le Livre des records puisqu’il pulvérise les taux d’insatisfaction de tous les temps !!

Figurez-vous que seulement 3 % des Français sont satisfaits de leur président et 1 % très satisfait… Que les 1 % lèvent le doigt et se dénoncent !! J’aimerais bien voir à quoi ressemble un « très satisfait d’Hollande »…

Bref, pour se représenter il faut qu’il réussisse à inverser la courbe, et donc il va se contenter d’inverser les chiffres !!

Ben oui, si notre ectoplasme du Palais était brillant et qu’il avait des résultats, cela se saurait ! Quand il ne reste plus que l’incompétence, l’inconstance, l’inconscience et l’inconsistance, il n’y a plus qu’à tricher sur les chiffres.

L’avantage de ma « position » c’est que j’ai des lecteurs qui m’écrivent (beaucoup, beaucoup) et donc qui me donnent des informations. Notamment sur les petits arrangements entre amis qui avaient été demandés aux employés de Paul Emploi et sur la façon de réduire un peu les chiffres. Par exemple, une grosse partie des créateurs d’entreprises ont été considérés comme ayant « retrouvé » du travail – ce qui est totalement bidon mais que voulez-vous, il faut bien habiller notre président pour l’hiver et lui dérouler le tapis rouge pour qu’il puisse nous déclarer l’air fier et martial :

« Comme promis, j’ai inversé la courbe du chômage. Votez pour moi ! »

Non parce que c’est là son seul et unique objectif : être réélu. Pour quoi faire ? Il s’en fout, il n’en sait rien et nous non plus ! Pourquoi veut-il se représenter ? Aucune idée et personne n’ose même aborder cette question. Sans doute parce que la paye est bonne et les filles aussi…

Le chômage flambe qui s’effondre ! Ces variations sont inquiétantes et la preuve d’une forme de triche !

Soyons clairs : les évolutions sont généralement assez lentes et dans une « tendance ». Si vous avez des variations très fortes, elles cachent bien souvent de véritables problèmes pour ne pas dire des fraudes ou de la triche. N’importe quel auditeur ou commissaire aux comptes vous le dira. Regardez d’abord les variations !!

« Après la flambée d’août, le nombre de chômeurs inscrits à Pôle emploi a connu sa plus forte baisse mensuelle (-66 300) depuis 1996, année où les statistiques ont commencé à être collectées sous ce format, s’établissant en métropole à 3,49 millions de personnes, a annoncé mardi le ministère du Travail. En pourcentage, le repli est de -1,9 %. Il faut remonter à novembre 2000 pour retrouver une plus forte baisse. Les chiffres de Pôle emploi, qui passent sous la barre de 3,50 millions pour la première fois depuis janvier 2015, diminuent de 90 000 personnes depuis le début de l’année (-2,5 %) et de 59 500 sur un an (-1,7 %)… » Blablablablabla, vous pourrez lire tout le blabla d’usage dans la dépêche du PolitBuro, pardon de l’AFP reprise par tout le monde et en provenance du Kremlin… pardon, de l’Élysée…

Du coup, la Myriam, elle est contente (en plus elle a des lunettes neuves pour faire intello qui bosse) et nous déclare : « Malgré des variations mensuelles parfois fortes, ce sont donc 10 000 personnes qui sortent chaque mois, en moyenne, de la catégorie A » de Pôle emploi (sans activité), s’est réjouie la ministre du Travail, Myriam El Khomri. »

L’autre nodocéphale est également réjoui et content et poste un message sur Facebook pour le faire savoir aux sans-dents !

Et le mensonge apparaît…

« Le nombre de personnes désinscrites pour « défaut d’actualisation » fluctue d’un mois sur l’autre, jouant tantôt à la hausse tantôt à la baisse sur les chiffres mensuels de Pôle emploi. En septembre, 238 900 personnes ont quitté Pôle emploi pour ce motif, soit 66 500 de plus qu’en août et autant de personnes en moins sur les listes. »

Reprenons ! Soit une baisse « historique » de – 66 300 chômeurs et une hausse des radiations de plus de 66 500 personnes, et vous me prenez pour un imbécile à hauteur d’une différence d’environ 200, mais bon on s’en fiche. En fait, encore une fois, le chômage ne baisse pas. Certes, il ne monte plus vraiment et c’est vrai. Certes, le marché de l’emploi se maintient et c’est vrai.

MAIS la courbe ne peut pas s’inverser car il n’y a aucune dynamique économique forte et les attentats qui ont touché la France pénalisent très fortement le secteur du tourisme pourtant gros pourvoyeur d’emplois.

Hollande veut se représenter. « Monsieur 4 % » pense encore pouvoir gagner. Nous courons à la catastrophe démocratique.

Il n’y a donc personne à gauche et au PS pour siffler la fin de partie à notre psychopathe de la rue Saint-Honorée ?

 

En revanche, le plan 500 000 ne semble pas avoir eu d’effet sur les chiffres ce mois-ci, car la catégorie D de Pôle emploi, où sont répertoriés les demandeurs d’emploi en formation, est restée quasi stable (-0,2 %).

Il est déjà trop tard. Préparez-vous

Charles SANNAT

Source : insolentiae.com

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Article de Zero Hedge, publié le 15 octobre 2015 :

« L’une des raisons principales expliquant pourquoi le BLS surestime de façon industrielle les créations d’emplois depuis la crise de 2008 se trouve du côté du modèle d’ajustement de création et de liquidation d’entreprises. Il est responsable de l’ « addition » de 5,3 millions d’emplois qui n’existent pas, mais qui sont simplement modélisés par le BLS qui continue de prendre en compte les dynamiques de création et de disparition des entreprises qui existaient avant la crise. (…)

Voici ce que disait le CEO de Gallup, Jim Clifton, il y a quelques mois concernant les créations et destructions d’entreprises aux États-Unis :

« Nous sommes à la traîne dans les créations d’entreprises par habitant, il s’agit de notre problème économique le plus sérieux. Pourtant, il semble être secret. On n’en parle jamais dans les médias, ni même parmi les politiciens : pour la première fois depuis 35 ans, les entreprises américaines qui disparaissent sont plus nombreuses que celles qui naissent.

L’US Census Bureau rapporte le nombre total annuel de créations et de destructions d’entreprises est passé pour la première fois en négatif depuis qu’il est suivi. Je parle des entreprises qui emploient du personnel, au moins un salarié, le véritable moteur de notre croissance économique. Annuellement, 400.000 entreprises voient le jour aux États-Unis tandis que 470.000 disparaissent. »

Comme Clifton le précise, « vous n’avez probablement jamais vu ce graphique nulle part ». Et ce n’est pas pour rien : il détruit l’une des suppositions les plus sacrées du BLS et de certains économistes enfermés dans leur tour d’ivoire, à savoir que le nombre d’entreprises qui naissent dépasse le nombre de celles qui meurent. Ce n’est désormais plus vrai.

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Jusqu’en 2008, les créations d’entreprises étaient supérieures de 100.000 aux faillites. Mais durant ces 6 dernières années, les chiffres se sont inversés. En ce moment, nous sommes à -70.000. Les données nous parviennent très lentement, via la Small Business Administration de l’ U.S. Department of Census, avec un écart de 2 ans.

creation-entreprise-etats-unis-2008-2011

Quelle est la cause de ce renversement historique ?

Plusieurs réponses peuvent l’expliquer. La plus évidente est que les États-Unis ne sont jamais sortis de la dépression de 2007. (…) Mais le premier coupable est à chercher du côté de la dernière bulle du crédit des États-Unis, qui s’élève aux dernières nouvelles à 1,3 trillion de dollars : les crédits étudiants.

Voici les conclusions de Gallup à propos de l’effondrement des créations d’entreprises aux États-Unis :

« … Le pays ne peut plus compter sur les jeunes diplômés pour renverser cette tendance car ils sont trop nombreux à être pieds et poings liés par un crédit étudiant. L’indice Gallup-Purdue 2015, une étude sur plus de 30.000 les diplômés universitaires américains, dresse un portrait inquiétant de la relation entre le crédit étudiant et la possibilité pour un jeune diplômé de créer sa propre entreprise.

Parmi ceux qui ont décroché leur diplôme entre 2006 et 2015, 63 % des étudiants ont quitté l’école avec un crédit étudiant sur le dos. Parmi ceux-ci, 19 % ont déclaré qu’ils avaient repoussé leur projet de créer une entreprise en raison de cette dette. Ce pourcentage s’élève à 25 % parmi les diplômés qui ont une dette supérieure à 25.000 $. (…) »

Sur base de ces statistiques, Gallup estime qu’environ 2 millions de jeunes diplômés pourraient avoir reporté la création de leur entreprise en raison de leur crédit étudiant. En admettant que ce pourcentage réel ne soit que de 25 %, cela serait suffisant pour obtenir une balance nette annuelle de 120.000 nouvelles entreprises en activité.

Cela signifierait aussi que le modèle du BLS serait à nouveau correct. Cependant, au vu des chiffres atteints par les crédits étudiants en cours, qui continuent d’augmenter de 100 milliards par trimestre, non seulement cet ajustement création/destruction est erroné, mais sa « contribution » aux chiffres des emplois créés devrait être inversée… Ce qui permettrait de mieux refléter la situation réelle d’un marché de l’emploi américain en piteux état. (…) »

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drapeau américain

Article de Paul Craig Roberts, publié le 18 février 2016 sur son blog

« L’économie américaine fut enterrée lorsque les emplois des classes moyennes furent délocalisés et le système financier dérégulé.

Les délocalisations ont profité aux cadres supérieurs et aux actionnaires car la baisse des coûts du travail a augmenté les profits. Ces profits ont ruisselé jusqu’aux actionnaires sous la forme de plus-values tout en profitant aux dirigeants sous la forme de « bonus de performance ». Wall Street a quant à lui bénéficié de la hausse des marchés engendrée par l’augmentation des bénéfices.

Cependant, la délocalisation des emplois a également entraîné les délocalisations de la croissance et du pouvoir d’achat des consommateurs. Malgré les promesses de « nouvelle économie » et de meilleurs emplois, les emplois de substitution consistent de plus en plus en des postes à temps partiels, des emplois mal payés dans les services, par exemple en tant que vendeur, serveuse ou barman.

La délocalisation des emplois industriels et dans les services qualifiés vers l’Asie a stoppé la croissance de la demande aux États-Unis, décimé les classes moyennes et engendré des perspectives d’emploi insuffisantes pour les diplômés de l’enseignement supérieur qui sont alors dans l’incapacité de rembourser leurs prêts étudiants. L’échelle de la promotion sociale qu’offraient les États-Unis en tant que « société des opportunités » a été vendue pour des profits à court terme.

Le crédit pour compenser la baisse ou stagnation des revenus

En l’absence de croissance des revenus des consommateurs pour porter l’économie, la Fed sous Alan Greenspan a eu recours à la croissance du crédit des ménages pour compenser la différence. Sous le régime de Greenspan, les revenus en stagnation ou en baisse des Américains furent dopés par la possibilité de consommer à crédit. Les citoyens étaient en mesure d’obtenir des crédits grâce à leur bien immobilier, qui s’était apprécié depuis, pour gagner ainsi en pouvoir d’achat.

L’expansion de la dette, largement corrélée au crédit hypothécaire, s’est subitement arrêtée lorsque la fraude perpétrée par un système financier dérégulé a provoqué l’effondrement des marchés immobilier et actions. Le renflouement des coupables a alors alourdi le fardeau de leurs victimes.

Sous Bernanke, l’économie américaine fut soutenue par les assouplissements monétaires, soit l’augmentation massive de la masse monétaire afin de sauver les banques « too big to fail ». Les liquidités fournies par la Fed se sont déversé sur les marchés actions et obligataires, enrichissant ainsi ceux qui avaient investi dans ces actifs. Les dirigeants des entreprises ont contribué à la hausse des marchés actions en utilisant les profits et en empruntant pour racheter les propres actions de leur société, donc en creusant leur dette.

Les bénéficiaires de l’inflation des prix des actifs financiers, produite par les QE et les rachats d’actions, sont bien moins nombreux que ceux qui ont profité de l’expansion du crédit à la consommation de Greenspan. Une poignée de gens relativement riches, ce n’est pas suffisant pour porter l’économie.

La politique des taux 0 de la Fed fut conçue afin de soutenir les bilans des grosses banques tout en privant les Américains du paiement d’intérêts sur leur épargne. Cette politique a réduit les revenus des retraités. Ils furent donc forcés de réduire leur consommation ou de taper dans leur épargne pour compenser, privant ainsi leurs héritiers d’un filet de sécurité.

En utilisant des statistiques sous-évaluées de l’inflation et du chômage en tant qu’écrans de fumée, le gouvernement américain a maintenu les apparences d’un redressement économique. Les étrangers ayant mordu à l’hameçon ont continué de soutenir le dollar en détenant des instruments financiers américains.

L’arnaque du calcul de l’inflation

Le calcul officiel de l’inflation fut « réformé » durant l’ère Clinton afin de sous-estimer fortement l’inflation. 2 méthodes ont été utilisées pour y parvenir :

  1. La première consiste à supprimer du panier de référence du calcul de l’inflation les produits dont le prix augmente pour les remplacer par des alternatives moins chères. Par exemple, si le prix de l’entrecôte augmente, on la remplace par un steak de ronde. Auparavant, l’inflation était calculée sur base d’un niveau de vie constant. Aujourd’hui, le calcul réformé mesure la baisse de la qualité de la vie.
  2. L’autre méthode utilisée pour sous-estimer l’inflation consiste à ne pas prendre en compte la hausse des prix lorsque la qualité augmente. Il est vrai que l’augmentation de la qualité peut provoquer une hausse des prix. Cependant, lorsque l’ancienne alternative n’est plus disponible il s’agit toujours d’une hausse de prix pour le consommateur. (…)

Ces 2 « réformes » ont permis de dissimuler la véritable inflation, mettant ainsi un terme à l’indexation du montant des aides sociales au coût de la vie. La baisse des revenus réels des bénéficiaires de la sécurité sociale a également impacté négativement la demande globale. La sous-évaluation de l’inflation donne également l’illusion que l’économie américaine se redresse vu qu’elle engendre la surestimation de la croissance du PIB. (…)

Sur les chiffres du chômage, qui s’élève réellement à 23 % aux États-Unis

Le taux de chômage rapporté par les presstituées est sans valeur vu qu’il ne prend pas en compte les travailleurs découragés, qui représentent un pan important des chômeurs américains. Le taux officiel est d’environ 5 %, soit celui rapporté par le calcul U-3 qui ne prend pas en compte les chômeurs qui ont abandonné leur quête d’un emploi par découragement.

Le gouvernement américain dispose néanmoins d’un autre mode de calcul, l’U-6, qui prend en compte les travailleurs découragés depuis moins d’un an. Ce taux officiel est de 10 %. Si on prend en compte les chercheurs d’emploi découragés depuis plus d’un an, comme c’était le cas auparavant, le taux de chômage américain s’élève à 23 % (voir John Williams sur shadowstats.com).

Les stimulations fiscales et monétaires ne peuvent remettre les chômeurs au travail que si des emplois locaux existent. Mais vu qu’ils ont été délocalisés, ces politiques sont inutiles. (…) Les politiques américaines du 21e siècle ont détruit la possibilité de voir augmenter la demande réelle des consommateurs. Les économistes le nieront car ils sont complices du globalisme et des délocalisations. Ils les vendent sous l’illusion du libre-échange qui soi-disant profite à tout le monde tout en étant incapables de prouver leurs dires. (…)

Sur la « nouvelle économie »

On nous a dit que les revenus allaient provenir d’emplois mieux rémunérés, de la « nouvelle économie », mais aucun signe des effets de cette mythique nouvelle économie n’est visible dans les statistiques de l’emploi.

Il n’y a pas de nouvelle économie. La nouvelle économie est telle la promesse des néoconservateurs d’une guerre en Irak qui devait être une promenade de santé de 6 semaines remboursée par le pétrole irakien. Alors que la facture s’élève à 3 trillions de dollars d’après Joseph Stiglitz et Linda Bilmes et que cette guerre a duré tout au long du 21e siècle et devient toujours plus dangereuse. (…)

Le gouvernement américain a abandonné l’ensemble de sa population à l’exception des riches. »

Crédit photo : Sergio Vassio via Flickr

Relèvement des taux, chute des matières premières, réforme du système financier… Nomi Prins et Max Keiser abordent tous ces sujets sans langue de bois.

Transcription de l’interview de Nomi Prins (Keiser Report) :

Nomi, on a connu le pire début d’année des marchés, les bourses s’effondrent un peu partout, les matières premières sont presque données. En ce qui concerne le pétrole de schiste dans le Dakota du Nord, ils donnent littéralement leur produit. S’agit-il d’une dépression mondiale, que se passe-t-il ?

Il s’agit d’une dépression mondiale à bien des égards. Le premier facteur est la chute des prix des matières premières. On voit aussi le chômage qui augmente vers le monde. Le chômage des jeunes était déjà significativement plus élevé, mais le chômage augmente désormais dans des endroits où la situation était encore décente comme en Amérique du Sud, par exemple au Brésil.

Il y a donc beaucoup d’endroits à travers le monde où les choses se disloquent, rapidement, et plus vite qu’auparavant.

En ce qui concerne les marchés, nous avons vu que les choses ont très mal démarré depuis le début de l’année. Mais c’était devenu inévitable. Les capitaux disponibles étaient énormes en raison des taux d’intérêt de la Fed, des taux négatifs en Europe. Les taux baissent également en Chine.

Les marchés ont été portés par les banques centrales, les programmes de QE, les baisses de quotas de réserves des banques. La liquidité disponible a saisi les opportunités, mais est en train de faire machine arrière car la poursuite de ces stimulations artificielles est impossible.

Ok, Nomi, si on revient en arrière jusqu’à 2008, les décideurs se sont retrouvés face à 2 choix : soit réformer le système pour éviter que ce genre de chose arrive à nouveau. Soit signer un chèque de 20 trillions de dollars pour les sauver en espérant que cela ne se produise plus. Moi je disais qu’il fallait réformer ces banques. Vous aussi. Ainsi que Jim Rickards. Les gens que nous accueillons disent : on devrait peut-être faire ce que l’Islande a eu le courage de faire : ils ont fermé les banques corrompues, ils ont mis les banquiers en prison. Et aujourd’hui, leur économie redevient solide. Mais au lieu de cela, on leur a signé un chèque de 20 trillions de dollars. Ai-je raison lorsque je dis que la situation d’aujourd’hui est bien pire qu’en 2008, que nous avons atteint aujourd’hui un niveau de précarité encore plus élevé et d’instabilité au niveau des produits dérivés. Nomi Prins ?

Oui, absolument. Ce chèque, ces liquidités, cette monnaie artificielle comme je l’appelle, a créé ce marché artificiel et malsain. On avait les taux obligataires qui étaient bas, les marchés actions qui étaient élevés, on avait l’impression que tout allait bien,  que ces injections de la Fed et des autres banques centrales marchaient.

Mais premièrement, les effets ne se sont pas prolongés jusqu’à l’économie réelle. Et deuxièmement, comme vous l’avez dit, et comme vous en parlez depuis de nombreuses années, il n’y a pas eu de restructuration fondamentale du système bancaire d’un point de vue de la concentration des plus grosses banques de la planète, qui sont toujours en mode de concentration très élevé, qui sont toujours aujourd’hui les plus grosses banques de la planète, qui ont utilisé ces stimulations artificielles de façon jamais vue dans l’histoire financière. Ce sont ces facteurs qui ont dopé les marchés financiers, ce qui explique aussi pourquoi la fête est finie.

Pourquoi est-ce pire aujourd’hui ? Parce qu’il y avait une opportunité de régularisation. On aurait pu identifier les causes de la crise, et la raison ne se trouve pas du côté de quelques propriétaires en Californie devenus subitement incapables de rembourser leur crédit hypothécaire de type subprime. Non, c’était à cause du leverage, de la revente en paquet de ces crédits subprimes dans des actifs qui furent eux-mêmes mis en paquets et revendus, en produits dérivés, CDO, etc.

De toutes les conséquences des  subprimes, les crédits en tant que tels ne furent pas l’origine de la chute du système. Ces paquets ont été vendus dans le monde entier, les fonds souverains ont même emprunté de l’argent pour en acheter car ils semblaient alléchants. Mais les choses ont implosé. Et au lieu de réduire ce genre de risque potentiel, les banques centrales et les gouvernements ont décidé au contraire de doubler la mise. Et aujourd’hui, nous sommes au lendemain de ce pari doublé, lorsque les moyens nécessaires pour perpétuer cette stabilité de façade ne sont plus disponibles.

C’est la raison pour laquelle les choses dégénèrent si rapidement. Les marchés descendent bien plus rapidement qu’ils ne grimpent. C’est en tout cas ce qu’on a vu.

Si on remonte dans l’histoire, notamment durant la période 1936/1937, aux États-Unis la Fed avait fait quelque chose de similaire au pire de la Dépression. Ils ont commencé à augmenter quelque peu les taux, ce qui a débouché sur un crash boursier de 50 %. Vous êtes historienne et écrivaine, vous examinez ces événements.  Y a-t-il un parallèle avec la situation que nous vivons aujourd’hui ?

Le parallèle est le suivant : lorsque l’argent est bon marché, les gens qui peuvent l’exploiter, le leverager, même si dans les années 30 les possibilités de leverage étaient bien moindres, on n’avait pas à l’époque ce marché géant des produits dérivés. Donc au moment même où les taux augmentent, et même de façon infime, les acteurs majeurs qui utilisent de façon criminelle l’argent facile pour saisir des opportunités spéculatives prennent peur et se retirent. Ils cherchent alors d’autres solutions ou prennent une pause dans l’attente d’une autre opportunité.

C’est ce qui s’est passé après la Dépression des années 30, et bien sûr la situation a été réglée par une nouvelle guerre mondiale. C’est grâce à cela, entre autres, que les États-Unis ont pu se relever et être en mesure de prêter de l’argent au monde, de mettre en place le FMI et la Banque Mondiale afin de rediriger des fonds vers les alliés des États-Unis, des éléments importants du système politique et financier d’aujourd’hui.

Aujourd’hui, la situation est complètement différente. Tout d’abord, les taux n’ont jamais été à zéro pendant aussi longtemps, comme c’est le cas depuis 2008. Ce n’est jamais arrivé dans l’histoire. On démarre donc de bien plus bas. La hausse minime des taux d’intérêt, car c’est de ça qu’il s’agit, je ne crois pas que la Fed souhaite s’engager  dans un véritable serrage de vis monétaire. Ils ont vu les résultats avec la hausse d’un quart  de points, ils sont loin de se diriger vers un taux directeur à 2 % cette année comme le croient les marchés.

Il s’agit donc d’une différence fondamentale. L’autre point divergent est que l’interdépendance du système financier est bien plus élevée aujourd’hui. La rapidité des mouvements de l’argent, des paris spéculatifs, est bien plus élevée en raison des progrès technologiques, tandis que la taille des marchés est également supérieure aujourd’hui. C’est pourquoi la situation d’aujourd’hui est bien pire. En taille, en vitesse. La période prolongée d’argent bon marché par rapport à la possibilité de voir tout ceci changer crée aujourd’hui une situation bien plus explosive à celle ayant suivi la dépression des années 30.

Donc, autrement dit, on ne peut pas inverser un Ponzi, est-ce correct ?

Oui, c’est un Ponzi encore plus important, mais aussi plus criminel. Pour en revenir aux années 30, il y avait des fraudeurs fiscaux qui pariaient en leur nom contre leur banque, qui essayaient de faire de l’argent sur le dos de leur banque avec l’aide du gouvernement des États-Unis alors que le pays se dirigeait vers le crash et la grande dépression.

Mais ils se sont fait éjecter. L’ancien responsable de la banque Nash City Group s’est fait éjecter. Il a même été condamné à une amende d’un million de dollars pour évasion fiscale. Aujourd’hui, ce genre de chose n’arrive plus, comme vous l’avez dit les banquiers ne vont plus en prison. Les sociétés commettent fraude sur fraude et ne sont pas pénalisées.

Elles peuvent donc continuer à opérer de la même façon, avec le même niveau de concentration à travers le monde. Ce qui, de nouveau, décuple l’instabilité du passé. La concentration est bien plus élevée, ainsi que le risque.

Oui. Passons désormais aux marchés de l’énergie, Nomi Prins. Au secteur du gaz et du pétrole de schiste aux États-Unis. Les banques doivent encore refléter sur leur bilan les conséquences des prêts de plusieurs dizaines trillions de dollars accordés à ce secteur. Zero Hedge croit savoir que la Fed de Dallas a tenté de dissimuler ces soucis. Comment voyez-vous les choses évoluer pour le secteur énergétique américain, qui est aujourd’hui au centre de l’attention ?

Tout d’abord ces problèmes ne concernent pas que les États-Unis, mais bien le secteur énergétique mondial. N’importe quelle société, de forage, d’extraction, de pétrole classique ou de schiste, toute entreprise associée au secteur pétrolier fut massivement surleveragé durant cette période d’argent bon marché.

Les banques, au lieu d’accorder des crédits subprimes revendus ensuite en paquets sur lesquels des produits dérivés étaient ensuite créés, ont agi de façon similaire avec les crédits accordés au secteur énergétique ainsi que leurs obligations. Aux États-Unis et ailleurs. Il s’agit des mêmes acteurs internationaux à la recherche d’opportunités similaires.

À la fin de l’année dernière,  S&P, l’agence de notation, a dit que 60 % des défauts et des défaillances de paiement des entreprises US provenaient du secteur énergétique. Ce chiffre ne va que progresser, mais il sera embelli grâce aux autres défauts qui se multiplieront dans les autres secteurs par effet domino. Que ce soit dans la vente de détail, en raison des licenciements et de la perte de pouvoir d’achat. Les effets de l’onde de choc du surleverage du secteur énergétique, nous les ressentons déjà.

Et en ce qui concerne l’effacement des dettes, elles n’ont pas encore été passées au bilan des banques. Le fait que l’argent reste encore bon marché, malgré la hausse de 0,25 %, leur permet de retarder l’échéance. Elles peuvent continuer de se réapprovisionner en liquidités, de continuer à gaspiller du bon argent à mauvais escient. Les retards de paiement sont en hausse, les défauts sont en hausse, les faillites bancaires se multiplient, et il s’agit d’un phénomène mondial.

 

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Avec la situation catastrophique de Chicago qui serait pire que celle de Detroit en figure de proue, l’Illinois fait partie des Etats américains à la dérive. Ce fait est illustré par l’augmentation des bénéficiaires des Food Stamps dans l’Illinois, l’aide alimentaire accordée par l’État américain aux plus pauvres, dont la croissance est supérieure à celle des créations d’emplois. Article de SafeHaven.com publié le 30 septembre 2015 :

« Une fois de plus, félicitations à l’Illinois, le seul état du Midwest américain où la croissance des Food Stamps a dépassé celle des créations d’emplois durant la reprise. Leur terme officiel est SNAP, l’acronyme de Supplemental Nutrition Assistance Program (programme d’aide de complément alimentaire), mais ils sont plus communément appelés Food Stamps (Tickets Alimentaires), un terme moins dénigrant. (…)

Le mauvais climat des affaires qui règne dans l’Illinois continue d’impacter négativement l’emploi, surtout industriel, alors que 25 personnes se retrouvent à bénéficier des Food Stamps pour chaque poste créé dans l’industrie. L’Illinois est le seul État du Midwest à avoir ajouté plus de personnes sur la liste des bénéficiaires des Food Stamps que de travailleurs sur les registres du personnel des sociétés depuis la grande récession. Les pertes d’emploi de la grande récession ont eu lieu entre janvier 2008 et janvier 2010. Depuis, les états ont disposé de 5 ans et demi pour se redresser.

Durant la reprise ayant suivi la grande récession, la région de Lincoln a enregistré un nombre supérieur de demandes de Food Stamps que d’embauches. En Illinois, pour 4 personnes qui ont trouvé un emploi, 5 bénéficiaient des Food Stamps.

Dans tous les autres états du Midwest, les embauches furent bien supérieures aux demandes de Food Stamps durant la reprise. En fait, dans tous les autres états de la région, les créations d’emplois dépassent largement les demandes d’assistance alimentaire. Mais durant la reprise l’Illinois a enregistré un nombre de demandes de Food Stamps supérieures à toutes les demandes des autres états du Midwest réunis ! (…) »

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Article de Zero Hedge, publié le 24 septembre 2015 :

« Depuis l’élection de François Hollande en mai 2012, la France a vu le rang de ses chômeurs grossir pendant 36 des 39 mois de son mandat pour atteindre une hausse stupéfiante de 648.000 chômeurs. Le mois dernier, le nombre de Français cherchant un emploi a augmenté de 20.000 unités, semblant ainsi indiquer que le bref répit de juin et juillet est déjà terminé. Avec 3,571 millions de chômeurs, jamais la France n’a connu autant de demandeurs d’emploi. »

Et tandis que l’on peut voir une certaine corrélation entre le taux de chômage (en bleu) et le CAC 40 (en vert) jusqu’en 2011, les 2 courbes sont subitement parties à l’opposé l’une de l’autre en 2012. D’où la question de Zero Hedge qui clôture ce court article : « le temps de la convergence est-il arrivé » ?

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Article de Paul Craig Roberts publié le 10 août 2015 :

« Vous souvenez-vous de l’époque à laquelle nous avions de vrais journalistes ? C’était avant que le régime Clinton concentre les médias dans quelques mains et fasse de la presse le Ministère de la Propagande, un outil de Big Brother. La fausse réalité dans laquelle les Américains vivent s’étend jusqu’à la vie économique. Vendredi dernier, les statistiques concernant l’emploi furent la continuation d’une série de mauvaises nouvelles présentées comme bonnes. Les médias ont insisté sur 2 chiffres comme s’ils avaient une espèce d’importance, le nombre d’emplois créés et le taux de chômage, tout en continuant d’ignorer les chiffres qui montrent la baisse des perspectives sur le marché de l’emploi alors que l’économie est soi-disant en train de se redresser.

La soi-disant reprise se base sur la mesure U.3 du taux de chômage. Ce chiffre ne prend pas en compte les chômeurs tellement découragés qu’ils ne cherchent plus d’emploi depuis 4 semaines. U.3 ne comptabilise que les chômeurs qui ont toujours l’espoir de trouver un travail.

Le gouvernement utilise un autre indicateur officiel du chômage, U.6. Celui-ci, dont on ne parle quasi jamais, inclut également les chômeurs qui n’ont plus cherché de travail depuis moins d’un an. Ce pourcentage est le double des 5,3 % de U.3. Ce qui signifie que le taux de chômage américain est de plus de 10 % après 6 ans de soi-disant redressement économique.

En 1994, le régime Clinton arrêta de comptabiliser les chômeurs de longue durée découragés quant à leur capacité de trouver un travail. Clinton voulait afficher un bilan économique plus positif que Reagan, il décida donc de ne plus inclure les chômeurs de longue durée dans les statistiques du chômage. John Williams, de ShadowStats.com, continue de calculer le taux de chômage américain en utilisant la méthodologie officielle de l’époque Reagan. En ajoutant ces chômeurs de longue durée exclus aujourd’hui, le taux de chômage en juillet 2015 s’élevait à 23 %. (…)

Aujourd’hui, les nouveaux emplois sont majoritairement occupés par des personnes de plus de 55 ans. Par exemple, tous les emplois créés durant le mois de juillet ont mis au travail des plus de 55 ans (en moyenne). Les Américains qui devraient être au travail, les 25 à 54 ans, ont perdu 131.000 postes en juillet.

Durant les 12 derniers mois, les plus de 55 ans ont gagné plus de 1,5 million d’emplois. Les 16-18 ans en ont perdu 887.000 et les 20 à 24 ans 489.000. Aujourd’hui, il y a 4 millions d’emplois de moins pour les 25 à 54 ans par rapport à décembre 2007. (…)

Les jeunes ne peuvent pas se mettre en ménage sur la base de temps partiels, mais les retraités occupent ces emplois afin d’obtenir le complément de revenus nécessaire pour combler les pertes engendrées par les politiques de taux zéro de la Fed, dont l’objectif est de soutenir les bilans des géants bancaires dont les patrons contrôlent la Fed et le Trésor US. Alors que de nombreux emplois qualifiés sont délocalisés en Chine et en Inde, comme celui d’ingénieur informatique, les possibilités de carrière disparaissent aux États-Unis.

Les emplois les plus rémunérateurs aux États-Unis s’obtiennent en conduisant des arnaques à Wall Street, en faisant du lobby pour les intérêts privés. (…)

Les emplois soi-disant créés en juillet tombent dans des catégories qui nous sont familières, mois après mois et année après année. Il s’agit d’emploi locaux : des serveuses et des barmans, des vendeurs, des chauffeurs, des magasiniers, des assureurs, des infirmières, des assistantes sociales, etc. Soit rien ne pouvant assurer des exportations afin de payer nos importations massives. Sans croissance du revenu médian des ménages, alors que les l’épargne s’érode et que le recours au crédit augmente, même l’impact de la consommation dans l’économie fléchira.

Il ne s’agit clairement pas d’une économie qui a un futur. Malheureusement, ce n’est pas en écoutant les médias financiers ou en lisant le New York Times ou le Wall Street Journal que vous l’apprendrez. Lorsque je travaillais pour le Wall Street Journal, la condition déplorable de l’économie américaine aurait fait la une. »

Article de Michael Snyder, publié le 18 mars 2015 :

Si vous pensez que les ignorants sont bénis, il est peut-être préférable que vous ne lisiez pas cet article. Non seulement je vais balayer la croyance de la soi-disant reprise économique mais prouver en fait que la situation actuelle est bien pire que celle qui a précédé la crise de 2008.

En 2007, l’optimisme était de mise dans la population. Les maisons rénovées se vendaient comme des petits pains avec un gros profit à la clé, la bourse se portait comme un charme et le chômage était relativement bas. Ce fut alors la crise de 2008. Pendant un moment, on a cru que la fin du monde nous attendait. Bien sûr, il tient toujours debout mais il ne s’agissait que d’une première vague de soucis. La prochaine sera celle qui balayera véritablement tout sur son passage.

Malheureusement, en raison des années de stabilité relative que nous avons vécues depuis, beaucoup d’Américains pensent que Barak Obama, Janet Yellen et le reste de l’équipe à Washington ont réglé les problèmes engendrés par la crise. Alors que les chiffres disent tout le contraire, des millions de gens pensent que la situation est plus ou moins normalisée. Apparemment, nous sommes incapables de tirer les leçons du passé. Lorsque nous allons vivre le prochain revers économique, les dommages seront encore plus importants vu que la dernière crise nous a davantage fragilisés.

Dans la liste des graphiques que je vais vous présenter, je voudrais que vous vous concentriez sur la dernière zone grisée de chaque graphique, qui représente la dernière récession. Comme vous pourrez le constater, la situation économique actuelle est bien pire qu’en 2008. Ce qui signifie que nous sommes moins bien équipés aujourd’hui pour faire face à une nouvelle crise.

  1. La dette américaine

Juste avant la crise de 2008, la dette américaine s’élevait à un peu plus de 9 trillions de dollars. Depuis, elle a presque doublé. Est-ce positif ou négatif ? La réponse est évidente. Et tandis que Barak Obama nous assure que les déficits sont sous contrôle, la dette a augmenté de plus d’un trillion de dollars en 2014 (…)

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  1. La dette globale aux États-Unis

Durant les 40 dernières années, la dette globale (Etat, ménages, entreprises, collectivités locales, etc.) aux États-Unis a explosé pour atteindre des niveaux astronomiques. Notre société vit par le crédit ce qui a des conséquences dévastatrices. En 1975, la dette totale atteignait environ 2,5 trillions de dollars. En 2007, elle s’élevait à environ 50 trillions pour s’approcher aujourd’hui rapidement de la barre des 60 trillions.

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  1. La vélocité de la monnaie

Lorsqu’une économie est saine, l’argent a tendance à changer de main et à circuler assez rapidement dans le système. Il est donc logique que la vélocité de la monnaie ait fortement baissé durant la dernière récession. Mais pourquoi continue-t-elle de ralentir ?

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  1. Le taux de propriétaires

Saviez-vous que le nombre d’Américains qui possèdent leur logement est tombé à un plus bas de 20 ans ? Traditionnellement, la propriété immobilière est le signe d’appartenance à la classe moyenne. La dernière récession a particulièrement touché cette classe sociale, il n’est donc pas étonnant que le taux de propriétaires ait baissé durant cette période mais pourquoi la tendance se poursuit-elle ?

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  1. Le chômage

Barack Obama se plaît à nous répéter que le chômage baisse. Mais comme je vais l’expliquer plus loin dans cet article, cette baisse est avant tout due à des artifices comptables. Ci-dessous, vous pouvez voir le ratio de la population qui occupe un emploi par rapport à la population active. Juste avant la dernière récession, un peu plus de 63 % de la population active travaillait. Durant la récession ce chiffre est tombé à 59 %, pour y rester pendant plusieurs années. Récemment, ce chiffre vient de dépasser la barre des 59 % mais nous sommes encore très loin des niveaux d’avant la crise alors que la prochaine arrive à grands pas.

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  1. Le taux de participation à la population active

Comment Obama peut-il dire que le chômage a fortement baissé ? Tout simplement parce que chaque mois, le gouvernement élimine de la population active des milliers et des milliers de chômeurs de longue durée car Washington estime que cette inactivité signifie qu’ils ne cherchent pas un emploi. De ce fait, le taux de participation à la population active ne cesse de baisser depuis la fin de la dernière récession.

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  1. Le taux d’inactivité chez les jeunes hommes

Si les choses s’améliorent, pourquoi de nombreux jeunes se tournent-ils les pouces ? Juste avant la dernière récession, ce taux d’inactivité était de 9 %, et à l’heure qu’il est, de 12 %.

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  1. Le revenu médian des ménages

Non seulement il y a moins d’Américains qui travaillent aujourd’hui par rapport à la dernière récession mais la qualité des emplois se dégrade également. Il s’agit de l’un des facteurs qui expliquent le déclin marqué du revenu médian des ménages. J’ai souvent évoqué ces chiffres mais il est important de les rappeler. Dans les États-Unis d’aujourd’hui, la plupart des Américains ne gagnent pas assez d’argent pour faire partie de la classe moyenne avec un salaire.

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Les chiffres suivants proviennent de l’administration de la sécurité sociale :

  • 39 % des travailleurs américains gagnent moins de 20.000 $ par an
  • 52 % des travailleurs américains gagnent moins de 30.000 $ par an
  • 63 % des travailleurs américains gagnent moins de 40.000 $ par an
  • 72 % des travailleurs américains gagnent moins de 50.000 $ par an

Nous connaissons tous des gens qui travaillent à mi-temps car ils ne trouvent rien d’autre. Alors que la qualité des emplois diminue, les chiffres ci-dessus ne pourront que se détériorer.

  1. L’inflation

Alors que nos revenus stagnent, le coût de la vie continue d’augmenter. Par exemple, depuis 2000, le coût de la nourriture et des boissons a augmenté de presque 50 %.

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  1. La dépendance au gouvernement

Alors que la classe moyenne américaine se réduit comme peau de chagrin et que de nombreux Américains ne peuvent plus faire face seuls au coût de la vie, la dépendance au gouvernement atteint des niveaux sans précédent. Par exemple, le gouvernement fédéral dépense pour les food stamps un budget supérieur de 2 fois à celui de 2007. Dans de telles circonstances, comment peut-on oser parler de redressement économique ?

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Qu’en pensez-vous, la situation s’améliore ou se détériore ? Pour moi, il est évident que la situation est bien pire que celle de 2007. (…) »

Hier, toute la communauté financière attendait avec impatience le communiqué de la réunion du comité de la Fed suivi de la traditionnelle conférence de presse de Janet Yellen. Un événement qui a débouché sur une hausse appréciable de l’or mais aussi des marchés actions.

Quelques grands enseignements peuvent être tirés du communiqué et de la conférence de presse. Tout d’abord, la Fed admet la détérioration de l’état de l’économie américaine. Les prévisions de croissance annuelle pour 2015 ont été abaissées à 2,3-2,7 %, contre 2,6-3 % en décembre. Deuxièmement, la hausse des taux que l’on nous garantissait pour juin ou septembre au plus tard est désormais compromise. La justification donnée, c’est évidemment la vigueur du dollar qui pèse sur les exportations américaines et qui vont donc entraver la croissance du pays.

Cela n’empêche pas Mme Yellen d’affirmer que l’économie américaine bénéficie d’une « vigueur sous-jacente ». Elle est satisfaite du chômage, elle est confiante en ce qui concerne l’inflation justement en raison des chiffres de l’emploi.

En résumé : tout va toujours bien et mieux mais jamais assez pour envisager une hausse des taux. Certains experts, comme Marc Faber ou Peter Schiff estiment  qu’elle n’arrivera pas de sitôt, tandis que d’autres pensent le contraire comme Richard Russell, qui a déclaré à KWN :

« Tout le monde se demande quand la Fed va remonter ses taux mais peu de gens se demandent pourquoi elle le fera. Je crois le savoir. La Fed augmentera ses taux pour protéger ses fesses (sic). Vous rappelez-vous lorsqu’Alan Greenspan a laissé le marché immobilier partir en vrille ? Il avait répondu à l’époque que personne ne pouvait prédire une bulle et qu’il fallait simplement réparer les dégâts après le crash.

Alors que le monde entier se tourne vers le dollar qui sert ensuite à acheter des actions américaines, la Fed de Yellen craint de nouvelles hausses puis un crash. Donc, en augmentant les taux, la Fed pourra affirmer qu’elle avait anticipé la surchauffe et si le marché s’effondre par la suite, la Fed pourra insister sur le fait qu’elle a agi afin de réduire les ardeurs des acheteurs. Bien sûre, elle ne l’admettra jamais, vu que les mots crash et effondrement sont bannis de son vocabulaire. Mais en augmentant les taux, la Fed pourra se couvrir. »

Tandis que le pétrole ne cesse sa chute dans les abîmes et que l’or progresse légèrement malgré le massacre des matières premières, les turbulences ne font qu’aller crescendo. Voici les points de l’actualité les plus intéressants, extraits des dernières interviews de James Turk et de John Ing sur KWN :

John Ing :

« La semaine dernière, l’or a augmenté de presque 50 $ l’once. Cette hausse a eu lieu dans un contexte de volatilité grandissante sur tous les autres marchés. Celle-ci a également été causée par l’instabilité géopolitique.

Durant une semaine de décembre, les Chinois ont retiré 57 tonnes d’or du Shanghai Gold Exchange. Cela signifie que pour l’année 2014, la Chine a acheté plus de 2000 tonnes d’or, ce qui est énorme. La banque centrale chinoise continue d’accumuler tranquillement le métal jaune. Durant la même semaine, nous avons appris que la Russie avait également acheté de l’or. Non seulement cela a balayé les rumeurs affirmant que la Russie avait vendu une partie de son métal, mais cela a prouvé le contraire : plus que jamais, les Russes sont à l’achat.

Remous sur les marchés des CDS et des produits dérivés

On commence à se faire du mouron concernant les CDS des pays comme le Venezuela, l’Argentine et même la Russie. Bien sûr, les CDS furent l’une des raisons principales de l’effondrement financier de 2008. Aujourd’hui, il est ironique de constater que cette exposition aux produits dérivés est encore plus importante.

Citibank a rapporté être exposée à concurrence de 70 trillions de dollars, surpassant la JP Morgan, qui possède quelque chose comme 65 trillions de produits dérivés. Les grands bénéficiaires du QE de la Fed furent les banques. Le souci, c’est que leurs effets de levier sont encore plus importants qu’en 2007, juste avant l’effondrement.

Nous devons faire face à des risques dont le mélange pourrait être détonnant, et dont les conséquences pourraient être pire que celles des événements explosifs de 2008 et 2009. (…)

James Turk :

« Les marchés américains ne grimpent pas en raison de la bonne santé de l’économie. Elle ne se rétablira pas sans le retour de l’emploi. Malgré l’euphorie à propos des chiffres de l’emploi américain de vendredi dernier, le taux de participation à la population active est tombé à des niveaux plus vus depuis 40 ans.

Malgré le taux de chômage de 5,6 % annoncé à coups de trompette par les Majax de la statistique du US Bureau of Labor Statistics, la vérité est qu’il y a plus de chômeurs aujourd’hui que lorsque le taux de chômage avait atteint 10 %, après l’effondrement de 2008. C’est d’autant plus flagrant lorsque vous examinez les chiffres rapportés par des sociétés privées, comme ShadowStats.com, qui estime le taux de chômage américain à 23 %. Avec un tel taux, il est facile de comprendre pourquoi l’économie américaine stagne.

La santé d’une économie repose sur une population active qui interagit via le commerce. Cela ne se passe pas ainsi aujourd’hui aux États-Unis, ainsi que dans d’autres régions du monde, en particulier dans les États de l’Occident, tournés vers l’assistanat. La France en est un exemple. L’économie française est faiblarde, ce qui est confirmé par le rapport, plus proche de la réalité, des bureaucrates du gouvernement français, qui rapporte un taux de chômage de 10,4 %. (…) »