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Conséquences

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Article de John Rubino, publié le 27 juin 2016 sur safeHaven.com :

« L’une des premières conséquences de la décision du Royaume-Uni de quitter l’Union européenne fut une livre en chute libre. Ce qui signifie que le Royaume-Uni est désormais en train de gagner la guerre des devises. De ce fait, ses exportations seront moins chères à travers le monde, permettant à ses entreprises de vendre davantage, d’augmenter leur chiffre d’affaires et d’embaucher. L’inflation augmentera, ce qui diminuera le fardeau de la dette du gouvernement et des particuliers, et tout évoluant de concert, la croissance sera supérieure.

Mais vu que dans un monde basé sur l’argent papier les fluctuations des devises sont un jeu à somme nulle, cela signifie que si la Grande-Bretagne gagne la guerre de devis, quelqu’un doit forcément y perdre. Et cette fois, le grand perdant est sans conteste le Japon. Voici la valeur du yen face à la livre durant les 12 derniers mois :

le yen  grimpe après le brexit

C’est de mauvais augure pour plusieurs raisons. Tout d’abord, le Japon tente depuis un bon moment de dévaluer sa monnaie, en fait depuis l’élection du premier ministre Shinzo Abe, en 2012, sur un programme de déficits importants et d’assouplissements monétaires imposés à sa banque centrale. Il a mis en place les politiques souhaitées, mais elles n’ont pas fonctionné. La croissance reste molle, le yen s’est apprécié (ce qui rend les exportations japonaises trop chères) tandis que la dette continue de s’accumuler à une vitesse ingérable et potentiellement catastrophique. Désormais, tout par à vau-l’eau, comme l’explique cet article de Reuters :

« Le plan boiteux baptisé Abenomics du  premier ministre japonais Shinzo Abe, destiné à engendrer la renaissance de l’économie japonaise, a encaissé un nouveau coup ce vendredi lorsque la Grande-Bretagne a voté pour sortir de l’Union européenne, provoquant la hausse du yen et menaçant de rendre les entreprises et les consommateurs japonais encore plus prudents. (…)

Abe a pris ses fonctions en décembre 2012, s’engageant à mettre un terme à des décennies de déflation au Japon ainsi qu’à générer de la croissance, dans une économie meurtrie par la baisse de la démographie et une population vieillissante, en proposant un mélange de politiques monétaires ultras accommodantes, de dépenses publiques et de réformes.

Mais cette formule a largement échoué. La création monétaire agressive de la banque centrale n’est pas parvenue à accélérer l’inflation tandis que la croissance anémique a découragé les entreprises à relever les salaires ainsi que les ménages à consommer.

« En ce qui concerne les Abenomics, l’échec était déjà entériné. Cela va certainement les enterrer un peu plus, » a déclaré Jeffrey Kingston, directeur des études asiatiques à l’université Temple du Japon.

Le yen, perçu en tant que valeur refuge, est passé momentanément au-dessus de 100 par rapport au dollar, poussant le ministre des Finances Taro Aso à signifier la possibilité d’une intervention afin d’enrayer cette vigueur excessive.

Les dirigeants japonais craignent que la montée non souhaitée de la devise japonaise impacte négativement les exportations et replonge le pays dans la récession.

Le gouverneur de la banque du Japon Haruhiko Kuroda a déclaré qu’il était prêt à fournir des liquidités importantes aux marchés financiers. Mais les acteurs des marchés craignent que la BOJ n’ait plus beaucoup d’options à sa disponibilité pour enrayer la hausse du yen ou pour relancer son économie. Le yen a déjà grimpé de 15 % par rapport au dollar cette année, menaçant les profits des entreprises japonaises. (…) »

Quelles seront les conséquences du Brexit sur le Japon ?

  • Des taux encore plus négatifs, avec tous les soucis que l’on peut imaginer sur les marchés obligataires et les actions bancaires
  • Des profits en baisse pour les entreprises
  • Chute de la popularité du gouvernement actuel et changement probable de régime dans les 12 à 24 mois à venir
  • Une crise financière à venir lorsque les investisseurs se rendront compte qu’il n’y a plus d’outils dans la boîte afin de contrer l’effondrement économique entraîné par la démographie et la dette du pays, le Japon étant probablement le pays les plus endetté, en rapport avec la taille de son économie, de l’histoire.

Dans un monde menacé par l’émergence de divers moments à la Lehman, le Japon vient de prendre la première position.

La question de savoir si la Fed va augmenter ou non son taux directeur entraîne le cours de l’or à jouer au yo-yo. La Fed va-t-elle agir en juin ? Si oui, quelles seront les conséquences pour l’or ?

« La volatilité de l’or en réaction à la publication des chiffres économiques américains est extraordinaire. Des chiffres de l’emploi positifs font baisser son cours de 20 à 30 $ tandis que des chiffres négatifs ont l’effet inverse.

Le cours de l’or semble être dicté par le timing potentiel de l’augmentation des taux de la Fed. Pourtant l’impact réel sur le métal jaune disons pour une hausse de 0,25 % soit ce que devrait décider la Fed lorsqu’elle se jettera enfin à l’eau, devrait être ridicule. Avec une telle hausse, les taux d’intérêt réels resteraient négatifs ce qui est positif pour l’or. Et même si ce premier relèvement des taux n’est censé être que le premier d’une longue série, personne ne s’attend à autre chose qu’à des hausses graduelles et étalées dans le temps. (…)

En vérité, les derniers chiffres économiques ne jouent pas vraiment en faveur du scénario d’un relèvement des taux même limité. Mais cela ne signifie pas que la Fed reportera à nouveau sa décision. Elle en a fait l’un de ses chevaux de bataille et le Comité de la Fed, qui est divisé sur la question, pourrait être tenté de se lancer à l’eau dès le mois de juin par exemple dans le but de jauger la réaction des marchés et de l’économie. Comment la bourse va-t-elle se comporter ? Je doute que la Fed s’en soucie vraiment, tout comme du cours de l’or. (…)

Comme les consultants de Metal Focus l’ont écrit dans leur dernier rapport de 2015, le métal jaune pourrait même profiter de cette hausse une fois en place. Le rapport indique : « nous pensons que le début de la remontée des taux supprimera paradoxalement l’un des obstacles majeurs à l’investissement dans l’or. Cette analyse se base sur la supposition que la remontée des taux sera lente et modeste, ce qui signifie que les taux d’intérêt réels resteront négatifs pendant un bon bout de temps. Étant donné la dépendance de l’économie américaine à la consommation privée et à la dette des ménages, nous pensons que les autorités monétaires seront réticentes à l’idée de laisser augmenter le ratio du service de la dette de façon significative afin de ne pas faire dérailler le redressement économique du pays. »

Autrement dit, lorsque le marché se rendra compte que cette hausse modeste des taux ne change quasi rien à la situation et que l’économie est trop fragile pour envisager leur normalisation,  l’or pourra se stabiliser voire peut-être augmenter.

Source : MineWeb