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Consommation

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L’emploi ne se porte pas mal aux États-Unis mais la croissance patine ? Voici peut-être un élément de réponse avec cet article de CNBC.com, publié le 18 octobre 2016 :

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Les jeunes, coulant sous le poids de leurs crédits étudiants, affirment devoir épargner plus

Dans ce climat d’incertitude, de nombreux Américains ont choisi de jouer la carte de la sécurité. De ce fait, presque 2 Américains sur 3 limitent leurs dépenses mensuelles d’après un nouveau rapport de Bankrate.com.

La majorité des personnes interrogées ont cité la nécessité d’épargner plus en tant que raison motivant cette approche plus prudente en ce qui concerne leurs dépenses, alors que 25 % des sondés avancent des revenus qui stagnent. Les motifs les plus fréquemment cités sont ensuite par ordre d’importance des craintes concernant l’économie (15 %) ainsi qu’une dette trop importante (10 %).

« Les Américains limitent enfin leurs dépenses pour une bonne raison, pour épargner, » a déclaré le Chief Financial Analyst de BankRate.com Greg McBride. « C’est la première fois depuis 4 ans que le motif principal cité n’est pas la stagnation des revenus. »

Même si les Américains envisagent d’épargner davantage que durant les années précédentes, l’absence d’un matelas de sécurité en cas d’urgence reste un problème critique pour bon nombre d’entre eux, d’après McBride.

En effet, il y a plus d’Américains qui sont à découvert via leurs cartes de crédit que d’Américains qui disposent d’une épargne en cas d’urgence, toujours d’après BankRate. McBride recommande de constituer une épargne d’au moins 6 mois de dépenses en guise de fonds d’urgence. Seulement 28 % d’Américains disposent de ce bas de laine, d’après une autre étude, tandis qu’ils sont également 28 % à ne disposer d’aucune épargne.

Si on prend l’âge en compte, on remarque que ce sont les jeunes qui sont les plus susceptibles de limiter leurs dépenses en raison de leur besoin d’épargner davantage, a déclaré BankRate. Principalement en raison du lourd fardeau de leur crédit étudiant, les plus anciens des jeunes, âgés de 26 à 35 ans, ont cité en premier « trop de dette » en tant que raison principale, bien plus que les autres tranches d’âge.

Par contre, les Américains de 62 ans ont déclaré limiter leurs dépenses mensuelles en raison de revenus qui stagnent. 1.000 adultes ont été interrogés le mois dernier dans le cadre de ce sondage. »

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Dans cet article publié sur Daily Reckoning le 31 août 2015, David Stockman montre à quel point le ZIRP fut inefficace pour stimuler le crédit et les investissements. La politique des taux zéro de la Fed a simplement permis de doper artificiellement les marchés actions.

Selon Stockman, les taux ne seront finalement pas relevés en septembre suite à la sortie de Bill Dudley, de la Fed de New York, allant dans ce sens. La Fed est totalement coincée alors que ces 80 mois de taux planchers (ZIRP) n’ont que très peu aidé l’économie réelle.

L’objectif du ZIRP était simple : pousser les ménages à s’endetter davantage que si les taux étaient élevés afin de stimuler la consommation. Soit l’essence même d’une politique keynésienne appliquée aux particuliers. Cependant, ceux-ci ayant atteint leur taux d’endettement maximum, ce genre de politique est vouée à l’échec.

Pour le prouver, David Stockman fournit le graphique ci-dessus qui montre l’endettement des ménages (crédits hypothécaires, cartes de crédit, crédits auto, prêts étudiant, etc.). À l’aube de la crise financière de 2008, cette dette s’élevait à 13,957 trillions de dollars. À la fin du premier trimestre 2015, cette dette a légèrement baissé pour atteindre 13,6 trillions de dollars.

Autrement dit, après une période longue de 80 mois d’incitation au crédit, la dette des ménages a en fait baissé de 400 milliards de dollars, ou encore de 3 %. Il précise cependant que les crédits auto et étudiants sont en nette hausse tandis que l’endettement découlant des crédits hypothécaires et des cartes de crédit a baissé.

Durant les années Greenspan, le crédit est passé de 2,7 trillions au 3e trimestre de 1987 à 14 trillions en 2008. Soit une hausse annuelle de 8,5 % pendant 2 décennies. Durant cette période, la dette des ménages a augmenté bien plus rapidement que le PIB (croissance annuelle de 5,5 % pendant cette période).

La majorité des 13,6 trillions de dette est due par les classes moyennes et les travailleurs du bas de l’échelle. Ce sont leurs salaires qui permettent de rembourser cette dette. Le graphique ci-dessous, qui montre le rapport entre les dettes et les salaires perçus par les ménages, indique que la Fed a atteint ses limites. La dette qui s’élevait à 80 % des salaires perçus dans les années 70 est passée à 220 % en 2008. Depuis, cette courbe décline, ce qui n’est évidemment pas bon pour la croissance.

Par contre, il y a un secteur dans lequel la dette a augmenté : dans les entreprises. Selon Stockman, cette dette a servi aux sociétés à racheter leurs titres, à finaliser des opérations de fusion et acquisition… soit à propulser à la hausse les marchés actions. Ces dettes contractées n’ont donc pas favorisé la croissance économique vu que cet argent a servi à des opérations purement financières. Les preuves que les taux zéro n’ont pas encouragé les entreprises à emprunter pour des investissements productifs sont également claires comme de l’eau de roche. En 2014 les entreprises ont dépensé 431 milliards de dollars dans des usines, des équipements et des programmes informatiques. Soit 7 % de moins qu’en 2007 sur base de montants non ajustés à l’inflation !

En conclusion, David Stockman assène qu’il n’y a pas besoin de faire des analyses poussées pour découvrir, à l’aide de quelques chiffres macro-économiques, que la politique de taux zéros n’a pas doper la consommation par le crédit ou stimulé les investissements. C’est donc Wall Street qui fera tout pour empêcher cette hausse des taux.