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Correction

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lingot et pièces d'or

Article de Clint Siegner, publié le 11 octobre 2016 sur SafeHaven.com :

« Durant les 6 premiers mois de l’année, les cours de l’or et de l’argent ont progressé. Ils ont ensuite stagné durant l’été pour chuter mardi dernier. Beaucoup d’investisseurs dans les métaux précieux se demandent que diable a-t-il bien pu leur arriver. Il y a 3 facteurs principaux qui expliquent cette correction.

1. La vigueur du dollar

L’indice DXY, qui calcule la valeur du dollar par rapport aux autres devises mondiales majeures, a atteint un plus haut depuis juillet. Cette vigueur, cependant, n’est pas alimentée par la recherche de valeur refuge vu qu’elle a suivi immédiatement le Brexit. Une hausse entraînée par cette cause aurait avec quasi certitude profité aux métaux précieux. En fait, les investisseurs lorgnent plutôt du côté des velléités de serrage de vis monétaire de la Fed, ce qui aide le dollar et pénalise les métaux précieux.

L’ennemi juré des partisans de l’or, la Fed, ne cesse de faire des sorties à ce sujet. Il semble que rien ne puisse tuer les attentes du marché en termes de hausse des taux. Malgré des années passées à en parler en vain, la croissance du PIB qui ralentit et d’autres statistiques économiques faibles, le consensus anticipant une hausse des taux d’ici la fin de l’année ne cesse de grimper à nouveau.

2. Les taux à long terme augmentent

Ce facteur est lié au premier. Le rendement des obligations américaines à 10 ans a récemment connu son plus haut depuis juin. Les marchés obligataires ont largement ignoré les boniments de la Fed en ce qui concerne les taux à la fin du printemps et durant l’été. Mais aujourd’hui ils se comportent comme si un relèvement du taux directeur américain est acquis. Des taux en hausse signifient un vent contraire pour l’or, qui n’offre pas de rendement.

3. Les positions hautement spéculatives sur les marchés des métaux précieux

L’intérêt ouvert aussi bien pour les contrats à terme or qu’argent a augmenté au fur et à mesure de la hausse des cours pour atteindre son pic au lendemain du Brexit. Cet intérêt spéculatif s’est quelque peu tassé durant l’été alors que les prix stagnaient, mais moins qu’anticipé. Le mois d’octobre est arrivé avec de nombreux traders toujours disposés à attendre des prix plus élevés à partir du moment où les cours ne s’effondraient pas.

De l’autre côté se trouve les banques de lingots, largement positionnées short et poussant pour faire baisser les prix. Le statu quo a volé en éclat lorsque le dollar plus fort et la hausse des taux ont catapulté les métaux en dessous de leur support technique. Les spéculateurs les plus fragiles ont alors pris leurs jambes à leur cou.

La bonne nouvelle, si on peut la considérer ainsi, est que le lessivage des mains faibles et la réduction de l’intérêt ouvert mettent les marchés dans une meilleure position pour créer un plus bas et démarrer un nouveau marché haussier. Mais, bien sûr, ces perspectives dépendront beaucoup du futur du dollar et des taux.

Notre opinion reste inchangée. La Fed éprouvera des difficultés à normaliser les taux et les marchés finiront éventuellement par s’en rendre compte. Les marchés actions accrocs aux stimulations monétaires ainsi que les marchés immobiliers ont atteint leur plus haut actuel grâce au déversement d’argent bon marché.

De plus, le coût du service de la dette fédérale augmenterait d’environ un trillion de dollars si le taux directeur franchissait la barre des 5 %, un chiffre plus proche de la normale. Cela signifie que le remboursement de la dette engloutirait plus de 25 % du budget fédéral. Vu les projections de déficits en hausse pour les années à venir, on peut affirmer sans trop s’avancer que des taux normaux ne sont pas gérables, et donc que la Fed ne permettra pas cette normalisation.

Le gros point d’interrogation concerne la capacité des gestionnaires de la Fed à relever les taux une ou 2 fois avant de devoir faire machine arrière et de réouvrir les vannes des liquidités.

La dernière hausse des taux, qui a consisté en un maigre 0,25 % en décembre 2015, a fait fortement chuter les marchés actions si bien que les responsables de la Fed ont immédiatement rétropédalé. Les cours de l’or et de l’argent avaient grimpé. Les investisseurs doivent s’attendre à ce que l’histoire se répète à la prochaine occurrence. »

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lingot d'or

Interview de Rick Rule, publiée le 26 août 2016 sur KWN :

« Suite au discours de Janet Yellen, les marchés de l’or et de l’argent semblent fléchir. Dans un an, je pense que nous aurons tous oublié ce discours, mais il s’agit d’une autre histoire.

Je pense que de toute façon, l’or et l’argent devaient faire une pause, et que les actions minières sont probablement mûres pour une correction. C’est en tout cas l’opinion qui prévaut chez Sprott. Nous poursuivons activement des accords financiers, nous attendons un assouplissement des prix des actifs or et argent qui effrayeront nos concurrents lorsqu’il s’agit de fournir des capitaux aux sociétés qui produisent de l’or et de l’argent. (…)

Autrement dit, nous avons réduit certaines positions qui ont particulièrement bien évoluées et nous nous préparons à déployer énormément de capital dans le secteur dans les 3 mois à venir, durant une période que nous anticipons être calme, en espérant en récolter les fruits l’année prochaine ainsi que l’année suivante.

Eric King : « si on fait une pause et que l’on observe la situation d’ensemble, (…), quelles sont selon vous les perspectives à long terme ? »

Rick Rule : « les investisseurs oublient souvent que les baisses cycliques de 30 à 40 % durant les marchés haussiers à long terme sont courantes. Attention, je ne dis pas que cela aura nécessairement lieu. Par contre, certaines personnes pourraient penser qu’une baisse cyclique signifie que le marché haussier à long terme que nous sommes en train de vivre depuis 9 mois n’a pas de futur, ce qui n’est pas mon opinion.

Je pense que si vous disposez des liquidités nécessaires, si vous possédez le courage et les outils adéquats, vous pouvez tirer profit de cette opportunité. Il est important d’avoir la solidité psychologique nécessaire pour s’en sortir indemne, mais aussi pour profiter de la peur des autres participants au marché lorsqu’une telle baisse cyclique se manifeste. (…) »

De l’interview téléphonique de Marc Faber, accordée à CNBC le 30 avril 2015 :

« Cela fait 2 ans qu’une correction est due sur les marchés américains. Comme je le dis toujours, une bulle est une bulle et à défaut d’une correction, le marché continue de grimper jusqu’à ce qu’il explose.

La situation est telle que nous n’assisterons pas à une correction de 10 %. Ils vont peut-être continuer de grimper mais lorsque la correction arrivera, elle sera d’au moins 30 à 40 % minimum. (…)

Je ne veux pas être en cash à 100 % pour la bonne et simple raison que je ne fais pas confiance au gouvernement et aux banques. Je préfère me positionner sur l’immobilier et les métaux précieux. Pour parler des actions, le seul groupe qui sort du lot et qui représente une bonne affaire au niveau mondial ce sont les actions des sociétés minières spécialisées dans l’or. »

Pourquoi un tel positionnement alors que l’or stagne depuis un certain temps ?

Cette année, l’ETF GDX est en hausse de 12 %, Newmont Mining augmenté de 37 % et Barrick de 30 %. En ce qui concerne cette année, c’est donc loin d’être mauvais. En ce qui concerne l’année dernière et le cours de l’or, le métal jaune fut derrière le dollar la devise qui s’est comportée le mieux en limitant sa baisse à 1,4 % (face au billet vert). Par rapport à l’euro, au yen, au rouble et toutes les autres devises, il s’est bien comporté.

Je ne sais pas si le cours de l’or va augmenter dans les semaines à venir mais quand je vois les actions des banquiers centraux, leur création monétaire imprudente, de la Fed à la banque du Japon en passant par la BCE et la Bank of England, je veux posséder des métaux précieux. »

Le présentateur : « donc c’est votre stratégie, les métaux précieux car vous estimez que dans l’ensemble l’état de l’économie du moins aux États-Unis, ne justifie pas la valorisation actuelle des actifs.

Marc Faber : c’est exact. »

Incrementum AG, une société de gestion de patrimoine dont les économistes sont fortement influencés par l’école autrichienne, fait un gros travail d’information et d’éducation à propos des métaux précieux et du monétarisme. Voici un nouvel article très limpide et instructif de Ronald-Peter Stoferle qui vulgarise des thèmes complexes, publié sur KWN :

L’or est le baromètre de la défiance mondiale envers les politiques des banques centrales – James Grant

Le graphique suivant met en exergue la divergence entre la croissance de la masse monétaire et le cours de l’or depuis 2011. Il permet de comparer le total cumulé des bilans de la Fed, de la BCE, de la Bank of England, de la banque centrale de Chine et du Japon. Lorsque la masse monétaire augmente plus rapidement que l’or disponible, le cours de l’or doit augmenter et vice versa. Ce graphique nous montre que le cours de l’or a subi une correction trop importante, ou que la taille des bilans de ces banques centrales va stagner pour ensuite décliner dans le futur. Toute personne qui dispose d’une culture historique économique sait à quel point les précédents en matière de réduction durable de la taille du bilan d’une banque centrale sont rares.

Stoferle-Banques-Centrales-Bilan-Compare-Or

Note or-argent.eu : si la corrélation entre la taille des bilans de ces banques centrales et le cours de l’or était toujours d’actualité, l’or devrait être à plus de 1800 dollars l’once, plus de 2200 si on prend en compte le risque systémique, comme ce fut le cas entre 2010 et 2012.

En plus de la taille des bilans qui ne cesse d’augmenter, de nombreuses autres mesures potentiellement inflationnistes ont été prises récemment, comme les accords de swap de devises. En schématisant, il s’agit de lignes de crédit illimitées que s’octroient mutuellement les banques centrales. En octobre 2013, la Bank of England, la BCE, la Fed, la Banque Nationale suisse, la banque du Canada et la Banque du Japon ont signé un accord permettant de transformer le soi-disant accord de crise mettant en place les swaps en dispositif permanent.

Cet accord est tout spécialement important pour les dettes en dollars de banques qui se trouvent en dehors des États-Unis. Cela signifie que les banques européennes, japonaises, etc., peuvent emprunter des dollars directement à la banque centrale dont elles dépendent. Celle-ci échange alors sa propre devise contre les dollars demandés avec la Fed.

Ce dispositif s’assure qu’il existe une liquidité du dollar, totalement garantie et de facto illimitée. Cela entraîne de plus en plus de convergence dans les politiques monétaires des différentes banques centrales. Celles-ci perdent donc le contrôle de leur masse monétaire domestique, vu qu’elles sont obligées d’effectuer toute opération de swap en cas de demande de devises étrangères d’une banque privée (en créant donc de la devise locale pour obtenir en échange la devise étrangère).

Même si le consensus estime désormais que le marché haussier de l’or est terminé, nous pensons que les fondamentaux pour une hausse sont plus que jamais d’actualité. Dans notre dernier rapport, nous avons déjà comparé la situation actuelle à la « correction de cycle intermédiaire » de 1974-1976. Cette période est similaire à celle que nous vivons, notamment au niveau de la désinflation significative, de l’augmentation des taux d’intérêt réel et du pessimisme extrême quant à l’évolution du cours de l’or. »

Comparaison entre la correction de 74-76 et la correction actuelle
Comparaison entre la correction de 74-76 et la correction actuelle

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L’un des meilleurs analystes des métaux précieux de Citi, Tom Fitzpatrick, nous explique pourquoi les possesseurs d’or et d’argent physique n’ont pas à craindre les corrections de l’or, épisodiques, qui émaillent la vie  des métaux précieux.

En regardant dans le rétroviseur, l’histoire nous montre qu’à long terme, investir dans des pièces et des lingots est toujours gagnant. Cependant, dès qu’une baisse violente a lieu, les grands médias dominants profitent de l’opportunité pour tenter de discréditer l’or et l’argent, et faire peur aux gens mal informés. Pourtant, à chaque fois, un rebond violent s’ensuit.

or correctionCe premier graphique le prouve. En octobre 2008, l’or atteignait un plus bas de 682 $ l’once. 3 ans plus tard, son cours a triplé pour atteindre 1921 $. Si l’once d’or pourrait, selon Fitzpatrick, encore descendre vers les 1260 $, cela signifierait qu’on aurait un cours d’environ 3500 $ l’once d’ici 2016. Ce n’est pas du tout irréaliste, comme le graphique ci-dessous le montre.

Dans les années 75-76, l’or a baissé de 44 % en seulement 18 mois, alors que la bourse était en plein boum. Ensuite, le métal jaune a démarré une chevauchée fantastique pour doubler son cours en seulement 3 ans. Entre 1970 et 1980, l’or est passé de 35 $ à 850 $ l’once. Soit une multiplication par 24 ! De quoi faire passer James Turk pour un  petit joueur…

Or Bilan BCE FedVoici désormais un autre graphique pour prouver que le métal jaune est sous-évalué en ce moment : celui-ci fait la corrélation entre le bilan des 2 grandes banques centrales du monde, à savoir la Fed et la BCE, et l’or. On peut voir que pendant plus de 10 ans, les courbes se suivent. On assiste à une déconnexion depuis 2012 : même sans panique boursière, les métaux précieux sont sous-évalués par rapport à la dette du monde occidental. Or, quand on sait que les États-Unis font tout sauf baisser leur dette, cela signifie que le cours des métaux précieux a de beaux jours devant lui.

 

Enfin, dans le dernier graphique ci-dessous, Fitzpatrick a extrapolé la future taille des bilans de la Fed et de la BCE, ce qui signifie que l’or devrait atteindre un cours de 3400-3500 $ l’once si la logique historique est respectée

 

Cours-Or-2016-FitzpatrickEn résumé, les cours de l’or et de l’argent peuvent subir des attaques quand l’euphorie règne sur le marché, même si la situation économique actuelle est loin d’être rose. Les liquidités fournies par les banques centrales des grands pays poussent les investisseurs à prendre des risques. Lorsque la bulle va éclater, ce qui arrive toujours, les cours des métaux précieux vont exploser. Le même scénario se répète ainsi inlassablement, les possesseurs d’or et d’argent physique finissent toujours par gagner.