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Cours

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Article de Clint Siegner, publié le 16 novembre 2015 sur SafeHaven.com :

« De héros à zéros. L’or et l’argent furent les actifs les plus rentables du début de la première décennie de ce siècle. Depuis la deuxième ce n’est plus vraiment le cas. Les partisans des métaux précieux ont dû encaisser une baisse longue de 4 ans qui fut émaillée ici et là par des chutes précipitées du cours et l’espoir trompeur d’une reprise.

Ce qui frustre vraiment les investisseurs de l’or et de l’argent, c’est qu’au fil du temps de nombreuses bonnes raisons fondamentales sont apparues pour supporter l’acquisition des métaux précieux. Cependant, les cours ne reflètent pas ces fondamentaux ce qui est particulièrement flagrant depuis ces dernières années.

Étant donné que les banques et le trading à haute fréquence ont manipulé de façon criminelle les marchés des métaux, nous devrions remettre en question la viabilité à long terme de ces cours planchers. S’attendre à ce que les fraudes et la manipulation se poursuivent indéfiniment tandis que les stocks de métaux physiques continuent de s’évaporer n’est pas un scénario crédible. Les raisons de posséder des métaux précieux sont plus attractives que jamais.

La dette, destructrice de la valeur du dollar et les déficits vont continuer d’augmenter exponentiellement

Les Républicains qui contrôlent désormais le Congrès ont passé en douce un budget qui suspend le plafond de la dette. Ils ne l’ont pas augmenté de quelques centaines de milliards, ils l’ont tout simplement annulé pour deux ans. De nombreux analystes s’attendaient à ce que les Républicains s’opposent à l’augmentation des déficits alors qu’ils ont la majorité. Après tout, ils s’étaient joyeusement étripés sur ce sujet avec les Démocrates lors des discussions budgétaires précédentes.

Cependant, c’est perdre de vue que le Congrès a relevé le plafond de la dette à 74 prises depuis 1962. Lorsqu’il dut choisir entre la baisse des dépenses ou la hausse du plafond, le Congrès a voté dans 100 % des cas pour le laxisme budgétaire. On peut donc affirmer sans s’avancer que les déficits vont se creuser.

Tout ceci s’ajoute aux autres mauvaises nouvelles pour le dollar. Qui sont ? La Fed qui garantit l’open bar au gouvernement par exemple. Elle est l’acheteuse de dernier recours de la dette gouvernementale ainsi que la championne des taux d’intérêt artificiellement bas. Le Congrès aurait dû mettre le holà il y a bien longtemps si la Fed n’avait pas injecté des quantités massives de liquidités dans le système et baissé le coût du fardeau de sa dette.

Les cours des métaux précieux ne reflètent pas les 2 trillions de dollars d’augmentation de la masse monétaire

La Fed a démarré son QE2 en novembre 2010 dépensant durant les deux années suivantes 600 milliards de dollars en achetant des Treasuries. Il fut suivi par les 1,4 trillions de dollars d’achats en obligations américaines et MBS (titres adossés à des créances hypothécaires) du QE3. Durant ces deux programmes, la Fed a créé 2 trillions de dollars ce qui ne se voit pas dans les cours des métaux précieux aujourd’hui. Le gonflement de la masse monétaire n’a pas dopé les cours des métaux précieux tandis que le dollar est plus fort que jamais, du moins pour le moment.

Nous savons désormais que ces programmes de stimulation ont été conçus au bénéfice des banques et non de l’économie. La Fed a payé un montant généreux pour les actifs pourris des banques comme ces MBS truffés de créances douteuses. Elle a acheté des Treasuries via les banques, des intermédiaires inutiles qui ont empoché de belles commissions au passage.

Aujourd’hui, 1,7 trillion de cet argent créé se trouve toujours à la Fed dans les réserves excédentaires. Cerise sur le gâteau, la Fed paie un taux d’intérêt généreux aux banques sur cet argent déposé, bien plus que celui dont les épargnants bénéficient.

Wall Street a reçu l’argent et pour le moment, ils se satisfont de la collecte des intérêts. Si un beau jour la Fed décide de ne plus payer d’intérêts sur ces réserves, cette masse monétaire pourrait entrer dans l’économie et générer de l’inflation.

Les marchés devraient anticiper le jour où les vannes seront ouvertes et cet argent se déversera sur l’économie. Les cours des métaux précieux et le dollar devraient intégrer cette inflation à venir mais ce n’est pas le cas.

L’offre en métaux précieux chutera en l’absence d’une hausse des prix

Steve St. Angelo de SRSrocco Report estime que le coût de production tout inclut d’une once d’argent fut en moyenne de 17,16 dollars (sur bases des 12 plus gros producteurs spécialisés dans l’argent) l’once durant le T1 2015. Depuis, le coût du pétrole a légèrement baissé mais les rentrées des sociétés minières spécialisées dans l’argent encaissées à travers la production de métaux de base et d’or ont également baissé. Aujourd’hui, le coût tout inclus de production d’une once d’argent est probablement supérieur à 17,16 dollars.

Le cours de l’argent doit donc augmenter de 15 à 20 % pour simplement permettre au producteur lambda de rentrer dans ses frais. Les producteurs avec des coûts plus élevés sont encore plus en danger. La production d’argent est déjà en déclin significatif. La production d’or devrait plafonner cette année à travers le monde tandis qu’elle est déjà en déclin aux États-Unis. Cette tendance ne fera que s’accélérer car la sous-évaluation de l’or et de l’argent n’est pas l’unique problème.

Les sociétés minières dans l’ensemble souffrent. La majorité des métaux précieux produits, et particulièrement l’argent, sont en fait un produit secondaire obtenu durant l’extraction d’un autre métal comme le cuivre ou le zinc. Ces marchés connaissent eux-mêmes de graves soucis. Le cuivre n’a plus été aussi bas depuis le pire moment de la crise financière de 2008. Vu que la santé du cuivre dépend principalement de la Chine, dont le secteur manufacturier est en déclin, son avenir s’annonce morose. En bref, la production d’or et d’argent n’est pas rentable à ces prix.

Les ratios or papier/or physique à des niveaux extraordinairement élevés

Des choses étranges ont lieu sur les marchés des futures. Durant ces dernières semaines, le ratio or papier/or physique a explosé au COMEX. Il approche aujourd’hui les 300, soit le triple du record précédent. Cette explosion du ratio de 100 à 300 a eu lieu en 2 mois seulement.

La confiance supporte la valeur des contrats futures, comme celle du dollar. Lorsque les traders qui ne se doutent de rien en ce moment réaliseront le peu d’or physique disponible pour livraison, ils pourraient regretter de leur avoir donné leur confiance aveuglément.

De nombreux investisseurs dans les métaux précieux attendent le jour du jugement dernier, lorsque les investisseurs qui sont positionnés long demanderont la livraison d’une quantité de métal supérieure à celle qui est disponible dans les coffres. Ceux qui sont de l’autre côté, les shorts, devront trouver le métal ou couvrir leurs positions.

Étant donné le peu d’or physique disponible, il est fort probable qu’un grand nombre de traders du Comex vont apprendre à la dure la différence entre l’or papier l’or physique. »

L’or, bien au-delà de son caractère spéculatif, est avant toute une assurance qui permet de se protéger de nombreux risques financiers, et notamment de la chute subite de la valeur de sa monnaie. Si l’euro a permis quelque peu de le vérifier durant ces derniers mois, d’autres devises illustrent bien mieux l’intérêt de posséder de l’or.

Les Russes en ont fait l’expérience l’année dernière. C’est désormais au tour des Brésiliens de constater les dégâts engendrés par une devise en chute libre en raison de la crise économique grave que traverse le pays. Malgré un cours de l’or en dollars qui reste anémique, le prix de l’or exprimé en monnaie locale, le real, a littéralement explosé depuis le début de l’année. Les citoyens de ce pays qui ont eu la bonne idée d’acheter un peu de métal à cette période ont pu préserver leur richesse.

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Article de Bill Holter publié sur JSMineSet.com (Jim Sinclair) le 4 septembre 2015 : 

Durant ces dernières semaines, les primes sur l’argent ont explosé. En général, des primes de 10 à 25 % semblent la norme tandis que les délais de livraison s’étalent de 2 à 6 semaines. Nous avons parlé de la dichotomie des « ventes » dans la panique et la pénurie qui se manifestent simultanément. Dans un marché libre, c’est impossible.

Aujourd’hui, je voudrais vous faire réfléchir à la situation pour voir au-delà. S’il y a aujourd’hui des primes importantes dans un marché en déclin, que se passera-t-il dans un marché qui a le vent en poupe ?

Si nous examinons le mouvement de 1980 lorsque l’argent a grimpé jusqu’à 50 $ l’once, quel était le contexte ? Il y avait des stocks d’argent bien supérieurs (le projet Manhattan continuait de fournir du métal) tandis que les utilisations du métal étaient bien moindres qu’aujourd’hui. La dette de l’époque, la masse monétaire, le public ayant les moyens d’acheter de l’argent étaient inférieurs à aujourd’hui. Maintenant la dette et la masse monétaire ont peut-être augmenté de 10 fois tandis que le nombre de personnes ayant les moyens d’acheter de l’argent à travers le monde a au moins doublé, peut-être triplé.

Des primes si élevées pour le métal physique sont-elles la conséquence d’un cours bas ? La réponse est oui et non. La prime est la conséquence d’une demande réelle supérieure à l’offre réelle. Les primes auraient augmenté en raison de l’écart entre l’offre et la demande qui grandit, poussant les vendeurs à être de moins en moins enclins à se séparer de leur métal alors que le prix se rapproche de zéro.

Cela dit, que se passerait-il avec ces primes si les mêmes dynamiques de demande avaient lieu tandis que le cours augmente au lieu de baisser ? Dans un marché haussier, les acheteurs paieront une prime à cause de la peur. Cette peur ne sera pas uniquement le fruit de l’effondrement de la valeur des autres actifs. Elle découlera aussi du fait que ceux qui possèdent de l’argent papier ne veulent pas se retrouver coincés avec des billets ayant perdu toute valeur. Le revers de la médaille, l’offre, sera également une source de peur. La peur qu’aucune offre en métal ne soit disponible (ce qui arrivera) ce qui signifie aucune échappatoire.

Nous assisterons très bientôt à l’émergence de nouveaux régimes de devises et même de nouvelles devises pour remplacer les anciennes, fatiguées. Toute nouvelle devise doit avoir la confiance du public pour être acceptée. Pour moi, le meilleur test de cette confiance consiste à voir si les détenteurs d’or et d’argent seront prêts à céder leur métal en échange de cette devise papier.

Il se peut que vous soyez choqué par ces primes de 25 % sur l’argent, mais vous ne devriez pas l’être. Vous devriez plutôt vous demander : « combien vaut l’argent » ? Est-ce le cours affiché par le COMEX et le LBMA ou le prix final que vous devez payer pour acquérir le métal ? Vous pourriez dire par erreur qu’il s’agit du « cours papier ». Mais dans un future proche vous n’aurez plus aucun doute quant à ce sujet. Dans cet exercice, les requins (Goldman) se dévorent entre eux. Sur le marché de l’argent, les petits poissons ont disparu tandis que même certains requins ont été éliminés.

Le jour où ceux qui possèdent de l’argent physique choisiront de ne plus vendre est proche. Ce sont alors ceux qui possèdent le métal qui détermineront son prix. Et à ce moment-là, on ne parlera plus de « prime sur le métal physique » mais de « réduction sur le papier ». »

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james turk

Dans sa dernière intervention sur KWN, James Turk revient sur le raid dont l’or est victime depuis le début de la semaine suite à la révision des réserves d’or de la Chine. Nous enchaînons ensuite avec les états d’âme de John Embry sur le même sujet :

« La guerre contre l’or s’intensifie. Il y a un message très clair derrière cette chute du cours : le gouvernement américain n’a pas apprécié l’annonce de la banque centrale de Chine faisant état d’une augmentation de 604 tonnes de ses réserves d’or.

Cette intervention délibérée sur le marché de l’or qui a eu lieu via des ventes massives de papier à l’ouverture de la bourse de Shanghai avait pour but de mettre dans l’embarras la Chine pour avoir osé communiquer une révision de ses réserves d’or.

Or : une guerre psychologique et d’usure

Deux autres raisons expliquent également cet événement. Le premier objectif était de faire peur aux mains faibles en les portant à croire que les États-Unis mènent toujours la danse monétaire et sont capables d’influencer le cours de l’or selon leur bon vouloir. Le second était de permettre aux banques de lingots de couvrir leurs positions short en engrangeant dans la foulée des profits mirifiques en créant cette panique de vente qui a eu lieu sur d’énormes volumes.

Nous ne devons pas perdre de vue qu’aucun gouvernement ne dispose du pouvoir de fausser perpétuellement les marchés. Cela a été prouvé en 1968 lorsque le Gold Pool de Londres s’est effondré ainsi qu’en 1999 lorsque Gordon Brown a tenté de pousser le cours de l’or à la baisse en annonçant la vente d’une partie des réserves d’or de la Grande-Bretagne avec préavis.

Ces 2 événements du passé avaient engendré des plus bas importants pour le cours de l’or. Évidemment, seul le temps nous dira si un plus bas crucial a été atteint cette semaine mais les similarités entre le sentiment qui règne aujourd’hui et en 1999 en disent long.

Suite à la chute du cours, l’or est désormais en baisse de 6 % cette année par rapport au dollar mais toujours en hausse de 5 % par rapport à l’euro. Malgré cette attaque, l’or a grimpé dans la majorité des devises. Pour l’instant, le métal gagne donc la guerre sauf contre le dollar.

Depuis la fin des années 60, les États-Unis n’ont pas ménagé leurs efforts pour supprimer l’or du système financier international. Ce qui est ironique vu que le dollar a acquis son statut de monnaie de réserve car il était adossé à l’or mais ils s’en moquent car ils veulent être en mesure d’étendre leur pouvoir en imprimant de la monnaie comme bon leur semble. (…) »

John Embry

« Lorsque le marché de l’or s’est ouvert au Moyen-Orient, quelqu’un a vendu pour 2,7 milliards d’or papier. C’est donc sans surprise que le cours s’est effondré de 50 $ l’once quasi instantanément. Lorsqu’on vend 30 % de la production minière annuelle en 2 minutes, cela tend à provoquer un impact dramatique sur le cours.

Reste à savoir pourquoi. Ce qui est certain c’est que si tout allait bien dans le monde économique et financier, ce genre d’action ne serait pas nécessaire. À quel point la situation est-elle catastrophique ? Si vous considérez que la dette mondiale a augmenté de 60 trillions depuis la crise financière de 2008 pour porter le total à environ 200 trillions de dollars, il est choquant de constater que malgré tout la majorité des économies du monde entier ralentissent.

Le problème est pourtant évident. Aussi bien les États-Unis que la Chine surestiment clairement leur croissance économique. Le PIB américain pourrait déjà être en déclin si les calculs étaient faits correctement. (…)

Lorsque, et ce n’est qu’une question de temps, le dollar perdra son statut de monnaie de réserve, les conséquences pour les États-Unis surendettés seront énormes. Les autorités le savent et remueront ciel et terre pour reporter l’inévitable notamment en poussant le cours des métaux précieux à la baisse. Il est crucial pour elles que l’or et l’argent ne soient pas perçus en tant qu’alternative au système de l’argent papier en faillite. (…) » (source)

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Article de Michael Lombardi (Profit Confidential), publié le 19 juin 2015 : 

« Historiquement, l’un des outils les plus utilisés (et les plus précis) pour évaluer le prix de l’or est le ratio or/argent. Il nous indique le nombre d’onces d’argent nécessaires pour acheter une once d’or. Actuellement, ce ratio est d’environ 74 : 74 onces d’argent sont donc nécessaires pour acheter une once d’or.

Sur le graphique ci-dessus, on voit comment a évolué le ratio or/argent depuis 2005 jusqu’à aujourd’hui. Historiquement depuis 1970, ce ratio affiche une moyenne de 55,5. Cela signifie que le cours de l’argent devrait grimper aujourd’hui à 21 $ contre environ 16 $ pour que la moyenne historique soit respectée.

Si on remonte plus loin, la moyenne sur 200 ans du ratio or/argent est de 37. Dans ce cas, cela signifie que l’argent devrait grimper à 36 $ soit 125 % de plus que son cours actuel pour que cette moyenne sur 200 ans soit respectée.

Notez que ce petit calcul ne prend pas en considération un éventuel mouvement à la hausse du cours de l’or. Dans cette éventualité, le cours de l’argent devrait grimper davantage afin que le ratio historique entre les 2 métaux précieux soit atteint

La production d’argent en danger alors que la demande reste soutenue

Ce rapport or/argent défavorable pour ce dernier n’est pas le seul indicateur qui montre que l’argent est sous-évalué. Des raisons économiques simples le montrent aussi.

À l’instar de ce qui se passe pour l’or, les producteurs d’argent sont en difficulté financière si bien que la production est en danger. Par exemple au Canada durant les 3 premiers mois de l’année, les mines ont produit 97,265 tonnes d’argent. Sur la même période de l’année dernière, elles avaient produit presque 108 tonnes, il s’agit donc d’une baisse de 10 % sur un an. (source)

Il s’agit d’une simple loi économique, lorsque le prix d’une matière première baisse, les producteurs ne sont pas encouragés à produire. Concernant la demande, elle reste soutenue.

L’Inde, le pays en concurrence avec la Chine pour le titre du plus gros importateur mondial d’or importe également énormément d’argent. Durant ces derniers mois, l’Inde a considérablement augmenté ses importations de métal gris.

La saison des mariages en Inde arrive à grands pas et tandis que l’économie s’améliore dans ce pays, son appétit pour l’argent devrait augmenter.

Le futur du cours de l’argent

Comme je l’ai déjà dit, j’aime considérer les investissements dans les actifs qui ont baissé et qui sont peu à la mode. (…) À long terme, je crois que l’argent offrira de meilleurs profits que l’or. Voici pourquoi : pour que l’argent augmente de 100 %, il doit atteindre 32 $ un niveau que nous avons atteint à de nombreuses reprises. Pour que l’or augmente de 100 %, il devra dépasser la barre des 2200 $ un niveau qu’il n’a jamais atteint. (…) »

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Article de John Rubino, publié le 22 janvier sur dollarcollapse.com :

« Aujourd’hui, la BCE a admis que la devise qu’elle gère est engloutie dans un vortex déflationniste. Elle a répondu de façon traditionnelle avec, concrètement, une dévaluation massive. Les citoyens de la zone euro ont également répondu de façon prévisible en convertissant leur monnaie papier sans valeur intrinsèque en quelque chose de tangible : ils achètent énormément d’or.

Après avoir chuté brutalement en 2013 et avoir navigué entre 2 eaux durant la majorité de 2014, le cours de l’or en euros a explosé durant les derniers mois. Cette hausse violente, au lieu d’un mouvement plus progressif, est le signe typique d’une crise monétaire, principalement parce qu’il faut beaucoup de temps à la grande majorité des gens pour réaliser que leur gouvernement est incompétent ou ment. Mais lorsque la pièce tombe, ils agissent rapidement.

Le mouvement de l’or en euros n’est pas aussi spectaculaire que celui en roubles parce que l’Europe ne dépend pas des exportations d’énergie et l’euro, même s’il baisse par rapport au dollar, n’est pas encore en chute libre. Mais avec un nouveau trillion d’euros qui vont se déverser sur les marchés dans les 12 mois qui viennent et la série de crises politiques qui menacent l’union monétaire à l’horizon, la recherche de la sécurité pourrait très bien déboucher sur un rush.

Cependant, ce qui vaut pour l’Europe et la Russie est également valable pour le Canada.

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Que les choses soient claires : je ne suis pas en train de faire des prévisions pour demain, mais j’essaie simplement d’exposer la nature de l’or. S’il se comporte de cette façon durant les temps de crise, c’est parce qu’il s’agit d’argent sain qui ne peut pas être créé de façon illimitée et dans la panique par les banques centrales, comme elles le font avec l’euro, le dollar canadien et toutes les autres monnaies papier. Ces graphiques montrent ce qu’il se passe lorsque la différence entre ces 2 monnaies émerge.

Pour l’instant, la peur varie d’un pays à l’autre. Les Européens commencent à ne plus faire confiance à leurs gouvernements et à se tourner vers l’or, sans nécessairement remettre en question des concepts fondateurs comme l’interventionnisme étatique et les politiques monétaires des banques centrales. Ils pensent que l’euro pourrait fonctionner s’il était bien géré.

La prochaine étape se déclenchera lorsqu’assez de devises nationales auront explosé, ce qui fera réaliser aux gens que les gouvernements ne sont pas le problème ou les devises nationales mais que c’est l’argent papier même qui est en cause. »

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ZeroHedge a couvert en long et en large les conséquences qu’auraient des cours du pétrole bien inférieur à 80 $ le baril, notamment sur le secteur de la fracturation hydraulique aux États-Unis. Les cours déprimés du brut viennent de faire une première victime : WBH Energy a déposé le bilan dimanche dernier.

« Beaucoup de bilans sont affreux », avertit un analyste du secteur énergétique, précisant simplement que « ce secteur n’est pas positionné pour ce revers ». Alors que les médias dominants ne cessent de chanter les louanges de la baisse du prix de l’énergie, les conséquences, comme le montrent les chiffres, seront lourdes. Nous venons d’en avoir un aperçu avec la faillite de WBH Energy LP, qui n’a pas eu d’autre choix que de déposer le bilan alors que la société n’est pas parvenue à obtenir un prêt pour régler ses problèmes de liquidités. D’autres vont suivre…

Comme le Wall Street Journal l’a rapporté, non seulement les coûts du crédit sont devenus trop prohibitifs pour de nombreuses sociétés engagées dans la fracturation hydraulique, mais pour certaines, il est tout bonnement impossible d’obtenir des fonds. Extrait de cet article :

« Les sociétés pétrolières et gazières américaines se sont lourdement endettées durant le boom de l’énergie, augmentant leur dette de 50 % depuis 2010. Celle-ci atteint désormais presque 200 milliards de dollars. Le besoin de rembourser ces dettes explique pourquoi les producteurs américains continuent de produire du pétrole alors que celui-ci se vend à moins de 50 $ le baril, une baisse de 55 % depuis juin 2014. »

Pour Arthur Berman, qui a accordé une interview à OilPrice.com, la situation actuelle est simple :

« La demande est en baisse parce que le pétrole a été trop cher pendant trop longtemps. La demande augmente en raison de la production américaine et le retour de la Libye sur le marché. Une demande en baisse et une offre à la hausse entraînent les cours vers le bas.

En ce qui concerne l’Arabie Saoudite et ses objectifs, c’est aussi très simple. Face au choix douloureux de perdre de l’argent en maintenant la production actuelle ou de faire baisser la production de 2 millions de barils par jour et de perdre encore plus d’argent, ils ont choisi le moindre mal. Si des conséquences secondaires découlent de ces décisions, par exemple faire mal aux petits producteurs américains ou à l’Iran et à la Russie, tant mieux, mais la raison derrière ce choix est principalement financière. »

À propos de la fracturation hydraulique aux États-Unis, il déclare :

« Nous avons vu fleurir de nombreux articles stupides depuis le début de la chute du pétrole qui expliquent que les sociétés américaines peuvent s’en sortir, quel que soit le cours. Les gens réalisent-ils que les banques d’investissement qui font les recherches à la base de ces articles ont tout intérêt à ce que les gens croient que les sociétés dans lesquels ils ont investi des milliards de dollars ne feront pas faillite parce que les prix ont chuté ? Il s’agit de pure propagande. (…)

… nos calculs montrent que pour les puits de Bakken, le cours du WTI doit être de 80 à 85 $ le baril pour couvrir les frais de production. La situation de Bakken est au minimum ont aussi bonne ou meilleure que celle d’Eagle Ford ou de Permian, il s’agit donc d’un exemple représentatif pour le secteur américain de la fracturation hydraulique. »

80 à 85 dollars pour que ces sociétés s’en sortent… Tout en sachant qu’un investisseur ne mettra son argent que dans une société qui fait des profits. Si le cours du pétrole ne remonte pas vers ces niveaux dans les mois à venir, nous allons assister à une véritable hécatombe.

 

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Les jours se suivent…  et se ressemblent pour l’or. Hier, on a assisté à une nouvelle chute du cours. Voici l’analyse de James Turk (source), ainsi que ses considérations à plus long terme pour le métal jaune.

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James Turk : « c’était le jour de l’expiration des options. On a donc assisté à un mouvement qui est devenu habituel durant ces dernières années. À chaque fois, le cours baisse, afin que les banques de lingots puissent encaisser un maximum d’argent.

Aujourd’hui (lire le 27 mai), ce sont les options du Comex qui expirent. Mercredi et jeudi, ce seront les dernières options OTC qui expireront. À partir de vendredi, le cours des métaux précieux repartira donc à la hausse. »

Eric King : « que pensez-vous du fait que Georges Soros ait pris des positions sur le secteur minier ? »

James Turk : « c’est tout sauf une surprise. Quiconque souhaite faire un maximum de profit, quand il analyse les actions minières, se dit : ‘waouh, ces titres sont incroyablement bon marché’.

La fatigue des investisseurs sur le marché est telle que des titres de grande qualité sont jetés pour quelque bouchée de pain. Les investisseurs malins comme Soros en profitent. ”

Eric King : « Le ratio or/pétrole est de 12/1. Il est étonnant que l’or et l’argent soient si faibles alors que le pétrole se situe largement au-dessus de la barre des 100 $ le baril. »

James Turk : « c’est vrai. Le cours du pétrole est largement ancré au-dessus de 100 $, il commence maintenant à progresser et pourrait se retrouver à des niveaux plus vus depuis longtemps. Cela ne fait que renforcer le fait que la chute du cours de l’or est une aberration, provoqué par l’expiration des options qui sont jouées par les banques de lingots pour engranger un maximum de profits.

La backwardation régulière de l’or montre que le marché n’est pas sain à cause de toutes les manipulations qui ont lieu sur le marché papier de l’or. Une guerre est menée sans relâche depuis longtemps par les banquiers centrés occidentaux et les banques de lingots contre l’or. Ils ont gagné des batailles mais finiront par perdre la guerre, malgré la baisse du 27 mai.  Comme le Gold Pool de Londres de 1967, ce marché va aussi tomber en pièces.

Les investisseurs futés continuent d’acheter régulièrement de l’or et de l’argent physique. Les métaux précieux sont sous-évalués, tandis qu’il s’agit de monnaie stockait en dehors du système bancaire, ce qui signifie qu’il est à l’abri d’une confiscation à la chypriote. Je suis personnellement cette stratégie, et je ne suis pas prêt d’en changer. »

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Or-cours-exploseKeith Barron : « le cours de l’or explose aujourd’hui (l’interview date du 17 octobre) en raison du chaos qui règne en ce moment à Washington, qui a débouché sur la baisse de la notation américaine par les Chinois (l’agence de notation Dagong). Les Chinois savent que les Américains n’ont fait que reporter la crise et que rien n’est réglé.

Cela a donc débouché sur la dégradation de la note américaine par Dagong. Cette dégradation d n’a certainement pas les conséquences d’une décision similaire qui seraient prises par Fitch ou Moody’s. Il n’empêche, le dollar a vacillé et le cours de l’or a explosé.

Il ne faut pas perdre de vue que les Chinois se sont beaucoup faits entendre à propos de la crise de la dette américaine. Dagong leur a permis d’augmenter leur influence internationale et de mettre la pression sur les États-Unis. La communauté internationale observe attentivement ce qui est en train de se passer.

Les Chinois savent que les Américains se retrouveront avec le même problème sur le dos dès le 15 janvier, lorsque le trésor n’aura de nouveaux plus d’argent. Et le 7 février qui suit, c’est le plafond de la dette qui sera atteint. Les Chinois ne veulent pas que les Américains endommagent leurs réserves en dollars. C’est le genre d’événement qui peut littéralement mener à la guerre.

Les États-Unis sont censés être la première puissance mondiale, or il montre en ce moment une image de ce pathétique. Entendre des gens à Washington dire « nous n’avons pas d’argent pour faire tourner les services publics ». C’est incroyable pour un pays qui émet la monnaie de réserve internationale.

Mais le véritable problème qui mine l’économie américaine, c’est que malgré les injections de 85 milliards par mois de la Fed, celle-ci ne s’améliore pas. La situation américaine est donc très compromise. Le reste du monde ne va pas continuer à acheter ses obligations dans une telle situation. Ces pays exigeront alors des taux d’intérêt plus élevés. Mais si ceux-ci augmentent, c’est toute l’économie qui se retrouvera à terre.

Un désastre est donc en préparation. Et sans le QE massif de Bernanke, on aurait assisté à une dépression similaire à celle des années 30. À la différence qu’aujourd’hui, les problèmes de l’Amérique sont trop profonds. Il y a trop de dettes privées, personnelles et publiques. J’espère que le pays parviendra à se relever lorsque les choses seront remises à plat. »

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John-Embry-Or-ArgentJohn Embry : « ce qui se passe en ce moment avec l’or et l’argent est grotesque. Le cours a chuté d’environ 600 $ depuis son pic d’août 2011. Mais si on regarde ce qui s’est passé depuis, il n’y a rien de fondamental qui justifie une baisse du cours, et encore moins de 600 $.

Il s’agit d’une magnifique manœuvre orchestrée par les banques de lingots, les gouvernements occidentaux et leurs banques centrales. Ils sont parvenus à détruire le moral de ceux qui ont de l’or mais qui ne comprennent pas très bien le marché.

Lorsque l’or a atteint son pic, on nous parlait de bulle. C’était ridicule, parce que si on regarde la rentabilité des mines à cette époque, elle était bonne, sans plus. En cas de bulles, les mines auraient gagné des fortunes, ce qui ne fut pas le cas.

Alors que l’or est aujourd’hui (25 juin) à 1285 $, que tout le monde est bearish, les minières se font massacrer. Si cela continue, certaines devront fermer leurs portes. De grosses sociétés enregistrent de grosses pertes, de l’ordre de milliards de dollars. Barrick a dû licencier à la pelle. Tout ceci n’est pas durable.

Je pense donc que les gens ne devraient pas paniquer et acheter, parce qu’aujourd’hui, l’or, l’argent et les actions minières sont incroyablement bon marché.

John Embry : les assouplissements monétaires ne seront jamais stoppés

John Embry a également ajouté : « ce qui est évident, et cela ne date pas d’hier, c’est que les assouplissements monétaires ont lieu non-stop quasi partout. Ils continuent avec leur propagande, « on pourrait diminuer ou arrêter »… Alors qu’ils ne le peuvent pas.

Les exemples sont de plus en plus nombreux. Le 25 juin, la bourse chinoise était sur le point d’exploser. La banque centrale a donc dû faire une sortie pour dire qu’elle fournirait les liquidités nécessaires pour éviter la catastrophe.

Si on se tourne vers le Japon, l’expérience japonaise est une vaste blague. Leur dette totale est de 250 % du PIB, alors que la population du pays est vieillissante et que la courbe démographique descend. Ils veulent faire tourner la planche à billets pour sortir de la déflation, mais cela ne marchera pas. Cela va mener à la destruction totale de la société japonaise.

En Europe, je vois que l’Italie est à nouveau dans de sales draps. Ce n’est pas une surprise, car c’est toute la périphérie qui est mal embarquée. Ils font semblant de chercher des solutions, alors que ce qu’ils font, c’est gagner du temps. Il n’y a aucune solution (non douloureuse) à la situation.

Enfin, aux États-Unis, le pilier du monde occidental, on nous abreuve de propagande disant que tout va mieux, mais si on creuse un peu les chiffres, on voit que la situation matérielle des gens ne s’améliore pas. Et s’ils ne déversaient pas 85 milliards de dollars de liquidités par mois, ce serait encore pire. Croire que la Fed va couper le robinet est stupide. Si elle le fait, 1930 sera un pique-nique comparé à la déflation qui nous attend.

Eric King : quelle sera l’étincelle qui fera démarrer les métaux précieux ?

John Embry : « je pense qu’il y a 2 choses à prendre en compte. Comme vous le savez, les banques de lingots savent mieux que quiconque ce qui va arriver. Durant les 2 dernières décennies, elles étaient massivement positionnées du côté des short. Ce sont elles, entre autres, qui poussaient le cours vers le bas.

L’orient amasse un maximum d’or physique

Aujourd’hui, elles sont en train de passer long. Entre-temps, les Chinois, les Russes et d’autres nations d’Orient accumulent de l’or physique. Pour eux, il n’y a aucun intérêt de voir le cours grimper, que du contraire : ils peuvent accumuler à bon compte.

Mais lorsque les banques de lingots se seront positionnées, que les Indiens, les Russes et les Chinois se rendront compte qu’il n’y a plus grand-chose à acheter, le cours de l’or va alors exploser.

Les gens doivent bien comprendre qu’au fur et à mesure que le risque de chaos grandit, comme on l’a vu ces dernières semaines, cela signifie que le système monétaire mondial devra être revu. Je pense qu’à ce moment, la devise de réserve sera composée par un panier de monnaies. Le dollar perdra son statut.

Le nouveau système sera garanti par des actifs physiques, dont l’or. Il est difficile de donner une date, mais c’est inévitable. Je comprends que les mouvements de baisse récente puissent agacer certains, mais cela ne doit pas altérer leur vision des choses à terme.

Source : interview de John Embry sur KWN