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Crédit Suisse

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Article d’IRD.com, publié le 14 juin 2016 :

« Le système financier mondial est sur le point de devenir une supernova. Les titres de Crédit Suisse comme de la Deutsche Bank ont atteint leur plus bas historique. Ils s’effondrent malgré les milliards d’euros de support de la Fed, de la BCE, de la Bundesbank et de la Banque Nationale suisse.

Deutsche Bank propose à ses clients belges une offre promotionnelle : 5 % d’intérêt pendant 90 jours sur tout dépôt d’au moins 50.000 €. N’oubliez pas que les dépôts sont techniquement des prêts octroyés par l’épargnant à une banque. Le client devient un créditeur. Cela signifie que le rendement que la Deutsche Bank doit offrir pour attirer des dépôts correspond à celui d’obligations CCC (même si les obligations à haut risque BB offrent 5,5 %, mais n’oubliez pas que DB offre 5 % sur 3 mois). Il s’agit du signe incontestable d’une société en état de décomposition.

Hier, le titre de la DB a baissé de plus de 3 % à l’occasion d’une session durant laquelle la plupart des banques « Too Big to Fail » étaient en recul de 1 % ou moins. Au moment d’écrire ces lignes, le titre a de nouveau baissé de 3 %, sa valeur passant pour la première fois de son histoire sous la barre des 15 $. Cette banque est clairement en train de s’effondrer. Tout gestionnaire qui détient ce titre au nom de ses clients faillit gravement à sa mission. Deutsche Bank est la version 2016 d’Enron.

Mais il ne s’agira pas d’un « cygne noir ». Les banques centrales savaient que la Deutsche Bank allait s’effondrer lorsqu’Anshu Jain fut démis de ses fonctions en juin 2015, soit seulement 2 semaines après que le Directoire de la banque ait étendu ses pouvoirs sur les opérations de la banque. Les banques centrales disposaient alors d’un an pour créer une digue autour des dommages collatéraux, par exemple le risque de contrepartie sur les produits dérivés, qui découleraient d’un effondrement de la DB.

Les ennuis de Crédit Suisse sont moins visibles, mais le comportement de son action prouve que ses problèmes sont aussi graves que ceux de la Deutsche Bank. J’ignore si ces banques seront renflouées en bout de course par une combinaison d’opérations de recapitalisation financées par les contribuables et de confiscations. Je pense néanmoins que le capital saisissable est très loin d’être suffisant pour couvrir les obligations de Crédit Suisse et de Deutsche Bank en termes de produits dérivés. (…) »

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BNP Paribas

Article de l’Economist, publié le 11 février 2016 :

Pourquoi les banques européennes inquiètent leurs investisseurs

Certains des plus anciens établissements européens sont au centre d’une nouvelle tempête financière

Si le début d’année des marchés actions mondiaux fut désespéré, ce fut un véritable désastre pour les actions bancaires. Les titres financiers sont en baisse de 19 % aux États-Unis. Partout ailleurs, l’effondrement est encore pire. Les actions des banques japonaises ont plongé de 36 % depuis le 1er janvier, celle des banques italiennes de 31 % et des banques grecques d’un affreux 60 %. La chute de 24 % de l’indice global du secteur bancaire européen nous a rapprochés des plus bas de l’été 2012, lorsque la zone euro semblait être au seuil de la désintégration… jusqu’à la célèbre promesse de Mario Draghi de « faire tout ce qui sera nécessaire » pour sauver la monnaie unique.

Les remous en Europe concernent aussi bien les grandes banques que les plus petits établissements financiers. Ils affectent des mammouths comme Société Générale et Deutsche Bank dont les actions respectives ont chuté cette semaine de plus de 10 % en quelques heures ainsi que d’autres géants hors de la zone euro comme Barclays et Crédit Suisse.

La fragilité apparente des banques européennes est particulièrement décevante alors que de nombreux efforts ont été déployés durant les années précédentes, notamment au niveau du renforcement des règles prudentielles et de leurs capitaux. (…)

Les taux négatifs sapent les profits des banques

Une partie de la faiblesse récente du secteur bancaire européen provient en partie des inquiétudes concernant l’économie mondiale qui ont poussé les bourses à la baisse. Cette faiblesse s’explique également par les politiques de taux d’intérêt négatifs poursuivies par les banques centrales afin de donner un coup de fouet à l’économie mais qui sapent les profits des banques. La mise en place de taux négatifs par la banque centrale du Japon fin janvier a provoqué la chute des titres bancaires japonais. Les investisseurs ne craignent pas uniquement un manque de perspectives pour la croissance européenne mais un nouvel abaissement du taux directeur de la BCE en territoire toujours plus négatif dès mars. Le 11 février, la banque centrale de Suède a abaissé son taux directeur de -0,35 à -0,5 % provoquant immédiatement des soucis pour les actions bancaires suédoises.

Les racines du malaise des actions des banques européennes sont bien plus profondes. Le gros problème est qu’il y a bien trop de banques en Europe et que bon nombre d’entre elles ne sont pas suffisamment rentables alors qu’elles s’accrochent à des business models dépassés. (…)

Une autre inquiétude largement partagée est que le secteur bancaire italien plie sous le poids des créances douteuses accumulées durant ces dernières années. Même si le PIB italien s’est remis à progresser depuis le début de 2015, il reste environ 9 % plus bas qu’avant la crise de 2008. Ce qui fait mal au aux entreprises italiennes dont les problèmes sont répercutés sur le secteur bancaire. (…) »