Tags Posts tagged with "Crise bancaire"

Crise bancaire

0
Monte Paschi

Le gouvernement italien a donné son accord pour le sauvetage de Monte dei Paschi après que la plus vieille banque du monde ait reconnu son échec à trouver 5 milliards d’euros auprès d’investisseurs privés, dernier plan en date pour tenter de sauver la banque.

Paolo Gentiloni, le nouveau Premier ministre italien, a annoncé durant les petites heures de vendredi que son cabinet s’est accordé sur le sauvetage. Il tapera dans le fond de 20 milliards d’euros approuvés plus tôt cette semaine par le Parlement afin de sauver la banque si nécessaire.

Le gouvernement a annoncé que la première étape consistera à renforcer la capacité de la banque à trouver des liquidités. Si nécessaire, la banque pourra émettre des obligations garanties par l’État.

Pier Carlo Padoan, ministre des Finances, n’a pas spécifié combien le plan de sauvetage coûterait à l’État italien, mais il a déclaré que les fonds seraient suffisants pour couvrir les besoins en capitaux de la banque. (…)

Le gouvernement italien a déclaré que les porteurs d’obligations juniors, qui selon les règles européennes doivent être mis à contribution avant toute intervention étatique, seront en mesure de convertir leurs obligations en actions, à leur tour converties en dette senior.

Cette annonce met fin à des mois d’incertitude concernant le futur de Monte dei Paschi après que la banque ait tenté de trouver quelques milliards d’euros sur les marchés privés. (…)

Wolfango Piccoli, analyste de Teneo Intelligence, a déclaré que le plan de sauvetage du gouvernement n’aura pas de conséquences politiques immédiates, en grande partie parce que la population se concentre davantage sur les fêtes de fin d’année. Mais le dossier risque d’être « politiquement toxique » plus tard, lorsque le prix de la facture de l’éventuelle compensation des porteurs d’obligations juniors et le temps qui sera nécessaire pour les indemniser seront connus. Une fois le sauvetage de Monte dei Paschi finalisé, d’autres banques pourraient avoir besoin d’une aide du gouvernement.(…)

Source : The Guardian

0
Monte Paschi

Le suspense arrive à son terme, d’après Zero Hedge. Après 2 plans de sauvetage financés par le contribuable et près de 5 mois de préliminaire après que la 3e banque italienne ait échoué aux stress tests européens de la fin du mois de juillet, Monte Paschi s’apprête à bénéficier d’un 3e plan de sauvetage, alors que cette idée avait été « absolument écartée » en septembre dernier par le gouvernement.

D’après Reuters, l’Italie se prépare à prendre une participation de 2 milliards d’euros dans Monte Paschi pour en prendre le contrôle vu son poids. Avant cela, le gouvernement italien était déjà le plus gros actionnaire, étant propriétaire de 4 % des parts de la banque. Après l’opération, elle devrait détenir 40 % des parts de Monte Paschi. Ce faisant, le gouvernement contrôlerait les réunions des actionnaires pour prendre de facto les rênes de la banque dans une manœuvre qui ressemble furieusement à une nationalisation.

Le décret permettant de finaliser l’accord pourrait être voté dès ce week-end. Reste à savoir comment l’Europe va réagir, alors que Merkel, Schäuble, Dijsselbloem et cie ont très clairement dit que c’est le principe du renflouement interne qui doit être utilisé pour sauver les banques insolvables, et non les interventions de l’État avec de l’argent du contribuable.

Mais que faire, vu que c’est toute l’Italie qui pourrait être touchée par une crise bancaire en cas de contagion (et qui ne prendrait pas beaucoup de temps à dépasser ses frontières) ? Si l’Europe ferme les yeux et laisse l’Italie enfreindre ses propres règles, elle se ridiculise (même si ce ne serait pas la première fois, cf. le déficit maximal fixé à 3 % du PIB).

UniCredit aussi à la recherche de liquidités

Bien avant le référendum, les banques italiennes étaient à la recherche de milliards d’euros afin de renforcer leur capitalisation, nous apprend cet article du Guardian. Le résultat de dimanche n’a rien arrangé, si bien que Fitch a revu à la baisse les perspectives du secteur entier. L’agence de notation a déclaré que la profitabilité du secteur était déjà fragile avant le référendum qui a déclenché un chaos politique et entraîné la démission du Premier ministre Matteo Renzi.

« Le résultat du référendum pourrait mettre en péril les plans de recapitalisation de certaines banques italiennes, particulièrement de Monte Paschi et d’UniCredit. Il a également des implications négatives pour le secteur bancaire italien dans son ensemble, dont l’attractivité pour les investisseurs s’était déjà réduite significativement durant 2016. La capacité du secteur à accéder aux marchés institutionnels pour son financement et sa capitalisation, devenus plus difficiles et chers cette année, pourrait empirer », a déclaré Fitch.

0

Le référendum de ce dimanche en Italie pourrait entraîner une nouvelle crise bancaire en Europe, d’après l’économiste en chef de Manulife Asset Management.

« À mon avis, le plus gros risque est actuellement le secteur bancaire, plus important encore que le risque politique, même s’il en découlerait de l’instabilité », a déclaré à CNBC ce mardi Megan Greene, économiste en chef de Manulife Asset Management.

Les électeurs italiens devront se prononcer sur les réformes proposées de la constitution. Mais la majorité de l’électorat voit plutôt ce référendum comme un vote de confiance envers le Premier ministre et le gouvernement actuel. Le Premier ministre Matteo Renzi a déclaré qu’il démissionnerait si les réformes n’étaient pas validées. On s’attend à ce que le non l’emporte pour ramener l’instabilité politique et financière dans la 3e économie de la zone euro.

« Si une nouvelle crise devait se déclarer dans le secteur bancaire italien, non seulement elle aurait le potentiel de se propager à travers l’Europe mais la solution de Renzi pourrait enfreindre les règles européennes concernant le renflouement des banques. Dans un tel scénario, il saperait énormément l’union bancaire européenne, qui est en fait le seul dossier européen qui a enregistré des progrès depuis le début de la crise, » a ajouté Greene.

Une crise bancaire en Italie est possible si les investisseurs décident de ne plus contribuer à la solution mise en place pour certaines des banques italiennes les plus fragiles. Les gestionnaires de fonds, les assureurs et les banques se sont mis d’accord cette année pour mettre en place un fonds de 5 milliards d’euros destiné à renflouer les banques en difficulté. Ce dispositif a donc apaisé les craintes concernant la stabilité d’un secteur bancaire italien obéré par de nombreux prêts non-productifs (qui présentent des créances en souffrance).

D’après un rapport de ce lundi du Financial Times, qui se base sur des officiels et des banquiers de haut niveau, jusqu’à 8 banques italiennes pourraient être en difficulté en cas de victoire du non au référendum.

Si les sondages devaient s’avérer exacts et que Renzi perd le référendum, les analystes pensent qu’il formera un nouveau gouvernement, des élections anticipées étant peu probables.

« Les investisseurs ne voudront peut-être plus participer (au fonds) en cas d’instabilité politique suite au référendum, » a déclaré Greene à CNBC.

« Ce gouvernement ne pourra rien faire d’autre qu’une réforme électorale, donc l’Italie ne pourra se doter des réformes structurelles dont elle a besoin », a ajouté Greene.

Simultanément, les dirigeants italiens ont minimisé l’impact potentiel du référendum sur les banques et l’Europe. Paolo Gentiloni, ministre italien des Affaires étrangères, a déclaré à CNBC ce lundi que les craintes des marchés concernant un défaut potentiel ne sont pas justifiées.

Gentiloni a déclaré à CNBC que de telles craintes étaient raisonnables en 2011, mais que depuis, la situation s’est améliorée. Il a également ajouté qu’il n’y a aucun risque de contagion à l’Europe. « Nous aurions certainement un pays plus faible et plus instable, mais ce ne serait pas une menace pour l’économie européenne », a-t-il déclaré.

Article de CNBC, publié le 29 novembre 2016

0

Les citoyens européens ont eu, il y a un an, un aperçu de ce qui les attend lorsque Laiki et Bank of Cyprus ont mordu la poussière, et ont été en partie renflouées par les épargnants. Aujourd’hui, c’est au tour de la Bulgarie d’être dans la tourmente bancaire : la banque Fibank, 3e du pays, est passée tout prêt de la catastrophe.

fibank-bank-run

Jeudi dernier, des rumeurs de faillite se répandent comme une traînée de poudre sur les réseaux sociaux. Les Bulgares, qui ont assisté à la faillite généralisée de leur système bancaire en 1997 ainsi qu’à l’hyperinflation de leur monnaie locale, le lev, n’hésite pas une seule seconde dans leur grande majorité : ils commencent à retirer leur argent dès le jeudi.

Le lendemain, ceux qui n’avaient pas pu réagir à temps ou qui n’avaient pas encore reçu l’information se ruent littéralement dans leur agence. Le réseau Fibank est littéralement pris d’assaut ; environ 400 millions d’EUR sont retirés rien que vendredi : nous sommes en plein bank run.

La banque, en concertation avec la banque centrale de Bulgarie, décide de fermer ses portes vendredi à 15 heures ainsi que tout le week-end. Elle assure posséder toutes les liquidités nécessaires pour satisfaire à toutes les demandes de ses clients, tout en affirmant avoir besoin de temps pour rendre ces fonds disponibles.

Ce temps a probablement été mis à profit pour analyser la situation avec la banque centrale et que celles-ci fournissent les liquidités d’urgence nécessaires : le pays ne peut pas se permettre de voir Fibank tomber, 2 semaines après la fermeture pour 3 mois d’une autre banque, KTB. Une grande campagne médiatique est alors lancée pour rassurer la population, même si, entre-temps, la gestion Internet de comptes des clients de Fibank fut HS tout le week-end, et qu’il était impossible d’effectuer des paiements par carte bancaire.

Le lundi, Fibank a ouvert ses portes comme promis. La situation semble désormais maîtrisée. Le FBI local enquêtait désormais sur l’origine des rumeurs de faillite. De nombreuses pistes ont été avancées : règlement de comptes politico-mafieux, manœuvre de l’opposition alors que des élections anticipées se profilent à l’horizon, etc. En Europe, la presse a écrit que les Bulgares accusaient à demi-mot Poutine. Nous les mettons au défi de sourcer une telle assertion.

Désormais, le gouvernement va injecter 1,6 milliard d’EUR dans son secteur bancaire, tout en assurant que celui-ci est capitalisé adéquatement…  Quoi qu’il en soit, cet épisode en dit long sur la solidité du secteur bancaire : sur base d’une rumeur, il est possible de faire tomber une banque. Pourquoi ? Parce que depuis que l’on a supprimé la différenciation entre banques d’investissement et banques de dépôt, et sur base d’un système de réserve fractionnelle, la majorité des dépôts sont investis sur de nombreux supports. Le crédit bien sûr, mais surtout des obligations souveraines, des actions surévaluées, la bulle immobilière… Donc,  que vous le veuillez ou non, lorsque vous déposez votre argent dans une banque, c’est un peu comme si vous preniez ces risques, mais sans en obtenir le rendement !

Et si vous pensez que les banques occidentales sont à l’abri, il faut savoir que le secteur bancaire bulgare, fort de son expérience de 1997, utilise des effets de levier bien moins importants que les banques françaises, espagnol, allemand, etc. Ce genre de chose peut arriver à n’importe qui et à n’importe quel moment.