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Crise des subprimes

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crédits subprimes assurés par Ginnie Mae

Article de Wolf Street, publié le 21 juin 2016 :

« La Fed de New York vient juste de lancer un avertissement à propos de la bombe à retardement du crédit hypothécaire subprime, qui recommence à s’amasser. (…) Mais contrairement à la dernière crise immobilière, une grande partie de ces bombes à retardement sont désormais garanties par le gouvernement.

Les subprimes sont le symbole de la crise financière de 2008, ayant explosés alors que les prix de l’immobilier s’effondraient. Les gens qui pensaient être propriétaires d’un actif ont réalisé qu’ils étaient simplement des locataires endettés. Ils ont géré la situation du mieux qu’ils pouvaient : soit en arrêtant de payer et en habitant les lieux jusqu’à leur expulsion. Le taux de défaut sur les crédits hypothécaires subprime a grimpé à 25 % en 2007. Les banques, se retrouvant avec des actifs inférieurs à la valeur des crédits, s’effondrèrent. Les titres adossés à ces créances hypothécaires implosèrent, les fonds obligataires également, provoquant le feu d’artifice désormais bien connu. Si les subprimes n’ont pas provoqués à eux seuls la crise financière, ils furent un rouage important d’une folle machine.

Aujourd’hui, cette machine est devenue encore plus folle. Les titres adossés à des créances hypothécaires, chargés de subprimes, sont plus que jamais sur le devant de la scène. À la différence que cette fois, les contribuables sont exposés en première ligne.

Durant le boom immobilier précédent, entre 2000 et 2005, les programmes gouvernementaux de garantie des crédits hypothécaires concernaient moins de 3 % de tous les crédits subprimes, alors que le privé assurait plus de 20 %.

Durant la dernière crise immobilière, l’assurance privée des crédits hypothécaires subprimes a chuté à quasi zéro. Le gouvernement, à travers plusieurs programmes (de la Federal Housing Administration, du Department of Veterans Affairs et du USDA’s Rural Housing Service), a repris le témoin, assurant plus que jamais des crédits subprimes. En 2009, le gouvernement garantissait presque 35 % de tous les crédits hypothécaires subprimes. Jusqu’il y a peu, il assurait encore 22 % de tous les nouveaux crédits hypothécaires à risque.

Ci-dessus, le graphe de la Fed de New York met en exergue le plongeon des prêts hypothécaires assurés par le privé durant la crise financière, et montre comment le gouvernement a repris le flambeau. Le rapport indique que quasi tous ces crédits hypothécaires, dont le remboursement du principal et des intérêts est garanti aux investisseurs qui achètent les titres composés de ces créances, sont assurés par Ginnie Mae, organisme public. Ce qui signifie que ce sont les contribuables américains qui endossent le risque. »

Jusqu’à présent, tout va bien : la bulle immobilière continue d’être alimentée. Mais lorsque les prix commencent à se stabiliser pour ensuite baisser, on risque bien de revivre une crise des subprimes. Sauf que cette fois-ci, l’État est en première ligne.

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egon von greyerz dans le keiser report

Interview d’Egon von Greyerz, publiée le 20 décembre 2015 par KWN :

« Comme attendu, la Fed a provoqué un fameux désordre avec sa politique monétaire. Afin de sauver la face, elle n’a pas eu d’autre choix que de relever son taux directeur. Si elle ne l’avait pas fait, elle aurait perdu toute crédibilité auprès des marchés et cela aurait entraîné un vent de panique mondial.

Même si cette décision n’était pas appropriée, la Fed n’a pas eu d’autre choix que de la prendre mais comme je l’avais suspecté, on a assisté à un mouvement de type « acheter sur la rumeur, vendre une fois la nouvelle annoncée » alors que le Dow a perdu 620 points durant les deux dernières séances. Rappelez-vous que 99 % des participants aux marchés s’attendaient à cette hausse.

La Fed est bien entendue en retard de deux guerres. Elle aurait dû s’attaquer à la croissance du crédit et aux bulles il y a bien longtemps mais comme d’habitude, elle a réagi trop tard en gardant les taux à zéro pendant 7 ans, alimentant ainsi d’énormes bulles sur les marchés actions, dans l’immobilier et sur les marchés obligataires.

La situation économique se détériore rapidement

La Fed vient de relever son taux directeur alors que les banques centrales du monde entier augmentent leurs injections monétaires ou prennent d’autres mesures sans précédent, comme la BCE qui a plongé ses taux en territoire toujours plus négatif. Ce relèvement n’a donc aucun sens et ne fait que confirmer que la Fed ne suit aucune ligne de conduite. De plus, la Fed semble ne pas voir que la situation économique se détériore rapidement aussi bien aux États-Unis qu’à travers le monde.

Le taux de chômage américain à 5 % est complètement déconnecté de la réalité. 94 millions de personnes en mesure de travailler ne font pas partie de la population active : une bonne partie de ces gens ont simplement perdu tout espoir de trouver un travail. Nous savons que le taux de chômage réel est supérieur à 20 % et que l’emploi augmente uniquement grâce aux temps partiels et aux embauches chez les plus de 55 ans et dans le secteur des services. L’emploi chez les moins de 55 ans et dans la production ne cesse de baisser.

Les ventes de détail souffrent, les chiffres d’affaires et bénéfices des entreprises déclinent. Le danger le plus concret qui plane sur les États-Unis se trouve cependant du côté des bulles qui commencent à éclater. Quelques fonds de placement spécialisés dans les obligations ont déjà interdit tout retrait de leurs clients ; on pourrait assister à une véritable ruée pour quitter le navire.

La semaine dernière, les retraits des fonds d’investissement ont grimpé à plus de 13 milliards de dollars aux États-Unis. De ce total : 5,3 milliards provenaient des obligations pourries, le plus gros retrait depuis douze mois, tandis que les retraits sur les obligations à cote de solvabilité élevée se sont élevés à 3,3 milliards de dollars soit les plus importants depuis deux ans.

L’allumage de la mèche de la prochaine crise a eu lieu

Les fonds d’investissement basés sur les marchés émergeant et les crédits bancaires ont également connu de gros retraits. Ce n’est que le début. Les obligations pourries fournissent un rendement de 17 % maintenant, nous nous dirigeons tout droit vers la prochaine crise des subprimes. Les crédits dans le secteur de l’énergie, les crédits auto et étudiants s’effondreront tous, générant ainsi la panique sur les marchés de la dette.

Yellen en est consciente. Elle a déclaré durant la session de questions-réponses suivant la réunion de la Fed que des taux plus élevés ont l’avantage de lui fournir une plus grande marge de manœuvre si une baisse s’avérait nécessaire. Elle a également mentionné que la Fed étudie l’expérience européenne des taux négatifs. Il s’agit d’une indication claire que la Fed est consciente que cela pourrait bientôt arriver aux États-Unis.

Je serais surpris si on passait le T1 2016 sans de gros problèmes sur les marchés du crédit. Ils prépareront le terrain de la prochaine crise bancaire qui sera bien plus grave que celle de 2007-2009.

Crash boursier, destruction de la richesse et hyperinflation

Simultanément, nous assisterons à la fin du marché haussier séculier des actions. La configuration à long terme de type « mégaphone » du marché boursier américain mènera sur un crash des actions et à une destruction massive de la richesse dans les années à venir. La Fed devra baisser ses taux, probablement les faire entrer en territoire négatif. Simultanément, elle devrait enclencher le début du QE le plus important de l’histoire. Ce qui devrait accélérer la liquidation de la dette et pousser les taux à long terme à plus de 10 %. Suite à l’effondrement du dollar, les États-Unis connaîtront l’hyperinflation dans les années à venir.

La situation est aussi catastrophique à travers le monde avec les prix des matières premières qui s’effondrent et le commerce mondial qui se détériore rapidement. Le Baltic Dry vient d’atteindre un nouveau plus bas, les marchés émergents connaissent quant à eux des tas de soucis.

Il est impossible de prédire le timing exact de ces événements. Ils pourraient prendre du temps à se déclarer ou arriver subitement. Ce qu’il faut bien comprendre, c’est que le risque n’a jamais été aussi élevé dans l’histoire. C’est pourquoi les investisseurs ne doivent pas s’enfoncer dans la complaisance en croyant que les banques centrales et la création monétaire résoudront tous les problèmes. (…) »