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Crise

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Article de Michael Pento, publié le 12 septembre 2016 sur SafeHaven.com :

« La grande récession de 2008 fut ironique d’un point de vue des marchés : alors que l’économie américaine s’effondrait sous le poids du prix surévalué de son immobilier, les investisseurs se sont curieusement rués sur le dollar en raison de la fameuse « recherche de la sécurité ».

Mais la vérité est différente : les investisseurs ne se sont pas précipités sur le dollar pour sa « sécurité », ils sont simplement sortis de leurs opérations de carry trade (opération spéculative sur écart de rendement) . Dans le cadre d’une opération de carry trade, un investisseur emprunte dans une devise qui se dévalue et qui offre un rendement potentiellement plus élevé que sa dette souveraine ou son marché actions. L’objectif de cette transaction est de profiter de la différence de taux tout en tirant également profit de la monnaie qui s’apprécie par rapport aux fonds empruntés.

Dans les années ayant précédé la crise de 2008, une transaction populaire consistait à shorter le dollar tout en investissant dans les marchés émergents, où les rendements étaient plus élevés, comme le Brésil, la Russie, l’Inde et la Chine (les BRICS). La manipulation des taux par la Fed, au lendemain des attaques du 11 septembre 2001, a poussé les marchés à la recherche désespérée de rendement. Les investisseurs ont trouvé les profits espérés du côté des marchés émergents pour leur rester fidèles pendant des années alors que la Fed se contentait de les talonner au niveau de ses taux. Le taux directeur de la Fed est passé de 1 % en 2004 à 5,25 % 2006 tandis que le dollar s’affaiblissait durant cette période.

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Comme vous pouvez le voir, entre 2002 et 2008, les marchés actions des pays émergents ont progressé tandis que le dollar a baissé alors que les investisseurs tiraient profit du différentiel de taux entre les États-Unis et les émergents.

Mais à partir de la seconde moitié de 2008, l’attention du marché s’est détournée des différentiels de taux et des avantages à tirer sur les taux de change en raison des énormes craintes concernant la contagion des soucis de croissance des États-Unis  au reste du monde en raison de la crise de l’immobilier et de l’insolvabilité du système bancaire. L’opération de carry trade « shorter le dollar/investir en actions des émergents » s’est inversée alors que les investisseurs voulaient, dans la panique, prendre leurs bénéfices sur la hausse des marchés émergents. Ils ont acheté de la dette en dollars pour mettre un terme à cette opération. Cela a permis au billet vert de s’envoler tout en faisant chuter les marchés actions des émergents. Cette situation fut néanmoins curieusement interprétée en tant que recherche de la sécurité du dollar par les investisseurs alors que l’économie américaine et son système financier étaient en chute libre.

Que se passe-t-il maintenant avec le carry trade ?

Aujourd’hui, le scénario est complètement inversé : le dollar index grimpe alors que le yen et l’euro baissent. L’opération de carry trade consiste à emprunter (shorter) le yen et l’euro pour acheter des actifs libellés en dollars qui offrent un rendement supérieur. Donc le prochain revers économique inversera cette opération de carry trade :

dollar euro yen

Tout ceci explique véritablement pourquoi le yen grimpe subitement au moindre semblant de remous sur les marchés. Une fois de plus, les analystes interprètent cela comme la recherche d’une valeur refuge. Mais quel est l’investisseur qui chercherait refuge au Japon, pays dont le ratio dette/PIB est tellement énorme que cette nation est insolvable, et dont la banque centrale est déterminée à générer de l’inflation par tous les moyens possible ?

Les investisseurs doivent préparer leur portefeuille à la prochaine récession, qui sera pire que celle de 2008 en raison de l’augmentation massive de la dette mondiale et de l’incapacité des banques centrales à abaisser davantage le coût du crédit. Il faut donc s’attendre à ce que l’euro et le yen soient les prochains bénéficiaires de la prochaine inversion du carry trade, ainsi qu’une réponse bien plus faible du billet vert à l’occasion de la prochaine crise.

Mais comme déjà mentionné, le plus gros souci des investisseurs consiste à savoir ce qui se passera avec l’économie mondiale alors que les banques centrales sont à court de munitions pour nous sauver. Après tout, elles ont déjà repoussé les limites de leurs politiques de création monétaire et de taux zéro. Plus de 90 mois de politiques monétaires expansionnistes sans précédent ont gonflé les bulles et le niveau de la dette à des niveaux historiques. Le dollar sera également sous pression lorsque la Fed, et ses politiques monétaires actuellement divergentes, convergeront avec celles de la BCE et de la BoJ pour s’engager sur la voie du QE et des taux zéro perpétuels.

La prochaine récession sera fort différente de celle de la crise de 2008 aussi bien en intensité qu’en durée et en effets sur le dollar. Bien sûr, cela pourrait être démenti si la crise devait être précipitée par un cycle agressif de relèvement des taux par la Fed. Ce scénario écarté, les investisseurs sages anticiperont ce différentiel et penseront à augmenter leur exposition aux métaux précieux à l’aube de cette nouvelle crise. »

Jeff Gundlach

« Celui qui panique le premier panique le mieux ». Comme le dit David Stockman, cela ressemble de plus en plus à 2007, lorsque les premiers signes d’implosion du système financier furent ignorés par les éternels optimistes. Si la panique n’est pas encore d’actualité, l’inquiétude et la nervosité gagnent de plus en plus les marchés. Selon Jeffrey Gundlach de DoubleLine Capital, l’or est la meilleure option en ces temps incertains, comme il l’a déclaré à Reuters :

« Jeffrey Gundlach, le CEO de DoubleLine Capital, a déclaré ce mercredi que l’or est le meilleur investissement dans un contexte de craintes concernant l’instabilité de l’Union européenne, la stagnation mondiale persistante ainsi que l’inefficacité des politiques des banques centrales.

« La situation est chaotique, elle semble dangereuse, » a déclaré Gundlach à l’occasion d’une interview téléphonique. « Je ne suis pas vendeur en ce qui concerne l’or ».

Le métal jaune a dépassé son plus haut de 2 ans ce mercredi alors que certaines obligations ont glissé pour atteindre leur taux le plus bas suite au référendum en Grande-Bretagne, poussant les investisseurs à acheter de l’or pour s’assurer contre le risque. L’or pour livraison immédiate (XAU), qui a presque grimpé de 30 % depuis le début de l’année, était en hausse de 0,56 % à 1363 $ l’once à 18:34 (GMT).

Gundlach, qui est un fidèle supporter du métal précieux et qui voit l’or atteindre 1400 $ l’once cette année, estime que le métal jaune et les actions minières sont intéressants par rapport aux obligations gouvernementales, dont les taux ont atteint des niveaux planchers durant les derniers jours. Le rendement de l’obligation américaine à 10 ans s’est élevé, durant la session de mercredi, à  1,393 % après avoir atteint un plus bas record de 1,321 %.

« On voit des gens qui détestaient l’obligation à 10 ans à 2 % qui soudainement l’adorent à 1,38/1,39 %, qui revisite le plus bas historique de ce Treasury », a déclaré Gundlach.

« Si vous achetez aujourd’hui cet actif, je dirais qu’il s’agit d’une très mauvaise décision. C’est le plus mauvais moment de l’histoire pour acheter des obligations américaines à 10 ans. »

Gundlach, qui gère un patrimoine de 100 milliards de dollars pour la société DoubleLine de Los Angeles, estime que l’or est attrayant dans le contexte « d’un système bancaire européen dans un état le rendant bon pour la faillite. »

Il faisait référence à Banca Monte dei Paschi di Siena, la 3e banque italienne qui croule sous les créances douteuses et dont la capitalisation est insuffisante, dont les soucis menacent de se propager ailleurs en Europe. Gundlach a également cité Deutsche Bank AG, dont le titre a de nouveau atteint un plus bas ce mercredi pour voir sa valeur chuter de moitié depuis le début de l’année.

« Les banques sont en train de mourir et les décideurs ne savent plus quoi faire », a déclaré Gundlach. « Lorsque l’action de la Deutsche Bank passera sous la barre des 10 $, vous allez voir les gens commençaient à paniquer, ils vont commencer à dire : quelqu’un doit faire quelque chose ».

L’action Deutsche Bank a chuté de 5,56 % ce mercredi pour atteindre 11,54 dollars. Gundlach, connu à Wall Street sous le surnom du « roi des obligations », est l’un des premiers poids-lourds de l’investissement à recommander l’or en tant qu’assurance contre la crédibilité des grandes banques centrales alors que les pays ne parviennent pas à générer de la croissance. »

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nuages noirs

Article de David Stockman, publié le 6 juillet 2016 sur DailyReckoning.com :

« Presque aux 4 coins de la planète, les bulles financières géantes créées par les banques centrales durant les 2 dernières décennies sont en train de se fissurer. Le dernier exemple en date ? La valeur en chute libre des actions des banques italiennes et européennes ainsi que le gel de fonds immobiliers commerciaux en Grande-Bretagne.

Si cela commence à ressembler à août 2007, c’est parce que nous vivons la même situation. Les démentis des opérateurs de casinos fusent en nombre. Pour en revenir à 2007, les permabulls sortirent en force, en nous vendant il s’agissait « d’un événement unique ». Soit que la tempête avait été provoquée par quelques événements isolés n’ayant aucun impact sur les tendances globales des marchés, notre économie étant supposément solide comme un roc.

Donc, l’effondrement inattendu des fonds hypothécaires de Countrywide Financial et de Bear Stearns n’était que des événements isolés. Les experts nous ont dit : « circulez, il n’y a rien à voir ». Et surtout, continuez d’acheter.

Après avoir atteint un pic de 1550 points le 18 juillet 2007, le S&P 500 a vacillé d’environ 9 % durant la crise d’août. Mais les acheteurs de dip ont continué de se manifester, rassurés par les déclarations des experts. Dès le 9 octobre, l’indice boursier avait remonté jusqu’à son pic d’avant la crise pour ensuite un peu baisser jusqu’à septembre 2008.

Les garanties étaient fausses, bien sûr. Après Lehman les choses ont explosé, les marchés actions se sont ensuite fait massacrer. Dans les 160 jours qui suivirent, le S&P 500 plongea de 50 % supplémentaires. En tout, 10 trillions de dollars de capitalisation boursière s’évaporèrent.

L’ironie suprême du moment présent est que les parmabulls insistent sur le fait qu’il ne faut tirer aucune leçon de la grande crise financière. Tout simplement car toute liquidation d’un actif est désormais considérée comme un événement unique.

Cela n’arrivera plus, nous dit-on. Après tout, les causes majeures ont été rectifiées et les inondations du siècle n’ont jamais lieu à nouveau. À ce titre, on insiste pour nous dire que la situation des banques américaines a été rectifiée, que leur bilan est désormais une forteresse imprenable. Similairement, le marché immobilier a enregistré une reprise saine, et stable sans aucun signe de bulle. Le ratio PE des marchés actions sont soi-disant dans leur moyen historique est complètement garanti par les taux plancher. (…)

Cela ressemble de plus en plus furieusement à août 2007, où que l’on regarde. »

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or physique

Après un début d’année en fanfare, l’or vient de reprendre sa marche en avant suite au résultat inattendu du référendum britannique. En livre sterling, l’or a été jusqu’à grimper de 19 % vendredi dernier alors que les autres classes d’actifs, obligations exclues, ont été fortement malmenées, comme nous l’apprend cet article de Bloomberg publié le 23 juin :

« L’or a connu sa hausse la plus importante depuis le pic de la crise financière mondiale de 2008 après que le Royaume-Uni ait voté en faveur de son départ de l’Union européenne, provoquant des remous sur les marchés et donnant un coup de fouet aux valeurs refuges.

Le métal jaune a grimpé jusqu’à 8,1 %. Les volumes sur les marchés à terme furent 2 fois plus importants qu’à l’accoutumée. Alors que la livre sterling s’effondrait face au dollar, l’or en livre sterling a clôturé en hausse de 14 % après avoir grimpé jusqu’à 19 %. Des sociétés minières comme Barrick Gold Corp. Et Newmont Mining Corp. ont fortement progressé.

« Les volumes échangés restent importants sur les marchés des métaux précieux, ce à quoi on pouvait s’attendre alors que les investisseurs souhaitent se départir du risque, » a déclaré Maxwell Gold, directeur de la stratégie d’ETF Securities, société spécialisée dans les ETF métaux précieux, dont l’or. « La focalisation globale devrait se repositionner sur les impacts à long terme du Brexit, ainsi que sur sa capacité à retarder la Fed » sur le relèvement de ses taux, a-t-il déclaré.

Des volumes sans précédent

Certains clients furent frustrés de ne pas être en mesure de finaliser leurs ordres dans les délais souhaités, alors que d’autres ordres plus massifs ralentissaient leurs transactions, a déclaré Naeem Aslam, analyste en chef des marchés de TF Global Markets, alors qu’il sortait du bureau pour prendre un café après avoir travaillé toute la nuit. Il a déclaré qu’il allait travailler durant le week-end afin de traiter le surplus de travail.

« Les volumes que nous avons vu la nuit dernière furent sans précédent, et c’est loin d’être terminé, » a déclaré Aslam. « Le téléphone n’a pas arrêté de sonner durant toute la nuit. Nous sommes suspendus au fil des actualités. » (…)

L’or pour livraison immédiate a grimpé de 4,9 % pour atteindre 1317,94 dollars l’once après avoir grimpé jusqu’à 1358,54 dollars, son plus haut niveau depuis mars 2014. Société générale avait déclaré que l’or pourrait atteindre les 1400 $ en cas de Brexit.

Beaucoup de fragilité

Depuis le début de l’année, l’or est désormais en hausse de 24 % alors que l’on s’attend à ce que la Fed maintienne ses taux peu élevés, ce qui affaiblit le dollar. Les chances de voir la Fed postposer sa prochaine hausse des taux sont renforcées par le résultat du référendum britannique, d’après Saxo Bank A/S et ICBC Standard Bank Plc.

En Europe, les marchands d’or ont assisté à une ruée sur les métaux précieux, Coin Invest déclarant avoir reçu des visites records de clients britanniques. (…) Les pièces Britannia et Souverain furent les plus populaires dans les heures qui ont suivi le vote. ABC Bullion Co., un marchand d’or de Sydney, a déclaré que les ouvertures de comptes de ce vendredi ont représenté le total d’une semaine normale. (…) »

Plus une telle panique depuis Lehman

Les banques centrales, de la banque d’Angleterre à la BCE en passant par la Fed, l’avaient promis : en cas de besoin, elles interviendraient pour stabiliser les marchés. Suite au séisme de vendredi, elles ont pu tenir toutes leurs promesses. Du côté des marchés, on n’est pas amusé. Par exemple (source : MarketWatch) :

« Les réactions de peur des marchés ont fait du Brexit l’événement le plus stressant qu’ont connu les investisseurs de puis la faille de Lehman Brothers en septembre 2008, » a déclaré le CEO de Blanchard and Co. David Beahm. « Il s’agit d’un point négatif majeur pour les marchés mondiaux. L’or est positionné pour une hausse à long terme en raison du vote du Brexit ainsi que d’autres facteurs financiers mondiaux. »

« Le Brexit est un événement que l’on ne vivra qu’une fois dans sa vie, » a déclaré Ned Schmidt, éditeur du Value View Gold Report. « Tous les arguments contre l’or ont désormais été démolis. » Il s’attend à ce que l’or continue sa marche en avant pour atteindre 1400 $ l’once, et éventuellement atteindre les 1900 $ l’once l’année prochaine.

Alors que d’autres nations européennes pourraient emboîter le pas au Royaume-Uni, la situation européenne ne va que s’empirer, d’après Naeem Aslam, analyste en chef de ThinkForex. De ce fait, Aslam voit l’or « facilement atteindre » les 1500 $ l’once d’ici la fin de l’année.

Dévaluation

Ces anticipations d’un marché haussier de l’or ne s’expliquent pas que par le Brexit. Ce qui se passe sur les autres marchés, dont les actions et les devises, impactera encore plus directement les perspectives de l’or.

Le Brexit est « un événement monétaire mondial, avec des effets destructeurs sur des économies individuelles, » a déclaré Brien Lundin, éditeur de la Gold Newsletter.

« La prescription standard des banques centrales est d’assouplir, de dévaluer leur monnaie» a-t-il déclaré. « Mais si tout le monde tente de dévaluer sa monnaie, y compris les États-Unis, par rapport à quoi peuvent-elles baisser ? Seul l’or résistera à la tourmente. Et à long terme, ce ne sera pas parce que c’est supposé être une valeur refuge, mais parce qu’il s’agit de l’unique protection contre la dévaluation de l’argent papier. »

En résumé : ce n’est pas le Brexit en soi qui fait grimper l’or. Avec ou sans la Grande-Bretagne dans l’Union, la Terre continuera de tourner. Par contre, cet évènement ne fait que mettre en lumière les faiblesses structurelles du système financier et de l’économie mondiale : impossibilité de remonter les taux, guerre des devises, faible croissance, surendettement.

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crise années 30 usa

Article de Doug Casey, publié le 8 avril 2016 sur The International Man (traduction condensée) : 

« L’histoire se répète. Vous avez déjà entendu cet axiome. C’est vrai, mais jamais de façon identique. Pour tirer les leçons du passé, nous devons être en mesure de comprendre les différences du présent.

Pendant la révolution américaine, les Britanniques arrivèrent fin prêts pour gagner une guerre, mais face à une armée européenne. Leurs formations, dotées d’une puissance de feu remarquable, et leurs uniformes rouges, qui mettaient en évidence leur nombre, furent exactement l’opposé de ce qui était nécessaire pour gagner une guerre de guérilla.

Avant la Première Guerre mondiale, la cavalerie était pour les généraux leur arme maîtresse. Mais dans les tranchées, les cavaliers se révélèrent plus qu’inutiles.

Avant la Seconde Guerre mondiale, dans l’anticipation d’une attaque allemande, les Français battirent « l’infranchissable » ligne Maginot. L’histoire s’est répétée et l’attaque eut lieu, mais pas comme anticipé. Les préparatifs furent inutiles car les Allemands n’ont pas tenté de la franchir ; ils l’ont simplement contournée et la France fut vaincue.

Les généraux ne se préparent en fonction de la dernière guerre par stupidité, mais tout simplement car cette expérience est la seule chose sur laquelle ils peuvent se reposer. La plupart d’entre eux ne savent pas comment interpréter cette expérience. Ils ont raison de se préparer pour une nouvelle guerre, mais ont tort de se reposer sur ce qui a marché auparavant.

Les investisseurs semblent faire la même erreur. Si nous avons connu la prospérité durant les 30 dernières années, ils prennent leurs décisions en vue d’une prospérité à venir. Leur parler de dépression aujourd’hui ne les touche pas vu que la situation actuelle est tellement différente de celle des années 30. Vu qu’ils ne voient pas les symptômes des années 30, ils ne peuvent concevoir une dépression. Simplement parce qu’ils savent à quoi ressemble une dépression du passé, mais pas du présent. Il est difficile de visualiser quelque chose que vous ne comprenez pas. (…)

Pour définir les différences probables entre cette dépression et la dernière, il est utile de comparer la situation d’aujourd’hui et du début des années 30. L’exercice est tout sauf rassurant.

Faillites d’entreprises

Durant les années 30, les banques, les sociétés d’assurances et les grandes entreprises finirent en nombre au tapis. Les institutions ont payé les conséquences de leur erreurs, aucun filet de sécurité n’existant pour venir à leur rescousse. Seules les sociétés préparées et efficaces survécurent, les autres disparurent.

Aujourd’hui, les institutions financières du monde sont dans une situation pire que durant les années 30, mais aujourd’hui les règles du jeu ont changé. Tout le monde s’attend à ce que le gouvernement « intervienne ». De nombreuses lois sont déjà en place qui non seulement autorisent, mais obligent le gouvernement à intervenir dans de nombreux cas. Cette fois, les erreurs seront mutualisées. Les sociétés fortes, productives et efficaces seront obligées de subsidier leur antithèse. Il est ironique de noter que les sociétés qui tombèrent en faillite durant la dernière dépression le furent en raison de prix trop bas ; cette fois, ce sera parce qu’ils sont devenus trop élevés.

Chômage

Si un travailleur perdait son travail dans les années 30, il devait en trouver un autre le plus vite possible pour manger. Beaucoup de salariés étaient en concurrence pour obtenir les quelques postes disponibles. Les travailleurs étaient donc prêts à travailler plus dur, et pour moins cher, par rapport à avant. Cette baisse des salaires a permis aux employeurs d’embaucher et de ne pas faire faillite.

Aujourd’hui, la plupart des travailleurs disposent d’allocations de chômage durant quelques mois. Après quoi ils peuvent bénéficier d’autres aides sociales lorsqu’ils ne trouvent pas un emploi qui leur convient. Au lieu de prendre le premier emploi qui se présente, beaucoup de travailleurs préfèrent bénéficier des allocations sociales. Pourtant, le salaire minimum empêche l’exploitation des travailleurs. Résultat des courses, le chômage ne baisse pas et les entreprises tombent en faillite.

Allocations sociales

Dans les années 30, en cas de coup dur le travailleur avait très peu d’alternatives si ce n’est compter sur l’aide de sa famille, d’amis ou d’un organisme local (paroisse, Armée du Salut, etc.). Il y avait une certaine honte à demander une telle aide, elle se faisait uniquement en cas de nécessité. Les soupes populaires furent plus des mesures cosmétiques pour calmer la populace. Très peu de gens ont bénéficié d’allocations sociales durant la dernière dépression.

Aujourd’hui, il est difficile de concevoir comment ceux qui travaillent encore vont payer pour les chômeurs. Même aux États-Unis, 50 % de la population bénéficie d’une façon ou d’une autre d’une aide sociale. Mais les food stamps, les allocations familiales, la sécurité sociale et les programmes locaux s’effondrent déjà en temps de prospérité. Lorsque la lame de fond arrivera, ils seront complètement submergés. Il n’y aura pas de soupes populaires parce que les gens qui bénéficieront d’une aide alimentaire iront faire leurs courses au supermarché comme tous ceux qui ont gagné leur argent. (…)

Régulations

Depuis les années 1900, la plupart des économies sont assez lourdement régulées. Ces régulations provoquent des distorsions qui ont exacerbé la gravité de la dernière dépression. Au lieu de favoriser la liquidation de l’économie, le régime Roosevelt a rajouté des tas de règles, déterminant les prix, les salaires, etc. C’est notamment en raison de ces régulations que les problèmes ont perduré jusqu’à la fin de la Seconde Guerre mondiale, qui a sauvé l’économie américaine à travers la réévaluation massive de sa devise. (…)

Le nombre de nouvelles agences gouvernementales créées depuis la dernière dépression a engendré encore plus de distorsions. (…)

Fiscalité

L’impôt sur le revenu a fait son apparition en 1913. En 1929, le taux maximum était de 23,1 % pour les revenus qui dépassaient le million de dollars. Le revenu moyen des familles étaie de 2335 $, ce qui découlait sur une imposition d’un 10e de 1 %. À l’époque, il n’y avait pas de prélèvements pour la sécurité sociale, pas de taxes d’État, pas de TVA, pas de taxes foncières. La plupart des gens ne payaient pas l’impôt sur le revenu car ils gagnaient moins que le minimum requis, ou ils ne prenaient tout simplement pas la peine de les déclarer. Sous Roosevelt, le taux d’imposition moyen est passé de 1,35 à 16,56 %, une augmentation de 1100 %.

Aujourd’hui, tout le monde paye des impôts sur le revenu, ainsi que bien d’autres taxes. Dans la plupart des pays occidentaux, les taxes, directes et indirectes, s’élèvent à plus de 50 %. Pour cette raison, il semble difficile de concevoir une fiscalité beaucoup plus élevée. Mais en raison de l’inflation, on se retrouve plus facilement dans les tranches d’imposition plus élevées. La sévérité de la dépression pourrait être atténuée par l’évasion fiscale grandissante.

Prix

Durant les années 30, les prix chutèrent lourdement car des milliards de dollars se volatilisèrent. Le gouvernement tenta tout de même de faire baisser les prix en massacrant du bétail, en jetant du lait, etc.  (…) La dépression des années 30 fut un effondrement déflationniste. C’est probablement ce qui déstabilise le plus les Américains, qui pensent que dépression = déflation. C’est probablement la plus grosse différence entre la dernière dépression et celle d’aujourd’hui.

Aujourd’hui les prix pourraient baisser, mais le gouvernement dispose de bien plus d’armes pour soutenir l’économie. Il peut renflouer les banques, favoriser le crédit hypothécaire pour doper l’immobilier, etc. Des trillions seront créés pour éviter la déflation. Mais si vous trouvez des pommes à vendre, elles ne seront pas à 5 centimes mais plutôt à 5 $. Les vendeurs de pomme ne seront pas nombreux à cause de la sécurité sociale, tout comme les pommes ne seront pas nombreuses en raison des contrôles des prix instaurés.

Les prix finiront probablement par exploser pour déboucher sur une dépression inflationniste. Dans les années 30, ceux qui possédaient des dollars étaient les rois. Cette fois-ci, ceux qui en possèdent seront laminés.

Société

Le monde rural et les petites villes prédominaient. Les communications étaient lentes, les gens avaient tendance à faire confiance aux médias. Le gouvernement exerçait de fortes pressions morales et les gens avaient tendance à l’écouter. Les gens qui avaient réussi étaient respectés. C’était un environnement plus calme qu’aujourd’hui, ce qui n’a pas empêché des émeutes et des troubles sociaux.

Aujourd’hui, la vie urbaine domine. Même si les communications sont rapides, les contacts sociaux se sont réduits. Les médias sont regardés avec suspicion. Le gouvernement est plus perçu en tant qu’un adversaire qu’un arbitre accepté par la population. Les hommes d’affaires sont perçus en tant que prédateurs sans scrupules qui abusent des faibles.

Une crise financière dans l’environnement actuel pourrait avoir des conséquences explosives dans certains pans de la société. (…)

Marchés financiers

On identifie la dernière dépression à l’effondrement de 90 % de la bourse entre 1929 et 1933. Une obligation sûre était le meilleur investissement possible vu que les taux baissèrent radicalement. Les matières premières chutèrent, laissant des millions de fermiers au stade de la subsistance. L’immobilier fut stable en raison des taxes foncières faibles et de l’absence de crédit hypothécaire sur les propriétés.

Cette fois-ci, les actions et surtout les matières premières devraient exploser alors que les gens tenteront de se débarrasser du dollar qui se déprécie, et surtout de leurs obligations. L’immobilier, avec celles-ci, sera le secteur économique le plus dévasté car personne ne souhaitera prêter de l’argent à long terme alors que l’immobilier dépend des crédits hypothécaires.

Ceux qui investissent comme il avait fallu le faire dans les années 30 seront déçus des résultats. La plus grande similarité, par contre, et que le niveau de vie va baisser spectaculairement. La grande dépression 2.0 a commencé, même si la plupart des gens l’ignorent. (…) »

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nuages noirs

Article de Michael Snyder, publié le 5 janvier 2016 sur ActivistPost.com :

« Le mois de janvier a beau avoir été mauvais pour l’économie mondiale, la vérité est que le reste de l’année promet d’être bien pire. Les licenciements s’accélèrent pour atteindre un rythme plus vu depuis la dernière récession, les grandes chaînes de magasins ferment des centaines de points de vente, les marges des grandes sociétés plongent, le commerce mondial ralentit de façon dramatique et plusieurs banques majeures européennes sont au seuil de l’implosion.

Je vais partager avec vous des chiffres abasourdissants. Chacun d’entre eux pourrait être une source d’inquiétude en soi mais rassemblés aucun doute n’est permis : l’économie mondiale est en crise et les conséquences pour les marchés financiers seront très sérieuses. Les marchés actions américains ont connu leur plus mauvais mois de janvier de ces sept dernières années et si j’ai raison le pire est encore à venir. Voici les 22 signes que les choses ne font que commencer :

  1. Le nombre de licenciements aux États-Unis a explosé de 218 % en janvier 2016 d’après Challenger, Gray & Christmas.
  2. Le Baltic Dry Index vient de nouveau de battre son pire record absolu de l’histoire. Au moment où j’écris cet article, il s’élève à 303.
  3. Les commandes industrielles sont désormais en baisse depuis quatorze mois consécutifs.
  4. En janvier, les commandes pour les camions de classe 8 (les gros camions qui circulent sur les autoroutes américaines) ont chuté de 48 % par rapport à il y a un an.
  5. Le trafic ferroviaire ralentit lui aussi considérablement. Dans le Colorado, des centaines de locomotives sont à l’arrêt sur les rails.
  6. Les marges des entreprises ont culminé durant le 3e trimestre de 2014 mais n’ont cessé de baisser depuis. Cela se produit habituellement lorsque nous sommes à l’aube d’une récession.
  7. La publication de chiffres trimestriels décevants fait baisser les actions les unes après les autres. Lions Gate Entertainement, Tableau Software, YRC Worldwide Share, LinkedIn, etc., ont connu des baisses s’élevant de 5 à 40 %.
  8. Les marchés des obligations risquées poursuivent leur chute à Wall Street. Lundi, le JNK baissait jusqu’à 32,6 et le HYG jusqu’à 77,99.
  9. Jeudi, le journal britannique Express nommait publiquement cinq grandes banques européennes qu’il considère en danger sérieux. À savoir la Deutsche Bank, Crédit Suisse, Santander, Barclays et RBS.
  10. La Deutsche Bank est la plus grosse banque d’Allemagne. Son exposition aux produits dérivés est la plus importante du monde. Malheureusement, les CDS de la DB montrent que la banque est en pleine tempête et qu’une implosion totale est peut-être imminente. La semaine dernière, nous avons appris qu’elle a perdu 6,8 milliards d’euros en 2015. Si vous avez bonne mémoire, je vous avais déjà prévenu dès septembre. La première banque d’Allemagne est dans le pétrin. Elle pourrait devenir le Lehman Brothers européen.
  11. Crédit Suisse vient d’annoncer le licenciement de 4.000 salariés.
  12. Shell vient d’annoncer la suppression de 10.000 emplois.
  13. Caterpillar a annoncé la fermeture de cinq usines et le licenciement de 670 ouvriers.
  14. Yahoo vient d’annoncer une réduction de 15 % de ses effectifs.
  15. Johnson & Johnson vient d’annoncer le licenciement de 3.000 salariés.
  16. Sprint vient de licencier 8 % de son personnel et GoPro va remercier 7 % de ses travailleurs.
  17. Aux quatre coins des États-Unis, les fermetures de magasins s’accélèrent. Par exemple, Wal-Mart va fermer 269 magasins, dont 154 aux États-Unis. K-Mart va fermer une vingtaine de points de vente dans les mois à venir. J.C. Penney va fermer 47 magasins supplémentaires après les 40 fermetures de 2015. Macy’s a décidé de fermer 36 magasins et de licencier environ 2.500 employés. The Gap prépare la fermeture de 175 points de vente en Amérique du Nord. Sears a fermé environ 600 magasins durant les 12 derniers mois, pourtant les ventes ne cessent de chuter parmi les survivants.
  18. D’après le New York Times, les crédits douteux pourraient s’élever jusqu’à 5 trillions de dollars en Chine.
  19. Le Japon vient de mettre en place des taux négatifs dans sa tentative désespérée de doper le crédit.
  20. L’économie mondiale a désespérément besoin d’une hausse du cours du pétrole mais Morgan Stanley ne s’attend pas à revoir le baril de brut à 80 $ avant 2018.

(…) »

Egon von Greyerz

Interview d’Egon von Greyerz de KWN, publié le 31 janvier 2016 :

Les taux négatifs se répandent comme une traînée de poudre

«Eric, 25 % des émissions obligataires gouvernementales de par le monde affichent un rendement négatif. Vendredi matin, la banque du Japon fut la dernière à introduire des taux d’intérêt négatifs. Il y a désormais 13 pays dont les obligations jusqu’à 2 ans affichent des taux négatifs, et même 10 pays dont les taux des obligations jusqu’à 10 ans sont en territoire négatif. Cela fait longtemps que j’affirme que le Japon est en faillite et que les taux négatifs ne pourront pas sauver son économie.

Cette décision ne fera que décourager l’épargne et donc les investissements. La conséquence principale sera l’affaiblissement du yen dans la course vers le fond, et à la première qui atteindra zéro, que se livrent toutes les monnaies. Cette décision du Japon n’est qu’une nouvelle confirmation que la course mondiale à la dévaluation et la création massive de monnaie déboucheront sur l’hyperinflation.

Taux : la Fed à contre-courant ?

Lorsque la Fed a relevé son taux directeur, j’avais dit que l’introduction de taux négatifs aux États-Unis n’était qu’une question de temps. Les marchés sont globalisés : il est donc idiot de croire que les États-Unis peuvent aller à contre-courant du reste du monde. À court terme, nous savons que la Fed se devait de poursuivre sa stratégie afin de sauver la face. Même si la situation économique se détériore rapidement aux États-Unis et dans le reste du monde, la Fed a dû se résoudre à fermer les yeux sur ce qui se passe afin de maintenir une once de confiance chez les investisseurs. (…)

Dans son dernier communiqué, la Fed a déclaré que l’emploi continue de s’améliorer. La Fed porte clairement des lunettes à verres teintés en rose. Les emplois dans les services, à mi-temps et pour les plus de 55 ans sont les seuls créés. Le revenu réel médian des ménages ne cesse de baisser depuis des décennies tandis que le taux de participation à la population active décline depuis 10 ans. Aujourd’hui, 95 millions d’adultes en mesure de travailler sont sans emploi. Je peux difficilement concevoir que quelqu’un puisse parler d’amélioration de l’emploi dans un tel contexte. Il semble que les communiqués de la Fed véhiculent de plus en plus ses espoirs au lieu des faits.

Une menace triple envers les États-Unis

Mais le véritable dilemme des États-Unis est évidemment les soucis de type subprime qui se développent du côté des prêts étudiants, des crédits auto ainsi que de la dette des sociétés de fracturation hydraulique. Rassemblez ces 3 secteurs et vous obtenez des défauts potentiels de plusieurs centaines de milliards de dollars. Avant la fin de ce cycle du crédit, ces montants augmenteront jusqu’à plusieurs trillions de dollars de véritables défauts lorsqu’on inclut les produits dérivés liés à ces marchés.

Effondrement financier total

Je pense que d’ici la prochaine ou la réunion suivante de la Fed, un événement extérieur lui fournira le prétexte nécessaire non seulement pour ne pas poursuivre sur son élan, mais pour en fait rabaisser son taux directeur. Cette décision sera ensuite suivie par un nouveau programme d’assouplissement quantitatif massif à l’échelle mondiale. Les banques centrales n’ont plus aucun autre outil dans leur arsenal pour éviter l’effondrement total du  système financier. Le souci est évidemment le suivant : on ne règle pas un problème de dette de 230 trillions de dollars et de 1,5 quadrillion de dollars de produits dérivés en utilisant des solutions qui sont à l’origine même du problème. La conséquence inéluctable de leur tentative de sauvetage sera la destruction de la valeur de la monnaie et une inflation sans limites.

En parlant de la dette, savez-vous que la dette fédérale américaine a déjà augmenté de 800 milliards de dollars rien que durant les 4 premiers mois de l’année fiscale en cours ? Annualisé, ce déficit représente 2,5 trillions. On ne devrait pas obtenir un tel chiffre en fin d’année. Et si cela devait être le cas, il sera maquillé. Mais tôt ou tard, les déficits budgétaires exploseront de façon exponentielle alors que la planche à billets tourne à cadence infernale.

Les guerres du pétrole

Le monde fait désormais face à une crise très sérieuse, les problèmes émergent aux 4 coins de la planète. La situation géopolitique se détériore chaque jour qui passe. La Libye est un exemple triste de l’échec total des Occidentaux dans leur tentative de « sauver » le monde. Tout d’abord, la Libye a été complètement détruite pour créer une zone d’anarchie géopolitiquement dangereuse. Désormais, les Occidentaux parlent d’intervenir à nouveau en Libye pour empêcher l’EI de prendre le contrôle du pétrole libyen. L’EI a déjà le contrôle de certains champs pétrolifères irakiens. Malheureusement, il n’y a pas de solution à la crise du Moyen-Orient. Un conflit majeur pourrait se déclarer du côté de l’Arabie Saoudite, de l’Iran et de la Syrie. (…)

De nombreux pays qui dépendent du pétrole sont dans le pétrin. L’Azerbaïdjan est désormais en crise alors que les recettes fiscales de ce pays dépendent à 95 % du gaz et du pétrole, qui représentent à eux seuls 40 % du PIB azéri. En décembre, ils ont dû abandonner l’arrimage de leur monnaie au dollar. La devise locale s’est ensuite effondrée d’un tiers. Sur le marché noir, la valeur de la devise de l’Azerbaïdjan s’élève à la moitié du cours officiel. Le change de devises est désormais contrôlé tandis qu’il y a une taxe de 20 % sur l’exportation de devises. (…) Le Venezuela est un autre exemple emblématique alors que l’inflation est attendue à 700 % cette année et que leur obligation de référence est à 27 %. (…)

Les banques en danger

Les investisseurs doivent bien réaliser que la plupart des banques iront au tapis avant la fin de cette crise. Prenons par exemple l’Italie, dans le système bancaire est déjà insolvable. 17 % de tous les crédits italiens (350 milliards d’euros) sont non performants. Ils seront désormais vendus à des investisseurs avec garantie du gouvernement. Qui devra quasi certainement encaisser des pertes sur ces actifs et qui rapprocheront le pays de sa faillite certaine.

Toute somme « prêtée » par un épargnant à sa banque, quel que soit le pays, est en danger. Je pense qu’aucun investisseur ne devrait déposer de sommes conséquentes dans une banque. Cet argent sera soit confisqué dans le cadre d’une opération de sauvetage, soit perdu suite à une faillite ou soit dévalué par la création monétaire. N’oubliez pas non plus que les contrôles des capitaux qui sont désormais mis en place dans de nombreux pays émergents apparaîtront bientôt aux États-Unis et en Europe. À ce moment-là, les investisseurs seront dans l’incapacité de transférer à l’international leur argent, ou au prix d’une taxe, comme c’est le cas en Azerbaïdjan (20 %).

Les gouvernements se préparent à un effondrement financier total

Les gouvernements se préparent en ce moment à un effondrement financier total. C’est pourquoi les investisseurs doivent agir maintenant. (…) Comme je l’ai expliqué, l’or physique est la meilleure façon de s’assurer contre la destruction totale des devises qui aura lieu dans les années à venir. Après un marché haussier long de 12 ans, l’or a connu une phase de correction de 4 ans et demi. Il semblerait que celle-ci soit finie. Fait intéressant à noter, cette période correspond à la durée typique d’un retracement de Fibonacci de 38 %. (…) »

egon von greyerz dans le keiser report

Interview d’Egon von Greyerz du 24 janvier 2016 (KWN) :

« L’implosion déflationniste actuelle des marchés et des matières premières va bientôt se transformer en explosion hyperinflationniste. Le chaos auquel on assiste en ce moment ne surprendra pas vos lecteurs.

Le risque augmente

Cette semaine, Draghi a donné un signal clair quant à la nécessité de réviser la politique monétaire de la BCE d’ici sa prochaine réunion, en mars. Comme Draghi l’a déclaré, le « risque que augmente alors que l’inflation est significativement plus basse qu’attendu».

La crise bancaire s’accélère en Europe, mais qui est en difficulté ?

Soyons honnêtes, les banques centrales se plantent toujours dans leurs prévisions. L’économie du sud de l’Europe s’effondre comme son système financier, et en particulier les banques privées d’Italie, de Grèce, du Portugal et d’Espagne. Les crédits non performants représentent 17 % du PIB en Italie. C’est un chiffre énorme qui n’est pas viable.

La Deutsche Bank !

Le système bancaire européen ne s’est jamais relevé de la crise de 2007-2009. La Deutsche Bank, par exemple, est exposée à hauteur de 97 trillions de dollars sur les produits dérivés, soit 20 fois le PIB allemand. Les marchés actions ont baissé de 20 % en Allemagne depuis novembre 2015, nous devons donc garder un œil sur la Deutsche Bank.

Le revers des marchés mondiaux aura un impact majeur sur la confiance alors que la peur fait son grand retour dans l’économie européenne. La tendance va s’accélérer. Je serai surpris si la BCE attend jusqu’à mars pour lancer un nouveau programme d’assouplissement monétaire. La déconnexion des banques centrales avec la réalité est absolument incroyable.

Mais les actions de la Fed prouvent encore mieux que les banques centrales ne saisissent pas ce qui se trame. Le timing de la hausse des taux américains ne pouvait être pire. La Fed aurait dû commencer il y a 2/3 ans afin d’étrangler la ruée sur les marchés. Au lieu de cela, la Fed a attendu que l’économie bascule pour se décider.

Comme je l’avais dit en décembre, juste après la hausse du taux directeur de la Fed, il n’y aura pas d’autres hausses dans les mois à venir. Bien au contraire, elle va à nouveau baisser ses taux très rapidement ainsi que lancer un nouveau QE. La Fed pourrait bien rejoindre la BCE dans les mois qui viennent dans le club des taux d’intérêt négatifs.

Le plus gros QE mondial de l’histoire

Bientôt, la BCE et la Fed rejoindront les banques centrales du Japon et de Chine dans leurs programmes massifs d’assouplissement quantitatif. Ne perdez pas de vue que depuis le début des années 90, la dette mondiale a été multipliée par 10 pour atteindre 230 trillions. Les QE, à partir de 2016 et au-delà, atteindront au moins cette somme tandis que la bulle d’actifs pesant 1,5 quadrillion de dollars explose.

Le problème est que cette fois, les QE n’auront pas d’effet durable. Rajouter quelques centaines de trillions de dette dans un monde incapable de financer ou de rembourser la dette existante ne peut qu’exacerber une implosion inévitable. Mais avant cela, le monde connaîtra son épisode d’hyperinflation le plus incroyable. Il n’aura évidemment rien à voir avec l’offre ou la demande pour les biens et les services : il sera provoqué par l’effondrement des devises.

La semaine dernière, j’ai montré que l’hyperinflation est déjà en marche dans de nombreux pays comme l’Argentine, le Brésil et la Russie. Lorsque le dollar s’effondrera bientôt, des événements similaires auront lieu aux États-Unis ainsi que dans bien d’autres nations. Durant les 5 dernières années, les banques centrales ont multiplié par 10 la taille de leur bilan en créant 20 trillions de dollars. Cependant, dans les années à venir, leur bilan explosera bien plus que ce facteur 10 et le monde coulera sous le poids de sa dette.

La panique arrive, mais il y a pire

La panique n’a pas encore véritablement gagné les marchés, mais cela devrait arriver cette année, dans une version bien pire que celle de 2007/2009. Ce qui est très inquiétant cette fois est que nous avons déjà des troubles sociaux massifs et des guerres civiles dans de nombreux pays.

La plupart des lecteurs savent que l’or et l’argent physique sont l’une des meilleures façons de protéger son patrimoine de la destruction totale. Savoir si l’or a atteint son plus bas ou pas n’a aucune espèce d’importance. Les métaux précieux sont l’assurance la plus cruciale à posséder durant la prochaine crise financière qui commence à se développer. »

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statue de Mao en or

Après un début d’année catastrophique sur ses marchés qui a engendré le premier mini feu d’artifice financier de l’année, la crise s’accentue en Chine notamment au niveau de la dette et de la réduction inquiétante de ses réserves, englouties pour éteindre les débuts d’incendies. Article de John Rubino, publié le 10 janvier 2016 sur SafeHaven.com :

« Alors que les dirigeants de la Chine découvrent qu’arrimer le yuan au dollar tout en quintuplant leur dette en cinq ans était une erreur colossale, il semblerait qu’ils aient conclu qu’une dévaluation brutale est la seule solution.

Les citoyens chinois, simultanément, attendent avec anxiété l’ouverture des marchés en se répétant ces trois phrases :

  1. Heureusement que j’ai acheté de l’or l’année dernière
  2. Si seulement j’en avais acheté plus l’année dernière
  3. Combien vais-je devoir payer mon or la semaine prochaine

or en yuans

Si la Chine s’oriente vers une dévaluation de 15 %, les conséquences risquent d’être amusantes, même si difficiles à prédire, sur la communauté des spéculateurs investisseurs surleveragés. La seule chose que l’on peut anticiper avec une quasi-certitude, c’est que le graphique ci-dessus sera mis à jour avec un axe des ordonnées bien plus élevé. »

tempête qui approche

Article de John Rubino, publié le 7 janvier 2016 sur SafeHaven.com :

« Ce qui est fascinant avec la crise financière que nous sommes en train de vivre, c’est que les facteurs déclencheurs sont multiples. Contrairement à 2008 lorsque le carnage débuta avec la crise des subprimes américains ou en 2000 lorsque les actions technologiques s’effondrèrent pour entraîner le reste dans leur sillage, cette fois c’est un ensemble de facteurs pas toujours liés qui arrivent simultanément.

La frénésie d’investissements malheureux en Chine a provoqué la chute des matières premières, le dollar surévalué massacre les marchés émergents ( ce qui a d’ailleurs récemment forcé la Chine à dévaluer), la guerre panislamique est montée de plusieurs crans, les actions grossièrement surévaluées sont entrées dans une phase de correction qui n’a que trop tardé, les systèmes politiques des pays développés vacillent alors que l’électorat se détourne des partis dominants afin de résoudre les problèmes d’inégalité, la puissance des grandes entreprises, les aides sociales, l’immigration… Tout ou presque par à vau-l’eau. Pour un exemple édifiant de l’immigration, contemplez la réponse allemande tragico-comique aux femmes de Cologne qui ont été agressées par des hordes de migrants à qui on reproche de ne s’être pas tenues à distance de ces gens…

Cette fois, c’est vraiment différent…

Pourquoi est-il important de se pencher cette fois sur les causes ? Parce que si les crises précédentes ont été « résolues » avec une dose relativement simple de politiques monétaires accommodantes, il est loin d’être acquis que l’éventail varié de menaces qui émergent puisse être réglé de la même façon. Les taux d’intérêt, par exemple, étaient élevés par rapport aux standards actuels lorsque les crises précédentes ont émergé. Cela a permis aux banques centrales de venir à la rescousse des marchés en réduisant fortement leurs taux. Aujourd’hui : ceux-ci sont nuls quasi partout ou même négatifs.  Abaisser les taux aujourd’hui serait une expérimentation et c’est un euphémisme. Les conséquences seraient incertaines surtout les non voulues comme un bank run vidant les banques de leurs dépôts, un nouveau pic déstabilisateur des inégalités alors que les taux négatifs soutiennent les prix des actifs que les riches possèdent tandis que les retraités et les épargnants voient leurs revenus fondre.

Étant donné que la dette a grimpé de 57 trillions de dollars à travers le monde depuis 2008, il est improbable qu’une nouvelle vague de dépenses à crédit soit accueillie avec enthousiasme par les marchés obligataires mondiaux, les marchés des changes ou encore les entrepreneurs. Voici le désormais célèbre graphique de McKinsey :

dette mondiale synthétisée

Des politiques monétaires plus accommodantes n’auront aucun effet sur le déséquilibre entre l’offre et la demande qui règne sur le marché du pétrole et qui ne cesse de grimper. On peut s’attendre à des prix du brut significativement plus bas en 2016 menant à une vague de défauts sur des trillions de dollars d’obligations pourries des secteurs de l’énergie et sur leurs produits dérivés.

En ce qui concerne les cours des actions durant les deux dernières crises : ils ont chuté quasi du jour au lendemain à des niveaux attractifs pour les investisseurs qui s’étaient retirés à temps. Aujourd’hui quasi tous les indices boursiers du monde sont élevés, le crash nécessaire est donc à venir. Il ne fera qu’empirer les troubles existants lorsqu’il aura lieu.

Résultat des courses ? Cette fois-ci, c’est vraiment différent et pas dans le bon sens. La réalité commence à émerger du côté des millions de spéculateurs qui utilisent les effets de levier, des gestionnaires de caisses de pension et de fonds mutuels, des investisseurs individuels et des responsables des banques centrales. En ce moment : ils scrutent tous leurs écrans, lorgnant sur le bouton « vendre », hésitant, consultant leur terminal Bloomberg pour voir combien ils ont perdu durant ces derniers jours. Ils appelent leurs analystes qui les avaient convaincus d’acheter Apple ou Facebook l’année dernière, etc.

Tôt ou tard (demain, la semaine prochaine, dans un mois… en tout cas bientôt) le barrage va céder. Tout le monde vendra en même temps et nous découvrirons alors à quel point les marchés liquides qu’ils connaissaient n’existent plus et que les prix d’hier étaient totalement fantaisistes. Les portes de sortie se fermeront avec fracas. Comme en Chine la nuit dernière lorsque les marchés se sont interrompus pendant un quart d’heure, le monde entier sera coincé avec ses positions créées du temps où les marchés étaient liquides lorsque les banques centrales étaient omnipotentes, les obligations souveraines étaient sans risque et le titre Amazon sur le point d’atteindre les 2000 $.

À ce moment-là, une pensée émergera dans leur esprit : pourquoi n’ai-je pas acheté en masse de l’or quand j’en avais encore l’opportunité ? »