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Croissance américaine

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de la semoule dans la tête

Dans le monde merveilleux des statistiques étatiques, on assiste presque tous les jours à des phénomènes extraordinaires. La publication du chiffre de la croissance américaine du T3 a engendré un nouveau miracle : alors que les ventes de biens durables ont baissé durant cette période d’après le Census Bureau, le Département du Commerce rapporte que ces mêmes ventes ont fait augmenter le PIB de 0,48 % (croissance totale annualisée : 1,5 %). Article de John Crudele, publié par le New York Post le 29 octobre 2015 : 

« La marijuana doit être légale à Washington car les gens du Département du Commerce ont l’air d’en avoir fumé un paquet. Le Département a annoncé jeudi une croissance annualisée de 1,5 %.

Cette croissance pathétique n’est même pas suffisante pour créer suffisamment d’emplois pour les Américains qui rejoignent la population active. C’est aussi plus de 2 fois moins que le chiffre du second trimestre. Mais ce qui est incroyable, c’est comment le Département du Commerce obtient un tel chiffre.

De ce 1,5 %, 0,45 % proviennent de l’augmentation des soins de santé. Autrement dit, les versements obligatoires pour ObamaCare ont représenté un tiers de la croissance du PIB. Sans cette dépense contrainte et forcée, la croissance annualisée ne se serait élevée qu’à 1 %. Mais ce n’est pas tout…

L’augmentation des ventes de biens durables a pesé pour 0,48 % de cette croissance de 1,5 %. Sans cette augmentation, sur les achats de produits comme les voitures, les frigos et les avions, des choses que l’on n’achète pas tous les jours, la croissance annualisée du T3 se serait élevée à 1,02 %. Mais voici ce qui est curieux : les ventes de biens durables sont en chute libre.

+ 2 %, – 3 % et – 1,2 % = positif

Le Census Bureau, qui fait partie du département du commerce, a rapporté plus tôt cette semaine une baisse de 1,2 % des ventes de biens durables en septembre, après la baisse de 3 % du mois d’août. Juillet est le seul autre mois de ce 3e trimestre, durant lequel les ventes de biens durables ont progressé de 2 %.

Mais comment une augmentation de 2 % et des déclins de 3 et 1,2 % permettent d’obtenir une croissance du PIB de 0,48 % durant le T3 ? Je viens de poser la question au Département du Commerce et j’espère qu’il éclaircira ce mystère.

N’oubliez pas que la croissance du PIB est l’un des chiffres les plus importants à considérer par la Fed pour l’augmentation éventuelle des taux. J’espère que Janet Yellen allumera un juin durant la prochaine réunion, car il s’agit de la seule façon de donner un sens à ces chiffres. »

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John Crudele n’est pas le journaliste économique américain le plus connu mais probablement l’un des plus honnêtes des médias mainstream. La plume du New York Post en plus d’avoir les yeux bien en face des trous assène ses vérités avec une pointe d’humour que ne renierait pas ZeroHedge… Jugez plutôt son dernier article sur la croissance américaine :

La Fed Vs le Département du Commerce

Demain sera une journée passionnante car le département du commerce va annoncer à combien il évalue la mauvaise performance de l’économie américaine durant les 3 premiers mois de 2015. Pourquoi est-ce passionnant ? Parce que de nombreux quidams très bien payés vont réaliser à quel point ils se sont plantés dans leurs prédictions.

La Fed d’Atlanta a déjà calculé que le PIB annualisé du premier trimestre sera de 0,1 %. Simplement dit, cela signifie que la croissance économique fut quasiment imperceptible à + 0,025 % durant le premier trimestre 2015. Permettez-moi d’utiliser une image encore plus parlante : si John n’avait pas acheté 2 paquets de chewing-gums à Peoria, nous aurions connu une récession.

Ce sera passionnant si le département du commerce parvient à bidouiller un chiffre qui sera substantiellement différent de celui de la Fed d’Atlanta, qui depuis peu nous tient informés à la semaine de la croissance du PIB.

Son modèle de calcul s’appelle GDPNow (note : et non NowGDP). La question est de savoir si le département du commerce va jouer sur l’inflation pour augmenter la croissance enregistrée. À combien devra s’élever la divergence entre le chiffre de la Fed d’Atlanta et du département du commerce (avec à sa tête un responsable nommé par les politiques) pour que celui-ci perde toute crédibilité ? Va-t-il publier un chiffre plus élevé pour faire plaisir à Wall Street ?

Car Wall Street doit être ajouté à l’équation, vu que ses économistes évaluent la croissance à un chiffre bien plus élevé que celui de GDPNow : 2,1 % annualisés durant le premier trimestre,  (….) contre 0,1 % pour la Fed d’Atlanta. Wells Fargo est la grosse banque qui a émis la prévision la moins optimiste. Mais à 1,1 %, on est encore loin de celle de la Fed d’Atlanta. »

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À l’occasion de cette interview téléphonique avc BFM, Olivier Delamarche montre clairement que le dernier chiffre publié pour la croissance américaine (4 % au second trimestre) est grossièrement falsifié, alors que les composants qui sont censés avoir assuré cette croissance, pris individuellement, ont montré de gros signes de faiblesse.

Il prévoit d’ailleurs une grosse révision à la baisse à la fin du mois d’août.