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Croissance

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explosion du crédit en Chine

La stabilisation de la croissance chinoise a dissipé une partie de l’anxiété qui habitait les investisseurs au début de 2016. Mais il s’agit en partie de la conséquence du recours à une vieille (mauvaise) habitude. Isabelle Mateos y Lago (BlackRock) vous l’explique.

Cette vieille habitude qui a permis la stabilisation de la croissance chinoise, c’est l’octroi généreux de crédits à des entreprises d’État nationales et locales. Le ratio de dette privée par rapport au PIB de la Chine a grimpé pour dépasser les 200%. Jamais une économie d’envergure n’a accumulé autant de dette aussi rapidement, comme le graphique en en-tête le montre.

De par le passé, les orgies de crédits ont souvent mené à des catastrophes économiques. Pourtant, la Chine est différente à certains égards. Grâce à son taux d’épargne domestique important, elle a très peu de dette extérieure, soit le péché originel qui fut l’élément déclencheur de nombreuses crises de pays émergents. Pékin travaille sur des solutions pour régler son problème de dette, par exemple la conversion de dette bancaire à court terme en obligations à long terme ou encore en dirigeant le besoin de crédit vers le secteur privé et les ménages. Mais quoi qu’il en soit, la Chine doit trouver des moteurs de croissance plus durables. Elle ne peut se contenter de créer de la croissance en accumulant de la dette via des entreprises étatiques non productives, ou accepter des taux de croissance inférieurs.

Trouver le bon équilibre est difficile : plus la Chine traîne à attaquer frontalement le problème, plus le risque d’accident augmente.

Des taux qui remontent à travers le monde et un dollar plus fort sont autant de défis additionnels pour la Chine. Ces deux facteurs engendrent des flux sortants de capitaux et épuisent ses réserves alors que la Banque centrale chinoise tente de contenir les pressions baissières sur le yuan. Cela contribue à des taux interbancaires chinois plus élevés, ce qui pourrait entraver la croissance à terme.

Des spéculations affirmant que les autorités pourraient autoriser une dévaluation importante et brutale, et ce, afin d’arrêter les flux des capitaux d’un coup net, pourraient se propager. Ce qui aurait probablement des effets dévastateurs sur les autres devises des marchés émergents et sur les prix des actifs. Nous nous attendons à un déclin graduel supplémentaire du yuan par rapport au dollar en 2017, cette dévaluation brutale n’étant pas notre scénario de base.

Nous sommes à l’affût de tout signe de stress, comme l’accélération de la fuite des capitaux ou des dysfonctionnements sur les marchés à revenu fixe de Chine. Des tensions commerciales en hausse pourraient également intensifier le risque que nous percevons pour la Chine et les actifs des émergents en général.

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Article de Mike Shedlock, publié le 17 octobre 2016 sur son blog MishTalks.com (traduction condensée) :

« Le déficit américain a augmenté de 590 milliards de dollars (durant l’année fiscale précédente), donc on pourrait croire que la dette américaine a augmenté du même montant, ou du moins d’une somme similaire. Pourtant, la dette américaine a augmenté de 1,2 trillion de dollars. Que se passe-t-il ?

Pour faire bref, on parlera de mensonges sur le déficit. Pour être plus précis, on citera de nombreux postes hors budget comme « la sécurité sociale ne compte pas dans le déficit », mais qui pourtant creuse bel et bien la dette.

Lacy Hunt a couvert ce sujet en détail dans la revue trimestrielle 2016 de Hoisington Management :

« De 1956 jusqu’au milieu des années 80, les évolutions de la dette fédérale brute étaient toujours très proches du déficit (graphe 1). Cependant, durant les 30 dernières années le montant de la dette a excédé le déficit à 27 reprises, ce qui a permis de cacher à quel point la situation fiscale fédérale se détériorait. L’énorme différence entre le déficit et la dette de 2016 illustre la nature complexe de la comptabilité gouvernementale. »

Pour mieux comprendre cet écart, j’ai examiné une analyse récente du déficit du budget fédéral de Louis Crandall de Wrightson ICAP :

L’augmentation de la dette est supérieure à 1,2 trillion de dollars tandis que le déficit enregistré est de 524 milliards, ce qui correspond à une différence d’environ 700 milliards. Cet écart peut être expliqué ainsi :

  • 109 milliards de dollars s’expliquent par une modification de la balance du Trésor, une variable bien connue.
  • 270 milliards découlent de l’utilisation de diverses astuces comptables durant l’année fiscale 2015 afin de réduire artificiellement le montant de la dette pour ainsi postposer l’arrivée du plafond de la dette. Ces 270 milliards ne sont donc que la prise en compte de ces transactions, qui ont artificiellement fait baisser la dette en 2015 et qui sont désormais comptabilisées.
  • 93 milliards ont été empruntés par le Trésor pour accorder des crédits étudiants, ce qui est intéressant car les crédits étudiants étant considérés comme des investissements, ils ne sont pas inclus dans le calcul du déficit. Pourtant cet argent a bel et bien été emprunté et la dette augmente (note : et les impayés sur les crédits étudiants ne cessent de monter alors que le recouvrement est plus que laxiste, pour ne pas dire inexistant).
  • Dans la même veine, 70 milliards ont été empruntés par le Trésor pour augmenter les dépenses sur les autoroutes et les systèmes de transit de masse. Ils n’ont pas été inclus dans le déficit même s’ils ont fait augmenter la dette.
  • 75 milliards ont été empruntés pour la sécurité sociale afin de combler le trou entre les contributions et les dépenses de la sécurité sociale, de Medicare et d’Obamacare. Ce qui ne devrait qu’empirer au fil du temps.
  • Et pour conclure, les 82 milliards restants sont composés de dépenses variées et non identifiables.

Déficit et croissance : la théorie et la pratique

Historiquement, la théorie économique affirme que les dépenses publiques dopent la croissance économique par un effet multiplicateur. De ce fait, les dépenses à crédit ont toujours été considérées comme étant positives pour la croissance économique. Si la croissance dure suffisamment longtemps pour créer de l’inflation, les rendements obligataires doivent augmenter selon l’équation d’Irning Fisher.

La recherche académique a cependant démontré que les déficits publics ont un effet multiplicateur qui est en fait négatif, ce qui signifie qu’un dollar de dépense ralentit l’activité économique. L’explication rationnelle derrière ce fait est que le gouvernement doit trouver l’argent, que ce soit via la fiscalité ou le crédit. Ce dollar dépensé est donc retiré au privé.

Une croissance en perte de vitesse

D’un point de vue fiscal et keynésien, on aurait dû connaître en 2016 une accélération de la croissance économique. Aucune crise n’a impacté le budget 2016. Aucun accord majorité/opposition n’a débouché sur l’augmentation du budget militaire ou de dépenses civiles. Cela confirme à nouveau l’existence de ce multiplicateur négatif des dépenses publiques.

Malheureusement, l’horizon économique 2017 présente le risque de voir la dette et les déficits augmenter de concert. Le résultat inéluctable sera une croissance économique plus faible et des taux en baisse, sur base de ce que nous avons connu en 2016. »

« Stimulations fiscales » : entre la théorie et la réalité

Ce qui se passe dans les faits, lorsque l’État augmente ses dépenses, est exactement l’opposé de ce que Paul Krugman, Larry Summers et toutes les banques centrales croient. »

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L’emploi ne se porte pas mal aux États-Unis mais la croissance patine ? Voici peut-être un élément de réponse avec cet article de CNBC.com, publié le 18 octobre 2016 :

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Les jeunes, coulant sous le poids de leurs crédits étudiants, affirment devoir épargner plus

Dans ce climat d’incertitude, de nombreux Américains ont choisi de jouer la carte de la sécurité. De ce fait, presque 2 Américains sur 3 limitent leurs dépenses mensuelles d’après un nouveau rapport de Bankrate.com.

La majorité des personnes interrogées ont cité la nécessité d’épargner plus en tant que raison motivant cette approche plus prudente en ce qui concerne leurs dépenses, alors que 25 % des sondés avancent des revenus qui stagnent. Les motifs les plus fréquemment cités sont ensuite par ordre d’importance des craintes concernant l’économie (15 %) ainsi qu’une dette trop importante (10 %).

« Les Américains limitent enfin leurs dépenses pour une bonne raison, pour épargner, » a déclaré le Chief Financial Analyst de BankRate.com Greg McBride. « C’est la première fois depuis 4 ans que le motif principal cité n’est pas la stagnation des revenus. »

Même si les Américains envisagent d’épargner davantage que durant les années précédentes, l’absence d’un matelas de sécurité en cas d’urgence reste un problème critique pour bon nombre d’entre eux, d’après McBride.

En effet, il y a plus d’Américains qui sont à découvert via leurs cartes de crédit que d’Américains qui disposent d’une épargne en cas d’urgence, toujours d’après BankRate. McBride recommande de constituer une épargne d’au moins 6 mois de dépenses en guise de fonds d’urgence. Seulement 28 % d’Américains disposent de ce bas de laine, d’après une autre étude, tandis qu’ils sont également 28 % à ne disposer d’aucune épargne.

Si on prend l’âge en compte, on remarque que ce sont les jeunes qui sont les plus susceptibles de limiter leurs dépenses en raison de leur besoin d’épargner davantage, a déclaré BankRate. Principalement en raison du lourd fardeau de leur crédit étudiant, les plus anciens des jeunes, âgés de 26 à 35 ans, ont cité en premier « trop de dette » en tant que raison principale, bien plus que les autres tranches d’âge.

Par contre, les Américains de 62 ans ont déclaré limiter leurs dépenses mensuelles en raison de revenus qui stagnent. 1.000 adultes ont été interrogés le mois dernier dans le cadre de ce sondage. »

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Le graphique ci-dessus est éloquent, plusieurs constats peuvent être faits. Cela dit, tous mènent à la même conclusion, à savoir le fait que 2016 est une année où les Etats-Unis sont bel et bien en récession économique, et ce malgré les déclarations du gouvernement américain, qui affirme le contraire. Voyons cela en détail (article de David Haggith, publié le 4 août 2016 sur SafeHaven.com).

Les évolutions du PIB américain indiquent, sur base des tendances historiques, que nous sommes déjà en récession

La ligne rouge sur le graphique représente le PIB actuel des Etats-Unis (1,2 %), tel qu’il est estimé par le Bureau of Economic Analysis (BEA). A ce propos, il est intéressant de noter qu’à peu près à chaque fois que le PIB des Etats-Unis a atteint ce niveau durant les soixante-dix dernières années, l’Etat est entré en récession (voir les zones bleues). En effet, lorsque l’Etat nord-américain n’était pas sur le point d’entrer en récession à ce moment précis – c’est-à-dire lorsque le PIB atteignait 1,2 % –, il l’était déjà, et ce à chaque fois à part dans trois cas exceptionnels. Deux de ces cas s’avèrent être des « exceptions qui confirment la règle générale » :

A seulement deux reprises depuis la Grande récession, les Etats-Unis ne sont pas entrés en récession lorsque leur PIB a été aussi bas. La raison à cela est que, dans les deux cas, la Réserve fédérale a immédiatement – et massivement – injecté des « doses » d’assouplissement quantitatif. Cela étant dit, la Réserve fédérale ne fera pas autant cette fois-ci, si l’on en croit à son discours qui tourne autour d’une augmentation des taux d’intérêt. Un assouplissement quantitatif prouverait en effet que le gouvernement fédéral est inapte à augmenter ces mêmes taux d’intérêt.

Qui plus est, le graphique nous rappelle quelque chose dont nous sommes tous conscients : si l’on se fie à la fréquence moyenne entre les récessions, les Etats-Unis sont voués à entrer en récession en 2016.

Une observation encore plus intéressante à noter concerne le déclin général sur le long terme de la croissance économique des Etats-Unis. Soixante-dix années plus tôt, ils sont sortis de la récession avec un taux de 12 % de croissance en termes de PIB. Durant les trente années suivantes, ils sont sortis des récessions avec une croissance qui tourne autour de 8 %. Lors des vingt années après cela, le mieux que les Etats-Unis pouvaient espérer était une croissance autour de 4 %. Enfin, concernant la dernière décennie, les plus hauts pics que l’Etat nord-américain a pu atteindre en termes de croissance économique, furent autour de 3 %.

Le déclin de la croissance du PIB pourrait être expliqué, du moins partie, par le fait qu’il est difficile d’arriver à un pourcentage dont la croissance augmente aussi vite que le PIB en soi. En guise d’exemple, il est plus facile de doubler votre vitesse sur un laps de dix kilomètres par heure que sur un laps de cinquante kilomètres par heure.

Toutefois, en voyant comment la dette nationale américaine s’est accumulée, tout cela reflète aussi comment la capacité des Etats-Unis à générer de la croissance a diminué significativement, en raison notamment de toute la charge économique que l’Etat doit transporter.

L’on pourrait également blâmer les régulations ascendantes, mais il y a une chose particulière que vous ne pourriez pas blâmer… et il s’agit des impôts. Le fait est que nous avons atteint des taux de croissance bien plus élevés par le passé, et ce lorsque les impôts entrants (en particulier les impôts sur les gains en capital) étaient, eux aussi, bien plus élevés (qu’il s’agisse des impôts corporatifs ou individuels). En ce sens, le déclin de la croissance ne peut certainement pas être imputé aux impôts élevés, juste parce qu’ils sont élevés.

Constater que la diminution des taxes et impôts n’a pas fait grand-chose pour booster la croissance des Etats-Unis, c’est certainement quelque chose qui va irriter bon nombre d’entre nous. Cela dit, l’on peut clairement affirmer que diminuer ou tout simplement supprimer les impôts, ne va pas sauver l’économie américaine. Il y a d’autres problèmes sérieux qui ne peuvent pas être résolus avec une simple diminution – ou suppression – des impôts.

L’on ne pourrait pas non plus blâmer le libre-échange pour les problèmes de croissance, car les pires déclins en termes de croissance sont arrivés bien avant l’avènement du libre-échange. Toutefois, en retournant la question, certains pourraient très bien dire que le libre-échange n’a pas réellement boosté le taux de croissance américain, tout comme les impôts bas ne l’ont pas fait non plus.

Tout cela étant dit, la chose la plus cohérente que l’on peut blâmer pour le déclin de la croissance, c’est bel et bien le gouffre de la dette nationale qui a miné l’économie américaine. En effet, l’Etat et les entreprises ont tenté de faire croître la croissance économique sans avoir à payer pour cela. En d’autres termes, ils ont élargi la dette aux mauvais moments pour créer un stimulus de croissance, mais ils n’ont jamais remboursé cette dette aux bons moments.

Indépendamment de la cause de ce déclin, nous sommes arrivés à un moment où la croissance des Etats-Unis est tellement basse, que nous avons besoin d’un stimulus extraordinaire pour garder la tête au-dessus de l’eau. Et même si les Etats-Unis ne sont pas entrés en récession à chaque fois qu’ils ont atteint un niveau du PIB aussi bas (nous avons mentionné les trois exceptions, dans deux d’entre elles la récession ayant été évitée avec des mesures draconiennes), chaque récession des Etats-Unis lors des soixante-dix dernières années a eu lieu au moment – ou juste avant – que son PIB arrive au niveau actuel. Et il est bien question de toutes les récessions !

La récession de 2016 se déploie

Les récessions ne deviennent officielles que lorsqu’elles sont annoncées comme telles, et non pas quand elles commencent. Par définition, une récession ne devient officielle qu’à l’issue de deux trimestres consécutifs de déclin du PIB. Qui plus est, les récessions ne sont habituellement pas déclarées avant que les chiffres ne soient révisés, et, en règle générale, tous les gouvernements semblent optimistes avant cette révision.

Par conséquent, les récessions sont reconnues à peu sept mois après leurs débuts. Souvent même, elles ne sont reconnues qu’un an après ceux-ci. Dans l’imaginaire commun, nous ne sommes pas en récession tant que celle-ci n’a pas été officiellement annoncée.

Néanmoins, l’on peut dire que nous sommes actuellement en récession, et il s’agit d’une grande récession. Et même si le graphique montre clairement que la première période d’assouplissement quantitatif a sorti les Etats-Unis du ventre de la Grande récession, et donc de la ligne rouge de la récession, il montre également que l’Etat nord-américain est retourné en dessous de la ligne rouge dès que le tour d’assouplissement quantitatif (AQ) a pris fin. L’économie américaine a par conséquent besoin d’une autre injection d’assouplissement. En d’autres termes, cette dernière a atteint le niveau critique à chaque fois que le stimulus économique a pris fin. L’on peut dire que sans stimulus, l’économie américaine végète dans un état de perpétuelle récession : elle est, en réalité, un mort-vivant.

Notez comment la ligne de croissance titube vers le haut au cours de la dernière période d’AQ. C’est parce que cette période a été une injection d’argent frais (une nouvelle injection tous les mois pour une période de deux ans).

Remarquez aussi comment les Etats-Unis ont maintenu un mouvement descendant et stable vers la ligne rouge après que le dernier cycle d’assouplissement quantitatif continu (AQ3) ait pris fin à l’automne 2014.

L’économie américaine a été maintenue marginalement en vie seulement grâce à une série de stimulus, dont elle est devenue tout simplement dépendante. Ce graphique le démontre d’ailleurs très bien.

Cette même économie a fait l’objet de doses de stimulus répétées au travers de la plus grande impression d’argent dans l’histoire du monde, et ce aux taux d’intérêt les plus bas jamais connus, applicables et appliqués par les banques centrales à travers le monde entier, juste pour maintenir artificiellement le patient en vie depuis la Grande récession.

Une fois ce traitement fini, nous découvrirons en réalité à quel point le patient est mort, tout en s’enfonçant en direction du ventre de la Grande récession. Ce graphique montre clairement qu’à chaque fois que l’AQ prend fin, nous sombrons aussi vite vers les niveaux de croissance que l’on associe aux récessions. Mais cette fois-ci, il n’y aura pas d’assouplissement quantitatif pour nous sauver.

Cela ne veut pas dire pour autant que, une fois de retour en dessous de la ligne rouge, comme c’est le cas actuellement, la Réserve fédérale ne lancera pas un programme massif de relance, juste pour garder le patient un tant soit peu en vie ; mais il faut dire que la prochaine période d’AQ viendra trop tard et qu’aucun montant ne sera suffisant pour faire le travail.

Les économistes contemporains : les dinosaures les plus bêtes à avoir parcouru la Terre

Les économistes contemporains ne sont pas capables de voir une récession qui arrive, et ce même quand elle leur saute aux yeux.

En effet, ils [on inclut ici les économistes de la Réserve fédérale et du gouvernement, bien évidemment]ont arrêté de croire dans les lois économiques, et ce depuis de longues années. Ils vivent dans des mondes imaginaires et, en ce faisant, ils créent des économies de merveilles qui fonctionnent à l’envers.

Dans l’histoire du monde, il n’y a jamais eu un nombre aussi conséquent de personnes intelligentes, qui restent pourtant constamment muettes dans le domaine de leur propre expertise, et qui sont en plus constamment récompensées pour ce faire.

Ce graphique est une illustration claire de la faillite totale ayant résulté de la croyance économique moderne en une économie basée sur la dette. L’on peut même dire que c’est un témoignage de l’échec ayant résulté de la foi religieuse des économistes de relance en la banque centrale, ainsi que de leur refus de croire en l’ancienne loi éprouvée des rendements décroissants.

La vitesse à laquelle les bénéfices des relances ont diminué au cours des dernières décennies, alors même que l’ampleur du stimulus a augmenté de façon exponentielle, montre clairement que la prochaine injection (d’argent à des taux d’intérêt négatifs) sera en réalité l’injection la plus massive que le monde ait connue. Pourtant, elle ne sera suffisante que pour envoyer le patient dans un état comateux au bord de la ligne rouge. La prochaine dose de stimulus pourrait peut-être remuer brièvement le rythme cardiaque du patient, mais, en réalité, elle le tuera définitivement.

2016, l’année de l’« Apocalypse économique »

Voilà pourquoi nous pouvons appeler 2016 l’année de l’« Apocalypse économique » : cette année où nous sombrerons de nouveau dans le ventre de la Grande dépression. Ce sera l’année où les plus grandes injections de relance ne nous permettront que de garder la tête au-dessus de l’eau, et ce juste le temps de voir les prochaines élections arriver.

Tout le monde au sein du gouvernement (démocrates et républicains … ainsi que le jeton socialiste) fera tout pour « réparer » brièvement l’économie, afin de s’assurer que Donald Trump ne sera pas élu.

Si Trump se fait élire, les sorciers des fausses finances abandonneront la bataille le lendemain de l’élection, et alors tout l’enfer atterrira sur l’économie américaine. Cela dit, ce sera peut-être une bonne chose pour certains de ces économistes, car ils vont essayer d’utiliser Trump comme boucé missaire, afin d’imputer leur échec à la panique que son élection aura causée. Dans le pire des cas, le gouvernement perdra tout contrôle sur l’économie avant même l’élection, car même les pires sorcelleries pourraient ne pas maintenir la marche de l’économie de zombies actuelle.

Au risque de nous répéter, ce graphique est une preuve très cohérente de la baisse des rendements, pourtant dans un contexte d’efforts exceptionnels. Qui plus est, il démontre malheureusement que l’économie américaine se dirige sans relâche vers le ventre du deuxième tour de la Grande récession.

« Le rétablissement » du gouvernement et de la Réserve fédérale est entièrement artificiel et insoutenable. Tout économiste qui manifeste un tel mépris flamboyant pour les vrais économiques (c’est-à-dire tout économiste qui croit en une économie basée sur la dette) a une courge en guise de tête. En effet, ce graphique témoigne clairement de la faillite d’une économie dont les fondations reposent sur la dette. Malheureusement, nombreux sont ceux et celles qui détournent les yeux face à cette réalité.

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Alan Greenspan

Article de Fox Business, publié le 26 mai 2016 :

« L’ancien président de la Fed Alan Greenspan lance un avertissement grave à propos de l’économie. À l’occasion d’une interview exclusive accordée à FOX Business, il a déclaré à Neil Cavuto que les États-Unis ont « un problème global de manque de croissance de la productivité » et se dirigent vers un désastre.

« Ce que la Fed fait durant cette étape particulière est moins important que ce que font les marchés. Or, ceci nous montre pour la première fois depuis longtemps une accélération de l’offre monétaire. Nous avons un problème global de croissance de la productivité. Cela ne concerne pas que les États-Unis, il s’agit d’un problème mondial qui est provoqué par le fait que les populations du monde occidental, par exemple, vieillissent et n’allouent pas suffisamment de ressources pour financer la croissance, » a-t-il ajouté.

Greenspan a déclaré que le plus grand défi du pays et de l’économie mondiale est la croissance économique à long terme.

« Notre problème n’est pas la récession, qui est un souci économique à court terme. Je pense que nous avons un problème de croissance économique à long terme très profond alors que les populations occidentales sont engagées dans une large transition du statut de travailleur à celui de bénéficiaire d’allocations sociales, comme on les appelle. Tout ceci est prévu dans la législation de ces pays. L’ampleur de ces aides n’est pas du tout proportionnée à la croissance de l’activité économique. Si nous restons aux environs des 2 % de croissance aux États-Unis et ailleurs, nous ne serons pas en mesure de financer quelque chose que nous sommes déjà obligés de payer légalement, » a-t-il déclaré.

David Stockman, ancien directeur du budget de Reagan, a déclaré mercredi à Neil Cavuto que les États-Unis pourraient être à l’aube d’un effondrement des marchés, mais Greenspan pense qu’un tel événement pourrait ne « même pas être nécessaire ».

« Depuis 1975, la somme de l’épargne domestique brute et des allocations sociales en tant que pourcentage du PIB est remarquablement stable, ce qui signifie que depuis environ 1965 nous avons connu un transfert quasi parfait entre la baisse de l’épargne et la croissance des avantages sociaux. Et cela malgré le fait que nous empruntons l’épargne étrangère, le taux d’investissement en tant que pourcentage du PIB poursuit sa baisse, » a-t-il déclaré. (…) »

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famille nombreuse

Mesures de compétitivité, protectionnisme, mesures d’aides à l’emploi… les politiciens et les économistes ne cessent de vouloir faire appel aux recettes du passé pour redresser l’économie alors que nous sommes dans un environnement démographique qui a complètement bouleversé les règles du jeu. Et si nous étions entrés dans une période de décroissance structurelle en raison des bouleversements démographiques engendrés par la baisse de la natalité et l’augmentation de l’espérance de vie ? C’est le constat sans appel qui ressort de l’analyse des tendances démographiques mondiales de ces 4 dernières décennies, qui dégage également une corrélation entre chute démographique et baisse des taux. Article de Chris Hamilton, publié le 24 avril 2016 sur le blog Econimica : 

« Étrangement, la planète souffre de 2 tendances de prime abord opposées : la surpopulation et la dépopulation. La surpopulation des tranches âgées est provoquée par l’espérance de vie en hausse tandis que la dépopulation frappe les jeunes en raison de la baisse de la natalité. La dépopulation frappe particulièrement les moins de 25 ans (à l’exception de l’Afrique) mais est également visible chez les moins de 45 ans.

Les personnes âgées vivent des décennies plus longtemps que la génération précédente, mais leurs enfants adultes procréent beaucoup moins. Ces facteurs vont bouleverser l’économie de façon jamais vue dans l’histoire de l’humanité. Aucun modèle ne prend en compte la baisse de la population jeune, donc de l’épargne, de revenus et d’opportunités d’emploi par rapport à l’augmentation massive des retraités dont la majorité dépend des aides sociales de l’État ou de leur caisse de retraite sous-financée. Des centaines de raisons peuvent expliquer cette dépopulation chez les jeunes et cette surpopulation chez les « vieux », mais ce n’est pas l’objet de cet article. Il se concentre sur ces faits et leurs conséquences.

Schématiquement et économiquement parlant, chaque personne est une unité de consommation. Plus les individus sont nombreux, plus le pouvoir d’achat est important et plus la croissance de la consommation est élevée. Donc, pour mesurer la croissance économique (la croissance de la consommation engendre la croissance économique), il faut multiplier la population par le pouvoir d’achat (revenus et épargne) par habitant. En ce qui concerne les salaires, je pense qu’ils stagnent vu que leur faible progression est annulée par l’inflation. Bien sûr, un autre levier existe, le crédit, et les banques centrales l’actionnent avec leurs politiques de taux plancher afin de doper la consommation dans un contexte de stagnation démographique (les transferts via les programmes sociaux sont un autre levier pour doper la consommation ; je me contenterai de le citer).

De la surpopulation à la dépopulation : les détails

Ci-dessous, vous pouvez voir la croissance démographique parmi les nations de l’OCDE (1,3 milliards de personnes), les BRICS (3,4 milliards de personnes) et le reste du monde (environ 3 milliards de personnes). Ce qu’il faut retenir : la croissance démographique a connu son pic en 1988 et ne cesse de décélérer depuis. La croissance démographique s’est déplacée des BRICS au reste du monde.

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Ci-dessous, les changements annuels de population VS les changements de population chez les moins de 45 ans des nations de l’OCDE, des BRICS et du reste du monde. Ce qui devrait être clair :

  1. La croissance de la population de moins de 45 ans a chuté de près de 60 % et a abaissé de 44 millions par an depuis le pic.
  2. La croissance démographique chez les moins de 45 ans a lieu parmi les nations les plus pauvres du reste du monde.

La croissance s’est déplacé des pays moyennement riches aux nations pauvres. Les gens qui possèdent peu d’épargne, des revenus limités et n’ont pas ou peu accès au crédit ne peuvent consommer beaucoup. Les retraités, qui sont moins actifs et réfractaires au crédit, ne consommeront pas beaucoup. Clairement, l’impact de ces changements démographiques sur la croissance devrait être compris.

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Croissance annuelle de la population par PIB par habitant. Le PIB par habitant est d’environ 40.000 $ dans les pays de l’OCDE, de 15.000 $ dans les pays des BRICS et de 8000 $ dans le reste du monde. La croissance annuelle de la consommation a connu son pic en 1989 ne cesse de tomber depuis…

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Croissance de la population des 0-64 ans VS dette

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Variations annuelles des 0-5 ans et plus de 75 ans

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Croissance de la population des 20-59 ans aux États-Unis VS taux directeur américain VS dette du gouvernement

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Évolution de la population des 20 59 ans au Japon VS taux d’intérêt VS dette du gouvernement

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Évolution de la population de 20-59 ans en Allemagne VS ratio dette/PIB

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Évolution annuelle de la population des 20 59 ans en Chine VS taux d’intérêt VS dette chinoise

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Conclusions

Un système économique et financier basé sur la croissance perpétuelle n’est pas viable. L’inévitable décélération de la croissance démographique fut l’élément déclencheur qui a poussé les banquiers centraux à rendre le crédit encore meilleur marché. Ces taux d’intérêt planchers ont engendré des niveaux de consommation non viables qui ont entraîné la création de surcapacité qui exige à son tour des taux encore plus bas. Mais les taux négatifs ou zéro se situent en dehors des frontières du capitalisme (un marché qui s’attaque au capital ne peut être qualifié de capitaliste !). (…)

La croissance démographique qui se mue en déclin de la population bouleversera complètement les règles du jeu. Des rangs stagnants ou en baisse d’acheteurs et de consommateurs face à des armées de retraités sont un problème qui ne présente aucune solution sans douleur. (…)

Je pense que cette analyse démographique est le bon angle pour appréhender et comprendre cette baisse incessante de la croissance, pourquoi la diminution de la demande et la suroffre en matières premières va s’accélérer, pourquoi la valeur des obligations continue de grimper malgré la quasi absence d’acheteurs, pourquoi les actions sont à acheter (uniquement pour de mauvaises raisons) et pourquoi les cours des métaux précieux sont extrêmement suspects en vertu de ce massacre monétaire. »

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Article de RT.com, publié le 5 avril 2016 : 

« Sur fond de crainte de ralentissement économique mondial et de sortie de l’Union européenne de la Grande-Bretagne, la plupart des indicateurs pointent vers une performance médiocre des économies majeures européennes durant le premier trimestre 2016.

L’objectif d’inflation de la BCE se trouve en dessous de 2 %, mais les dernières données pour mars font état d’une légère déflation, de -0,1 %.

« Sans les stimulations monétaires de la BCE, je pense que les choses auraient été bien pires. C’est très certainement la preuve que la zone euro se trouve toujours dans un environnement déflationniste, » a déclaré Jennifer McKeown, économiste senior Europe chez Capital Economics, dans un entretien accordé à Reuters, dans lequel elle a également précisé que les ménages pourraient reporter leurs achats.

Le PMI du bloc s’est à peine amélioré par rapport aux chiffres enregistrés en février, les plus bas depuis 13 mois, passant de 53 à 53,1 d’après Markit Economics.

Le PMI français a quant à lui baissé, passant de 51,2 à 49,9. Celui de l’Allemagne a baissé de 54,1 à 54 tandis que celui de l’Italie est passé de 53,9 à 51,2. Le PMI de la Grande-Bretagne suggère une croissance de 0,4 % durant le T1 2016, en baisse par rapport aux 0,6 % du T4 2015.

PMI-Europe

Les sociétés reportent leurs investissements en raison des incertitudes planant sur le Brexit, le ralentissement de l’économie chinoise ainsi que son rééquilibrage. (…)

La directrice du FMI, Christine Lagarde, a exhorté les gouvernements à se focaliser sur la croissance : toute inaction ne fera que renforcer le risque d’aggravation de la situation. »

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Article de David Stockman, publié le 11 mars 2016 sur DailyReckoning.com :

« Oui, cet homme est fou à lier, tout comme l’ensemble de la classe politique de la zone euro. Comme la plupart des officiels du monde entier, la BCE essaie de combattre la faible croissance et l’inflation basse avec de la nitroglycérine monétaire. Ce n’est qu’une question de temps avant qu’ils provoquent l’explosion du système financier.

Ce n’est pas le taux d’intérêt de référence de la BCE à -0,3 ou – 0,4 % qui va remédier au problème de la basse croissance réelle du PIB de la zone euro ou de la faible inflation. Ni non plus un QE de 80 milliards d’euros au lieu de 60. Le seul motif de ces interventions financières lourdes est de faire baisser le coût du crédit pour les ménages et les entreprises.

Le cycle d’expansion du crédit en bout de course

Mais voici ce que notre idiot de Mario ne comprend pas : le secteur privé européen ne souhaite pas s’endetter davantage. Il est déjà embourbé dans le crédit jusqu’à la garde, cela dure en fait depuis près de 10 ans.

Le problème de la croissance en Europe est provoqué par les excès d’aides sociales, de taxes et de règlements, pas par la faiblesse du crédit privé. Ces problèmes doivent être résolus par la politique fiscale des politiciens élus, pas par les apparatchiks de la banque centrale.

Comme indiqué sur le graphique ci-dessous, le secteur privé de la zone euro a connu son dernier round de frénésie d’emprunt entre l’arrivée de la monnaie unique et 2008. Les dettes dues ont progressé annuellement de 7,5 %. Mais depuis, le secteur privé européen a décidé volontairement de stopper son ascension du Pic de la Dette.

Les montants dus se sont stabilisés durant les 8 dernières années, et ce malgré les mesures allant crescendo de répression des taux de la BCE qui ont fini par pousser les taux de marché dans l’enfer des taux négatifs.

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Ce ne sont pas non plus les achats obligataires d’environ 700 milliards d’euros des QE qui y ont changé quoi que ce soit. Les crédits bancaires en cours du secteur privé s’élevaient à 10,24 trillions d’euros fin janvier, soit exactement la même somme qu’en mars 2015, lorsque Draghi et sa joyeuse bande de créateurs de monnaie décidèrent d’y aller plein pot.

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De même, il est évident que la basse inflation n’est pas un problème, et qu’en tout état de cause elle n’est pas provoquée par un déficit de création monétaire, ou des taux insuffisamment baissés par la BCE. Le répit dont bénéficie la BCE par rapport à son taux annuel normal d’inflation de 1-2 % s’explique par la conjonction de la baisse des prix du pétrole, des matières premières, de l’acier, etc.

Cette vague bienvenue de déflation importée, par contre, améliore la balance commerciale de la zone euro tout en augmentant le niveau de vie des citoyens. Ces améliorations n’ont cependant rien à voir avec ce que la BCE a fait l’année dernière, ou durant ces 4 dernières années.

En fait, la déflation mondiale est la conséquence de mauvais investissements massifs dans les secteurs minier, de l’énergie, de l’industrie, des transports et de la distribution. Ceux-ci ont été causés par la frénésie de crédit de ces 20 dernières années, rendue possible par les assouplissements monétaires à répétition des banques centrales. Une dette incrémentale de 185 trillions de dollars, équivalant à presque 4 fois la croissance que nous avons connue durant cette période, a détruit la capacité du monde d’investir et de créer de la croissance organique.

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L’excès de capacité que l’on retrouve aux 4 coins de la planète compresse également les prix, les marges et les profits. Ce sont la Chine et les marchés émergeant qui sont touchés le plus, tandis que les machines perfectionnées, la haute technologie et les produits de luxe sont également affectés, ce qui impacte l’Allemagne et d’autres bastions des exportations européennes.

Il va cependant sans dire que le nouveau round de charlatanisme monétaire de la BCE n’aura aucun impact sur les importations de produits européens de la Chine et des émergents. Draghi n’est pas parvenu à affaiblir l’euro, mais cela n’aurait eu de toute façon aucune importance. Le taux de change n’est pas le frein, la saturation des investissements sur les marchés étrangers qui n’ont plus la capacité d’emprunter est le vrai problème.

Quoi qu’il arrive, la déflation mondiale est une véritable aubaine pour les salariés de la zone euro et les consommateurs vu que l’Europe importe énormément d’énergie et de matières premières. (…)

2 % d’inflation… Pourquoi ?

La vérité est que l’intégralité du gambit anti-déflation des banques centrales repose sur un épouvantail qu’ils ont créé. À savoir le principe complètement bidon qu’une inflation de 2 % est l’élixir magique de la performance économique. Pourtant, rien ne le prouve. Malgré tout, c’est devenu une norme suivie religieusement.

De plus, depuis la création de l’euro en 1999, l’indice harmonisé des prix à la consommation sans l’énergie a augmenté de 1,57 % par an. Pendant les 8 années qui ont suivi la crise de 2008, il a augmenté de 1,21 %. Et, suite à la baisse des prix des matières premières et des autres importations autres qu’énergétiques, l’index est en hausse de 1,01 % sur l’année se terminant en janvier.

Soyons sérieux. Y a-t-il un iota de logique économique ou de bon sens qui pourrait suggérer que 36 points de base, ou même une déviation de 56 points de base dans le second cas, d’une tendance lourde pourrait provoquer la chute de l’économie de la zone euro, pesant 13 trillions de dollars, dans une espèce de trou noir macro-économique ? Une catastrophe telle que le seul remède consiste en un assaut criminel sur les épargnants et en une aubaine pour les spéculateurs ?

On peut aujourd’hui clamer haut et fort que la BCE et les autres banquiers centraux se sont tellement enfoncés dans le terrier du lapin qu’ils ont perdu tout contact avec le bon sens. Ils se prennent la tête avec des décimales microscopiques de taux d’inflation qui n’ont strictement rien à voir avec la prospérité économique de la zone euro. (…) »

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Bon nombre d’analystes économiques s’accordent, même dans les médias mainstream, pour dire que la décision de la Fed concernant le relèvement de son taux directeur s’est faite à contre-courant. Que la Fed ait relevé ses taux pour donner l’illusion de la confiance ou en croyant vraiment que le moment était opportun ne change pas grand-chose au problème : l’économie est bel et bien en train de se détériorer.

Première « surprise » l’indicateur GDPNow de la Fed d’Atlanta, une mesure bien plus fiable que le consensus pour estimer la croissance américaine en temps réel. Après avoir évolué en dents de scie durant tout le mois de décembre (de 1,4 à 2,9 %), il a subitement chuté à 1,3 % le 23 décembre dernier pour atteindre son plus bas depuis le début du mois en raison de la mauvaise performance du marché immobilier US.

2e surprise : l’index de la surprise économique de Citi. Un indicateur qui semble suggérer que la situation se détériore, malgré l’optimisme ambiant comme l’explique Michael Ashton dans son article :

«  Certains trouveront curieux le fait de publier un article le 23 décembre mais j’ai remarqué quelque chose d’inhabituel que je voulais partager. Hier, je me suis penché sur les indicateurs économiques qui ont tendance à faiblir et même si certains commentateurs sont optimistes pour 2016 je n’en fais pas partie. En fait, on dirait que cet optimisme déplacé ne concerne pas que 2016 mais aussi cette année.

L’index de la surprise économique de Citi est une compilation intéressante de données qui évalue la différence entre les attentes du consensus et le verdict des chiffres. Lorsque ceux-ci sont inférieurs aux attentes, l’index décline et lorsque les chiffres battent les prévisions, l’index grimpe. Un index faible ne signifie pas que l’économie ralentit mais que les mauvaises surprises augmentent. C’est pour cette raison que j’ai toujours eu un peu de mal à exploiter cet outil. L’index grimpe-t-il parce que les conditions économiques s’améliorent ou parce que les économistes sont trop pessimistes ? Baisse-t-il parce que la situation économique empire ou parce que les économistes sont trop optimistes ? C’est difficile à dire.

Cela dit, voici comment cet index a évolué durant ces trois dernières années (source Bloomberg) :

index-surprise-economique-citi-2015

Rien à voir et circulez, pensez-vous ? Eh bien, jetez plutôt un œil à ceci ! Ci-dessous,  voici le pourcentage de temps durant lequel l’index fut positif au cours de l’année en question :

  • 2003      57%
  • 2004      49%
  • 2005      68%
  • 2006      43%
  • 2007      57%
  • 2008      36%
  • 2009      67%
  • 2010      56%
  • 2011      54%
  • 2012      63%
  • 2013      61%
  • 2014      54%
  • 2015      8%

Comme ils diraient dans l’émission Mythbusters, voilà un résultat probant. Je ne suis pas sûr de l’interprétation à donner, de savoir pourquoi les chiffres économiques ont tellement déçu en 2015 au point de propulser l’’index de la surprise économique de Citi en territoire négatif durant 92 % de l’année. (…)

Je suis enclin à penser que cela représente l’optimisme des économistes, leur confiance envers la Fed et la croyance que le relèvement des taux est une réponse à l’amélioration de l’économie. J’ajouterai qu’il s’agit d’un optimisme injustifié, irrationnel et presque psychotique vu la fiabilité des prévisions économiques de la Fed. (…) »

pib américain exprimé en dollars

Article d’Hubert Moolman, publié le 13 octobre 2015 sur SafeHaven.com : 

« L’or est et reste la meilleure unité de mesure économique. Ce n’est pas un outil parfait mais c’est le meilleur. En raison de ses propriétés monétaires, l’or peut être utilisé pour mesurer la richesse à travers les âges.

Tout comme nous utilisons le soleil et la lune pour mesurer le temps, je pense que l’or sert à mesurer les variations de richesse. Il est d’ailleurs intéressant que le soleil est souvent comparé à l’or tandis que la lune est comparée à l’argent. Tout comme une journée d’aujourd’hui ou du Moyen Âge comporte 24 heures, le pouvoir d’achat d’une once d’or est comparable à travers les âges.

Actuellement, nous utilisons l’argent papier, comme le dollar, en tant que mesure économique. Cependant, cela crée d’énormes distorsions vu la haute instabilité de l’argent papier. Imaginez comment nous ferions sans les cycles du soleil et de la lune ? (…)

L’or est un étalon plus fiable que le dollar

En utilisant une mesure très peu fiable comme le dollar américain, notre capacité à prendre les bonnes décisions économiques est sévèrement handicapée vu que nous, les citoyens lambda, éprouvons des difficultés à faire la distinction entre les augmentations réelles de richesse ou les baisses par exemple. Cela engendre de mauvais investissements et des dépressions économiques sévères.

Lorsque vous observez le graphique de la progression du PIB américain en dollars, il montre que l’économie américaine connaît une croissance presque régulière. Voir le graphique ci-dessus du PIB ajusté à l’inflation.

La performance économique mesurée en or dresse un tableau bien différent

D’après celui-ci, l’économie américaine serait 8 fois plus importante qu’en 1947. Pourtant, si on mesure le PIB américain en or… Voir ci-dessous, le PIB exprimé en milliards de grammes d’or.

pib américain exprimé en or

Celui-ci montre que le PIB est sur une pente descendante sévère depuis 2001. Il montre également que le PIB est 2 fois plus important qu’en 1947. En fait, il indique même que nous pourrions atteindre les niveaux de la Grande dépression, ou pire.

Le même constat est valable pour les salaires. Lorsque vous observez tout graphique concernant les salaires américains exprimés en dollars, on a l’impression qu’ils ne font qu’augmenter. (…) Voici pourtant 2 graphiques  concernant les salaires dont les niveaux sont exprimés en or (salaire minimum national et salaire horaire des ouvriers) :

salaire-minimum-or salaire-ouvrier-or

Une fois de plus, ces graphiques utilisant l’or comme étalon racontent une tout autre histoire. Les salaires sont presque au plus bas depuis les 7 dernières décennies.

L’or signale un changement imminent d’ordre monétaire

L’or nous permet en étudiant son comportement de nous repérer dans ce système corrompu. J’avais déjà montré précédemment comment l’or indique que notre système monétaire actuel périclitera bientôt :

ratio or base monétaire usa

Ce graphique de MacroTrends.com met en évidence le ratio entre le cours de l’or et la base monétaire ajustée de la Fed de Saint-Louis depuis 1918. Il montre donc le cours de l’or en dollars divisé par la base monétaire (en milliards de dollars). Donc par exemple : le ratio actuel est de 0,28 (1125 $, cours de l’or actuel divisé par 4 019 (base monétaire ajustée de 4 019 milliards de dollars)).

En bref, il s’agit d’un indicateur du prix de l’or par rapport à la monnaie américaine existante. Ce ratio est au plus bas (extrême). À chaque fois que cela s’est produit, nous avons connu un changement d’ordre monétaire (en 1932 et en 1970, voir l’article de Jim Rickards sur les 2 dévaluations du dollar par rapport à l’or).

Les possesseurs d’obligations envers l’or (donc de dollars américains) ont payé le prix de la réinitialisation du système en recevant moins d’or pour leurs dollars (une once pour 35 $ au lieu de 20,67 dollars en 1934 et une once pour plus de 35 $ (jusqu’à 850 $) au lieu d’une once pour 35 $ après 1971). (…) »