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Dédollarisation

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statue de Mao en or

L’ordre monétaire mondial est en train de changer. Lentement mais sûrement, les marchés mondiaux, de commerce et de change, tournent de moins en moins autour du dollar. Des monnaies qui étaient autrefois marginales, à l’instar notamment du yuan chinois, deviennent au fur et à mesure des concurrents sérieux vis-à-vis du dollar américain et de sa domination économique et financière.

L’or pourrait-il aussi à son tour commencer à émerger en tant que monnaie de premier plan dans le commerce mondial ? Au fil du temps, il le pourrait certainement. Mais les implications immédiates pour le rôle monétaire de l’or, concernent davantage son accumulation croissante par les banques centrales, à commencer par celle de Chine.

Rappelons qu’à partir du premier octobre 2016, le yuan chinois est entré dans le système des droits de tirage spéciaux (DTS) du panier des monnaies de premier plan du Fonds monétaire international (FMI). De fait, le yuan partage maintenant le statut de DTS avec le dollar américain, l’euro, la livre sterling et le yen japonais.

Avant que le yuan ne devienne officiellement une monnaie DTS, la Banque mondiale a eu l’intention de vendre 2,8 milliards de dollars en obligations de DTS sur les marchés chinois. Le déploiement des obligations de DTS en Chine a commencé le 31 août 2016. Selon Reuters, ce déploiement « fait partie d’une « poussée » plus large en Chine, visant à stimuler la demande vis-à-vis du yuan chinois et, par la même occasion, de diminuer la dépendance relative au dollar américain dans les réserves mondiales ».

Le roi dollar ne sera pas détrôné aussi facilement. Mais la place importante qu’il occupait, notamment en tant que monnaie de réserve mondiale, va effectivement diminuer au fil du temps.

L’inclusion de yuan dans le panier des monnaies DTS est un pas supplémentaire, dans le cadre de la stratégie chinoise de « dé-dollarisation »

La Chine et la Russie ont des intérêts géostratégiques communs, notamment en ce qui concerne la « dé-dollarisation ». En ce sens, il est un fait que les deux puissances passent de nombreux accords commerciaux bilatéraux, dans le but particulier de détourner le dollar américain. Le commerce bilatéral annuel entre la Chine et la Russie a fait un bond spectaculaire, en passant de 16 milliards de dollars en 2003 à près de 100 milliards de dollars aujourd’hui. Lorsque la Chine a accueilli le sommet du G20, en septembre, le président russe Vladimir Poutine était l’invité d’honneur de premier plan.

Les responsables américains n’en sont d’ailleurs pas ravis. Ils craignent que Poutine vise à étendre sa portée mondiale, en tissant des liens plus étroits avec la Chine.

Selon le « South China Post », « certains analystes occidentaux ont vu en l’approfondissement récent et rapide de cette collaboration, le début d’un partenariat qui vise à déstabiliser l’ordre mondial, dirigé par les États-Unis, et une tentative de nuire à la capacité de Washington d’influer sur les enjeux stratégiques mondiaux ».

Certaines personnes faisant partie de la campagne d’Hillary Clinton craignent même la probabilité que la Russie intervienne dans l’élection à venir, afin notamment de tenter de bloquer le chemin d’Hillary vers la Maison-Blanche. Des hackers russes ont été associés à un certain nombre des dernières « fuites » qui ont endommagé la réputation des banques américaines et celle de l’administration d’Obama. Le fondateur de Wikileaks, Julian Assange, a insinué que d’autres informations seront divulguées à l’avenir. Les alliés d’Hillary spéculent ouvertement au sujet des hacks de Wikileaks, en affirmant carrément que la Russie est derrière tout cela.

Mais les Russes et les Chinois ne semblent pas miser sur une « cyberguerre » afin de détrôner le dollar américain. En effet, en plus des accords commerciaux bilatéraux et des mouvements stratégiques entrepris, dans le but d’instaurer une domination économique régionale, les deux puissances accumulent de l’or. Au cours des dernières années, la Russie et la Chine ont, chacune de son côté, massivement décuplé leurs avoirs en or.

Les banques centrales du monde en voie de devenir des acheteurs nets d’or

Depuis 2009, les avoirs en or de la Chine, officiellement déclarés, ont bondi de 60%. Les stocks d’or, amplifiés et détenus par la Banque populaire de Chine, ont joué un rôle important dans l’ascension de la Chine vers l’élite du panier des devises DTS du FMI.

Notons que cela s’inscrit dans la tendance générale des banques centrales mondiales à devenir des acheteurs nets d’or. Alors qu’elles jouaient plutôt le rôle de vendeurs nets, dans une grande partie des années 1990 et au début des années 2000. Cela a contribué à maintenir les prix de l’or à des niveaux stables et bas. Mais depuis 2010, les banques centrales ont commencé à acheter de l’or, et ce considérablement : à hauteur de 500 tonnes par an.

La Russie, à elle seule, a ajouté cumulativement 172 tonnes d’or en 2014 et 208 tonnes en 2015. En échangeant certains de ses titres du Trésor américain contre des lingots, la Banque centrale russe est devenue le septième plus grand détenteur d’or du monde. Pourtant, l’or ne représente que 16,2% des réserves monétaires de la Russie, une proportion bien plus sérieuse que celle de ses voisins de la zone euro.

La Russie n’a probablement pas fini d’accumuler. En effet, étant le troisième plus grand producteur d’or au monde, elle peut facilement se fournir davantage, quand il s’agit justement d’or.

Un scénario similaire semble se dérouler en Chine. Il y est d’ailleurs peut-être même encore plus spectaculaire. Les stocks d’or « officiels » de la Chine s’élevaient à 1 823 tonnes d’or en août 2016, ce qui en faisait la sixième plus grande réserve d’or au monde. Pourtant, par rapport à la taille de l’économie chinoise et de l’offre de monnaie, sa réserve d’or ne semble pas peser tellement – elle s’élève à seulement 2,3% du total des réserves monétaires.

Officieusement, la Chine a probablement des réserves d’or supplémentaires, qui ne sont pas présentées au grand public. Mais même si les véritables réserves d’or de la Chine venaient à s’élever du double ou du triple de ce qui est actuellement rapporté, comme certains analystes le suggèrent, cela ne changerait pas considérablement la situation : ce pays de 1,3 milliard de personnes disposerait quand même de beaucoup moins d’or que la Russie, les États-Unis, l’Europe, ou certains de ses rivaux asiatiques. Il en résulte que la Chine devra accumuler beaucoup plus d’or dans les années à venir.

Les dirigeants chinois escomptent instaurer une domination régionale. Afin de garantir cette position, ils visent à posséder et à contrôler une plus grande part du marché de l’or. Le Shanghai Gold Exchange, récemment ouvert, met à disposition de la Chine un mécanisme direct pour contrôler le marché de l’or physique en Asie.

C’est une façon pour la Chine de prendre au moins en sa possession une certaine partie du contrôle du commerce de l’or, traditionnellement détenu par les gouvernements et les banques d’Occident.

Source : Mises.org

Article de RT.com, publié le 1er septembre 2015 :

« Le président russe Vladimir Poutine vient de préparer une loi ayant pour objectif d’éliminer le dollar américain et l’euro des échanges entre les différents pays de la CEE (ex-URSS). Cela signifie la création d’un marché financier unique entre la Russie, l’Arménie, la Biélorussie, le Kazakhstan, le Kirghizstan, le Tadjikistan et d’autres pays de l’ex-URSS.

« Cela favoriserait l’utilisation accrue des devises nationales dans les paiements internationaux et les services financiers. Cela créerait également les préconditions nécessaires à des marchés plus liquides pour ces devises, » affirme un communiqué du Kremlin.

Cette loi a également pour objectif de faciliter les échanges dans la région et d’atteindre une plus grande stabilité macro-économique.

Dans le cadre de l’Union économique eurasienne (UEE) ces pays ont également discuté la possibilité d’utiliser désormais les monnaies nationales. D’après l’accord passé entre la Russie, la Biélorussie, l’Arménie et le Kazakhstan, une transition obligatoire vers des règlements en devises nationales (rouble russe, au rouble biélorusse, dram et tenge respectivement) devra avoir lieu à l’horizon 2025-2030.

Aujourd’hui, environ 50 % des transactions dans l’UEE ont lieu en dollars et en euros, ce qui augmente la dépendance de l’Union envers les pays qui émettent ces devises. En dehors de la CEE et de l’UEE la Chine et la Russie s’attellent également à combattre la domination du dollar.

En août, la banque centrale de Chine a introduit la circulation du rouble dans la ville frontalière de Suifenhe dans le cadre d’un programme pilote à 2 devises (rouble et yuan). Le rouble a été introduit en remplacement du dollar américain.

En 2014, la banque centrale de Russie et la banque centrale de Chine ont signé un accord de swap de devises de 3 ans pour un montant de 150 milliards de yuan (environ 23,5 milliards de dollars), dopant ainsi la coopération financière entre les 2 nations.

Pour que cette proposition de loi soit ratifiée la chambre basse du parlement russe, la Douma, devra voter le texte présidentiel. »

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pays émergents

Après la Russie, c’est au tour de la Chine de se doter de son propre système de paiement international. D’après Reuters, CIPS (China International Payment System) pourrait être opérationnel d’ici septembre ou octobre prochain.

« Le système de paiements chinois, tant attendu, capable d’effectuer des transactions internationales en yuan est fin prêt et pourrait être lancé d’ici septembre ou octobre d’après 3 personnes proches du dossier.

Le lancement du China International Payment System (CIPS) éliminera l’un des derniers obstacles à l’internationalisation du yuan. Il devrait également augmenter significativement l’utilisation internationale de la devise chinoise en diminuant les frais de transaction et les délais de traitement. Cela mettra également le yuan sur un plus grand pied d’égalité avec d’autres devises majeures comme le dollar vu que CIPS devrait utiliser la même structure de messages que les autres systèmes internationaux de paiements, ce qui facilitera les transactions.

Lorsqu’il entrera en vigueur, CIPS remplacera toute une série de réseaux qui rendent les paiements internationaux en yuan très lourds.

« CIPS est prêt, la Chine a sélectionné 20 banques pour effectuer les tests, dont 13 banques chinoises et 7 banques étrangères » a déclaré un haut responsable de l’une des banques impliquées. (…) »

or

Dédollarisation, risque de défaut municipal aux États-Unis et les véritables raisons du renflouement de la Grèce sont au menu des nouvelles du 5 mars 2015 :

Le renflouement de la Grèce avait pour seul objectif de sauver les banques allemandes et françaises

Cette phrase, qui vous aurait valu d’être affublé du qualificatif de théoricien du complot il y a encore quelques mois vient d’être prononcée de la façon la plus candide qui soit par Paolo Batista. Un chauffeur de taxi de Sao Paulo ? Non, l’un des directeurs du FMI ! Il a déclaré en public à la télévision privée grecque Alpha TV (source) :

« Ils ont donné l’argent pour sauver les banques allemandes et françaises, pas pour la Grèce. » Critiquant la BCE et l’UE, Batista a même égratigné la gestion de son propre organisme en affirmant « la problématique grecque n’a pas été gérée de la meilleure façon qui soit par le FMI… Nous avons mis un fardeau trop lourd sur les épaules de la Grèce et pas assez lourd sur ceux des créditeurs. »

Dédollarisation : un phénomène qui s’accélère

Poursuivons avec une photo étonnante qui a été prise sur la route qui mène à l’aéroport de Bangkok montrant un énorme panneau publicitaire faisant la promotion du renmibi (yuan) en tant que… monnaie globale. « RMB : le nouveau choix » et « la devise du monde » figurent en grandes lettres ainsi qu’une pièce en or… Il est désormais clair que la Chine travaille déjà au niveau de la communication afin de faire du yuan la monnaie de réserve mondiale… adossée à l’or ?

rmb-bangkok

Toujours dans le cadre de cette dédollarisation qui s’accélère, les autorités du Kazakhstan ont annoncé leur intention de réduire l’utilisation du dollar d’ici la fin 2016 (source ZH). La Chine, si elle n’a pas annoncé tout haut sa volonté poursuit ce même processus. Cela fait 4 mois d’affilée qu’elle réduit son portefeuille de Bons du Trésor américain poursuivant la tendance initiée en 2014, d’après Simon Black.

Chicago, le prochain Détroit ?

L’État de l’Illinois dispose de l’un des plus gros déficits des états américains. Sa caisse des retraites est l’une des plus sous-financées du pays même si ce problème est généralisé. Il n’est donc pas étonnant que Chicago puisse rapidement rejoindre Détroit dans la liste des villes américaines en faillite. Moody’s vient d’ailleurs d’abaisser de 2 crans la note de Chicago désormais étiquetée « junk » (obligations pourries). D’après Dave Kranzler les problèmes pourraient s’accélérer si Rahm, le maire actuel très copain avec la Fed n’était pas réélu aux élections d’avril prochain.

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En décembre dernier, la presse mainstream affirmait que la Russie s’était mise à vendre une partie de son or pour défendre le rouble. Aujourd’hui, nous avons les chiffres qui permettent de savoir la vérité. Et non seulement la Russie n’a pas vendu d’or en décembre, mais elle en a acheté pour 46 milliards de dollars, soit presque son plus gros achat mensuel depuis avril 2013.

Avec quoi achète-t-elle son or ? Avec du dollar, provenant de ses réserves ou du produit de la vente de ses Treasuries. Pour ZeroHegde, il se peut que la Russie soit elle-même à la base de ces rumeurs : après tout, si elle peut bénéficier d’une réduction supplémentaire alors qu’une guerre économique bat son plein, pourquoi se priver ?

Au passage, les Russes profitent de la bonne santé du marché obligataire américain pour revendre au prix fort des obligations achetées dans le passé, qui sont de facto substituées par de l’or physique. Cela dit, comment expliquer la vigueur du dollar dans ce contexte de dédollarisation des BRICS ? La pyramide d’Exter pourrait bien être l’explication (voir l’article suivant).

D’après l’article de ZeroHedge

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Interview de Marc Faber par Claudio Grass sur les marchés et l’or (30 juillet sur GoldSilverWorlds).

 

Sur l’émergence de l’orient

Faber explique que depuis 30 ans, le poids économique de la Chine a fortement augmenté, notamment par rapport à l’Afrique, qui fournit les ressources nécessaires au développement chinois. Les États-Unis installent des bases tout autour de la Chine pour la contenir, ce qui provoque des tensions entre les 2 pays, sans parler que les Chinois ont toujours une dent contre le Japon. L’ancien empire anglo-saxon doit désormais faire face à la fronde des nouvelles puissances, mais tout ne se finira pas nécessairement par un conflit armé selon Faber.

Sur la situation géopolitique actuelle

Elle est le fruit, selon Marc Faber, du même interventionnisme maladroit auquel on assiste sur les marchés. Ce sont les mêmes docteurs incompétents qui gèrent l’économie et la politique étrangère des USA envers des pays comme la Libye, la Syrie, l’Égypte, l’Irak ou l’Afghanistan. Tout ce qu’ils touchent devient un véritable foutoir. Les États-Unis suivent la doctrine Wolfovitz, qui ne tolère aucune autre puissance majeure comme la Chine ou la Russie. Plus ces pays vont s’élever, plus les tensions vont s’attiser.

Mais pour Faber, cela ne signifie pas que les USAs s’engageront dans des actions plus musclées. Tout simplement car les États-Unis n’ont pas l’argent, mais également les ressources humaines pour mener tous ces conflits. Par contre, Marc Faber s’attend à un embrasement généralisé du Moyen-Orient, et notamment à la désintégration de l’Irak en plusieurs états.

Sur la dédollarisation

Pour Faber, l’accord gazier entre la Chine et la Russie est l’un des symptômes de l’émergence de l’Orient. Désormais, la croissance des sociétés européennes se fait dans ces contrées. En provoquant les remous en Ukraine, les États-Unis ont montré toute leur incompétence, pensant que les Russes allaient rester les bras croisés. Faber rappelle que jusqu’à la Première Guerre mondiale, la monnaie de réserve était la livre sterling, qui a ensuite commencé à connaître un déclin. Le dollar est en train de suivre la même voie.

Sur la situation économique en Chine

Marc Faber estime qu’il est très difficile de savoir ce qui se passe exactement en Chine, tellement ce pays et unique. Il s’agit d’un empire énorme. Cependant, il estime que la croissance est inférieure aux chiffres officiels, probablement de 4 % maximum. En 15 ans, le poids de la Chine est passé de 12 à 47 % sur le marché des matières premières, ce qui est énorme. Cependant, la demande devrait baisser, sauf en ce qui concerne le pétrole.

Le risque est par contre énorme sur le marché immobilier, à cause de l’énorme bulle du crédit, même si le gouvernement pourrait retarder l’échéance en intervenant. Cependant, cet interventionnisme engendrera de nouveaux déséquilibres, ce qui ne fera qu’empirer le problème. Selon lui, la Chine est assez grande que pour pouvoir encaisser une chute du marché immobilier.

Sur le système monétaire actuel

Faber estime que l’ordre monétaire actuel n’est pas viable à long terme. Les économies occidentales sont trop endettées, les politiques monétaires ne cessent de creuser l’écart entre les plus riches et les plus pauvres, car elles favorisent ceux qui possèdent des actifs. Pour rééquilibrer la situation, il faudrait avoir des taux d’intérêt qui ne favorisent pas l’inflation des actifs actuelle.

La création monétaire peut aider à reporter un désastre, mais il ne peut l’empêcher. Toute inflation, que ce soit des prix ou des actifs, prend toujours fin un jour.

Marc Faber sur l’or

« Entre 1999 et 2011, nous avons eu un marché haussier, et depuis nous avons assisté à une dépression. Mais si je compare, sur ces 15 dernières années, l’or à la croissance du crédit, de la masse monétaire et des actifs sur les bilans des banques centrales, et l’accumulation de la richesse dans le système financier, l’or n’est pas bien cher. Je possède de l’or physique parce qu’un jour, je ne serai plus en mesure de transférer de l’argent entre 2 pays. Je ne sais pas quand aura lieu l’effondrement systémique final auquel je m’attends, mais je sais que quand cela arrivera, l’or se comportera bien, au contraire des actions.

Personne ne sait à quoi le monde ressemblera dans 5 ans. En tant qu’investissement, l’or n’est probablement pas la meilleure solution, mais il est important d’en posséder pour se diversifier. Mon boulot, c’est d’investir sur les marchés, donc de posséder du papier, c’est pourquoi il est important que je possède quelque chose qui n’a aucune contrepartie. Mon argent à la banque dépend de l’établissement financier, mes obligations d’entreprises dépendent de la société qui les a émises. En ce qui concerne l’or, je ne dépends de personne. (…) »

Les jours du billet vert sont comptés. Non seulement le dollar ne restera pas ad vitam aeternam la monnaie de réserve internationale quoi qu’il arrive, mais le gouvernement américain voudrait accélérer sa chute qu’il n’agirait pas autrement.

 

Cela a commencé avec les « sanctions » contre la Russie, qui ont encouragé ce pays à se détourner du dollar pour échanger avec ses partenaires en utilisant leur propre devise. Les États-Unis s’en sont ensuite pris à la France en infligeant à la BNP une amende monstre pour une infraction similaire à celle commise par des banques américaines, qui n’ont évidemment pas été punies de la même façon.

Mais les États-Unis ne se sont pas arrêtés là, décidant cette fois de s’en prendre à l’Allemagne, à la Commerzbank et la Deutsche Bank, qui risquent de recevoir le même « traitement de faveur » que la BNP. De quoi exacerber les tensions avec l’Allemagne, toujours courroucée par le scandale de la mise sur écoute d’Angela Merkel, sans parler du rapatriement de son or qui s’éternise.

Les déclarations en France encourageant à se détourner du dollar se sont multipliées ces derniers jours. C’est ainsi que le gouverneur de la Banque de France, Christian Noyer, a déclaré sur BFM/Bloomberg que l’affaire de la BNP pourrait pousser de nombreuses sociétés à ne plus utiliser le dollar pour leurs transactions internationales, car cette affaire laissera des marques.

Le PDG de Total a, quant à lui, déclaré que le dollar n’était pas indispensable pour le commerce du pétrole. Selon Stephen Leeb, interviewé par KWN , « les Européens n’auraient jamais osé faire de telles déclarations il y a seulement un ou 2 ans de cela. »

C’est également le signe que l’or risque de rejouer un rôle important dans le nouveau l’ordre monétaire qui sera instauré après la fin du dollar tel que nous le connaissons, vu que la Russie et la Chine accumulent le métal afin d’augmenter la solidité de leur propre devise, et favoriser ainsi leur internationalisation.

Leeb ajoute qu’« un gros producteur d’or russe, Polyus Gold, est en pourparlers avec les Chinois pour que ceux-ci investissent, car ils ont besoin d’argent frais pour produire leur or. Polyus exploite l’un des gisements d’or les plus importants du monde, ils se sont tournés vers les Chinois pour leur financement. Je crois que la Chine va fournir des fonds, et qu’elle recevra en échange d’une participation. Il sera intéressant de voir quel sera le mode de remboursement : via des roubles, des yuans ou de l’or. Je mets ma main à couper que les Chinois seront payés en or physique. »

De quoi brouiller encore plus les pistes pour ceux qui souhaitent calculer les réserves réelles d’or de la Chine, alors que le métal jaune, en plus de transiter via Hong Kong, entre également dans l’empire du Milieu via Shanghai et maintenant la Russie. En se préparant à la fin du dollar, et à jouer un rôle actif dans le nouveau système monétaire post-dollar.

Un nouveau clou dans le cercueil du dollar vient d’être planté suite à l’accord gazier historique vient d’être signé entre la Russie et la Chine. Les actions désastreuses des États-Unis en Ukraine n’ont fait qu’accélérer le rapprochement entre les BRICS qui mènera à terme à la dédollarisation du monde, qui sonnera le glas des ambitions hégémoniques du pays de l’oncle Sam.

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Stephen Leeb : « La nouvelle choc est sans conteste l’accord gazier signé entre la Russie et la Chine. 400 milliards de dollars, ce n’est pas rien, et ce n’est probablement que le début d’une longue liste.

Il s’agit d’une nouvelle preuve que la puissance bascule vers l’est. À la fin des années 90, le baril se vendait à environ 10 $. La Chine avait compris alors à l’époque que le pétrole allait devenir une ressource stratégique.

L’empire du Milieu a alors créé 2 sociétés pétrolières, PetroChina et CNOOK, 2 géants. Ces sociétés ont été créées alors que le baril n’était qu’à 10 $, la preuve que les Chinois pensent toujours à long terme. Aujourd’hui, malgré le ralentissement économique, le baril est à plus de 100 $. Le monde est en mauvaise posture, mais la Chine prépare son avenir.

Simultanément, l’Inde vient juste d’élire un nouvel homme fort à sa tête. Avec sa démographie, il deviendra le pays le plus peuplé du monde d’ici quelques années. Le nouveau dirigeant de l’Inde va axer sa politique sur la croissance. S’il ne s’agit que de quelques pourcents de croissance, cela ne pourra se faire sans consommation de pétrole. Et d’où viendra-t-il, vu qu’il ne pourra être obtenu par fracture hydraulique ?

En ce qui concerne l’Allemagne, elle n’aura aucun souci vu qu’un pipeline la relie à la Russie. Pour parler de la Russie, la bourse s’est bien redressée, car les gens se disent que les choses sont en train de changer suite à la signature de ce contrat pour presque un demi trillion de dollars. Comme je l’ai déjà dit, on assiste à la constitution d’un axe fort Berlin Moscou Pékin. Et dans ce contexte, je peux vous assurer que l’or remplira un grand rôle dans notre futur monétaire.

J’estime toujours que l’or vaudra 10 fois plus que son cours actuel. Je suis sûr que cela arrivera, même si je suis dans l’incapacité de vous fournir une date. Les gens doivent absolument posséder de l’or car les banquiers centraux mènent l’Occident à la ruine. L’argent va également exploser à long terme. Le cuivre offre également de belles perspectives alors que l’Inde et la Chine investissent et modernisent leurs infrastructures. Les particuliers doivent garder patience. »

Un avis concernant l’axe Pékin-Moscou que ne partage pas le Dr Malmgren, qui a lui aussi été interviewé sur KWN (voir cet article – interview de Stephen Leeb sur l’accord gazier sino-russe).

Source : KWN