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Défaut

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Porto Rico, territoire non incorporé des États-Unis des Grandes Antilles, devrait faire défaut aujourd’hui sur sa dette de 70 milliards de dollars alors qu’hier, son gouverneur a autorisé la suspension des remboursements sur sa dette de type « obligation générale ».

Comme nous l’apprend cet article de Reuters, le territoire américain doit rembourser 1,9 milliards de dollars ce 1er juillet 2016, dont 780 millions de dollars d’obligations générales (obligations locales américaines, qui sont en principe garanties par la levée de taxes foncières additionnelles si le gouvernement local ne parvient pas à honorer ses obligations). Ce qu’il ne fera pas. De l’article de Reuters :

« L’ordre exécutif du gouverneur de Porto Rico, Alejandro Garcia Padilla, a été paraphé quelque minutes après que le président Obama ait signé une loi entérinant la création d’une entité de supervision sur Porto Rico, lui conférant l’autorité de restructurer la dette de 70 milliards de dollars de l’île.

« Dans ces circonstances, ces ordres exécutifs protègent les ressources limitées des organismes publics concernées par ces ordres en empêchant la saisie par les créditeurs, ce qui priverait les habitants de Porto Rico de services de base, » a déclaré l’administration de Garcia Padilla dans un communiqué.

Cela fait une décennie que Porto Rico, où vivent 3,5 millions d’Américains, se bat contre la baisse d’activité pour empêcher un effondrement économique, inverser un taux de pauvreté de 45 % et enrayer l’émigration galopante qui n’a fait qu’exacerber son déclin économique.

Garcia Padilla a autorisé la suspension des paiements des obligations générales dans le cadre d’une loi préalable instaurant un moratoire de sa dette, moratoire qui a déjà été remise en question par une plainte déposée par les créditeurs devant la Cour de District de Manhattan.

Dans la foulée, Garcia Padilla a également décrété l’état d’urgence pour la caisse de retraite la plus importante de l’île, le Commonwealth’s Employee Retirement System, ainsi que pour l’université de Porto Rico et d’autres organismes publics. » (…)

Selon Nathan McDonald de Sprott Money, le cas de Porto Rico est emblématique :

« L’histoire du défaut de Porto Rico est un nouvel exemple du système en déliquescence des élites. L’establishment tente désespérément de maintenir en vie aussi longtemps que possible son système cassé basé sur le papier, en engrangeant un maximum de profit avant son implosion.

Le Sénat américain a joué son rôle dans cette farce alors qu’il a voté un plan de sauvetage à une écrasante majorité hier, s’assurant que Porto Rico, comme la Grèce, n’ait pas à faire immédiatement face aux conséquences d’avoir trop dépensé pour continuer de stagner. »

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manifestation en Grèce contre l'austérité

Article de Mike Shedlock, publié le 27 avril 2016 sur SafeHaven.com :

« Ceux qui pensaient que la situation de la Grèce a été réglée lorsque le premier ministre Alexis Tsipras s’est couché soudainement en accédant aux  demandes de ses créditeurs vont devoir revoir leur opinion.

Les rentrées fiscales grecques sont bien en dessous des prévisions. Un nouveau risque de défaut plane sur le mois de juillet à moins d’un nouveau plan d’aide accordé par les créditeurs pour que la Grèce puisse rembourser ses créditeurs. Cela semble tordu ? Cette absurdité est pourtant le reflet de la plus plate des réalités.

Les créditeurs de la Grèce ont exigé de nouvelles mesures d’austérité, mais Tsipras a refusé. Au lieu de cela, il a demandé l’organisation d’une réunion d’urgence, mais le président de la Commission européenne Donald Tusk a décliné. Cette nouvelle impasse représente apparemment « de nouvelles incertitudes » d’après ce dernier.

La BBC en a notamment parlé dans cet article :

« Le responsable de l’Union européenne a rejeté la demande de la Grèce concernant la tenue d’une réunion d’urgence dont l’objectif est de mettre un terme à l’impasse concernant le plan de sauvetage du pays.

L’année dernière, la Grèce a validé un 3e plan d’aide de 86 milliards d’euros. Le pays fait à nouveau face à un risque de défaut suite au blocage de la libération de la prochaine tranche d’aide, engendré par des désaccords avec les créditeurs sur les réformes à venir.

Le FMI et les partenaires européens de la Grèce exigent de nouvelles mesures d’austérité. Athènes doit générer 4 milliards supplémentaires d’économies et de réserves au cas où la Grèce ne serait pas en mesure d’atteindre ses objectifs à venir.

Mais le gouvernement de gauche menée par Alexis Tsipras a déclaré qu’il refuserait toute mesure supplémentaire par rapport à celles qui furent acceptées l’été dernier. »

Le Financial Times a pour sa part évoqué le refus de Donald Tusk d’organiser un sommet pour régler le problème : « Sans un accord sur de nouvelles mesures d’austérité, la Grèce pourrait faire défaut sur le remboursement de 3,5 milliards d’euros qui arrivera à échéance en juillet ». La faiblesse des rentrées fiscales signifie que l’argent manque déjà pour payer les retraites et les salaires des fonctionnaires de mai. Tsipras aura recours à l’argent des sociétés publiques pour combler le trou. (…)

« Je suis convaincu qu’il reste du pain sur la planche des ministres des Finances qui doivent éviter le retour de l’incertitude en ce qui concerne la Grèce, » a déclaré M. Tusk après s’être entretenu avec Alexis Tsipras.

Parler de « retour de l’incertitude » est ridicule. Ce qui est certain, c’est que ce qui ne peut être remboursé ne le sera pas. La seule incertitude qui plane est toujours la même depuis le début de cette crise : il s’agit de savoir quand le défaut aura lieu. (…) »

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étudiants
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Article de Mike Sheldock, publié le 6 avril 2016 sur SafeHaven.com :

Plus de 40 % des emprunteurs ne remboursent pas leur crédit étudiant. Selon le Wall Street Journal, 22 millions d’Américains sont en retard sur le paiement de leur crédit étudiant.

Plus de 40 % des Américain(e)s ayant contracté un crédit étudiant ne le remboursent plus. Et parmi ceux-ci, nombreux sont ceux qui n’ont jamais versé une seule mensualité.

Le Département de l’Éducation (une entité inutile que j’éliminerais dans la seconde si j’en avais l’opportunité) ne parvient pas à comprendre pourquoi.

Il suffit d’explorer les icebergs pour régler cette problématique.

Comme fait ressortir le Département de l’Éducation:

«Nous n’avons manifestement pas encore réussi à percer le mystère, mais nous allons poursuivre nos efforts » a déclaré le sous-secrétaire du Département de l’Éducation, Ted Mitchell.

C’est le Wall Street Journal qui rapporte que plus de 40 % des étudiants ne remboursent pas leur crédit.

Dans l’article du WSJ, 22 millions d’Américains sont en retard sur le paiement de leur crédit étudiant. Totalisant en en-cours de 1,2 trillion de dollars, les crédits étudiants présentent aujourd’hui des arriérés de plus de 200 milliards.

Un emprunteur sur 6, soit 3,6 millions de personnes, est en situation de défaut sur sa dette (plus de versement depuis un an) pour un montant total de 56 milliards de dollars. Environ 3 millions de personnes ont obtenu le rapport des remboursements durant une période prédéfinie pour un montant total de 110 milliards de dollars.

Navient Corp. tente de trouver une solution à ces situations problématiques. Elle affirme avoir contacter les emprunteurs à plusieurs reprises voire même en moyenne de 230 à 300 fois soit par téléphone, courriel ou textos) l’année précédant le défaut . 90 % de ces gens ne répondent jamais aux sollicitations.

Crédits étudiants : une crise facile à expliquer

Carlo Salerno, qui étudie le monde universitaire et s’est renseigné auprès de sociétés privées spécialisées dans les crédits privés, note que le gouvernement ne procède à quasi aucune vérification quant aux capacités de remboursement des emprunteurs, n’exige aucune garantie et ne se penche pas sur les chances de réussite d’un étudiant par rapport aux études qu’il entreprend.

De nombreuses raisons peuvent expliquer les soucis de remboursement rencontrés sur les crédits étudiants :

  1. Faire partie de la population active et posséder un emploi sont deux choses différentes.
  2. Avoir un travail et gagner suffisamment pour rembourser des (dizaines ou) centaines de milliers de dollars est encore autre chose.
  3. Certains ont le sentiment de s’être fait arnaquer, et ont bien raison.
  4. Beaucoup ont compris que faire défaut entraîne des conséquences négligeables. La saisie sur salaire est le pire des scénarios. La solution consiste à prendre temporairement un emploi mal payé jusqu’aux prochaines sollicitations.

Certains ont contracté leur crédit étudiant en sachant à l’avance qu’ils ne rembourseraient jamais. Pour ces emprunteurs, il s’agit d’argent gratuit pendant plusieurs années. Ils resteront aux études le plus longtemps possible. Si, par miracle ils devaient décrocher leur diplôme, ou éventuellement se faire éjecter de leur école, ils ne rembourseront de toute façon jamais.

fin du dollar

Article de MarketWatch.com, publié le 5 avril 2016 :

« Jim Rickards maintient que l’or reste la véritable pierre angulaire du système monétaire international. Les gouvernements ont beau le dénigrer, de nombreux pays s’accrochent à leur métal tandis que la Chine et la Russie ne cessent d’en acheter.

Rickards est l’auteur des livres « The death of money » et « Currency wars ». Son dernier ouvrage, « The new case for gold », est sorti aujourd’hui. Il a répondu à 2 questions que nous lui avons posées, les réponses ont été éditées afin d’être synthétisées.

Market Watch : vous affirmez que le prochain effondrement monétaire sera déclenché par la perte de confiance dans le dollar. Pourquoi anticipez-vous cet effondrement ?

Jim Rickards : l’économie et les marchés sont des systèmes complexes. L’effondrement de systèmes complexes est une fonction exponentielle de l’échelle systémique.

La crise de 2008 fut axée autour des banques « too big to fail ». Depuis 2008, ces mêmes banques ont continué de grandir, contrôlent un pourcentage encore plus important des actifs bancaires aux États-Unis et ont augmenté leurs positions sur les produits dérivés. Cela ne fait que renforcer le risque d’effondrement, et sa sévérité. Cet événement pourrait dépasser en ampleur la Grande dépression. Simultanément, les politiques de soutien implémentées en 2008 et 2009 sont, pour la plupart, toujours en place. Ce qui signifie que le risque d’effondrement est plus grand et que les moyens pour les juguler ont déjà été utilisés, si bien qu’ils sont caducs.

L’unique bilan propre et source de liquidités restante dans le monde est le FMI, qui peut émettre en urgence des droits de tirage spéciaux. La marginalisation du dollar sera la compensation dont bénéficiera la Chine. Cette baisse de confiance dégénérera rapidement en une grave crise de confiance.

Market Watch : selon vous le, le pouvoir d’un pays se mesure par le ratio entre les quantités d’or qu’il possède et son PIB lorsqu’il s’agit de redéfinir les règles du nouveau système monétaire. Pourquoi la Chine a-t-elle besoin de posséder beaucoup d’or afin d’obtenir un siège de choix à la table des négociations ? Pourquoi les obligations américaines qu’elle possède ne sont-elles pas suffisantes ?

Jim Rickards : voici l’une des plus vieilles blagues du secteur bancaire : si je vous dois 1 million, j’ai un problème, mais si je vous dois 1 milliard, vous avez un problème. Tout simplement parce que je peux toujours faire défaut et vous laisser vous débrouiller avec votre papier sans valeur. Vu que les États-Unis doivent 2 trillions de dollars à la Chine, il s’agit de leur problème et pas du nôtre.

Les États-Unis feront défaut sur leur dette via l’inflation (il s’agit de la méthode américaine). La Chine en est bien consciente et achète donc de l’or en tant qu’assurance contre l’inflation frappant ses actifs libellés en dollars. »

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Article de Bloomberg, publié le 28 décembre 2015 :

Les entreprises américaines sont les sociétés qui se sont le plus déclarées en défaut sur leur dette dans le monde, d’après une analyse conduite par des experts de S&P menés par Diane Vazza qui a été publiée le 24 décembre.

Jusqu’à la semaine dernière : 111 sociétés ont fait défaut sur leurs obligations, le bilan le plus lourd depuis 2009 lorsque le nombre de défauts s’était élevé à 242 sur la même période. Environ 60 % des défauts déclarés par des entreprises à travers le monde concerne des emprunteurs américains, d’après Vazza, soit une hausse par rapport aux 55 % d’il y a un an lorsque 33 des 60 entreprises dans l’incapacité de rembourser étaient américaines.

Après les États-Unis, ce sont les sociétés des marchés émergents qui se sont le plus mises en défaut de paiement représentant 23 % du total, une quote-part inférieure à celle de l’année précédente d’après les statistiques de S&P.

La chute des cours du pétrole et les spéculations concernant les conséquences du serrage de vis monétaire de la Fed sur le coût du crédit des entreprises ont rendu les sociétés plus vulnérables, d’après Vazza.

« La génération actuelle d’obligations spéculatives semble fragile, surtout en cas de choc soudain ou inattendu » a-t-elle ajouté.

Arch Coal Inc. est la dernière entreprise à allonger la liste. La note de la société venait juste d’être abaissée par S&P à « défaut spéculatif » la semaine dernière alors que le producteur de charbon s’était montré dans l’incapacité de régler un remboursement de 90 millions de dollars en intérêts et a eu recours au délai de grâce de 30 jours dont elle pouvait bénéficier auprès des porteurs de certaines de ses obligations.

Pour le futur, S&P s’attend à voir le taux de défaut des entreprises américaines grimper à 3,3 % d’ici septembre 2016 alors que ce pourcentage s’était élevé à 2,5 % l’année précédente. Le plus gros des défauts proviendra des sociétés des secteurs du gaz et du pétrole qui ont représenté environ un quart des défauts de cette année.

Depuis 1981, le taux de défaut moyen sur les obligations spéculatives est de 4,3 % toujours selon Vazza. »

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portugal et europe

Suite aux élections portugaises d’octobre, un véritable coup d’état a eu lieu lorsque le président a refusé à la gauche majoritaire (anti austérité et anti OTAN , avec certaines composantes prêtes à abandonner l’euro) le droit de former un gouvernement. Le parti minoritaire de droite de Pedro Passos Coelho n’aura tenu que 11 jours.

Hier, il a été démis par la majorité parlementaire qui a voté contre son programme. Reste à savoir si le président portugais s’entêtera à snober la démocratie en nommant à nouveau Coelho à la tête d’un gouvernement provisoire dans l’attente de nouvelles élections ou si le choix des électeurs sera enfin respecté.

Comme le note John Rubino dans cet article publié sur SafeHaven.com, « le Portugal ressemble de plus en plus à la Grèce d’il y a un an, à la différence que l’économie portugaise est plus importante que celle de sa consœur. Comme la Grèce, la dette du Portugal a augmenté en termes de pourcentage de son PIB :

dette portugal pib

Depuis, l’énorme contraction de son économie enregistrée durant la grande récession, sa croissance est négligeable : sur le graphique ci-dessous, il ne s’agit pas d’une croissance de 4 % mais de 0,4 %. C’est largement insuffisant pour réduire le chômage. Dans l’absence d’une dévaluation massive de l’euro ou d’une augmentation conséquente des dépenses gouvernementales, rien n’est susceptible de changer la situation.

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L’électorat portugais a voté dans son ensemble pour l’abandon des anciennes politiques, pour un changement susceptible de ramener au moins l’espoir. Néanmoins, pour de nombreux membres de cette coalition de gauche, cet objectif ne sera atteint qu’en quittant la zone euro (et peut-être l’OTAN), en nationalisant certaines grosses sociétés et en « investissant » (augmenter les déficits). Pour y parvenir, le Portugal devrait récupérer son ancienne monnaie, l’escudo, le dévaluer par rapport à l’euro et ce faisant faire un défaut partiel sur sa dette. Autrement dit, le scénario du Grexit mais à plus grande échelle avec toutes les conséquences que l’on peut imaginer sur le vieux continent. (…) »

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Article de Jeff Nielson, publié sur Sprott Money le 1er septembre 2015 :

« Une idée fausse continue d’être répandue dans les médias, qu’ils soient dominants ou alternatifs. Cette analyse erronée affirme que nous nous dirigeons vers un effondrement déflationniste. Elle reflète une incompréhension fondamentale des dynamiques économiques.

Cette erreur fondamentale et impardonnable découle d’une définition erronée de la déflation, dont la définition correcte est « lorsque la devise d’une juridiction donnée augmente en valeur ». C’est sur ce simple fait que nous pouvons examiner un exemple hypothétique simple qui clôt une fois pour toutes le faux débat sur l’inflation et la déflation.

Imaginez 2 économies semblables en tous points de vue, à l’exception d’une différence de taille. Elles ont toutes les 2 le même PIB, la même population, des paramètres économiques semblables (à l’exception de cette différence). Ces 2 économies décident de faire exploser leur base monétaire, disons de la même façon que sur le graphique « hypothétique » ci-dessus (note : qui montre donc la base monétaire ajustée des États-Unis).

Il ne s’agit pas d’un graphique à propos d’une possibilité d’hyperinflation. Il s’agit plutôt du graphique d’une devise qui a déjà succombé à l’hyperinflation. Pour les lecteurs qui sont incapables de déjà voir ce fait, imaginez simplement une courbe ascendante encore plus extrême demandant encore plus de place en hauteur.

L’économie A comme l’économie B ont gonflé leur masse monétaire (donc baissé la valeur de leur devise vers zéro). Abordons désormais la différence entre ces 2 économies, afin de mettre en évidence la sottise des déflationnistes : l’économie A est totalement solvable, sans un centime de dette, tandis que l’économie B dispose d’une dette de 50 trillions de dollars, ce qui signifie qu’elle est clairement en faillite.

D’après le raisonnement erroné des déflationnistes, la devise du pays A qui a « seulement » fait exploser sa masse monétaire verra la valeur de sa devise s’évaporer tandis que la devise de l’économie B qui a fait exploser sa masse monétaire et qui a fait défaut verra sa devise s’apprécier en raison du crash déflationniste dont ne cessent de parler les déflationnistes.

Nous arrivons donc désormais au « Principe Idiot de la Déflation » : un pays qui fait exploser sa masse monétaire voit la valeur de sa devise s’effondrer mais un pays qui fait défaut derrière voit sa devise s’apprécier. La faillite annulerait donc l’hyperinflation en la supplantant.

Dès maintenant, il devrait être évident pour quiconque disposant de 2 synapses en état de marche que le Principe Idiot de la Déflation n’a aucun sens lorsqu’on prend simplement en compte les dynamiques économiques et que l’on utilise les bonnes définitions dans leur contexte. Mais la bêtise des déflationnistes est encore plus évidente lorsqu’on contemple les preuves empiriques du monde réel.

Quels sont les facteurs qui rendent l’exemple hypothétique ci-dessus irréaliste ? L’économie A, le pays solvable, n’a aucun intérêt à s’engager dans la politique suicide de l’hyperinflation. Les pays solvables ne font jamais exploser leur masse monétaire. Donc les (nombreux) régimes à travers l’histoire dont la devise a explosé via l’hyperinflation étaient également insolvables. La solvabilité est la seule raison derrière la nécessité impérative et extrême pour un gouvernement de commettre un tel suicide économique. (…)

Jusqu’au démarrage de l’opération encore plus frauduleuse que sont les QE (la monétisation de la dette), nos gouvernements ont littéralement emprunté chaque sou en existence. Ce qui signifie que la monnaie est littéralement un « IOU » du gouvernement (I owe you, reconnaissance de dette), qui est insolvable.

Quelle est la valeur d’une reconnaissance de dette émise par une entité fauchée comme les blés ? Zéro. La devise de l’économie B était déjà sans valeur, même avant sa création monétaire inconsidérée menant à l’hyperinflation. La devise de l’économie A n’est devenue sans valeur qu’après la création monétaire. Autrement dit, la devise de l’économie A n’a aucune valeur. La devise de l’économie B est doublement sans valeur. (…)

Pour conclure en nous répétant : à travers l’histoire, toute nation qui s’est engagée dans la politique hyperinflationniste de la création monétaire industrielle l’a fait car elle était déjà tombée dans le piège de l’insolvabilité. Non seulement il est possible d’avoir simultanément un pays qui recourt à la création monétaire jusqu’à provoquer l’effondrement de sa devise et avoir ce que l’on appelle un défaut provoquant un crash déflationniste, mais il s’agit en fait du seul scénario qui provoque l’hyperinflation. (…) »

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La Grèce a pour le moment évité le défaut alors que le Bundestag est réuni pour approuver le cadre des négociations pour un nouveau plan d’aide qui lui a été votée hier par le parlement grec, Porto Rico est plus proche que jamais du défaut d’après cet article de Bloomberg :

« Porto Rico a fait un nouveau pas vers le défaut de paiement d’après l’une de ses agences qui n’a pas effectué en temps et en heure le transfert requis vers un dépositaire afin de couvrir un remboursement dû pour le 1er août pour la simple raison qu’elle ne possède pas les fonds.

À l’heure actuelle, on ignore si la Public Finance Corp. remboursera les obligations pour une valeur de 36,3 millions de dollars qui arrivent à échéance à cette date. Si ce paiement n’était pas fait, ce serait le premier défaut sur la dette de Porto Rico alors que le Commonwealth tente de négocier la restructuration de la dette de 72 milliards de l’île.

Ce retard de paiement met en exergue l’étranglement fiscal dont est victime le membre du Commonwealth américain qui est en train de faire pression sur le Congrès afin de permettre à certaines de ses entreprises publiques de se placer sous la protection de la loi du Chapter 9 pour les entreprises en faillite. (…)

La majorité de la dette émise par la Public Finance Corp. est détenue par des entités de Porto Rico mais aussi par certains fonds de pension américains ainsi que dans une plus petite mesure par des hedge funds, d’après Daniel Manson analyste chez Height Securities, qui a déclaré : « nous estimons que cet événement de défaut technique va déclencher une vague d’autres défauts ainsi qu’attirer davantage l’attention sur les problèmes de liquidités de Porto Rico ». (…)

Le gouverneur de l’île Alejandro Garcia Padilla a demandé le mois dernier la création d’un plan de restructuration de la dette de Porto Rico d’ici le 30 août en affirmant que sa juridiction n’était pas en mesure de rembourser sa dette. (…)

Alors que la planète entière a les yeux rivés sur la Grèce, les banques italiennes nagent dans les crédits douteux. Le plus grand danger qui menace la zone euro n’est probablement pas la Grèce mais deux de ses poids-lourds, à savoir la France et l’Italie.

C’est d’autant plus vrai pour l’Italie et plus particulièrement son secteur bancaire. Comme le note laconiquement DerStandard.at,

« En raison de la récession de ces dernières années et des faillites d’entreprises, les crédits douteux ne cessent d’augmenter en Italie. D’après l’association des banques d’Italie, le montant des prêts en défaut (NPL) s’élève en mai à 193,7 milliards d’euros, soit 25,1 milliards de plus par rapport au même mois de l’année précédente. Il s’agit des niveaux les plus élevés depuis 1996.

Les crédits non productifs représentent 10,1 % de tous les crédits accordés par les banques italiennes, d’après l’association. Les PME sont particulièrement sous pression ce qui signifie qu’il faudra beaucoup de temps pour que la situation s’améliore. Les sociétés italiennes subissent de plein fouet les effets de la plus longue crise économique depuis la Seconde Guerre mondiale ce qui les met en incapacité de rembourser leurs crédits. »
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Si ces calculs sont corrects cela signifie que les prêts en défaut ont augmenté d’environ 15 % en un an en Italie, durant une période qui ne fut pourtant pas la pire même si l’Italie a connu une nouvelle contraction économique.

Comme le montre le graphique ci-dessous (malheureusement nous n’avons rien trouvé de plus récent), les crédits en défaut de paiement en Italie s’élevaient à 165 milliards au premier trimestre 2014. Cependant, ce graphique prend également en compte d’autres crédits douteux qui ne sont pas encore en défaut mais qui présentent des risques d’impayés.

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Et tandis que les banques italiennes croulent sous les créances douteuses (sur base du graphique ci-dessus, on peut probablement affirmer sans trop s’avancer que le montant actuel tourne autour des 350 milliards d’euros), le fardeau de la dette du gouvernement a lui aussi augmenté. Bien sûr, la dette italienne est considérée comme « sans risque » depuis que nous sommes entrés dans la 4e dimension suite au début de l’« Eurothon » de la BCE.  (…)

Cependant, en termes de créances douteuses dans son système bancaire, l’Italie n’est pas le plus mauvais élève de la classe européenne. Comme le montre le graphique ci-dessous, la Grèce se trouve sans surprise en tête du classement européen suivie par l’Irlande, la Slovénie et l’Italie. Dans la plupart de ces pays, des mesures ont été prises (la création de « bad banks ») afin de contrôler le problème. L’Italie semble avoir disparu des écrans radars mais risque de faire un retour tonitruant lorsque la pseudo embellie économique artificiellement créée à base de liquidités s’effacera pour laisser place à une nouvelle chute.

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Conclusion : la Grèce n’est qu’un souci secondaire. La zone euro est criblée de problèmes qui ont le potentiel de déboucher sur des catastrophes. Aussi bien la dette privée que publique en Italie est problématique, ce n’est probablement qu’une question de temps avant que son gouvernement devienne un sujet de préoccupation ce qui mettra les banques italiennes dans une situation intenable vu qu’elles ont accumulé les obligations d’État depuis 2012. (…)

Source : acting-man

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Article de Zero Hedge, publié le 28 juin 2015 :

« Comme nous le disions hier pendant tout un temps il semble que rien ne puisse arriver, la situation étant soi-disant sous contrôle. Puis, soudainement, tout arrive d’un seul coup car deux jours seulement après les velléités de Grexit de la Grèce, le NYT a rapporté que la vague du défaut vient de traverser l’Atlantique pour atteindre Porto Rico.

Le gouverneur de l’île, Alejandro Garcia Padilla, a déclaré qu’il devait la sortir de la « spirale mortifère » après avoir conclu que l’île du Commonwealth ne peut rembourser sa dette d’environ 72 milliards de dollars, un aveu qui aura probablement des répercussions financières importantes.

Autrement dit, d’abord la Grèce et maintenant Porto Rico sont peut-être dans un état de défaut schrodingerien. Pourquoi cette ambiguïté ? Car tandis que la Grèce n’est pas techniquement en défaut avant le 1er juillet, Porto Rico n’a même pas la possibilité de se déclarer en défaut pur et simple. Ce qui ne signifie pas que l’île continuera de rembourser sa dette. Cité par le New York Times, Garcia Padilla a déclaré qu’ « il n’est pas possible de rembourser la dette » ajoutant qu’il « n’y a pas d’autre solution. J’aimerais avoir une option plus simple mais il s’agit simplement de mathématiques et non de politique. »

Ce qui est amusant car depuis 2009 les mathématiques ne sont plus prises en compte durant l’examen des questions économiques soit depuis que la foi en les banques centrales a pris le relais. Le problème, c’est que cette foi s’est évaporée tout comme l’intérêt politique de maintenir en vie un système international insolvable. La Grèce vient de le réaliser et désormais Porto Rico. De l’article du New York Times :

« Une vaste restructuration (de la dette) de Porto Rico plante le décor d’un test sans précédent pour le marché obligataire américain sur lequel les villes et les états comptent pour subvenir à leurs besoins vitaux comme la construction de routes ou d’hôpitaux.

Ce marché avait déjà été secoué par les défauts municipaux de Détroit, de Stockton (Californie) et d’ailleurs malmenant la croyance que les gouvernements locaux des États-Unis seraient toujours en mesure de rembourser leur dette. (…) »