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Déficit

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règles enfreintes

Pas plus de 3 % de déficit annuel : l’Europe accepte volontiers que les États soient dans le rouge de 3 % chaque année (sans expliquer comment c’est financièrement viable). Il s’agit d’une limite qui fait partie des piliers des critères fiscaux de l’Union. Pourtant, comme le montre Constantin Gurdgiev dans ce billet, on dirait que cette règle a été créée uniquement pour être bafouée alors que certains pays l’ont enfreinte à répétition, voire systématiquement, tels de vulgaires multirécidivistes que l’on relâche larcin après larcin.

classement des pays ayant enfreint la règle européenne des 3 % de déficit

Les champions européens du déficit de plus de 3 %

Dans le tableau préparé par l’auteur, on retrouve le nombre de déficits supérieurs à 3 % enregistrés par pays, chiffre qui est ensuite décortiqué en faisant le compte des déficits « autorisés » (à savoir lorsqu’un pays est en récession), et les déficits non-autorisés… qui ont de toute façon lieu.

Si la Grèce trône sans surprise en tête du classement des nations qui ont accumulé le plus grand nombre de déficits annuels supérieurs à 3 % (18, soit un sans-faute vu que les statistiques remontent à 1999, ou à l’année d’accession de chaque pays), c’est la France, cocorico, qui accumule le plus grand nombre de « déficits non-autorisés ». Comme quoi, Bruxelles ne prend pas (encore) toutes les décisions en lieu et place du Parlement ! Autre intrus en tête du classement, mais pour qui cet honneur sera bientôt de l’histoire ancienne Brexit oblige, la Grande-Bretagne talonne la France en s’offrant le luxe d’égaler la Grèce (véritable référence-étalon en la matière vu sa régularité de métronome à être dans le rouge) en nombre de déficits non-autorisés.

Le cancre qui se cache bien derrière les trublions

L’Allemagne, toujours prompte à donner des leçons d’orthodoxie budgétaire à qui veut l’entendre (ou ne veut pas), ne fait pas mieux que le milieu de classement avec 7 déficits, dont 5 non-autorisés. On m’a toujours dit que, pour se permettre de donner des leçons aux autres, il fallait être irréprochable soi-même. Ce concept semble étranger à la classe politique allemande. À quand des remontrances du ministre des Finances bulgare ou estonien à l’adresse de la Germanie ? Avouez que ce serait cocasse.

Les bons élèves

Seuls trois pays peuvent se vanter d’avoir strictement suivi cette fameuse règle des 3 % : le Luxembourg, la Suède et l’Estonie. On peut aussi mettre dans le panier des bons élèves le Danemark et la Finlande en vertu de ce que l’on peut considérer comme un petit accident de parcours.

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Article de Martin Feldstein, professeur d’économie à Harvard, publié le 25 juillet 2016 sur ProjectSyndicate.org : 

« Deux nouvelles concernant le budget sonnent comme un triste rappel de l’état périlleux de la politique fiscale des États-Unis. L’Office of Management and Budget du président Obama a annoncé que le déficit du gouvernement fédéral serait cette année d’environ 600 milliards de dollars, en hausse de 162 milliards par rapport à 2015, soit une augmentation d’environ 35 %. Et les prévisions à long terme du Congressional Budget Office (CBO) anticipent, si cette politique fiscale se poursuit, que la dette fédérale augmentera de 75 à 86 % du PIB dans la décennie à venir pour ensuite atteindre 141 % d’ici 2046, soit à des niveaux proches de l’Italie, du Portugal et de la Grèce.

Même si le ratio dette/PIB a doublé durant la dernière décennie, l’administration Obama et le congrès ont ignoré le problème, préférant se focaliser sur le déclin du déficit annuel depuis 2012 ainsi que la relative stabilité du déficit en tant que le pourcentage du PIB. Ce progrès temporaire reflétait la reprise économique et les votes du Congrès visant à limiter les dépenses militaires et d’autres programmes « discrétionnaires ».

Mais le creusement à long terme des déficits annuels dû au vieillissement de la population, aux progrès médicaux et à la hausse des taux signifie que l’augmentation du ratio dette/PIB est inévitable (il est d’ailleurs attendu par le CBO et d’autres). Le nombre grandissant d’Américains âgés susceptibles de bénéficier d’allocations sociales augmentera les coûts de ce programme de 4,9 % du PIB cette année à 6,3 % du PIB dans les 30 années à venir. La moitié de l’augmentation des coûts des programmes fédéraux de santé, de 5,5 % du PIB aujourd’hui à 8,9 % en 2046, sera le fait de l’augmentation du nombre de bénéficiaires, tandis que l’autre moitié sera due aux coûts additionnels engendrés par l’utilisation de technologies plus coûteuses.

Les politiques monétaires non conventionnelles de la Fed ont poussé le service de la dette à seulement 1,4 % du PIB malgré l’augmentation de son poids. Mais lorsque les taux d’intérêt se normaliseront alors que la dette augmente, le coût du service de la dette nationale pourrait augmenter jusqu’à 5,8 % du PIB. (…)

Le fait que plus de la moitié de la dette publique américaine est désormais dans les mains d’investisseurs étrangers signifie que les taux pourraient être encore plus sensibles au montant total de la dette. Les investisseurs pourraient craindre l’adoption de politiques visant à réduire la valeur réelle de leurs actifs. Même si le gouvernement américain ne fera jamais défaut de façon explicite, il pourrait adopter des politiques telles que la déduction de l’impôt sur le revenu sur le paiement des intérêts, ce qui désavantagerait les porteurs étrangers et ferait baisser la valeur des obligations. De plus, un haut niveau de dette pourrait faire craindre l’adoption de politiques monétaires inflationnistes visant à faire baisser la valeur du dollar, et donc la valeur réelle de leur obligation.

La sécurité sociale et le service de la dette devraient engloutir 100 % des rentrées fiscales des États-Unis d’ici 2046

Voici une conséquence incroyable et inquiétante du CBO à propos de tout ceci : d’ici 2046, les projections concernant les programmes sociaux principaux et le service de la dette prédisent que ces 2 postes devraient engloutir plus de 100 % des rentrées fiscales des États-Unis, dans le scénario d’une fiscalité inchangée. Un petit déficit, d’1,6 % du PIB, émergerait sans avoir même dépensé un centime pour la défense ou d’autres programmes « discrétionnaires ». Il sera impossible de compenser la hausse des programmes sociaux par la baisse des budgets des autres postes de dépenses, comme la défense. (…)

Aucun des candidats à la présidentielle n’a évoqué un plan de bataille ou son souhait d’inverser l’augmentation projetée de la dette nationale. Ce devrait pourtant être l’une des premières priorités du futur pensionnaire de la Maison-Blanche, qui qu’il soit. Vu l’urgence afin d’éviter le pire scénario, il n’y a pas d’excuses pour attendre. »

Crédit illustration : Chris Potter (http://www.stockmonkeys.com/) via Flickr

Le 16 mars dernier, nous avons publié un article concernant le témoignage du professeur Kotlikoff au Sénat durant lequel il a annoncé aux sénateurs américains que la dette réelle des États-Unis est de 210 trillions de dollars au lieu des 13 trillions officiels.

Voici des extraits sous-titrés de l’interview qu’il a accordée le 18 mars dernier à Greg Hunter. Malgré le message limpide du professeur de l’université de Boston adressé aux sénateurs ceux-ci ne parviennent pas à saisir la gravité de la situation, enfoncés dans leur paradigme depuis trop longtemps. Pour le Pr Kotlikoff, les choses sont pourtant simples : en poursuivant de la sorte, les États-Unis suivront la trajectoire de pays comme l’Argentine. Et redresser la situation demanderait des efforts supérieurs à ceux entrepris par la Grèce…

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Traduction de l’article de Lawrence Williams de Mineweb, paru le 25 novembre 2014 sur le déficit entre l’offre fournie par la production d’or physique et la demande :

« Dans un article précédent, nous avons déjà démontré que la demande chinoise et indienne, d’environ 3100 tonnes, correspond déjà à la production mondiale d’or d’après les chiffres du World Gold Council.

Ces chiffres de la demande chinoise et indienne sont probablement sous-estimés, car il est difficile d’évaluer les transactions réalisées via l’or de contrebande en Inde, faites afin de ne pas payer les 10 % de droits de douane tout en profitant des primes élevées du marché indien. Les chiffres chinois sont également sous-évalués, car ils ne concernent que la Chine elle-même, sans inclure Hong Kong. Vu que cette dernière fait techniquement partie de la Chine, on peut ajouter à ces chiffres 40 à 50 tonnes.

Par contre, nous nous n’étions pas attardés sur les niveaux réels de la demande d’or ailleurs dans le monde. Pour ce faire, nous allons reprendre les chiffres du World Gold Council en détail. Les chiffres du WGC peuvent être incomplets, comme nous venons de le démontrer avec la Chine, mais ce sont les meilleurs dont on dispose en ce qui concerne le reste du monde. Le WGC évalue à 1566 tonnes la demande d’or en dehors de la Chine et de l’Inde.

C’est ainsi que de septembre 2013 à septembre 2014, l’Asie, sans compter la Chine et l’Inde, aurait consommé 280 tonnes, le Moyen-Orient 218,6 tonnes, la Turquie 121,9 tonnes la Russie 73,8 tonnes, les États-Unis 174,3 tonnes, l’Europe sans les membres du Commonwealth 272,1 tonnes, et le reste 425,3 tonnes, pour un total de 1566 tonnes.

Le rapport du WGC estime la production minière durant cette même période à 1143,5 tonnes, soit un chiffre bien inférieur à la demande. Sans même prendre en compte l’Inde et la Chine, dont la demande équivaut plus ou moins à la production minière mondiale annuelle, cela signifie que cette année, il aura manqué 420 tonnes à la production pour assurer la demande.

En ce qui concerne l’avenir, la production minière se stabilisera au mieux, ou baissera, en raison des réductions de capitaux des sociétés, ainsi que de l’appauvrissement des gisements, en termes quantitatifs et qualitatifs. L’or de récupération restera au plus bas, les ventes d’or des ETF devront diminuer fortement. Tous ces facteurs devraient empêcher l’or de baisser fortement (et si cela devait arriver, cela déclencherait une nouvelle vague d’achats d’or physique). La demande, quant à elle, ne devrait pas beaucoup évoluer – mais elle pourrait grimper si le cours devait rester à des niveaux attractifs, comme ce fut le cas ces dernières semaines, la baisse marquée ayant débouché sur des achats massifs en Inde et en Chine.

Tous ces éléments suggèrent qu’un déficit de plus de 500 tonnes d’or devra être comblé en 2015, voire même plus dans les années suivantes, la production étant bien partie pour tomber à moyen terme.

Les mouvements récents de l’or ont démontré que les fondamentaux de la loi de l’offre et de la demande ont très peu d’effets sur le marché. Alors que toute baisse du cours est accompagnée d’achats massifs de métal physique, ces achats n’ont pas permis dans l’immédiat de renverser la tendance. Ce sont les traders sur les marchés des futures de l’or qui donnent le la. Mais cet état de fait ne pourra pas perdurer. Les fondamentaux, qui ne cessent de s’améliorer pour l’or, finiront pas remettre l’église au milieu du village. Les perspectives à long terme pour l’or sont donc très bonnes. À moyen terme, nous devrions assister à un redressement. Par contre, à court terme, il ne faudra pas s’attendre à des miracles, l’or papier continuant de dicter sa loi… Jusqu’au jour où. »