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Dérivé or

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Traduction condensée de l’article de Nick Barisheff, publié le 25 mai 2016 sur SafeHaven.com, qui explique pourquoi des gens comme George Soros, John Paulson et Stanley Druckenmiller ont tort de miser sur l’or… papier en réaction aux craintes concernant la stabilité des marchés financiers :

« L’ETF est le choix de nombreux investisseurs et de leurs conseillers. Ils sont séduits par la facilité de l’achat de parts, ainsi que par les frais de gestion peu élevés. Cependant, comme pour tout investissement, il est critique de l’examiner sous toutes ses coutures et de le faire personnellement afin de comprendre leurs modes de fonctionnement, ainsi que les risques associés. Un papier de la BRI conclut :

« L’expérience des crises a montré que l’allongement de la chaîne des intermédiaires complique les risques associés aux produits financiers en raison du manque de transparence sur la gestion du risque au niveau de chaque élément de la chaîne. Les ETF, qui sont devenus populaires auprès des investisseurs souhaitant s’exposer un portefeuille diversifié d’actifs, sont dotés de cette caractéristique, surtout lorsqu’ils exploitent des produits dérivés. Alors que la quantité de ces produits augmente, ces stratégies de réplication peuvent contribuer à alimenter le risque systémique dans le système financier. »

(…) La SEC, de son côté, conseille de ne pas investir dans un instrument que vous ne comprenez pas.

Malheureusement, de nombreux investisseurs et leurs conseillers ne lisent pas les prospectus ou les documents décrivant le monde de fonctionnement des ETF, ce qui signifie qu’ils n’en comprennent pas les risques. Dans le cas spécifique des ETF or, il est plus que jamais important de lire attentivement ces conditions. J’ai participé à la rédaction de nombreux prospectus au Canada, avec certains des plus grands cabinets d’avocats.  Durant ces séances de rédaction, les avocats passent un temps fou à peaufiner chaque mot, ce n’est pas innocent.

La plupart des investisseurs pensent que les ETF sont comme une simple société d’investissement à capital variable offrant des frais peu élevés. C’est ce facteur qui les attire, oubliant les différences fondamentales de structure entre un ETF et une société d’investissement. Dans une telle société, les investisseurs fournissent les fonds, le gestionnaire les alloue à des actifs conformément à son mandat et les investisseurs reçoivent des parts du fond à hauteur de leur investissement.

Dans une société d’investissement digne de ce nom, seuls les investisseurs peuvent revendiquer les actifs. Les ETF sont structurés de façon bien différente. Voici ce que dit le prospectus du GLD :

« L’objectif d’investissement du Trust est de permettre aux Actions de refléter la performance du cours de l’or, amputés des frais ».

L’objectif ne mentionne pas la possession d’or. Cet ETF est intéressant pour ceux qui spéculent, pour les investisseurs qui utilisent des options en tant que protection de la valeur de leur or physique ou pour améliorer la performance. Cependant, il ne s’agit pas du meilleur choix pour les investisseurs qui souhaitent bénéficier des avantages de l’or physique. (…)

Comment fonctionne véritablement un ETF ? Les participants autorisés empruntent les actifs à un faible coût, ou inexistant, échangent ces actifs contre la création de parts qui sont ensuite vendues sur le marché tandis qu’ils conservent l’intégralité du produit de cette vente.

Il devrait être clair pour tout le monde que les participants autorisés, à savoir les grandes banques et sociétés de gestion, empochent l’intégralité des sommes investies. Elles utilisent ensuite cet argent pour investir dans des actifs dont le rendement est supérieur au coût de leasing des actifs nécessaires pour émettre les parts d’ETF. (…) Dans le cas de l’or, le métal est souvent emprunté aux banques centrales… qui, malgré tout, se trouve comptabilisé sur leur bilan.

Ce qui signifie qu’en bout de course, même si l’or se trouve dans les coffres de l’ETF, il peut appartenir légalement à une banque centrale. Il se pourrait donc bien qu’un jour, un ETF ou un participant autorisé devienne insolvable tandis que des avocats deviendront riches à déterminer qui est le propriétaire véritable des lingots. En attendant le verdict, les actifs des investisseurs seront gelés. Si la balance penche du côté des banques centrales, ils auront tout perdu. Et dans le cas contraire, ce qui est peu plausible, ils auront perdu l’opportunité de disposer de leur actif comme bon leur semble.

Dans ce contexte, certains milliardaires ont le bon réflexe de diversification mais se trompent dans l’exécution. Les ETF, l’or papier et les contrats à terme ne sont que des dérivés de l’or physique. Quelle est la validité d’une assurance si la société qui l’émet fait faillite ? Pour profiter des avantages offerts par l’or depuis des millénaires, les investisseurs doivent posséder du métal physique, pas un produit financier. (…) »