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Dette

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Actuellement, la dette américaine a atteint la somme colossale de 19,8 trillions de dollars. Elle va continuer d’augmenter sous la présidence de Trump, vu ses intentions de baisser les impôts et d’investir dans les infrastructures.

Les baisses d’impôts proposées augmenteront la dette américaine de 7 trillions dans les 10 ans à venir (en prenant en compte les intérêts courus et les effets macro-économiques), de 20 trillions dans les 2 décennies à venir, d’après Forbes. Le président élu n’a pas détaillé comment il compte financer ces baisses d’impôts.

Le protectionnisme, un jeu sans gagnant

Le président élu Trump a des plans radicaux : il souhaite enterrer des accords commerciaux établis de longue date, comme l’accord de libre-échange nord-américain (ALENA), augmenter les droits de douane sur les importations chinoises, etc.

Cependant, dans un contexte économique toujours plus mondialisé, chaque action que mettra en place le président Trump provoquera une réaction aussi forte dans une économie déjà hautement endettée qui patine déjà en raison d’une croissance anémique. Cette guerre commerciale planétaire a peu de chances de bénéficier aux États-Unis ou à l’économie mondiale.

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Il n’est pas certain que les consommateurs américains apprécient de devoir payer plus cher les biens importés qu’ils achètent. Après tout, les délocalisations ont donné un fameux coup de pouce aux entreprises américaines, leur permettant de baisser leurs coûts de production (par exemple, un iPhone plus cher risque de réduire sa demande, aussi bien domestique qu’internationale).

Les investisseurs ont profité de l’argent bon marché pour acheter des actions et de l’immobilier, alors qu’il était censé alimenter l’économie réelle. Le désastre économique de Trump est une catastrophe inéluctable.

Je vous rappelle que rien n’a changé dans l’économie américaine depuis le marché haussier engendré par l’élection de Trump.

Le futur président Trump a critiqué Janet Yellen alors que celle-ci comprend que l’économie ne peut encaisser des taux beaucoup plus élevés. Elle s’effondrera si les taux augmentent, comme on a pu le voir durant ces dernières années. Les taux planchers perdureront malgré les attentes des experts, qui se prononcent en faveur d’une hausse importante du taux directeur. Lorsque Trump prendra ses fonctions, il aura besoin de l’assistance de la FED. Même s’il doit encore le comprendre !

Les entreprises n’ont pas énormément investi dans des projets. Elles ont plutôt racheté leurs titres. Lorsqu’elles embauchent, c’est principalement à temps partiel. À mon avis, rien ne justifie la hausse de la bourse et de l’immobilier, qui sont pour moi des bombes à retardement. (…)

Sans connaître les détails des politiques proposées, les marchés ont bien trop anticipé en se dotant d’un filet de sécurité très mince. Il est donc prudent d’être prêt à acheter de l’or, en quantité importante et pour le long terme. (…) »

Article de Chris Vermeulen, publié le 15 décembre 2016 sur SafeHaven.com

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Trump et la dette

Les économistes et les financiers, qui n’étaient pas majoritairement derrière Trump, semblent maintenant s’émerveiller de son programme économique… ou pas, à l’image d’un Paul Krugman qui ne sait pas encadrer le milliardaire alors qu’il est sur le point de réaliser ses rêves keynésiens les plus fous. Il n’empêche, Trump c’est un nouveau coup d’accélérateur sur la promesse de déficits et de QE, en bref, d’une nouvelle dose de ce qui a échoué, comme l’explique cet article de David Stockman, publié le 8 décembre 2016 sur DailyReckoning.com :

« Les marchés financiers se préparent à une tempête dans laquelle tous les éléments se conjuguent : échec des banques centrales, carnage sur le marché obligataire, récession mondiale et un véritable bain de sang fiscal à Washington. Les investisseurs devraient prendre leurs jambes à leur cou direction la montagne…

Ce qui stoppera les Trumponomics dans leur élan, c’est la dette, d’environ 64 trillions de dollars. C’est ce qui étrangle l’économie américaine. Tant que les mécanismes de sa croissance effrénée ne seront pas arrêtés et inversés, les chances d’obtenir un taux de croissance durable et réel de 3 à 4 %, objectif que ne cessent de jacasser les membres de l’équipe Trump, sont quasi nulles.

Comprenez bien ceci : le problème monumental de la dette nationale n’a pas été récemment créé par l’administration Obama, ou par une Nancy Pelosi incapable de dire non à tout programme de dépenses – même si ces 8 dernières années ont indubitablement empiré considérablement le problème et que les Démocrates sont coupables, il n’y a aucun doute là-dessus.

Mais franchement, le problème de la dette est une création bipartite : le fait que la Maison Blanche et les deux côtés de Capitol Hill (Chambre et Sénat) soient sous contrôle républicain ne change rien. En fait, l’addiction américaine à la dette remonte à août 1971, lorsque Nixon annula la convertibilité du dollar en or pour lancer la planète dans l’expérience monétaire destructrice que nous vivons, basée sur la création massive du crédit sous l’impulsion des banques centrales.

Cependant, c’est après 1980 que le monstre de la dette a vraiment commencé à sortir de sa boîte, après qu’elle ait été ouverte par les banques centrales. À ce sujet, Paul Volcker fut le dernier banquier central honnête. Avec l’accord de Ronald Reagan, il cassa en deux l’inflation virulente des matières premières et des biens à la consommation qui fut déclenchée par ses prédécesseurs immédiats dans les années 70.

Cependant, le travail admirable de Volcker fut vain en raison de deux autres facteurs : la fin de la rectitude fiscale et l’acte de destruction final de l’argent sain par Alan Greenspan, événements qui ont également eu lieu sous Gipper (Reagan).

En fait, les déficits gigantesques de Reagan, qui a quasi triplé la dette, passant de 930 millions à 2,7 trillions de dollars durant ses 8 années à la Maison Blanche, sont exactement ce qui a poussé Greenspan à mettre en marche la planche à billets de la FED après le krach boursier d’octobre 1987.

Ce qui s’est passé à cette époque c’est que la reprise économique s’est télescopée avec les besoins énormes en crédit de l’Oncle Sam, provoquant la désertion des investissements dans le privé. Résultat des courses : les taux ont rapidement grimpé, provoquant une chute de 15 % de la valeur des Treasuries en quelques mois seulement.

C’est l’une des raisons qui a provoqué le krach boursier de 25 % de la fin octobre, mais on n’a pas laissé les marchés se corriger intégralement. Au lieu de cela, Greenspan et ses successeurs ont embrassé des politiques de banque centrale keynésiennes, créant ainsi un parking temporaire pour la dette grandissante du pays sur le bilan de la FED et des autres banques centrales.

Ce faisant, le règne de Greenspan, Bernanke et Yellen ont repoussé le jour du jugement dernier fiscal d’environ 3 décennies, ainsi qu’alimenté une expansion économique non durable grâce à la dette bon marché et à des actifs financiers aux prix fortement gonflés.

Au 4e trimestre de l’année 1980, la dette totale américaine privée et publique totalisait juste 4,8 trillions de dollars, soit un peu plus de 150 % du PIB de 3 trillions de l’époque.

Depuis, la dette totale a explosé jusqu’à presque 64 trillions de dollars (x 13). Elle représente 350 % du PIB, ce qui signifie que ces 2 tours supplémentaires de dette représentent 35 trillions de dollars, soit un énorme fardeau économique pour les États-Unis.

De ce fait, il n’y a aucune chance que des politiques visant à ajouter de la dette aux montagnes que nous possédons déjà puissent relancer l’économie américaine. La clé de la reprise consiste à virer les accrocs à la création monétaire qui sont à la FED. Transmettre le témoin à des simulateurs fiscaux de Capitol Hill ne servirait à rien.

Pourtant, tout ceci est l’essence des Trumponomics, ou du moins tels qu’ils ont été présentés par les conseillers économiques du président élu. En effet, en mettant de côté toutes les envolées sur le thème du « drainage du marais », les seuls programmes fédéraux dont il a parlé durant la campagne verront leur budget soit être maintenu, soit être augmenté.

Trump a déjà prévu de ne pas toucher à 3,6 trillions de dollars du budget 2018, notamment en ce qui concerne la Social Security, Medicare, les anciens combattants, la Défense et la protection des frontières. En plus des intérêts sur la dette nationale de 20 trillions de dollars, cela représente déjà 86 % du budget avant qu’il ne dépense davantage pour la Défense, les anciens combattants, son Mur, la protection des frontières et son programme d’investissements tant vanté dans les infrastructures.

En même temps, les revenus fédéraux stagnent déjà. Les perceptions pour l’intégralité de l’année fiscale 2016 ont augmenté de seulement 18 milliards (0,6 %) pour un total de 3,267 trillions. Elles ont même baissé de 80 milliards, soit de 2 % à un taux annualisé, durant les 2 derniers trimestres de l’année fiscale s’étant terminée en septembre.

À moins que la reprise économique et les rentrées fiscales augmentent quasi immédiatement, cela signifie que le déficit de base de l’année fiscale 2018 de l’administration Trump pourrait atteindre 930 milliards. Tout cela en supposant que la dégradation des rentrées fiscales ne se poursuivra pas, ou encore que nous ne connaîtrons pas une grosse récession dans les deux années à venir.

Cette analyse réfute la notion fantasmagorique, qui anime actuellement le casino de Wall Street, que les Trumponomics déclencheront une puissante vague de stimulation fiscale via des dépenses et des baisses d’impôt.

Non, cela n’aura pas lieu. L’aile républicaine du Tea Party demandera des mesures compensatoires. Les anges gardiens du marché obligataire, récemment sortis de leur torpeur, extrairont des taux plus élevés. Le plafond de la dette vertigineuse de l’Oncle Sam, de 20 trillions de dollars et qui expire en mars, ralentira toute action pendant des mois.

Il n’y a aucune chance pour que nous connaissions le choc fiscal immédiat et propre de l’économie américaine moribonde telle que fantasmé par les bulls de Wall Street. Similairement, il n’y aura pas de passage de témoin propre et fiable à un nouvel agent responsable des stimulations à Capitol Hill. Ce qui signifie donc que l’économie américaine entrera à nouveau en récession quelque part en 2017. (…)

Voici le problème en bref : Donald Trump n’a pas la marge de manœuvre nécessaire pour implémenter des baisses d’impôts financées par des déficits comme Reagan l’a fait. Après 35 ans à prétendre que les déficits n’ont aucune espèce d’importance, il n’y a plus de marge de manœuvre fiscale. Plus aucune.

De même, après trois décennies passées à dire qu’il y aura toujours un plan de stimulation ou de sauvetage de la FED ou du Trésor, Wall Street est désormais accro mais son poudrier est vide. La FED n’a plus de munitions et les Trumponomics échoueront rapidement.

Le « Trump Reflation Trade » a offert un cadeau aux investisseurs : l’opportunité de sortir indemne du casino avant le début du vrai carnage. »

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explosion d'une bombe

152 000 milliards de dollars de dettes dans le monde.

En gros deux fois les richesses produites annuellement dans le monde.

“Par définition, la démocratie ne se reconnaît pas de limite” écrivait Vladimir Volkoff dans Pourquoi je suis moyennement démocrate. Une démocratie ne s’endette-t-elle pas uniquement pour le bien de ses administrés ?

C’est ainsi qu’une grande partie de cette dette est publique, garantie par les contribuables.

Tous les jours des intérêts sur cette dette sont dus.

Imaginez que ces intérêts augmentent de 0,25%. Pas grand-chose, n’est-ce pas ?

0,25% x 152 000 milliards de dollars = 380 milliards de dollars (je remercie mon aimable lecteur C.J. d’avoir fait le calcul).

380 milliards de dollars d’intérêts à payer en plus.

Mais cela fait aussi 0,54% du PIB mondial. Donc 0,54% de PIB en moins et 0,54% de croissance en moins.

En juillet, la croissance mondiale prévue par le FMI s’établissait à 3,4% et était déjà jugée décevante ou molle.

Une simple arithmétique montre que 0,25% d’augmentation de taux ampute la croissance mondiale d’un sixième de sa maigre valeur.

Que vont dans ces conditions devenir les investissements hasardeux faits avec de l’argent emprunté, du levier ?

Ils pourraient ne pas êtres remboursés, dans ce cas l’économie mondiale affronterait une déflation, une destruction de crédit et de monnaie. A moins évidemment que les banques centrales ne rachètent tout, que nous assistions à de gigantesques QE. Auquel cas ce sera une dépression inflationniste.

C’est pour cela que nous estimons toujours que l’or est un actif financier à détenir en protection. Il ne peut pas être détruit dans le processus de destruction de dettes et il protégera de l’inflation si (lorsque) les banques centrales perdront le contrôle de la situation monétaire.

Oui, l’or baisse en dollar.

Oui, les perspectives à court terme sont plutôt baissières. Le monde est suspendu à l’élection présidentielle américaine. Des spéculateurs sur la hausse du prix de l’or vendent préférant encaisser leurs bénéfices. D’autres spéculateurs vendent croyant en la hausse du taux directeur de la Fed en décembre et à la disparition à tout jamais de l’inflation.

Mais tout ceci est un raisonnement de spéculateur en dollar, d’intervenant de marchés financiers.

Descendons dans le monde réel. Voyez ce qui s’est produit avec la livre sterling récemment. Supposez que vous soyez un épargnant britannique ; vous avez pris la précaution d’abriter quelques liquidités dans l’or en début d’année 2016. Survient le Brexit en juin et les flash krachs sur la livre en octobre.

Voici l’évolution du cours de l’or coté en livre sterling (courbe bleue) depuis douze mois. En comparaison, ce graphique fait aussi figurer le cours de l’or coté en dollar (courbe rouge).

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Vous pouvez constater que l’or est passé de 750 livres l’once à 1 040 livres l’once, soit une progression de plus de 38% depuis le début de l’année civile et une hausse depuis le Brexit d’environ 23%.

Notre épargnant britannique pourrait aujourd’hui revendre son or et acheter un bien en en dollar ou en euro sans avoir à subir l’érosion du pouvoir d’achat de sa monnaie nationale.

Bref, l’or a bien joué son rôle de protection.

Au moment où le sort de l’euro devient de plus en plus incertain, remis en cause par des économistes et “intellectuels” grand public, ce constat sur la livre est à garder à l’esprit.

Mais pourquoi, me direz-vous, notre épargnant britannique n’irait-il pas ouvrir un compte en dollar ou en euro pour se protéger ?

C’est là que nous en revenons aux dettes. Toute monnaie n’existe plus aujourd’hui que sous forme de dettes — et il y en a trop. L’or est le seul actif financier qui ne soit la dette de personne. L’or est le seul actif financier qui mette des limites, c’est pourquoi il est haï des gouvernements. C’est pourquoi nous pensons que c’est la plus fiable des protections en cas de crise monétaire et bancaire.

Pour plus d’informations et de conseils de ce genre, c’est ici et c’est gratuit.

Article de Simone Wapler via les publications Agora

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Article de Martin Feldstein, professeur d’économie à Harvard, publié le 25 juillet 2016 sur ProjectSyndicate.org : 

« Deux nouvelles concernant le budget sonnent comme un triste rappel de l’état périlleux de la politique fiscale des États-Unis. L’Office of Management and Budget du président Obama a annoncé que le déficit du gouvernement fédéral serait cette année d’environ 600 milliards de dollars, en hausse de 162 milliards par rapport à 2015, soit une augmentation d’environ 35 %. Et les prévisions à long terme du Congressional Budget Office (CBO) anticipent, si cette politique fiscale se poursuit, que la dette fédérale augmentera de 75 à 86 % du PIB dans la décennie à venir pour ensuite atteindre 141 % d’ici 2046, soit à des niveaux proches de l’Italie, du Portugal et de la Grèce.

Même si le ratio dette/PIB a doublé durant la dernière décennie, l’administration Obama et le congrès ont ignoré le problème, préférant se focaliser sur le déclin du déficit annuel depuis 2012 ainsi que la relative stabilité du déficit en tant que le pourcentage du PIB. Ce progrès temporaire reflétait la reprise économique et les votes du Congrès visant à limiter les dépenses militaires et d’autres programmes « discrétionnaires ».

Mais le creusement à long terme des déficits annuels dû au vieillissement de la population, aux progrès médicaux et à la hausse des taux signifie que l’augmentation du ratio dette/PIB est inévitable (il est d’ailleurs attendu par le CBO et d’autres). Le nombre grandissant d’Américains âgés susceptibles de bénéficier d’allocations sociales augmentera les coûts de ce programme de 4,9 % du PIB cette année à 6,3 % du PIB dans les 30 années à venir. La moitié de l’augmentation des coûts des programmes fédéraux de santé, de 5,5 % du PIB aujourd’hui à 8,9 % en 2046, sera le fait de l’augmentation du nombre de bénéficiaires, tandis que l’autre moitié sera due aux coûts additionnels engendrés par l’utilisation de technologies plus coûteuses.

Les politiques monétaires non conventionnelles de la Fed ont poussé le service de la dette à seulement 1,4 % du PIB malgré l’augmentation de son poids. Mais lorsque les taux d’intérêt se normaliseront alors que la dette augmente, le coût du service de la dette nationale pourrait augmenter jusqu’à 5,8 % du PIB. (…)

Le fait que plus de la moitié de la dette publique américaine est désormais dans les mains d’investisseurs étrangers signifie que les taux pourraient être encore plus sensibles au montant total de la dette. Les investisseurs pourraient craindre l’adoption de politiques visant à réduire la valeur réelle de leurs actifs. Même si le gouvernement américain ne fera jamais défaut de façon explicite, il pourrait adopter des politiques telles que la déduction de l’impôt sur le revenu sur le paiement des intérêts, ce qui désavantagerait les porteurs étrangers et ferait baisser la valeur des obligations. De plus, un haut niveau de dette pourrait faire craindre l’adoption de politiques monétaires inflationnistes visant à faire baisser la valeur du dollar, et donc la valeur réelle de leur obligation.

La sécurité sociale et le service de la dette devraient engloutir 100 % des rentrées fiscales des États-Unis d’ici 2046

Voici une conséquence incroyable et inquiétante du CBO à propos de tout ceci : d’ici 2046, les projections concernant les programmes sociaux principaux et le service de la dette prédisent que ces 2 postes devraient engloutir plus de 100 % des rentrées fiscales des États-Unis, dans le scénario d’une fiscalité inchangée. Un petit déficit, d’1,6 % du PIB, émergerait sans avoir même dépensé un centime pour la défense ou d’autres programmes « discrétionnaires ». Il sera impossible de compenser la hausse des programmes sociaux par la baisse des budgets des autres postes de dépenses, comme la défense. (…)

Aucun des candidats à la présidentielle n’a évoqué un plan de bataille ou son souhait d’inverser l’augmentation projetée de la dette nationale. Ce devrait pourtant être l’une des premières priorités du futur pensionnaire de la Maison-Blanche, qui qu’il soit. Vu l’urgence afin d’éviter le pire scénario, il n’y a pas d’excuses pour attendre. »

Crédit illustration : Chris Potter (http://www.stockmonkeys.com/) via Flickr

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Pr Antal Fekete

Interview du Pr Antal Fekete par Guillermo Barba, publiée le 13 mai 2016 (traduction condensée) :

Depuis notre dernière interview d’il y a 2 ans, quels sont les événements les plus importants qui ont eu lieu ?

Antal Fekete : c’est sans aucun doute la mise en place des taux négatifs dans certains pays, dont la Suisse, ce qui est incroyable. Je pensais que la Suisse serait le dernier pays à jouer avec le feu alors qu’il fut à l’avant-garde de ce mouvement, ce qui est fou. Je pense qu’il s’agit du développement majeur de ces 2 dernières années.

Pourquoi ?

Antal Fekete : car le processus que nous connaissons n’est pas naturel. Cela équivaut à de la destruction de capital, pas seulement financier mais aussi physique. Les taux d’intérêt en berne détruisent du capital car les taux d’intérêt et la valeur du capital évoluent en direction opposée. Si les taux baissent, alors le prix des obligations augmente et inversement. Si les taux sont négatifs, alors les prix des obligations augmentent. Mais jusqu’où ? L’infini est-il la limite ? Il y a clairement une contradiction. C’est la première fois que nous les connaissons ; ils sont très destructeurs du point de vue du capital.

Pourquoi les banques centrales poursuivent-elles cette stratégie ?

Antal Fekete : l’une des explications, notamment dans le cas des Suisses, est qu’ils essayent de fixer la valeur du franc suisse par rapport aux autres devises. Mais au niveau mondial, on assiste à une course à la dévaluation. À une course vers le fond dont le gagnant est celui qui plonge le plus vite. Ce qui est en soi de la folie.

En décembre dernier, la Fed a relevé ses taux ? Pensez-vous que cette fois, elle a agi comme elle le devait ?

Antal Fekete : la Fed ne sait pas ce qu’elle fait. Ils sont complètement perdus.

Quel est le rôle de l’or dans cette pagaille financière et économique ?

Antal Fekete : l’or est le seul antidote à notre disposition, la seule ancre de stabilité susceptible de régler les choses. Tout le monde sait que l’or est l’antithèse des États-Unis. L’antithèse du keynésianisme. Les gouvernements et les banques centrales mènent une guerre contre l’or, ce qui est compréhensible car la création artificielle de crédit a atteint des proportions telles qu’elle affaiblit l’intégralité du système. Sans l’or, cette décomposition ne peut être stoppée, elle a déjà atteint un stade très avancé.

Pourquoi l’or est-il si important ?

Antal Fekete : Menger fournit la réponse. D’après lui, il s’agit de la seule matière première dotée d’une utilité marginale constante. Tout autre matière première ou actif financier, lorsque vous en achetez de plus en plus, voit sa valeur baisser, son utilité marginale baisser. L’or est la seule chose qui défie ces lois, et dans une certaine mesure l’argent.

Pensez-vous que l’or pourrait être la solution pour relancer le commerce mondial ?

Antal Fekete : tout à fait. J’ai ici un article récent de Hugo Salinas Price. Le titre est « la réévaluation à venir de l’or », dans lequel il analyse de façon très pertinente la situation actuelle et explique pourquoi il est absolument nécessaire de réévaluer l’or. Cela fait des années que je promeus la même analyse. » 

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Egon von Greyerz

Interview d’Egon von Greyerz, publiée le 15 mai 2016 sur KWN :

« L’économie américaine fut un miracle pendant la majorité de ces 100 dernières années. Durant la première moitié de cette période, ce miracle économique fut authentique. La croissance était réelle, les investissements provenaient essentiellement de l’épargne. Les salaires réels augmentés tandis que les finances publiques étaient à l’équilibre. Il y avait également un excédent commercial alors que la croissance de la dette était modérée. Le miracle américain a commencé à s’étioler dans les années 60. Depuis 1961, les États-Unis ont démarré une série record de 55 années de déficit budgétaire, une tendance désastreuse qui a très peu de chances de s’arrêter dans les 10 les années à venir.

Les surplus de l’époque Clinton étaient trompeurs car durant cette période la dette a continué à grimper. Le coût de la guerre est toujours un poids énorme sur les finances des empires. La guerre du Vietnam fut coûteuse, petit à petit l’excédent commercial américain a baissé pour finir par entraîner la valeur du dollar. Lorsque le billet vert était adossé à l’or, il était plus compliqué de créer de la monnaie. Lorsque des nations souveraines, menées par De Gaulle, ont refusé d’accepter un dollar dévalué en tant que paiement des États-Unis pour exiger d’obtenir à la place de l’or, Nixon a mis fin à la convertibilité du dollar en or le 15 août 1971. Ce fut une décision désastreuse qui signala le début de la fin du miracle économique américain.

Aujourd’hui, 45 ans plus tard, les États-Unis sont toujours un miracle. En fait, il s’agit d’un euphémisme, car il est miraculeux qu’un pays puisse survivre avec des déficits budgétaires et commerciaux chroniques, avec une dette qui augmente exponentiellement et qui ne sera jamais remboursée en argent d’aujourd’hui.

Comment les États-Unis ont-ils réussi à maintenir cette position totalement unique qui leur permet d’émettre et de vendre de la dette sans valeur qui ne peut être remboursée qu’en émettant davantage de dette ? Il a imposé au reste du monde l’utilisation du dollar pour le commerce international, notamment. Mais pour que ce système fonctionne correctement, il fut également nécessaire pour les États-Unis de jouer au gendarme dans le système financier mondial pour pénaliser les banques ou les individus qui ne se conforment pas aux lois et règles américaines. Un autre prérequis est d’avoir une machine militaire puissante, ce que possèdent les États-Unis avec plus de 800 bases disséminées dans plus de 100 pays.

Même l’empire romain a provoqué sa destruction

Le dilemme est que les empires sèment toujours les graines de leur destruction. C’est vrai pour tous les empires déchus, que ce soit le perse, le romain, le mongol ou le britannique. En termes simplifiés, lorsque le pays conquis a été pillé de ses ressources et biens gratuits et bon marché, en plus de la main-d’œuvre pas chère ou réduite en esclavage, le conquérant se relâche, commence à perdre le contrôle pour vivre ensuite au-dessus de ses moyens tandis que les ressources s’épuisent. Le conquérant pense pouvoir maintenir les niveaux de vie élevés de son pays mais pour y parvenir, il doit désormais emprunter ou créer de la monnaie. L’argent finit par manquer pour entériner le déclin de la nation conquérante. Le dernier acte de désespoir d’un empire sur le déclin, largement endetté, est souvent de partir en guerre. Celle-ci forme un nuage de fumée pour dissimuler l’état financier du pays tout en fournissant un justificatif pour emprunter davantage afin de tenter de sauver le pays.

Bien sûr, les États-Unis n’ont jamais été un empire dans le sens où cette nation n’a pas étendu son territoire via une guerre majeure, mis à part des interventions temporaires ou des interférences dans d’autres nations. Initialement, l’empire américain fut bâti sur l’esprit entrepreneurial qui a engendré un pays très puissant et l’économie mondiale la plus importante. Les États-Unis devinrent le plus gros fabricant du monde pour dominer la planète durant de nombreuses décennies. Mais comme je l’ai dit ci-dessus, la tendance a commencé doucement à s’inverser dans les années 60 pour s’accélérer dans les années 70 alors que la valeur du dollar chutait. Petit à petit, durant les décennies suivantes, le puissant secteur industriel américain a décliné ; la majorité de l’emploi industriel a été transféré vers la Chine ou d’autres marchés émergents.

Résultat des courses, les salaires des ouvriers en termes réels ont décliné depuis les années 70. Il est ironique que les travailleurs américains qui achètent des produits bon marché fabriqués en Chine voient leurs salaires décliner, ce qui annule les avantages des importations bon marché. Simultanément, les ouvriers chinois augmentent leur niveau de vie et épargnent tandis que les Américains ont du mal à boucler leur fin de mois et emprunte encore plus pour maintenir leur niveau de vie.

La dette américaine totale, qui inclut les engagements non provisionnés comme Medicare et les assurances, a gonflé durant les 30 à 40 dernières années pour s’élever désormais à 300 trillions de dollars. Cela représente presque 1700 % du PIB, le pire chiffre des pays développés. Mais même sans inclure les engagements non provisionnés, la dette américaine s’élève à 400 % du PIB, ce qui est énorme et intenable.

Ben Bernanke a permis à la dette américaine d’exploser

Les États-Unis seront-ils en mesure de réduire cette dette dans les années ou décennies à venir ? Il est quasi garanti que cette dette ne sera jamais remboursée. Prenons par exemple la dette fédérale américaine, de 19 trillions de dollars. Bernanke a contribué à l’explosion de cette dette en la faisant plus que doubler de 8 à 17 trillions de dollars entre 2006 et 2014. Jusqu’à présent, Yellen peut s’estimer heureuse de n’avoir contribué que pour 2 trillions de dollars. Mais ce n’est que le début. Le CBO (Central Budget Office) prévoit une augmentation de la dette américaine de 9 trillions dans les 10 années à venir, pour un total de 28 trillions. Mais cette projection « optimiste » part du principe que les revenus fiscaux et les salaires progresseront normalement.

Mais en cas de scénario d’une croissance inférieure à la moyenne en termes de revenus et de rentrées fiscales, les déficits pourraient très bien gonfler de 2 trillions de dollars par an, en moyenne, pour atteindre une dette totale de 38 à 50 trillions. Je sais que peu de gens défendent une telle projection, mais citez-moi quelqu’un qui avait prédit le doublement de la dette entre 2006 et 2014. Jusqu’à présent, durant ce siècle, tous les organismes qui émettent des prévisions, que ce soit le FMI, la banque mondiale, l’OCDE, la Fed, les autres banques centrales ainsi que les gouvernements, ont systématiquement eu tort en étant largement optimiste. Et vu que nous nous rapprochons du point culminant des bulles économiques et financières de l’histoire, leurs prévisions n’en seront que plus fausses.

Qu’ont en commun Druckenmiller, Dalio, Paulson, Singer, Bass et bien d’autres fondateurs de hedge funds ? Ils sont devenus milliardaires en identifiant les risques et les tendances, les opportunités d’investissement. Chacun de ces gentlemen voit les risques que j’ai énoncés et recommande l’or en tant qu’actif crucial pour s’assurer contre un risque mondial sans précédent. (…)

L’or est l’assurance la plus parfaite pour autant qu’il s’agisse de sa forme physique stockée en dehors du système financier. Car l’or a survécu à toutes les crises de l’histoire tout en conservant toujours son pouvoir d’achat, quelles que soient les circonstances. »

« Si vous ne possédez pas d’or, c’est que soit vous ne connaissez pas l’histoire, soit vous ne connaissez pas l’économie » – Ray Dalio

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Egon von Greyerz

Alors que GDPNow, l’indicateur de la Fed d’Atlanta qui mesure la croissance américaine en temps réel, vient de chuter à 0,6 %, Egon von Greyerz a rappelé durant sa dernière interview sur KWN qu’en temps de crise, les risques géopolitiques ont plus de chances de dégénérer :

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« Nous avons beaucoup parlé des risques financiers et économiques à travers le monde. Je pense qu’un désastre économique se manifestera dans les années à venir ; il s’agira d’une catastrophe qui abaissera le niveau de vie global pendant de nombreuses années.

Mais malheureusement, nous faisons également face à des risques de guerres, de guerres civiles et de troubles sociaux. Loin de moi de m’ériger en expert de la géopolitique, mais identifier et comprendre les risques est l’une de mes passions.

Chute des empires

À travers l’histoire, tous les empires arrivent à un stade où leurs dépenses inconsidérées et la mauvaise gestion de leur économie mènent à leur chute. Les États-Unis ont atteint ce stade. À tous les points de vue, ce pays est en faillite. Il n’a plus enregistré d’excédent budgétaire réel depuis 1960 ou une balance commerciale positive depuis le début des années 70 alors que ses dettes augmentent de façon exponentielle.

La dette du gouvernement américain est passée de 8,4 trillions depuis la crise économique, dont les débuts remontent à 2006, à 19,2 trillions aujourd’hui. Ce n’est que parce que le dollar est la monnaie de réserve que le pays peut se permettre de dépenser de façon irresponsable, de s’endetter et de créer autant d’argent. Mais le dollar mourra bientôt tandis que les États-Unis tenteront désespérément de se sauver de l’effondrement économique à venir, ainsi que de la chute du dollar.

Durant les derniers jours d’un empire, une guerre majeure est habituellement l’écran de fumée utilisé pour occulter l’état catastrophique de l’économie. Récemment, les États-Unis ont initié des guerres en Afghanistan, en Irak, en Iran, en Libye en Syrie ainsi que d’autres conflits mineurs. Mais les risques d’une guerre d’ampleur grandissent. Cela justifierait des trillions de dollars de dette et de création monétaire afin de sauver l’économie tout en avançant un prétexte extérieur.

Plusieurs régions pourraient être candidates à une intervention américaine. Le litige avec la Russie concernant l’Ukraine n’a pas été résolu. La situation pourrait s’envenimer à nouveau dans cette région avec un risque d’attaque nucléaire dirigée contre la Russie. Les États-Unis ne sont pas en mesure de remporter une guerre au sol contre une nation majeure. Ses échecs dans ses conflits récents en sont la preuve. Donc, l’option nucléaire est malheureusement la plus plausible.

La Corée du Nord est une autre zone de tension. Leur leader, Kim Jong-un, fait encore plus de vagues lorsqu’il s’agit de menacer la planète, et en particulier les États-Unis, de ses missiles nucléaires. Peu de gens estiment qu’ils disposent des missiles à longue portée nécessaires pour frapper avec précision les États-Unis, mais le risque de leur développement dans les années à venir serait suffisant pour pousser les États-Unis à réaliser des frappes préventives contre la Corée du Nord.

L’expansion de la Chine

si nous continuons un peu vers le sud au-delà de la mer de Chine du Sud, nous atteignons une zone dans laquelle des pays rivaux se disputent des territoires depuis des siècles. La tension est montée d’un cran avec la construction d’îles artificielles par la Chine dans des zones qu’elle revendique. (…)

En ce qui concerne le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord, il s’agit toujours d’une bombe à retardement en raison des conflits potentiels qui planent en Syrie, en Iran, en Irak, en Turquie, en Arabie Saoudite, en Israël, en Libye, en Égypte et dans bien d’autres pays, sans parler de la présence de groupes comme l’État islamique, Al Qaïda, etc. Rien qu’en Syrie, de nombreux pays sont impliqués, de la région mais aussi d’Occident sans parler de la Russie. (…)

Voici quelques endroits de la planète où une guerre majeure pourrait éclater. Mais le risque de guerre civile et de troubles sociaux est aussi élevé dans de nombreux pays. Les troubles sociaux sont souvent la résultante de difficultés économiques et de ventres vides. Dans une nation à la population homogène, le risque de conflit interne est moindre vu l’absence de bouc émissaire. Or, les États-Unis et les pays européens ont connu durant ces dernières années une immigration massive. L’immigration aux États-Unis a plusieurs origines, dont le Mexique.

Dans l’Union européenne, des afflux massifs de migrants en provenance d’Afghanistan, d’Afrique du Nord et du Moyen-Orient ont lieu. Plus les allocations sociales sont élevées, plus les migrants affluent. C’est pourquoi l’Allemagne et la Suède ont connu tant d’arrivées. Récemment, j’étais en Pologne et je leur ai demandé s’ils avaient beaucoup de migrants. Ils m’ont dit qu’ils ne connaissent pas ce problème car ils ne payent pas d’allocations sociales. Donc, lorsque les États-Unis et l’Europe connaîtront un revers économique alors que leur situation est fragile, le risque de conflits intérieurs sera grand. (…)

L’argent est une excellente opportunité

Loin de moi d’être belliciste, j’espère vraiment que tout ceci n’aura pas lieu. (…) Mais tous ces risques existent bel et bien, et dans un tel environnement assurer ses arrières est critique. Dans toutes les crises de l’histoire, qu’elles soient politiques  ou économiques, l’or physique ainsi que l’argent dans une autre mesure ont sauvé beaucoup de gens de la misère. À mon avis, l’or est le meilleur véhicule de préservation de la richesse, mais je pense qu’actuellement l’argent représente également une excellente opportunité. Il est sous-évalué par rapport à l’or. Les stocks d’argent ont baissé de plus d’un milliard once récemment pour être quasi non-existants  aujourd’hui. »

egon von greyerz dans le keiser report

Interview d’Egon von Greyerz du 24 janvier 2016 (KWN) :

« L’implosion déflationniste actuelle des marchés et des matières premières va bientôt se transformer en explosion hyperinflationniste. Le chaos auquel on assiste en ce moment ne surprendra pas vos lecteurs.

Le risque augmente

Cette semaine, Draghi a donné un signal clair quant à la nécessité de réviser la politique monétaire de la BCE d’ici sa prochaine réunion, en mars. Comme Draghi l’a déclaré, le « risque que augmente alors que l’inflation est significativement plus basse qu’attendu».

La crise bancaire s’accélère en Europe, mais qui est en difficulté ?

Soyons honnêtes, les banques centrales se plantent toujours dans leurs prévisions. L’économie du sud de l’Europe s’effondre comme son système financier, et en particulier les banques privées d’Italie, de Grèce, du Portugal et d’Espagne. Les crédits non performants représentent 17 % du PIB en Italie. C’est un chiffre énorme qui n’est pas viable.

La Deutsche Bank !

Le système bancaire européen ne s’est jamais relevé de la crise de 2007-2009. La Deutsche Bank, par exemple, est exposée à hauteur de 97 trillions de dollars sur les produits dérivés, soit 20 fois le PIB allemand. Les marchés actions ont baissé de 20 % en Allemagne depuis novembre 2015, nous devons donc garder un œil sur la Deutsche Bank.

Le revers des marchés mondiaux aura un impact majeur sur la confiance alors que la peur fait son grand retour dans l’économie européenne. La tendance va s’accélérer. Je serai surpris si la BCE attend jusqu’à mars pour lancer un nouveau programme d’assouplissement monétaire. La déconnexion des banques centrales avec la réalité est absolument incroyable.

Mais les actions de la Fed prouvent encore mieux que les banques centrales ne saisissent pas ce qui se trame. Le timing de la hausse des taux américains ne pouvait être pire. La Fed aurait dû commencer il y a 2/3 ans afin d’étrangler la ruée sur les marchés. Au lieu de cela, la Fed a attendu que l’économie bascule pour se décider.

Comme je l’avais dit en décembre, juste après la hausse du taux directeur de la Fed, il n’y aura pas d’autres hausses dans les mois à venir. Bien au contraire, elle va à nouveau baisser ses taux très rapidement ainsi que lancer un nouveau QE. La Fed pourrait bien rejoindre la BCE dans les mois qui viennent dans le club des taux d’intérêt négatifs.

Le plus gros QE mondial de l’histoire

Bientôt, la BCE et la Fed rejoindront les banques centrales du Japon et de Chine dans leurs programmes massifs d’assouplissement quantitatif. Ne perdez pas de vue que depuis le début des années 90, la dette mondiale a été multipliée par 10 pour atteindre 230 trillions. Les QE, à partir de 2016 et au-delà, atteindront au moins cette somme tandis que la bulle d’actifs pesant 1,5 quadrillion de dollars explose.

Le problème est que cette fois, les QE n’auront pas d’effet durable. Rajouter quelques centaines de trillions de dette dans un monde incapable de financer ou de rembourser la dette existante ne peut qu’exacerber une implosion inévitable. Mais avant cela, le monde connaîtra son épisode d’hyperinflation le plus incroyable. Il n’aura évidemment rien à voir avec l’offre ou la demande pour les biens et les services : il sera provoqué par l’effondrement des devises.

La semaine dernière, j’ai montré que l’hyperinflation est déjà en marche dans de nombreux pays comme l’Argentine, le Brésil et la Russie. Lorsque le dollar s’effondrera bientôt, des événements similaires auront lieu aux États-Unis ainsi que dans bien d’autres nations. Durant les 5 dernières années, les banques centrales ont multiplié par 10 la taille de leur bilan en créant 20 trillions de dollars. Cependant, dans les années à venir, leur bilan explosera bien plus que ce facteur 10 et le monde coulera sous le poids de sa dette.

La panique arrive, mais il y a pire

La panique n’a pas encore véritablement gagné les marchés, mais cela devrait arriver cette année, dans une version bien pire que celle de 2007/2009. Ce qui est très inquiétant cette fois est que nous avons déjà des troubles sociaux massifs et des guerres civiles dans de nombreux pays.

La plupart des lecteurs savent que l’or et l’argent physique sont l’une des meilleures façons de protéger son patrimoine de la destruction totale. Savoir si l’or a atteint son plus bas ou pas n’a aucune espèce d’importance. Les métaux précieux sont l’assurance la plus cruciale à posséder durant la prochaine crise financière qui commence à se développer. »

Article de Michael Hudson, publié le 9 décembre sur le site TheSaker.is :

« Le 8 décembre, le porte-parole en chef du FMI Gerry Rice a envoyé une note disant :

« Le conseil d’administration du FMI s’est réuni aujourd’hui et s’est mis d’accord pour changer la politique actuelle de non tolérance des arriérés de remboursement dus aux créditeurs officiels. Nous fournirons des détails sur la portée et les raisons de ce changement de politique dans les jours à venir. »

Depuis 1947 et le véritable début de ses activités, la Banque Mondiale a agi en tant que branche du Département américain de la Défense, de son premier président majeur John J. McCloy en passant par Robert McNamara et Robert Zoellick jusqu’au néo conservateur Paul Wolfowitz. Dès le départ, elle a facilité les exportations américaines principalement agricoles en poussant les pays du tiers-monde à se tourner vers une agriculture d’exportation au lieu de chercher à nourrir sa population (importations de céréales américaines) mais la banque s’est vue obliger d’enrober sa promotion des exportations américaines et son support pour la zone dollar d’une rhétorique ostensiblement internationaliste : ce qui est bon pour les États-Unis est bon pour le monde.

Le FMI a été à son tour attiré dans l’orbite américaine de la Guerre Froide. Mardi, il a pris la décision radicale de démanteler la condition qui a permis l’intégration du système financier mondial durant les 50 dernières années. De par le passé, le FMI était capable de prendre le leadership de la conception de plans de sauvetage de gouvernements en s’assurant du concours d’autres nations créditrices, menées par les États-Unis, l’Allemagne et le Japon. L’arme qu’utilisait le FMI était la suivante : un pays qui devait de l’argent à une autre nation ne pouvait prétendre à l’octroi d’une aide du FMI et donc au concours d’autres gouvernements.

C’est ainsi que les choses ont fonctionné pendant un demi-siècle dans le cadre d’un système financier mondial basé sur le dollar.

Mais jeudi, le FMI a décidé de participer à la nouvelle Guerre Froide. L’organisme a prêté de l’argent à l’Ukraine malgré la règle du fonds qui l’empêche de prêter à des Nations qui n’ont aucune chance de rembourser (selon la règle de 2001 « plus jamais d’Argentine »). Lorsque Christine Lagarde a accordé un prêt à l’Ukraine durant le printemps, elle avait exprimé ses espoirs de paix mais le président Porochenko a immédiatement annoncé qu’il utiliserait cet argent pour renforcer ses capacités dans la guerre civile qui l’oppose aux populations russophones de l’Est, le Donbass. (…)

L’Ukraine a non seulement refusé de rembourser sa dette au secteur privé mais également au gouvernement russe. Cela aurait dû empêcher l’Ukraine de recevoir une nouvelle aide du FMI. Le refus de financer la belligérance militaire ukrainienne dans sa nouvelle guerre froide contre la Russie aurait été une décision majeure pour forcer la paix ainsi que faire le ménage dans la corruption endémique du pays.

Au lieu de cela le FMI a appuyé les politiques ukrainiennes, sa cleptocracie et Pravi Sektor qui a mené les attaques qui ont récemment mené à la coupure de l’électricité en Crimée. La seule condition qu’impose le FMI est une austérité prolongée. La devise de l’Ukraine, l’hryvnia, a chuté de 30 % cette année, les retraites ont été réduites (principalement par l’inflation) tandis que la corruption se poursuit sans relâche. (…)

Cela fait un peu plus de six mois qu’une discussion semi-publique a lieu entre les conseillers du Trésor américain et l’Ukraine sur la façon d’éviter le remboursement des 3 milliards de dollars dus à la Russie. On a envisagé un moment de la qualifier de « dette odieuse » mais l’idée fut abandonnée de peur d’un retour de flammes du côté des dictatures soutenues par les États-Unis. En définitive, le FMI a simplement prêté l’argent à l’Ukraine.

Ce faisant, elle a annoncé sa nouvelle politique : « seuls les remboursements d’une dette libellée en dollars et due à des alliés américains seront imposés ». Ce qui signifie que cette nouvelle guerre froide latente contre la Russie a désormais subitement débouché sur la constitution abrupte de deux camps : le bloc dollar (avec sa zone euro satellite et d’autres monnaies pro-américaines) et le bloc des BRICS et autres nations en dehors de la zone d’influence financière et militaire des États-Unis.

Que devrait faire la Russie ? Que devraient faire la Chine et les autres pays des BRICS ? Le FMI et les néoconservateurs américains ont envoyé un message au monde : vous n’êtes pas obligé d’honorer vos dettes envers des pays situés en dehors de la zone dollar et de ses satellites.

Pourquoi ces pays non dollarisés devraient-ils continuer de participer au FMI ou même à la Banque Mondiale ? Le FMI vient de facto de scinder le système mondial en deux, les BRICS d’un côté et le système financier néolibéral américano-européen de l’autre. (…)

Pour vous montrer la portée de cette décision, c’est un peu comme si la nouvelle Banque de Développement asiatique annonçait que les pays qui ont rejoint la zone rouble-yuan n’ont plus besoin de rembourser leur dette libellée en dollars ou en euros. C’est pourtant implicitement ce que risque d’entraîner la décision du FMI. »

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BNP Paribas

Article du Guardian publié le 24 novembre 2015 :

« L’examen de 105 banques de l’ABE (autorité bancaire européenne) inquiète en raison du « handicap pour la profitabilité » engendré par les créances douteuses.

Les banques européennes sont assises sur des créances douteuses qui totalisent un trillion d’euros soit l’équivalent du PIB de l’Espagne. Elles handicapent la profitabilité des banques et leur capacité à prêter aux particuliers et aux entreprises.

D’après l’analyse détaillée, conduite par l’autorité bancaire européenne, de 105 banques disséminées dans 21 pays à travers l’Union européenne, les soucis engendrés par les clients en difficulté sont pires que ceux vécus par les banques américaines.

Les 1000 milliards de créances douteuses représentent environ 6 % de l’encours total du crédit et même 10 % si on exclut les prêts entre institutions financières. Le chiffre équivalent dans le secteur financier américain s’élève à environ 3 %.

Piers Haben (directeur de la supervision de l’ABE) a déclaré que malgré l’amélioration de la résilience du secteur financier en raison de l’accumulation de capitaux dans les banques, les créances douteuses restent un motif d’inquiétude. « Les banques européennes doivent continuer de s’attaquer au problème des créances douteuses qui restent un handicap à leur profitabilité » a déclaré Haben.

Les banques chypriotes ont la moitié de l’or en cours classés en tant que créances douteuses alors que cette proportion s’élève à 2,8 % en Grande-Bretagne.

Les ratios de capitaux, un indicateur de la stabilité financière suivi de près, ont atteint 12,8 % en juin 2015 soit des niveaux bien supérieurs aux minimums légaux alors que les banques se sont accrochées à leurs profits et ont également pris des mesures pour lever des capitaux notamment en faisant appel aux actionnaires. (…) »