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Dollar

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Les réserves des banques centrales du monde ont baissé, passant de 12,032 trillions de dollars, leur pic du 2 août 2014, à 10,814 trillions de dollars le 13 janvier de cette année, selon les statistiques compilées par Bloomberg. Il s’agit d’une baisse d’environ 10,12 %.

déclin des réserves mondiales

Durant ces 29 derniers mois, cette baisse des réserves a eu lieu à hauteur de 42 milliards par mois. À ce rythme, les réserves internationales pourraient décliner d’ici la fin 2017 de 504 milliards de dollars supplémentaires, pour un total de 10,31 trillions. Par rapport au record de 2014, cela correspondrait à un déclin de 14,31 %.

Cependant, le rythme de cette baisse va plus que probablement s’accélérer car le moteur qui a alimenté les réserves internationales depuis 1971, le déficit commercial américain, est au centre des attentions de Monsieur Donald Trump. Celui-ci a exprimé son intention de couper ce moteur en réduisant ou en éliminant le déficit commercial américain, qui alimente les réserves des banques centrales du reste du monde.

La baisse des réserves mondiales est un signe clair de la contraction internationale du crédit

La baisse des réserves mondiales est un signe clair de la contraction internationale du crédit. La conséquence économique, pour un monde qui a été construit sur la promesse de l’expansion sans fin du crédit, sera la liquidation de plus en plus désespérée des investissements des entreprises et des particuliers du reste du monde afin de payer la dette existante en dollars. Cette liquidation sera très compliquée à exécuter en raison de la pénurie grandissante de dollars.

Ludwig von Mises l’avait mis en évidence il y a de nombreuses années : lorsqu’une banque centrale succombe à la tentation de faciliter l’expansion du crédit en baissant les taux, elle ne peut plus faire marche arrière. Elle doit faciliter l’accumulation de dette en baissant encore plus les taux. Ensuite, la vague d’expansion précédente se mue en vague de liquidation générale afin de purger les mauvais investissements générés par l’expansion provoquée artificiellement. Si la banque centrale ne laisse pas le marché fixer les taux, l’expansion du crédit se poursuit jusqu’à ce que les fissures provoquent l’effondrement, qui débouche ensuite sur la liquidation massive de la dette.

Le monde a démarré une orgie d’expansion du crédit en 1971. Les États-Unis, en tant que banquier central principal de la planète (libéré de la restriction de devoir échanger les dollars en or), sont entrés dans une longue période d’expansion du crédit qui a alimenté le monde en dollars, en échange de produits. Grâce à ces flux de dollars, les banques centrales du monde ont pu à leur tour lancer leur propre vague de crédit, qui a débouché sur l’augmentation de la prospérité alimentée par la dette, aux 4 coins de la planète.

Le graphique fait à partir des données de Bloomberg nous dit que la planète a atteint la date du début de la liquidation, à savoir en août 2014.

Le protectionnisme américain va tuer le statut de monnaie de réserve du dollar

Aujourd’hui, Monsieur Trump va définir à quel rythme le reste de la planète, qui souhaite liquider sa dette en dollars, va agir vu qu’il va éteindre le moteur, le déficit commercial américain, qui alimente en dollars les banques centrales du reste du monde.

Je suis donc enclin à penser que 2017 sera une année de chaos économique pour la planète. La contraction du crédit que nous allons vivre se manifestera sous la forme de faillites à tous les niveaux, de la destruction des actifs financiers, de l’effondrement des prix, de chômage massif, de dévaluations à gauche et à droite et, bien entendu, d’instabilité politique mondiale.

Tout le monde aime les gens qui dépensent ostensiblement. L’homme qui dépense sans compter est écouté avec respect, chacun de ses mots est noté. Il est le centre de l’attention d’une grande coterie, tout le monde cherche à lui plaire. Mais lorsqu’il n’a plus d’argent, il se retrouve seul dans le froid. Ses amis sont aux abonnés absents, plus personne ne se soucie de ses avis. Il embarrasse même ses anciens amis.

En rejetant les produits créés par le monde, à l’exception du pétrole, bien entendu, Monsieur Trump se met à dos les amis des États-Unis. (…) En coupant les biens étrangers qui entrent aux États-Unis, ce pays perdra son influence aux quatre coins de la planète. Pourquoi écouter les USA lorsqu’ils ne souhaitent plus acheter vos produits ? Le reste du monde tracera sa propre route, indifférent aux intérêts des États-Unis et à la valeur négligeable de sa culture superficielle.

Le mot-clé est : abandon. Le protectionnisme américain signifie que les États-Unis abandonnent leur rôle de leader du monde ainsi que leur droit d’émettre la monnaie mondiale.

« Je me débrouillais sans toi avant de te connaître — désormais, je me débrouillerai sans toi. »

Article de Hugo Salinas Price, publié le 16 janvier 2017 sur Plata.com.mx

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statue de Mao en or

L’ordre monétaire mondial est en train de changer. Lentement mais sûrement, les marchés mondiaux, de commerce et de change, tournent de moins en moins autour du dollar. Des monnaies qui étaient autrefois marginales, à l’instar notamment du yuan chinois, deviennent au fur et à mesure des concurrents sérieux vis-à-vis du dollar américain et de sa domination économique et financière.

L’or pourrait-il aussi à son tour commencer à émerger en tant que monnaie de premier plan dans le commerce mondial ? Au fil du temps, il le pourrait certainement. Mais les implications immédiates pour le rôle monétaire de l’or, concernent davantage son accumulation croissante par les banques centrales, à commencer par celle de Chine.

Rappelons qu’à partir du premier octobre 2016, le yuan chinois est entré dans le système des droits de tirage spéciaux (DTS) du panier des monnaies de premier plan du Fonds monétaire international (FMI). De fait, le yuan partage maintenant le statut de DTS avec le dollar américain, l’euro, la livre sterling et le yen japonais.

Avant que le yuan ne devienne officiellement une monnaie DTS, la Banque mondiale a eu l’intention de vendre 2,8 milliards de dollars en obligations de DTS sur les marchés chinois. Le déploiement des obligations de DTS en Chine a commencé le 31 août 2016. Selon Reuters, ce déploiement « fait partie d’une « poussée » plus large en Chine, visant à stimuler la demande vis-à-vis du yuan chinois et, par la même occasion, de diminuer la dépendance relative au dollar américain dans les réserves mondiales ».

Le roi dollar ne sera pas détrôné aussi facilement. Mais la place importante qu’il occupait, notamment en tant que monnaie de réserve mondiale, va effectivement diminuer au fil du temps.

L’inclusion de yuan dans le panier des monnaies DTS est un pas supplémentaire, dans le cadre de la stratégie chinoise de « dé-dollarisation »

La Chine et la Russie ont des intérêts géostratégiques communs, notamment en ce qui concerne la « dé-dollarisation ». En ce sens, il est un fait que les deux puissances passent de nombreux accords commerciaux bilatéraux, dans le but particulier de détourner le dollar américain. Le commerce bilatéral annuel entre la Chine et la Russie a fait un bond spectaculaire, en passant de 16 milliards de dollars en 2003 à près de 100 milliards de dollars aujourd’hui. Lorsque la Chine a accueilli le sommet du G20, en septembre, le président russe Vladimir Poutine était l’invité d’honneur de premier plan.

Les responsables américains n’en sont d’ailleurs pas ravis. Ils craignent que Poutine vise à étendre sa portée mondiale, en tissant des liens plus étroits avec la Chine.

Selon le « South China Post », « certains analystes occidentaux ont vu en l’approfondissement récent et rapide de cette collaboration, le début d’un partenariat qui vise à déstabiliser l’ordre mondial, dirigé par les États-Unis, et une tentative de nuire à la capacité de Washington d’influer sur les enjeux stratégiques mondiaux ».

Certaines personnes faisant partie de la campagne d’Hillary Clinton craignent même la probabilité que la Russie intervienne dans l’élection à venir, afin notamment de tenter de bloquer le chemin d’Hillary vers la Maison-Blanche. Des hackers russes ont été associés à un certain nombre des dernières « fuites » qui ont endommagé la réputation des banques américaines et celle de l’administration d’Obama. Le fondateur de Wikileaks, Julian Assange, a insinué que d’autres informations seront divulguées à l’avenir. Les alliés d’Hillary spéculent ouvertement au sujet des hacks de Wikileaks, en affirmant carrément que la Russie est derrière tout cela.

Mais les Russes et les Chinois ne semblent pas miser sur une « cyberguerre » afin de détrôner le dollar américain. En effet, en plus des accords commerciaux bilatéraux et des mouvements stratégiques entrepris, dans le but d’instaurer une domination économique régionale, les deux puissances accumulent de l’or. Au cours des dernières années, la Russie et la Chine ont, chacune de son côté, massivement décuplé leurs avoirs en or.

Les banques centrales du monde en voie de devenir des acheteurs nets d’or

Depuis 2009, les avoirs en or de la Chine, officiellement déclarés, ont bondi de 60%. Les stocks d’or, amplifiés et détenus par la Banque populaire de Chine, ont joué un rôle important dans l’ascension de la Chine vers l’élite du panier des devises DTS du FMI.

Notons que cela s’inscrit dans la tendance générale des banques centrales mondiales à devenir des acheteurs nets d’or. Alors qu’elles jouaient plutôt le rôle de vendeurs nets, dans une grande partie des années 1990 et au début des années 2000. Cela a contribué à maintenir les prix de l’or à des niveaux stables et bas. Mais depuis 2010, les banques centrales ont commencé à acheter de l’or, et ce considérablement : à hauteur de 500 tonnes par an.

La Russie, à elle seule, a ajouté cumulativement 172 tonnes d’or en 2014 et 208 tonnes en 2015. En échangeant certains de ses titres du Trésor américain contre des lingots, la Banque centrale russe est devenue le septième plus grand détenteur d’or du monde. Pourtant, l’or ne représente que 16,2% des réserves monétaires de la Russie, une proportion bien plus sérieuse que celle de ses voisins de la zone euro.

La Russie n’a probablement pas fini d’accumuler. En effet, étant le troisième plus grand producteur d’or au monde, elle peut facilement se fournir davantage, quand il s’agit justement d’or.

Un scénario similaire semble se dérouler en Chine. Il y est d’ailleurs peut-être même encore plus spectaculaire. Les stocks d’or « officiels » de la Chine s’élevaient à 1 823 tonnes d’or en août 2016, ce qui en faisait la sixième plus grande réserve d’or au monde. Pourtant, par rapport à la taille de l’économie chinoise et de l’offre de monnaie, sa réserve d’or ne semble pas peser tellement – elle s’élève à seulement 2,3% du total des réserves monétaires.

Officieusement, la Chine a probablement des réserves d’or supplémentaires, qui ne sont pas présentées au grand public. Mais même si les véritables réserves d’or de la Chine venaient à s’élever du double ou du triple de ce qui est actuellement rapporté, comme certains analystes le suggèrent, cela ne changerait pas considérablement la situation : ce pays de 1,3 milliard de personnes disposerait quand même de beaucoup moins d’or que la Russie, les États-Unis, l’Europe, ou certains de ses rivaux asiatiques. Il en résulte que la Chine devra accumuler beaucoup plus d’or dans les années à venir.

Les dirigeants chinois escomptent instaurer une domination régionale. Afin de garantir cette position, ils visent à posséder et à contrôler une plus grande part du marché de l’or. Le Shanghai Gold Exchange, récemment ouvert, met à disposition de la Chine un mécanisme direct pour contrôler le marché de l’or physique en Asie.

C’est une façon pour la Chine de prendre au moins en sa possession une certaine partie du contrôle du commerce de l’or, traditionnellement détenu par les gouvernements et les banques d’Occident.

Source : Mises.org

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lingot et pièces d'or

Article de Clint Siegner, publié le 11 octobre 2016 sur SafeHaven.com :

« Durant les 6 premiers mois de l’année, les cours de l’or et de l’argent ont progressé. Ils ont ensuite stagné durant l’été pour chuter mardi dernier. Beaucoup d’investisseurs dans les métaux précieux se demandent que diable a-t-il bien pu leur arriver. Il y a 3 facteurs principaux qui expliquent cette correction.

1. La vigueur du dollar

L’indice DXY, qui calcule la valeur du dollar par rapport aux autres devises mondiales majeures, a atteint un plus haut depuis juillet. Cette vigueur, cependant, n’est pas alimentée par la recherche de valeur refuge vu qu’elle a suivi immédiatement le Brexit. Une hausse entraînée par cette cause aurait avec quasi certitude profité aux métaux précieux. En fait, les investisseurs lorgnent plutôt du côté des velléités de serrage de vis monétaire de la Fed, ce qui aide le dollar et pénalise les métaux précieux.

L’ennemi juré des partisans de l’or, la Fed, ne cesse de faire des sorties à ce sujet. Il semble que rien ne puisse tuer les attentes du marché en termes de hausse des taux. Malgré des années passées à en parler en vain, la croissance du PIB qui ralentit et d’autres statistiques économiques faibles, le consensus anticipant une hausse des taux d’ici la fin de l’année ne cesse de grimper à nouveau.

2. Les taux à long terme augmentent

Ce facteur est lié au premier. Le rendement des obligations américaines à 10 ans a récemment connu son plus haut depuis juin. Les marchés obligataires ont largement ignoré les boniments de la Fed en ce qui concerne les taux à la fin du printemps et durant l’été. Mais aujourd’hui ils se comportent comme si un relèvement du taux directeur américain est acquis. Des taux en hausse signifient un vent contraire pour l’or, qui n’offre pas de rendement.

3. Les positions hautement spéculatives sur les marchés des métaux précieux

L’intérêt ouvert aussi bien pour les contrats à terme or qu’argent a augmenté au fur et à mesure de la hausse des cours pour atteindre son pic au lendemain du Brexit. Cet intérêt spéculatif s’est quelque peu tassé durant l’été alors que les prix stagnaient, mais moins qu’anticipé. Le mois d’octobre est arrivé avec de nombreux traders toujours disposés à attendre des prix plus élevés à partir du moment où les cours ne s’effondraient pas.

De l’autre côté se trouve les banques de lingots, largement positionnées short et poussant pour faire baisser les prix. Le statu quo a volé en éclat lorsque le dollar plus fort et la hausse des taux ont catapulté les métaux en dessous de leur support technique. Les spéculateurs les plus fragiles ont alors pris leurs jambes à leur cou.

La bonne nouvelle, si on peut la considérer ainsi, est que le lessivage des mains faibles et la réduction de l’intérêt ouvert mettent les marchés dans une meilleure position pour créer un plus bas et démarrer un nouveau marché haussier. Mais, bien sûr, ces perspectives dépendront beaucoup du futur du dollar et des taux.

Notre opinion reste inchangée. La Fed éprouvera des difficultés à normaliser les taux et les marchés finiront éventuellement par s’en rendre compte. Les marchés actions accrocs aux stimulations monétaires ainsi que les marchés immobiliers ont atteint leur plus haut actuel grâce au déversement d’argent bon marché.

De plus, le coût du service de la dette fédérale augmenterait d’environ un trillion de dollars si le taux directeur franchissait la barre des 5 %, un chiffre plus proche de la normale. Cela signifie que le remboursement de la dette engloutirait plus de 25 % du budget fédéral. Vu les projections de déficits en hausse pour les années à venir, on peut affirmer sans trop s’avancer que des taux normaux ne sont pas gérables, et donc que la Fed ne permettra pas cette normalisation.

Le gros point d’interrogation concerne la capacité des gestionnaires de la Fed à relever les taux une ou 2 fois avant de devoir faire machine arrière et de réouvrir les vannes des liquidités.

La dernière hausse des taux, qui a consisté en un maigre 0,25 % en décembre 2015, a fait fortement chuter les marchés actions si bien que les responsables de la Fed ont immédiatement rétropédalé. Les cours de l’or et de l’argent avaient grimpé. Les investisseurs doivent s’attendre à ce que l’histoire se répète à la prochaine occurrence. »

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Article de Michael Pento, publié le 12 septembre 2016 sur SafeHaven.com :

« La grande récession de 2008 fut ironique d’un point de vue des marchés : alors que l’économie américaine s’effondrait sous le poids du prix surévalué de son immobilier, les investisseurs se sont curieusement rués sur le dollar en raison de la fameuse « recherche de la sécurité ».

Mais la vérité est différente : les investisseurs ne se sont pas précipités sur le dollar pour sa « sécurité », ils sont simplement sortis de leurs opérations de carry trade (opération spéculative sur écart de rendement) . Dans le cadre d’une opération de carry trade, un investisseur emprunte dans une devise qui se dévalue et qui offre un rendement potentiellement plus élevé que sa dette souveraine ou son marché actions. L’objectif de cette transaction est de profiter de la différence de taux tout en tirant également profit de la monnaie qui s’apprécie par rapport aux fonds empruntés.

Dans les années ayant précédé la crise de 2008, une transaction populaire consistait à shorter le dollar tout en investissant dans les marchés émergents, où les rendements étaient plus élevés, comme le Brésil, la Russie, l’Inde et la Chine (les BRICS). La manipulation des taux par la Fed, au lendemain des attaques du 11 septembre 2001, a poussé les marchés à la recherche désespérée de rendement. Les investisseurs ont trouvé les profits espérés du côté des marchés émergents pour leur rester fidèles pendant des années alors que la Fed se contentait de les talonner au niveau de ses taux. Le taux directeur de la Fed est passé de 1 % en 2004 à 5,25 % 2006 tandis que le dollar s’affaiblissait durant cette période.

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dollar-index-decennie

Comme vous pouvez le voir, entre 2002 et 2008, les marchés actions des pays émergents ont progressé tandis que le dollar a baissé alors que les investisseurs tiraient profit du différentiel de taux entre les États-Unis et les émergents.

Mais à partir de la seconde moitié de 2008, l’attention du marché s’est détournée des différentiels de taux et des avantages à tirer sur les taux de change en raison des énormes craintes concernant la contagion des soucis de croissance des États-Unis  au reste du monde en raison de la crise de l’immobilier et de l’insolvabilité du système bancaire. L’opération de carry trade « shorter le dollar/investir en actions des émergents » s’est inversée alors que les investisseurs voulaient, dans la panique, prendre leurs bénéfices sur la hausse des marchés émergents. Ils ont acheté de la dette en dollars pour mettre un terme à cette opération. Cela a permis au billet vert de s’envoler tout en faisant chuter les marchés actions des émergents. Cette situation fut néanmoins curieusement interprétée en tant que recherche de la sécurité du dollar par les investisseurs alors que l’économie américaine et son système financier étaient en chute libre.

Que se passe-t-il maintenant avec le carry trade ?

Aujourd’hui, le scénario est complètement inversé : le dollar index grimpe alors que le yen et l’euro baissent. L’opération de carry trade consiste à emprunter (shorter) le yen et l’euro pour acheter des actifs libellés en dollars qui offrent un rendement supérieur. Donc le prochain revers économique inversera cette opération de carry trade :

dollar euro yen

Tout ceci explique véritablement pourquoi le yen grimpe subitement au moindre semblant de remous sur les marchés. Une fois de plus, les analystes interprètent cela comme la recherche d’une valeur refuge. Mais quel est l’investisseur qui chercherait refuge au Japon, pays dont le ratio dette/PIB est tellement énorme que cette nation est insolvable, et dont la banque centrale est déterminée à générer de l’inflation par tous les moyens possible ?

Les investisseurs doivent préparer leur portefeuille à la prochaine récession, qui sera pire que celle de 2008 en raison de l’augmentation massive de la dette mondiale et de l’incapacité des banques centrales à abaisser davantage le coût du crédit. Il faut donc s’attendre à ce que l’euro et le yen soient les prochains bénéficiaires de la prochaine inversion du carry trade, ainsi qu’une réponse bien plus faible du billet vert à l’occasion de la prochaine crise.

Mais comme déjà mentionné, le plus gros souci des investisseurs consiste à savoir ce qui se passera avec l’économie mondiale alors que les banques centrales sont à court de munitions pour nous sauver. Après tout, elles ont déjà repoussé les limites de leurs politiques de création monétaire et de taux zéro. Plus de 90 mois de politiques monétaires expansionnistes sans précédent ont gonflé les bulles et le niveau de la dette à des niveaux historiques. Le dollar sera également sous pression lorsque la Fed, et ses politiques monétaires actuellement divergentes, convergeront avec celles de la BCE et de la BoJ pour s’engager sur la voie du QE et des taux zéro perpétuels.

La prochaine récession sera fort différente de celle de la crise de 2008 aussi bien en intensité qu’en durée et en effets sur le dollar. Bien sûr, cela pourrait être démenti si la crise devait être précipitée par un cycle agressif de relèvement des taux par la Fed. Ce scénario écarté, les investisseurs sages anticiperont ce différentiel et penseront à augmenter leur exposition aux métaux précieux à l’aube de cette nouvelle crise. »

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pièces d'or et d'argent

Article publié sur KWN le 31 août 2016 :

« La majorité des actions minières or et argent ont grimpé à la verticale. Elles ont très bien performé si bien qu’elles ont été surachetées. L’or s’est aussi bien comporté, mais pas aussi bien.

Le point le plus important est que l’or est désormais dans une période d’attente, de consolidation. C’est ce que le graphe de son cours indique, une consolidation à tous les étages. La raison fondamentale derrière ce fait, car il faut toujours prendre en compte les aspects techniques et fondamentaux, réside dans le verbiage continuel de la Fed à propos de la hausse des taux qui serait à venir.

La prochaine réunion du comité de la Fed est prévue pour les 20 et 21 septembre. À chaque fois que le dollar baisse, et cela est arrivé jusqu’à présent à 3 reprises, les cafards (sic) de la Fed sortent pour faire des déclarations positives pour le cours du dollar, en affirmant notamment que le marché sous-estime la vigueur de l’économie américaine. Le dollar reprend sa hausse et les cafards disparaissent (rires). C’est comme si on allumait la lumière.

Ne croyez pas la propagande de la Fed

Ce que je veux dire, c’est que l’or se consolide parce que les marchés attendent de voir si la Fed va rehausser son taux directeur ou pas. Les décideurs de la Fed ont sous-entendu que si les chiffres de l’emploi sont robustes, ils relèveront les taux. Je ne crois pas un mot de cette propagande. Avant l’élection présidentielle, il est tout simplement hors de question que la Fed prenne ce risque. Car elle sera pointée du doigt en cas de problème, même si celui-ci n’a rien à voir avec la hausse des taux.

Vous pouvez donc oublier les 2 prochaines réunions de la Fed car elle ne relèvera pas son taux directeur. Les prévisions de croissance ont toutes été relevées car le gouvernement est censé dépenser 250 milliards de dollars durant ce trimestre. L’année dernière, à la même époque de l’année, il avait seulement dépensé 8 milliards. Autrement dit, les dés sont pipés.

Mais l’élément critique pour les marchés de l’or et de l’argent, à court terme, se trouve du côté des chiffres de l’emploi qui seront publiés ce vendredi. Ce paramètre influencera les mouvements à venir de l’or et de l’argent. Et alors que l’élection présidentielle se rapproche, nous devons nous attendre à une propagande allant crescendo à propos de la vigueur de l’économie américaine, ne l’oubliez pas. »

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sous-performance des bancaires/NYSE

Interview de James Turk du 29 août 2016 par KWN :

« Un changement important est en train de se produire sur les marchés actions. Même s’il est subtil et peu médiatisé, il devient tellement évident qu’il ne peut plus être ignoré.

Si le Dow ainsi que d’autres indices majeurs atteignent de nouveaux records, le secteur bancaire sous-performe de façon évidente. Cette divergence saute aux yeux sur le graphique ci-dessus, qui montre la performance globale des actions du NYSE (en bleu) par rapport à l’indice des bancaire et des financières, le NYSE Financial Index, en rouge.

Le graphe démarre il y a 10 ans. Le différentiel, indiqué en-dessous du graphe, montre que les financières sous-performent le NYSE de 57,5 %. Ce marché haussier menant le Dow et d’autres indices à des niveaux records n’a donc pas bénéficié aux actions financières. Le NYSE Financial Index est toujours en dessous de son « rebond du chat mort » qui prit fin en 2015. En fait, il est encore à 35 % de son record de 2007. (…)

Les actions des sociétés reposant sur des actifs tangibles, comme les producteurs de matières premières, divergent clairement des actions des sociétés possédant des actifs financiers, comme les banques.

Alerte rouge pour le dollar

Il est important de le noter car une telle divergence est un signe annonciateur montrant que le dollar se dirige vers l’hyperinflation. Lorsque vous observez ce qui s’est passé dans des pays qui ont connu une chute de la valeur de leur monnaie, comme le Zimbabwe ou plus récemment le Venezuela, leurs marchés actions ont connu le même type de divergence que celui du NYSE.

La conclusion coule de source : évitez les actions des sociétés dont les actifs sont financiers et libellés dans cette devise, et privilégiez les titres des entreprises qui possèdent beaucoup d’actifs tangibles. (…)

Jusqu’à présent la Fed a réussi à repousser le moment de vérité grâce à ses interventions. La manipulation du cours de l’or est évidente vu que sa hausse indiquerait clairement, comme en 1970, que l’inflation est en train de préparer son grand retour.

Outre les taux (…), une autre preuve indiquant que la Fed nous mène à la catastrophe est la déclaration de vendredi de Janet Yellen : « Les décideurs pourraient envisager l’exploration de la possibilité d’acheter un spectre d’actifs plus large ». Ils envisagent de monétiser tout ce qui bouge plutôt que d’admettre l’échec de leurs politiques qui détruisent le dollar. »

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Egon von Greyerz

Interview d’Egon von Greyerz, publiée le 15 mai 2016 sur KWN :

« L’économie américaine fut un miracle pendant la majorité de ces 100 dernières années. Durant la première moitié de cette période, ce miracle économique fut authentique. La croissance était réelle, les investissements provenaient essentiellement de l’épargne. Les salaires réels augmentés tandis que les finances publiques étaient à l’équilibre. Il y avait également un excédent commercial alors que la croissance de la dette était modérée. Le miracle américain a commencé à s’étioler dans les années 60. Depuis 1961, les États-Unis ont démarré une série record de 55 années de déficit budgétaire, une tendance désastreuse qui a très peu de chances de s’arrêter dans les 10 les années à venir.

Les surplus de l’époque Clinton étaient trompeurs car durant cette période la dette a continué à grimper. Le coût de la guerre est toujours un poids énorme sur les finances des empires. La guerre du Vietnam fut coûteuse, petit à petit l’excédent commercial américain a baissé pour finir par entraîner la valeur du dollar. Lorsque le billet vert était adossé à l’or, il était plus compliqué de créer de la monnaie. Lorsque des nations souveraines, menées par De Gaulle, ont refusé d’accepter un dollar dévalué en tant que paiement des États-Unis pour exiger d’obtenir à la place de l’or, Nixon a mis fin à la convertibilité du dollar en or le 15 août 1971. Ce fut une décision désastreuse qui signala le début de la fin du miracle économique américain.

Aujourd’hui, 45 ans plus tard, les États-Unis sont toujours un miracle. En fait, il s’agit d’un euphémisme, car il est miraculeux qu’un pays puisse survivre avec des déficits budgétaires et commerciaux chroniques, avec une dette qui augmente exponentiellement et qui ne sera jamais remboursée en argent d’aujourd’hui.

Comment les États-Unis ont-ils réussi à maintenir cette position totalement unique qui leur permet d’émettre et de vendre de la dette sans valeur qui ne peut être remboursée qu’en émettant davantage de dette ? Il a imposé au reste du monde l’utilisation du dollar pour le commerce international, notamment. Mais pour que ce système fonctionne correctement, il fut également nécessaire pour les États-Unis de jouer au gendarme dans le système financier mondial pour pénaliser les banques ou les individus qui ne se conforment pas aux lois et règles américaines. Un autre prérequis est d’avoir une machine militaire puissante, ce que possèdent les États-Unis avec plus de 800 bases disséminées dans plus de 100 pays.

Même l’empire romain a provoqué sa destruction

Le dilemme est que les empires sèment toujours les graines de leur destruction. C’est vrai pour tous les empires déchus, que ce soit le perse, le romain, le mongol ou le britannique. En termes simplifiés, lorsque le pays conquis a été pillé de ses ressources et biens gratuits et bon marché, en plus de la main-d’œuvre pas chère ou réduite en esclavage, le conquérant se relâche, commence à perdre le contrôle pour vivre ensuite au-dessus de ses moyens tandis que les ressources s’épuisent. Le conquérant pense pouvoir maintenir les niveaux de vie élevés de son pays mais pour y parvenir, il doit désormais emprunter ou créer de la monnaie. L’argent finit par manquer pour entériner le déclin de la nation conquérante. Le dernier acte de désespoir d’un empire sur le déclin, largement endetté, est souvent de partir en guerre. Celle-ci forme un nuage de fumée pour dissimuler l’état financier du pays tout en fournissant un justificatif pour emprunter davantage afin de tenter de sauver le pays.

Bien sûr, les États-Unis n’ont jamais été un empire dans le sens où cette nation n’a pas étendu son territoire via une guerre majeure, mis à part des interventions temporaires ou des interférences dans d’autres nations. Initialement, l’empire américain fut bâti sur l’esprit entrepreneurial qui a engendré un pays très puissant et l’économie mondiale la plus importante. Les États-Unis devinrent le plus gros fabricant du monde pour dominer la planète durant de nombreuses décennies. Mais comme je l’ai dit ci-dessus, la tendance a commencé doucement à s’inverser dans les années 60 pour s’accélérer dans les années 70 alors que la valeur du dollar chutait. Petit à petit, durant les décennies suivantes, le puissant secteur industriel américain a décliné ; la majorité de l’emploi industriel a été transféré vers la Chine ou d’autres marchés émergents.

Résultat des courses, les salaires des ouvriers en termes réels ont décliné depuis les années 70. Il est ironique que les travailleurs américains qui achètent des produits bon marché fabriqués en Chine voient leurs salaires décliner, ce qui annule les avantages des importations bon marché. Simultanément, les ouvriers chinois augmentent leur niveau de vie et épargnent tandis que les Américains ont du mal à boucler leur fin de mois et emprunte encore plus pour maintenir leur niveau de vie.

La dette américaine totale, qui inclut les engagements non provisionnés comme Medicare et les assurances, a gonflé durant les 30 à 40 dernières années pour s’élever désormais à 300 trillions de dollars. Cela représente presque 1700 % du PIB, le pire chiffre des pays développés. Mais même sans inclure les engagements non provisionnés, la dette américaine s’élève à 400 % du PIB, ce qui est énorme et intenable.

Ben Bernanke a permis à la dette américaine d’exploser

Les États-Unis seront-ils en mesure de réduire cette dette dans les années ou décennies à venir ? Il est quasi garanti que cette dette ne sera jamais remboursée. Prenons par exemple la dette fédérale américaine, de 19 trillions de dollars. Bernanke a contribué à l’explosion de cette dette en la faisant plus que doubler de 8 à 17 trillions de dollars entre 2006 et 2014. Jusqu’à présent, Yellen peut s’estimer heureuse de n’avoir contribué que pour 2 trillions de dollars. Mais ce n’est que le début. Le CBO (Central Budget Office) prévoit une augmentation de la dette américaine de 9 trillions dans les 10 années à venir, pour un total de 28 trillions. Mais cette projection « optimiste » part du principe que les revenus fiscaux et les salaires progresseront normalement.

Mais en cas de scénario d’une croissance inférieure à la moyenne en termes de revenus et de rentrées fiscales, les déficits pourraient très bien gonfler de 2 trillions de dollars par an, en moyenne, pour atteindre une dette totale de 38 à 50 trillions. Je sais que peu de gens défendent une telle projection, mais citez-moi quelqu’un qui avait prédit le doublement de la dette entre 2006 et 2014. Jusqu’à présent, durant ce siècle, tous les organismes qui émettent des prévisions, que ce soit le FMI, la banque mondiale, l’OCDE, la Fed, les autres banques centrales ainsi que les gouvernements, ont systématiquement eu tort en étant largement optimiste. Et vu que nous nous rapprochons du point culminant des bulles économiques et financières de l’histoire, leurs prévisions n’en seront que plus fausses.

Qu’ont en commun Druckenmiller, Dalio, Paulson, Singer, Bass et bien d’autres fondateurs de hedge funds ? Ils sont devenus milliardaires en identifiant les risques et les tendances, les opportunités d’investissement. Chacun de ces gentlemen voit les risques que j’ai énoncés et recommande l’or en tant qu’actif crucial pour s’assurer contre un risque mondial sans précédent. (…)

L’or est l’assurance la plus parfaite pour autant qu’il s’agisse de sa forme physique stockée en dehors du système financier. Car l’or a survécu à toutes les crises de l’histoire tout en conservant toujours son pouvoir d’achat, quelles que soient les circonstances. »

« Si vous ne possédez pas d’or, c’est que soit vous ne connaissez pas l’histoire, soit vous ne connaissez pas l’économie » – Ray Dalio

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chain réunion dollar bitcoin

Diabolisé pour les mêmes raisons que l’or, Bitcoin, ou plutôt la technologie derrière cette monnaie numérique, est en passe d’être « piraté » par Wall Street. L’idée, telle que détaillée dans cet article de Bloomberg, est de récupérer la technologie de la chaîne de blocs pour l’appliquer au dollar (ou tout autre devise). Cela permettrait de profiter de la quasi instantanéité des transactions Bitcoin tout en laissant aux banquiers centraux le privilège de gérer comme bon leur semble les agrégats monétaires alors que dans le cas de Bitcoin, la « masse monétaire » est connue d’avance. Le blockchain pourrait donc accélérer malgré lui l’élimination de l’argent liquide, ce qui n’était pas (en principe ?) l’objectif recherché… Article via Insolentiae.com :

La réunion secrète de Wall Street durant laquelle le dollar numérique fut testé

Durant un lundi d’avril, plus de 100 cadres supérieurs d’institutions financières parmi les plus importantes du monde se sont rassemblés pour une réunion privée dans les bureaux de Times Square de Nasdaq Inc. L’objectif n’était pas seulement de discuter de la chaîne de blocs (« blockchain », base de données distribuée qui est la pierre angulaire des monnaies digitales comme  Bitcoin), la nouvelle technologie qui va selon certains bouleverser la finance, mais aussi d’élaborer et d’expérimenter avec.

Avant la fin de la journée, ils ont assisté à une révolution : des dollars américains devenus complètement numériques purent être utilisés pour exécuter et régler instantanément une transaction. Et ce conformément à la promesse de la chaîne de blocs, qui permet d’obtenir ces résultats avec une certitude quasi immédiate en remplacement des systèmes lourds et sources d’erreurs qui prennent plusieurs jours pour effectuer des transactions à travers le monde ou entre 2 villes.

Cet événement a été initié par Chain, l’une des nombreuses start-ups qui tentent de réorganiser le secteur financier. Dans la salle de réunion, des représentants de Nasdaq, Citigroup, Vis, Fidelity, Fiserv, Pfizer et bien d’autres furent présents.

L’événement, rendu public dans un communiqué publié ce lundi, représente un moment-clé dans l’évolution de la chaîne de blocs, une technologie remarquable aussi bien en raison de ses réussites que du nombre de sociétés qui l’examinent. Son potentiel fascine les cadres supérieurs de Wall Street car elle permet de libérer des milliards de dollars en accélérant des transactions qui peuvent aujourd’hui prendre plusieurs jours, et qui monopolisent donc du capital. Mais l’un des problèmes à résoudre est la numérisation de l’argent. Et si certaines entreprises ont mené des expériences allant dans ce sens, l’événement organisé par Chain montre que bon nombre d’entre elles tentent désormais de trouver une éventuelle solution commune.

« Nous avons créé un dollar numérique » afin de faire la démonstration au groupe rassemblé à Nasdaq un débit et un crédit instantané sur la chaîne de blocs, a déclaré Marc West, responsable de la technologie chez Fiserv, une société de paiements qui comptent plus de 13.000 clients dans le secteur de la finance. « Il s’agit du premier mouvement de ce genre. »

Une technologie qui grandit en silence

Chain est déjà connu dans certains cercles de Wall Street pour son projet visant à assister Nasdaq dans la migration du trading des titres des sociétés non cotées vers une chaîne de blocs. Mais en général, elle fait profil bas par rapport à d’autres projets mêlant finance et technologie.

La société basée à San Francisco a également utilisé la réunion du 11 avril pour présenter à ses clients et à ses investisseurs le Chain Open Standard, une plateforme open source de chaîne de blocs développée depuis plus d’un an par Chain, a déclaré Adam Ludwin, son CEO. Chain a conçu les éléments complexes requis pour le fonctionnement d’une chaîne de blocs afin que ses clients puissent développer à partir de cette base des solutions sur mesure à leurs problèmes, a-t-il déclaré.

« Cela fait quelques années que nous développons cette solution avec plusieurs partenaires, » a-t-il déclaré. « Les chaînes de blocs reposent sur des réseaux, nous pensons donc que la collaboration est importante. Mais démarrer à partir du bon modèle est encore plus important que cette collaboration, » a-t-il ajouté. L’événement fut gardé secret afin que les participants puissent partager en toute liberté de nouvelles idées et prendre des risques. « Plus la presse est présente, plus la qualité du dialogue et des solutions baissent, » a-t-il déclaré.

La chaîne de blocs la plus courante est celle derrière la monnaie digitale Bitcoin, qui existe depuis 2009. Les sociétés financières sont cependant réticentes à adopter Bitcoin vu que ses utilisateurs anonymes pourraient impliquer les banques dans des violations des lois concernant le blanchiment d’argent et « Connais ton client » (Know Your Customer). Les dollars numériques ne posent pas ce genre de problème (sic ; Bloomberg est frappé d’amnésie ? http://www.lepoint.fr/economie/accusations-de-blanchiment-hsbc-payera-1-9-milliard-de-dollars-pour-clore-les-poursuites-americaines-11-12-2012-1553791_28.php, http://www.lemonde.fr/economie/article/2013/06/26/ubs-france-condamnee-a-10-millions-d-euros-d-amende_3436684_3234.html, etc., etc.).

L’ère du mainframe

Nasdaq et Citigroup ont discuté pour explorer la possibilité d’une éventuelle collaboration, a déclaré Brad Peterson, le CEO de cette bourse. Il a déclaré que la chaîne de blocs pourrait également être utilisée pour des données de référence, par exemple comment des actions ou des obligations spécifiques sont identifiées à travers tous les marchés.

Wall Street fut l’un des premiers bénéficiaires de l’informatisation. Presque 30 ans plus tard, ces systèmes existants peuvent être désormais un frein à de nouvelles évolutions technologiques, a-t-il déclaré.

« Il s’agit de la grande opportunité à saisir : comment s’affranchir de l’ère du mainframe, » a-t-il déclaré.

Tandis que l’argent d’un compte en banque circule sans cesse de façon électronique aujourd’hui, il faut faire la distinction entre ce système et les implications d’un argent qui est numérique. Les paiements électroniques sont simplement des messages indiquant que de l’argent liquide doit être transféré d’un compte vers un autre. C’est ce rapprochement bancaire qui ralentit le processus de paiement. Pour les clients, un virement bancaire peut prendre plusieurs jours dans l’attente de la réception de la confirmation par les banques. Des dollars numériques, par contre, sont préchargés dans un système comme une chaîne de blocs. À partir de là, ils peuvent être échangés instantanément contre un actif.

« Au lieu d’envoyer une transaction ou un message, on envoie l’actif en lui-même, » a déclaré Ludwin. « Le paiement et la confirmation sont fusionnés. »

Une collaboration rare

Ian Lee, responsable du « global lab network and acceleration fund » de Citigroup, a déclaré que l’éventuelle utilisation d’argent numérique fut l’un des premiers sujets de recherche de Citigroup lorsqu’il s’est penché sur la chaîne de blocs. Il a été impressionné par la variété de clients rassemblés par Chain vu qu’à Wall Street la collaboration est rare. De nombreuses sociétés font face aux mêmes problèmes, à savoir comment exploiter la chaîne de blocs, a-t-il déclaré.

« Si cette technologie a un gros potentiel, elle devra s’intégrer et coexister avec le système financier tel qu’il existe aujourd’hui, » a-t-il déclaré.

Ludwin affirme que la chaîne de bloc a été validée par Wall Street. Il faut désormais se concentrer sur la création de solutions.

« Créer cette solution n’est pas de la petite bière, mais cela n’implique pas non plus le bouleversement des procédures de grandes entreprises, » a-t-il déclaré. « Il ne s’agit pas d’ingénierie financière, mais d’ingénierie informatique qui va refaçonner les services financiers. »

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Selon Jim Rickards (cet article synthétise le sien), la guerre des devises a démarré en 2010 avec la dévaluation du yuan. Jusqu’en 2015, les grands blocs économiques ont profité tour à tour de dévaluations ordonnées, le gagnant d’hier devenant le perdant de demain, jusqu’à ce que la Chine décide de dévaluer sans consulter ses partenaires. Au dernier G20, un nouvel accord a été trouvé pour remettre de l’ordre alors que la dévaluation du yuan avait fait tanguer les marchés.

Jouer sur la dévaluation pour faire repartir une économie, c’est en quelque sorte jouer au jeu des chaises musicales, à la différence que dans cette « version monétaire » il n’y a qu’une chaise sur laquelle s’asseoir lorsque la musique s’arrête.

En 2010, lorsque la Chine a dévalué, son économie a connu une embellie. Selon le principe des vases communicants, la situation économique américaine s’est détériorée. Les États-Unis avaient besoin d’augmenter leurs exportations, d’améliorer l’emploi dans la foulée, en affaiblissant le dollar. Cette dévaluation comporte aussi l’avantage de faire grimper les prix des produits importés, donc de générer de l’inflation. Lorsque vous êtes incapable de créer de la croissance organique, vous dévaluez.

Mais comme l’analogie des chaises musicales le montre, il est impossible que tout le monde profite de la dévaluation en même temps. Les nations doivent donc attendre leur tour. La Chine a pris le sien en 2010, les États-Unis en 2011 (le dollar a atteint un plus bas historique en août 2011, tandis que la croissance du T4 de cette année fut de 4,6 %). Tout allait mieux aux États-Unis, ce qui signifie qu’un autre membre du club souffrait, à savoir le Japon.

En 2012, ce fut donc au tour du Japon de dévaluer avec la mise en place des fameux Abenomics. Le yen chuta rapidement : de 90, il en fallait désormais 124 pour acheter un dollar. L’économie japonaise est donc repartie de l’avant en 2013, tout comme lorsque le dollar faible avait dopé les États-Unis en 2011.

Pendant ces 3 années, l’économie européenne a souffert. En plus de la crise grecque, l’Europe a connu 2 récessions durant cette période. Il fallait donc affaiblir l’euro en 2014, ce qui s’est fait en 2 étapes :

Taux d’intérêt négatifs en juin 2014
QE européen en janvier 2015

Les effets n’ont pas tardé, l’euro tombant à 1,05 $ en janvier 2015 pour ensuite s’approcher de cette limite à plusieurs reprises depuis. Comme durant les autres dévaluations, l’économie européenne a connu un moment de répit. Après l’été 2015, on ne parlait plus de la crise grecque. Ce petit historique montre que les dévaluations entre 2010 et 2015 ont eu lieu de façon ordonnée.

Eté 2015 : La Chine dévalue sans consultation

La guerre des devises avait lieu entre les 5 familles, mais dans le respect. C’est comme ça que cela se passe dans la mafia en temps de paix. L’entente est bonne, même si la méfiance ne disparaît jamais.

Cependant, durant l’été 2015, une nouvelle guerre éclatait parmi ces 5 familles. La Chine, en voyou, décida de dévaluer sans consulter les autres. Le 11 août, la valeur du yuan chuta de 3 % en un jour. Après quoi les marchés américains plongèrent.

La Fed fit immédiatement marche arrière concernant le relèvement de ses taux, ce qui permit aux marchés actions de repartir à la hausse.

La même chose eut lieu entre décembre 2015 et janvier 2016. Cette fois, la Fed releva son taux directeur de 0,25 % le 16 décembre 2015. La Chine a alors utilisé cette couverture pour dévaluer de nouveau le yuan. Non pas d’un coup, mais en douceur, jour après jour. Les marché ont immédiatement vu ce qui se tramait pour anticiper des dévaluations à venir. Les marchés américains chutèrent à nouveau suite à cette dévaluation, connaissant leur pire début d’année en janvier 2016.

La Fed vola à nouveau à leur rescousse avec toute une série de déclarations accommodantes et le statu quo des taux en mars. Les marchés purent ensuite repartir à la hausse.

Mais il fallait trouver une solution. C’est ce qui a été fait à l’occasion du dernier G20. C’est à Shanghai que  la dévaluation du dollar a été décidée, le statu quo en Chine (adossement de la valeur du yen à celle du dollar) et l’appréciation du yen et de l’euro. Pour la Chine, elle retire tout de même un avantage de cet accord vu qu’un euro et un yen plus forts lui sont favorables. Le yen baisse en même temps que le dollar, ce qui ne l’handicape pas dans ses échanges avec les USA. Voilà l’essence des accords de Shanghai.

fin du dollar

Article de MarketWatch.com, publié le 5 avril 2016 :

« Jim Rickards maintient que l’or reste la véritable pierre angulaire du système monétaire international. Les gouvernements ont beau le dénigrer, de nombreux pays s’accrochent à leur métal tandis que la Chine et la Russie ne cessent d’en acheter.

Rickards est l’auteur des livres « The death of money » et « Currency wars ». Son dernier ouvrage, « The new case for gold », est sorti aujourd’hui. Il a répondu à 2 questions que nous lui avons posées, les réponses ont été éditées afin d’être synthétisées.

Market Watch : vous affirmez que le prochain effondrement monétaire sera déclenché par la perte de confiance dans le dollar. Pourquoi anticipez-vous cet effondrement ?

Jim Rickards : l’économie et les marchés sont des systèmes complexes. L’effondrement de systèmes complexes est une fonction exponentielle de l’échelle systémique.

La crise de 2008 fut axée autour des banques « too big to fail ». Depuis 2008, ces mêmes banques ont continué de grandir, contrôlent un pourcentage encore plus important des actifs bancaires aux États-Unis et ont augmenté leurs positions sur les produits dérivés. Cela ne fait que renforcer le risque d’effondrement, et sa sévérité. Cet événement pourrait dépasser en ampleur la Grande dépression. Simultanément, les politiques de soutien implémentées en 2008 et 2009 sont, pour la plupart, toujours en place. Ce qui signifie que le risque d’effondrement est plus grand et que les moyens pour les juguler ont déjà été utilisés, si bien qu’ils sont caducs.

L’unique bilan propre et source de liquidités restante dans le monde est le FMI, qui peut émettre en urgence des droits de tirage spéciaux. La marginalisation du dollar sera la compensation dont bénéficiera la Chine. Cette baisse de confiance dégénérera rapidement en une grave crise de confiance.

Market Watch : selon vous le, le pouvoir d’un pays se mesure par le ratio entre les quantités d’or qu’il possède et son PIB lorsqu’il s’agit de redéfinir les règles du nouveau système monétaire. Pourquoi la Chine a-t-elle besoin de posséder beaucoup d’or afin d’obtenir un siège de choix à la table des négociations ? Pourquoi les obligations américaines qu’elle possède ne sont-elles pas suffisantes ?

Jim Rickards : voici l’une des plus vieilles blagues du secteur bancaire : si je vous dois 1 million, j’ai un problème, mais si je vous dois 1 milliard, vous avez un problème. Tout simplement parce que je peux toujours faire défaut et vous laisser vous débrouiller avec votre papier sans valeur. Vu que les États-Unis doivent 2 trillions de dollars à la Chine, il s’agit de leur problème et pas du nôtre.

Les États-Unis feront défaut sur leur dette via l’inflation (il s’agit de la méthode américaine). La Chine en est bien consciente et achète donc de l’or en tant qu’assurance contre l’inflation frappant ses actifs libellés en dollars. »