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Doug Casey

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Article de Doug Casey (version élaguée), publié le 18 décembre 2015, démontrant point par point chaque argument de la propagande anti or :

« (…) Examinons les mèmes que l’on ne cesse d’entendre à propos de l’or :

L’or est risqué

Le facteur de risque dépend du prix. Si le prix d’un actif est élevé, son risque l’est aussi tout simplement parce que l’offre risque d’augmenter et la demande de baisser ce qui aura pour effet mécanique de faire baisser le prix. Donc oui, l’or à 1100 $ est plus risqué qu’à 700 ou à 200 mais même lorsque l’or était à 35 $, il y avait un commentateur financier célèbre répondant au nom d’Eliot Janeway qui répétait que si le gouvernement n’avait pas fixé le cours de l’or à 35 $ l’once, il serait à 8 $.

Le risque est toujours relatif. Il est très élevé sur les marchés actions aujourd’hui. Les obligations sont ultra risquées. L’immobilier dans certaines grandes zones urbaines atteint des records. Le dollar, même s’il est cycliquement populaire, est en route pour atteindre sa valeur intrinsèque. En fait, tous ces actifs forment une bulle. Oui, l’or est risqué maintenant mais bien moins que les autres alternatives.

L’or ne rapporte aucun intérêt

Ce n’est vrai que si vous ne le prêtez pas, tout comme un billet de 100 € ne rapporte rien. Il est possible d’obtenir le paiement d’intérêts à partir de tout ce qui est considéré comme de l’argent… si vous le louez. Le problème, c’est qu’en cas de prêt, vous courez le risque de ne pas revoir le principal. Sans parler qu’aujourd’hui de nombreuses banques appliquent des taux d’intérêt négatifs, une absurdité.

Le stockage et l’assurance de l’or coûtent de l’argent

C’est quelque part vrai mais il s’agit d’une manipulation sophistiqué. Vous pouvez vouloir assurer votre or comme vous assureriez vos bijoux, une œuvre d’art et même des certificats d’actions ou les garder en lieu sûr. Vous payez également des frais sur votre assurance-vie.

Par contre, vous pouvez posséder de l’or sans assurance et sans frais de stockage en l’enterrant ou en la cachant habilement, chose impossible pour de nombreux autres actifs. Vous pourriez aussi vouloir ne pas avoir d’assurance ou de stockage chez un tiers pour éviter que le gouvernement sache exactement ce que vous possédez et où.

L’or n’est pas vraiment utile

Cet argument étale l’ignorance dans les secteurs de la chimie et de l’économie de celui qui l’avance. Il est bien sûr beaucoup utilisé dans la bijouterie ainsi que dans la dentisterie et les microcircuits. L’or est utile car il s’agit du métal le plus malléable et le plus résistant à la corrosion de tous. Ce qui signifie qu’on lui trouve quasi tous les jours de nouvelles utilisations. C’est aussi le meilleur conducteur de chaleur et d’électricité ainsi que le plus réflecteur, derrière… l’argent. Il s’agit donc d’un matériel high-tech mais ces raisons sont pourtant secondaires car l’utilisation principale de l’or a toujours été d’être la monnaie.

L’or est cher

Cette objection est intéressante mais applicable à tout actif. Elle est en fait critique. Il est facile de déterminer le prix de quelque chose. Ce qui est compliqué, c’est de calculer sa valeur. Jusqu’en 1933 :  1 dollar correspondait à 1/20 d’once d’or. Jusqu’à 1971, à un 35e d’once d’or. Après la dévaluation de 1971, le cours officiel fut fixé à 42,22 dollars, un chiffre sans valeur vu que personne n’échangeait le métal jaune à ce prix. Il est difficile de déterminer la valeur de quelque chose lorsque votre instrument de mesure ne cesse de grandir.

Les investisseurs futés ont déserté l’or depuis longtemps

Cette assertion ne repose sur rien de tangible. Qui sont ces investisseurs futés ? De plus, l’or ne représente qu’environ 0,5 % de l’ensemble des actifs financiers.

Les États-Unis peuvent vendre leur or pour déprimer le marché

Je pense que c’est irréaliste. Le gouvernement américain déclare posséder 265 millions d’onces d’or. Disons pour 300 milliards de dollars. Je pense qu’il s’agit de cacahuètes. C’est par exemple seulement la moitié du déficit américain 2015. La moitié du déficit commercial. 2 % des dollars détenus à l’étranger. Les États-Unis pourraient être le plus gros porteur d’or physique du monde mais le pays ne possède que 5 % des 6 milliards d’onces en existence.

Vous ne devez posséder qu’un tout petit peu d’or en tant qu’assurance

Cet argument est souvent avancé par ceux qui s’attendent à un effondrement de civilisation. Ils conseillent d’investir dans le productif. Cette théorie est pauvre. L’investisseur intelligent prend ses décisions en fonction du retour possible tout en prenant en compte le risque, la liquidité et la volatilité. Parfois il vaut mieux miser sur une seule classe d’actifs : tantôt c’est l’immobilier, tantôt les actions, tantôt les obligations.

Les taux d’intérêt sont près de zéro, l’or va baisser lorsqu’ils vont grimper

Lorsque les taux sont intéressants, les gens ont tendance à préférer les dépôts et donc de vendre d’autres actifs comme l’or mais il y a d’autres facteurs à prendre en compte. Si les taux sont à 20 % mais que l’inflation est à 40 %, le taux réel s’élève à -20 %. C’est plus ou moins ce qui s’est passé dans les années 70 lorsque les taux et l’or grimpèrent de concert.

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Comment les millionnaires comme Doug Casey se préparent à la version 2.0 de la crise de 2008 ? Vous l’apprendrez en lisant cette traduction de l’interview qu’il a donnée au The Mining Report.

The Mining Report (TMR) : cette année, le Casey Research Summit (séminaire) est intitulé « comment prospérer dans une économie en crise ». Quelle est la plus grande menace pour les investisseurs aujourd’hui ?

Doug Casey : nous sommes en train de quitter l’œil du cyclone géant financier qui a démarré en 2007, et nous allons nous trouver dans son sillage. Ce sera beaucoup plus grave et long, tout en étant différent de ce que nous avons vécu en 2008 et 2009. Les investisseurs devraient se préparer à la grosse tempête qui arrivera d’ici la fin de l’année, ou en tout cas en 2015.

TMR : en 2008, les marchés actions furent très volatiles. Aujourd’hui, les index semblent grimper avec une grande régularité. Pourquoi pensez-vous que nous nous dirigeons à nouveau vers le pire ?

Doug Casey : les États-Unis ont créé des trillions de dollars pour combattre la crise financière de 2008 et 2009. La plupart de cet argent dort dans les banques et n’est pas dans l’économie. Une partie de celui-ci s’est retrouvé dans les marchés actions et obligataires, en créant une bulle sur les premiers et une super bulle sur les seconds. Plus ces marchés montent, plus la chute sera importante.

MR : l’année dernière, vous aviez prédit un crash dévastateur. En sommes-nous désormais proches ? Quels sont les signes annonciateurs de l’éclatement de la bulle obligataire ?

Doug Casey : l’un des indicateurs est que les obligations poubelles (junk bonds) rapportent un peu moins de 5 % en moyenne aujourd’hui. Alors qu’il y a 15 ans, même les obligations d’État rapportaient 15 %. TMR : n’est-ce pas la conséquence de la politique des taux d’intérêt ?

Doug Casey : Oui. Les banques centrales du monde entier ont tenté de relancer leurs économies en baissant leurs taux à des niveaux jamais vus. Cela décourage les gens d’épargner, au lieu de cela ils empruntent et consomment plus. Cela crée d’énormes déséquilibres dans l’économie. Les choses devront être remises à plat tôt ou tard, probablement dans les 6 à 12 mois prochains. Il est difficile de prévoir le timing exact, cela ressemble à 2007 en pire, à la différence que cette fois, il y a un risque inflationniste. Il en découlera un chaos financier, même s’il est difficile de prédire quelle sera sa nature exacte.

TMR : Jeff Clark a déclaré qu’il achetait de l’argent pour se protéger des QE. Préférez-vous l’or ou l’argent ?

Doug Casey : l’or et l’argent sont 2 métaux différents. L’argent a plus d’applications industrielles. Il est également assez bon marché en termes réels. Son seul problème, c’est le stockage si vous en achetez de grandes quantités. C’est l’or du pauvre. 800 millions onces d’argent sont extraites chaque année, contre 80 millions onces d’or, mais contrairement au métal jaune, la plupart de l’argent est consommé au lieu d’être stocké. C’est positif. Par contre, le fait que l’argent soit principalement un métal industriel plutôt qu’un métal monétaire est un gros point négatif dans cet environnement. Mais l’argent a plus de potentiel haussier car c’est un marché plus restreint. Si 1 milliard de dollars entre en panique sur le marché de l’argent et la même somme sur celui de l’or, le cours de l’argent montera bien plus que celui de l’or.

TMR : vous dites donc que l’argent étant plus volatile, c’est positif lorsque le mouvement est haussier ? Doug Casey : c’est tout à fait correct. Et désormais, la volatilité aura lieu vers le haut. Il ne s’agit plus du cadeau de 2001, mais en termes réels, le cours de l’argent est similaire à celui de la moitié des années 60. Il s’agit donc à nouveau d’une excellente affaire. (…)

TMR : y a-t-il des zones géographiques plus intéressantes pour investir dans le secteur minier ? Doug Casey : le monde est devenu un endroit difficile pour faire des affaires. La plupart des gouvernements sont virtuellement en faillite, ils cherchent donc davantage de revenus, via les taxes et les royalties. De plus, les règles et normes à suivre sont de plus en plus nombreuses. Les coûts de l’extraction minière ont donc énormément augmenté. Les risques politiques ont également explosé. Il n’existe aucun lieu idéal pour l’activité minière aujourd’hui. Ce n’est pas comme il y a 100 ans, où les projets profitables étaient nombreux. Aujourd’hui, chaque nouveau projet se fait à long terme. L’activité minière n’a jamais été un secteur facile, mais il est aujourd’hui horrible, pire que jamais. (…)

TMR : parlons désormais des États-Unis. D’un point de vue économique et politique, le pays est-il dans un meilleur état que l’année dernière ou pas ? L’année dernière, vous espériez que l’IRS (le fisc américain) ferme plutôt que les parcs nationaux (alors que certains services publics fermaient). Doug Casey : nous sommes dans une situation pire aujourd’hui. La direction que prend le pays devient vraiment négative. Ce qui se passe à Ferguson, avec le déploiement de la police militaire, est peut-être un avant-goût de ce qui nous attend. La situation s’est détériorée au point que nous approchons une crise millénaire. »