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Depuis le 30 septembre, le yuan fait désormais partie du panier de devises des droits de tirages spéciaux, la monnaie de réserve émise par le FMI. Quelles seront les conséquences de ce changement sur le dollar, l’or ? Jim Rickards A répondu à ces questions en 7 points dans cet article publié sur DailyReckoning.com le 29 septembre 2016 :

1.) Le dollar est-il officiellement « mort » et remplacé par une nouvelle monnaie internationale ?

Le 30 septembre 2016 fut le jour où le Fonds monétaire international (FMI) a officiellement ajouté le yuan chinois à son panier de monnaies constituant les droits de tirage spéciaux (DTS). Cette décision aura bien évidemment d’énormes implications à long terme pour le dollar américain.

Cela signifie-t-il pour autant que le dollar est devenu une monnaie oubliée et sans valeur ? Bien sûr que non. Il se peut même que la décision du FMI disparaisse très vite du débat public. Vous n’en avez d’ailleurs certainement pas entendu parler dans les journaux télévisés. Et, à ce propos, notons aussi que tout cela ne causera pas le crash du dollar immédiatement. Il est plutôt question ici d’un processus en voie de développement, qui aura des implications à long terme, certes, mais force est de constater que la décision internationale immédiate ne fera pas le buzz en soi. Cela vient d’ailleurs appuyer notre hypothèse : le dollar va effectivement mourir – mais à l’issue d’un long processus, et non pas suite à un « bang » immédiat.

Le dollar a remplacé la livre sterling comme monnaie mondiale dominante durant le siècle dernier. Mais ce fut un processus graduel qui a eu lieu entre 1914 et 1944. Tout cela ne s’est pas produit en une nuit, tout comme les DTS (droits de tirage spéciaux) ne vont pas remplacer le dollar en un seul instant, comme par magie.

En effet, depuis le premier octobre 2016, vous n’avez pas dû remarquer quoi que ce soit de sensiblement différent en cette matière. Vous avez toujours des dollars dans votre portemonnaie, vous êtes encore payé en dollars : cette devise continue effectivement de valoir quelque chose.

Mais le premier octobre fut néanmoins un tournant très important. Notons que le tableau des membres du club des monnaies constituant les droits de tirage spéciaux (DTS), n’a changé qu’une seule fois au cours des 30 dernières années. Les DTS ont été effectivement dominés par le « Big Four » (les États-Unis, le R.-U., le Japon et l’Europe) depuis que le FMI a abandonné les DTS d’or en 1973. Cela explique d’ailleurs pourquoi l’inclusion du yuan chinois dans ce club privé est si importante.

2.) Dois-je me débarrasser de mes dollars, actions et autres investissements, pour tout reconvertir en or ?

Non. Nous croyons que vous devriez posséder de l’or, certes (notons que celui celui-ci vaut actuellement 10.000 de dollars l’once), mais nous ne vous recommandons pas d’investir plus de 10 % de votre argent investissable en or, ou en tout autre actif inhérent. Certaines personnes vous diront que « Jim Rickards recommande de vendre tout et de le convertir en or ». Ce n’est pourtant pas le cas. L’on ne met jamais tous ses œufs dans le même panier, n’est-ce pas ?

Nous vous recommandons plutôt de disposer d’un portefeuille diversifié qui comprend de l’or ; des investissements en objets d’art et dans des biens immobiliers ; de la trésorerie ; des obligations et des actions, ainsi que certaines alternatives stratégiques à l’instar de fonds de couverture et de capitaux-risque au niveau macroéconomique. Vous devez effectivement être agile, d’autant plus dans le cadre macroéconomique contemporain de plus en plus imprévisible. Nous fournissons des conseils en cette matière dans la newsletter « Jim Rickards’ Strategic Intelligence ».

3) Qu’entendez-vous lorsque vous dites que le « nouvel ordre monétaire » est arrivé le premier octobre 2016, alors que les DTS existent depuis 1969 ?

Il est vrai que les DTS ont effectivement été mis en place en 1969. Et, bien évidemment, un certain nombre d’enjeux liés à ces derniers ont vu le jour lors des années 1970. En effet, le FMI a revu le fonctionnement des DTS à trois reprises depuis leur création, il y a maintenant plus de 40 ans de cela. Chacune de ces reprises étaient en réalité liée à une crise de confiance dans le dollar américain…

En 1969, les Français parmi d’autres ont pointé le fait que les États-Unis imprimaient des dollars en trop grande quantité. A l’époque, les étrangers pouvaient encore échanger des dollars contre de l’or et il y avait effectivement une course relative à l’acquisition de l’or. Le FMI a donc créé les DTS afin notamment de lisser les capitaux monétaires bruts, en émettant 9,3 milliards de DTS en 1972.

En 1979, l’inflation à travers les Etats-Unis a grimpé à des taux incontrôlables, en dépassant les 14 %. Les réserves en dollars des pays producteurs de pétrole plongeaient à toute allure. Le FMI a alors émis 12,1 milliards de DTS en 1981.

En 2009, en réponse à la panique de 2008, le FMI a émis 182,7 milliards de DTS au cours de la période entre août et septembre. Ce fut la première fois depuis près de 30 ans que le FMI émettait des DTS. Et ce fut, notons-le encore une fois, la réponse de l’institution face à la crise de liquidité mondiale, d’autant plus sachant que le FMI s’est vite rendu compte que les banques centrales mondiales ne pouvaient pas agir assez vite. Ainsi, le FMI a émis plus de 100 milliards de dollars de DTS.

Mais la panique de 2008 a tout changé. Les banques centrales du monde entier ont considérablement élargi leurs bilans pour faire face à la crise. Cela dit, elles ne seront pas en mesure de répondre de la même manière lorsque la prochaine crise frappera, ce qui arrivera certainement plus tôt qu’on ne le croie. Les banques seront alors en manque d’armes.

La seule institution financière avec un bilan assez robuste pour répondre à la crise sera le FMI, et notons qu’il agit déjà d’une sorte de « banque centrale du monde ». En ce sens, il devra émettre des quantités massives de DTS pour maintenir le système monétaire international en état fonctionnel. Cela dit, le résultat généré sera la fin du dollar dans sa qualité de monnaie principale de réserve mondiale. Voilà pourquoi les évolutions d’aujourd’hui représentent en réalité un changement radical par rapport au passé.

4.) Devons-nous nous attendre à un grand mouvement de marché suite à l’adhésion du yuan chinois aux DTS ?

Nous ne sommes pas en train de le prévoir, mais nous ne serions pas non plus surpris si cela arrivait. L’économie est au bord de la récession. Nous avons eu une année complète – 4 trimestres consécutifs – avec une croissance moyenne d’environ 1,2 % et avec quelques révisions qui ont été même en dessous. Il s’agit là d’une croissance extrêmement faible et dangereusement proche de la récession.

Le commerce mondial a chuté de façon spectaculaire. Les stocks sont caractérisés par une volatilité pointue. Vous ne savez jamais quel événement va provoquer un accident, mais cela peut littéralement arriver à tout moment.

La crise peut donc refrapper demain ou bien dans six mois, on ne peut pas le savoir avec exactitude. La vraie question à se poser, c’est : qu’est-ce qu’on attend vraiment ? Et force est de noter encore une fois que personne ne peut prévoir ces choses dans le temps. En ce sens, lorsque cela arrivera, il sera trop tard pour prendre les mesures adéquates. De combien d’avertissements avons-nous encore besoin ?

5.) Est-ce que les DTS reconfigurés auront un impact positif sur le prix de l’or ?

Les DTS sont inflationnistes. Si vous inondez le marché en dollars de DTS, l’or va faire montre d’une pointe spectaculaire, en atteignant sans doute les 10,000 dollars. Cela va-t-il arriver de suite ? Encore une fois, probablement non. Mais la tendance est en cours. L’on peut donc s’attendre à ce que le dollar soit dévalué de 50-80% dans les années à venir.

6.) « Puis-je acheter des DTS ? »

Officiellement, non, vous ne pouvez pas. Le FMI est la seule institution qui peut imprimer et distribuer la devise mondiale. Seuls ses Etats membres qui sont dans son « panier » d’élite peuvent échanger librement des DTS. En règle générale, les DTS sont utilisés pour des prêts ou des remboursements effectués par le FMI. Ils sont également utilisés par les banques centrales des Etats membres, afin notamment de vendre et ainsi d’aider les réserves de change en période de crise économique.

Après, il est également vrai qu’un « secteur privé » version DTS sera disponible : il sera appelé M-DTS. Le FMI a publié un document technique introduisant le concept d’un marché de DTS privé. Dans la vision du FMI, les entreprises privées et les corporations pourront émettre des obligations libellées en DTS. Qui seront les émetteurs logiques de ces obligations ?

Probablement les organisations multinationales ou multilatérales comme la Banque asiatique de développement, et peut-être certaines grandes entreprises comme IBM ou General Electric. Qui achèterait ces obligations libellées en DTS ? Principalement des fonds souverains. La Chine sera certainement un des acheteurs importants.

Mais le seul recours principal pour les investisseurs de tous les jours sera de posséder des DTS « synthétiques ». Nous avons conceptualisé un moyen permettant de procéder à une participation « non officielle » en termes de DTS. Cette participation « non officielle » est non seulement parfaitement légale, mais elle est la seule façon que l’on connaisse permettant à un citoyen lambda d’y avoir accès.

7) Quelle est la prochaine étape importante dans le développement de la nouvelle monnaie mondiale ?

Le 7 octobre, le FMI tiendra sa réunion annuelle à Washington, afin notamment d’envisager des mesures supplémentaires pour élargir le rôle des DTS et de faire de la Chine une partie intégrante du nouvel ordre monétaire mondial. Mais il y a un autre développement imminent qui a des implications pour l’adoption des DTS … à savoir le retour des BRICS.

« BRICS » est un acronyme pour Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud, qui sont parmi les plus grandes économies en matière de marchés émergents, et représentent environ 22 % du PIB mondial. Il y a cinq ans, la discussion dans les milieux monétaires internationaux tournait autour de la montée des BRICS. Il s’est avéré que les BRICS pourraient représenter un sérieux défi à l’hégémonie du dollar américain. Puis l’histoire autour de BRICS a perdu de l’ampleur en 2014-15. Mais cela change actuellement.

Lors du Sommet des dirigeants du G20 à Hangzhou, en Chine lors du mois de septembre 2016, BRICS a fait une demande très intéressante. Les membres de cet organisme ont beau atteindre 22% de l’économie mondiale, mais ils ne détiennent que 14,89 % des voix au FMI.

Tout pays ou groupe de pays possédant 15 % des voix a un pouvoir de veto sur certaines décisions importantes du FMI, y compris l’émission de DTS. Un seul pays a plus de 15% aujourd’hui : il s’agit des États-Unis. Les BRICS demandent maintenant que leur vote au FMI se rapproche de leur part de l’économie mondiale, c’est-à-dire au-delà du seuil des 15%.

Si cela se produisait, le FMI ne serait en mesure d’inonder le monde de DTS – dans l’hypothèse d’une crise de liquidité – qu’à condition que les BRICS donnent leur accord. Nul ne doute que les BRICS seront d’accord, mais seulement si d’autres mesures sont simultanément prises, afin notamment de détruire la position privilégiée du dollar américain dans les paiements et dans les réserves mondiales. Les BRICS sont donc bel et bien de retour et cela aura des implications importantes sur l’adoption des DTS… mais aussi sur le dollar.

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Article de Jim Rickards (source) expliquant pourquoi nous allons vivre dans les 5 semaines à venir l’une des transformations du système monétaire les plus significatives des 3 dernières décennies :

« Les 5 semaines à venir seront marquées par l’une des transformations du système monétaire les plus significatives de ces 30 dernières années.

Vu que le dollar est encore le pilier de ce système, il sera lui-même affecté. Tout ce qui touche le dollar vous touche, votre portefeuille ainsi que votre sécurité financière personnelle. Il est crucial de comprendre ces changements en cours afin de protéger votre patrimoine, et même de prospérer durant cette transition à venir.

Cette transformation radicale du système monétaire international est arrivée à de nombreuses reprises de par le passé, notamment via les 2 accords des années 80. Il y a eu les accords du Plaza en 1985 et les accords du Louvre en 1987 (…).

À l’occasion des accords du Plaza, les pontes des finances des États-Unis, de la Grande-Bretagne, de l’Allemagne de l’Ouest, de la France et du Japon se mirent d’accord le 22 septembre 1985 pour dévaluer le dollar. Le billet vert plongea alors de 30 % dans les 2 années à venir.

Les dégâts furent tels qu’une seconde réunion fut programmée au Musée du Louvre le 22 février 1987. Réunion à laquelle participèrent les responsables de haut rang de ces mêmes pays. Ils se mirent d’accord pour mettre fin à la dévaluation du dollar. Celui-ci fut alors stable dans les années qui suivirent.

Penser que la valeur du dollar est déterminée par les forces du marché est une erreur.

Cela peut être vrai à court terme, mais à long terme, la valeur du dollar est déterminée par les gouvernements. Plus un gouvernement est puissant, plus il peut influencer la valeur du billet vert.

Récapitulatif des tremblements de terre monétaires de ces dernières décennies

Il n’y a aucun doute que durant la période 1980-2000, les États-Unis étaient le pays le plus puissant du monde. L’Union soviétique était en phase terminale en 1987 ; elle s’effondra 4 ans plus tard. La Chine était toujours en phase d’émergence tout en devant composer avec le soulèvement de la place Tienanmen de 1989. L’euro ne fut créé qu’en 1999. Les États-Unis étaient le roi du monde.

Lorsque les États-Unis voulurent affaiblir le dollar en 1985, ils imposèrent leur volonté au reste du monde à l’occasion des accords du Plaza. Lorsque les USA voulurent stabiliser le dollar bon marché en 1985, ils imposèrent à nouveau leur volonté au reste du monde avec les accords du Louvre. Les forces des marchés y furent étrangères. Ce que les États-Unis voulaient, ils l’obtenaient. Les investisseurs devaient simplement faire avec.

Les accords du Plaza et du Louvre furent précédées par l’accord du Smithsonian de décembre 1971. Il fut décrété que le dollar serait dévalué de 7 à 17 % (en fonction de la paire de devises concernée) par le G10, mais en fait 11 pays : les États-Unis, le Royaume-Uni, le Japon, le Canada, la France, l’Allemagne de l’Ouest, la Belgique, les Pays-Bas, l’Italie, la Suède et la Suisse.

Cet événement eut lieu peu de temps après l’annonce du 15 août 1971 de la fin de la convertibilité du dollar en or par le président Nixon. Celui-ci pensait qu’il s’agirait d’une suspension temporaire, le rétablissement du standard or devant être fait après s’être accordé sur la dévaluation.

Celle-ci a eu lieu, mais le standard or ne fit jamais son retour. En janvier 1980, le dollar était dévalué de 95 % par rapport à sa valeur en or.

Avant les accords du Smithsonian, il y avait eu la dévaluation de la livre de 14 % d’Harold Wilson en 1967, la conférence de Bretton-Woods de 1944, la confiscation de l’or par Roosevelt, la dévaluation de 60 % du dollar en 1933, l’abandon du standard or par le Royaume-Uni en 1931 et la conférence de Gênes de 1922.

Tout ça pour dire que des tremblements de terre monétaire ont lieu de façon régulière. Nous en avons connu 9 durant les 100 dernières années, mais il y en eut d’autres, comme la crise de la livre de 1992, lorsque Soros mit en faillite la banque d’Angleterre, ou encore la crise de la tequila en 1994 lorsque le peso mexicain fut dévalué de 50 % en quelques mois seulement.

Les tremblements terrent monétaire ont des conséquences diverses. Parfois le dollar est un grand gagnant (1980-1985), parfois il perd énormément de sa valeur (1971-1980 et 1985-1987). Les investisseurs doivent donc être en état d’alerte, suivre les plans échafaudés en coulisses par les élites monétaires et anticiper la direction des grands changements.

Le tremblement terre monétaire à venir

Ce qui va se passer dans les 5 semaines à venir sera aussi significatif que n’importe lequel des tremblements de terre monétaire évoqués ci-dessus. 3 événements majeurs auront lieu en un court laps de temps. Voici la liste :

  • Le 4 septembre 2016, les leaders du G20 se sont rencontrés à  Hangzhou, Chine (note : Obama a d’ailleurs été snobé comme jamais par les Chinois, la rencontre a d’ailleurs été émaillée par de nombreux incidents)
  • Le 30 septembre 2016, le yuan intègre officiellement le panier de devises des droits de tirage spéciaux (DTS)
  • Le 7 octobre 2016, le FMI tient sa réunion annuelle à Washington

Vous pourriez penser que ce calendrier n’a rien d’exceptionnel. Les réunions du G20 ont lieu annuellement. La composition des devises des DTS a été modifiée à de nombreuses reprises. Le FMI se réunit 2 fois par an. Mais il ne s’agit pas de réunions de routine. Cette fois, c’est différent.

L’agenda caché de ces réunions inclut la transition formelle d’un standard dollar vers un standard DTS. Cela n’aura pas lieu du jour au lendemain, mais l’approbation de ces décisions par les élites sera formalisée à l’occasion de ces réunions.

Les DTS sont une source de liquidités mondiales quasi illimitée. C’est pourquoi ils ont été inventés en 1969, lorsque le monde cherchait des alternatives au dollar, et c’est pourquoi ils seront utilisés dans un futur proche.

Les DTS ont été émis en plusieurs tranches durant les remous monétaires entre 1971 et 1981 pour ensuite être rangés au placard. En 2009, une nouvelle émission de DTS fut distribuée aux membres du FMI afin de fournir des liquidités après la panique de 2008.

Cette émission fut un test grandeur nature afin de s’assurer que le système fonctionne correctement. Après un gel des émissions entre 1981 et 2009, le FMI souhaitait une grande répétition. L’objectif était également de répondre aux problèmes de liquidités rencontrées à l’époque, mais surtout de tester le système. L’expérience de 2009 fut concluante. (…)

Le 7 janvier 2011, le FMI a concocté un plan global visant à remplacer le dollar avec les DTS. Ce plan prévoit la création d’un marché obligataire des DTS, de dealers ainsi que d’une structure d’instruments comme des produits dérivés, des opérations de repos, des canaux de règlement et de compensation ainsi que l’appareil complet pour créer un marché obligataire liquide.

En novembre 2015, le comité exécutif du FMI a formellement voté en faveur de l’admission du yuan dans le panier de devises des DTS, convertibles en cette devise. En juillet 2016, le FMI a publié une étude appelant à la création d’un marché obligataire privé pour les DTS. (…) En août 2016, la Banque Mondiale a annoncé l’émission d’obligations libellées en DTS à l’attention des investisseurs privés. La banque chinoise ICBC, la plus large du pays, sera le plus gros souscripteur. D’autres émissions privées d’obligations DTS sont attendues sous peu. (…)

La fin du dollar en tant que monnaie de réserve, et sa dévaluation à venir

Dans les années à venir, nous allons assister à l’émission de DTS en faveur d’organisations transactionnelles comme les Nations unies et la Banque Mondiale. DTS qui seront dépensés en faveur de l’infrastructure pour combattre le changement climatique et autres projets chers aux élites par des organismes en dehors de toute supervision démocratique (j’appelle cela le nouveau plan global pour générer une inflation mondiale).

Après quoi les élites monétaires attendront la prochaine crise mondiale de liquidités. Lorsque cette crise émergera, il y aura une émission massive de DTS afin de fournir les liquidités nécessaires et générer de l’inflation à l’échelle mondiale. En conséquence, nous assisterons à la fin du dollar en tant que monnaie de réserve mondiale.

Sur base du passé, nous pouvons nous attendre à une dévaluation du dollar de 50 à 80 % dans les années à venir. (…) »

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statue de Mao en or

L’Epoch Times s’est entretenu avec Willem Middelkoop pour parler des achats d’or de la Chine ainsi que de sa stratégie concernant la fin du système financier actuel et sa réforme. Article publié le 7 mars 2016 :

« (…)

Epoch Times : comment la Chine perçoit-elle l’or ?

Willem Middelkoop : la chose la plus importante à comprendre à propos de la stratégie or de la Chine, c’est que ce pays considère le métal jaune comme une assurance contre le système financier et les réserves qu’il possède aujourd’hui. La Chine a encore 3,2 trillions de dollars de réserves mais elle comprend que le système du dollar est en fin de vie. Ils ont clairement fait savoir en Chine qu’ils souhaitent se protéger contre leurs positions en dollars avec de l’or.

La plupart de ces déclarations n’ont quasi jamais été répercutées en Occident mais si vous lisez les articles de la presse chinoise, ils disent de but en blanc qu’ils souhaitent « accumuler le plus vite possible les réserves d’or les plus importantes possible ».

La Chine avait un peu d’or dans les années 20 et les années 30 mais la plupart de ces lingots ont été volés par les Japonais justes après l’invasion du pays, qui a eu lieu quelques années avant la Seconde Guerre mondiale.

Après la guerre, le Kuomintang a pris la fuite vers Taiwan avec le peu qu’il restait. Si bien que les coffres de la Chine furent vides jusqu’aux années 90. Maintenant, le désir d’augmenter rapidement leurs réserves est très fort.

Epoch Times : à votre avis, combien d’or possède la Chine maintenant ?

Willem Middelkoop : pour savoir combien d’or les Chinois ont accumulé durant ces 15 dernières années, se contenter des statistiques officielles n’est pas suffisant. Ce que possède la banque centrale est faible par rapport à l’or qui se trouve en Chine. Les statistiques officielles font état de 1800 tonnes, ce qui représente moins de 2 % de toutes les réserves de la Chine.

Leur objectif est d’avoir 10 % de leurs réserves en or soit 320 milliards de dollars. La Russie possède plus de 10 % de ses réserves en or, l’Europe et les États-Unis bien plus. En Occident, l’or représente plus de 50 % des réserves de change.

Un programme officiel existe en Chine, baptisé « stocker de l’or parmi la population ». Un article de la Banque Centrale chinoise en a fait mention en juin 2015, juste après la mise à jour de leurs réserves d’or.

En ce qui concerne la quantité d’or qui se trouve en Chine, elle dépasse facilement les 10.000 tonnes. Ces lingots sont stockés par les banques commerciales, des sociétés de garde et des particuliers.

Au moins la moitié de cet or appartient à la population chinoise. Le leadership chinois a étudié l’histoire financière d’assez près. Ils savent qu’en situation de crise, le gouvernement peut décider de confisquer l’or en l’échange d’argent papier en guise de compensation. Surtout dans un pays centralisé comme la Chine.

Les Coréens l’ont fait durant la crise asiatique, les États-Unis l’ont fait en 1933 lorsque le président Roosevelt a obligé les Américains à remettre leur or au gouvernement. Entre 1933 et 1974, les Américains n’avaient d’ailleurs pas le droit d’acheter de l’or.

En cas de besoin les Chinois pourront confisquer l’or de la population par exemple si le gouvernement devait perdre trop de réserves dans la défense de leur devise. Dans ce scénario, le gouvernement pourrait confisquer l’or du citoyen ordinaire. Mais il s’agit d’une mesure extrême, prise uniquement lorsque la situation est désespérée.

Epoch Times : comment ont-ils pu accumuler autant d’or sans propulser le cours jusqu’à 5000 $ l’once ?

Willem Middelkoop : la Chine ne souhaite pas voir le cours de l’or grimper trop, ni trop vite, elle ne souhaite pas trop insister sur le fait qu’elle utilise l’or en tant qu’assurance contre le pétrodollar.

Elle doit donc faire croire que l’or ne représente qu’une partie infime de ses réserves. Et la Chine est très habile à ce petit jeu. Si les Chinois voulaient propulser l’once d’or à 3000 $, ils pourraient le faire demain en publiant un simple communiqué annonçant qu’ils vont convertir 25 % de leurs réserves de change en or.

Epoch Times : et quid du Shanghai Gold Exchange ?

Willem Middelkoop : Ils veulent transférer le mécanisme de valorisation de l’or et de l’argent de Chicago, où se trouvent les marchés futures (COMEX), vers Shanghai.

Ils ont donc ouvert une bourse d’échange or à Shanghai où quasi tout le monde peut investir sur le marché des futures. À Shanghai, une transaction sur 3 débouche sur une livraison physique alors qu’au Comex ce ratio est de une pour 300.

Ils travaillent donc à l’élaboration d’une infrastructure capable de transférer le mécanisme de détermination du cours de l’or, de l’argent et d’autres matières premières de l’Occident vers l’Orient.

Si vous observez les volumes échangés sur le marché des futures en ce moment, en ce qui concerne l’argent les volumes sont plus importants en Chine qu’aux États-Unis. Et en ce qui concerne l’or, Shanghai commence à concurrencer le Comex.

Epoch Times : les Chinois ont également acheté des coffres à New York et à Londres.

Willem Middelkoop : les Chinois jouent à fond la carte de l’or et se préparent clairement pour le futur qui offrira un rôle plus important à l’or.

La Chine a aussi créé un fonds d’investissement or disposant d’actifs s’élevant à 16 milliards de dollars. Avec ce fonds, ils financent l’exploration et le développement de nouvelles mines d’or dans des pays faisant partie de la nouvelle Route de la Soie.

Si vous échangez de l’or sur le marché à terme du système financier actuel, vous devez mettre en place un système de règlement, notamment pour les actions et les obligations, ainsi que pour l’or physique.

Il est donc nécessaire d’avoir des lieux de stockage un peu partout dans le monde. En contrôlant les coffres vous pouvez contrôler le système de règlement de l’or qui représente la pierre angulaire du marché à terme qui est justement celui qui détermine le cours de l’or.

Le marché papier est le mécanisme mais il doit être adossé par du métal physique. C’est pourquoi vous avez besoin de coffres. Si vous n’avez pas la clé d’un coffre, vous ne possédez pas son contenu. C’est la raison pour laquelle les Chinois ont acheté les coffres de la JP Morgan à New York et ceux de la Deutsche Bank à Londres.

Epoch Times : quelle est la stratégie de la Chine ?

Willem Middelkoop : je pense que ce pays a une stratégie à plus long terme dans laquelle l’or joue un rôle plus important. La Chine se prépare au changement de système financier dans lequel l’or remplira un rôle plus dominant. Je pense que les Chinois anticipent des prix bien plus élevés pour le métal jaune.

Je pense que les Chinois suivent une stratégie, comme croit le savoir Jim Rickards. Il pense que le FMI, les États-Unis, l’Union européenne et la Chine se sont mises d’accord pour que lorsque chaque entité détiendra les mêmes quantités d’or par rapport à leur PIB, ce métal qui devrait représenter 30.000 tonnes pourrait être mis en commun afin d’adosser les droits de tirages spéciaux à l’or. (…)

Je pense que les Chinois ont passé un accord avec les États-Unis et le FMI pour qu’une partie de leur or reste aux États-Unis dans des coffres qui sont la propriété de la Chine. Il s’agit donc de l’ancien bâtiment de la JP Morgan, qui se trouve justement en face du bâtiment de la Fed de New York qui possède les réserves d’or physique les plus importantes juste derrière Fort Knox.

Les Chinois semblent se satisfaire de stocker une partir de leur or à l’étranger mais ils veulent être les propriétaires des coffres.

Epoch Times : quel est l’avantage d’une telle stratégie ?

Willem Middelkoop : en redonnant à l’or une place centrale dans le système monétaire, vous augmentez la confiance dans celui-ci afin d’éviter l’hyperinflation. (…) Si on réévaluait l’or disons à 8400 $ l’once, les bilans des banques centrales seraient les premières bénéficiaires. Surtout aux États-Unis car la Fed et le Trésor comptabilisent encore l’or à sa valeur historique de 42 $ l’once.

Avec cette revalorisation, ces 11 milliards de valorisations de l’or deviendraient 2,2 trillions. Il s’agit donc d’une astuce très simple pour rééquilibrer le bilan des banques centrales. La réévaluation de l’or est une solution très simple à la problématique actuelle. (…)

Epoch Times : pensez-vous que les hedge funds ont raison de parier sur la dévaluation du yuan ?

Willem Middelkoop : les Chinois ont connu un épisode d’hyperinflation à la fin des années 40. C’est justement grâce à ce désordre monétaire que le Parti Communiste fut en mesure de prendre le pouvoir. Les leaders chinois comprennent donc qu’ils doivent empêcher à tout prix la perte de confiance en l’argent papier. Il s’agit de l’un des rares événements qui pourraient provoquer la chute du Parti Communiste.

C’est pourquoi ils sont terrifiés par les mouvements d’ampleur sur les marchés financiers. Ils comprennent parfaitement qu’ils doivent contrôler les marchés et la devise, ce qui explique pourquoi l’or est si important pour eux. L’enjeu est de taille : il s’agit de conserver le pouvoir. »

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Article inspiré de celui de ZeroHedge, publié le 30 novembre 2015.

Au début de ce mois, les analystes du FMI proposaient l’ajout du yuan ou renmibi au panier de devises des DTS (droits de tirages spéciaux), un actif de réserve qui fut créée par cette institution En 1969. Sans surprise, la proposition a été validée hier par le conseil d’administration du FMI.

Ce qui signifie qu’à partir du 1er octobre 2016, le yuan représentera 10,96 % du panier de devises des DTS. Ce poids signifie que le yuan pèsera plus dans la balance que la livre sterling britannique (8,09 %) ou encore le yen japonais (8,33 %). Avec cette décision, le FMI consacre donc la grande arrivée de la monnaie chinoise dans le concert des monnaies de réserve tout en donnant à la Chine la place qui lui revient dans la finance mondiale.

Néanmoins, comme le note ZeroHedge, il ne s’agit que d’une première étape. S’il souhaite véritablement concurrencer le dollar, le yuan  devra encore parcourir beaucoup de chemin et notamment au niveau de la transparence des autorités chinoises (fait cocasse : même cas d’immobilisme à cet égard, la banque centrale chinoise pourrait se mettre à niveau des autres banques centrales de plus en plus interventionnistes). Il ne faut donc pas s’attendre à une révolution monétaire de cet événement. Il s’agit juste d’un nouveau signe que les choses changent lentement mais sûrement.

statue de Mao en or

Article de Jim Rickards, publié le 18 mai 2015 sur Daily Reckoning : 

« L’un des scénarios récurrents présentés sur les sites financiers alternatifs qui anticipent l’effondrement du dollar se déroule comme ceci :

La Chine et de nombreux autres émergents notamment les BRICS cherchent une solution pour contrer le système mondial basé sur l’argent papier, système qui est aujourd’hui dominé par le dollar. Cette domination du billet vert permet aux États-Unis de forcer la main à d’autres nations en termes politiques et économiques (énergie).

Les pays qui refusent de se soumettre à la volonté des États-Unis se retrouvent exclus des systèmes financiers internationaux, leurs banques deviennent dans l’incapacité d’effectuer des transactions en dollars, indispensables pour importer des biens ou être payé pour leurs exportations. La Russie, l’Iran et la Syrie en ont fait récemment les frais.

La Chine n’apprécie pas vraiment ce système pas plus que la Russie ou l’Iran mais elle ne souhaite pas une confrontation directe avec les États-Unis.

La stratégie de l’empire du Milieu consiste donc à accumuler d’énormes quantités d’or et à travailler à la mise en place d’institutions financières alternatives comme la banque de développement AIIB et celles des BRICS, la NDB.

Lorsque le temps sera venu, la Chine annoncera subitement ses véritables réserves d’or et tournera le dos aux institutions de Bretton-Woods comme le FMI et la banque mondiale. La Chine adossera sa monnaie à l’or et utilisera l’AIIB et la NDB pour prendre la tête du nouvel ordre financier mondial.

La Russie et les autres pays seront invités par les Chinois à rejoindre ce nouveau système monétaire international. Il s’en suivrait l’effondrement du dollar, le cours de l’or exploserait et la Chine deviendrait la nouvelle puissance économique mondiale. Ce serait ensuite le bonheur éternel pour les aficionados de l’or.

Seul hic de cette histoire, ses lignes les plus importantes sont tout simplement erronées. Comme d’habitude, la vérité est beaucoup plus subtile que la croyance populaire. Voici ce qu’il en est vraiment.

Comme c’est vrai pour la plupart des mythes, celui-ci a un fond de vérité. La Chine accumule bien secrètement des milliers de tonnes d’or. La Chine met en place de nouvelles institutions financières multilatérales. Il ne fait aucun doute que la Chine communiquera sur ses véritables réserves d’or d’ici l’année prochaine.

Même Bloomberg en a parlé dans un article du 20 avril qui affirme que la Chine pourrait être sur le point de le faire. Mais les raisons de ces achats d’or ainsi que de la mise à jour de ses statistiques au FMI, ne sont pas celles qu’avance la blogosphère. La Chine ne veut pas détruire le club des dominants, elle veut le rejoindre.

La Chine sait pertinemment que malgré sa croissance importante et l’énorme taille de son économie, le yuan n’est pas encore prêt pour devenir une véritable monnaie de réserve et ne le sera pas avant quelques années.

Il est vrai que l’internationalisation du yuan a démarré. Mais aujourd’hui, il ne représente même pas 2 % de l’ensemble des transactions mondiales alors que le dollar en truste 40 %.

Mais l’utilisation d’une monnaie dans les règlements n’est qu’un élément parmi tant d’autres et pas le plus important qui caractérise une monnaie de réserve. Ce sont les investissements en une devise et non les paiements qui comptent. Un marché obligataire important et liquide, libellé dans cette devise, doit exister. Cela permet aux pays qui disposent d’une balance commerciale excédentaire d’investir ce surplus.

Aujourd’hui, si vous encaissez du yuan en commerçant avec la Chine, tout ce que vous pouvez faire avec cet argent, c’est le déposer sur un compte en banque ou le dépenser en Chine.

En plus d’un marché obligataire, vous avez besoin du réseau qui lui permet de fonctionner soit des négociants principaux, des outils de protection (hedging) comme des marchés à terme (futures) et des options, des repo, des produits dérivés, etc. Des choses qui font défaut à la Chine. Le yuan est donc loin d’être prêt pour jouer le rôle de monnaie de réserve principale.

La Chine n’est également pas prête à adosser sa monnaie à l’or. En admettant même qu’elle en possède 10.000 tonnes, cela ne représente que 385 milliards de dollars à sa valorisation actuelle alors que la masse monétaire M1 était d’environ 5,4 trillions de dollars en avril dernier. Autrement dit, même sur une estimation favorable de 10.000 tonnes cela ne représente que 7 % de sa masse monétaire.

Historiquement, les pays qui ont opéré avec succès sur la base d’un standard or possédaient de 20 à 40 % de leur masse monétaire en or. La Chine pourrait réduire sa masse monétaire afin d’atteindre le seuil des 20 % mais ce serait un acte extrêmement déflationniste qui propulserait l’économie chinoise vers une dépression ainsi qu’une situation politique instable, cela ne risque donc pas d’arriver.

Pourquoi le yuan n’est pas prêt à devenir une monnaie de réserve aujourd’hui ?

En bref c’est impossible car la Chine ne dispose ni du marché obligataire, ni du métal nécessaire pour adosser le yuan à l’or. Quelle est donc la stratégie de la Chine ?

Elle veut imiter les États-Unis, soit se baser sur une monnaie papier qui soit assez importante pour lui permettre de jouer un rôle dans la finance mondiale et lui donner un certain pouvoir sur les autres pays. La meilleure façon pour y parvenir consiste à augmenter son droit de vote au FMI et à obtenir l’inclusion de sa monnaie dans les DTS. Pour remplir ces deux objectifs, la Chine aura besoin de l’aval des États-Unis qui dispose d’un droit de veto au FMI. Les USA peuvent donc contrecarrer les ambitions chinoises.

Dans cette négociation, la Chine obtiendra le statut qu’elle désire occuper au FMI mais les États-Unis forceront le pays à contrôler son comportement. Ce qui signifie que la Chine devra continuer à arrimer sa monnaie au dollar. Cela signifie aussi que la Chine est autorisée à accumuler de l’or mais sans pouvoir en parler. Pour pouvoir joindre le club, la Chine devra se plier à ses règles. (…)

Sur les réserves d’or réelles de la Chine

La Chine va probablement annoncer une hausse de ses réserves d’or dès cette année mais ne vous attendez pas à un feu d’artifice. La Chine stocke son or auprès de 3 institutions : la banque centrale chinoise, la SAFE (une institution étatique qui gère les devises étrangères en Chine) et la CIC.

La Chine peut transférer de l’or vers les coffres de la banque centrale chinoise et mettre à jour ses réserves auprès du FMI afin d’obtenir l’inclusion du yuan dans les DTS. Pékin pourrait également décider de continuer à cacher une partie de ces réserves dans les coffres de la SAFE et de la CIC.

La Chine sera probablement admise cette année dans le club des DTS mais loin de lancer sa monnaie adossée à l’or, la Chine ne fera probablement que confirmer que les DTS sont la devise des grandes puissances.

Pourquoi la Chine voudrait-elle abandonner la monnaie papier plus que la Fed ou la BCE ? Toutes les banques centrales préfèrent l’argent papier car contrairement à l’or, celui-ci peut être imprimé à l’envi.

L’or n’en reste pas moins l’actif le plus sûr, tout investisseur devrait en posséder dans son portefeuille. Le cours de l’or va également grimper significativement dans les années à venir mais contrairement à ce qu’écrivent certains blogs, le cours de l’or n’explosera pas suite à la confrontation entre la Chine et les États-Unis ou à l’adossement du yuan à l’or.

Le cours du métal jaune augmentera significativement lorsque toutes les banques centrales y compris celles des États-Unis et de la Chine confrontées à la prochaine crise de liquidités, qui sera pire que celle de 2008, se précipiteront sur l’or en même temps que les citoyens pour préserver la richesse dans un monde qui a perdu toute confiance dans les banques centrales.

Lorsque cela arrivera, il pourrait devenir impossible de se procurer de l’or. C’est donc maintenant qu’il faut constituer vos réserves. »

Article de MineWeb du 27 avril 2015 :

« Afin de rejoindre le panier de devises des droits de tirage spéciaux du FMI, la Chine devra probablement au préalable désarrimer sa monnaie du dollar américain. L’augmentation massive de ses réserves d’or fait peut-être partie intégrante de cette stratégie.

Depuis ces dernières semaines, les spéculations vont bon train concernant la probabilité que la Chine dévoile l’état réel de ses réserves d’or afin que sa devise soit inclue dans les DTS, une décision qui lancerait véritablement la reconnaissance du nouveau statut de monnaie de réserve du yuan. Les déclarations récentes de la Chine rendent ce scénario plausible. Les discussions au sein du FMI à propos de la possible révision du panier des devises qui composent les DTS démarreront le mois prochain. Il semble cependant évident que l’inclusion du yuan n’a pas de sens si la monnaie chinoise est toujours arrimée au dollar, vu que le principe même du panier de devises est d’offrir la stabilité la plus large possible. Deux de ses monnaies principales arrimées l’une à l’autre iraient à l’encontre de cette stabilité par la diversité.

En partant du principe que la Chine souhaite voir sa monnaie rejoindre les DTS et qu’au préalable elle devra laisser librement flotter le yuan par rapport au dollar, les conséquences potentielles sont multiples et passionnantes. Elles ont été portées à ma connaissance par le Dr Fraser Murrell via l’article très intéressant de JC Collins, intitulé « quand la Chine mettra-t-elle fin à l’arrimage du yuan au dollar ? » assez méconnu jusqu’à présent et qui traite le sujet de façon détaillée.

Le Dr Murrell a développé sa propre analyse en suggérant que la vigueur récente du dollar est un mirage car il s’agirait en fait d’une réaction mécanique à la vigueur du yuan, qui tire le dollar vers le haut vu que les 2 monnaies sont arrimées. Si cet arrimage devait être abandonné, on assisterait à une hausse importante de la devise chinoise. Qui sait.

Pour rejoindre les DTS, la Chine devra non seulement mettre un terme à ce peg mais aussi communiquer sur l’état réel de ces réserves d’or alors que le pays rapporte depuis 2009 des réserves de l’ordre de 1054 tonnes. Ces 2 annonces sont inextricablement liées et le compte à rebours a déjà démarré.

En mai, le FMI tiendra une réunion de discussions informelles concernant la révision de la composition des DTS. Une seconde réunion aura lieu en octobre durant laquelle les éventuels changements seront officiellement annoncés tandis qu’ils seront implémentés au 1er janvier 2016. Si le yuan parvient à se faire une place parmi le panier de devises cela signifie que l’annonce de son désarrimage aura dû avoir lieu avant octobre.

Mais quid des conséquences sur le métal jaune ? Même s’il ne s’agit que de spéculations, il est fort probable que la Chine possède bien plus d’or qu’elle le prétend. De nombreux éléments portent à croire que les Chinois estiment qu’un adossement partiel du yuan à l’or augmentera de façon considérable sa crédibilité financière et lui permettra de franchir un nouveau palier sur la scène du commerce international. Son inclusion dans les DTS serait une première étape allant dans ce sens. Et alors que le poids économique de la Chine est sur le point de dépasser celui des États-Unis, la fin du peg avec le dollar améliorerait sa convertibilité internationale pour en faire de facto une monnaie de réserve d’un point de vue du commerce international. Si ce scénario se matérialise dans le courant de l’année cela signifie que le 1er janvier 2016 sera le début de la fin de l’hégémonie américaine sur l’économie mondiale.

Vu que la Chine devra probablement communiquer sur ses réserves d’or réelles pour provoquer ces changements, cette annonce devrait avoir un impact sur le cours de l’or. Lorsque Pékin aura accumulé assez de métal pour atteindre ses objectifs économiques, il n’y aura plus aucun intérêt à ce que le cours de l’or soit aussi bas comme aujourd’hui. A contrario le gouvernement pourrait utiliser ces énormes réserves en devises pour faire monter le prix et bétonner sa position.

Il se peut que cette stratégie de domination financière mondiale soit trop ambitieuse pour un pays comme la Chine mais son organisation politique (planification centralisée) et ses énormes réserves en devises lui offrent la possibilité de la poursuivre. Avec des classes moyennes toujours plus nombreuses à qui on a ouvertement recommandé l’achat d’or, une hausse pérenne du cours du métal serait aussi très intéressante pour s’assurer leur approbation.(…) »

or

Dans sa dernière interview sur KWN, Stephen Leeb a expliqué que le déclin de l’or de ces deux dernières années a été causé en grande partie par la BRI (la banque centrale des banques centrales)  qui avait décidé en 2013 que l’or ne faisait pas partie des sources de liquidités de référence. Cependant les choses pourraient bien changer avec l’inclusion de l’or dans les DTS du FMI, ce qui aurait d’énormes conséquences positives pour le métal jaune :

« Durant le week-end dernier, une réunion à laquelle ont participé différent ministre et économiste s’est tenue à Dubaï. L’un des plus grands économistes de Grande-Bretagne y a fait un commentaire qui a retenu toute mon attention. En bref, il a dit que l’inclusion de l’or dans les droits de tirage spéciaux (DTS) était inévitable. Il a également déclaré que cette inclusion serait facilitée si la Chine déclarait la quantité d’or qu’elle possède.

Pour mesurer la portée de ces déclarations, il faut remonter à 2013 lorsque l’or s’est effondré d’environ 30 %. À l’époque, tout le monde s’attendait à ce que la BRI confère à l’or le statut de source de liquidités de référence dans le cas d’un nouvel événement de type 2008-2009. À vrai dire le déclin du métal jaune en 2013 a eu lieu à cause de cette exclusion, la BRI n’ayant fait aucune mention de l’or lorsqu’elle a évoqué les sources de liquidités de référence.

À partir de ce moment, le métal jaune a commencé à se comporter de façon contre-intuitive. Alors que l’Europe tanguait, le marché de l’or n’est pas parti à la hausse comme il aurait dû. Et lorsque la crise de Chypre a éclaté, nous avons même assisté à une nouvelle baisse.

À l’époque, la BRI était désespérée

La Banque des Règlements Internationaux, en prenant cette décision, a simplement dit qu’elle ne considérait pas l’or comme une monnaie. Je pense qu’ils l’ont prise par désespoir parce que l’or était l’un des actifs les plus performants depuis la catastrophe de 2008-2009.

Si la BRI avait intégré l’or dans les monnaies acceptables tout le monde se serait mis à en acheter car il s’agit de la monnaie la plus sûre à long terme, bien plus sure que le dollar ou que sais-je. Si la BRI avait agi ainsi le cours de l’or aurait décollé.

L’or va faire son grand retour officiel en tant que monnaie

Les déclarations de l’économiste britannique sont importantes car elles suggèrent que l’or va faire son grand retour officiel en tant que monnaie dans le cadre des droits de tirage spéciaux du FMI. Si l’or est ajouté au panier de devises qui inclut pour le moment le dollar, le yen, l’euro, la livre et peut-être le yuan (note : en septembre prochain, lorsque le FMI révisera le panier de devises qui composent les DTS) cela signifiera que le métal jaune est à nouveau considéré comme une monnaie.

Lorsque l’or sera mis à parité avec les autres monnaies papier tout le monde voudra posséder du métal jaune car il s’agit de la monnaie ultime. (…)

La BRI n’a fait que retarder l’envolée de l’or

Les conséquences de tout ceci sont profondes. Il se peut que le cours de l’or ne s’envole pas immédiatement parce que les Chinois et d’autres nations orientales souhaitent en accumuler davantage. Mais même si la BRI n’a fait que retarder l’inévitable lorsque l’or retrouvera sa place, il ne pourra qu’être radicalement réévalué à la hausse. (…)

En bref : nous nous dirigeons vers un système monétaire dans lequel l’or jouera un rôle prépondérant. Et quand on compare la valeur actuelle du métal par rapport à l’économie cela signifie que son cours devra être multiplié de plusieurs fois. Il pourrait dépasser la valeur actuelle du Dow Jones, soit 18.000. »

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Article de Koos Jansen, de Bullion Star (29 mars) : 

« Cela bouge en Chine sur le marché de l’or. Tout d’abord, observons les derniers chiffres du Shanghai Gold Exchange (SGE) ensuite nous analyserons les derniers développements concernant les réserves d’or officielles de la Chine.

Or : état de la demande en Chine

Vendredi, le SGE a dévoilé son rapport d’activité pour la semaine 11 de 2015 (du 16 au 20 mars). Les retraits des coffres qui correspondent à la demande d’or en gros en Chine se sont élevées à 53 tonnes, soit 3,91 % de plus par rapport à la semaine précédente.

Depuis le début de l’année ces retraits ont totalisé 561 tonnes, une augmentation de 7,3 % par rapport à la même période de 2014 et de 33 % par rapport à 2013. En utilisant notre équation de base pour estimer à partir du marché de l’or chinois ses importations, nous obtenons le chiffre de 412 tonnes. Si on ajoute à ce tonnage le fait que l’Inde a importé environ 230 tonnes durant la même période, nous obtenons un total de 642 tonnes. Je me demande pendant combien de temps la Chine va pouvoir continuer d’importer à ce rythme avant que les coffres occidentaux soient à sec. (…)

Quand la Chine dévoilera-t-elle ses véritables réserves d’or ?

Toutes les personnes qui s’intéressent un peu à l’or le savent, les réserves d’or officielles de la Chine représentent une infime partie de leurs réserves en devise et de leur économie. Il s’agit d’une situation déséquilibrée difficile à retourner pour la Chine. Tout mouvement à partir de leurs énormes réserves en dollars vers l’or pourrait bouleverser le marché donc le dollar avec des conséquences néfastes pour tout le monde (Chinois y compris vu leurs réserves en billets verts).

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Dans cette interview, James Turk livre son opinion sur l’amende payée par UBS pour manipulation, le référendum suisse, mais surtout sur les DTS du FMI, une réunion importante étant prévue en septembre 2015, et qui pourrait avoir des conséquences importantes pour le marché des métaux précieux.

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Paul-volcker-Or-DTSLes adversaires bien-pensants des « adeptes de la théorie du complot » (soit de gens lucides obligés de recourir à des explications gênantes lorsque rien d’autre ne permet d’expliquer un événement tordu) ont toujours de quoi réfuter les théories complotistes jusqu’à ce que la vérité finisse par éclater au grand jour, de l’empoisonnement de Yasser Arafat au polonium au scandale du Libor en passant par les révélations de Snowden sur les agissements de la NSA avec la complicité de géants de l’Internet comme Facebook ou Google.

En ce qui concerne l’or, un télégramme top secret déclassifié de 1968 prouvait que les Américains se battaient bel et bien pour garder la main sur l’or. ZeroHedge avait craché le morceau il y a déjà 4 ans.

Voici ce que dit le télégramme dans son passage le plus important :

« Si nous voulons disposer de la possibilité de rester les maîtres de l’or, un accord international sur les règles du jeu semble être une urgence. Ce serait se fourvoyer que d’attendre et voir comment les droits de tirages spéciaux (http://fr.wikipedia.org/wiki/Droits_de_tirage_sp%C3%A9ciaux) vont se développer. Enfin, notre challenge consiste à obtenir très rapidement un accord international au lieu que celui-ci s’obtienne après de longues années. »

Les droits de tirages spéciaux sont une monnaie de réserve de substitut créés afin de remplacer l’or. De nombreux pays ont converti leur or en DTS, tandis que les États-Unis en profitaient pour conserver le leur.

Mais désormais, dans un mémo de 1974, on apprend non seulement pourquoi l’or doit être contrôlé, mais aussi à quoi sert réellement une institution comme le FMI (pour rappel, son objectif est soi-disant de favoriser le développement économique). De quoi donner raison une fois de plus aux conspirationnistes fous qui disent que le FMI est le bras financier des Etats-Unis. À croire que la folie est un ingrédient indispensable à la vérité !

Voici le passage le plus important du mémo gouvernemental envoyé à Paul Volcker, ancien président de la Fed :

« Les objectifs américains pour le système monétaire international, un système durable, stable, avec les DTS (soit le dollar) en tant que pierre angulaire, sont incompatibles avec un système de réserves dans lequel l’or joue un rôle important…  Toute augmentation du cours de l’or renforcerait son pouvoir, pour diminuer celui des DTS. »

« Afin d’encourager et de faciliter l’éventuelle démonétisation de l’or, notre position est de contrôler le cours actuel de l’or, de maintenir l’accord actuel de Bretton-Woods pour interdire l’achat d’or à un prix supérieur à celui du cours et d’encourager la vente progressive d’or sur les marchés privés. Une route alternative à cette démonétisation pourrait impliquer une substitution des DTS par de l’or au fonds monétaire international, ce dernier vendant ensuite petit à petit l’or sur les marchés privés, en allouant les bénéfices aux détenteurs de cet or… Toute redéfinition du rôle de l’or doit être basée sur le principe stipulé ci-dessus : les DTS doit devenir le nouveau centre du système, utiliser l’or sous une forme ou sous une autre est hors de question, par exemple un système double papier et métal, avec les 2 actifs en concurrence. »

Après quoi Bernanke dira qu’il ne sait pas à quoi sert l’or…