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Effondrement économique

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nuages noirs

Les banques centrales et les gouvernements font désormais face à un dilemme : soit ils ne font rien et le système finira par s’effondrer, petit à petit (tout comme une maison peut prendre des années à se délabrer), soit ils le réforment et le système s’effondre plus rapidement. Pourquoi ? Voici les 6 raisons principales cités dans l’article de Charles Hugh Smith :

« L’état final d’un système non viable est son effondrement. Même si un tel événement peut apparaître soudain et chaotique, nous pouvons discerner les structures clés qui conduisent les processus de l’effondrement. Ce sujet si complexe pourrait mériter de nombreux ouvrages, mais les 6 dynamiques suivantes sont suffisantes pour indiquer l’effondrement inévitable du statu quo :

  1. Insister dans des voies qui ont échoué misérablement : les leaders du statu quo continuent sans cesse de faire ce qui marchait auparavant, même s’il est évident que cela ne marche plus. En fait, les échecs enregistrés les poussent à insister toujours davantage la mauvaise direction, ce qui accélère le processus d’effondrement.
  2. Les mesures d’urgence deviennent permanentes : les leaders du statu quo s’attendent à ce que le système revienne à la normale après la mise en place de mesures de crise. Mais un système caduc ne peut être réparé ; les dirigeants sont donc obligés de rendre les mesures de crise temporaires permanentes. Ce qui augmente la fragilité du système, vu qu’à chaque tentative de mettre un terme aux mesures de crise celle-ci peut se déclencher.
  3. Efficacité en baisse des solutions du statu quo : lorsque l’arbre économique portait de nombreux fruits sur ses branches basses, des solutions comme la baisse des taux bénéficiaient d’un effet multiplicateur important. Mais vu que l’arbre porte de moins en moins de fruits, ces solutions offrent une efficacité proche de zéro.
  4. Mobilité sociale en déclin : alors que le gâteau économique rétrécit, les privilégiés conservent leur part. Donc celle qui revient aux moins nantis se réduit. Vu que les privilégiés se soucient de leur propre classe, les possibilités d’élévation s’amenuisent. (…)
  5. L’ordre social perd en cohésion : le but commun des différentes classes socio-économiques devient disparate. (…) Manquant d’objectif social unificateur, chaque classe poursuit ses propres intérêts au détriment de la nation et de sa société dans l’ensemble.
  6. À court d’argent à cause de la baisse des revenus fiscaux, l’État emprunte davantage d’argent et dévalue sa monnaie afin de maintenir l’illusion qu’il peut tenir ses promesses. Alors que le pouvoir d’achat de la monnaie diminue, la population perd confiance en la monnaie nationale. Lorsque la confiance est perdue, la valeur de la monnaie décline rapidement et l’insolvabilité du pays éclate au grand jour.

Chacune de ces dynamiques est facilement visible dans le statu quo mondial actuel. Concernant le premier point, il suffit de voir comment la financiarisation gonfle inévitablement les bulles spéculatives qui finissent par éclater avec des conséquences dévastatrices. Mais vu que le statu quo dépend de la financiarisation pour percevoir ses revenus, la seule réponse possible est d’augmenter la dette et la spéculation afin de gonfler une autre bulle. (…) La dernière tentative désespérée de poursuivre dans une voie qui a échoué misérablement fut de baisser les taux en territoire négatif. (…) La survie du statu quo est ce qui guide ses actes ; pour l’assurer, il n’hésite pas à falsifier les chiffres afin de vendre au peuple l’idée que la prospérité continue de progresser et que les élites gèrent magnifiquement bien l’économie.

Vu que de véritables réformes menaceraient ceux qui sont au sommet de la pyramide, de fausses réformes et de faux chiffres deviennent la norme. (…) »

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Le Titanic coule

Quatre semaines seulement se sont écoulées depuis la première hausse des taux de la Fed. Sans vouloir verser dans le catastrophisme la situation économique mondiale s’est fortement dégradée depuis comme le montre l’article d’Andrew Hoffmann, publié le 18 janvier 2016 sur SilverSeek.com :

« Nous sommes dimanche matin, j’ai compilé neuf pages de « titres horribles » rien que durant les dernières 48 heures. Pour résumer cette semaine d’effondrement du commerce mondial, des statistiques économiques et des marchés financiers sans parler des attaques de jeudi sur les métaux précieux. J’ai envie de demander : quoi de neuf, Janet ? Quoi de neuf à propos de son QE, qui est soi-disant arrivé à son terme il y a 15 mois.

Si je dis soi-disant, c’est parce que le bilan de la Fed n’a pas baissé d’un iota depuis la « fin du QE » alors qu’on ignore les positions hors bilan de la Fed notamment concernant la monétisation des milliards d’obligations américaines vendues par la Chine. (…) La Fed avait prédit que les soucis du pétrole seraient temporaires et alors qu’elle a eu tout faux, elle a réitéré sa prédiction dans la même déclaration de politique ayant amené la hausse des taux. (…)

Levée des sanctions contre l’Iran : le coup de grâce pour le pétrole ?

Concernant l’effondrement massif des matières premières de ces quarante huit dernières heures qui ont débouché sur des implosions similaires sur les marchés actions, les marchés des obligations à haut rendement ainsi que les marchés des changes de l’Occident à l’Orient, l’événement catalyseur fut la levée attendue des sanctions contre l’Iran. Elles sont entrées en vigueur aujourd’hui malgré toute une série d’événements géopolitiques qui avaient amené les investisseurs, les entreprises et de nombreux pays à espérer (que dis-je, prier) leur report. Autrement dit, depuis ce week-end un véritable tsunami de pétrole a inondé les marchés alors que le pétrole était déjà à son plus bas nominal de douze ans. En termes réels, au niveau de ce début de siècle. (…)

En ce qui concerne les marchés non seulement toutes les bourses majeures ont plongé depuis leur plus bas du vendredi noir d’août 2015 mais les obligations à haut rendement (les obligations pourries) sont retombés à leur niveau de 2009. En ce qui concerne les matières premières, il faut remonter plus loin au moins aux années 70. Cette baisse est menée par les métaux de base comme le cuivre, l’aluminium, le plomb et le zinc. Leur descente aux enfers se poursuit alors que les métaux monétaires que sont l’or et l’argent furent les seuls actifs à grimper. À l’exception notoire des Treasuries. (…)

Carnage sur les marchés des changes

En ce qui concerne les devises, ouille ! Nous assistons à l’annihilation totale de pays entiers aux quatre coins du globe. Inutile de vous rappeler ce qui se passe avec le rand, le real, le rouble, le peso et bien d’autres devises qui ont quasi toutes atteint leur plus bas historique et parfois d’une marge importante. Cependant, vous serez probablement surpris d’apprendre que la livre britannique plonge elle aussi, à mon avis en perspective du référendum sur la sortie de la zone euro à venir dans les douze à dix-huit mois.  Il devrait déboucher sur l’isolation totale du Royaume-Uni de l’Union européenne. (…) Je n’aborderai même pas le sujet du dollar de Hong Kong, soi-disant indestructible, qui a connu son plongeon le plus important de l’histoire alors que des rumeurs font état de la fin de son adossement au dollar. Ce qui est exactement ce qui se passe en Arabie Saoudite où l’adossement du riyal au pétrodollar est sur le point de disparaître.

Ironiquement, les seules devises qui ne s’effondrent pas en ce moment par rapport au dollar sont l’euro et le yen avec ces deux exemples, on comprend pourquoi la débauche monétaire ne mène à rien. En effet, aucune autre banque centrale du monde n’a déployé autant d’efforts pour tenter de détruire sa monnaie alors que l’Union européenne est au bord de l’effondrement politique, économique et social et que le Japon coule économiquement, démographiquement et écologiquement, ces entités ne parviennent pas à dévaluer leur monnaie ! Même le responsable de la Banque du Japon a déclaré hier, dans une citation amenée à devenir célèbre : « plus de QE pourrait menacer la stabilité financière de la banque ».

La BoJ à court de minutions alors que le Japon coule

Avez-vous entendu cela, les amis ? Non seulement la BoJ a quasi fait l’acquisition de toutes les actions japonaises, des obligations d’État et Dieu sait quoi d’autre mais elle est à court de munitions. Sans parler que le pays détient le record du ratio dette/PIB. Malgré cela l’économie japonaise s’effondre, le Nikkei implose… Or, il n’y a plus rien à acheter. D’où la déclaration de Kuroda qui n’est rien d’autre qu’un message subliminal à l’adresse de la Fed l’exhortant de reprendre les rênes du QE mondial.

Simultanément, le porte-parole de la Maison-Blanche Josh Earnest a tenu une conférence de presse exceptionnelle pour lire un communiqué du Président faisant état de ses inquiétudes à propos de la baisse des actions et expliquant que le Trésor suit leur impact sur l’économie américaine. Quasi en même temps, le président de la Fed de New York Bill Dudley déclarait que « si l’économie devait continue à s’affaiblir, nous considérerons les taux négatifs ». Sérieusement, les amis, je n’invente rien !

Un chapelet de mauvaises nouvelles économiques

En ce qui concerne les données économiques, oh mon Dieu. Il n’est pas anodin que la Fed Atlanta ait attendu la clôture des marchés vendredi pour publier son estimation de la croissance du T4 2015, abaissée à 0,6 %, alors que les statistiques économiques affreuses s’accumulaient durant les dernières quarante-huit heures. À chaque fois, ce fut « contre toute attente » bien pire que prévu.

  1. Augmentation des inscriptions au chômage
  2. Baisse abrupte de 1,1 % des prix à l’exportation de décembre
  3. De -4,6 en décembre à -19,4 en janvier pour l’Empire State Manufacturing Index
  4. Baisse des ventes de détail de 0,1 % en décembre après révision à la baisse des chiffres de novembre
  5. Déclin des prix à la production deux fois plus important que prévu
  6. Plongeon le plus important de la production industrielle depuis 2008 en décembre. Chiffres de novembre également revus à la baisse.
  7. Les stocks ont baissé contre toute attente mais le ratio stocks/ventes reste à son plus haut depuis 2008
  8. Baisse des volumes du fret aux États-Unis, le premier déclin annuel depuis trois ans
  9. Le risque de crédit des fabricants automobiles a grimpé à son plus haut de deux ans.
  10. Wal-Mart, le plus gros employeur du pays, a annoncé le licenciement de 16.000 personnes.

De bonnes nouvelles pour les métaux précieux

Dans ce contexte négatif, les nouvelles concernant les métaux précieux furent excellentes. Tout d’abord, l’or et l’argent furent les seuls actifs à grimper outre les Treasuries en vue de l’attente du prochain QE. La publication d’un rapport concernant la chute probable de la production d’argent en 2016 par Silver Standard, Yamana et Coeur D’Alene. Sans parler des records de ventes de la US Mint durant les deux premières semaines de janvier.

Ajoutez à cela les retraits d’or à la bourse de Shanghai en 2015 qui se sont élevés à 2596 tonnes soit quasi l’intégralité de la production annuelle d’or et vous comprenez pourquoi les fondamentaux des métaux précieux sont totalement à l’opposé des perspectives des autres matières premières. À ce propos, BHP Billiton, l’une des plus grosses sociétés minières mondiales vient d’annoncer un passage en pertes de sept milliards de dollars sur ses actifs américains liés au pétrole de schiste. Un montant que les analystes considèrent bien trop modeste. Si vous pensez que les pertes liées au secteur de l’énergie sont importantes, attendez de voir celles du secteur minier. Notamment celles des mines de cuivre, de plomb et de zinc qui fournissent 55 % de la production mondiale d’argent.

Je crois que ce sera tout pour aujourd’hui. Quatre semaines seulement après la première hausse des taux de la Fed, la situation a déjà radicalement changé ! (…) »

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nuages noirs

Article de Jeff Thomas, publié en septembre 2015 sur InternationalMan.com, dont le titre original est : « ne pas confondre inévitable et imminent », sur le rôle de l’or et les impatients qui contemplent leurs métaux précieux en espérant demain l’effondrement économique afin de voir la valeur de leur patrimoine bondir… Cela arrivera, tôt ou tard. Certains pourraient finir par regretter d’avoir appelé ce crash de leurs vœux, leurs métaux précieux n’étant qu’une maigre consolation face aux difficultés qui nous attendent :

« Au début des années 2000 je m’étais mis à prévenir mes amis et mes collègues que la majorité de la planète connaîtrait probablement un début de dépression économique avant la fin de la décennie. Je pensais que cela se produirait en différentes étapes, d’abord avec un mini crash et une reprise. Puis, quelques années plus tard, on se rendrait compte que le redressement économique escompté n’était pas là. L’économie serait dans les limbes. Ensuite, un crash bien plus important aurait lieu, propulsant le monde dans une dépression économique à grande échelle. En tant que couverture, je préconisais l’achat d’or vu que ce métal survivrait et conserverait de la valeur tandis que les actions, les obligations et même les devises plongent.

Les faits m’ont donné raison à propos du timing des crashes initiaux, mais m’ont donné tort à propos du timing du crash majeur.

Je pensais que le feu d’artifice pourrait démarrer dès 2010 tout en estimant que 2012 et après étaient des dates plus plausibles. L’eau a coulé sous les ponts et malgré le fait que les gouvernements ont continué de contribuer à la détérioration de leur économie, le château de cartes, aussi branlant soit-il, est toujours debout.

Heureusement, je ne suis pas le seul à m’être planté. Des investisseurs et des économistes avec des décennies de pronostics corrects derrière eux ont tous été trop prompt à anticiper le crash majeur.

Ces gens avaient tout recommandé l’or en tant que protection en affirmant que lorsque les marchés s’effondreront et que les devises tangueront, le cours de l’or augmentera de façon spectaculaire.

Sans surprise, l’or poursuivit sa progression après le mini-krach de 2008 tout en semblant n’avoir plus de limites. Beaucoup d’analystes affirmèrent que si l’or devait atteindre les 2000 $ sa progression deviendrait irrésistible vu que même le citoyen lambda comprendrait que l’or n’est pas un investissement en tant que tel mais un moyen de préserver sa richesse, surtout durant les périodes incertaines.

Mais après avoir franchi le cap des 1900 $ l’once, l’or plongea. Les aficionados de l’or prirent l’événement en tant que correction inéluctable tandis que ceux qui s’étaient rués sur le métal dans l’espoir d’engranger des profits mirobolants à court terme lâchèrent l’or comme une patate chaude et le métal poursuivit sa baisse. Depuis, à chaque fois que l’or tente une percée, les banques de lingots ont vendu des positions short nues sur les marchés des futures pour ensuite acheter les parts échangeables contre du métal vendues sur le marché papier, massacrant ainsi le cours. Aujourd’hui, 4 années après le début de la chute de l’or à 1900 $, le cours du métal se situe à un niveau qui rend son extraction difficilement profitable. (…)

Contrairement à l’or, le dollar est en danger. La dette américaine l’a mis dans une situation tellement délicate qu’il finira plus que probablement par tomber. Comme l’investisseur milliardaire Jim Rodgers l’a répété à de nombreuses reprises : « Je suis long sur le dollar, mais j’espère que je serai assez intelligent pour en sortir à temps ». Récemment, il a déclaré : « si l’or devait passer en dessous des 1000 $, j’espère que je serai assez intelligent pour saisir l’opportunité d’en acheter, peut-être même beaucoup. »

Le dollar n’est pas véritablement une monnaie forte. C’est en fait la moins mauvaise de toutes. Ce sera la dernière à tomber, mais elle tombera. Il faudra peut-être patienter beaucoup avant que cela arrive. Que ce soit une question de mois ou d’années, c’est impossible à prédire. Mais actuellement, surtout si le dollar augmente encore par rapport à l’or, ce métal représente une affaire. Il a soit atteint son plus bas ou il est sur le point de le faire. Toute baisse significative serait le signal qu’il faut charger la mule vu que sa hausse est inévitable. (…)

Comme c’est le cas pour tout actif, lorsque la panique se déclare sa valeur n’a plus de limites. Nous assisterons à une ruée sur l’or. La plupart des économistes contrariens prédisent un cours variant de 5000 aux 8000 $ l’once, d’autres bien plus. La ruée vers l’or n’est pas imminente mais inévitable. »

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Que les « preppers », à savoir les citoyens qui se préparent activement à un effondrement économique et financier épique, tirent la sonnette d’alarme, nous y sommes habitués. Mais lorsque ces avertissements émanent de Damian McBride, qui fut responsable de la communication du Trésor britannique et conseiller spécial de Gordon Brown, il y a de quoi se gratter la tête…

Voici ce qu’il a tweeté et qui fut relayée par un l’article de l’Independent le 24 août 2015 :

  • « Conseil numéro 1 à propos du crash imminent : conservez de l’argent liquide dans un lieu sûr maintenant ; ne comptez pas sur des banques ou des DAB disponibles, que votre carte bancaire fonctionnera. »
  • « Conseil numéro 2 : avez-vous assez d’eau potable, de conserves et d’autres produits de première nécessité pour vivre un mois enfermé chez vous ? Si ce n’est pas le cas, allez faire des courses. »
  • « Conseil numéro 3 : mettez-vous d’accord sur un point de rendez-vous avec vos proches au cas où les transports et les communications cessées de fonctionner. Un endroit facile à rallier pour tous. »

McBride travaillait pour Gordon Brown lorsque la crise de 2008 s’est déclarée et lorsque le système bancaire britannique fut nationalisé durant le crash de 2008. Il a déclaré :

« Nous sommes passés à un fifrelin de la catastrophe en 2008 (si le renflouement des banques n’avait pas fonctionné) et ce qui nous attend est 20 fois pire. »

Voilà qui a le mérite d’être clair mais qui est également surprenant émanant d’un membre de l’establishment. À moins qu’il s’agisse d’une nouvelle ficelle pour doper quelque peu la croissance du T3 ? Après tout, la Grande-Bretagne a bien décidé d’inclure le trafic de drogue et la prostitution dans le calcul de son PIB…

Via son journaliste L. Tood Wood, le grand public américain qui lit The Washintgon Times ne pourra pas dire « qu’il ne savait pas ». Dans son dernier article intitulé « la Russie accumule de l’or, vous devriez vous inquiéter », les choses sont dites de façon claire et limpide (même si certains passages sont fortement discutables).

Il reprend certaines idées de Rotislav Ishchenko développées dans cet article très intéressant qui a été traduit par le Comité Valmy, les 2 papiers ayant évidemment un certain biais national (Ishchenko qui voit une bataille Russie-USA sans reconnaître à la Chine le statut qu’elle mérite, Tood Wood voyant toujours en son pays le chevalier blanc de la planète) :

« La banque centrale de la Russie a annoncé cette semaine sur son site que la Russie a acheté environ 30 tonnes d’or en mars portant ainsi ses réserves à 1238 tonnes. La Russie est désormais la 5e nation au classement des plus grosses réserves d’or d’après le FMI. Et il s’agit de l’or que la Russie souhaite exposer au monde ! À l’instar de la Chine, il se peut que la Russie ne rapporte pas l’intégralité de ses réserves au FMI une institution dominée par les États-Unis. L’Occident devrait aussi se faire du mouron à propos des réserves d’or de la Chine mais ce sera le sujet d’un autre article.

En quoi est-ce un problème pour l’Occident ? Cela peut sembler anodin mais ça ne l’est pas au vu des circonstances géopolitiques récentes. L’accumulation de métal de la Russie est un signe de ce qui nous attend. Elle permet de comprendre ce que Poutine anticipe.

Il suffit de contempler la folie fiscale et monétaire de l’administration actuelle pour comprendre que notre énorme dette, nos dépenses prodigieuses et la vulnérabilité lancinante de notre monnaie finiront par nous mener au désastre. Tout observateur objectif peut voir que nos adversaires lorgnent vers le futur et essayent d’exploiter nos faiblesses. Dans le jargon militaire on appelle ça la guerre asymétrique. Je parlerai plutôt de stratégie intelligente à long terme.

La Russie, malgré sa xénophobie et son autoritarisme est dotée d’une qualité cruciale : elle fait ce qui est bon pour le pays. Le Kremlin agit pour augmenter la puissance nationale. Les décisions ne sont pas prises pour satisfaire un agenda politique politiquement correct ou idéaliste. Ils ont déjà donné au temps de l’URSS et cela n’a pas marché. Pourquoi l’Occident n’a pas tiré les leçons de cet échec me dépasse car nous suivons le même chemin.

La Russie n’est pas socialiste ou communiste, elle est nationaliste. D’une certaine façon, on pourrait dire que le capitalisme de type « laissez-faire » y est plus présent qu’en Occident. Il n’y a aucun filet de sécurité, les oligarques dirigent le pays. J’ai toujours dit que la Russie est à de nombreux points de vue, 150 ans en arrière par rapport à l’Occident. Ils sont dans leur phase de bourgeoisie prédatrice (note : l’auteur ignore peut-être que l’écart de revenu entre les plus pauvres et les plus riches est à nouveau à son pic) avec tous les problèmes que cela engendre sur la société.

La Russie accumule de l’or car elle estime que cela augmentera la valeur du rouble et sa stabilité. Comme la Chine, la Russie est engagée dans une stratégie à long terme. Elle contemple le déclin de la puissance économique de l’Occident et se prépare à occuper un siège lorsque la musique s’arrêtera.

À Wall Street, on a coutume de dire que les « taux d’intérêt sont bas jusqu’à ce qu’ils remontent ». Actuellement, le taux directeur russe est supérieur à 10 %. La banque centrale de Russie a augmenté ses taux malgré les conséquences néfastes pour son économie afin de sauver sa monnaie. Cela a marché. Cependant, la Russie a l’avantage de n’avoir quasiment pas de dette. Aux États-Unis, nous ne payons presque pas d’intérêts sur une dette proche des 20 trillions de dollars. La Fed politisée est intervenue pour maintenir les taux à des niveaux artificiellement bas. Même une augmentation de 1 % des taux coûterait aux États-Unis des centaines de milliards en service de la dette, un coût que nous ne pouvons tout simplement pas nous permettre. C’est à ce moment-là que le rouble adossé à l’or entre en scène.

La Russie le sait. Le monde entier le sait. Couplée à notre manque actuel de leadership cette faiblesse économique s’est muée en faiblesse militaire et géopolitique mondiale. Regardez ce qui se passe. Les « méchants » (sic) n’ont plus peur de la réaction des États-Unis car nous sommes ruinés. Et cela ne fait que commencer. Machiavel a dit qu’il est préférable d’être craint que d’être aimé. J’ai bien peur que dans le cas des États-Unis, ce ne soit ni l’un ni l’autre.

Il y aura des conséquences mortelles à notre irresponsabilité qui est le fruit du manque de discipline fiscale de nos deux partis. Je parle d’une génération perdue, sérieusement, les jeunes générations américaines vont devoir réapprendre quelques dures leçons du passé. Elles pourraient ne pas survivre aux épreuves qui les attendent.

Nous avons offert à nos ennemis économiques et potentiellement militaires une arme économique. Il s’agit d’une bombe à retardement. Tôt ou tard, la Fed perdra le contrôle du marché obligataire. Notre monnaie fiduciaire verra sa valeur tomber au prix du papier sur lequel elle est imprimée. Les grands pays socialistes occidentaux s’effondreront sous le poids de leur lourdeur.

La Russie attend le jour où l’Amérique se réveillera pour réaliser qu’elle possède une monnaie adossée à l’or. Leurs problèmes économiques mis de côté et malgré ce que notre président dit à propos de la maîtrise de la Russie sur l’échiquier géopolitique, ce pays attend d’avoir la main économique pour renverser les États-Unis. Si nous continuons de la sorte, il ne s’agit pas de savoir si cela aura lieu, mais quand. »

cours de l'orBill Fleckenstein a livré ses impressions à KWN, l’une des meilleures sources que vous puissiez lire à propos de l’or et de l’argent. Voici ce qu’a déclaré le président de Fleckenstein Capital :

« Les personnes qui sont habituées de vous lire savent déjà que la planche à billets ne résout aucun problème. Récemment, l’éclatement de la bulle immobilière aux États-Unis a entraîné la crise financière de 2008. Aujourd’hui, nous assistons à des assouplissements monétaires de proportions bibliques, de la part de la Fed, de la Banque du Japon, de la Banque Nationale suisse et de la banque d’Angleterre.

Il est ironique de constater qu’après 5 ans de taux d’intérêt 0 et une augmentation de la dette de 5 à 6 trillions rien qu’aux États-Unis, l’économie est toujours vacillante. Personne ne se pose la question de savoir pourquoi. C’est pourtant simple : la planche à billets ne résout rien.

Lorsque la crise s’est déclarée, ils se sont demandé comment aborder le problème. Pour éviter la dépression, ils ont continué la fuite en avant, à savoir la planche à billets.

Ils sont terrifiés de ce qui va arriver. Ils disent qu’ils veulent éviter la déflation. C’est stupide. Lorsqu’on fait tourner ainsi la planche à billets, on ne peut pas avoir de déflation. Citez-moi le nom d’une personne qui ne serait pas intéressée de voir les prix baisser ?

Ce que ces idiots veulent dire, quand ils parlent de déflation, c’est « effondrement économique ». À chaque fois qu’ils mentionnent le mot déflation, vous devez comprendre effondrement économique.

Comment éviter l’effondrement économique alors que ce sont leurs politiques qui nous y amènent ?

Mais comment éviter l’effondrement économique alors qu’ils continuent leurs politiques débiles qui sont à l’origine de nos problèmes ? Néanmoins, on sait très bien ce qu’ils vont faire : continuer à créer de la monnaie. C’est tout ce qu’ils savent faire. On commence à voir les premières corrections sur les marchés (Japon en premier). Je suis curieux de voir comment les bourses vont réagir aux États-Unis et au Japon, ainsi que le marché obligataire.

Si le plafond des indices n’est plus crevé et que l’on assiste à une chute des cours (note : c’est déjà le cas au Japon), cela va devenir très intéressant. Car la seule façon de mettre fin à la folie actuelle.

Quand je vois le nombre de soi-disant professionnels dans la finance qui n’ont pas vu venir la bulle financière, la bulle immobilière et qui ne comprennent pas ce que les banques centrales font. Nous avons des imbéciles qui gèrent des trillions de dollars, sans parler des algorithmes qui réagissent à des titres de dépêches. Tout cela n’est qu’une énorme orgie financière. Cela va finir en catastrophe, comme en 2008, sauf que cette fois, ce sera bien pire. »

Conséquences sur le cours de l’or

– Vous avez parlé de réévaluation des métaux précieux. Comme vous le savez, dans les années 70, l’or a vu son cours être multiplié par 25, l’argent par 38. Aujourd’hui, l’impression générale sur les métaux précieux est la pire de ces 12 dernières années, à mon avis.

Bill Fleckenstein : « Oui. Il s’agit probablement de l’opportunité la plus excitante de ma carrière. En 1982, la bourse était excitante. En 1984, les obligations l’étaient aussi. Il était quasi impossible de perdre.

Aujourd’hui, lorsqu’on regarde la situation, elle est incroyablement positive pour l’or, avec les acteurs commerciaux qui sont très peu positionnés en short, un sentiment très bas mais aussi beaucoup de positions short sur les ETF.

Ce sont des conditions explosives. En attendant, l’or physique des marchés papier se dirige inlassablement vers l’Orient. Les Chinois les Indiens achètent à tour de bras.