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Egon von Greyertz

Egon von Greyerz

Interview publiée le 31 juillet 2015 sur KWN :

« Le FMI, l’un des membres importants de la troïka, a clairement affirmé qu’il ne participera pas au plan de sauvetage qui doit permettre à la Grèce de survivre quelques mois de plus. Si le FMI n’apporte pas son support, l’Allemagne ne risque pas de le faire. Ce plan de sauvetage est donc voué à l’échec. (…)

Aux États-Unis, le citoyen lambda peine à survivre

Aux États-Unis, la Fed parle depuis longtemps de relever son taux directeur. Elle en est désormais au point où elle commence presque à croire sa propre rhétorique concernant la reprise économique américaine. Mais nous savons qu’il n’y a que les marchés qui se portent bien grâce à la création monétaire et au crédit. L’économie réelle et le citoyen lambda peinent.

Par exemple, les chiffres de la progression des salaires du second trimestre sont tombés aujourd’hui. Ils sont les plus faibles de l’histoire. En termes réels le niveau de vie du travailleur américain ne s’est plus amélioré depuis les années 80. Mais il a plus de dettes. Les marchés naïfs influencés par la propagande des médias dominants s’attendent à une hausse des taux. Les chiffres des salaires les ont donc surpris ce qui a soutenu le marché obligataire, fait baisser le dollar et a permis à l’or de bondir de 20 $.

BNS : une perte sèche de 50 milliards de francs suisses durant le premier semestre 2015

Permettez-moi de vous donner un autre exemple de l’arrogance des politiciens et des banquiers centraux. En Suisse, la Banque Nationale met en danger le système financier du pays par ses spéculations sur les devises, dont les positions atteignent 80 % du PIB suisse.

Dans le cadre du référendum sur l’or de l’année dernière, j’avais participé à un débat télévisé dans lequel j’avais fait remarquer à un ancien président de la BNS qu’elle risquait de perdre des dizaines de milliards de francs suisses, et peut-être même jusqu’à 100 milliards, sur ses positions FX. Ce banquier central m’avait qualifié de « théoricien du complot » et avait essayé de me ridiculiser durant le débat.

Eh bien, cette semaine la BNS vient d’annoncer qu’elle a perdu 50 milliards de francs suisses rien que durant les 6 premiers mois de l’année. Cela représente plus de 8 % du PIB de la Suisse ! Et vu qu’ils ont toujours des positions long en euro et en dollars, ils pourraient facilement perdre jusqu’à 100 milliards de francs. Cela qui équivaut à une perte de 2,7 trillions de la Fed ! Il n’est cependant pas improbable que la Fed enregistre une telle perte vu que les 4 trillions d’actifs qu’elle détient ne seront jamais remboursés. Une telle perte déstabiliserait grandement le système financier mondial.

Un dernier mot sur l’or d’Egon von Greyerz

En ce qui concerne l’or, il est ouvertement raillé par les médias dominants comme le Financial Times, le Wall Street Journal, le Washington Post ou Bloomberg. Ils disent tous que l’or est condamné. Pourtant, la vérité est qu’il n’y a pas d’autre solution aux problèmes du monde. Ce qui explique pourquoi il est essentiel de posséder des métaux précieux, afin de vous prémunir contre les calamités à venir.

Vous ne devez pas être trompé par la correction temporaire de l’or provoquée par des ventes illimitées de papier que le marché considère comme de l’or. Le marché papier est complètement déconnecté de la valeur réelle du métal. Les ventes d’or papier sont une opération de manipulation des marchés et de répression financière orchestrée par les élites afin de dissimuler l’étendue réelle du désastre qu’est économie mondiale et le système financier. (…) »

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Produits-Derives-Or-Egon-von-GreyerzEgon von Greyerz : « il y a quelques années, lorsque le problème grec est apparu, on s’est rendu compte que Goldman Sachs avait aidé la Grèce à maquiller l’état réel de ses finances à l’aide de produits dérivés.

Aujourd’hui, nous venons de découvrir que l’Italie a fait exactement la même chose. Ils ont fait l’acquisition de produits dérivés à la fin des années 90 pour satisfaire aux critères de l’euro. Cette position s’élevait à 31 milliards de dollars. Aujourd’hui, le pays est en perte de 8 milliards sur ces produits dérivés, soit 30 % de leur position.

Ceci ne fait qu’illustrer ce que je n’arrête pas de répéter, qu’une grande partie des produits dérivés du monde, qui s’élèvent à plus d’un quadrillion de dollars, ne vaut presque plus rien. Si on applique le cas de l’Italie à l’ensemble du marché, cela signifie qu’il y a des pertes pour 300 trillions de dollars. Ce chiffre ne me surprendrait pas du tout. Si c’est vrai, cela signifie qu’aucun acteur ne peut couvrir ces pertes. Cela signifie que le système financier dans son ensemble est en faillite.

Egon von Greyerz : QE à volonté pour couvrir les pertes des produits dérivés

C’est la raison pour laquelle on voit tous ces assouplissements monétaires avoir lieu. Malgré la propagande sur leur fin, ou sur leur diminution. Les banques centrales mentent donc à la population et cachent la vérité.

Pour continuer avec l’Italie, en ce moment 160 grandes entreprises sont en concordat judiciaire. L’Italie a une dette de 238 % de son PIB, mais c’est probablement plus à cause des pertes cachées sur ses produits dérivés.

Cela signifie que nous ne pouvons pas croire les chiffres du gouvernement. Cela signifie aussi que les banques sont virtuellement en faillite. Personne ne pourra rembourser tous ces montants. Les banques centrales, qui ont acheté énormément d’obligations, sont donc également aussi virtuellement en faillite.

Le bilan de la BCE a augmenté de 200 % sur les 11 dernières années. Celui de la Fed de 400 %. Celui de la banque centrale chinoise de 660 %, tandis que la banque d’Angleterre décroche la timbale avec 800 %. Son bilan est passé de 2 à 9 trillions de dollars. Cette dette ne pourra jamais être remboursée.

Il n’y a pas que les banques commerciales qui abusent de l’effet de levier, les banques centrales le font aussi. En France, c’est aussi le foutoir. Le Crédit Agricole utilise un effet de levier de 46 ! Il suffit donc de 2 % de prêts non remboursés pour voir tout le capital de la banque s’évaporer. Crédit Suisse utilise un effet de levier de 40, Deutsche Bank de 30.

Il suffit que ces banques aient des impayés de 2 à 5 % et c’est terminé. Il ne faut pas oublier qu’elles peuvent également évaluer leurs actifs sur une valeur fictive. Si les règles comptables étaient prudentes, la plupart des banques seraient probablement déjà en faillite.

En Chine, il y a de gros problèmes de liquidités. Cela va causer d’énormes problèmes à l’économie chinoise, car les banques ont arrêté de prêter. Tous ces problèmes vont entraîner davantage d’assouplissements monétaires, et non l’inverse.