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Egon von Greyerz

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lingot et pièces d'or

Nous savons que les banques centrales et les gouvernements ont perdu la boule. Lorsque la crise a débuté, en 2006, les taux à court terme étaient de 5%. En 2008, ils sont tombés à zéro et, depuis, sont quasiment restés à ce niveau.

Un “package” spécial crise de 25 000 milliards de dollars a été offert au système financier. JP Morgan et Goldman Sachs ont dit à la Réserve fédérale que c’était ce qu’il fallait faire pour sauver les banques (les banquiers). 10 ans plus tard, le désordre a dégénéré de façon exponentielle. L’endettement mondial a explosé, la plupart des Etats enregistrent des déficits et le système financier mondial se balance dangereusement au bord du précipice.

Désormais, 8 000 milliards de dollars de dettes souveraines sont assortis de rendements négatifs et 16 000 milliards de dollars ont des rendements inférieurs à 1%. Les rendements négatifs sont censés stimuler une économie mondiale déflationniste mais également sauver les nations en faillite, dont la dette explose, et qui ne peuvent plus régler les intérêts au taux du marché. Comme d’habitude, les banques centrales ont encore tout faux.

Les taux négatifs augmentent les risques que courent le système financier et l’économie mondiale. La rentabilité des banques s’effondre en raison de ces faibles taux d’intérêt, ce qui les force à prendre des risques plus élevés. Pour les épargnants, cela tue la volonté d’économiser. Or, sans épargne, il n’y a pas d’investissement et pas de croissance économique.

Le grand désastre des retraites

Quasiment tous les fonds de pension sont sous-financés s’ils tablent sur des taux de rendement réalistes à terme. Les fonds de pension investissent essentiellement dans trois instruments : les actions, les obligations et l’immobilier. Or tous trois sont pris dans une bulle provoquée par l’explosion du crédit orchestrée par les banques centrales.

Lorsque ces bulles d’actifs vont éclater, plus personne n’aura de retraite. Ceux qui partiront à la retraite au cours des prochaines années n’ont pas idée de ce qui les attend. Ils ne percevront aucune pension, ou alors une rente qui ne vaudra rien.

A mesure que l’économie se dégradera, le taux de chômage grimpera de façon spectaculaire. La conjonction de retraités dépourvus de rente et d’un taux de chômage élevé provoquera de graves désastres humains partout dans le monde. Bien sûr, les Etats imprimeront de l’argent de façon illimitée, mais cela ne produira aucun effet car la planche à billet n’a jamais pu créer de richesses.

L’interférence nuisible des banques centrales

Nous devons tout cela au fait que les banques centrales interfèrent avec les cycles économiques naturels via la répression financière, et qu’elles interfèrent donc avec les lois de la nature. Ainsi, en lieu et place de périodes d’expansion et récession mineures, la manipulation des marchés et de l’économie crée des expansions et récessions totalement démesurées. Historiquement, ce n’est pas la première fois que cela se produit, et ce n’est pas la dernière. Malheureusement pour les générations actuelles, et peut-être pour les suivantes, cela va aboutir à une période d’ajustements très difficiles, et de misère.

Outre tous ces facteurs économiques négatifs, certains indicateurs révèlent qu’après un répit temporaire, nous nous rapprochons de la phase suivante de la crise amorcée en 2006.

L’indicateur Dow/Gold rechute

Le ratio Dow/Gold constitue l’un de ces indicateurs. Il a flambé en 1999, alors que le Dow atteignait un plus-haut, et l’or un plus-bas à 250 dollars. Ensuite, il a baissé de 87% jusqu’en septembre 2011. Cela signifie que l’investisseur moyen ayant misé sur le marché actions américain, a enregistré une performance 87% inférieure à celle qu’il aurait eue en détenant de l’or.

Allure du ratio Dow/Gold depuis vingt ans

ratio-dow-or
Lorsque les actions baissent et que l’or monte, le ratio Dow/Gold baisse

Entre 2011 et fin 2015, le ratio a regagné 25% de la baisse qu’il avait enregistrée depuis 1999. Techniquement, il est très clair que ce “rebond de chat mort” est désormais terminé et que ce ratio s’oriente vers de nouveaux plus-bas. Depuis décembre 2015, le Dow a chuté d’environ 20% par rapport à l’or.

Allure du ratio Dow/Gold depuis un an

ratio-dow-or-2016

Donc, au cours des prochaines années, l’or ne va pas seulement protéger les investisseurs mais également les renforcer. Par ailleurs, détenir des actions aboutira non seulement à un désastre total, mais sera destructeur de richesse.

La volatilité remonte de façon inquiétante

Il semblerait que 2016 soit l’année d’une augmentation spectaculaire de la volatilité dans le monde. Non seulement les risques sont désormais plus importants que jamais au sein de l’économie mondiale, mais le risque géopolitique est à présent bien plus grave qu’il ne l’a été depuis des décennies.

Les Etats-Unis et leurs alliés ont créé l’anarchie en Afghanistan, en Irak, en Libye et en Syrie, entraînant ainsi de graves répercussions sur la sécurité dans le monde. De nombreuses autres régions pourraient également provoquer des conflits majeurs : l’Ukraine, l’Arabie Saoudite, la Corée du Nord et la Chine (Mer de Chine méridionale).

Et comme nous l’enseigne l’Histoire, les empires en faillite, pris dans un ultime élan de désespoir, sont souvent à l’origine des guerres. Espérons que cela ne se reproduira pas, bien que nous soyons conscients que le risque est énorme.

Nous devons nous rappeler que dans la mesure où nous avons vécu la plus grande bulle jamais enregistrée en cent ans, la fin de la partie devrait nous conduire à la plus vaste implosion de l’histoire de l’économie mondiale et du système financier.

L’or : une assurance dont la prime est aujourd’hui d’un montant dérisoire

Quelle que soit l’issue de la crise à laquelle le monde sera confronté au cours des années à venir, il est absolument essentiel d’assurer votre patrimoine contre ces risques. La meilleure assurance financière existante, et de loin la moins chère, ce sont l’or et l’argent physiques, à stocker hors du système bancaire. C’est la seule assurance disponible dont la prime – ce que vous investirez dans ces métaux — ne doit pas être réglée annuellement à des taux élevés mais, au contraire, s’apprécie à mesure que le risque augmente.

Nous ne savons pas, bien entendu, à quel moment ces risques deviendront une réalité. Et j’admets que cela prend plus de temps que je ne le pensais. Mais en présence de risques majeurs, il est essentiel de se protéger. Nous savons tous que nous ne pouvons souscrire une assurance incendie après que l’incendie ait eu lieu.

Ce n’est pas un hasard si la plupart des investisseurs qui réussissent, dans le monde, recommandent d’acheter de l’or physique en tant qu’assurance contre les risques que nous venons d’évoquer. Ray Dalio, le fondateur d’un hedge fund très prospère, a déclaré récemment que : “Ne pas détenir de l’or, c’est mal connaître l’histoire et l’économie”.

Quant à Stan Druckenmiller, qui est à la tête d’un hedge fund rapportant en moyenne 30% par an depuis 25 ans, il a récemment conseillé aux investisseurs de vendre des actions et d’acheter de l’or.

On dirait bien que l’or est arrivé au bout de sa correction en décembre 2015, à 1 046 dollars. A présent, nous sommes aux environs des 1 300 dollars et passerons probablement assez vite aux alentours des 1 400 dollars. Ne tenez pas compte des mouvements à court terme. A 1 300 dollars l’once, l’or est vraiment une bonne affaire.

C’est l’assurance la plus rentable que l’on puisse s’acheter par rapport au risque d’instabilité géopolitique, de faillite de l’économie mondiale et d’instabilité du système financier. L’intérêt de l’or en tant qu’assurance, c’est que la prime que vous réglez en contrepartie de cette assurance, c’est-à-dire le prix de l’or, va probablement augmenter considérablement au cours des prochaines années.

Pour plus d’informations et de conseils de ce genre, c’est ici et c’est gratuit.

Fondateur de Matterhorn Asset Management AG (MAM) et de GoldSwitzerland, Egon von Greyerz a débuté sa carrière en tant que banquier, puis a passé 17 ans en tant que directeur financier et vice-président de Dixons Group Plc. Depuis les années 90, il a été impliqué activement dans les activités d’investissement financier, dont le conseil en opérations de fusions/acquisitions et en allocation d’actifs pour les fonds familiaux privés. Cela l’a conduit à créer MAM en 1998, une société de gestion d’actifs basée sur le principe de la préservation du patrimoine. EvG fait régulièrement des apparitions médiatiques (CNBC, BBC…) et participe à des conférences à travers le monde. EvG avait prévu les problèmes actuels de l’économie mondiale il y a plus de 10 ans. En 2002, quand le prix de l’once d’or était de 300 $, MAM a recommandé à ses investisseurs de placer 50% de leurs actifs en or physique stocké hors du système bancaire.

Article des publications Agora, reproduit avec leur aimable autorisation.

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Pokemon Go

Interview d’Egon von Greyerz publiée sur KWN :

« L’or ou les Pokémons ? Il semble que le choix est vite fait pour le citoyen lambda, car peu de temps après le lancement du jeu, il y avait déjà plus de 30 millions de joueurs recensés pour Pokémon GO (PG). Alors qu’existant depuis bien plus longtemps, l’or n’a pas su attirer autant d’adeptes, mais cela pourrait bien changer dans les années à venir… même si l’or et les Pokemon sont bien différents.

Dans le monde virtuel d’aujourd’hui, un jeu virtuel innovant attirera toujours plus l’individu moyen que l’or . Si le métal jaune est une relique barbare comme l’a dit Keynes, PG est une parfaite image de notre monde d’aujourd’hui, qui nage dans le fantastique et le rêve. PG est tellement réel que les joueurs ne savent plus faire la distinction entre la réalité et la fiction.

Ce qui fait de Pokémon Go un jeu différent, c’est qu’il est joué dans le monde réel, en vous déplaçant avec votre smartphone et son GPS et en essayant de chercher des monstres virtuels comme Pikachu et Jigglypuff, qui se trouvent dans les rues avoisinantes.

Dans de nombreux pans de notre société, la frontière entre le monde réel et la réalité virtuelle est très vague. Dans le monde de l’investissement, la réalité virtuelle a en grande partie remplacé les investissements tangibles. Dans notre société, la monnaie virtuelle abonde, tout comme la richesse et l’or virtuels. La monnaie était autrefois garantie par de l’or, mais c’est un concept totalement dépassé. Aujourd’hui, les gouvernements et les banquiers centraux peuvent fabriquer autant de monnaie qu’ils le souhaitent. (…)

Les jeux comme PG contribuent à rapprocher réalité virtuelle et monde réel. C’est pourquoi les investisseurs sont contents d’acheter des ETF, des contrats à terme ou de l’or papier. La plupart des investissements d’aujourd’hui sont virtuels, à savoir des produits dérivés. Cela signifie qu’il n’y a aucun actif sous-jacent, juste du papier qui pourrait arriver à maturité dans quelques années sans valeur. En plus de la plupart des ETF, qui sont synthétiques, il y a de 1,1 à 1,5 quadrillion de dollars de produits dérivés.  (…)

Mais ce ne sont pas que les produits dérivés et les ETF qui sont virtuels. Les marchés actions et obligataires sont de plus en plus déconnectés de la réalité. Car aujourd’hui, les gouvernements émettent des quantités illimitées de dette afin de soutenir les marchés, dont les actions et les obligations. Si de nombreux investisseurs se retirent de la bourse, les gouvernements achètent de plus en plus d’actions et d’obligations. La BCE comme la BoJ propulsent activement les marchés. Par exemple, la banque du Japon fait partie du top 10 des actionnaires les plus importants de 90 % des sociétés japonaises. Pire encore, la BoJ est actuellement l’unique acheteur d’obligations japonaises. Elle détient désormais 50 % de toutes les obligations existantes. La BCE est également active sur la plupart des marchés, elle achète notamment pour 400 millions d’euros d’obligations d’entreprise par jour. Alors que de nombreuses banques centrales majeures soutiennent activement les marchés, de nombreux marchés actions vont atteindre de nouveaux records. C’est pourquoi les valorisations atteignent des pics vertigineux. Le ratio cours sur bénéfice du S&P est par exemple de 27 alors que la moyenne historique est de 16,7, ce qui correspond à une surévaluation de 62 %.

La vieille expression des hélicoptères monétaires, que l’on doit à Bernanke, fait à nouveau la une. Vu les déficits records qui s’accumulent ici et là dans le monde, les chances de voir cette dette être remboursée, même avec des taux négatifs, sont nulles. Les banques centrales n’ont qu’une seule solution, à savoir créer davantage de monnaie et de dette. C’est ici qu’entre en scène l’hélicoptère. Il suffirait de déverser des quantités illimitées d’argent sans valeur pour régler le problème de la dette. Le problème est que le poids de ce papier finira par provoquer le crash de l’hélicoptère et du système financier mondial. Mais avant cela, cet argent virtuel générera un épisode d’hyperinflation qui fera passer la république de Weimar ou le Zimbabwe pour de la petite bière. Cela pourrait propulser encore plus les marchés actions avant l’effondrement garanti. Nous assisterons également à l’effondrement du marché obligataire, les taux atteignant alors des niveaux inouïs.

Dans la débâcle à venir des marchés financiers mondiaux et de l’économie mondiale, l’or n’est pas un investissement car il s’agit d’une assurance-vie contre un monde fragile et pourri. L’or physique ne protégera pas uniquement les investisseurs durant l’hyperinflation à venir, mais aussi durant l’implosion déflationniste qui s’ensuivra. Car à partir de ce moment, très peu de banques, voire aucune, ne survivra tandis que l’or sera le seul actif liquide avant la résurrection du système financier. »

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valeur de l'argent papier par rapport à l'or sur 100 ans

Interview d’Egon von Greyerz, publiée le 4 juillet 2016 sur KWN :

« Le fait que les banques centrales et commerciales haïssent l’or n’est pas une surprise, car il est révélateur de la mauvaise gestion de l’économie et des actions malhonnêtes menées par les banquiers centraux. Lorsque le marché de l’argent papier s’effondrera, un événement qui n’est pas lointain, nous constaterons l’ampleur des errements, qui pourraient facilement être considérés comme de la fraude.

Il n’y a pas que les banques centrales qui créent de la monnaie. Les banques commerciales en créent également beaucoup avec les effets de levier, jusqu’à 50 pour des banques comme Deutsche Bank. Si vous incluez les produits dérivés, cet effet de levier est multiplié de façon exponentielle pour toutes les banques. Cette création monétaire a totalement détruit la valeur de l’argent papier durant les 100 dernières années. Le graphique ci-dessus confirme ce que Voltaire a dit en 1729 : « une monnaie papier, basée sur la seule confiance dans le gouvernement qui l’imprime, finit toujours pas retourner à sa valeur intrinsèque, c’est-à-dire zéro ».

Comme le montre le graphique ci-dessus, toutes les monnaies papier majeures ont perdu de 97 à 99 % de leur valeur par rapport à l’or depuis 1913. Il leur suffirait donc de baisser de 1 à 3 % pour perdre toute valeur, ce qui devrait arriver dans les 5 années à venir. Mais nous ne devons pas perdre de vue que cette baisse additionnelle de 1 à 3 % correspond aujourd’hui à 100 % de sa valeur. Ce sera catastrophique pour la planète, tandis que les bénéficiaires principaux seront l’or et l’argent.

Nous assistons désormais à une accélération de cette course vers le fond des devises. La planète a connu de grosses bulles à la fin des années 80, dans les actions et l’immobilier, bulles qui ont mené au crash boursier de 1987 et au crash immobilier du début des années 90. Le maître du charabia, Alan Greenspan, a ensuite mis en place sa supercherie en 1990 pour abaisser les taux à court terme de 8 % jusqu’à 0 % en 2008, assisté à la fin par « Ben l’Hélicoptère », créant ainsi une nouvelle bulle sur les marchés actions. Simultanément, la plus importante et la plus rapide vague de création de crédit du monde démarrait. La valeur du crédit mondial est passée de 20 trillions à 1990 à 230 trillions environ aujourd’hui.

Mais il ne s’agit que du début, parce que bientôt le monde va s’engager dans la plus grande expansion monétaire de l’histoire, qui va affoler les rotatives et les ordinateurs. Dans une dernière tentative futile de sauver le système financier mondial, les gouvernements lanceront des QE de trillions de dollars, probablement de quadrillions. L’hyperinflation qui en découlera se terminera en implosion déflationniste de toutes les bulles dont les actions, les obligations et l’immobilier.

L’or est de loin l’actif le plus performant du siècle

Cette création monétaire extraordinaire qui va détruire l’économie mondiale et laisser un champ de ruines durable n’aurait pas été possible sans laisser de preuves du crime. Malgré les manipulations et les interventions sur le marché de l’or, le métal reste de loin l’actif le plus performant du siècle. L’or a surperformé toutes les devises depuis 2000. Il suffit d’observer le graphique ci-dessous : le dollar américain a baissé de 80 % par rapport à l’or durant les 16 dernières années.

valeur-dollar-or

La livre sterling a chuté de 82 % par rapport à l’or depuis 2000. Rien que cette année, le métal jaune s’est apprécié de 43 % par rapport au pound en chute libre. Certaines économies mal gérées ont fait encore pire. Le peso argentin s’est effondré de 99 % en 16 ans, le rand sud-africain de 92 % et le rouble de 91 %.

Vu que les gouvernements font tout leur possible pour cacher leur mauvaise gestion de l’économie, très peu de gens se rendent compte de la destruction totale de la valeur de l’argent papier. De plus, la plupart des banques ne comprennent pas l’or. Vu qu’elles ne peuvent pas empocher des commissions sur l’or physique, les offrir à leurs clients ne les intéresse pas. Elles préfèrent les orienter vers les actions et les fonds, des produits sur lesquels elles engrangent de grosses commissions.

Aucune banque ne dira à ses clients qu’en termes réels, les actions se comportent très mal. Si le Dow Jones a grimpé en termes nominaux de 57 % depuis 2000, très peu d’investisseurs réalisent qu’en termes réels, ils ont perdu de l’argent. Évaluées en termes réels, par exemple par rapport à l’or, les actions ont connu un 21e siècle terrible alors que le Dow a baissé de 68 % par rapport à l’or depuis 2000 (voir ci-dessous). Le même constat est valable pour les autres indices boursiers à travers le monde. Ils ont tous déjà baissé de 60 à 85 % par rapport à l’or, et vont tomber de 70 à 95 % supplémentaires dans les 5 à 7 années à venir. (…)

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Comme je m’y attendais, le Brexit est devenu le catalyseur qui va déclencher la chute de l’économie mondiale et du système financier. Les élites européennes tentent désormais désespérément d’enrayer l’effondrement de leur bureaucratie monolithique basée sur leur désir de diriger l’Europe à travers leurs structures mégalomaniaques. Ils veulent punir le Royaume-Uni : ils ont déclaré qu’il n’y aura pas d’accord et de concessions. Le problème qu’ils ont est que le reste de l’Europe exporte bien plus vers le Royaume-Uni qu’il  importe. Quoi que disent ces politiciens européens qui n’ont de comptes à rendre à personne, il y a beaucoup de gens et de sociétés en Europe qui dépendent des exportations vers le Royaume-Uni et qui ne laisseront pas les élites leur mettre des bâtons dans les roues.

Mais le plus gros problème pour l’UE et la BCE, c’est le système bancaire européen, sur les sentiers de la perdition. Durant la période 2000-2016, les banques européennes ont perdu la plupart de leur valeur si bien qu’il sera quasi impossible d’empêcher leur faillite. À ce titre, observons les évolutions de la valeur des actions des banques européennes et américaines majeures durant ce siècle :

valeur-actions-bancaires-depuis-2000

Les 16 banques européennes et américaines majeures ci-dessus ont vu leur valeur baisser de 75 à 99 % durant les ces dernières années. Toute personne qui possède de l’argent dans ces banques devrait se faire du mouron car lorsqu’un titre chute de cette façon, il n’y a qu’une issue : la faillite.

La banqueroute inévitable de ces banques peut être reportée pendant une brève période avec la création monétaire illimitée que nous connaîtrons. Mais ajouter de la dette ne fera qu’empirer les problèmes existants, cela ne sauvera pas le système financier. Vu que ces banques sont les plus importantes de ces pays, il serait naïf de croire que les autres établissements bancaires survivront. Le système financier mondial est complètement interconnecté. Aucune banque ne sera épargnée par ce qui risque de frapper le système financier dans les années à venir.

Pour ceux qui possèdent des actions des banques ci-dessus, regardez le graphique ci-dessous pour voir les conséquences d’un tel investissement par rapport à l’or :

performance-or-vs-bancaires-depuis-2000

Un investissement de 10.000 $ dans Citigroup en 2000 vaut aujourd’hui 3000 $. Par contre, un investissement de 10.000 $ en or physique en 2000 vaut aujourd’hui 48.000 $. (…) »

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Egon von Greyerz

Interview d’Egon von Greyerz, publiée le 5 juin 2016 sur KWN :

« Vendredi dernier, de nouveaux chiffres ont été publiés. Ils ont choqué le microcosme financier malgré le fait qu’ils sont manipulés. Il n’y a eu que 38.000 emplois créés, soit bien moins qu’attendu. Si vous ajoutez à cela que dans ces emplois il y a 244.000 emplois fictifs et 484.000 travailleurs qui ont été forcés de passer d’un temps plein à un temps partiel, cela signifie une réduction de 690.000 postes à temps plein !

Depuis 2007, la population en âge de travailler a augmenté de 21 millions alors que durant la même période, 5 millions d’emplois furent créés dont seulement 2 millions à temps plein. La qualité de l’emploi baisse également dramatiquement. Depuis 2007, 1,5 million d’emplois ont été perdus dans l’industrie tandis que 1,5 million d’emplois ont été créés par les bars, restaurants, etc. Mais à cause du mode de calcul idiot qui est utilisé, le taux de chômage a baissé, passant de 5 à 4,7 %. Le fait que des gens capables de travailler quittent la population active est totalement ignoré. Il y a aujourd’hui 95 millions d’Américains capables de travailler qui sont dans l’incapacité de trouver un emploi. Et pour ceux qui travaillent, le salaire moyen baisse depuis les années 70.

Ces chiffres ne sont pas le signe d’une économie florissante. Pourtant, la planète entière se focalise ces chiffres mensuels manipulés, comme ceux de l’emploi. L’économie américaine, ainsi que celle de nombreux autres pays, et en faillite et ne doit son sursis qu’aux taux négatifs ou zéro et à la création monétaire. La dette fédérale américaine a plus que doublé depuis le début de la crise en 2007. Les crédits auto et étudiants ont augmenté exponentiellement pour dépasser aujourd’hui le trillion de dollars. Les bénéfices des entreprises baissent tandis que la plupart des chiffres concernant l’immobilier et les ventes de détail sont en baisse.

Les observateurs des marchés ignorent complètement la réalité des chiffres et les tendances à long terme pour se concentrer sur ce que la Fed fera. La plupart des gens ne comprennent pas que la Fed ne peut que nous mener en bateau. Le relèvement des taux en décembre fut effectué à contre-courant des tendances économiques domestiques et internationales, ainsi que des politiques monétaires mondiales. Alors que de plus en plus de nations recourent aux taux négatifs, il est tout à fait injustifiable pour la Fed de croire qu’elle peut faire le contraire. Il y a aujourd’hui plus de 10 trillions de dollars de dette gouvernementale dont les taux sont négatifs. Comme je l’ai dit en décembre, le relèvement des taux fut une anomalie ; je ne crois pas que la Fed puisse agir à nouveau dans les mois à venir, ni même cette année. (…) »

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Egon von Greyerz

Interview d’Egon von Greyerz, publiée le 15 mai 2016 sur KWN :

« L’économie américaine fut un miracle pendant la majorité de ces 100 dernières années. Durant la première moitié de cette période, ce miracle économique fut authentique. La croissance était réelle, les investissements provenaient essentiellement de l’épargne. Les salaires réels augmentés tandis que les finances publiques étaient à l’équilibre. Il y avait également un excédent commercial alors que la croissance de la dette était modérée. Le miracle américain a commencé à s’étioler dans les années 60. Depuis 1961, les États-Unis ont démarré une série record de 55 années de déficit budgétaire, une tendance désastreuse qui a très peu de chances de s’arrêter dans les 10 les années à venir.

Les surplus de l’époque Clinton étaient trompeurs car durant cette période la dette a continué à grimper. Le coût de la guerre est toujours un poids énorme sur les finances des empires. La guerre du Vietnam fut coûteuse, petit à petit l’excédent commercial américain a baissé pour finir par entraîner la valeur du dollar. Lorsque le billet vert était adossé à l’or, il était plus compliqué de créer de la monnaie. Lorsque des nations souveraines, menées par De Gaulle, ont refusé d’accepter un dollar dévalué en tant que paiement des États-Unis pour exiger d’obtenir à la place de l’or, Nixon a mis fin à la convertibilité du dollar en or le 15 août 1971. Ce fut une décision désastreuse qui signala le début de la fin du miracle économique américain.

Aujourd’hui, 45 ans plus tard, les États-Unis sont toujours un miracle. En fait, il s’agit d’un euphémisme, car il est miraculeux qu’un pays puisse survivre avec des déficits budgétaires et commerciaux chroniques, avec une dette qui augmente exponentiellement et qui ne sera jamais remboursée en argent d’aujourd’hui.

Comment les États-Unis ont-ils réussi à maintenir cette position totalement unique qui leur permet d’émettre et de vendre de la dette sans valeur qui ne peut être remboursée qu’en émettant davantage de dette ? Il a imposé au reste du monde l’utilisation du dollar pour le commerce international, notamment. Mais pour que ce système fonctionne correctement, il fut également nécessaire pour les États-Unis de jouer au gendarme dans le système financier mondial pour pénaliser les banques ou les individus qui ne se conforment pas aux lois et règles américaines. Un autre prérequis est d’avoir une machine militaire puissante, ce que possèdent les États-Unis avec plus de 800 bases disséminées dans plus de 100 pays.

Même l’empire romain a provoqué sa destruction

Le dilemme est que les empires sèment toujours les graines de leur destruction. C’est vrai pour tous les empires déchus, que ce soit le perse, le romain, le mongol ou le britannique. En termes simplifiés, lorsque le pays conquis a été pillé de ses ressources et biens gratuits et bon marché, en plus de la main-d’œuvre pas chère ou réduite en esclavage, le conquérant se relâche, commence à perdre le contrôle pour vivre ensuite au-dessus de ses moyens tandis que les ressources s’épuisent. Le conquérant pense pouvoir maintenir les niveaux de vie élevés de son pays mais pour y parvenir, il doit désormais emprunter ou créer de la monnaie. L’argent finit par manquer pour entériner le déclin de la nation conquérante. Le dernier acte de désespoir d’un empire sur le déclin, largement endetté, est souvent de partir en guerre. Celle-ci forme un nuage de fumée pour dissimuler l’état financier du pays tout en fournissant un justificatif pour emprunter davantage afin de tenter de sauver le pays.

Bien sûr, les États-Unis n’ont jamais été un empire dans le sens où cette nation n’a pas étendu son territoire via une guerre majeure, mis à part des interventions temporaires ou des interférences dans d’autres nations. Initialement, l’empire américain fut bâti sur l’esprit entrepreneurial qui a engendré un pays très puissant et l’économie mondiale la plus importante. Les États-Unis devinrent le plus gros fabricant du monde pour dominer la planète durant de nombreuses décennies. Mais comme je l’ai dit ci-dessus, la tendance a commencé doucement à s’inverser dans les années 60 pour s’accélérer dans les années 70 alors que la valeur du dollar chutait. Petit à petit, durant les décennies suivantes, le puissant secteur industriel américain a décliné ; la majorité de l’emploi industriel a été transféré vers la Chine ou d’autres marchés émergents.

Résultat des courses, les salaires des ouvriers en termes réels ont décliné depuis les années 70. Il est ironique que les travailleurs américains qui achètent des produits bon marché fabriqués en Chine voient leurs salaires décliner, ce qui annule les avantages des importations bon marché. Simultanément, les ouvriers chinois augmentent leur niveau de vie et épargnent tandis que les Américains ont du mal à boucler leur fin de mois et emprunte encore plus pour maintenir leur niveau de vie.

La dette américaine totale, qui inclut les engagements non provisionnés comme Medicare et les assurances, a gonflé durant les 30 à 40 dernières années pour s’élever désormais à 300 trillions de dollars. Cela représente presque 1700 % du PIB, le pire chiffre des pays développés. Mais même sans inclure les engagements non provisionnés, la dette américaine s’élève à 400 % du PIB, ce qui est énorme et intenable.

Ben Bernanke a permis à la dette américaine d’exploser

Les États-Unis seront-ils en mesure de réduire cette dette dans les années ou décennies à venir ? Il est quasi garanti que cette dette ne sera jamais remboursée. Prenons par exemple la dette fédérale américaine, de 19 trillions de dollars. Bernanke a contribué à l’explosion de cette dette en la faisant plus que doubler de 8 à 17 trillions de dollars entre 2006 et 2014. Jusqu’à présent, Yellen peut s’estimer heureuse de n’avoir contribué que pour 2 trillions de dollars. Mais ce n’est que le début. Le CBO (Central Budget Office) prévoit une augmentation de la dette américaine de 9 trillions dans les 10 années à venir, pour un total de 28 trillions. Mais cette projection « optimiste » part du principe que les revenus fiscaux et les salaires progresseront normalement.

Mais en cas de scénario d’une croissance inférieure à la moyenne en termes de revenus et de rentrées fiscales, les déficits pourraient très bien gonfler de 2 trillions de dollars par an, en moyenne, pour atteindre une dette totale de 38 à 50 trillions. Je sais que peu de gens défendent une telle projection, mais citez-moi quelqu’un qui avait prédit le doublement de la dette entre 2006 et 2014. Jusqu’à présent, durant ce siècle, tous les organismes qui émettent des prévisions, que ce soit le FMI, la banque mondiale, l’OCDE, la Fed, les autres banques centrales ainsi que les gouvernements, ont systématiquement eu tort en étant largement optimiste. Et vu que nous nous rapprochons du point culminant des bulles économiques et financières de l’histoire, leurs prévisions n’en seront que plus fausses.

Qu’ont en commun Druckenmiller, Dalio, Paulson, Singer, Bass et bien d’autres fondateurs de hedge funds ? Ils sont devenus milliardaires en identifiant les risques et les tendances, les opportunités d’investissement. Chacun de ces gentlemen voit les risques que j’ai énoncés et recommande l’or en tant qu’actif crucial pour s’assurer contre un risque mondial sans précédent. (…)

L’or est l’assurance la plus parfaite pour autant qu’il s’agisse de sa forme physique stockée en dehors du système financier. Car l’or a survécu à toutes les crises de l’histoire tout en conservant toujours son pouvoir d’achat, quelles que soient les circonstances. »

« Si vous ne possédez pas d’or, c’est que soit vous ne connaissez pas l’histoire, soit vous ne connaissez pas l’économie » – Ray Dalio

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Ratio Dow or

Interview d’Egon von Greyerz du 1er mai 2016 (source KWN) :

« Nous savons que les banques centrales et les gouvernements ont perdu la tête. Lorsque la crise a démarré en 2006, les taux courts américains s’élevaient à 5 %. En 2008, ils avaient baissé jusqu’à zéro pour s’y maintenir virtuellement depuis. Un plan de sauvetage de 25 trillions de dollars fut déversé sur le système financier. Ce fut la proposition faite à la Fed par les JP Morgan et autres Goldman pour sauver les banques.

10 ans plus tard, le système financier mondial connaît un désordre grandissant. La dette mondiale a explosé, davantage de gouvernements enregistrent des déficits budgétaires et le système financier vacille dangereusement au-dessus du précipice. 8 trillions de dollars de dette gouvernementale affichent un rendement négatif tandis que 16 trillions rapportent moins de 1 %.

Les taux négatifs sont censés stimuler une économie mondiale en déflation ainsi que sauver les pays en faillite virtuelle qui sont dans l’incapacité de payer les taux de marché sur leur dette qui explose. Mais, comme d’habitude, les banquiers centraux se sont trompés. Les taux négatifs augmentent les risques qui planent sur le système financier et l’économie mondiale. La rentabilité des banques s’effondre en raison de ces taux planchers et les obligent à prendre plus de risques. L’épargne est découragée alors que sans épargne, il n’y a pas d’investissements et donc pas de croissance.

Les retraites, une véritable bombe à retardement

Mais c’est du côté des retraites que se trouve le plus gros désastre. Quasi toutes les caisses de retraite sont sérieusement sous-financées. Les caisses de retraite possèdent les 3 classes d’actifs principales : des actions, des obligations et de l’immobilier. Les prix de ces actifs ont été gonflés par l’explosion du crédit orchestrée par les banques centrales.

Si ces actifs implosent, on peut dire adieu aux pensions. Les gens qui prendront leur retraite dans les années à venir n’ont aucune idée du sort qui les attend. Ils recevront soit une pension ridicule, soit rien du tout. Alors que la situation économique se détériore, le chômage va lui aussi augmenter de façon dramatique. La disparition des retraites combinée à un chômage de masse mènera à des désastres humains d’ampleur biblique à travers le monde. Les gouvernements créeront bien entendu de la monnaie en quantité illimitée, mais cette tentative sera vaine car de l’argent fabriqué artificiellement ne peut pas créer de la richesse.

Tout ceci est le résultat des interférences des banques centrales sur les cycles naturels économiques. Cette répression financière perturbe les lois naturelles. Au lieu d’assister à des cycles mineurs d’expansion et de contraction économiques, la manipulation des marchés et de l’économie crée des super cycles d’euphorie et d’effondrement. Ce n’est bien entendu pas la première fois que cela a lieu dans l’histoire, et cela va se poursuivre. (…)

Le ratio Dow/or

J’ai déjà évoqué l’importance du ratio Dow/Or. Il a connu un pic en 1999 lorsque le Dow atteignait un plus haut et l’or, à 250 $ l’once, un plus bas. Ce ratio a ensuite décliné de 87 % jusqu’à septembre 2011. Ce qui signifie qu’un investisseur du Dow Jones faisait 87 % moins bien qu’un investisseur dans l’or. Entre 2011 et la fin 2015, le ratio s’est redressé de 25 %.

Techniquement, il est très clair que ce « rebond du chat mort » est terminé. Depuis décembre dernier, le Dow Jones a baissé de 18 % par rapport à l’or. (…)

ratio or-argent

Le ratio or-argent pourrait atteindre 1/15

Un autre indicateur indiquant que le marché haussier des métaux précieux a repris est le ratio or/argent. (…) Le ratio a baissé de 13 % depuis février, ce qui signifie que l’argent mène la danse dans la hausse des métaux précieux, ce qui est toujours le cas dans un marché haussier. D’ici 1 ou 2 ans, le ratio devrait à nouveau atteindre 30, ce qui signifie que l’argent devrait grimper 2 fois plus que le métal jaune. Il pourrait même atteindre son niveau historique important de 1/15. La poursuite de la baisse de ce ratio indique 2 choses importantes : premièrement que l’argent surperformera amplement l’or, et deuxièmement que les métaux précieux sont en route vers de nouveaux records. Les investisseurs doivent cependant ne pas perdre de vue que l’argent est très volatil ; posséder plus d’or que d’argent permet de passer des nuits plus sereines. (…) »

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nuages noirs

Article d’Egon von Greyerz, publié le 17 avril 2016 sur KWN :

« L’économie mondiale a sérieusement piqué du nez en 2006, mais grâce à d’énormes programmes mondiaux de création monétaire et de crédit, nous avons pu connaître un sursis. Mais les effets de cette monnaie artificielle arrivent à leur terme.

À quoi les planificateurs centraux s’attendaient-ils ? Créer de l’argent sans valeur ou prêter de l’argent qui n’existe pas n’a jamais permis de créer de la richesse ou de sauver quelqu’un. La faiblesse va bientôt s’accélérer pour finir par mener par la destruction totale du système financier et par des défauts souverains.

Mais il ne faut pas croire que nous assisterons à une implosion soudaine ou à une réinitialisation qui résoudra ou changera tout. Au contraire, nous allons vivre un processus durant lequel la situation se détériora rapidement, mais sans événements clés pour changer les choses du jour au lendemain.

Tout ceci se déroule en ce moment, sous nos yeux. Parcourons les zones de tension sur le système.

Les faillites bancaires se multiplient en zone euro

La BCE fait face à des faillites bancaires dans quasi tous les pays membres. Une banque autrichienne vient tout juste d’être renflouée, l’intégralité du système bancaire italien est au bord du précipice. Les banques grecques sont déjà en faillite, même si personne n’ose le dire officiellement. La BCE sait qu’elle ne dispose que d’un outil pour reporter l’effondrement du système bancaire européen, à savoir la planche à billets.

Le bilan de la BCE a explosé de 45 % pour atteindre 3 trillions d’euros rien que durant les 15 derniers mois. La Bundesbank, la banque centrale allemande, connaît parfaitement la situation délicate des banques européennes. Mais elle sait également qu’elle sera responsable de la majorité de la création monétaire de la BCE. Elle a donc fait savoir qu’elle attaquera en justice la BCE si celle-ci accélère sa création monétaire.

Aux Etats-Unis ? Pas mieux

Actuellement, la Fed n’est pas engagée dans un QE, mais je pense que ce n’est qu’une question de temps en raison de la situation économique qui se détériore et des pressions sur le système financier. Aux États-Unis, les produits dérivés totalisent environ 500 trillions de dollars. Tout ceci implosera lorsque les contreparties s’effondreront. Ces craintes sont nourries par la Fed et la FDIC. C’est pourquoi elle vient d’avertir les banques américaines. Par exemple, elles ont indiqué à JP Morgan qu’elle n’est pas préparée à affronter une crise, qu’elle ne dispose d’aucune solution pour se débarrasser de ses produits dérivés (note : en posant une menace pour le système financier américain dans son intégralité). Pour JP Morgan, ceux-ci s’élèvent probablement à plus de 100 trillions de dollars.

Un autre problème américain est son marché obligataire. Le gouvernement américain doit 19 trillions de dollars. Sur cette somme, 6,2 trillions sont dus à des étrangers. La Chine et le Japon possèdent pour environ 4,5 trillions d’obligations américaines. Le 3e plus gros porteur est l’Arabie Saoudite. Ce pays vient d’ailleurs de menacer de liquider son portefeuille de Treasuries si les États-Unis enquêtent sur l’implication de l’Arabie Saoudite dans les attaques du 11 septembre. Mais l’Arabie Saoudite n’est pas le seul pays qui pourrait semer la pagaille sur le marché des obligations américaines.

Le Japon : au pays de Peter Pan

Le Japon devra bientôt vendre ses Treasuries pour survivre un peu plus longtemps. La pression sur la Chine afin qu’elle réduise sa dette de 30 trillions augmente également, alors que cette dette n’était que de 2 trillions en 2000. De nombreux observateurs affirment que ces pays se tireront une balle dans le pied s’ils vendent en masse leurs obligations américaines, vu que cela provoquera un effondrement industriel du marché des Treasuries. Il est tout à fait vrai que ce marché est l’une des plus grosses bulles financières, notamment parce que les États-Unis ne rembourseront jamais cette dette. (…)

Le Japon est également dans de sales draps. En 2017, la Banque du Japon possédera 50 % de toutes les émissions obligataires japonaises. Ce pourcentage passera à 60 % 2018. Comment ce pays peut-il croire que son économie survivra ? Ils émettent des quantités illimitées de papier sans valeur qui n’ont aucun effet bénéfique sur l’économie. Je l’ai déjà dit et je vais le répéter : l’économie japonaise coulera dans le Pacifique pour devenir la faillite la plus retentissante de l’histoire.

La plupart des banques centrales et des gouvernements sont en faillite virtuelle, tout comme les banques commerciales. Le cours de leurs actions l’indique. La valeur des titres des banques majeures a baissé de 75 à 90 % depuis 2007. Deutsche Bank a reculé de 87 % et Citi de 92 % alors que Crédit Suisse et Barclays ont seulement chuté de 78 %. Cet effondrement des cours des actions indique clairement que ces banques ont peu de chances de survivre.

Si on se tourne vers les bénéfices des entreprises à l’échelle mondiale, ils sont en baisse de 20 % dans les marchés matures et de 25 % dans les marchés émergents depuis 2014. Jusqu’à présent, les faillites d’entreprise totalisent 50 milliards en 2016, le pire que l’on ait connu depuis 2009.

Tout ceci se déroule en ce moment sous nos yeux. Vous ne devez pas attendre un événement majeur pour réagir, car (l’effondrement) se déroulera via toute une succession d’événements comme je viens de l’expliquer, et cela a déjà commencé. Jamais le besoin de souscrire une assurance contre ces risques n’a été aussi grand. Il est encore possible d’acheter de l’or physique à prix cassé, mais cela ne durera pas. »

Egon von Greyerz

Source KWN (10 avril 2016) : Egon von Greyerz nous livre un état des lieux de la situation économique mondiale ainsi que des risques qui menacent le système financier :

« Les bancaires indiquent aux investisseurs qu’il est temps de sortir leur argent du système bancaire. Comme vous le savez, nous avons exhorté les investisseurs à sortir leur argent du système bancaire longtemps avant la crise de 2006-2009. À cette occasion, les banques ont été sauvées par un plan de sauvetage global de 25 trillions de dollars, mais cela n’arrivera plus. Depuis 2006, le crédit a augmenté de 70 % à l’échelle mondiale. Le système bancaire et l’économie mondiale sont en posture bien plus difficile par rapport à 2006.

Durant la dernière crise, les gouvernements ont sauvé le système financier grâce au plan de sauvetage le plus massif de l’histoire. Les banquiers comme les épargnants ont été sauvés par la création monétaire et le crédit.

Cela s’est fait bien entendu aux dépens du citoyen ordinaire, qui doit désormais assumer l’augmentation énorme de la dette gouvernementale. Vu que chaque gouvernement de la planète augmente exponentiellement sa dette, personne ne se soucie de son remboursement. Bien entendu, cette dette ne sera jamais remboursée. D’ici quelques années, elle implosera dans une vague de défauts souverains. Simultanément, tous les actifs qui ont été dopés par cette dette imploseront aussi : les actions, l’immobilier et les obligations.

La prochaine fois, les banques ne seront pas sauvées par les gouvernements. Il s’agira cette fois d’un renflouement interne. Cela signifie que les actifs et l’argent des épargnants seront utilisés pour sauver les banques. Mais vu que la plupart des banques utilisent des effets de levier de 20 à 50, voire plus si on prend en compte les produits dérivés, ces actifs seront insuffisants. J’anticipe donc un programme de création monétaire jamais vu. Mais il sera aussi insuffisant pour sauver le monde. Par contre, cette tentative débouchera sur une onde de choc hyperinflationniste qui laissera ensuite la place à une implosion déflationniste.

Les actions bancaires malmenées

Pour en revenir aux bancaires, elles sont en chute libre aussi bien aux États-Unis qu’en Europe. Aux États-Unis, elles ont atteint un plus bas de plusieurs années par rapport aux autres titres tandis qu’en Europe, elles ont chuté de 20 % en 4 semaines. Les titres Deutsche Bank et Crédit Suisse ont atteint leur plus bas de 2009. L’augmentation récente du QE de la BCE a eu un petit effet à court terme, mais désormais il y a du sang dans les rues. Il ne fait aucun doute que la plupart des banques seraient insolvables si elles comptabilisaient leurs actifs toxiques à leur valeur de marché. Aucun QE ne changera cet état de fait, par contre il pourrait offrir aux banques un répit de quelques mois.

Il me semble très clair que les actions bancaires indiquent ce que nous savons depuis un moment, à savoir que nous sommes en train d’entrer dans une période dans laquelle le marché commence à reconnaître les risques sérieux que présente le système financier. Ironie du sort, la politique de taux planchers des banques centrales contribue à la mort des banques. Premièrement, les banques ne peuvent dégager une marge véritable sur les dépôts. Deuxièmement, les taux planchers n’encouragent pas les dépôts. Sans une épargne solide, les investissements déclineront également. Et dans une économie déflationniste à taux bas, il est impossible d’obtenir un retour sur investissement décent sans prendre d’énormes risques.

Les avertissements répétés du FMI

Le FMI a lancé des avertissements à propos du risque systémique sur le marché de l’assurance-vie. Avec de tels taux, ces sociétés sont incapables de générer un rendement suffisant pour leurs clients. Ce secteur, qui pèse 24 trillions de dollars, prend donc de très gros risques pour générer du rendement. Le constat est le même pour le marché des pensions. La plupart des caisses de retraite, privées et publiques, sont sévèrement sous-financées. Lorsque cette crise sera terminée, les pauvres retraités devront se contenter de miettes.

De nombreux indicateurs montrent que l’économie mondiale est en train de plonger. Le commerce mondial décline rapidement, comme les profits, dans de nombreux pays. La production industrielle baisse, par exemple au Japon, où elle n’a plus chuté autant depuis 2011. Les problèmes de la Grèce n’ont pas été résolus. La situation des banques y est mauvaise, le taux de chômage est de 25 % et le PIB est en baisse de 27 % depuis le début de la crise.

Rappelez-vous que durant la Dépression des années 30 aux États-Unis, le PIB avait chuté de 32 %. La Grèce n’est donc pas loin de ce niveau. (…) La situation n’est pas meilleure en Italie, en Espagne, au Portugal ou même en France. Les marchés émergents étaient le moteur de la croissance mondiale : durant les 15 dernières années, la Chine, l’Inde, le Brésil et la Russie ont généré 50 % de la croissance mondiale. Mais avec les cours des matières premières qui s’effondrent, ces pays sont désormais en déclin sévère.

Alors que les perspectives se détériorent partout, la Banque Mondiale ne cesse de réviser à la baisse ses perspectives de croissance. (…)

Depuis le début de l’année, l’or se comporte bien, ayant progressé de 7 à 18 % en fonction de la devise. C’est en dollars que l’or a le plus grimpé, de 18 % depuis le début de l’année, alors que le billet vert se déprécie par rapport aux autres monnaies. Par rapport au Franc suisse, par exemple, le dollar a baissé de 5 % depuis janvier. Je pense que la baisse du billet vert va s’accélérer dans les mois à venir alors que ce dollar surévalué démarre sa descente vers sa valeur intrinsèque, qui est de zéro. La plupart des autres devises suivront dans son sillage. Vu la dévaluation continue des devises, mesurer un rendement ou un patrimoine en euros ou en dollar n’a aucun sens. L’or est bien sûr le meilleur étalon, car il s’agit de la seule monnaie qui a survécu à l’épreuve du temps.

Comme vous le savez, je pense qu’il est essentiel de posséder de l’or physique et de le conserver en dehors du système bancaire et en dehors de votre pays de résidence. Il ne faut surtout pas le mettre à la banque, car si le système bancaire s’effondre, au mieux vous n’aurez pas accès à votre or avant un bon bout de temps, au pire il se sera volatilisé. (…)

Nous avons acheté beaucoup d’or pour nos clients en 2002, lorsqu’il était à 300 $ l’once. Il s’est ensuite envolé jusqu’à 1900 $ pour valoir aujourd’hui 1240 $. À ce niveau, son prix ajusté à l’inflation réelle est quasi le même qu’en 2002. Non seulement l’or n’est pas aujourd’hui en odeur de sainteté, mais il est aussi sous-évalué. (…)  »

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Egon von Greyerz

Alors que GDPNow, l’indicateur de la Fed d’Atlanta qui mesure la croissance américaine en temps réel, vient de chuter à 0,6 %, Egon von Greyerz a rappelé durant sa dernière interview sur KWN qu’en temps de crise, les risques géopolitiques ont plus de chances de dégénérer :

gdpnow-29-mars-2016

« Nous avons beaucoup parlé des risques financiers et économiques à travers le monde. Je pense qu’un désastre économique se manifestera dans les années à venir ; il s’agira d’une catastrophe qui abaissera le niveau de vie global pendant de nombreuses années.

Mais malheureusement, nous faisons également face à des risques de guerres, de guerres civiles et de troubles sociaux. Loin de moi de m’ériger en expert de la géopolitique, mais identifier et comprendre les risques est l’une de mes passions.

Chute des empires

À travers l’histoire, tous les empires arrivent à un stade où leurs dépenses inconsidérées et la mauvaise gestion de leur économie mènent à leur chute. Les États-Unis ont atteint ce stade. À tous les points de vue, ce pays est en faillite. Il n’a plus enregistré d’excédent budgétaire réel depuis 1960 ou une balance commerciale positive depuis le début des années 70 alors que ses dettes augmentent de façon exponentielle.

La dette du gouvernement américain est passée de 8,4 trillions depuis la crise économique, dont les débuts remontent à 2006, à 19,2 trillions aujourd’hui. Ce n’est que parce que le dollar est la monnaie de réserve que le pays peut se permettre de dépenser de façon irresponsable, de s’endetter et de créer autant d’argent. Mais le dollar mourra bientôt tandis que les États-Unis tenteront désespérément de se sauver de l’effondrement économique à venir, ainsi que de la chute du dollar.

Durant les derniers jours d’un empire, une guerre majeure est habituellement l’écran de fumée utilisé pour occulter l’état catastrophique de l’économie. Récemment, les États-Unis ont initié des guerres en Afghanistan, en Irak, en Iran, en Libye en Syrie ainsi que d’autres conflits mineurs. Mais les risques d’une guerre d’ampleur grandissent. Cela justifierait des trillions de dollars de dette et de création monétaire afin de sauver l’économie tout en avançant un prétexte extérieur.

Plusieurs régions pourraient être candidates à une intervention américaine. Le litige avec la Russie concernant l’Ukraine n’a pas été résolu. La situation pourrait s’envenimer à nouveau dans cette région avec un risque d’attaque nucléaire dirigée contre la Russie. Les États-Unis ne sont pas en mesure de remporter une guerre au sol contre une nation majeure. Ses échecs dans ses conflits récents en sont la preuve. Donc, l’option nucléaire est malheureusement la plus plausible.

La Corée du Nord est une autre zone de tension. Leur leader, Kim Jong-un, fait encore plus de vagues lorsqu’il s’agit de menacer la planète, et en particulier les États-Unis, de ses missiles nucléaires. Peu de gens estiment qu’ils disposent des missiles à longue portée nécessaires pour frapper avec précision les États-Unis, mais le risque de leur développement dans les années à venir serait suffisant pour pousser les États-Unis à réaliser des frappes préventives contre la Corée du Nord.

L’expansion de la Chine

si nous continuons un peu vers le sud au-delà de la mer de Chine du Sud, nous atteignons une zone dans laquelle des pays rivaux se disputent des territoires depuis des siècles. La tension est montée d’un cran avec la construction d’îles artificielles par la Chine dans des zones qu’elle revendique. (…)

En ce qui concerne le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord, il s’agit toujours d’une bombe à retardement en raison des conflits potentiels qui planent en Syrie, en Iran, en Irak, en Turquie, en Arabie Saoudite, en Israël, en Libye, en Égypte et dans bien d’autres pays, sans parler de la présence de groupes comme l’État islamique, Al Qaïda, etc. Rien qu’en Syrie, de nombreux pays sont impliqués, de la région mais aussi d’Occident sans parler de la Russie. (…)

Voici quelques endroits de la planète où une guerre majeure pourrait éclater. Mais le risque de guerre civile et de troubles sociaux est aussi élevé dans de nombreux pays. Les troubles sociaux sont souvent la résultante de difficultés économiques et de ventres vides. Dans une nation à la population homogène, le risque de conflit interne est moindre vu l’absence de bouc émissaire. Or, les États-Unis et les pays européens ont connu durant ces dernières années une immigration massive. L’immigration aux États-Unis a plusieurs origines, dont le Mexique.

Dans l’Union européenne, des afflux massifs de migrants en provenance d’Afghanistan, d’Afrique du Nord et du Moyen-Orient ont lieu. Plus les allocations sociales sont élevées, plus les migrants affluent. C’est pourquoi l’Allemagne et la Suède ont connu tant d’arrivées. Récemment, j’étais en Pologne et je leur ai demandé s’ils avaient beaucoup de migrants. Ils m’ont dit qu’ils ne connaissent pas ce problème car ils ne payent pas d’allocations sociales. Donc, lorsque les États-Unis et l’Europe connaîtront un revers économique alors que leur situation est fragile, le risque de conflits intérieurs sera grand. (…)

L’argent est une excellente opportunité

Loin de moi d’être belliciste, j’espère vraiment que tout ceci n’aura pas lieu. (…) Mais tous ces risques existent bel et bien, et dans un tel environnement assurer ses arrières est critique. Dans toutes les crises de l’histoire, qu’elles soient politiques  ou économiques, l’or physique ainsi que l’argent dans une autre mesure ont sauvé beaucoup de gens de la misère. À mon avis, l’or est le meilleur véhicule de préservation de la richesse, mais je pense qu’actuellement l’argent représente également une excellente opportunité. Il est sous-évalué par rapport à l’or. Les stocks d’argent ont baissé de plus d’un milliard once récemment pour être quasi non-existants  aujourd’hui. »

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egon von greyerz dans le keiser report

Interview de KWN d’Egon von Greyerz, publiée le 20 mars 2016 :

« Mercredi dernier, la Fed a fait ce que j’avais prédit en décembre en ne relevant pas ses taux. Ils savent que la situation économique réelle des États-Unis et du monde est bien pire que celle décrite par les chiffres manipulés et la propagande. On se rapproche donc de plus en plus d’un « moment de Minsky ».

Il s’agit d’un effondrement de la valeur des actifs, qui prend la plupart des gens par surprise, accompagné de l’implosion de la dette qui a financé les bulles. Nous avons abordé à de nombreuses reprises le fait que les grandes banques centrales du monde craignent par-dessus tout un effondrement déflationniste vu qu’il déboucherait sur l’explosion totale du système financier.

En route vers la destruction

En conséquence, elles lanceront l’opération finale de création monétaire, la plus spectaculaire, qui fera des tentatives précédentes de la petite bière. Cela débouchera sur une hyperinflation mondiale colossale qui provoquera la fin du système monétaire actuel et éventuellement un effondrement déflationniste.

Depuis le début des années 90, lorsque Greenspan a démarré la dernière phase désastreuse d’expansion du crédit aux États-Unis, la dette mondiale est passée de 24 à 235 trillions. Durant cette même période, le PIB mondial est passé de 40 à 80 trillions. Afin de doubler le PIB entre 1992 et 2015, il a fallu multiplier la dette par 10. Annuellement nous avons connu en moyenne, durant les 23 dernières années, une croissance du PIB de 3 % pour une croissance de la dette de 11 %. Lorsque la dette croît de façon exponentielle pour produire une croissance misérable, nous savons que le monde est en route vers la destruction.

Dans les années à venir, la dette mondiale va probablement augmenter de bien plus que de 200 trillions. Soit une quantité suffisante pour couvrir les dettes en cours, les produits dérivés d’une valeur de 1,5 quadrillion de dollars ainsi que tous les engagements non provisionnés (retraites et santé). Je ne serais pas étonné si des quadrillions de dollars étaient créés en dollars, euro, yens, etc. dans les 5 années à venir.

L’implosion des actifs est garantie…  Je ne serais pas surpris de voir les actions et l’immobilier baisser de 75 à 95 % en termes réels. Pour les obligations, ce sera de 100 % pour la plupart d’entre elles vu que les emprunteurs, qu’ils soient des Etats ou des entreprises, feront défaut sur quasi toutes leurs dettes.

L’ascension de l’or et de l’argent

Ce qui nous amène à l’or. Les métaux précieux atteignent aujourd’hui leur période de gloire. L’or et l’argent seront les rares alternatives pour vous protéger contre la destruction totale de la richesse qui arrive.

De nombreux développements intéressants ont lieu sur la scène des MP. Tout d’abord, il est clair que la correction démarrée en 2011 est désormais terminée. Nous sommes désormais en route pour atteindre de nouveaux sommets pour l’or et l’argent, peut-être très élevés.

L’argent mènera la danse

Il est également clair que l’argent mènera la danse. L’argent a connu une correction de 72 % depuis son pic à 50 $ de 2011, tandis que l’or n’a baissé « que de » 45 % de son plus haut à 1920 $. Le ratio or-argent est maintenant à 79. En 2011, au plus haut du métal gris, ce ratio était de 30. Cela signifie que nous atteindrons au moins ce chiffre. Ce qui implique que l’argent grimpera 2 fois plus vite que l’or. Ce ratio pourrait éventuellement atteindre 15, qui est la moyenne historique et celle qui était en vigueur en 1980.

L’argent est donc actuellement un investissement très attractif. Mais les investisseurs doivent se souvenir que ce métal précieux est également très volatile, donc peu recommandé pour la veuve et l’orphelin. L’or est un métal plus sûr et stable.

Le cours de l’argent va-t-il atteindre 660 $ ?

En termes d’objectifs potentiels, je dis depuis 2002, lorsque l’or atteignait avec fracas les 300 $, que je m’attends à ce que l’or oscille près des 10.000 $ en dollars d’aujourd’hui. Avec un ratio or/argent de seulement 30, cela voudrait dire 330 $ l’once pour l’argent métal. Et en cas d’un ratio à 15, ce serait 660 $ l’once.

Mais je dois insister sur le fait que je ne pense pas que l’argent papier de demain aura la même valeur que celui d’aujourd’hui. Ce signifie qu’à ces estimations, vous devez ajouter quelques zéros, ce qui ne sera pas un détail pour ceux qui ne possèdent que des actifs papier vu que ceux-ci verront leur valeur être totalement détruite.

Non seulement l’analyse technique est très positive pour l’or et l’argent, mais aussi de nombreux fondamentaux. Les positions en or papier ont atteint des niveaux ridicules. Sur les marchés à terme, il y a au moins 300 onces d’or papier pour une once de métal physique, peut-être jusqu’à 600. Cela signifie que tôt ou tard, ce marché fera défaut. Les marchés à terme seront dans l’incapacité de livrer en cas de demande.

La plupart des banques sont dans une position similaire. Toute banque se fait un plaisir de vendre de l’or papier sans aucun métal en garantie. De plus, les banques de lingots ont réduit leurs stocks durant ces dernières années pour satisfaire les achats énormes de la Chine et de l’Inde.

Mais le cas de l’or des gouvernements est encore plus fascinant. La plupart d’entre eux n’auditent même pas physiquement leur or. S’ils le font, les résultats ne sont pas communiqués. L’explication est simple : ils sont loin de posséder l’or qu’ils prétendent détenir. Les Allemands ont demandé il y a quelques années de récupérer leur or aux États-Unis. Jusqu’à présent, ils n’en ont reçu que très peu tout simplement car l’or n’est pas disponible. Depuis, très peu de gouvernements occidentaux ont osé réclamer leur or aux États-Unis, au Royaume-Uni ou en France car il n’est probablement plus là.

Réserve d’or : seul le Canada joue la carte de la transparence

La plupart des gouvernements occidentaux ont loué ou vendu leur or sans déclarer leurs positions officielles. Il n’y a qu’une exception, le Canada, qui a eu l’honnêteté de reconnaître qu’il a vendu tout son or. Ils ont justifié leur action en affirmant que l’or n’offre pas un bon rendement et n’est pas facile à échanger. Ils ont donc acheté du dollar et de la livre sterling. Est-ce un signe ? Une banque centrale vend ces dernières onces d’or pour acheter des devises qui ne vaudront plus rien !

C’est comme en 1999, lorsque le Royaume-Uni et la Suisse ont vendu une grande partie de leur or au plus bas du marché. Au moins, le Canada dit la vérité. Si les autres banques centrales des pays occidentaux faisaient de même, je suis sûr que nous découvririons qu’elles possèdent au minimum 2 fois moins d’or qu’elles prétendent aujourd’hui en avoir. La Chine, par contre, minimise ses réserves d’or. Dans les années à venir elle révélera la vérité, ce qui déclenchera une explosion du prix de l’or.

Les statistiques suisses d’importations d’or nous fournissent la preuve que les gouvernements vendent en secret de l’or. Les raffineurs suisses dominent la production mondiale de lingots, ce sont donc de gros acheteurs. En janvier 2016, ils ont acheté 61 tonnes d’or au Royaume-Uni. Il s’agit clairement de transactions faites par les banques de lingots au nom des gouvernements occidentaux. Il s’agit de lingots de 400 onces qui sont fondus en lingots de 1 kg pour l’exportation vers l’Inde et la Chine. La Suisse a également acheté 36 tonnes d’or au Venezuela en janvier. Il s’agit d’un pays en déroute économique et dont la monnaie s’effondre qui vend le seul actif susceptible de les sauver, ou au moins d’améliorer leur situation. (…) »